Voici deux romans qui ont en commun d'être publiés aux Editions de Minuit et je vous les recommande tous les deux.

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Je continue ma découverte de Jean Echenoz avec Ravel (Les éditions de minuit, 124 pages) [voir mes trois autres billets ici, ici et ], un roman écrit en 2006 sur les dix dernières années de la vie de Maurice Ravel (un musicien que j'apprécie énormément). Le roman débute fin 1927, période où Ravel entama une tournée triomphale aux Etats-Unis. Pendant les dix ans qui suivirent, il connait la consécration avec le Boléro, le Concerto pour piano en sol majeur et le Concerto pour la main gauche. Je salue à nouveau le style précis et concis de l'écrivain, qui s'attarde sur certains détails, comme l'habillement du mucisien (toujours élégant), ou des descriptions comme la décoration et l'ameublement d'un paquebot, ou le nom des oiseaux qui chantent dans le jardin de la villa du musicien à Montfort L'Amaury. Echenoz cite des noms des gens proches de Ravel sans aller plus loin. Les 4 dernières années de la vie de Ravel m'ont paru très tristes (il n'est mort qu'à 62 ans). Gardant son intelligence, lui qui a souffert d'insomnie toute sa vie, il perdit l'usage de la parole et de ses mains. Il ne pouvait plus ni composer ni écrire. Il semble avoir été atteint d'une maladie neurologique aggravée par un traumatisme crânien lors d'un accident. Il a même subi un genre de trépanation. Les dernières lignes du roman donnent une idée du style d'Echenoz: "Il se rendort, il meurt dix jours après, on revêt son corps d'un habit noir, gilet blanc, col dur à coins cassés, noeud papillon blanc, gants clairs, il ne laisse pas de testament, aucune image filmée, pas le moindre enregistrement de sa voix".

 

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Après avoir lu des billets flatteurs sur des blogs, et ce roman étant recommandé par quelques libraires, je me le suis procuré. Pendant les 150 pages de Viviane Elisabeth Fauville (Les éditions de Minuit), un narrateur emploie le "vous" de politesse (2ème personne du pluriel) comme dans La modification de Michel Butor (que je n'ai pas lu). C'est un roman agréable à lire qui se passe à Paris, entre le 12ème et le 18ème arrondissement (et un peu le 19ème et le 5ème). Viviane Elisabeth Fauville (Mme Hermant) est mère pour la première fois à 42 ans d'une petite fille. Celle-ci a douze semaines. Son mari de 43 ans vient de la quitter "...après deux ans d'horreur conjugale...". Dans ce livre aussi, les descriptions sont nombreuses et précises. Le narrateur s'attarde sur les itinéraires en métro que prend Viviane pour aller d'un point à un autre. Victime d'une crise nerveuse "post-partum" (je suppose), Viviane (que le narrateur appelle de temps en temps Elisabeth) croit avoir tué le psychanalyste qui la suivait depuis quelques semaines. Je ne vous dirais pas, bien sûr, ce qu'il en est mais il y a un certain suspense. Je crois que c'est un premier roman, bravo! Voir les billets de Cathulu, Isa, Ys.