Au-delà des collines - Christian Mungiu
J'ai enfin vu Au-delà des collines du cinéaste roumain Christian Mungiu, qui dure 2H30. Il a été récompensé par le prix d'interprétation féminine pour les deux actrices et le prix du scénario au dernier festival de Cannes de 2012. Je l'ai trouvé un peu long mais captivant. Je me suis demandée pendant presque tout le film en quelle année se déroulait l'histoire. En effet, ce que nous montre Mungiu m'a fait penser que cela se passait dans les années 70: les trains, les voitures (particulières ou ambulances), les vêtements. Tout semble vieillot, hors d'âge, pauvre. Dans une communauté religieuse orthodoxe, par-delà des collines, vivent quelques femmes, une mère supérieure et un Pope. N'ayant pas l'électricité, ils s'éclairent avec des lampes à gaz ou à pétrole. Parmi ces femmes, on découvre Voichita, une orpheline qui a choisi d'aimer Dieu. Alina, son amie très proche, revient d'Allemagne pour la convaincre de repartir avec elle loin de cet endroit perdu au mileu de nulle part. Mais Alina ne s'en laisse pas convaincre. Pendant plus de deux heures, on voit Alina qui subit une descente aux enfers, si je puis m'exprimer ainsi, dans ce lieu consacré à Dieu. Mungiu fait une description assez terrible de son pays de nos jours (car il est en fait mention en effet d'internet à la fin du film). Il est dur d'être soigné quand on n'a pas d'argent, les superstitions religieuses restent tenaces. On assiste au calvaire d'Alina attachée à une planche qui ressemble à une croix. Le film aurait gagné à être un tout petit peu plus court, mais à part ça, il vaut la peine d'être vu. L'histoire est adaptée de faits réels.
Commentaires sur Au-delà des collines - Christian Mungiu
- j'ai beaucoup aimé les images de neige, presque du noir et blanc. J'ai visité des monastères en Roumanie et Bulgarie et je me suis toujours demandée quelle vie était celle des moniales. Ce film m'a donné une réponse assez terrible. Pour moi la longueur n'a pas été un problème, il y a tant à contempler. J'ai un billet dans mon blog, et la réaction d'un de mes lecteurs roumains.

- oups!

j'avais oublié le lien
http://miriampanigel.blog.lemonde.fr/2012/11/21/au-dela-des-collines-film-roumain-de-cristian-mungiu/ - Enfin, tu l'as vu ! Ce film est long, en effet, et, même moi j'ai ressenti sa longueur. Mais je trouve qu'elle est nécessaire pour nous imprégner de l'atmosphère si terrible et si particulière de cette situation : on en sort comme coupé du monde à la fin de la projection. je te ferai signe dès que j'en aurai fait un billet sur mon blog.

- J'ai trouvé bien des qualités à ce film, effectivement quelques points communs avec Nuri Bilge Ceylan (mais je préfère de loin les films de ce dernier), des images fortes, une atmosphère très bien rendue, une rudesse épurée. Mais, alors que j'étais persuadée que le sujet créerait cela en moi, je n'ai pas vraiment ressenti d'empathie. Les faits sont terribles et je trouve important de les avoir portés à l'écran, aux yeux du monde, mais le résultat n'est pas vraiment dans l'émotion...








