[Billet de Ta d loi du cine, "squatter" chez dasola]

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"On" m'a offert tout récemment une bande dessinée, Je voudrais me suicider mais j'ai pas le temps, dessinée par Florence Cestac et scénarisée par Jean Teulé (avec une dédicace de celui-ci). Il s'agit d'une biographie du dessinateur de BD Charlie Schlingo, mort en 2005 à moins de 50 ans (par la faute, ou à cause, de la méchanceté? Si, si), que l'une et l'autre avaient connu. Des interviews facilement trouvables sur internet donnent les témoignages des auteurs lors de la parution de l'album (début 2009). Apparemment, tout est basé sur des faits réels, avec seulement une "licence poétique". Par rapport aux auteurs: j'ai lu quelques albums de Florence Cestac et de ses personnages à gros nez (j'en possède deux autres), notamment quelques-uns de sa série sur Les ado, Laura et Ludo, très différente d'Agrippine de Bretécher - est-ce qu'elle y dépeint mieux la réalité, je ne sais pas. Quant à Jean Teulé, dont j'ai découvert la biographie, je pensais (je ne sais pourquoi) que c'était un romancier âgé d'entre 70 et 80 ans. Hé bien non, il vient juste d'avoir 60 ans, et il a commencé par la bande dessinée (il s'était forgé un style graphique particulier semble-t-il). Pour en revenir à Charlie Schlingo, je n'avais jamais eu envie d'ouvrir un de ses albums. Il a apparemment construit dans ses oeuvres un univers spécial au sein de la BD, tout en vivant sa vie comme s'il était dans une bande dessinée (le titre de sa bio est une citation de ce qu'il disait régulièrement quand on lui demandait comment ça allait, si j'ai bien compris). Je pense avoir maintenant la curiosité, au moins, d'essayer d'en découvrir quelques-uns (on trouve des rééditions).

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Bon allez, je vais aussi dire quelques mots de Comment faire de la "bédé" sans passer pour un pied-nickelé, de Florence Cestac et Jean-Marc Thévenet. Dans l'édition que je possède (celle en couleur, de 2001, et non celle de 1988 [bichromie ?]), il y a bien, comme annoncé dans la préface, 19 portraits (plus celui de l'éditeur). De l'introverti (qui referme son carton à dessin juste après l'avoir entr'ouvert) à Crazy Popov le graffeur, en passant par le gaffeur, le copain de, les copines, le fils de, etc., tous pensent et/ou parlent sur 2 pages (avant d'entrer dans le bureau de l'Eéééditeur / dans le bureau de l'éditeur - et il faut voir la tête de l'éditeur dans la dernière case!), avec en général, en page introductive, un portait en pied qui les croque bien. C'est beau comme du La Bruyère. On sent qu'il y a du vécu: Cestac (dessinatrice) et Thévenet (scénariste) ont été tous deux directeurs de collection aux éditions Futuropolis dans les années 1980, et ont dû en voir défiler, des auteurs candidats à la publication, dans leurs bureaux... Je cite le communiqué de presse (mise en vente le 20 janvier 2001): "Au fait, parmi tous ces jeunes gens que [Florence] a reçus, il y en a bien qui sont devenus célèbres et qui ont servi de modèles, non? Réponse: Oui... Mais je ne donnerai pas de noms: je risquerais de me fâcher avec tout le monde!". A lire pour rire.