Et voici le deuxième film vu juste avant de partir en voyage. Dans un registre particulier, L'inconnu du lac d'Alain Guiraudie (interdit aux moins de 16 ans) est avant tout un film d'atmosphère (assez crépusculaire). Tout se passe au bord d'un lac pendant l'été. Il n'y pas de musique mais on entend le bruit de l'eau et du vent dans les feuillages. Quelques hommes se prélassent nus (du bas) sur le sable. D'autres vont dans les fourrés pas loin pour faire l'amour. Tous ces hommes semblent se connaitre. C'est un lieu de drague. On ne sait pas qui ils sont, quel est leur milieu social (c'est le côté intéressant du film). Ce sont des hommes qui aiment les hommes. Franck, le héros de l'histoire, est un de ceux-là. Il tombe amoureux d'un nouveau venu, Michel, dont on se rend compte rapidement que c'est un dangereux meurtrier qui n'hésite pas à supprimer ceux qui risquent d'être un danger pour lui. Il y a aussi Henri, qui s'est mis à l'écart des autres (mais il observe), plus très jeune, un gros ventre et qui se prend d'amitié pour Franck. Henri est le personnage que j'ai préféré. Et puis il y a le policier maigrichon qui mène l'enquête sur une noyade suspecte. L'histoire, tout en respectant l'unité de lieu et d'action, se déroule sur plusieurs jours. Si on fait abstraction de certaines scènes et de plans plus ou moins scabreux, on peut voir ce film, noir et violent dans tous les sens du terme. Je suis contente de l'avoir vu même si ce n'est pas un sujet qui me touche. Ffred, Neil, Mymp et d'autres en parlent.

PS : pour répondre au commentaire de Pyrausta (antidaté par rapport à la date de parution de mon billet: celui-ci avait été publié par erreur le 25/07/13 pendant quelques minutes...), je ne suis pas du tout allée voir ce film par voyeurisme (j'ai longtemps hésité). Certains dialogues et plans ne mettent pas très à l'aise. J'ai parfois regardé ailleurs. Mais j'ai une (et non un) collègue qui l'a vu et qui me l'a conseillé. Ce n'est pas un film grand public mais j'ai été surprise de voir presque autant de femmes que d'hommes dans la salle où j'étais. En revanche, quand ma collègue l'a vu, c'était dans une grande salle pleine avec seulement trois spectatrices dont elle.