Parmi les ressorties à ne pas louper avant la rentrée, on trouve Fedora, l'avant-dernier film de Billy Wilder, qui date de 1978.

Produit par la France et l'Allemagne (Wilder n'avait pas trouvé le financement à Hollywood), Fedora parle de cinéma, d'une actrice mythique appelée Fedora (une star - allusion à Greta Garbo - qui vit recluse car elle ne supporte pas de vieillir), des ravages de la chirurgie esthétique, d'usurpation d'identité, de folie, du temps qui passe, de l'Hollywood d'antan qui se meurt (nous sommes à la fin des années 70), d'une époque révolue où l'argent ne primait pas sur le reste (en particulier la qualité), où l'on produisait un film sur le seul nom d'un acteur. Dans Fedora, on sent que Billy Wilder, qui est aussi l'un des scénaristes, dévoile son amertume et sa rancoeur envers le "Nouvel Hollywood" des "barbus" (comme il les appelle). Le film, tourné en Grèce et en France (au musée Jacquemart-André), bénéficie d'une musique sublime de Miklos Rozsa. Les quatre acteurs principaux, Marthe Keller, William Holden, Hildegarde Knef et Jose Ferrer, sont remarquables. Il y a aussi une apparition d'Henry Fonda en président de l'académie des Oscars. J'avais vu ce film à sa sortie, en 1978. 35 ans après, je le trouve toujours aussi bien si ce n'est que c'est un film qui file "le bourdon". Il m'a presque donné envie de pleurer, surtout quand on voit l'état du cinéma hollywoodien actuel. Sans être nostalgique, je dirais que c'était quand même autre chose, le cinéma américain "d'avant". Qu'en pensez-vous?