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Après Liquidations à la grecque et Le Justicier d'Athènes, Petros Markaris termine sa trilogie de la crise grecque avec Pain, éducation, liberté (Editions du Seuil, 250 pages vite lues). Le roman, écrit à l'origine en 2012, verse presque dans la science-fiction. En effet, l'histoire commence le 31 janvier 2013, au moment où la Grèce revient à la drachme, tout comme l'Italie à la lire et l'Espagne à la peseta. Les finances grecques sont tellement catastrophiques que les fonctionnaires tels que le commissaire Charitos et ses collègues ne vont plus percevoir de salaires pendant trois mois (minimum). A Athènes, les manifestations se succèdent. Pendant ce temps, un tueur se met à sévir en s'en prenant à au moins trois anciens étudiants de l'école Polytechnique d'Athènes. Les étudiants de cette grande école avaient été à l'origine du début de la fin de la dictature militaire en Grèce en 1973. Les trois victimes visées ont quelque peu renié leurs idéaux par la suite en ayant des carrières fulgurantes par des moyens pas toujours orthodoxes. Chacun des meurtres est accompagné d'un message enregistré sur le portable des victimes: Pain, éducation, liberté. Comme dans les volumes précédents, on retrouve donc avec plaisir le commissaire Charitos, sa femme Adriani (qui ne veut même plus regarder les informations à la télé), sa fille Katérina et son gendre Phanis qui se partagent les frais de bouche car tout est cher et rationné. L'intrigue est plutôt bien menée. Un roman agréable que je vous conseille comme les deux autres. Ils peuvent se lire éventuellement dans le désordre.