dimanche 14 septembre 2014

Gemma Bovery - Anne Fontaine / Mademoiselle Julie - Liv Ullmann

Pour la projection de Gemma Bovery en avant-première, on était une vingtaine dans la salle de 200 places. Pour Mademoiselle Julie, on était sept pour une contenance aussi de 200 places. Le point commun entre ces deux films, à part le fait qu'ils sont adaptés plus ou moins librement d'oeuvres littéraire et théâtrale très connues où les héroïnes ont des destins tragiques, et qu'ils sont réalisés par des femmes, est que je les ai vus dans le même complexe cinématographique au nord de Paris. Depuis son inauguration voici presque un an, je constate avec inquiétude, quand j'y vais, que les spectateurs manquent à l'appel. Je sais que ce complexe n'est pas très bien desservi par les transports en commun; en particulier, il n'y a pas de station de métro proche (mais il y a le tramway). Personnellement, j'y vais à pied, habitant à un quart d'heure de là. J'espère que ces salles vont voir leur fréquentation augmentée d'ici un ou deux ans. En effet, des milliers de logements sont en cours de construction dans cette partie nord de Paris (boulevard Mac Donald); de plus, une passerelle est en train d'être construite au dessus du périphérique pour relier cette partie de Paris à la ville d'Aubervilliers.

Pour en revenir à Gemma Bovery d'Anne Fontaine, le film est une adaptation du roman graphique de l'Anglaise Posy Simmonds qui s'est elle-même inspirée de Madame Bovary, le roman de Gustave Flaubert. Martin Joubert (Fabrice Luchini), marié et père d'un grand adolescent, est un ex-bobo parisien qui rédigeait des notules dans l'édition. Depuis quelques années, il a repris la boulangerie de son père dans une petite ville de Normandie. Il faut le voir pétrir sa pâte.  Cela n'empêche pas Martin d'avoir garder sa passion pour les beaux textes en général et pour Madame Bovary en particulier. Et il n'en revient pas quand il apprend le nom des nouveaux occupants de la maison voisine de la sienne: Gemma et Charly Bovery, un jeune couple d'Anglais. Gemma est une jeune femme rayonnante qui semble s'ennuyer, Charly n'est pas médecin mais il fait de fréquents déplacements à Londres, il vend du vin et accessoirement, restaure des objets. Joubert, qui est le narrateur du film et dont l'imagination n'a pas de limites, a l'impression que Gemma va connaître le triste destin de l'héroïne de Flaubert. Il n'a de cesse d'essayer de faire changer les choses mais en vain. Il assiste même de loin à la liaison entre Gemma et Rodolphe (pardon, Hervé dans le film, un jeune bellâtre). La réussite du film tient beaucoup au charme déployé par Gemma Arterton et j'ai trouvé Luchini vraiment très bien. Cela m'a presque donné envie de lire le roman de Gustave Flaubert (je ne l'ai jamais terminé) et pourquoi pas Anna Karénine (ceux qui verront le film que je recommande sauront pourquoi). Lire les billets de Cathulu ou Cachou.

Maintenant, je passe à Mademoiselle Julie de Liv Ullman qui a aussi écrit l'adaptation d'après la pièce (écrite en 1888) d'August Strindberg. Le film dure 2H10 et c'est son gros défaut. La pièce d'origine est courte et représente en général 1H30 de représentation sur scène. Le film m'a paru long, très long malgré les trois acteurs (Jessica Chastain, Colin Farrell et Emily Norton) qui sont formidables. La réalisatrice a à peu près respecté l'unité de lieu (un grand domaine), de temps (la nuit de la Saint-Jean) et d'action, le jeu de séduction entre Mademoiselle Julie, fille de baron, et Jean (John), le domestique, avec comme témoin Kristin (Kathleen) la cuisinière. Je trouve que c'est une oeuvre qui est intéressante mais qui a vieilli de par son sujet: une jeune femme de la "haute" qui veut séduire quelqu'un qui est d'une classe sociale inférieure, tout en le méprisant (comme elle méprise les représentants de la gent masculine). Ella agit envers lui avec condescendance. De même Jean et Kristin éprouvent un certain mépris envers Mademoiselle Julie qui a osé s'abaisser à leur niveau. La réalisatrice a ajouté des choses: on voit Mademoiselle Julie enfant dans le préambule, la musique est très présente et meuble les temps d'arrêt, cela n'ajoute rien. Dommage. Lisez plutôt la pièce. [Pour ce film, voir le billet d'Alex_6].

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [30] - Permalien [#]
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