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J'ai lu, en deux jours, Pas pleurer de Lydie Salvayre (Seuil, 276 pages), qui vient de recevoir le prix Goncourt 2014. Sous la forme d'un roman, l'écrivain évoque, par la voix de sa mère, l'Espagne de l'été 36 (avec la guerre civile sur le point d'éclater). Le 18 juillet 1936 (premier jour de la guerre civile), Montse, une jeune fille de 15 ans, née en 1921 et issue d'une famille pauvre, a enfin "ouvert sa gueule" après une remarque désobligeante d'un grand propriétaire terrien. Car à cette époque, des familles comme celle de Montse étaient maintenues dans la plus grande pauvreté par ces gros propriétaires terriens. C'est un récit à l'écriture vivante, chantante, martelante, répétitive, avec de temps en temps quelques phrases écrites en espagnol. Dans ce récit, on fait la connaissance de José (le frère de Montse) aux opinions d'extrême gauche, de Diego (militant communiste) qui deviendra le mari de Montse après qu'elle soit tombé enceinte (à 15 ans) d'un Français qu'elle n'a jamais revue. Lydie Salvayre règle son compte à l'église catholique espagnole qui a cautionné les tueries perpétrées par les sympathisants de Franco contre ceux, les républicains, qui aspiraient à un vent de liberté. Par la même occasion, Lydie Salvayre en profite aussi pour faire pas mal d'allusions à Georges Bernanos qui a été témoin des atrocités perpétrées par les franquistes dans l'île de Majorque où il séjournait (il en a fait un livre, Les grands cimetières sous la lune, un pamphlet anti-franquiste qui a eu pas mal d'échos en France). Georges Bernanos a été atterré par ce qu'il a vu et a constaté avec effroi que l'évêque de Majorque avait laissé faire. Il ne m'a pas paru évident de livrer des extraits de ce "roman". Je vous conseille seulement de le lire.

Lire le billet de Chez sentinelle et celui très intéressant de Christw.