samedi 13 décembre 2014

La French - Cédric Jimenez / Les héritiers - Marie-Castille Mention-Schaar

Si vous en avez l'occasion, allez voir La French de Cédric Jimenez, un film qui m'a agréablement surprise. Pendant 2H15, on ne s'ennuie pas une minute. Jean Dujardin dans le rôle du juge Pierre Michel et Gilles Lellouche dans celui de Gaëtan Zampa font merveille ainsi que tous les seconds rôles. Seul le personnage féminin, bien interprété (Céline Sallette), est un peu sacrifié. Pour ceux qui l'ignorent encore, Marseille dans les années '60 et '70 fut la plaque tournante du trafic de drogue, de sa fabrication jusqu'à son exportation vers d'autres pays dont principalement les USA. Les "chimistes" français avaient la triste réputation d'être les meilleurs dans leur domaine (fabrication de l'héroïne à partir de la morphine-base). Un juge des mineurs, Pierre Michel, va être chargé des affaires sur le trafic de drogue qui sévit à l'époque dans la ville phocéenne. Il espère faire tomber Gaëtan (Tany) Zampa, le "parrain" marseillais de la drogue, avec l'aide de policiers de la brigade des stupéfiants. Tous les coups sont permis pour trouver les labos clandestins et prendre les trafiquants en flagrant délit: les "planques", les filatures et les ruses, et surtout la patience, arrivent à porter leurs fruits. Pourtant, le juge constate qu'il n'a pas toujours le soutien nécessaire de la part de ses supérieurs, sans parler de personnages politiques de la mairie de Marseille... Je rappelle que le juge Michel fut assassiné le 21 octobre 1981, tué de trois balles (il rentrait chez lui à vélomoteur pour déjeuner). La ville de Marseille est bien filmée. L'affrontement entre Dujardin et Lellouche m'a fait penser à Gabin, Ventura et Delon (c'est dire). Un bon moment de cinéma populaire.

Je passe assez vite sur Les héritiers qui est un film de fiction plein de bons sentiments et bien pensant. On ne peut que souscrire à l'entreprise. Le scénario est inspiré d'une histoire vraie: à Créteil, des lycéens d'un établissement en ZEP (enfin je pense) ont la chance d'avoir eu, pendant leur année de Seconde, un professeur qui va les inciter à participer au concours national de la résistance et de la déportation qui a été créé en 1961. [Pour la petite histoire, j'ai participé deux fois à ce concours en individuel, en 3ème et en Terminale et j'ai reçu un prix à chaque fois]. Le sujet de 2009 (les enfants et adolescents dans l'univers concentrationnaire nazi) pour ces lycéens assez dissipés, de milieux sociaux culturels différents, semble assez loin de leurs préoccupations. Mais le miracle se produit: ils réussissent un travail de groupe qui va leur permettre de gagner un premier prix. Je pense que sur ce sujet, un vrai documentaire aurait été plus pertinent. D'autant plus qu'un survivant de la Shoah, Jean Ziegler, intervient dans le film en tant que Jean Ziegler. On voit aussi des interventions de Simone Veil. C'est ce mélange "fiction et réalité" qui m'a gênée, et je ne me suis pas rendu compte de l'évolution de la pensée de chacun des élèves. Pour Ariane Ascaride qui est très bien comme toujours, allez voir le film. Pour le reste, à vous de juger.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [27] - Permalien [#]
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