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Avec La facture de Jonas Karlsson (Actes sud, 188 pages), j'ai passé un joli moment de lecture. L'histoire ressemble à un conte. Un jour, en Suède, le narrateur de cette histoire reçoit une facture à payer d'un montant exorbitant (l'équivalent de près de 600 000 euros). Il n'y prête pas forcément attention car il ne sait pas à quoi la somme demandée correspond. Peu de temps après, il reçoit un rappel pour cette facture non payée majorée par des intérêts de retard. Qu'à cela ne tienne, il fait son enquête par téléphone. C'est une certaine Maud qui prend son appel et qui lui confirme qu'il est bien redevable de la somme au vu des réponses à des questionnaires auxquels il a répondu assez récemment. On lui facture une somme qu'il doit payer et qui a été calculée en fonction de son indice BV (Bonheur Vécu) depuis qu'il est né. C'est une mesure qui a été votée par on ne sait qui et qui s'applique à tout le monde. Le narrateur qui n'écoute pas la radio, ne regarde pas la télé et ne lit pas les journaux est âgé de 39 ans. Il est célibataire sans enfant, gagne modestement sa vie en travaillant à mi-temps dans un vidéo-club pour cinéphiles. Ses seuls biens matériels sont les quelques CD et DVD qu'il a chez lui et il n'est que locataire de son appartement au loyer bas. Manger une simple glace chocolat-menthe ou framboise suffit à son bonheur. Il est heureux tout simplement. On suit avec intérêt comment le narrateur va peut-être ne pas payer cette facture. Ce roman n'est pas mal écrit du tout par un acteur suédois renommé dans son pays où il est né en 1971. Une découverte sympathique.