mardi 30 août 2016

Moka - Frédéric Mermoud / Dernier train pour Busan - Sang-ho Yeon

J'ai été voir Moka de Frédéric Mermoud dans le cadre d'une avant-première juste après le 15 août. Il y avait un monde fou dans la salle, car il était annoncé que la projection se déroulerait en présence de l'équipe du film. En effet, l'équipe au complet (sauf Nathalie Baye) fut présente ... environ 4 minutes, le temps de dire que le tournage s'était bien passé. Les acteurs se sont bien entendus et Emmanuelle Devos tournait pour la deuxième fois avec le réalisateur. Il n'y a pas eu de place pour des questions. J'ai une fois de plus du mal à comprendre qu'on mobilise autant de monde pour si peu.

Toujours est-il que le film proprement dit ne casse pas trois pattes à un canard. L'histoire se passe alternativement entre la Suisse et la France (à Evian), au bord du lac Léman. Le paysage est photogénique, mais à part ça, pas grand-chose. Diane s'enfuit d'une maison de santé où elle est soignée depuis que son petit garçon a été tué par une voiture qui l'a écrasé sans le voir. Diane veut mener son enquête pour trouver qui était au volant de la voiture. Elle apprend rapidement que c'était une femme qui conduisait. Elle retrouve assez vite la voiture couleur "moka" qui a renversé son fils. Elle devient amie avec Marlène (Nathalie Baye), la présumée conductrice. Les échanges entre les deux femmes donnent un peu de vie à ce film qui en manque cruellement. Pas indispensable de voir ce film.

Je passe maintenant au film sud-coréen (encore un!) Dernier train pour Busan de Sang-ho Yeon. Il m'a beaucoup plu, mais il faut prévenir que ce film est interdit aux moins de 12 ans, car il y a des scènes qui peuvent faire peur. Un père divorcé (j'ai compris qu'il était trader) prend le train avec sa petite fille de 8 ans qui l'a pratiquement obligé à faire le voyage, car elle veut rejoindre sa mère à Busan. Le père est un homme qui ne pense qu'à lui et dont la devise est "chacun pour soi". Dans le wagon du père et de sa fille, il y aussi un homme un peu rustre et sa femme enceinte, deux soeurs dans la cinquantaine, un homme odieux, un groupe de jeunes joueurs de base-ball. Juste avant que le train démarre, une jeune femme un peu bizarre monte dans un wagon. Elle se transforme en zombie gesticulant et se met à attaquer tous les gens qu'elle croise en les mordant au cou. Les personnes mordues se transforment illico en zombies à leur tour. La contamination est rapide. Le train est forcé de s'arrêter dans différentes gares où il n'y a plus que des zombies. Dans les différents wagons, ceux qui ne sont pas encore contaminés commencent plus ou moins à s'entraider pour fuir la menace mais cela n'empêche pas que la plupart des "gentils" sont éliminés. Ce film d'horreur (en général, je ne vais pas voir ce genre de film) a été une très bonne surprise. Il y avait du monde dans la salle où je l'ai vu, et de la queue pour la séance d'après à ma sortie. Lire les billets de Pascale, ffred et Mr Vladdy.

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samedi 27 août 2016

Une histoire de tout, ou presque... - Bill Bryson

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Pendant trois ans, Bill Bryson a potassé quantité de livres et de documents et s'est entretenu avec des scientifiques pour arriver à ce livre de presque 600 pages qui se lit comme un roman. Une histoire de tout, ou presque... (Editions Petite bibliothèque Payot) explique l'infiniment grand et petit, ou pourquoi l'océan Pacifique est moins salé que l'océan Atlantique. J'ai approfondi mes connaissance sur la tectonique des plaques: l'Afrique remonte vers le nord, l'Australie descend vers le pôle sud, etc. J'ai aussi appris que le parc de Yellowstone aux Etats-Unis était en fait un mégavolcan qui, s'il se réveillait, provoquerait un cataclysme inimaginable. J'ai encore appris que la lune qui a permis en partie la vie sur terre s'éloigne de notre planète de 3,75 cm par an. Le livre parle des atomes, des molécules, de la radioactivité, des dinosaures, de l'eau, de l'apparition de la vie sur terre, de nos ancêtres hominidés, de la datation de la terre, comment on a pu mesurer la distance entre la terre et le soleil, etc. Il évoque les centaines de scientifiques qui depuis Newton ont permis de faire connaître un peu les mystères de notre terre et ceux de l'univers. Ce livre de vulgarisation est très accessible, amusant, intéressant, distrayant, enrichissant, etc. Je vous conseille de le lire. Merci Mr Bryson.

PS: et on ne va pas me demander de rédiger d'autres phrases alors qu'il fait 28,5° chez moi ce 26 août au soir!

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mercredi 24 août 2016

Toni Erdmann - Maren Ade

Comme promis, voici un billet sur Toni Erdmann de Maren Ade. Ce film de 2H42 ne m'a pas emballée plus que cela. Déjà, après avoir vu la bande-annonce, j'ai eu des doutes qui se sont confirmés. Inès Conradi est une jeune femme allemande, consultante dans un cabinet d'audit sur l'externalisation de certaines tâches dans les entreprises. Sa mission se passe à Bucarest (qui m'a paru plus prospère que dans le film Sieranevada). Agée d'une trentaine d'années, Inès n'a pas d'enfant et n'est pas mariée même si elle un petit ami roumain. Mais elle a un père, Winfried, un homme facétieux qui se fait appeler Toni Erdmann, Il n'arrête pas de mettre et retirer un dentier qui ne l'avantage pas du tout. Pendant presque tout le film, on le verra, en plus de ses fausses dents, porter une perruque couleur marron foncé. Cela lui donne un air hirsute. Il s'immisce dans la vie de sa fille à l'occasion de l'anniversaire de cette dernière. Inès, une femme de caractère et très sérieuse (on ne la voit pas rire une fois) m'a semblé désarmée devant ce père envahissant. Elle reste souvent silencieuse en observant le comportement de son père. Au bout d'un moment, je me suis demandée s'il n'allait pas enfin laisser sa fille tranquille. J'ai noté deux ou trois scènes marquantes: une graveleuse, une où Inès chante pratiquement a capella et la séquence d'anthologie où Inès, n'étant pas à l'aise avec une robe très moulante, l'enlève et reçoit toute nue ses invités à qui elle demande de faire la même chose. J'ai vu ce film une fois mais je ne le reverrai pas, malgré les critiques dithyrambiques que je ne comprends pas. Dans la salle où j'étais, très peu de spectateurs ont ri.

Lire les billets d'Alain, Alex-6 et de Matchingpoints qui ont aimé et celui de Ffred qui a trouvé le film raté et trop long. Quant à Pascale, elle n'a pas aimé du tout ce film visuellement assez laid.

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dimanche 21 août 2016

Sieranevada - Cristi Puiu

Dans ce billet et le prochain, je vais évoquer deux films sortis ce mois d'août 2016. Ils ont plusieurs points communs dont celui d'être long, d'avoir été en compétition dans la sélection officielle au dernier Festival de Cannes en 2016 (ils n'ont été récompensés ni l'un ni l'autre) et qu'ils se passent dans la ville de Bucarest. Le film roumain Sieranevada de Cristi Puiu dure 2H53 et le film allemand Toni Erdmann de Maren Ade, 2H42. Les comparaisons s'arrêtent là.

Sieranevada se passe donc à Bucarest en Roumanie. C'est l'hiver, il y a des congères de neige sur les trottoirs. Plusieurs membres d'une même famille se sont donné rendez-vous dans l'appartement de Nusa, la grand-mère. Le repas familial est prévu mais il n'aura lieu qu'après le départ du Pope que l'on attend (il est en retard). En effet, selon le rite orthodoxe, le Pope rend hommage et donne sa bénédiction au mari de Nusa, décédé 40 jours plus tôt. Sur les 2H53, au moins 2H30 du film se passent dans un lieu unique: l'appartement de Nusa. Situé dans un genre d'HLM lugubre (bâti au temps de la dictature de Ceaucescu), l'appartement se compose d'environ trois pièces plus la cuisine. Dans ce périmètre relativement exigu, on entend et voit une quinzaine de personnages parler et fumer beaucoup. La caméra à l'épaule suit les personnages dans ces pièces dont les portes s'ouvrent ou se ferment. Au bout d'un moment, en tant que spectatrice, j'ai ressenti un sentiment de manque d'air par écran interposé. J'en avais assez de me trouver dans l'intimité de cette famille un peu geignarde, débattant de tout sur la politique, la religion, l'état du monde, mais aussi sur des secrets de famille enfouis. Quand le film se termine, la nuit sera presque tombée et le repas n'aura pas vraiment eu lieu. Moi, je ne me suis pas vraiment ennuyée, mais je m'attendais à autre chose.

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jeudi 18 août 2016

Le sang dans nos veines - Miquel Bulnes (Challenge Pavé de l'été 2016)

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Entre vendredi 12 août et lundi 15 août 2016 matin, j'ai lu avec beaucoup de plaisir et d'une traite les 826 pages de ce formidable roman d'un jeune chercheur en médecine néerlando-espagnol. Tel une fresque, Le sang dans nos veines (Editions Actes noirs/Actes sud) nous entraîne dans l'Espagne et la Catalogne du début des années 20, avec des retours en arrière à la fin du XIXème siècle et dans les années 1910. Les cent premières pages décrivent assez précisément le désastre d'Anoual dans le Rif marocain en juin 1921: les Espagnols perdirent presque 9000 hommes, face aux Berbères (un millier d'hommes aguerris) commandés par Abdelkrim Al-Khattabi. Un des deux survivants espagnols, le commandant Augusto Santamaria del Valle, est un des personnage principaux de ce roman dense. Revenu à la vie civile (avec un genou très abîmé), il est nommé commissaire des Services de sûreté dans un quartier de Madrid. Peu de temps après, un notable est assassiné de plusieurs coups de feu dans un bordel situé dans un des secteurs dont est responsable Agusto. Faute de témoins et de mobile, l'enquête piétine et est plus ou moins abandonnée. Pourtant, une jeune prostituée, Esperanza, a tout vu. Un peu par hasard, elle se fait embaucher comme bonne à tout faire au service d'Augusto et de sa jeune épouse Helena (veuve d'un des militaires tués au Maroc). Helena est la maman d'un petit Pedro qu'adoptera Augusto.
Pendant ce temps-là, l'Espagne meurtrie par la débâcle marocaine est gouvernée par une monarchie constitutionnelle affaiblie (Alfonse XIII est un roi falot) que veulent renverser les Républicains et les Francs-maçons. Les anarchistes et les syndicalistes préparent la révolution. Pour leur part, les caciques (les notables et propriétaires terriens puissants), ainsi qu'une partie de l'armée et l'Eglise, veulent un état fort sous le signe du Christ et du roi.
Dans cet ample roman, on croise pas mal de personnages qui ont réellement existé, comme José Antonio Primo de Rivera, Alejandro Lerroux ou José Millán-Astray. Et la riche Catalogne avait déjà des envies d'autonomie. Quant à la victime du meurtre, Augusto et ses adjoints auront du mal à l'identifier. Il s'agit d'un militaire qui avait en sa possession un carnet où étaient énumérés des noms de gens connus impliqués dans une horrible affaire de pédophilie et de meurtres d'enfants à Barcelone dans les années 1910. Ce carnet qu'Augusto aura entre les mains va déchaîner meurtre et violence. Le style, la forme et le rythme du roman varient souvent, et c'est ce qui rend cette lecture agréable. J'espère que je vous aurai convaincus d'emprunter ce livre en bibliothèque. Il en vaut vraiment la peine.

Lu dans le cadre du challenge "pavé de l'été 2016" chez Brize.

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lundi 15 août 2016

Jason Bourne - Paul Greengrass / Stefan Zweig: Adieu l'Europe - Maria Schrader

J'ai été contente de retrouver Matt Damon dans le rôle de Jason Bourne (pour la 4ème fois). Je ne m'appesantirai pas sur le scénario pas très original: le "méchant" patron de la CIA (Tommy Lee Jones) veut mettre le monde entier sur écoute. Je retiens surtout le rythme trépidant du film qui nous emmène d'Athènes à Berlin avant de se terminer à Las Vegas. Jason essaye de se remémorer certains événements passés. Vincent Cassel joue le bras armé de Robert Dewey (le patron de la CIA), et le personnage principal féminin, Heather Lee (Alicia Vikander), est une hackeuse travaillant pour la CIA. Un film qui remplit son contrat de distraire. Les courses poursuites époustouflantes sont très bien filmées. Impressionnant.

Je passe à un film beaucoup plus calme, Stefan Zweig: Adieu l'Europe. Maria Schrader, la réalisatrice/scénariste qui est aussi actrice, prend son temps grâce de très beaux plans-séquences pour évoquer l'écrivain Stefan Zweig de 1936 jusqu'à son suicide en février 1942. En 1936, il est en exil depuis trois ans. Il vient d'arriver dans la région de Rio au Brésil. En complet cravate, il détonne dans cet environnement de végétation luxuriante et de canne à sucre. Il est accompagné de sa deuxième épouse Lotte. Il est partout accueilli chaleureusement comme en Argentine et se prête volontiers aux interviews qui tournent autour de l'engagement des intellectuels à propos de ce qui se passe en Europe. Début janvier 1941, le couple est à New-York, hébergé par la première femme de Zweig, qui a eu la chance de pouvoir émigrer. Zweig reçoit de nombreuses lettres qui lui demande de l'aide. On sent son impuissance devant les événements. Fin 41, il est à Pétropolis dans la région de Rio. C'est là qu'il se suicidera avec Lotte en février 1942. C'est un film très sobre filmé en cinémascope. Josef Hader qui interprète Stefan Zweig est très bien. Un film intéressant à voir.

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vendredi 12 août 2016

L'économie du couple - Joachim Lafosse

En cette période de disette cinématographique (encore que la situation s'améliore), j'ai voulu voir L'économie du couple du réalisateur belge Joachim Lafosse dont j'avais bien apprécié A perdre la raison. Je suis quand même étonnée que le film soit sorti en plein mois d'août, le public de ce genre de film risquant de ne pas être au rendez-vous. Le sujet est prenant et le réalisateur nous plonge tout de suite dans l'intimité de cette famille: Marie, Boris et leurs deux filles jumelles, Jade et Margaux. Dès les premières images, on sent tout de suite une certaine tension. En effet, Boris est relégué (comme un chien dans sa niche) à vivre et à dormir dans la pièce qui sert de bureau. Boris et Marie partagent le même toit en attendant que Boris trouve à se loger. Ils sont en train de se séparer mais Boris ne lâche pas l'affaire: il veut la moitié du prix de la maison qui appartient à Marie par héritage, considérant qu'il a donné de la plus-value à cette maison en faisant des aménagements: il est architecte d'intérieur mais ne gagne pas beaucoup d'argent. C'est là où le bât blesse. Marie est celle qui fait "bouillir la marmite" du ménage. La cause de la séparation tourne autour de cette gestion du foyer que Marie ne veut plus assumer toute seule. Les quelques échanges vifs entre Marie et Boris portent sur ce problème et sur la confiance qu'elle n'a plus en Boris. En revanche, ce dernier s'occupe bien de ses filles. Par intermittence, on sent qu'il pourrait y avoir une réconciliation entre ces deux adultes. Dans le rôle de Boris, j'ai découvert un acteur assez exceptionnel, Cédric Kahn, qui est aussi réalisateur. Il crève l'écran, et j'avoue que si on me demandait de choisir, je prendrais son parti à lui. Bérénice Bejo avec ses grands yeux noirs est émouvante dans le rôle de Marie, mais je suis arrivée à trouver son personnage presque antipathique (sans raison précise). En tout cas, c'est un film que je conseille. Lire le billet d'Alex.

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mardi 9 août 2016

Comme des bêtes - Chris Renaud

J'ai voulu voir Comme des bêtes (le titre original est plus parlant: The Secret Life of Pets, soit "La vie secrète des animaux de compagnie") réalisé par Chris Renaud (le créateur des Minions), car j'avais trouvé la bande-annonce très amusante. Pour résumer, ce film est sympa mais il manque de vrai scénario. En revanche le rythme est trépidant et sans temps mort. L'animation est réussie même si j'ai trouvé les couleurs un peu criarde par moment.

A Manhattan, dans un immeuble d'habitation, Max, un terrier Jack Russell, mène une vie heureuse avec sa jeune maîtresse, Katie. Tous les matins, Max aboie joyeusement pour que Katie ne parte pas à son travail. Il n'aime pas rester seul (comme les autres chiens en général). Pendant que les maîtres sont partis, les animaux font les fous, se fréquentent les uns les autres, etc. Un soir, Katie revient en compagnie de Duke, un gros chien marron sans race définie. Max n'est pas heureux de devoir partager l'affection de Katie ainsi que sa gamelle et son panier. Max et Duke deviennent ennemis mais, suite à un concours de circonstances, les deux chiens vont s'allier pour affronter toute une armée d'animaux - commandés par un lapin blanc psychopathe - qui, eux, n'ont pas la chance d'avoir des maîtres aimants. Max et Duke vont être aidés par Chloe, une chatte grise assez dodue, Pops, un vieux chien paralysé de l'arrière-train, Tiberius, un faucon neurasthénique, et Gidget, une chienne eskimo américain qui en "pince" pour Max. Les scènes d'extérieur sont souvent spectaculaires. Il y a des gags assez drôles, des séquences émouvantes comme quand on apprend ce que fut la vie de Duke avant son adoption par Katie. Il semble qu'une suite à ce film est prévue pour sortir en 2018.

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samedi 6 août 2016

Le jour des morts / Sans pitié ni remords - Nicolas Lebel

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Grâce à Emma (que je remercie) j'ai découvert tout récemment Nicolas Lebel, un écrivain de polars aux intrigues haletantes.

Dans Le Jour des morts (Editions Marabout, 380 pages), j'ai fait la connaissance du capitaine de police Daniel Mehrlicht (veuf inconsolable et fumeur invétéré de Gitanes) dont la tête ressemble à celle d'un batracien. Il est secondé par deux adjoints: Sophie Latour (amoureuse d'un sans-papiers) et Mickael Dossantos, un adepte de la boxe anglaise et du code pénal, dont il connaît chaque article et chaque alinéa sur le bout des doigts. Ils officient dans un commissariat du XIIème arrondissement. L'histoire se passe pendant la période de la Toussaint, entre le 31/10 et le 05/11. On s'attache très vite à ce trio de policiers auquel on adjoint un stagiaire que Mehrlicht déteste d'avance (avec raison). Ils vont être confrontés à une série de meurtres par empoisonnement qui les feront remonter dans le temps, à la fin de la deuxième guerre mondiale. Et Merhrlicht qui ne quitte jamais Paris sera obligé d'aller jusque dans le Limousin (près de Limoges!) pour conclure l'enquête. Le lecteur est pris dans le récit rondement mené.

J'ai enchaîné tout de suite avec Sans pitié ni remords (Editions Marabout, 370 pages). "Sans pitié ni remords" est une partie d'un alexandrin tiré de l'Homme et la mer des Fleurs du Mal de Baudelaire. Il est d'ailleurs beaucoup question de cette oeuvre et de son auteur dans l'enquête que vont mener Mehrlicht, Latour et Dossantos. Il s'agit d'abord d'une chasse au trésor: une statuette, pièce maîtresse de l'art Bantou du Congo-Brazzaville, ainsi que des bijoux, ont disparu 10 ans plus tôt du Musée des Arts d'Afrique et d'Océanie, près de la Porte Dorée dans le XIIème arrondissement. Mais n'anticipons pas. L'histoire commence donc le 9 novembre, soit 4 jours après la fin du roman précédent. Jacques Morel, un flic et le meilleur ami de Mehrlicht, vient de décéder d'un cancer à l'hôpital. Un notaire remet une enveloppe à Mehrlicht dans laquelle se trouve un diamant (qui représente un oeil de la statuette dérobée). En parallèle, plusieurs meurtres sont commis les uns derrière les autres. Les victimes, hommes et femmes sont d'anciens employés du musée. On apprend très vite que deux anciens légionnaires, un Corse, Luciani (un vrai psychopathe) et un Russe, Vlad, sont payés pour éliminer les personnes d'une liste. Je n'en dirai pas plus car j'ai déjà révélé beaucoup de chose. J'ai trouvé l'histoire encore plus passionnante que la précédente. On ne s'ennuie pas une minute. Je recommande.

Lire les billets sur l'un ou l'autre roman d'Emma, de Belette2911, de Claude le Nocher, de Pierre Faverolle. Il faut noter que ces deux derniers blogueurs sont cités par Nicolas Lebel dans ses "Remerciements" à la fin de Sans pitié ni remords.

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jeudi 4 août 2016

Man on High Heels - Jin Jang

Après The Strangers, voici un autre film sud-coréen que je conseille. J'ai vu les deux films à un jour d'intervalle. Une fois de plus, je constate que ce film venu d'Asie porte un titre anglais. C'est devenu courant. Pourquoi ne pas avoir laissé le titre original (Hai-hil) ou le sortir avec un titre français? Je ferme la parenthèse.

Man on High Heels est le premier film de Jin-Jang (qui réalise des films depuis 20 ans) à bénéficier d'une sortie en France. C'est peut-être parce qu'il a été récompensé du Grand prix au dernier festival policier de Beaune. Man on High Heels ("L'homme aux talons hauts") raconte une histoire originale. Ji-Wook est un flic de légende qui est admiré de tous, même par la pègre locale. Ji-Wook est un homme grand, beau et athlétique, qui veut devenir une femme. Quand il s'habille en femme avec des hauts talons, il a beaucoup de classe. Mais son secret est bien gardé dans ce pays très machiste. Quelques flash-back avec une musique un peu sirupeuse montrent Ji-Wook adolescent amoureux d'un camarade. Pour en venir à l'histoire purement polar, on assiste à une séquence d'ouverture grandiose. Ji-Wook, sans se servir de son revolver à 6 coups, arrive à mettre KO une dizaine d'hommes dans une salle de restaurant. Le combat est chorégraphié comme un ballet. Tout comme, plus tard dans le film, la séquence de lutte avec des parapluies. Ji-Wook envoie à l'hôpital un chef mafieux dans un état grave, le frère de ce dernier en profite pour essayer de devenir à son tour le chef. Les dernières scènes sont sanglantes mais il y a une certaine distanciation dans la façon de filmer. Ce film de 2H05 m'a vraiment beaucoup plu. A voir rien que pour les séquences décrites ci-dessus. Lire le billet d'Alex-6.

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