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Dans le cadre du challenge "Pavé de l'été" initié par Brize, j'ai choisi un roman de 690 pages aux éditions Points Seuil. J'avais lu un billet chez Aifelle qui m'avait confortée dans l'idée de me plonger dans ce roman dense qui se passe alternativement en 1941 en Lituanie à Jarbarkas et dans les années 2000 en Islande et en Lituanie. Illska (Le mal) de l'Eirikur Örn Norddhal (né en 1978), nous raconte l'histoire d'Agnes qui aime Omar (ils se sont rencontrés à une station de taxi en 2009) mais qui aime aussi Arnor (un jeune néonazi). Tous les trois sont nés à la fin des années 1970. Les arrière grands-parents d'Agnes étaient juifs du côté maternel et catholiques du côté paternel. Agnes rédige avec difficulté une thèse sur l'extrême-droite. Elle pense beaucoup à l'Holocauste de par ses origines. Aimant deux hommes en même temps, les amours d'Agnes ne sont pas simples d'autant plus qu'elle tombe enceinte et met au monde un petit garçon, Snorri. On nous laisse dans le doute sur l'identité du père. Comme Aifelle, j'ai préféré la partie qui se passe pendant la deuxième guerre mondiale, quand presque 400 Juifs, hommes, femmes et enfants furent abattus par un des premiers "einzatzgruppen" composés de Lituaniens de la ville. C'est à Jurbarkas qu'on pouvait trouver la plus belle synagogue d'Europe du Nord. Elle fut démolie par les Juifs sous la menace des armes. Toute la partie de l'histoire qui se passe à partir de 2009 se distingue par une narration hachée dans laquelle l'écrivain choisi même de se mettre à la place de Snorri lui-même. C'est un roman qui se lit bien malgré la longueur, même s'il aurait gagné à avoir au moins 200 pages de moins. Il y a des passages brillants et d'autres pas très intéressants. C'est néanmoins un écrivain islandais (un de plus) à découvrir.

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