vendredi 20 octobre 2017

Detroit - Kathryn Bigelow

Pendant deux heures vingt minutes, le spectateur se trouve à Detroit, en juillet 1967. Cette ville, berceau du label de chansons Motown et capitale de l'industrie automobile vit des émeutes sanglantes. Tout part, pendant une soirée, d'un cercle de jeu clandestin où une fête est organisée pour célébrer le retour d'un soldat noir du Vietnam. La police interrompt cette fête. Les gens se dispersent pour éviter l'affrontement avec les forces de l'ordre. Un ou deux jours plus tard, c'est l'état de siège dans Detroit. Les magasins sont pillés. Dans une salle de spectacle, un concert où se succèdent des chanteurs de "soul" est interrompu. The Dramatics, un groupe de cinq chanteurs noirs qui s'apprêtaient à monter sur scène pour la première fois, se retrouve dans la rue et se réfugie dans un motel voisin, The Algiers Motel, en évitant les arrestations de masse. Fin de la première partie. A partir de là, tout dérape, un Afro-américain logeant dans le motel a la très mauvaise idée de tirer avec un pistolet d'alarme en direction des militaires stationnés dans la rue. Les autres Afro-américains et deux jeune femmes blanches présents sur les lieux essuient des tirs de riposte. Le motel est bientôt investi par les gardes nationaux et surtout par des policiers dont le meneur s'appelle Krauss, un nazillon de la pire espèce qu'on avait croisé au début du film. Durant plus d'une heure dans un huis-clos étouffant, on assiste à l'humiliation et au tabassage des afro-américains et des deux jeunes femmes qui sont agressées et ceci en tout impunité. Trois noirs sont tués. Melvin, le seul vigile noir arrivé en renfort, n'a pu rien pu faire. Fin de la deuxième partie. Dans la troisième partie qui sert aussi d'épilogue, on voit les policiers blancs traduits en justice. Les jurés et le juge sont blancs. Donc vous pouvez deviner que les prévenus vont s'en sortir. C'est un film asphyxiant. On sort chamboulés et révoltés. La caméra suit les acteurs de très près. On ne sort pas indemne de Detroit (film réalisé par Kathryn Bigelow), qui ne peut pas laisser indifférent, qu'on l'aime ou pas. Lire les billets de Pascale, Aurore et Chris,

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jeudi 19 octobre 2017

Danielle Darrieux (1917-2017)

Encore une disparition, Danielle Darrieux nous a quittés à l'âge de 100 ans. Née à Bordeaux, le 1er mai 1917, elle avait commencé sa carrière dans les années 30. Je l'avais appréciée dans Madame D. de Max Ophüls (1953), dans L'affaire Cicéron de Joseph Mankiewicz et La vérité sur Bébé Donge (1952) d'Henri Decoin (qui fut son mari), dans Le Rouge et le Noir de Claude Autant-Lara (1954) où elle interprétait Mme de Rénal. On peut aussi retenir Marie-Octobre de Julien Duvivier (1959) et plus récemment Les demoiselles de Rochefort de Jacques Demy (1967). François Ozon l'a fait tourner dans 8 femmes en 2002 et et Pascal Thomas dans L'heure zéro en 2007 (d'après Agatha Christie). Après Jeanne Moreau et Jean Rochefort, Gisèle Casadesus, le cinéma français est en deuil une nouvelle fois.

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mardi 17 octobre 2017

Le garçon - Marcus Malte

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Le garçon de Marcus Malte (Editions Zulma, 534 pages) a été récompensé par le prix Fémina en 2016. Je trouve ce prix mérité. C'est le premier roman de l'auteur que je lis, et il m'a beaucoup plu. Je l'ai trouvé lyrique, ample et très bien écrit. Le garçon ne porte pas de nom, il ne parle non plus. Quand le roman commence, le garçon a 14 ans, nous sommes en 1908. Il porte le corps de sa mère qui vient de mourir. Elle paraissait 60 ans alors qu'elle en avait 30. Le garçon marche en se dirigeant vers la mer. Il se retrouve à l'étang de Berre. Après avoir dressé un bûcher pour brûler le corps de sa mère, le garçon se met à marcher vers le nord. Il est recueilli pendant quelques mois dans un hameau. Mais après en avoir été chassé, il continue son périple à bord d'une roulotte conduite par Brabek, "l'ogre des Carpathes", un ancien artiste de cirque qui a fait rouler sa bosse aux Etats-Unis. Brabek étant mort subitement, le garçon va arriver pas loin de Paris. Là, il a un accident de circulation causée par Emma, une jeune femme qui va l'aimer d'une manière absolue pendant 4 ans. Elle prénomme le garçon Félix. Pendant presque 130 pages, on se retrouve dans la vie intime sensuelle et érotique d'Emma et Felix. Puis, en 1914, tout s'arrête. La guerre est déclarée et Felix devenu Mazeppa part au front. Il survit à tous les combats avant d'être blessé vers la fin de la guerre. Condamné pour un délit au bagne de Cayenne pendant 7 ans, il termine sa vie dans la cordillère des Andes. J'ai tout dit et rien dit en même temps sur la vie de ce Garçon que je vous conseille de découvrir. Oncle Paul, Ingannmic, L'or des livres, zazymuth et The cannibal lecteur sont aussi enthousiastes que moi.

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samedi 14 octobre 2017

Le jeune Karl Marx - Raoul Peck / Confident royal - Stephen Frears

Le jeune Karl Marx du réalisateur haïtien Raoul Peck m'a beaucoup plu. C'est après avoir lu le billet de Pascale que j'ai eu envie de le voir. J'ai surtout apprécié d'entendre les deux acteurs, trilingues, qui donnent une certaine authenticité à l'ensemble. Le réalisateur a choisi de retracer la vie et l'oeuvre de Marx entre 1844 et 1848, années pendant lesquelles Marx va de Paris à Bruxelles et puis Londres. En septembre 1844, à Paris, Karl Marx (August Diehl, très bien), gagne chichement sa vie en écrivant des articles. Il est marié à Jenny Von Westphalen depuis un an. C'est à Paris qu'il rencontre Engels, fils d'un riche industriel allemand vivant et possédant une usine en Angleterre. Entre Marx et Engels, c'est le début d'une profonde amitié qui durera jusqu'à la mort de Karl Marx. Ensemble, ils se mettent à écrire des livres en commun. Ils rencontrent Proudhon (célèbre pour la phrase "La propriété, c'est le vol"). Etant en désaccord avec la pensée de Proudhon, ils continuent d'écrire. A cause de leurs écrits, ils sont chassés de France, puis de Belgique et ils s'installent en Angleterre. C'est là qu'ils écriront Le manifeste du Parti communiste publié en février 1848. J'ai trouvé le film intéressant car il n'est pas didactique. Les acteurs sont tous bien dans leur rôle. Et je pense avoir appris des choses. S'il passe par chez vous, vous pouvez aller le voir. 

Je vous conseille aussi d'aller voir Confident Royal de Stephen Frears, rien que pour Judi Dench en reine Victoria. Elle est impériale en reine d'Angleterre et impératrice des Indes. Le réalisateur, qui n'est pas tendre avec les us et coutumes de la royauté anglaise, nous raconte une histoire vraie pour l'essentiel. En 1887 pour le jubilé célébrant les 50 ans de la Reine Victoria, une médaille (mohar) est offerte à Victoria par deux Indiens qu'on a fait venir spécialement du "sous continent" britannique. En effet, l'Inde est sous domination britannique depuis 29 ans. Malgré les instructions très strictes faites à Abdul Karim, l'un des deux Indiens, sur le fait de ne pas croiser le regard de la Reine, il ne peut s'empêcher de le faire et Victoria, âgée de presque 70 ans, à l'époque trouve cet homme très beau. De là, commence une amitié entre la reine et l'Indien qui ne plaît pas du tout à l'entourage royal. Je n'en dirai pas plus, sauf pour saluer encore le talent de Mme Dench. J'ai retenu son monologue percutant où elle parle de ses divers problèmes de santé, concluant qu'elle n'est certainement pas folle. 

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mercredi 11 octobre 2017

L'ordre du jour - Eric Vuillard

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L'ordre du jour d'Eric Vuillard (Editions Actes Sud) est un récit de 150 pages évoquant le 20 février 1933 et ce qui s'ensuivit en Allemagne. Vingt-quatre hommes, dont Vuillard dresse la liste, sont présents dans le petit salon du président du Reichstag. Hermann Goering les accueille, leur parle d'un ton enjôleur. A l'issue de cette conversation, il demande à ces vingt-quatre hommes de "passer à la caisse" car le 5 mars, il y a les élections et les finances du parti nazi sont au plus bas. Qu'à cela ne tienne, ces vingt-quatre messieurs représentant les sociétés allemandes les plus prospères de l'époque (et encore de nos jours) vont donner des sommes substantielles. Vuillard les désigne nommément: BASF, IG Farben, Krupp, Opel, Telefunkun, Siemens, Allianz, Bayer. C'est donc grâce à eux et aux fonds qu'ils ont levés que les nazis ont semé la mort pendant 12 ans. Vuillard évoque l'Anschluss et Schuschnigg, le chancelier d'Autriche entre 1934 et 1938 qui a laissé les Nazis envahir son pays. Eric Vuillard a une plume remarquable qu'il trempe souvent dans le vitriol quand il évoque certaines personnes ou certains faits comme le recrutement de déportés (de la main d'oeuvre gratuite) pendant la guerre. Ils travaillaient dans les sociétés énumérées plus haut. Ce fut une affaire rentable. Un livre que je vous conseille tout comme Dominique et le Merydien. La photo de couverture représente Gustav Krupp von Bohlen und Halbach.

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lundi 9 octobre 2017

Jean Rochefort (1930-2017)

Le cinéma français a perdu un acteur qui avait beaucoup d'élégance. Jean Rochefort nous a quitté et il nous manque déjà. J'avais revu tout récemment en DVD Un éléphant ça trompe énormément (1976) et Nous irons tous au paradis (1977) que je vous conseille. Ce passionné d'équitation fut un grand monsieur du cinéma et du théâtre. Je suis trop jeune pour l'avoir vu dans les pièces d'Harold Pinter comme l'Amant, C'était hier et La Collection où il donnait la réplique à Delphine Seyrig. Je l'avais beaucoup aimé dans Ridicule de Patrice Leconte, Que la fête commence de Bertrand Tavernier, Le Crabe-tambour de Pierre Schoendoerffer, Cible émouvante de Pierre Salvadori.

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dimanche 8 octobre 2017

Blade Runner 2049 - Denis Villeneuve

J'avais adoré Blade Runner de Ridley Scott sorti en 1982. Sans faire de comparaison, j'ai trouvé Blade Runner 2049 très réussi du point de vue visuel d'une part et du point de vue scénaristique d'autre part. L'histoire renvoie à certains moments de Blade Runner, en particulier sur ce que sont devenus Rick Deckard et Rachel. A Los Angeles noyée dans un brouillard de pollution, K (Ryan Gosling), un répliquant (un androïde ou "robot à peau" pour parler crûment) qui fait partie du LAPD (la police de Los Angeles), doit éliminer un autre répliquant. Cela se passe dans un paysage "de fin du monde". Pas très loin, les monceaux de détritus et de ferraille s'accumulent. Au pied d'un arbre mort, K trouve un coffre enfoui avec un squelette à l'intérieur. Ce sont les restes d'une répliquante dont on apprend qu'elle a mis au monde un enfant avant de mourir. Cet événement s'est produit 28 ans auparavant, en 2021. K est chargé de mener l'enquête pour retrouver l'enfant. Pour ce faire, il va croiser la route de plusieurs femmes dont Joi, une femme hologramme, et Luv, une répliquante très dangereuse. Son chemin va aussi l'amener à rencontrer Deckard (Harrison Ford, avec 35 ans de plus) qui vit avec un chien dans un casino abandonné. Malgré sa décrépitude, l'endroit est beau. Je n'en dirai pas plus sur l'histoire car le film est avant tout une expérience visuelle. Comme spectateur, on est complètement immergé dans les images jaunes, orange et grises. Avec mon ami, quand on est sorti de la salle, on s'est dit qu'on ne voudrait pas vivre dans ce genre de monde sans soleil, sans ciel bleu. Le film dure 2H43. Vous pouvez tenter l'expérience. Et dans la foulée, je vous conseille de revoir Blade Runner de 1982 qui est un chef d'oeuvre.

Lire les billets de Strum, Pascale, Wilyrah.

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samedi 7 octobre 2017

Scoopette - Wolinski

Je repasse à Wolinski sous l'angle (arrondi) d'une de ses héroïnes féminines (pas seulement une silhouette). Après avoir évoqué des oeuvres "gentilles", je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) voulais revenir à un peu plus de truculence wolinskienne. Voici donc Scoopette, la nympho de l'info (Canal+ éditions, DL avril 1994).

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Si j'ai bien compris, cet album reprend des dessins réalisés pour Canal Plus, dans le cadre de l'émission Nulle part ailleurs lors de la saison 1993-94 (?). Faute d'avoir regardé cela à l'époque, j'ignore quel est le volume publié par rapport à la production. En 2017, il semble qu'on ne puisse trouver sur la Toile d'images des dessins présentés lors de l'émission (en tout cas, je n'ai pu en trouver).

En couverture de cet album, la litanie des 10 prénoms évoque pour moi le charme suranné d'une chanson de Marie Laforêt (Boris, en dernier lieu...), empreinte du temps qui passe. En feuilletant les pages, les décomptes de fréquence d'apparition donnent: François 7 (Mitterrand 5 et/mais Bayrou 2!), Helmut [Kohl] et John [Major] zéro (publicité mensongère! - mais Wolinski aurait pu [me] répondre que c'était les prénoms des "anonymes" représentés par ailleurs...), Charles [Pasqua] 2, Edouard [Balladur] une douzaine, loin devant Jacques [Chirac] (5 - mais ce dernier a les honneurs - prémonitoires? - de la 4ème de couv'), Valéry [Giscard d'Estaing] 2, Bill [Clinton] 4, Boris [Eltsine] 5. Je suppose que mettre en avant Bernard [Tapie] (4 apparitions) aurait été malvenu, tandis que Georges (Marchais - 2 ou même l'auteur, une fois!) aurait été ambigu... L'ironie pouvait viser le personnage public concerné, ou une situation. Plus de 20 ans après, les politiciens concernés ont pour la plupart disparu du paysage politique actif... mais les situations peuvent perdurer. 

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Quel "gimmick" caractérise notre Scoopette? C'est évidemment un peu répétitif en terme de dialogue (question / réponse - qui s'adresse rarement à elle-même), tandis que les situations sont variées (dedans, dehors, en l'air, sur l'eau...). On remarquera que le Père Noël est seul (dans l'album) à l'appeler de son nom et à la tutoyer. Le reste du temps, Scoopette tend son micro phallique à tel ou tels interviewés (quand elle n'a pas les deux mains occupées). Notre intervieweuse de charme (soit voyeuse, soit actrice) se frotte à des hommes politiques politiques, des anonymes, des people, des sportifs, quelques missionnaires (dont 1 en apesanteur), masculins le plus souvent... On trouve de très rares interview en tête-à-tête avec des femmes (Simone Veil, sévère (x2!); Diana, sous les objectifs des photographes; Margaret Thatcher, des patineuses sur glace; une ménagère russe... ou la petite-fille de Mussolini - plus hard). Et en terme de zoophilie? Scoopette n'interroge pas de raton laveur (seulement Mickey!), mais quelques animaux: ours, flamand rose, kangourou... Ses principaux accessoires? le micro sus-évoqué, et un nagra - j'ai bien écrit nagra).

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La publication remontant aussi à un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître (avant le "décollage" d'internet), on trouve très peu de critiques spécifique à Scoopette sur la Toile. Et plus de 20 ans avant le massacre de Charlie Hebdo, les seuls religieux mis en situations sont l'abbé Pierre et le pape.

Sans transition, voici encore quelques dessins picorés dans cet album sans numéro de pages.

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Pour finir, j'ai aussi pioché quelques jolies journalistes préfigurant Scoopette, ou les réflexions sur le journalisme visibles ci-dessous, dans les albums Le programme de la droite (1986, Denoël), Bonne année (1987, Denoël) et Il n'y a plus d'hommes (1988, Flammarion). Le personnage même de Scoopette a été réutilisé dans quelques planches en couleur de Trop beau pour être vrai (1998, Albin Michel), montrant ses aventures phantasmées en tant que journaliste à L'Echo des savanes (je n'ai pas pris les planches avec Chirac lubrique ou Jospin soporifique). Bien entendu, je ne m'interdis nullement de revenir moi-même sur chacun de ces albums, ultérieurement.

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*** Je suis Charlie ***

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jeudi 5 octobre 2017

Snjor et Mörk - Ragnar Jonasson / La fille d'avant - JP Delaney

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Attirée par découvrir des auteurs de polars scandinaves, j'ai été tentée de lire le premier roman de Ragnar Jonasson traduit en français (d'après le texte anglais) après avoir lu une ou deux critiques sur des blogs comme celui de Yv. Je ne regrette pas mon choix, bien au contraire.

Snjor (Editions points Seuil, 335 pages) se passe entre 2008 et 2009. Ari Thor, 24 ans, vient de terminer l'école de police de Reykjavik. Il accepte, sans en parler à Kristin, sa petite amie infirmière, une première affectation à Siglufjördur dans le nord de l'Islande. A Siglufjördur, il ne se passe rien jusqu'au moment où un vieil écrivain fait une chute mortelle dans un théâtre. Ari Thor va mener une enquête qui le ramène dans le passé de certains personnages.

Dans Mörk (Edtions de la Martinière, 326 pages), on retrouve Ari Thor deux ou trois ans plus tard, marié à Kristin, et père d'un petit garçon appelé Stefnir âgé de 10 mois. A Siglufjördur où il ne se passe toujours pas grand-chose, Herjolfur, le collègue d'Ari, est brutalement assassiné, pas loin d'une maison abandonnée à l'entrée de la ville. L'enquête n'avance pas vite. Plusieurs personnages sont plus ou moins liés à cet assassinat, dont le maire du village et son assistante, Elin, qui fuit un homme violent. Il y aussi un homme qui fut interné dans un hôpital psychiatrique, 25 ans auparavant. Son journal fait partie du récit et l'on découvre à la fin quel est son rôle dans l'assassinat. Comme pour Snjor, Ragnar Jonasson prend son temps pour dévoiler la clé de l'énigme. Il y a un enchaînement logique dans le déroulement des événements. Le lecteur ne se perd pas.

 J'ai beaucoup apprécié ces deux romans. J'espère que l'auteur en écrira d'autres avec Ari Thor car il y a encore plein de choses à découvrir sur ce personnage.

Valérie est nettement moins enthousiaste concernant Snjor.

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Parmi mes emprunts en bibliothèque de la fin de l'été, je suis tombée par hasard sur La fille d'avant de JP Delaney (Editions Mazarine, 428 pages). J'avais vu plein d'affiches en gare et dans le métro, en début d'année 2017, qui faisaient la pub de ce roman. Un "page-turner" que j'ai refermé en me disant que je m'étais fait "avoir": ce n'est pas désagréable à lire mais c'est un peu vain. A Londres, Jane, qui vient de perdre un enfant, emménage dans une maison unique à la conception minimaliste, imaginée par un jeune architecte prometteur. Elle a même répondu à un questionnaire de candidature pour avoir la chance d'habiter cette maison. A peine installée, elle ne se sent plus tout à fait la même, comme Emma, la locataire précédente. Comme Emma, elle a une relation torride avec l'architecte minimaliste Edward Monkford. Jane apprend qu'Emma a connu une mort tragique dans la maison un an auparavant, et elle essaye de découvrir comment et pourquoi. Le récit alterne de courts chapitre de 2 ou 3 pages "Maintenant Jane" et "Avant Emma". Mais il m'est arrivé de ne plus savoir dans quel récit j'étais. Physiquement, elles se ressemblent mais psychologiquement, l'une est plus "forte" que l'autre. Le méchant de l'histoire n'est pas celui auquel l'auteur veut nous faire croire, quoique... Bref, roman à emprunter en bibliothèque mais pas plus.

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lundi 2 octobre 2017

Une famille syrienne - Philippe Van Leeuw / Le Redoutable - Michel Hazanavicius

Une famille syrienne, le deuxième long-métrage de Philippe Van Leeuw (il en a aussi écrit le scénario) est un huis-clos prenant qui se passe sur une journée avec une séquence très forte. Dans un immeuble, plusieurs membres d'une même famille et un jeune couple de voisins avec un bébé, Samir et Halima, vivent calfeutrés dans un appartement. Ils sont seuls dans tout l'immeuble vidé de ses habitants. Par les fenêtres, ce n'est que désolation, bâtiments éventrés et gravats, sans parler des bombardements. Un matin, nous voyons Samir quitter l'immeuble et être abattu par un sniper. Nous sommes dans les 5 premières minutes du film qui dure 1H20. A partir de là, on voit Oum Yazan, la mère de famille (Hiam Abbass) qui fait l'impossible pour protéger sa famille du dehors. La porte d'entrée est barricadée. Tout le monde se tient loin des fenêtres. Le père est absent et le seul homme dans l'appartement est le grand-père. Halima va montrer qu'elle a du cran quand deux hommes arrivent à s'introduire dans l'appartement. La caméra étant très près des acteurs, cela renforce l'impression que les personnages sont enfermés et on se demande comment ils pourront s'en sortir. Un film qui m'a beaucoup plu. Lire les billets de Baz'art et de Chris.

Je passe au Redoutable de Michel Hazanavicius, d'après le livre autobiographique d'Anne Wiazemsky, Un an après, à propos de sa vie avec Jean-Luc Godard entre 1967 et 1968. Ils se sont séparés en 1970. Le ton du film est amusant, les dialogues savoureux et Louis Garrel dans la peau de JLG s'en sort bien. C'est pour lui qu'il faut aller voir le film. Jean-Luc Godard est un homme pas sympathique Il ne devait pas être facile à vivre, entre sa mauvaise foi et sa prétention. Il est odieux avec tout le monde. Par ailleurs, il renie trois de ses films, qui resteront pourtant dans les mémoires. La jeune Anne, 17 ans, étudie la philosophie à la Sorbonne. Elle admire Jean-Luc Godard. Elle est heureuse de vivre avec l'homme qu'elle aime. Il lui fera tourner La Chinoise. Le film m'a donné envie de lire le livre d'Anne Wiazemski. Le film se laisse voir. Lire le billet de Pascale.

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