Depuis que je suis rentrée du Chili, j'ai recommencé à aller au cinéma. Et je viens de voir quatre films français qui se laissent regarder.

Dans ce billet, j'en commente deux dans l'ordre où je les ai vus.

D'abord Jalouse, de David et Stéphane Foenkinos, qui permet à Karin Viard de prouver une fois de plus son talent dans un rôle pas facile, pas très sympathique. Nathalie Pécheux, une cinquantenaire, est prof de français en khâgne dans un lycée parisien. Divorcée, elle vit avec sa fille danseuse, qui espère entrer très prochainement à l'école de danse de l'Opéra de Paris. Nathalie (Karin Viard), par ses remarques mordantes et son comportement, est devenue odieuse auprès des siens, qui par ailleurs sont plutôt patients avec elle. Je n'ai pas compris le titre du film. Nathalie n'est pas jalouse des autres, elle est mal dans sa peau durant une période parfois délicate pour les femmes. Karin Viard est à l'écran dans pratiquement tous les plans du film. Face à elle, Dara Dombroff qui interprète sa fille joue très juste, ainsi que la Québecoise Anne Dorval dans le rôle de l'amie de Nathalie. Une autre actrice que je n'avais jamais vu jouer et que j'ai trouvé surprenante et épatante, c'est Julie-Marie Baup, dans le rôle de la nouvelle compagne de l'ex-mari de Nathalie. Je n'oublie pas Anaïs Desmoutiers qui joue la collègue du lycée de Nathalie et qui ne se laisse pas démonter devant l'agressivité de cette dernière. Lire les billets de Pascale, de Tinalakiller et Ffred.

Je passe à Prendre le large de Gaël Morel, dans lequel Sandrine Bonnaire interprète le rôle d'Edith Clerval, une ouvrière en usine qui décide, comme l'usine qui l'emploie, d'être délocalisée au Maroc à Tanger. C'est la seule qui n'accepte pas le plan de licenciement qui lui permettrait de tenir financièrement un moment. A Tanger, où elle compte s'installer, les conditions de travail sont dures et le salaire est au niveau du pays, c'est-à-dire très bas. Qu'à cela ne tienne, ayant trouvé à se loger dans une pension de famille tenue par une mère et son fils, elle essaye de vivre au jour le jour avec des handicaps comme la barrière de la langue et le fait qu'elle soit une femme seule dans un pays musulman. Dans l'usine, à Tanger, on l'appelle l'étrangère. Elle n'est pas acceptée. Le thème du film fait penser au scénario de Crash Test Aglaé dont le ton était plus léger. Sandrine Bonnaire, en femme qui n'envisage pas de s'arrêter de travailler, est crédible, c'est la seule actrice connue du film. Face à elle, le jeune Kamal El Amri et Mouna Fettou (le fils et la mère propriétaires de la pension) sont bien. La fin optimiste que je ne dévoilerai pas rend l'ensemble moins sombre. Lire le billet enthousiaste de ffred.