jeudi 30 août 2018

Les luminaires - Eleanor Catton

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Ca y est, je viens d'arriver au bout des 1230 pages (!) en édition de poche du roman Les Luminaires (Edition Folio), oeuvre d'une jeune femme écrivain née au Canada en 1985 mais qui vit en Nouvelle-Zélande. C'est d'ailleurs dans cette région du bout du monde (pour nous) qu'elle situe son intrigue en 1865 et 1866. J'ai appris que la Nouvelle-Zélande, située à 2000 km au sud-est de l'Australie, était composée de plusieurs îles dont deux principales: l'ïle du Nord et l'ïle du Sud. Et précisément, l'histoire se passe dans l'ïle du Sud à Hokitika (un territoire maori), sur la côte ouest de l'île. Le mot "luminaires" fait référence à l'astrologie et en particulier au soleil et à la lune qui étaient considérés comme des "planètes". L'intrigue tourne autour de la ruée vers l'or. En effet, j'ai aussi appris qu'on avait trouvé de l'or en Nouvelle-Zélande. Comme dans certains romans victoriens, chaque début de chapitre donne des indications sur le déroulement de l'histoire et indique quels personnages sont impliqués. D'ailleurs, en préambule du roman, Eleanor Catton liste les 20 personnages principaux du roman avec leurs profession pour 12 d'entre eux (un chercheur d'or, un courtier, un fondeur d'or, un hôtelier, un magnat, un apothicaire, un agent maritime, un journaliste, un employé de banque, un aumônier, un "digger" solitaire, un clerc de magistrat). Ces douze personnages ont leur nom inscrit sur une carte zodiacale au début de chaque partie du roman avec le soleil qui se déplace. La position des planètes joue un rôle dans ce qui leur arrive. Pour les autres personnages, deux femmes sont essentielles au déroulé de l'histoire, qui est une suite d'événements se déroulant sur un période d'un an entre le 27 avril 1865 et le 27 avril 1866. Une malle où se trouvent cinq robes dont les replis servent à dissimuler de l'or disparaît puis réapparait après le naufrage d'un bateau ; un homme prend l'identité d'un autre ; un prospecteur est amoureux d'une prostituée opiomane ; un bateau change de propriétaire ; deux Chinois s'emploient à trouver et à fondre de l'or ; un Moaori sait où trouver de la néphrite/jade ; une grande quantité d'or trouvé dans une concession est enfouie par un homme qui disparaît peu après. On peut se demander pourquoi le roman fait autant de pages. Je ne répondrai pas à cette question car je ne l'ai pas trouvé trop long. Je ne me suis pas ennuyée une minute même si somme toute, il ne se passe pas grand-chose. On perd quelques personnages en route qu'on retrouve par la suite. Le destin de certains d'entre eux est imprécis. Quand le roman se termine, je me suis dit "tout ça pour ça". Cela n'empêche pas que j'ai pris beaucoup de plaisir à cotoyer ces personnages pas tous sympathiques. Miss Catton a un très bon sens de la narration. En revanche, j'aurais à redire sur la traduction souvent maladroite avec des tournures pas très française. Un exemple? Il voyageait "par terre". C'était ma participation au Challenge du Pavé de l'été 2018 de Brize (que je remercie encore pour son initiative). Lire des billets pas toujours enthousiastes sur ce roman: Nicole, Papillon et Xelou ont aimé comme moi. Les deux autres, Hélène et Zarline, beaucoup moins.

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mardi 28 août 2018

BlacKkKlansman - J'ai infiltré le Ku Klux Klan - Spike Lee

Après quelques années sans film marquant, Spike Lee revient en force avec BlacKkKlansman qui reçu le grand prix du jury au dernier festival de Cannes. En préambule, on nous annonce que c'est inspiré de "f..." faits réels. Dans les années 70, en plein "Black Power" et films "Blacksploitation", Ron Stallworth, un jeune policier noir (John David Washington [le fils de Denzel], très bien) est embauché dans un commissariat de Colorado Springs qui accepte les gens de couleur dans ses rangs. Ron est employé aux archives, loin des enquêtes de terrain. Rapidement las de cette situation, Ron convainc sa hiérarchie d'infiltrer une section du KuKluxKlan qui sévit dans la région. Pour ce faire, il demande à un de ses collègues, Philip (Flip) Zimmerman (un Juif) de se faire passer pour lui quand il faudra rencontrer les membres de la section du Klan. Pour ceux qui l'ignore, le Klan a été créé le 25 décembre 1865 par des confédérés qui n'ont pas admis leur défaite. Cette organisation suprémaciste blanche existe toujours en 2018. Elle est composée de plusieurs groupuscules. Le KKK est une entité anti-tout: Noirs, Juifs, catholiques, communistes, etc. Ils sont à la droite de la droite. Après, c'est le néant. Le film est sur le ton de la comédie tout en ayant des moments d'émotion comme la séquence où Harry Bellafonte (91 ans cette année), que j'ai mis 10 secondes à reconnaître, décrit les exactions contre les Noirs dans les années 20 et 30. Les membres du Klan sont particulièrement bêtes et dangereux. Mention spéciale à Felix (et sa femme). Le moment où Ron est chargé de la protection de David Duke, à l'époque, le responsable national du KKK, est plutôt savoureux. Le film se termine par un film sur les émeutes de Charlottesville dans l'Etat de Virginie en 2017 où l'on voit une voiture écraser des manifestants antiracistes. J'ai trouvé que le film qui dure plus de deux heures aurait gagné à être plus court. C'est surtout le début du film qui est long à démarrer. Un film à voir recommandé par Pascale, et lire le billet de princecranoir.

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dimanche 26 août 2018

Khalil - Yasmina Khadra

Suite à mon billet dans lequel je disais que j'avais été sélectionnée pour le jury du prix du roman Fnac de cette année, voiici mon premier billet sur un des romans que j'ai reçus.

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Khalil de Yasmina Khadra (Editions Julliard, 260 pages) est le prénom du narrateur et personnage principal du roman. Khalil, âgé d'une vingtaine d'années, est un membre de l'Association caritative Solidarité Fraternelle située dans un des quartiers de Bruxelles. Autrement dit, comme trois autres frères, Khalil a décidé de terminer sa vie en kamikaze à la demande de Lyès, un émir de Molenbeek. Dans la soirée du 13 novembre 2015, Khalil, Driss (son copain d'enfance) et deux autres arrivent en voiture près de Paris, aux abords du Stade de France (cela rappelle malheureusement de tristes événements). Les massacres et les explosions ont lieu, mais pour Khalil, rien ne se passe comme prévu: sa ceinture d'explosifs ne s'est pas déclenchée. Le téléphone qui devait servir de détonateur n'a pas fonctionné. Khalil est aux abois car il devra justifier son échec, et pourquoi il est encore vivant. Il réussit à retourner en Belgique pour se cacher en particulier chez sa soeur aînée, toujours pas mariée à 40 ans, et il est aidée par sa soeur jumelle, Zahra, à laquelle il est très attachée. Se déplaçant de planque en l'autre, Khalil attend sa prochaine mission qui doit avoir lieu de l'autre côté de la Méditerranée, au Maroc. Grâce au présent de narration, le roman se lit vite. J'ai été happée par l'histoire (je l'ai lu en moins de deux jours), et, sous la plume de Yasmina Khadra, on n'arrive pas à condamner Khalil malgré ses actes. C'est à vous de juger. Voici la première phrase du roman : "Nous étions quatre kamikazes; notre mission consistait à transformer la fête au Stade de France en un deuil planétaire".

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vendredi 24 août 2018

Equalizer 2 - Antoine Fuqua / Les Vieux fourneaux - Christophe Duthuron

J'avais vu en DVD le premier Equalizer (2014) déjà réalisé par Antoine Fuqua, et j'avais bien aimé le personnage de Robert McCall qui, avec un simple tire-bouchon, arrive à "dézinguer" quatre ou cinq "méchants" en moins de trente secondes chrono. Robert McCall, ancien agent de la CIA à la retraite, mène une vie relativement paisible comme chauffeur de taxi à Boston. Il a des clients fidèles. Grand lecteur (il est en train de lire A la recherche du temps perdu de Proust), il ne peut s'empêcher d'intervenir quand c'est nécessaire pour venger les plus faibles: une jeune femme violentée, ou une petite fille qui a été enlevée à sa maman par le père d'origine turque. C'est d'ailleurs le préambule du film où l'on voit Robert McCall (Denzel Washington, très sobre) dans un train quelque part en Turquie. Il est vêtu comme un Musulman. Il met au tapis quatre ou cinq hommes (des acolytes du père), et au plan d'après, la petite fille et sa maman se retrouvent réunies. Puis Robert McCall va surtout s'occuper de trouver et d'éliminer les assassins de Susan Plummer, une ancienne collègue mais d'abord une amie. Le rythme du film est trépidant même si le scénario est un peu mince. Un film à voir un samedi soir. Lire le billet d'Henri Golant.

Je passe aux Vieux fourneaux de Christophe Duthuron (un réalisateur que je ne connais pas du tout). Il s'agit de l'adaptation par Wilfrid Lupano lui-même de ses albums Les Vieux fourneaux (dont les dessins sont l'oeuvre de Paul Cauuet). En 1H30, on a un condensé des trois premiers volumes. Au début des années 2000, on fait la connaissance de Pierrot (anarchiste encore actif - Pierre Richard, inénarrable), Emile (Mimile - Eddy Mitchell), ex-globe-trotter qui se teint les cheveux, et Antoine (Roland Giraud), un ancien syndicaliste. Ils sont unis par une amitié indéfectible depuis 50 ans. Emile et Pierrot se rendent aux obsèques de Lucette, la femme d'Antoine. Antoine a eu deux fils dont l'un (que l'on ne voit pas) est le père de Sophie qui est enceinte. Sophie est le quatrième personnage essentiel de ces histoires. Elle est marionnettiste comme sa grand-mère Lucette, dont on apprend qu'elle avait eu une liaison avec Garant-Servier, le patron de l'entreprise où elle et Antoine travaillait. Le film comporte des scènes et des répliques amusantes, on peut même voir un film (d'animation) dans le film qui révèle des choses peu glorieuses sur le passé des "Vieux fourneaux". Un moment distrayant de cinéma. Lire le billet d'Henri Golant.

NB : pour ceux qui aiment Les Vieux Fourneaux en BD, le 5ème tome "Bons pour l'asile" paraîtra le 9 novembre prochain.

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mardi 21 août 2018

Membre du jury du prix du roman Fnac

Après une interruption d'un an, j'ai été sélectionnée en mai 2018 pour faire partie du jury du Prix du roman Fnac. Je suis adhérente de l'enseigne et j'achète des livres chez eux pour la bibliothèque loisir dont je m'occupe. Pour être sélectionnée, j'ai dû répondre à des questions comme mes goûts littéraires, mes écrivains préférés, etc.

Toujours est-il que fin mai début juin, j'ai reçu deux romans, deux semaines plus tard, un roman et une semaine après deux autres romans. J'ai préféré cette méthode d'envois séparés à un envoi groupé. J'ai eu l'impression d'avoir plus de temps pour lire. Chaque juré a reçu entre cinq et six romans parmi un choix d'une centaine de titres. Je les ai lus relativement vite et on a eu un peu plus  d'un mois pour donner avis. On saura qui est le lauréat tout début septembre.
En ce qui me concerne, je ne suis pas trop mal tombée. Sur les cinq romans, j'en ai bien aimé au moins deux, ce qui n'est pas si mal.

Voici en image les cinq romans:

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Je commence par mes deux préférés: Khalil de Yasmina Khadra (Editions Julliard), qui vient de paraître, et Route 62 d'Ivy Pochoda (Liana Levi) à paraiître le 6 septembre 2018. [Billets à venir]

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Je continue avec celui qui ne m'a pas déplu mais qui aurait dû s'intituler "Vodka" plutôt que Voyou, d'un jeune écrivain israélien Itamar Orlev (Editions du Seuil, paru le 16 août). J'ai renoncé à compter combien de fois le mot "vodka" est écrit, au moins deux ou trois fois par page. Cette boisson est bue en grande quantité par le père du narrateur du roman. J'ai par ailleurs trouvé le style du roman un peu lourd. [Billet à venir]

Et je n'oublie pas les deux derniers qui se lisent vite mais dont les histoires ne m'ont pas intéressée.

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L'évangile selon Youri de Tobie Nathan (Editions Stock, parution demain 22 août) et Reviens de Samuel Benchetrit, un roman "gentillet" (Editions Grasset, paru le 16 août) sont donc quant à eux, très dispensables.


samedi 18 août 2018

Le poirier sauvage - Nuri Bilge Ceylan

Le poirier sauvage du Turc Nuri Bilge Ceylan n’est pas un film facile, il est long, il dure trois heures et huit minutes, son rythme est un peu lent et il contient beaucoup de longs dialogues, mais il vaut la peine d’être vu. Sinan revient dans son village dans la province de Çanakkale où se trouve le site de Troie. Il vient de terminer ses études et doit se présenter au concours pour devenir professeur. S’il réussit, il risque malheureusement, comme beaucoup d’autres jeunes professeurs, d’être envoyé quelque part enseigné dans l’Est du pays. Juste après son retour, Sinan a une conversation avec une jeune femme qu’il a aimé et qui doit faire un mariage de convenance. Il retrouve aussi sa mère et sa sœur qui vivent dans une maison misérable où l’électricité va être coupée. En effet, Idris, le père de Sinan, qui est professeur de collège, dilapide tout son salaire dans les paris sur les courses de chevaux. Sinan est un jeune homme impatient qui a écrit un livre, « Le poirier sauvage », un « metaroman auftofictif décalé » qu’il espère faire publier. Pour cela, il va voir un entrepreneur ou le maire de la ville qui seraient intéressés mais ne donnent pas suite. Sinan, qui n’est pas un personnage très sympathique, a de longs échanges avec des personnes qu’il croise dont un écrivain ou un imam. Les relations entre Sinan et son père sont passionnantes. Malgré son addiction au jeu qui fait du mal à sa famille, on n’arrive pas à trouver Idris antipathique. Sa femme Asuman ne le condamne pas. J’ai aimé la fin où le père et le fils se retrouvent autour du creusement d’un puits. L’image du film est très belle. C’est dommage que le film soit reparti bredouille cette année de Cannes où il avait été sélectionné en compétition. Il ne faut pas être rebuté par sa longueur. Un film à voir. Lire le billet de Ritournelle.

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mercredi 15 août 2018

Détective Dee: la légende des rois célestes - Tsui Hark / Maltese - Gianluca Maria Tavarelli (mini-série)

Une fois n'est pas coutume, je vais évoquer une mini-série que j'ai vu trois dimanches de suite sur France 3, fin juillet - début août 2018, Maltese (qui n'a rien à voir avec Corto). Cela se passe en 1976, au tout début à Rome, puis en Sicile à Trapani. Pour la France, les 4 épisodes originaux ont été coupés chacun en deux pour faire 8 épisodes. J'ai trouvé la série réussie, on s'attache vite aux personnages et en particulier au commissaire Dario Maltese (Kim Stuart Rossi avec sa silhouette longiligne et ses yeux bleus), qui décide de se faire muter en Sicile pour savoir qui a assassiné son ami d'enfance Gianni Peralta (lui aussi commissaire). Deux tueurs à moto ont tiré sur Peralta et sur sa fiancée enceinte. Maltese, qui n'était pas revenu en Sicile depuis presque 25 ans, apprend que Peralta menait une enquête impliquant certains notables de la ville et la mafia locale. Maltese en profite pour remonter dans le passé, à l'époque où son père, lui-même commissaire, a été retrouvé pendu chez lui (suicide ou assassinat?). Il essaye enfin d'avoir des réponses. Au cours de sa double enquête, les cadavres vont s'accumuler, les tueurs n'ont aucune pitié. Les enjeux financiers sont trop importants. Si elle repasse un jour, vous verrez les épisodes qui durent en tout presque 7 heures sans le moindre ennui. On remarque le soin apporté aux costumes et aux décors (en particulier les voitures, très années 60-70). Je crois que tous les épisodes sont disponibles  en "replay" sur une "box". Je vous les conseille.

Si la télé ne vous tente pas, allez voir Détective Dee: la légende des rois célestes de Tsui Hark, c'est le troisième film de la série (j'espère qu'il y en aura d'autres). Nous retrouvons le juge Dee (un personnage ayant existé), qui au VIIème siècle en Chine (nous sommes sous la dynastie Tang), fait face une conjuration menaçant l’Empire et menée par des magiciens. Un dragon de feu est lâché et une épée magique (comme Excalibur) est l’objet de convoitises. Alors que sa loyauté est l’objet de soupçons de la part de l’impératrice Wu, Dee devra affronter une armée d’assassins masqués ainsi que diverses créatures fantastiques. Concernant la chronologie, l'histoire se passe après celle du Dragon des mers et avant celle de La flamme fantôme. Mais vous pouvez les voir dans n'importe quel ordre. Dans cet opus, on assiste à des moments époustouflants plein de féérie avec un gorille blanc, un jeune bonze, un gros bouddha en colère, une créature aux mille yeux. J'ai appris que le réalisateur Tsui Hark était passionné par la personnalité de l'impératrice Wu (624-705), la seule impératrice régnante de toute l'histoire de Chine (entre 690 et 705). Un film à voir sur grand écran et peut-être en 3D. Personnellement, je préfère le 2D. Et j'attends la suite.

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dimanche 12 août 2018

Mille et un classiques - présentation de Maggie (à l'occasion de son 600e commentaire chez dasola)

Voici une troisième présentation de blogueuse fidèle commentatrice du présent blog, après Dominique (de A sauts et gambades) le 28 avril 2017 et Aifelle le 25 octobre 2017. Une seconde fois sollicitée, à l'occasion de son 600e commentaire chez Dasola (après avoir décliné une invitation à se présenter à l'occasion de son 500e il y a un an), c'est Maggie [76] qui a cette fois-ci accepté de répondre à quelques-unes des questions posées. Soit dit en passant, 100 commentaires ici en même pas un an, cela mérite un petit coup de chapeau. Enfin, pour rappel, lorsque j'avais (ta d loi du cine, "squatter" et secrétaire de rédaction chez dasola) préparé ce questionnaire, je m'étais inspiré pour les questions littéraires de plusieurs blogs littéraires ayant une rubrique "interview de blogueurs / blogueuses" (Delph, de http://mespetitesidees.wordpress.com, Le bouquineur, de http://lebouquineur.hautetfort.com, Linette de http://lire-en-nuisette.fr), et pour les quelques questions cinéma posées, de celui de Martin [K], de ... Mille et une bobines.

Donc, au tour de Maggie, c'est parti!

************* 

Banniere_Maggie Bonjour Maggie [76], pour que les lecteurs comprennent qui vous êtes, pouvez-vous vous présenter ? Derrière ce pseudonyme, pouvez-vous nous livrer quelques éléments biographiques? Dans quelle tranche d’âge vous situez-vous (car un lecteur de 20 ans n’ayant pas le même ressenti qu’un de 60, cette information a son importance)? Avez-vous fait des études ou exercé une profession ayant un rapport avec la littérature ou l'art?

Bonjour Dasola et Ta d loi du ciné.
Je vais me présenter brièvement. Je n'ai pas répondu aux questions comportant des classements, des comptages, etc., ce n'est pas mon fort...
J'ai 39 ans et j'ai fait des études de Lettres et d'histoire des arts. J'ai aussi un métier en lien avec les Lettres. Merci d'avoir pensé à moi pour ce questionnaire!

* Parlons un peu de vous et de votre blog: Mille et un classiques. Dans quelles circonstances avez-vous souhaité le créer? Pourquoi la plateforme "canalblog"?

J'ai commencé ce blog par hasard. Une collègue tenait un blog, justement sur canablog et c'est pourquoi j'ai choisi cette plateforme. C'est plutôt simple à gérer.
Je me suis aperçu que j'oubliais rapidement mes lectures donc ce blog a été comme un carnet de lectures mais visible de tous. Il m'obligeait, en outre, à développer mes idées. C'était un peu un défi: serais-je capable d'exprimer correctement ce que je ressentais? Pourrais-je donner envie de lire?

* En tant que lectrice, comment vous définiriez-vous? La lecture tient-elle un rôle important dans votre vie?

Je suis une lectrice éclectique: je lis un peu de tout...
La lecture est très importante pour moi. J'aime à penser que je suis comme Simone de Beauvoir, dans les Mémoires d'une jeune fille rangée, dont la vie a été jalonnée par des romans, dans lesquels elle se projetait. De même, je vois la vie au prisme de la littérature: les personnes ou les situations m'évoquent souvent un livre (ou un film). Et puis, la lecture est importante dans ma vie pour des raisons banales: elle me permet de rire aux éclats (récemment, j'explosais de rire en lisant Ada de Bello) ou m'évader.

* Etes-vous plutôt livre papier ou liseuse électronique?

Je n'ai pas de liseuse et je n'en veux pas. Je n'ai pas l'habitude de lire de longs textes sur les écrans. De toute manière, j'ai besoin d'écrire sur mes livres, de relire des passages, de les souligner et de mettre des post-its. En revanche, j'aime beaucoup les livres audio.

* A quoi êtes-vous sensible lorsque vous avez un livre en main?

Je suis sensible à tout, au format (je préfère les livres de poche, plus maniables), à l'illustration de couverture (je me rappelle une horrible couverture des Travailleurs de la mer de V. Hugo qui me rebutait à chaque fois que je reprenais le livre... jugez par vous-même! [ci-dessous]), à l'odeur (je déteste les odeurs de vieux livres), à l'épaisseur des pages (je les aime épaisses!) et j'aimais même découper les feuilles des livres de la collection Corti - mais je digresse trop... 

Travailleurs_de_la_Mer

* S’il ne fallait en retenir qu’un? Quel livre vous a le plus profondément marquée, parmi tous ceux que vous avez pu lire?

Je suis incapable de choisir un seul roman même avec un couteau sous la gorge. J'ai été marquée aussi bien par la poésie du Spleen de Paris que par l'humour et le burlesque de Scarron. J'adore l'audace stylistique de Claude Simon mais aussi les exagération feuilletonnesque de certains auteurs etc. J'ai plutôt des toquades!

* Avez-vous un souvenir (bon ou mauvais) marquant d’une lecture enfantine ou adolescente?

Je lisais surtout des Contes de Perrault et je les relisais sans fin (j’idolâtrais Perrault, Grimm etc.) mais la lecture la plus marquante, ce devait être à 12 ans environ quand j'ai découvert Les Misérables: ce n'était sûrement pas une version intégrale car je me rappelle surtout les amours de Cosette et Marius (je n'ai peut-être lu que le tome II). Ma mère ne se souvient pas de ces deux bouquins hugoliens. Mais je sais que j'ai gardé un goût immodéré pour Hugo.
En revanche, en seconde, j'ai lu L'étranger de Camus qui m'a fait une forte impression à cause de l'absurde et Nana qui a failli me détourner de Zola!

* Vous avez aussi écrit quelques dizaines de billets sur des séries TV ou des films.
Quels seraient les dix films que vous conseilleriez? Et les dix séries?

J'ai des difficultés pour classer, ranger, calculer donc j'ai mis plus de films, qui sont classés au hasard, au lieu de 10, et je n'ai pas fait un top 10 des séries car je n'en regarde pas assez pour que ce soit significatif, je pense...

1)    Hot fuzz, E. Wrigth
2)    Taxi Téhéran, Panahi
3)    L'île aux chiens, Anderson
4)    The Host, Bong Joon Ho
5)    Black swan, Aronofsky
6)    Blade runner, R. Scott
7)    Les temps modernes, Chaplin
8)    Get out, Peele
9)    Thor, Branagh
10)    Le labyrinthe de Pan, Guillermo del Toro
11)    L'homme qui tua Don Quichotte, Gilliam
12)    Au poste!, Dupieux

* Un dernier mot pour conclure cet échange? Quelle autre question auriez-vous voulu que l'on vous pose?

"A quoi ressemble ta bibliothèque?"

Elle paraît rangée mais ce n'est qu'une illusion. Je l'aime pourtant. J'ai des livres ailleurs mais posés n'importe comment!

Bibliotheque-Maggie

Merci Maggie! 

Banniere_Maggie

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vendredi 10 août 2018

The Bacchus Lady - Lee Jae-yong / The Charmer - Milad Alami

Avec The Bacchus Lady, un film sud-coréen, j'ai appris que c'est en Corée du Sud, pays de l'OCDE, que le taux de pauvreté est le plus élevé pour les personnes à partir de 65 ans. Les femmes seules sont les plus touchées. A Séoul, dans le parc Jongmyo, des femmes vieillissantes se prostituent (alors que la prostitution est vivement réprimée) auprès de vieux messieurs après leur avoir proposé une boisson énergisante appellée "Bacchus". C'est là que l'on peut trouver Youn So-young, une femme de 65 ans qui emmène ses quelques clients dans une petite chambre d'un hôtel voisin. Lors d'une consultation à l'hôpital dont je vous passe les détails, elle prend sous son aile un petit garçon d'origine philippine dont la mère vient de poignarder un des médecins. La mère accuse l'homme d'être le père de son fils. Je m'attendais à suivre l'évolution des relations entre Youn et le petit garçon. Et ça commence comme cela. Youn vit en colocation dans un grand pavillon avec un jeune homme unijambiste et un transsexuel. Très vite, le personnage du petit garçon disparait de l'image sans raison précise et l'histoire s'attache à Youn So-young et à certains de ses clients fidèles et à d'autres qu'elle a connus. Car si la vieillesse est dure pour cette femme, les hommes ne sont pas mieux lotis. Elle revoit un homme qui a eu une attaque immobilisé dans une chambre d'hôpital, un autre qui perd la mémoire et un troisième qui ne se remet pas de la mort de sa femme. Je ne vous en dis pas plus, si ce n'est que c'est un film étrange dans le déroulement de l'histoire. La fin est inattendue. Vous pouvez vous laisser tenter car l'actrice principale, Young Yuh-jung est remarquable. Je l'avais vue dans The Housemaid en 2010 où elle jouait une grand-mère abjecte.

Je passe à The Charmer, un film danois à propos duquel j'aprouve un sentiment mitigé, à cause surtout de la fin qui m'a rendu le personnage principal antipathique. The Charmer raconte l'histoire d'Esmail, un Iranien réfugié au Danemark qui drague avec succès dans un bar "select" les femmes scandinaves. Il veut en trouver une qui soit accepte de faire un mariage "gris", soit se porte garante de lui afin qu'il obtienne des papiers qui lui permettrait d'être régularisé sur le territoire danois. Esmail exerce un travail de déménageur "au noir". Il est menacé d'être extradé d'ici peu de temps. Un soir, il recontre Sarah, une jeune Iranienne qui est née et a vécu au Danemark. Elle vit là avec Leila, sa mère, une femme respectée dans la communauté iranienne danoise. Esmaïl tombe amoureux d'elle et cela semble assez réciproque, mais des obstacles surviennent, notamment un homme dont la femme qui été la maîtresse d'Esmaïl s'est suicidée. Ces péripéties cassent un peu l'ambiance du film. Et, je le répète, j'ai été déçue par la fin. Je m'attendais à un épilogue différent. L'acteur principal dont c'est le premier film a un regard à faire fondre un iceberg même si ce n'est pas mon type d'homme.

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mardi 7 août 2018

Comment rater ses vacances - Tignous et Gros

Ce mois-ci, je [ta d loi du cine, "squatter" chez dasola] (re)mets à l'honneur un album contenant des dessins de Tignous, provocateur comme souvent.

  Couverture_2  P1090479

Le dessinateur Gros écrit en préface de Comment rater ses vacances, paru en 2015 aux Editions du Chêne: "En 2014, Tignous et moi, dans Marianne (...) on a décidé de parler des vacances. Faut toujours qu'il y ait un truc qui cloche avec les vacances. On allait faire un guide pour que les gens sachent comment rater leurs vacances. ils nous remercieraient sûrement après. (...) Un an après, c'est de nouveau les vacances, mais y a plus Tignous. Faut toujours qu'il y ait un truc qui cloche avec les vacances." 

La 4ème de couv' de ce recueil de dessins à deux "crayons" parle de "plus de 150 dessins". Pour ma part, je les ai pointés, et je n'en ai trouvé que 80 de Tignous (couverture comprise) et 63 de Gros (4e de couv' comprise): le compte n'y est pas?

Je vais d'abord présenter quelques "citations" des dessins de Tignous.

P1090498 p.81 (tout est permis?) P1090499 p.108 (le permis, vous dis-je...) P1090495 p.60-61 (trois d'un seul coup d'oeil!) P1090492 p.40 (celui-là, il me parle vraiment!) P1090494 p.49 (accro...) P1090491 p.31 (provoc... et toujours d'actualité en 2018...) P1090489 p.25 (hé oui...)

Je passe maintenant à Pascal Gros, co-dessinateur, dont certains des dessins m'ont fait pleurer de rire. Je trouve que les phylactères de ses dessins expriment un humour décalé qui me fait un peu penser à du Gérard Mathieu. Collègue de Tignous à Marianne, Gros a contribué un temps à Charlie Hebdo après le massacre.

P1090481 p.16 (le Français est chauvin?) 

 P1090482 p.32-33  P1090487 p.110 P1090490 l'avion [3 fois...], y compris encore un dessin de Tignous!

P1090486 p.67 (d'actualité toujours...) P1090488 p.118 (toujours d'actualité?) P1090483 p.42

Par_deux (j'ai pas été capable de choisir entre les deux illustrations, même si j'en préfère une...)

Sur un registre plus grave, Chloé Verlhac écrit en ouverture du recueil: "Tignous aurait dédicacé ce livre à ses enfants. Parce qu'il n'aimait rien tant que les vacances avec ses enfants."

P1090496 p.69 (allez, un dernier T. pour la route, avant de déconnecter)

Comme la sortie du livre date d'il y a déjà trois ans (réédité en 2016), je n'ai guère déniché trace de billets sur des blogs. Vous trouverez cependant 4 autres dessins sur le blog Baz'Art, et un joli billet signé Guillaume Doizy sur son portail Caricatures&caricatures.

Enfin, je profite de ce billet estival pour m'expliquer sur le fait que mes photos de citations ne montrent jamais les dessins aussi beaux qu'ils sont: c'est exprès! C'est pour pousser mes lecteurs à aller feuilleter l'ouvrage original...

*** Je suis Charlie ***

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