samedi 22 septembre 2018

Les Frères Sisters - Jacques Audiard

Etant une grande admiratrice des films de Jacques Audiard (jusqu'à Le Prophète, car De Rouille et d'os et Dheepan m'avaient moins emballée), j'ai été impatiente de voir le nouveau film du réalisateur. Les Frères Sisters m'a plu même si l'histoire ne m'a pas trop parlé. Le scénario des Frères Sisters est adapté d'un roman, paru en 2012, du canadien Patrick de Witt (présent au Festival America à Vincennes cette année). Pour résumer, il s'agit d'un western qui commence par des coups de feu tirés dans la nuit. Le film débute par une très belle séquence, dans l'obscurité. On entend des voix d'hommes, celles d'Eli (John C. Reilly) et Charlie (Joaquin Phoenix) Sisters qui cernent une maison. Dans une grange à côté, un feu se déclare et un cheval en flammes galope en hennissant. La grange s'embrase avec d'autres chevaux à l'intérieur. Eli et Charlie Sisters sont des tueurs à gages payés par un certain Commodore. Leur prochaine mission est d'éliminer Warm (Riz Ahmed), un chercheur d'or qui a trouvé une formule permettant de trouver plus vite des pépites. En effet, nous sommes en 1851, en pleine fièvre aurifère. L'histoire, qui commence dans l'Etat d'Orégon, se déplace en Californie. Warm est d'abord repéré par Morris (Jake Gyllenhaal), en cheville avec les frères. Morris est détective privé et tient un journal de bord. C'est un homme lettré qui cite Thoreau. Warm va s'en faire assez vite un allié. C'est un des rebondissements du récit. Pendant ce temps, les frères Sisters qui suivent leurs traces n'arrêtent pas de se chamailler, de discuter sur leur avenir éventuel. Charlie, le cadet, est le plus dissipé, mais c'est lui le chef. Eli, le grand frère, est plus posé mais très doué dans le maniement des armes. Arrivés en Californie, ils découvrent les commodités comme l'eau courante et les toilettes. Le film est émaillé comme cela de scènes étonnantes comme celle où Eli dormant à la belle étoile avale une araignée du genre mygale qui s'est introduit dans sa bouche, ou quand Eli, toujours lui, apprend à se brosser les dents. Il faut noter que les femmes sont éphémères mais marquants: une prostituée, une patronne de saloon transgenre, et dans la séquence finale, la mère des deux frères. C'est un western intimiste qui alterne douceur et grande violence. Les quatre acteurs principaux sont remarquables et l'image est belle. A vous de voir maintenant.

Lire le billet élogieux de Pascale.

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mercredi 19 septembre 2018

Mademoiselle de Joncquières - Emmanuel Mouret

Le film Mademoiselle de Joncquières est adapté d’un épisode de Jacques le Fataliste de Diderot, le même que Robert Bresson pour les Dames du bois de Boulogne.

Mme de la Pommeraye (Cécile de France), jeune veuve qui n’a pas aimé son mari, se réjouit d’en avoir terminé avec l’amour. Riche et indépendante, elle résiste au charme du marquis des Arcis (Edouard Baer), un libertin notoire qui passe d’une conquête à l’autre. Il se lasse vite. Un jour, enfin, Mme de Pommeraye tombe dans les bras et le lit du marquis. Quelques mois passent et Mme de Pommeraye se rend compte que des Arcis s’est lassée d’elle. Il est de moins en moins présent. Mme de Pommeraye, en femme rouée et machiavélique, veut se venger de cet homme. Pour ce faire, elle va monter une machination impliquant deux femmes, une mère et sa fille (Mademoiselle de Joncquières), qui, issues de la noblesse, sont devenues des prostituées. Ce film vaut pour les décors, les costumes, les dialogues (l'histoire fait penser aux oeuvres de Choderlos de Laclos et de Marivaux) et la fluidité de la mise en scène. La seconde partie est passionnante après un début un peu long à se mettre en place. Un film à voir pour les actrices. Cécile de France est remarquable. Elle passe de la gentillesse à la cruauté en une phrase. J’ai été moins convaincue par Edouard Baer, un peu trop moderne et que je n’ai pas trouvé toujours à l’aise. En revanche, mon côté « midinette » a bien aimé l’épilogue. Lire les billets de Pascale et d'Anne.

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dimanche 16 septembre 2018

Tour de Corse 3/3

Me voici revenue à Paris après 9 jours d'un circuit en voiture du nord au sud de l'ïle de Beauté
Pour ce troisième et dernier billet après l'interlude très intéressant de ta d loi du cine, je mets des photos qui montrent une fois de plus la diversité des paysages et quelques sites à voir.

Le site archéologique protohistorique de Cucuruzzu habité à l'âge de Bronze aux environs de -2000 avant notre ère et abandonné vers -300 avant J.C. Ce site est situé en Corse-du-Sud. On a marché parmi les arbres et les blocs granitiques. De bonnes chaussures sont conseillées.

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Mon ami étant féru d'archéologie, on a aussi fait une excursion  à Aléria qui fut prise par les Romains en 279 avant J.C. Plus tard, par la volonté d'Auguste, elle deviendra la capitale de la Corse. Le site antique se visite. Seul 30% a été fouillé et mis au jour. Aléria est à l'est de l'île entre Bastia et Solenzara.Avant d'y arriver, on peut visiter le musée où sont exposés les objets que l'on a retrouvé sur place. Je vous conseille bien évidemment la lecture distrayante d'Astérix en Corse.

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Une visite de la Corse ne se conçoit pas sans aller à Bonifacio, à l'extrémité sud de l'île. Mon ami et moi n'aimant pas trop la foule, on n'est pas restés très longtemps et mais on eu une bonne vision de cette ville très touristique.

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Je termine par une merveille géologique, les aiguilles de Bavella qui dominent le col du même nom.

La route (la D268) part de Solenzara à l'est et va jusqu'à des villages comme ceux de Zonza ou Levie. C'est une route sinueuse au possible mais le paysage est magnifique.

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Je vais garder un bon souvenir de la Corse et peut-être y retournerai-je un jour car je suis loin d'avoir tout vu.

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samedi 15 septembre 2018

Tour de Corse (interlude)

Je (ta d loi du cine, squatter chez dasola) vais intercaler dans les reportages photos de la maîtresse de blog sur notre voyage en Corse quelques bavardages personnels.

Lors de ce voyage, j'aurai été un lecteur quotidien de Corse matin. Qu'est-ce que j'ai pu en retenir? J'ai particulièrement été frappé, dans les pages de la rubrique "Avis d'obsèques et remerciements" que je survolais, par, d'une part, la longueur de l'énumération des "parents et alliés" (jusqu'à 20 ou 30 patronymes différents, concernant parfois "les descendants de X..., décédé"), et d'autre part, les remerciements quasi-systématiques au personnel médical, paramédical, hospitalier etc., s'étant dévoué à la personne sujet de l'annonce. Je n'avais jamais trop eu l'occasion de relever cela dans d'autres exemples de presse régionale ("continentale") que je peux parfois parcourir. Une autre rubrique a attiré mon attention, celle des publications légales. On y découvre régulièrement telle ou telle publication d'avis de création de titres de propriété: acte de notoriété constatant une possession, correspondant aux conditions de la prescription acquisitive et aux dispositions de l'art. 2261 du Code Civil, concernant souvent des personnes décédées hors de Corse il y a quelques décennies. Il est rappelé que, conformément à l'article 1er de la loi du 6 mars 2017: "Lorsqu'un acte notarié de propriété porte sur un immeuble situé en Corse et constate une possession répondant aux conditions de la prescription acquisitive, il fait foi de la possession, sauf preuve contraitre. Il ne peut être contesté que dans un délai de 5 ans à compter de la dernière publication par voie d'affichage, sur un site internet et au service de la publicité foncière". Mon DEUG de Droit remontant à 1986, je ne connaissais pas cette loi... J'ai bien noté en tout cas les difficultés que peut rencontrer la "puissance publique" qui souhaiterait restaurer tel édifice religieux par exemple: il peut arriver que celui-ci appartienne à un propriétaire privé mais sans titre de propriété... Cela ne facilite pas le "bouclage" d'un plan de financement avant intervention. 

La Corse est un lieu où l'on peut passer en un quart d'heure de la mer à la montagne, avec des routes à flanc de précipice où coule une rivière, et parfois sans parapet. A noter, les bateaux sur leur remorque, garés en pleine montagne au milieu de nulle part (cela coûte sans doute moins cher de le stocker sur son propre terrain que d'acquitter un anneau à l'année!). Nous avons rencontré par contre assez peu de radar ou de feux rouges (sauf, à l'improviste, au motif de travaux sur la chaussée). On pourra lire incidemment, dans le compte-rendu d'un accident de la circulation à un carrefour, que le feu ne fonctionnait plus depuis quelques semaines... Dans la montagne, notre propre chemin a croisé celui de bovins divaguant "en toute liberté" (liberté d'oreille comprise). Une autre fois, sur la route, on a aussi croisé des chèvres peu pressées de s'écarter. En bord de route, j'ai aussi été surpris par la présence d'innombrables mausolées et caveaux familiaux (voire de véritables petits cimetières), en montagne surtout. Si j'ai bien compris, leur apparition remonte à 1812 avec l'interdiction d'ensevelir les morts autour des églises?

L'histoire corse et son rapport à l'étranger m'a semblé compliqué depuis (au moins) les Etrusques (d'Italie), les Phocéens (de Grèce) et les Carthaginois (issus des Phéniciens). Par exemple, lors d'un des innombrables sièges de Bonifacio, si j'ai bien compris (sans garantie), les Turcs, envoyés par le Roi de France pour prendre cette forteresse fidèle à Gènes, voyaient certains Corsi se battre à leurs côtés pour en affronter d'autres...? Aujourd'hui, dans les hôtels ou sur les sites archéologiques, on entend un peu toutes les langues: de l'italien, de l'allemand, et même du français.

Il est arrivé qu'on nous refuse une carafe d'eau au motif qu'elle n'est localement pas potable (ailleurs, une fontaine affichera "eau non conforme"). La seule fois où j'ai demandé, mes chèques déjeuner n'étaient pas acceptés (heureusement que dasola me les accepte pour mes PAF). La carte bleue ne l'est pas partout (mais on nous a expliqué que les box pouvaient griller lors d'un orage en montagne). Certains restaurants sont plus commerciaux que d'autres, que ce soit en s'étant équipé en "SumUp" ou avec un terminal classique qui fonctionne...

Je n'ai guère identifié de sites internet d'AMAP en Corse (il semble y en avoir existé au moins trois, mais sont-elles encore actives aujourd'hui?). Il me semble que pourraient pourtant s'y trouver producteurs de légumes, fruits et autres produits d'une part, consommateurs intéressés par les produits locaux d'autre part... Cela me fait penser que j'ai remarqué qu'on pouvait trouver parfois, en "grande distribution", trois catégories de produits frais: "fruits et légumes", "produits corses" (par exemple: abricots), "produits exotiques" (typiquement, "bananes")...

Ah, et, pour nos périples automobiles, je noterai que, avec un GPS, il n'existe guère que deux difficultés: le faire taire quand on a finalement décidé de s'en passer pour suivre une carte "papier"; et tâcher de lui affecter une nouvelle destination quand on décide de faire à nouveau appel à ses services... et qu'on ignore comment y entrer les coordonnées cartographiques mentionnées comme les coordonnées d'un hôtel! Et quand enfin ça marche, c'est le pauvre copilote agrippé à sa carte "papier" qui se sent inutile... Pour finir, à titre anecdotique, si vous allez en Corse à votre tour, tâchez de ne pas louer une voiture à klaxon central (au milieu du volant): cela évitera tout "pouet" intempestif lors de coups de freins en plein tournant... que la voiture en face pourrait prendre pour elle! Louez plutôt une moto.

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vendredi 14 septembre 2018

Tour de Corse 2/3

Pour faire suite au billet précédent, je continue le récit de mon périple en Corse avec Calvi, l'une des bases de la Légion étrangère (le 2ème REP y réside). La citadelle domine la ville et son port de plaisance est sympa. Le centre n'est pas très grand.

P1100008 La citadelle vue du port

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P1100016 Le port vu de la citadelle

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Une maison dans la citadelle où a habité le parrain de Napoléon. Il logea Napoléon et sa famille en mai et juin 1795.

De Calvi, on a fait une excursion vers le lieu-dit Le Fango à une vingtaine de km au sud de Calvi, où l'on peut admirer un pont génois. Ce genre de pont est assez courant en Corse. Ils enjambent des rivières dont certaines forment des vasques où se baignent les touristes.

Voici le pont qui a été rénové.

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C'est en quittant Calvi pour se diriger vers Corte qu'on est allé voir un autre pont génois datant du XVème siècle, dans les gorges de l'Asco. Pour l'admirer, cela se mérite. Il a fallu parcourir plus d'un kilomètre sous un soleil de plomb en marchant sur une route descendante (qu'il faut remonter après...).

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Concernant Corte, on n'a pas eu le temps de visiter la ville universitaire située au centre de l'Ile. Il y a plus de 4000 étudiants qui fréquentent l'université.  Sinon, la population de Corte est d'environ 6000 habitants. Comme pour Bastia, le stationnement est difficile et j'ai laissé tomber. J'ai pris une photo de loin. J'espère y retourner un jour.

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Et la faune, me direz-vous?

Depuis deux jours, on a croisé des vaches, des chèvres, trois cochons endormis et des ânes.

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Et je ne résiste par à vous présenter "Le postier", un chat qui a pris possession d'un bureau de poste d'un vlllage. Dès que le postier ouvre le bureau, le chat s'installe et il reste jusqu'à ce que le bureau ferme. Je trouve que ce chat a une belle fourrure.

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Suite et fin dans le prochain billet.

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mercredi 12 septembre 2018

Tour de Corse 1/3

En attendant de reprendre le cours normal de mes billets cinéma ou livres, voici quelques photos de l'île de Beauté où j'ai encore 4 jours à passer.

Avec mon ami, on a atterri à Bastia. Le temps était chaud mais au loin, vers la montagne, le ciel était gris. Cela ne nous a pas empêché de nous balader dans la ville (pas très grande) où la circulation est plutôt dense et les places libres pour se stationner assez rares. On effectue en effet un tour partiel de Corse en voiture.

Comme Calvi, Saint-Florent ou même Corte, Bastia qui est avant tout un port, a une citadelle.

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P1090839 Vous pouvez voir les très nombreux bateaux de plaisance. A Saint Florent, il y en a beaucoup plus.

De Bastia, on s'est dirigé vers le Cap Corse, "le doigt", dont on a fait le tour sur des routes sinueuses, et on l'a complété avec une sortie en bateau. Il faut noter le grand nombre de tours génoises au Cap Corse puisque la Corse a été génoise pendant 4 siècles du XIVème au XVIIIème siècle. Sur les 85 tours recensées entourant alors la Corse, il en reste une soixantaine dont beaucoup autour du cap Corse.

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P1090865 Cette tour a subi la foudre en 2000

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Après le cap Corse, nous sommes arrivés à Saint-Florent (le Saint-Tropez corse) avec ses centaines de bateaux sur le port de plaisance. C'est un endroit sympathique mais pas plus. Il n'y a pas de bâtiment remarquable.

P1090944 Eglise de Sainte-Lucie en contrebas de la Tour de Sénèque

P1090945 Tour de Sénèque

P1090946 Eglise de Nonza

C'est en parcourant le Cap Corse que j'ai découvert les routes sinueuses de l'ïle. Les distances ne sont pas forcément longues entre les villes mais cela prend du temps pour aller d'un endroit à un autre. Entre mer et montagne, la Corse vaut le voyage, mais que de tournants! En plus, il faut noter que les panneaux routiers indiquent les villes mais pas toujours les distances pour y arriver. On remarque aussi que les panneaux sont pour la plupart écrits en français et en corse, mais que le français est très souvent rayé à la peinture noire, et on remarque enfin des trous (de balles?) qui transpercent parfois les dits panneaux.
Cela n'empêche pas que les Corses que nous avons croisés étaient accueillants.

P1090960 Citadelle de Saint-Florent

Après le cap Corse, nous sommes arrivés à Saint-Florent (le Saint-Tropez corse) avec ses centaines de bateaux sur le port de plaisance. C'est un endroit sympathique qui n'a pas de bâtiment remarquable sauf peut-être l'ancienne cathédrale de Nebbio qui était fermée.

P1090965 Voici la façade de cette ancienne cathédrale romane pisane du XIIème siècle qui est devenue une "simple" église en 1789. Elle était close quand nous y sommes allés. Il semble que des concerts de polyphonie corse se donnent dans ce lieu.

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En revanche, avant de se diriger vers Calvi en passant par l'ïle Rousse, nous avons fait un détour par Murato (à une dizaine de km au sud de Saint-Florent) pour admirer l'église San Michele de style pisan bicolore blanc (calcaire) et vert (serpentine), l'une des plus belles de Corse selon plusieurs guides. Elle date du XIIème siècle. On n'a pu voir que l'extérieur car elle était malheureusement fermée.

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Concernant la météo, il fait beau et chaud (27° tous les jours).

Suite du voyage dans mon prochain billet. 

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dimanche 9 septembre 2018

Burning - Lee Chang-dong

Je vais essayer de faire court pour chroniquer Burning du Coréen Lee Chang-Dong ; le film, lui, dure 2H28. Jong su, un jeune homme pauvre qui travaille à temps partiel comme coursier, croise la route de Haemi, une jeune fille qui le reconnnaît. Ils ne s'étaient pas vus depuis des années. Haemi fait de l'animation commerciale à l'extérieur de magasins afin d'attirer des acheteurs éventuels. Jongsu et Haemi étaient camarades de classe alors qu'ils habitaient dans le même patelin près de la frontière avec la Corée du Nord. Après l'avoir invité dans son studio et avoir eu une relation intime avec lui, Haemi, qui part en Afrique noire, demande à Jongsu de venir nourrir son chat (que l'on ne voit pas). Très vite, Jongsu est tombé amoureux de Haemi et se languit d'elle. Quelques semaines plus tard, Haemi revient mais elle n'est pas seule. Elle a rencontré Ben qui attendait l'avion en même temps qu'elle. Ben est riche, il roule en Porsche. On sent que Jongsu est malheureux. Il vit tout seul dans la ferme familiale avec un veau comme unique bétail. Haemi ne donnera plus signe de vie après une soirée où Benn et elle s'étaient invités chez Jongsu. Haemi Elle s'est comme évaporée. Ben ne semble pas s'en soucier, mais Jongsu, si. Il se met à épier Ben. Ce dernier semble s'ennuyer (comme Gatsby le magnifique chez Fitzgerald). On ne sait pas comment il gagne sa vie mais son appartement est somptueux quoique un peu impersonnel. On ne sent aucune touche féminine. Quand Haemi "disparait", il s'est écoulé 80 minutes pendant lesquellesje me suis un peu ennuyée. Je ne me suis pas vraiment intéressée aux personnages. Mais à partir du moment où l'histoire prend un aspect "polar"("Jonsgu mène l'enquête" en quelque sorte), j'ai été nettement plus captivée. La séquence finale est terrible mais logique selon moi mais qui ne résoud rien du tout. Une expérience cinématographique que vous pouvez tenter. Je n'ai pas lu la nouvelle de Murakami intitulée "Les granges brûlées" dont le scénario du film est adapté. Lire les billets élogieux de Chris et Pascale. En revanche, ffred n'a pas beaucoup aimé.

A part ça, je suis un peu moins présente sur les blogs car je suis en vacances en Corse pour encore une semaine et je ne suis pas beaucoup devant mon ordinateur (portable).

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vendredi 7 septembre 2018

Petit traité d'intolérance / Nouveau petit traité d'intolérance - Charb

Charb n'était pas seulement dessinateur, il rédigeait aussi des chroniques régulières, titrées "Charb n'aime pas les gens", dans Charlie Hebdo. En son temps, il a aussi tenu une chronique mensuelle dans Fluide Glacial, "La fatwa de l'Ayatollah Charb". Mais si les deux livres que je (ta d loi du cine, squatter chez dasola) présente ce mois-ci sont sous-titré "Les fatwas de Charb", il n'y figure aucune indication de date ou de lieu de publication de chacun des textes y figurant.

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Quatrième de couv' pour l'un ou couverture pour l'autre annoncent respectivement 50 et 40 chroniques, or j'en ai compté en fait 59 et 47: ne sous-estimons donc pas Charb! Avant Librio (collection Idées), les deux titres avaient été publiées aux éditions Les Echappés (créées en 2008 par Riss pour éditer les auteurs de Charlie), en 2009 et 2014 (textes choisis par l'auteur, donc, sans doute parmi un "corpus" publié plus vaste?). Puis Librio a édité le premier Petit traité... en octobre 2012 (coll. Idées, N°1050, réédité en mai 2015), et le second en septembre 2016 (N°1216).

Toutes les chroniques du 1er volume sont précédées d'un dessin (j'en ai choisi deux pour illuster le présent billet), mais aucune de celles du second. Il s'agit de textes courts, le plus souvent sur 2 pages, sauf exception ("Mort aux bonnets de père Noël", qui en fait 3), et se terminant par la ritournelle "Je crois que vous en serez d'accord, il faut [ultime châtiment absolument horrifique]... Amen".

Dans ses chroniques percutantes, Charb témoigne d'une vision plutôt amère que rigolotte. Au premier abord, l'humoriste pourrait passer pour un abominable guide suprême intimant d'exterminer les cibles de sa vindicte, qu'il s'agisse d'objets, de personnes, de tendances ou d'idéologies. Mais je suppose qu'il avait foi en l'intelligence de ses lecteurs. Il les provoque, p.31, dans "Mort au vote utile", qui vise (à quel degré? Au premier, second, ...n ?) les "cons" qui le prônent ou le pratiquent sans réfléchir plus loin. C'est par contre comme un militant qu'on peut le pressentir dans la chronique révolutionnaire titrée Mort à "On lâche rien" (p.49 dans le Nouveau...): "On lâche rien!" me fout le moral à zéro. C'est "On conquiert tout" qu'il faut gueuler! (...) "On lâche rien" est un slogan qui fait totalement l'impasse sur ce qu'on a déjà lâché. C'est un slogan qui entérine le fait que, ce qu'on a perdu, on ne le retrouvera jamais. 

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Voici quelques citation choisies. Je commence par un extrait de "Mort aux lecteurs de journaux gratuits" (p.21 du 1er opus): "Faut pas laisser perdre! On serait bien con de ne pas profiter de ce qui est gratuit, même si on n'en a pas besoin. On distribuerait des coups de pied au cul à l'entrée du métro qu'ils en réclameraient tous plusieurs s'ils ont la certitude que c'est gratuit." Ou, p.63, dans "Mort aux binoclards « Tendance »": "Evidemment, le marché ne s'est pas adapté à la demande, comme trop de gens le croient encore, les gens ne demandent rien. Le seul talent du marché consiste à faire croire aux consommateurs que ce sont eux qui ont désiré les produits qu'on leur impose. Vous imaginez l'humanité se lever un jour en hurlant d'une seule voix "On veut des lunettes rectangulaires"?

Bon, il faut que j'en laisse à découvrir. P.87 du Petit..., la totalité de la chronique "Mort à la business class" vaudrait à mon avis son pesant de caviar phantasmé.

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C'est vrai que c'est difficile de choisir, mais dans "Mort aux concepteurs de portables" p.89, à propos de la multitude de fonctionnalités proposées par les [téléphones] portables sans permettre cependant les cédilles ou les accents circonflexes, je relèverais la phrase profonde: "On nous offre le futile pour nous confisquer l'essentiel".

Pour ma part, je regrette un peu l'absence de toutes autres informations que les textes eux-mêmes. Du coup, il manque les dates des chroniques, le contexte... ("les années Hollande", pour l'une d'elles [p.68 du Nouveau petit traité...], indique juste qu'on est entre mai 2012 et la date de 1ère publication, en 2014). Je me demande ce que les historiens de 2075 trouveront comme informations sur la vie quotidienne en France au début du XXe siècle dans ces opuscules. J'espère en tout cas qu'ils auront conservé la capacité d'en rire. Sur les blogs, Keisha avait parlé du Traité... en 2014, Virginie dès 2013, Petite noisette après l'attentat en 2015.

Et si je devais vraiment retenir une seule chronique sur plus de 100? Je pense que ce serait celle p.71 (Nouveau...): "Mort aux dévots incroyants". Au final, je placerais bien ce texte, en termes opératoires, à peu près au niveau du "Pari" de Pascal. Mais l'ensemble est à lire, et chacun pourra y piocher ce qui lui parlera personnellement.

Je crois que vous en serez d'accord, à partir de cette rentrée 2018, il faut introduire des morceaux choisis (par roulement) de ces Traités d'intolérance au programme du collège et du lycée. Amen.

*** Je suis Charlie ***

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mercredi 5 septembre 2018

Route 62 - Ivy Pochoda

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Parmi les romans reçus dans le cadre du prix du roman Fnac 2018, Route 62 d'Ivy Pochoda (Edition Liana Levi, 350 pages) m'a plu. Ce roman sort demain 6 septembre 2018, et Ivy Pochoda est invitée au Festival America à Vincennes fin septembre. Elle situe son histoire en 2006 et 2010, dans le désert Mojave, et à Las Vegas, Palm Spring, là où passe la route 62 pour aboutir à Los Angeles. Dans un prologue qui se déroule en 2010 à Los Angeles, un homme court nu le long des voies "rapides" très embouteillées. Tony, un automobiliste, décide de le suivre en sortant de sa voiture et il se met à courir derrière lui. On saura bien plus tard qui est le coureur. Le récit fait se croiser le destin de plusieurs personnages dont Tony, un avocat ; Britt, une joueuse de tennis qui trouve refuge dans une ferme d'élevage de poulets dirigé par Patrick, un "gourou" qui est aussi le père de jumeaux (Owen et James); Blake et Sam, un duo de gangsters en cavale pour un meurtre involontaire; Ren, un jeune noir tout juste libéré de prison, à la recherche de sa mère Laïla, droguée et gravement malade, laquellei vit dehors dans le "downtown" de Los Angeles. Sam va mourir et Blake va chercher à se venger en continuant sa route. Ren retrouve sa mère. Aucun de ces personnages n'est "remarquable", mais on s'intéresse très vite à ce qui leur arrive pendant les quatre ans du récit. A la fin, les chemins de chacun d'eux se croisent de manière évidente dans les rues du "downtown" de Los Angeles. Je suis assez admirative devant la construction du roman, à découvrir. C'est le deuxième roman de l'auteur.

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lundi 3 septembre 2018

En eaux troubles - Jon Turteltaub

En eaux troubles de John Turteltaub est une production sino-américaine distrayante qui fait peur mais pas trop. J'ai surtout noté une séquence hilarante aux trois quarts du film où l'on voit des centaines de Chinois flottant (et pas nageant) près du bord grâce à une bouée autour de leur taille. Ils sont tous serrés les uns contre les autres. A droite, sous l'eau, vous pouvez deviner ce qu'il y a... (voir la photo ci-dessous). Juste après, il y a une vue sous-marine où l'on voit des centaines de paires de jambes s'agiter dans l'eau... Mais avant ça, et pour résumer, Jonas Taylor (Jason Statham) est chargé de sauver son ex-femme coincée avec deux collègues (un Américain et un Asiatique) dans un petit sous-marin pas loin de la fosse des Mariannes dans l'océan Pacifique. Quelque chose a provoqué cet accident. Dans ces profondeurs (presque 10000 mètres) où l'homme ne va pas, vit une faune que l'on croyait disparue, dont le Megalodon, un genre de requin "mega maousse" d'une longueur de plus de 20 mètres qui croque une baleine d'un coup de dent. A la moitié du film, les hommes ont réussi à tuer le mégalodon. C'est là... qu'un deuxième spécimen apparaît. Je ne dirai rien de plus. Le film comporte quelques scènes sanglantes mais pas trop. On voit même un petit chien tombé d'un bateau, qui, à force de nager, arrive à échapper au "meg". Vous pouvez préférer Les dents de la mer - Jaws de Steven Spielberg.

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