jeudi 18 avril 2019

Pas dupe - Yves Ravey / Le dernier bain - Gwenaële Robert

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Le dernier bain (Les passe-murailles / Robert Laffont, 231 pages) de Gwenaële Robert évoque de manière romancée les trois derniers jours de la vie de Jean-Paul Marat, "l'Ami du peuple" assassiné par Charlotte Corday le 13 juillet 1793. Paris est assommée par la chaleur. Le roi a été guillotiné six mois auparavant et la Reine, ses enfants et sa belle-soeur vivent désormais dans la prison du Temple. Théodose, un moine qui a renié sa foi et qui est devenu écrivain public (il écrit surtout des lettres de délation), observe de loin Jane, une jeune Anglaise arrivée depuis peu à Paris afin d'approcher Marat. Elle y arrive en portant les fioles pleines de vinaigre ou de soufre pour soulager l'horrible maladie de peau dont souffre Marat, qui vit dans sa baignoire. Marthe Brisseau, la lingère de Marie-Antoinette au Temple, demande à Théodose d'écrire une lettre à Marat à qui elle exige réparation le jugeant responsable d'avoir mis sa fille enceinte après l'avoir soignée. Rappelons que Marat avait fait des études de médecine et avait même exercé en Angleterre.  Pendant ce temps-là, Charlotte fraîchement débarquée de Normandie, achète un couteau et s'apprête à commettre son crime. Il faut noter que Mme Robert n'a pas beaucoup de sympathie pour Marat. J'ai aimé ce roman pour l'histoire et la manière dont Mme Robert mélange la fiction et les faits historiques. Grâce à elle, j'ai donc appris que David (le peintre), grand ami de Marat, avait voté la mort du roi. La photo de la couverture représente le célèbre tableau de David, "Marat mort dans sa baignoire". Le tableau se trouve au musée des Beaux-Arts de Bruxelles. Et la baignoire-sabot de Marat se trouve au musée Grévin depuis 1886.

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Avec Pas dupe (Editions de Minuit), j'ai retrouvé avec plaisir le style d'Yves Ravey, qui, en 140 pages, nous narre l'histoire de Meyer, qui vient de perdre sa femme Tippi dans un accident de voiture. La voiture et Tippi se sont retrouvées au fond d'un ravin. Pour l'anecdote, Tippi avait un amant depuis longtemps. Cet accident amène de nombreuses interrogations. Meyer était l'employé de son beau-père, lui-même, le père de Tippi. Il est surprenant que cette jeune femme portant un très beau collier sorte à l'aube pour prendre sa voiture. L'inspecteur Costa Martin-Lopez, qui m'a beaucoup fait penser à l'inspecteur Columbo, n'arrête pas d'interroger Meyer, il pose des questions sur plusieurs détails. Bien entendu, on comprend vite que cet "accident" est un crime et on comprend dès le premier paragraphie qui est le coupable. On a toutes les explications dans les dernières pages. Un roman plaisant.

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Sinon, depuis lundi, je suis toute "bouleversifiée" par l'incendie de Notre-Dame, la cathédrale de dentelle avec ses rosaces magnifiques. Je n'ai pas encore osé aller la voir et pourtant je ne travaille pas très loin à pied. Vivement qu'on la rebâtisse!

Une photo prise en août 2013 depuis le théâtre du Châtelet.

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Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
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