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Le crépuscule de Shigezo (Editions Mercure de France, 304 pages) de Sawako Ariyoshi (1931-1984), publié en 1972 au Japon, est paru pour la première fois en français en 1986 aux Editions Stock, sous le titre de Les années du crépuscule. Sawako Ariyoshi a beaucoup traité de la condition des femmes au Japon. Elle a été comparée à Simone de Beauvoir. Je l'ai lu dans une édition de 2018.

A Tokyo, Akiko et Nobutoshi Tachibana sont mariés depuis plusieurs années et ont un fils de 17 ans appelé Satoshi. Dans un petit pavillon attenant à leur maison, vivent Shigezo, 84 ans, et sa femme, les parents de Nobutoshi. La femme de Shigezo décède brutalement d'une attaque et Shigezo se retrouve seul. Akiko, qui n'a aucun lien de sang, commence à s'occuper de lui comme le veut la coutume. Le récit décrit plus de six mois de la vie d'Akiko qui se trouve bouleversée par ce qui arrive. Shigezo perd la tête, il souffre de démence sénile. Lui qui était un tyran domestique qui s'est plaint toute sa vie de problèmes intestinaux, retombe en enfance. Akiko assume seule la charge, son mari et sa belle-soeur, les enfants de Shigezo, ne l'aident  absolument pas, ils ne sentent pas concernés. Akiko qui travaille dans un cabinet d'avocats est obligée de rester de plus en plus souvent chez elle pour s'occuper de Shigezo. Elle perd le sommeil. On se demande comment elle tient. Sawako Ariyoshi brosse un portrait terriible de la condition des personnes âgées au Japon où rien n'est vraiment prévu pour eux, à part l'asile psychiatrique en dernier recours. Akiko qui doit prendre toutes les décisions seule ne peut s'y résoudre. Une histoire émouvante avec un beau portrait de femme. Akiko a bien du courage.