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Je viens de terminer la trilogie hambourgeoise de Cay Rademacher, un écrivain allemand que je ne connaissais pas. Il vit en France avec sa famille.  C'est grâce à Dominique que j'ai eu envie d'aller faire un tour à Hambourg (Allemagne), entre 1947 et 1948. Deux ans après la capitulation sans condition de l'Allemagne, le pays a du mal à se remettre. La ville de Hambourg occupée par les Britanniques a été durement bombardée en juillet 43 par l'aviation américaine le jour et l'aviation britannique la nuit. Désormais, la ville est en partie en ruines. Les Hambourgeois survivent grâce au marché noir car ils manquent de tout: le pain, le beurre, le café etc., ne sont que des lointains souvenirs. Ils ont souvent le ventre vide. Il y a de nombreux trafics : cigarettes, alcool, charbon, etc. Dans les immeubles qui sont restés debout, l'electricité est rationnée tout comme l'eau qui n'est plus que de l'eau rouillée coulant des robinets. Les gens sont sales, mal habillés, mal chaussés. C'est dans ce contexte que l'on fait la connaissance de Franck Stave, un inspecteur principal de police âgé d'une quarantaine d'années dont on va partager la vie au fil des trois tomes. On apprend qu'il est veuf, sa femme est morte dans le bombardement de 1943. Son fils Karl a été fait prisonnier par les Russes. Dans le premier volet, L'assassin des ruines (Editions du Masque, 452 pages), l'histoire se passe en janvier 1947 où il règne un froid de gueux. Stave enquête sur des crimes dans les décombres de la ville. Les cadavres retrouvés sont une jeune femme, un vieillard et plus tard, une enfant. Stave mettra un moment à trouver le lien qui relie ces victimes. L'orphelin des docks (Edition du Masque, 470 pages) débute le 30 mai 1947, il commence à faire très chaud. Cette fois-ci, c'est le corps d'un jeune garçon que l'on retrouve sur une bombe non explosée dans un entrepôt des docks. Dans, ce tome, Stave retrouve son fils et fait la connaissance d'une jeune femme. Il se lie aussi avec quelques jeunes qui lui permettront de l'importance du marché noir et de la prostitution. Dans le troisième et dernier tome, Le faussaire de Hambourg (Editions du Masque, 399 pages), l'histoire se déroule à partir de fin mars jusqu'à juin 1948, époque où le mark allemand a été mis en circulation. Jusque-là, les gens payaient avec des reichsmarks qui ne valaient plus grand-chose. Dans les décombres d'un immeuble, des "Trümmerfrauen", des femmes qui déblayaient les décombres (car Hambourg n'est pas encore reconstruite), découvrent des statues de prix et un cadavre. Stave va enquêter dans les milieux de l'art et du cinéma et croiser le chemin d'un réalisateur qui a connu son heure de gloire sous le nazisme. J'ai quitté à regret Stave. Trois romans qu'il est préférable de lire dans l'ordre. Je les conseille.