L'année dernière, à peu près à la même époque, j'avais vu So long, My son du même réalisateur. Chongqing Blues qui bénéficie d'une sortie confidentielle cet été (une seule salle à Paris) date de 2010. Il avait été sélectionné cette année-là en compétition au Festival de Cannes. J'avoue que je suis perplexe sur la politique des sorties de film et sur le fait que Chonqin blues ne sorte que maintenant, car c'est un très beau film (qui dure 1H55). L'histoire se passe dans la ville Chongqing, en pleine mutation. Peuplée de 32 millions d'habitants et située dans une municipalité grande comme l'Autriche, la ville est un très grand port fluvial au confluent des fleuves Yangzi et Jialing. Lin Quanhai revient 15 ans après avoir quitté sa femme et son fils Lin Bo (âgé de 10 ans à l'époque). Lin Quanhai est marin et il reste de longues périodes en mer. Dans une autre ville, il a fondé une deuxième famille. Il a désormais un petit garçon de 7 ans. Si Lin Quanhai revient à Chongqing, c'est pour savoir ce qui est arrivé à son fils Lin Bo, décédé à 25 ans quelques mois plus tôt lors d'une prise d'otages dans un magasin. C'était lin Bo, le preneur d'otages. A part un ami de longue date qui a une attitude bienveillante à son égard, les personnes qu'il interroge montrent de l'hostilité à son égard, comme son ex-femme qui lui claque la porte au nez, et le meilleur ami de Lin Bo qui se montre indifférent. Lin Quanhai déambule dans la ville très polluée où il fait très souvent du brouillard. Néanmoins, il rencontre des témoins directs de ce qui s'est passé, la jeune femme médecin qui est restée otage 5 heures, le policier qui a abattu Lin Bo, et même l'ex petite-amie de Lin Bo, qui évoquent un jeune homme que Lin ne connaissait plus et dont il ne se rappellait plus le visage. J'ai été très sensible à la manière de filmer du réalisateur avec la caméra à l'épaule au plus proche des acteurs. C'est un film sur l'absence de relation père-fils et sur l'incommunication entre les êtres. En arrière-plan, on voit une ville fantomatique traversée où la jeunesse désoeuvrée et fuyante fait ce qu'elle peut pour s'en sortir. Je recommande ce film.