dimanche 30 août 2020

Dans un jardin qu'on dirait éternel - Tatsushi Ōmori

Mercredi 26 aoùt 2020 sont sortis plusieurs films qui vont permettre, peut-être, de remplir à nouveau les salles. Parmi ces sorties, je vous conseille un film japonais (sorti en 2018 au Japon). C'est l'occasion de (re)voir Kirin Kiki pour la dernière fois. Cette formidable actrice est décédée en 2018 à 75 ans. Pour ceux qui ne la connaissent pas, c'est une actrice qui a joué dans presque tous les films récents de Hirokazu Kore-Eda (Still walking, I wish, Notre Petite soeur, Tel père, tel fils, Après la tempête, Une affaire de famille). Et elle est géniale dans Les délices de Tokyo de Naomi Kawase. Dans ce film Dans un jardin qu'on dirait éternel, elle joue le rôle d'un maître de thé qui donne des cours. Le film est adapté d'un récit autobiographique de Noriko Morishita paru en 2008. En 1993, Noriko ne sait pas ce qu'elle veut faire dans la vie. Elle est très proche de ses parents qui lui conseillent de s'initier à l'art du thé matcha (un thé vert japonais). Et voilà Noriko et sa cousine Michiko transportées grâce à Mme Takeda dans un art de vivre japonais fait de sérénité. L'apprentissage est dur. Il commence par l'apprentissage du pliage, dépliage et repliage d'une serviette. C'est fascinant. Tous les gestes, les postures sont codées. Mme Takeda est une femme patiente mais qui ne laisse rien passer. C'est envoûtant de voir ce cérémonial avec les personnes assises à genoux pendant des heures. L'histoire se passe sur plusieurs saisons pendant des années. Je suis sortie de la salle sereine. Un film pas parfait mais qui fait du bien.

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vendredi 28 août 2020

Patagonie route 203 - Eduardo Fernando Varela / Le monde perdu - Michael Crichton

Voici deux romans qui n'ont rien à voir l'un avec l'autre, mais je les ai lus avec plaisir.

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Je commence avec Patagonie route 203 d'Eduardo Fernando Varela (Editions Métailié, 357 pages), paru le 20 août 2020, que j'ai eu la chance de lire en avant-première. L'écrivain a 60 ans et c'est son premier roman. Après le cinéma, je continue à me dépayser en étant partie dans le sud de Amérique du sud sur les routes d'Argentine en compagnie de Parker, un routier. Il transporte des fruits exotiques et autres marchandises indéfinies d'un bout à l'autre de la Patagonie balayée par les vents. C'est un homme qui semble fuir un passé que l'on ne connaîtra pas. Il est peu sociable et ne s'arrête qu'en cas de nécessité. La seule personne avec qui il communique est un journaliste qui conduit une voiture sans freins et qui est en quête de vieux sous-marins allemands de la seconde guerre mondiale. Sinon, le seul bien que possède Parker est un saxophone dont il tire parfois quelques notes. Et quand le temps le permet, il sort du camion des meubles et même un lit qu'il dispose sur le bord de la route comme si c'était chez lui. Un jour, son camion a un problème qui l'oblige à s'arrêter dans une petite ville où s'est installée une fête foraine. Il tombe immédiatement sous le charme de Maytén, la caissière du parc d'attractions. Malgré qu'elle soit mariée, elle quitte tout pour suivre Parker dans sa vie d'errrance au moins pendant quelque temps. J'ai beaucoup aimé ce road-movie du bout du monde où l'écrivain a créé des noms de lieux évocateurs, "La pourrie", "Saline du désespoir", "Mule morte" et où l'on rencontre des personnages qui sortent de l'ordinaire. Ce roman a reçu le prix de Las Américas 2019. Lire le billet de Simone.

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Juste avant, j'ai terminé la suite de Jurassic Park. Le monde perdu de Michael Crichton, Editions Pocket, 473 pages haletantes et horrifiques. J'ai trouvé l'histoire assez différente du film Le monde perdu, surtout la fin. L'un des deux personnages de Jurassic Park que l'on retrouve dans cette suite est le mathématicien Ian Malcolm ,adepte de la théorie du chaos. Il est entouré de différents personnages, dont une jeune femme, Kelly, qui va montrer de l'intelligence et de la bravoure en face de ce qui les attendent sur le site B. Car en effet, le professeur Hammond, à l'initiative de tout, et la société InGen, créateurs des bestioles, avaient prévu un second site pour élever les bébés dinosaures et effectuer des manipulations génétiques. Le deuxième personnage que l'on retrouve dans Le monde perdu, c'est le "méchant" de l'histoire, Dodgson, qui avec deux acolytes, veulent récupérer des oeufs de dinosaures. Le site B est l'île Nublar où se déroule toute l'histoire. Kelly constate vite qu'il y a plus de prédateurs que de proies sur l'île. Et l'on apprend que certains dinosaures ont réussi à s'échapper de l'île et sont morts sur des plages chiliennes. Et certains sont atteints d'encéphalite. Sur l'île, Malcolm et ses compagnons, dont deux adolescents, doivent affronter les animaux livrés à eux-mêmes. Les méchants vont connaître, quant à eux, une fin épouvantable mais prévisibles. Il y a du suspenses, les vélociraptors sont toujours aussi voraces et intelligents et j'ai aussi appris que les tyrannosaures savaient nager. Un roman haletant que je conseille.

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mercredi 26 août 2020

La femme des steppes, le flic et l'oeuf - Wang Quan

Après l'Arabie saoudite, je vous emmène en voyage en Mongolie intérieure.

La première séquence de Öndög (en VO), La femme des steppes, le flic et l'oeuf (en VF), de Wang Quan, commence par un paysage de la steppe mongole vu en accéléré d'une vitre d'un 4x4. Trois policiers, dont un qui doit partir à la retraite le lendemain, parcourent la steppe avant de s'arrêter devant un corps de femme dénudé et sans vie. Ne sachant pas trop quoi faire, les deux vétérans chargent le "bleu", un jeune homme de 18 ans, de veiller sur le corps. Ils promettent de revenir le lendemain pour emporter le cadavre à fin d'autopsie. Puis ils demandent à une bergère, l'habitante la plus proche de l'endroit où se trouve le corps, de veiller sur le jeune flic. Elle a une carabine dont elle sait très bien se servir pour éloigner les prédateurs comme les loups. Elle se déplace sur une magnifique monture toute poilue, un chameau de Bactriane. Et nous voilà donc embarqués dans un histoire improbable qui nous permet de voir un ciel bleu éblouissant sans nuages, un paysage de steppes à perte de vue, et de connaître un peu la vie quotidienne d'une jeune Mongole encore célibataire qui est courtisée par un voisin. On a l'occasion de voir des troupeaux de chevaux mongols, comment on tue un mouton (âme sensible s'abstenir) et on assiste même à la naissance d'un petit veau qui est vite emporté dans la yourte de la bergère pour qu'il ne meure pas de froid. En effet, il semble faire très froid dans cette région où il n'y a pas d'électricité  (surtout dans les yourtes) mais où le réseau mobile passe bien. L'oeuf du titre, en dehors du symbole de la procréation, est un oeuf de dinosaure trouvé dans la région par le voisin. La Mongolie est une région où l'on a trouvé beaucoup de squelettes et d'oeufs fossilisés de dinosaures. Les dialogues sont rares, les personnages souvent filmés de loin. C'est un film dépaysant qui vous permet de voyager loin pour le prix d'un simple ticket de cinéma. Allez le voir. Henri Golant le conseille aussi.

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lundi 24 août 2020

The perfect candidate - Haifaa Al-Mansour

Après Wadjda qui m'avait beaucoup plu, la réalisatrice Haifaa Al-Mansour nous revient avec un film lumineux qui brosse de beaux portraits de femmes. Dans une petite ville de province d'Arabie Saoudite, Mariam, l'aînée d'une fratrie de filles, travaille comme médecin dans un genre de clinique dispensaire. Elle est encore célibataire tout comme sa soeur cadette, qui filme des mariages ou des événements où il n'y a que des femmes. Les deux vivent avec la cadette encore adolescente chez leur père, un musicien. Il est veuf depuis peu et laisse beaucoup de liberté à ses filles, mais le souvenir de la mère défunte elle-même chanteuse est très présent. La réalisatrice fait un portrait assez nuancé de la société souadienne où les hommes n'ont pas un rôle totalement négatif. Les femmes peuvent enfin conduire une voiture (depuis 2018), mais elles n'ont pas le droit de sortir du territoire sans autorisation de leur tuteur (père, frère ou mari). Mariam, ne pouvant pas aller à Dubaï pour un congrès, se retrouve à se porter candidate aux prochaines élections municipales. Elle est la seule femme à le faire, avec un programme en un point: goudronner le chemin qui mène à la clinique où elle travaille. Elle fait une réunion électorale devant un parterre de femmes lors d'un défilé de mode, ou bien devant un public masculin par écran interposé. C'est du bricolage mais elle est déterminée. Pendant ce temps-là, le père qui joue de l'oud (et chante) dans un orchestre se produit en plein air ou dans des salles fermées avec les hommes d'un côté et les femmes de l'autre. Ce film féministe où les moments humoristiques ne manquent pas m'a vraiment beaucoup plu. Allez le voir. Henri Golant le conseille aussi ainsi que Miriam.

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samedi 22 août 2020

Petit traité d'écologie sauvage / La cosmologie du futur / Mythopoïèse - Alessandro Pignocchi

[Ta d loi du cine: je peux publier un billet? C'est sur des bouquins super.

Dasola: ah ben t'es gonflé! J'ai rédigé le mien, de billet, il est prêt à paraître. Tu ne m'as jamais parlé du tien!

Ta...: nan, mais comme tu avais dit que tu voulais faire une pause...

Da...: oui, ben j'ai le droit de changer d'avis. Tu ne changes jamais d'avis, toi?

Ta...: LAISSE-MOI PUBLIER MON BILLET AUJOURD'HUI!!! (ou sinon je picore)

Da...: ne crie pas. J'aime pas quand tu cries. OK, je reprogramme le mien pour dans 3 jours.]

****************

Le premier des livres que je (ta d loi du cine, squatter chez dasola - non mais sans blague) vous présente -donc- aujourd'hui m'a été prêté il y a des semaines (en plein confinement - chut, faut pas le dire!) et je l'avais enfoui dans ma PAL (à titre de quarantaine, bien sûr). Une fois lu ce tome trois, j'ai réclamé les deux précédents.

Couv_3tomes

Il s'agit d'une série de bande dessinée (chez Steinkis, 3 tomes parus, pour le moment) titrée Petit traité d'écologie sauvage, d'Alessandro Pignocchi. Le premier tome est sorti en mars 2017, le deuxième (La cosmologie du futur) en mai 2018 et le troisième (Mythopoïèse) en janvier 2020 (avant le confinement, donc). Je l'ai donc abordée par la fin, mais bon... Sous une couverture très esthétique, j'y ai trouvé une jolie oeuvre d'art, onirique et engagée, "création consciente d'un mythe ou d'une mythologie personnelle dans une œuvre littéraire" (rencontre du troisième titre). Dans ses oeuvres, l'auteur met en avant une philosophie de compréhension du monde qui implique de considérer l'autre comme sujet et non comme objet (et ceci, que l'autre soit humain ou bien non-humain). En voici le postulat introductif (d'où découle tout le reste...).

Postulat-introductif Il est question, entre autres, d'anthropologie symétrique (dans ce dessin, p.7 du T.1, à droite de notre ancien Président, on découvre Wajari Tsamarin, chercheur jivaro, qui trouve pas mal de choses étranges, étranges - vous avez dit bizarre? - dans notre douce France). Au fil des pages, on découvre différents fils conducteurs qui s'entrelacent: le journal TV avec ses invités éventuels, les politiciens à la tribune ou en privé (ou en déplacement extérieur), l'ethnologue jivaro, parfois reçu par les politiciens, parfois sur le terrain (d'observation), ou éventuellement de passage de retour "chez lui"... sans oublier, non pas les ratons laveurs, mais les mésanges punks, les pinsons, et autres colibris chatoyants - des oiseaux souvent plus déjantés les uns que les autres (métempsychose et autres réincarnation, voire absorbtion parfois plus violente). Dans cette drôle de bande dessinée, l'ironie provient du décalage entre les dessins tellement jolis (mais répétitifs) et le discours incendiaire des bulles. L'auteur en appelle à l'humour et à l'absurde pour évoquer des questions tout à fait vitales. Et hop, quelques citations pour éclairer mes propos!

4edecouv-T1 La "4ème de couv" du 1er tome, avec ce qu'il faut de provocation, pour commencer...

Proteger-l-Europe_utilite (p.15, T.1) dans une séquence titrée "Respect des valeurs" qui court sur 4 pages, les textes de la page précédente contextualisaient: plainte des Jivaros contre la Commission Européenne qui propose la protection d'une zone située en Amazonie... au motif qu'une rainette locale pourrait inspirer un nouveau traitement contre le cancer.

Peut-on considérer que les références personnalisées commencent à dater un peu? Je vous épargne la séquence avec Valls piquant sa crise parce qu'il n'arrive pas à démissionner pour pouvoir partir en Amérique du Sud se consacrer aux dizaines d'espèces de rainettes locales (et vous laisse découvrir comment elle finit).

De son côté, Angela M, ayant pêché un magnifique esturgeon devant chez elle, cherche à l'insérer dans la mondialisation du troc... Merkel-troque-esturgeon (p.40, T.1)

Et n'oublions pas nos interludes jivaros! Des_vaches Dans la séquence titrée "Bretagne", le même dessin est répété 18 fois à l'identique sauf les bulles (9 pages numérotées 68 à 76 - ici la p.74, toujours dans le T.1).

Pas-les-grebes-que-vous-croyez p.119 (T.1): ça, ce sont des chefs d'Etat qui mettent en oeuvre le sain(t) adage "faites l'amour, pas la guerre" (mais je vous laisse, cette fois encore, découvrir comment ils en sont arrivés là - et je ne sais même pas s'ils sont tous d'accord...).

Maintenant, plantons un peu le décor du tome 2 (p.3) Tome-2 ou encore  Mesanges-punks (p.43, T.2).

Hachon-Melenmon_debat-anthropophagie-rituelle (p.26, T.2) Mélenchon / Hamon, candidats à reculon pour la Présidence de notre Ve, le sujet étant "comment introduire une forme d'anthropophagie rituelle dans la culture occidentale"...  Le débat "tel-avisé" court sur 12 pages. Et je ne sais pas si la coquille "creuser une marre" (on en a?) est volontaire ou non. Mais nous sommes bien dans un "monde à l'envers", avec des politiciens qui ne veulent surtout pas être élus et que la corvée du pouvoir insupporte (d'avance comme ensuite)... Quant à l'anthropophagie, c'est un questionnement récurrent, à la bonne franquette, pour honorer les copains et consolider leur place dans l'univers (si j'ai bien compris...).

Anthropologie-au-comptoir (p.36, T.2) Voici en pleine action notre anthropologue jivaro venu écarquiller son oeil perçant en France (plus particulièrement sur Bois-le-Roi (77590), son Café de la Gare, son marché, son lac et ses pêcheurs...).

Dans cette grande oeuvre, on invite aussi Proust (je connais des blogueuses à qui ça va plaire, tiens).

p.100 (avant)... Proust-avant ... Proust-sauvage ... et après (p.105). L'expression "La métamorphose" n'est pas évoquée. Et encore, je vous ai épargné les scarifications. 

J'en profite pour insister sur le fait que le procédé du "comique de répétition" consiste à metre plusieurs fois le même dessin (avec ou sans changement au niveau d'un détail), avec des textes ("bulles") qui font avancer l'histoire (comme déjà signalé précédemment). Alessandro P. n'est certes pas le premier auteur à le faire, mais avouons que ses aquarelles sont particulièrement agréables à regarder. Pour bien suivre, il ne faut pas rater une virgule.

Un-blanc-dans-le-texte p.56-57 du T.3. Le "blanc" (en haut, à droite) est fort bien amené. Manu en direct à la télé, c'est carrément digne du Rogntudjuuu de Franquin! (ou comme réfugié campant dans une "réserve" en banlieue parisienne avec Donald et Angela, un peu plus loin...). Heureusement que le délit d'offense au chef de l'Etat a été aboli en 2013 (merci François - mais il n'y a pas de quoi, c'est normal)!

Le troisième tome (j'y arrive donc) est peut-être (?) encore plus "politisé" que les deux premiers, et contient moult allusions à la ZAD de Notre-Dame des Landes (peut-être quelque peu fantasmée). Il semble se dérouler après 2022... (sage précaution... ou pas?).

Toujours nos charmants oiseaux... de plus en plus contestataires? En pleine page (14-15, T.3 - toutes n'étaient pas mésanges?). Mesanges-contestataires  Quantitativement, les zadistes souvent évoqués ne pèsent pas bien lourd chez nous, mais ces epsilon pourraient-il se mettre en tête de modifier l'alpha et l'oméga du meilleur des mondes possibles?

On trouve aussi en fin des premiers volumes quelques pages de rédactionnel à l'apparence fort sérieuse sur la philosophie jivaro. Je n'ai pas été vérifier en quelle année l'anthropologue Philippe Descola, né en 1949, a pu les écrire.

En trois volumes cohérents, le dessinateur-scénariste a donc élaboré un univers où chaque détail compte, il faut tout bien lire afin de ne pas perdre le fil (les textes sont souvent bien plus subsersifs que les beaux dessins inexorablement répétés). On se retrouve dans un enchevêtrement de saynettes dans une France (et un univers) alternatifs. Ma position personnelle serait de tout savourer sans me casser la tête à tenter de comprendre ce monde. Après, si d'autres veulent aller plus loin, je ne les empêche pas, hein... Pour ce qui me concerne, je ne saurais trop dire à quel 36 000e degré il faut en prendre l'humour! Un joyeux canular? J'ai cru y détecter diverses touches de dérision pince-sans-rire, comme la phrase sur l'ordinateur portable (p.115 du T.3), lorsque s'instaure une relation de sujet à sujet, "alors que celui-ci semble chercher à nous nuire et que nous nous demandons comment nous venger de lui"...

Je vous recommande encore la découverte de cette série dessinée, et vous laisse décider ensuite s'il s'agit d'un canular artistico-scientifique, d'une proposition de nouvelle philosophie, ou bien si tout est dans tout (et inversement). Comme je l'ai dit plus haut, j'avais donc pour ma part abordé cette trilogie (?) par le troisième tome. Et après les avoir parcourus tous les trois, je me demande même si en fait ils ne sont pas (re)liés à deux autres titres publiés du même auteur... Si vous avez eu le courage de lire ce billet jusqu'au bout, je vais maintenant vous informer que vous pouvez trouver plein d'autres beaux dessins sur le blog Puntish du même auteur. Comme disaient les ados, "c'est trop délire!" (je sais plus comment ils disent désormais, hein: j'ai perdu le fil...).

Enfin, pour mettre en parallèle un autre mythe animalier, ça m'a un peu fait penser à trois planches d'un album de la série Donjon (Joann Sfarr & Lewis Trondheim) titré Le roi de la bagarre, qui évoque deux peuples habitant respectivement Odilon (des bergers) et Koubine (des chasseurs dans une ile). Ca se termine abruptement - et plutôt mal.

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mercredi 19 août 2020

De pierre et d'os - Bérangère Cournut

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J'ai acheté De pierre et d'os de Bérengère Cournut (219 pages + annexes, Le Tripode 2019), ce roman, pour la bibilothèque loisirs dont je m'occupe, pour varier avec Guillaume Musso et Agnès Ledig. Bien m'en a pris, j'ai été touchée par ce récit qui se passe dans une époque non précisée. Uqsuralik, "la femme de pierre", est une jeune Inuit qui se retrouve, une nuit, séparée de ses parents, de son frère et de sa soeur, lorsque un morceau de banquise se fend et forme une faille. Elle est d'un côté et sa famille de l'autre, et ils ne peuvent se rejoindre. Le père d'Uqsuralik a juste le temps de lui envoyer une peau d'ours et une amulette. Uqsuralik va commencer à marcher en compagnie d'une chienne de traîneau et de quatre jeunes chiens mâles. Uqsuralik est entourée par le brouillard. Elle arrive à rejoindre trois familles Inuit qui vivent en communauté. Douée pour la chasse, Uqsuralik tue un phoque annelé pour nourrir tout le monde. Elle se fait donc accepter par le groupe, si ce n'est qu'un des fils d'une famille lui est hostile et la surnomme "Arnauutuq", "Garçon manqué". Il a du mal à supporter qu'une jeune fille soit meilleure que lui pour chasser. Il va lui faire payer cet affront. Le temps passe, Uqsuralik est devenue une jeune femme en âge d'enfanter. Elle donnera naissance à Hula puis elle rencontrera un chasseur qui est aussi chamane. Les Inuits bougent souvent au gré des saisons et de la chasse. Ils font très attention à ce que leur disent les esprits qui les entourent. Ce roman est un dépaysement complet. J'ai beaucoup apprécié les différents chants qui ponctuent l'histoire. Ce roman qui a reçu le prix du Roman Fnac l'année dernière en 2019 est hautement recommandable.

Lire les billets de Yuko, Zazymut, Karine et Manou.

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dimanche 16 août 2020

La sentence - John Grisham

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Ca y est, je viens de terminer mon premier John Grisham. Je n'avais jamais lu de roman de cet écrivain jusqu'à présent.

La sentence (Editions JC Lattès, 499 pages) a paru juste avant le confinement et c'est en entendant de bonnes critiques lors d'un "Masque et la Plume" diffusé sur France Inter que je me suis décidée à découvrir cet écrivain qui est aussi avocat. Il a exercé dix ans dans un cabinet. Il s'est spécialisé dans les romans judiciaires se passant dans des Etats du Sud rural aux Etats-Unis. Il faut reconnaitre à M. Grisham son grand sens de la narration. La sentence est divisée en trois parties.
1ère partie - En octobre 1946, Pete Banning, la quarantaine, propriétaire respecté de plusieurs hectares de plantations de coton et fidèle de l'Eglise méthodiste dans une petite ville du Mississippi, tire sur Dexter Bell, le révérend de la paroisse. Condamné à mort, Pete Banning ne donnera jamais la raison de son geste. C'était un homme peu communicatif qui traitait bien les personnes (Noires) qui travaillaient pour lui. Il était marié et père de deux enfants.
2ème partie - Enrôlé dans un régiment de cavalerie pendant la Seconde guerre mondiale, Pete Banning va se retrouver aux Philippines et vivre un enfer comme la "marche de la mort" de Bataan en 1942, puis il sera prisonnier dans le camp d'internement O'Donnell, avant de rejoindre une unité de guerilla dans la jungle philippine et de combattre les Japonais. Il faut noter que sous la plume de Grisham, il y a une grande force d'évocation dans la description de ces événements. Revenu vivant après qu'il ait été déclaré mort, il retournera chez lui couvert de médailles.
3ème partie - Après la mort de Pete Banning, la vie devient difficile pour ses enfants, Joel et Stella, qui font des études universitaires. Liza, leur mère, a été internée de force par son mari peu de temps après qu'il soit revenu de la guerre, sans qu'on sache pourquoi. La femme du révérend assassiné et son nouvel ami attaquent la famille Banning pour obtenir des dommages et intérêts de leur part.

La sentence est un roman puissant très bien construit que je recommande. Lire le billet chez Polar, noir et blanc. Bigmammy en revanche n'a pas trop aimé.

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jeudi 13 août 2020

Eva en août - Jonas Trueba / L'infirmière - Koji Fukada

Voici deux films vus assez récemment.

Je suis allée voir un film espagnol de Jonas Trueba, Eva en août, après avoir lu de très bonnes critiques qui comparaient ce film au cinéma d'Eric Rohmer.  Quelle ne fut pas ma très grande déception. Le film dure deux heures et en effet, il semble bien long. Le réalisateur doit être amoureux de l'actrice principale (qui est la co-scénariste). La caméra ne la quitte pas un instant. L'histoire se passe à Madrid entre le 1er et le 15 août. Eva (j'ai compris qu'elle était actrice) séjourne dans un appartement qui lui a été prêté en pleine ville. Elle va au musée, marche dans la rue, va au cinéma, assiste à un concert en plein air et fait des rencontres de gens qu'elle connait plus ou moins. J'ai trouvé cela absolument sans intérêt. A éviter selon moi.

Je passe à L'infirmière que j'avais vu en avant-première. J'ai été intéressée par l'histoire d'Ichiko, une Japonaise dont la profession est infirmière, rattachée à un cabinet, et qui s'occupe de personnes malades à domicile. En l'occurrence, elle s'occupe, depuis quelques années, d'une vieille dame alitée. Elle s'entend bien avec la fille et les deux petites-filles de la patiente. Elle fait presque partie de la famille, jusqu'au jour où l'une des petites-filles est enlevée par le propre neveu d'Ichiko. Il la relâche peu de temps après et, arrêté par la police, il est incarcéré. Ichiko est assez vite montrée du doigt, elle sert de bouc-émissaire. Poursuivie par les journalistes, elle est obligée de démissionner du cabinet, la fille de la personne âgée la renvoie. Seule la deuxième petite-fille, qui est l'aînée, maintient un lien avec Ichiko mais il y a beaucoup d'ambiguïté dans cette relation. Ichiko renonce même à son mariage qui était prévu avec un médecin. Il y a quelques scènes étranges et Ichiko elle-même a parfois un comportement qui semble bizarre. C'est un film qui vaut le coup d'oeil. Lire le billet d'Henri Golant qui semble l'avoir mieux compris que moi.

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lundi 10 août 2020

Chongqing Blues - Wang Xiaoshuai

L'année dernière, à peu près à la même époque, j'avais vu So long, My son du même réalisateur. Chongqing Blues qui bénéficie d'une sortie confidentielle cet été (une seule salle à Paris) date de 2010. Il avait été sélectionné cette année-là en compétition au Festival de Cannes. J'avoue que je suis perplexe sur la politique des sorties de film et sur le fait que Chonqin blues ne sorte que maintenant, car c'est un très beau film (qui dure 1H55). L'histoire se passe dans la ville Chongqing, en pleine mutation. Peuplée de 32 millions d'habitants et située dans une municipalité grande comme l'Autriche, la ville est un très grand port fluvial au confluent des fleuves Yangzi et Jialing. Lin Quanhai revient 15 ans après avoir quitté sa femme et son fils Lin Bo (âgé de 10 ans à l'époque). Lin Quanhai est marin et il reste de longues périodes en mer. Dans une autre ville, il a fondé une deuxième famille. Il a désormais un petit garçon de 7 ans. Si Lin Quanhai revient à Chongqing, c'est pour savoir ce qui est arrivé à son fils Lin Bo, décédé à 25 ans quelques mois plus tôt lors d'une prise d'otages dans un magasin. C'était lin Bo, le preneur d'otages. A part un ami de longue date qui a une attitude bienveillante à son égard, les personnes qu'il interroge montrent de l'hostilité à son égard, comme son ex-femme qui lui claque la porte au nez, et le meilleur ami de Lin Bo qui se montre indifférent. Lin Quanhai déambule dans la ville très polluée où il fait très souvent du brouillard. Néanmoins, il rencontre des témoins directs de ce qui s'est passé, la jeune femme médecin qui est restée otage 5 heures, le policier qui a abattu Lin Bo, et même l'ex petite-amie de Lin Bo, qui évoquent un jeune homme que Lin ne connaissait plus et dont il ne se rappellait plus le visage. J'ai été très sensible à la manière de filmer du réalisateur avec la caméra à l'épaule au plus proche des acteurs. C'est un film sur l'absence de relation père-fils et sur l'incommunication entre les êtres. En arrière-plan, on voit une ville fantomatique traversée où la jeunesse désoeuvrée et fuyante fait ce qu'elle peut pour s'en sortir. Je recommande ce film.

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vendredi 7 août 2020

Charlie Hebdo - Calendrier perpétuel 52 semaines

Ce mois-ci, en plein milieu de l'été, je (ta d loi du cine, squatter chez dasola) vais vous présenter l'un de mes premiers achats en librairie après la fin du confinement, dans la série de mes Hommages mensuels à Charlie Hebdo

Je l'avais trouvé, encore sous film plastique, au Quartier Latin à Paris, dans une grande librairie, à l'étal, dehors, parmi d'autres "produits d'appel". Il s'agit d'un "objet identifié" paru il y a déjà plusieurs années aux Editions du chêne (comme pour ma chronique de juin dernier - sans compter deux autres bouquins posthumes de Tignous chroniqués antérieurement et édités par cette même Maison). Sa première édition date de 2014 (avant), mais la présente édition est estampillée d'un dépôt légal "septembre 2015" (après). Je suppose que c'est pour des raisons de coût que l'objet affiche aussi un provocant "imprimé en Chine".

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Ce bel objet se présente comme un "calendrier perpétuel". En effet, il ne mentionne pas d'année, et chacune des 52 "semaines" comporte un feuillet construit sur le même modèle mais sans mention du numéro de jour ni du mois exactement concerné par chacun. Disons donc qu'il pourrait être utilisé pour n'importe quelle année, "marquable au stylo" grâce à l'épaisseur des fiches cartonnées. Mais... MAIS! Mais ce serait, à mon sens, dommage de griffonner sur une partie de ce qui m'apparaît presque plutôt comme un "objet de collection" (je n'ai pas été complet: il s'agit d'une co-édition Le Chène / Hachette, et les contacts "partenariat et vente directe" ou "relations presse" figurant en dernière page sont des personnes de chez Hachette...).

Lorsque le calendrier est ouvert, chaque semaine apparaît surmontée du verso de la page précédente qui comprend un ou le plus souvent deux dessins, en noir et blanc ou en couleurs. 

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Les semaines "monodessins" ont été illustrées par Charb (3) et Luz (2). Plus globalement, voici mes comptages concernant les dessinateurs: Charb 40 (dont la couv'), Riss 25 (16 en N&B pour 9 en couleur), Luz 20 (dont 3 en N&B et 2 en double), Tignous 9, Cabu 4, Honoré 2 (qui les a choisis?). En voici en tout cas une petite "extraction" subjective.

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P1110801  P1110806 (anticipation du 2e trim. 2020? Hé oui, l'activité ralentit en temps confiné...)

P1110804 Pauvre personnel soignant... (ça m'a fait hurler de rire!)

Dans ce "semainier", les thèmes restent bien perpétuels (jusqu'à nouvel ordre). Vous aurez en tout cas une centaine de dessins à découvrir. Dasola (que je remercie pour les photos) m'a dit "tu as pris les mieux!". Je ne sais pas qui va vouloir écrire sur l'oeuvre d'art constitué par cet éphéméride [oui, j'enfonce tous les poncifs ouverts, comme à mon habitude] ?

*** Je suis Charlie ***

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