dimanche 29 novembre 2020

La vengeance des cendres - Harald Gilbers

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Après Germania, Les fils d'Odin et Derniers jours à Berlin, je viens de lire La vengeance des cendres d'Harald Gilbers (Calmann-Levy, 439 pages haletantes). J'ai été contente de retrouver Richard Oppenheimer, l'ancien commissaire de la Kripo, renvoyé parce qu'il était juif et qui a vécu dans la clandestinité à Berlin pendant toute la deuxième guerre mondiale. On le retrouve en décembre 1946 avec sa femme Lisa et d'autres dans la demeure appartenant à Hilde, une femme médecin très amie avec le couple. Berlin est partagée en quatre secteurs, russe, français, britannique et américain. Les Berlinois souffrent toujours autant du froid (-20°) et surtout de la faim. Le marché noir n'a jamais aussi bien fonctionné dans une ville toujours en ruines. C'est dans ce décor qu'Oppenheimer va enquêter sur des meurtres étranges. Des hommes plutôt bien nourris sont retrouvés morts et dénudés avec une liste de noms de personnes tracés à l'encre noir sur les bras et les jambes. J'aime la manière dont Gilbers reste au plus près des personnages qui survivent comme ils peuvent dans une ville où par exemple, des bandes de gamins souvent orphelins chapardent tout ce qu'ils peuvent revendre, où il n'est pas facile d'afficher son homosexualité punie par l'article 175 du code pénal allemand datant de 1872 (qui a été appliqué jusqu'à 1994), et où les Russes et les Américains se regardent en chiens de faïence. Le roman se termine le 30 décembre 1946. J'espère que M. Gilbers ne va pas s'arrêter là. 

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jeudi 26 novembre 2020

Network - Sidney Lumet

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Plus de 40 ans après, j'ai revu Network de Sidney Lumet (1976). A l'époque, j'étais adolescente et j'avais trouvé le film un peu long. Pour tout dire, j'avais été moyennement emballée. Et bien, en le revoyant en 2020, j'ai changé d'avis. Le film n'a rien perdu de son actualité. En 1976, la télévision était le moyen de communication principal pour informer les gens. A l'époque, la presse écrite commençait à être un peu en perte de vitesse. Le réseau de chaînes de télé UBS vient de virer Howard Beale (Peter Finch) après vingt ans de bons et loyaux services en tant que présentateur du journal du soir. Et ce, malgré les protestations de Max Schumacher (William Holden). Le soir même à l'antenne, Howard annonce que dans une semaine, il va se suicider en direct. Cette nouvelle provoque une hausse immédiate de l'audimat. Flairant une aubaine, la nouvelle directrice des programmes très ambitieuse, Diana Christensen (Faye Dunaway) donne carte blanche à Beale qui devient un gourou pour des millions de spectateurs. Tout ce que Beale demande ou énonce provoque des réactions dans tout le pays. Jusqu'à ce que Beale devienne hors de contrôle. Aujourd'hui, la télévision a été supplantée par les réseaux sociaux pour en arriver à des résultats similaire. Le film est très bien réalisé avec des acteurs remarquables. Il faut noter la qualité des dialogues : c'est devenu rare. Le film a raflé quatre Oscars en 1977 dont l'Oscar du meilleur acteur amplement mérité à Peter Finch à titre posthume. L'acteur était décédé à 60 ans d'une crise cardiaque peu de temps avant la cérémonie. Je recommande vivement ce film. 

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lundi 23 novembre 2020

Mot-à-mots - présentation d'Alex-mot-à-mots (à l'occasion de ses 500 commentaires chez Dasola)

Voici une septième "mise à l'honneur" pour une blogueuse venant de faire son 500e commentaire sur le blog de Dasola (1). Alex-mot-à-mots a mis un peu plus de dix ans et demi pour franchir cette étape, puisque son premier commentaire ici remonte au 24 avril 2010 (plus de trois ans après les débuts du blog de dasola). Je (ta de loi du cine, squatteur et statisticien de dasola) lui ai aussimot, pardon, aussitôt, demandé si elle accepterait de se prêter aux quelques questions-réponses habituelles. En un week-end, ça a été fait!

Aujourd'hui, je n'oserais pas pronostiquer si le prochain témoignage viendra d'1 blogueur.euse ayant déjà accumulé plus de 400 commentaire chez dasola, ou, qui sait, plutôt de l'une de celles qui "progressent" désormais au rythme de 80 à 100 nouveaux commentaires par an...

Mais pour le moment, je vous souhaite une bonne lecture des réponses de Alex-mot-mots ci-dessous!

***************

Mot-a-Mots Bonjour Alex-mot-à-mots, pour que les lecteurs comprennent qui vous êtes, pouvez-vous vous présenter ? Derrière ce pseudonyme, pouvez-vous nous livrer quelques éléments biographiques?

Alex, 47 ans, mariée, deux enfants de 17 et 14 ans. J’habite à la campagne mais j’ai grandi dans une petite ville chargée d’histoire romaine. 

Avez-vous fait des études ou exercé une profession ayant un rapport avec la littérature ou l'art?

J’ai fait des études de lettres et travaille maintenant au milieu des livres. 

* Parlons un peu de vous et de votre blog: Mot à mots. Dans quelles circonstances avez-vous souhaité le créer? Vous utilisez aujourd’hui la plateforme « wordpress » (depuis février 2015), pourquoi avoir quitté la plateforme « canalblog »? Quid de l’achat du nom de domaine ?

J’ai commencé à bloguer quand mon premier fils est né, en 2003. Ma mère était partie travailler à Nouméa, c’était une façon de lui envoyer des photos et des nouvelles. Puis mes enfants ont grandi, ma maman est revenue, mais j’avais pris goût au blog.
Comme mes enfants grandissaient, j’ai pu de nouveau trouver du temps pour lire. J’ai alors décidé d’ouvrir un blog sur mes lectures (et un peu sur le thé, ma seconde passion).
J’ai commencé historiquement sur Canalblog, mais à cause de nombreux problèmes généraux sur cette plate-forme, j’ai d’abord migré sur Wordpress gratuit, puis sur Wordpress payant grâce à mon mari.
Eh oui, mon mari est aussi gestionnaire d’un blog de tekno (https://larajtekno.info/). C’est lui qui a payé le premier abonnement, et qui m’a parrainé.

* Vous n'y parlez pratiquement pas d'autre chose que de livres, à la notable exception des thés présentés sous la catégorie « A l’heure du chapelier fou »: pourquoi?

Parce que ma vie privée ne regarde que moi. Si vous voulez en savoir un peu plus, il faut me suivre sur les réseaux sociaux (ou je ne raconte rien de passionnant).
Je n’ose pas parler des films, ne me sentant pas encore assez à l’aise.
Parfois, je fais un article sur une fête du livre, mais en ce moment, c’est assez calme.
Toutefois, étant une adepte du Zéro déchet (dans la mesure du possible), dans le menu, vous trouverez des pages sur mes recettes ZD.

* La catégorie « En passant » semble, elle, rassembler des billets sur des livres « tombés des mains » ou sur des sujets divers… ?

En effet, il m’arrive d’abandonner des lectures peu à mon goût. Je les rassemble dans un même billet en expliquant succinctement pourquoi je les ai lâchement laissé tomber.

* Votre blog ne comporte aucun autre « index » de tous les livres chroniqués que l’initiale du nom de l’auteur ou bien le mois de rédaction (colonne de droite) : ni par genre de littérature, ni par pays… Pourquoi ce choix ?

Cela aurait fait une colonne de droite trop longue à mon goût. Question d’esthétique uniquement. Et puis, quand je cherche sur d’autres blogs ayant ces classements, je ne m’y repère pas.

* En ce qui concerne la lecture: quel est votre but avec ce blog ? Débroussailler le champ immense des lectures possibles, faire partager vos émotions de lectures…?

Egoïstement, ce sont d’abord des fiches de lecture en fonction des livres que j’ai envie de lire à certains moments : rentrées littéraires, festivals du polar…. L’envie de faire découvrir d’autres titres, d’autres auteurs parfois.

* En moyenne et à titre indicatif, combien lisez-vous de bouquins par mois? Et pour rester dans les chiffres, quelle est la moyenne de fréquentation de votre blog par jour?

Désolé Ta d loi du ciné, aucune statistique chez moi, ça a tendance à me déprimer ;-)

* Quelle blogueuse êtes-vous ? Challenges, tag, swap… Jouez-vous à ces jeux émérites ?

J’ai eu fait des swaps, challenges et autres tags. Mais je me suis aperçu que je ne lisais pas les réponses des tags des autres bloggueuses.eurs. Certains swaps m’ont déçu. Je ne participe plus non plus à des challenges, je préfère lire au gré de mes envies. Quant aux différents jeux, je n’ai dû gagner qu’une seule fois, alors je n’en fais plus non plus.

* Vos commentaires consistent en général en une phrase ou deux (courtes) : vous privilégiez la concision ? Mais vous répondez toujours aux commentaires chez vous?

C’est mon esprit de synthèse qui ressort, désolée !
Oui, je réponds toujours aux commentaires, c’est un signe de politesse.

* Question très intéressée : pourquoi et comment est réalisée la page de la liste des blogs visités (https://www.netvibes.com/motamots#LECTURES sur https://www.netvibes.com/fr)?

J’ai créé un compte Netvibes (agrégateur de flux) dont je me sers pour aller visiter les blogs amis. J’ai ensuite mis le lien sur Wordpress.

* En tant que lectrice, comment vous définiriez-vous? La lecture tient-elle un rôle important dans votre vie?

La lecture tient un rôle important, évidemment, mais moins qu’il y a quelques années ou je me jetais littéralement sur tout ce qui avait la forme d’un livre. Avec l’expérience, je sélectionne mieux mes lectures.

* Combien de temps consacrez-vous à la lecture chaque jour?

Cela dépend : beaucoup les week-ends, et à peu près une heure par soir (sauf en cas de grosse fatigue). Je lis beaucoup également pendant les vacances. Mes articles paraissent tous les 2 jours, mais c’est parce que mes billets sont programmés.

* Salons du livre, rencontres avec les auteurs et séances de dédicaces … Les recherchez-vous?

Quand j’en ai envie et seulement pour découvrir des auteurs. Les têtes d’affiche pour lesquels il faut faire la queue ne me disent rien.

* Votre endroit favori pour lire?

Mon fauteuil spécial devant la fenêtre, avec mon repose-pieds et mon plaid. La table pas loin pour poser ma tasse de thé.

* Etes-vous plutôt livre papier ou liseuse électronique?

Les deux, mon capitaine. J’emprunte également beaucoup à ma BM, car ma carte-bleue me dit souvent non.

* Comment choisissez-vous vos lectures? (bouche-à-oreille, cadeau, article de presse, hasard…)? Avez-vous un genre favori? Un auteur – vraiment – préféré?

J’ai la chance d’avoir une bonne librairie dans la grande ville à côté de chez moi ; de faire partie d’un groupe de lecture dans lequel nous échangeons nos découvertes. Certains blogueurs sont également de très bon conseil.
Un genre favori : j’aime souvent retourner vers le polar.
Un auteur vraiment préféré ? Après réflexion, je dirais Louise Penny et son personnage Armand Gamache. Chaque tome de la série (qui en compte une quinzaine) est passionnant à lire.

LOUISE PENNY UN BEAU MYSTERE

* A quoi êtes-vous sensible lorsque vous avez un livre en main?

A l’atmosphère qui se dégage des pages. Si l’auteur.trice a su créer une atmosphère, c’est gagné.

* Offrez-vous des livres? Si oui comment les choisissez-vous?

Rarement, je préfère les échanges. J’en offre ceci dit beaucoup à mes enfants sur leurs sujets de prédilection.

* S’il ne fallait en retenir qu’un? Quel livre vous a le plus profondément marquée, parmi tous ceux que avez pu lire?

Incontestablement : Les frères Karamazov de Dostoïevski. Lu quand j’étais ado, le roman m’avait fait forte impression : la psychologie des personnages, le tragique de l’histoire, et cette ambiance glauque sans hémoglobine.

LES FRERES KARAMAZOV

* Avez-vous un souvenir (bon ou mauvais) marquant d’une lecture enfantine ou adolescente?

Enfantine, non : je ne trouvais aucun intérêt aux histoires.
Et puis j’ai découvert Sherlock Holmes. Même si à l’époque je ne comprenais pas grand-chose à l’intrigue, j’adorais l’ambiance londonienne et le personnage tourmenté.

* Comme d’autres «dévoreuses de bouquins», êtes-vous vous aussi tentée par l’écriture?

Absolument pas. C’est un vrai métier qui doit partir des tripes parce que l’on a quelque chose à dire.

* Vous rappelez-vous comment vous aviez découvert le blog de Dasola? (réponse facultative!)

Ca remonte à tellement longtemps ! Sans aucun doute un excellent conseil de lecture. J’aime beaucoup les billets sur les polars (j’en ai découvert quelques-uns grâce à Dasola, mercis).

* La question suggérée par Dominique: "êtes-vous parfois tentée d'arrêter le blog?"

Ca m’arrive. Jusqu’à présent, je l’ai mis en pause, plus ou moins longues. Mais j’y reviens toujours. La littérature est vraiment essentielle à ma vie, même si parfois j’en ai marre de lire (souvent après un mauvais bouquin). Mais j’y reviens toujours.

* Un dernier mot pour conclure cet échange? Quelle autre question auriez-vous voulu que l'on vous pose?

Je ne sais pas qui m’aura lu jusqu’au bout….
Merci, Ta d loi du ciné, pour cette mise à l’honneur. 

Mot-a-mots_2

 

(1) Ci-dessous les six témoignages précédents (avec leur nombre de commentaires lorsqu'elles-ils avaient témoigné, et aujourd'hui):
Dominique (de A sauts et gambades) le 28 avril 2017 (500 => 659)
Aifelle (le goût des livres) le 25 octobre 2017 (750 => 1026), 
Maggie (Mille et un classiques) le 12 août 2018 (600 => 759) 
Ffred (le ciné de Fred) le 23 octobre 2018 (500 => 537).

Keisha (en lisant en voyageant) le 26 avril 2019 (500 => 570)
Matching points "pour les femmes mais pas seulement" le 12 mai 2020 (500 => 533)

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vendredi 20 novembre 2020

L'attaque du Calcutta-Darjeeling - Abir Mukherjee

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A défaut de pouvoir voyager dans les contrées lointaines, il reste les livres pour s'évader. Avec L'attaque du Calcutta-Darjeeling de l'Ecossais d'origine indienne Abir Mukherjee (Editions Liana Levi, 397 pages), l'écrivain nous emmène à Calcutta en 1919 où l'on fait la connaissance de Sam Wyndham arrivé d'Angleterre. Il a posé le pied en Inde le 1er avril de cette année là. Avant 1914, Wyndham avait travaillé à Scotland Yard. Gravement blessé pendant la première guerre mondiale, il est devenu accro aux opiacés et sa femme Sarah est décédée de la grippe espagnole. Dès son arrivée, on lui demande d'enquêter sur le meurtre d'un haut fonctionnaire dont le corps a été retrouvé près d'un bordel. Wyndham a comme adjoint un sergent Indien, Banerjee. Les deux vont suivre plusieurs pistes dans cette ville capitale du Bengale Occidentale. A l'époque, l'Empire britannique règnait sur cette partie du globe. 100 000 Britanniques y étaient présents. Mais la révolte commence à gronder parmi les Bengalis qui aspirent à l'indépendance et à la non-violence. L'arrière-plan historique est bien décrit par petites touches. Un roman très plaisant à lire dans lequel j'ai appris des choses sur l'Inde de cette époque. On s'attache très vite aux deux personnages principaux. L'attaque du Calcutta-Darjeeling (paru récemment en poche) est le premier d'une série. Le deuxième, Les princes de Sambalpur dans lequel on retrouve Wyndham et Banerjee, vient de paraître [chroniqué le 14 décembre 2020]

Lire les billets de Encore du Noir!, de Mimi, Jean-Marc Laherrère et Le bouquineur.

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mardi 17 novembre 2020

Le château du Dragon / L'aventure de Mme Muir - Joseph L. Mankiewicz

Je sors de ma torpeur confinée pour évoquer deux films de Joseph L. Mankiewicz que j'ai revus récemment en DVD. A défaut de cinéma grand écran, heureusement qu'il y a le cinéma "en boîte".

Je chronique les deux films ensemble pour une raison: Gene Tierney est l'actrice principale des deux.

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Le château du dragon date de 1946, L'aventure de Mme Muir de 1947.

Je ne me rappelais pas trop Le château du dragon (Dragon Wyck en vo) qui est le premier film du réalisateur. Il se passe dans les années 1840 dans le Connecticut. Miranda, l'une des filles d'un fermier est invitée par un cousin éloigné de sa mère. Nicholas Van Ryn (Vincent Price) est un riche propriétaire terrien qui vit dans un château avec sa femme alitée, sa fille adolescente (dont Miranda doit s'occuper) et des domestiques. Miranda est ravie dès son arrivée de vivre dans cette demeure mais Nicholas se révèle vite être un homme tyrannique qui rêve d'avoir un garçon. Il méprise les fermiers qui vivent sur ses terres. La femme de Nicholas décède assez brutalement et bien évidemment Nicholas épouse Miranda. L'histoire fait penser à Rebecca et Jane Eyre mais c'est tout de même assez différent dans le ton et la fin est plus sombre. J'ai aimé le film sans plus mais Gene Tierney est bien jolie.
En revanche, il y a quelques bonus intéressants dont la première partie d'un documentaire sur Joseph L. Mankiewicz: All about Mankiewicz qui date de 1983 dans lequel le réalisateur évoque sa vie avant son arrivée à Hollywood.

L'aventure de Mme Muir (soit The Ghost and Mrs. Muir) est un bien joli film qui raconte l'histoire d'une jeune veuve et de sa petite fille (interprétée par Natalie Wood toute gamine). Lucy Muir quitte Londres et sa belle-famille pour s'installer au bord de mer avec sa fille et une domestique dévouée dans une belle maison qui a appartenu à un capitaine de la marine (Rex Harrison) décédé par accident. Le fantôme du capitaine avec sa voix de stentor a fait fuir tous les locataires avant elle. Mais Lucy ne s'en laisse pas compter. Elle se met à converser avec lui. Cela durera un an, le temps que le capitaine dicte à Lucy un manuscrit qui devient un best-seller. Puis le capitaine s'efface devant Miles Fairley (George Sanders) qui courtise Lucy. Cette dernière va découvrir que Miles n'est qu'un coureur de jupons, marié et père de famille. Elle restera seule le reste de sa vie en attendant de rejoindre un jour son capitaine. Par un simple plan de mer agitée, le temps passe et Lucy vieillit. Elle se promène le long du rivage. La fin m'a tirée des larmes aux yeux. Un film à (re)voir. Mon DVD ne comporte aucun bonus.

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vendredi 13 novembre 2020

Les vieux fourneaux 6. L'oreille bouchée - Lupano & Cauuet

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Grâce aux librairies indépendantes à Paris, en cette période de reconfinement, j'ai pu commander le nouveau Les vieux fourneaux 6. L'oreille bouchée de Lupano et Cauuet (Editions Dargaud, 56 pages). J'ai récupéré mon exemplaire le jour de sa parution, le 6 novembre 2020. Ce "passer commande et récupérer" est pratique et permet aux librairies de continuer leur activité.  

Dans ce sixième tome, on retrouve Pierrot qui est de très mauvaise humeur. Dans le cadre de l'association "Ni yeux, ni maître", il continue ses attentats avec d'autres contre les "flics" coupables de violence policière. Dans sa maison à la campagne, Antoine a reçu une invitation pour partir en Guyane rejoindre Emile, "Mimile". Antoine a du mal à joindre Pierrot qui est très réticent à quitter Paris et sa pollution. Cependant, arrivés à Cayenne, Antoine et Pierrot font un long périple, en particulier en pirogue, pour parvenir à destination où ils retrouvent Emile, son ami Errol, l'Australien dont on fait la connaissance dans le tome 3 (Celui qui part) et Sophie. Ce tome évoque l'orpaillage et les dégâts écologiques que cette quête de l'or provoque. Il est fait mention du projet "Montagne d'or" qui, pour le moment, a été abandonné. Un tel projet détruirait la biodiversité (oiseaux, végétaux, etc.), qui est une des grandes richesses de ce département français. Ce séjour en Guyane permet à Pierrot de faire une rencontre inattendue qui le fait remonter dans son passé. Un tome sympathique assez différent des précédents. A quand la suite? 

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mardi 10 novembre 2020

Le cerbère blanc - Pierre Raufast

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Quand j'ai acheté Le Cerbère blanc (Editions Arpège, 282  pages), je m'attendais à découvrir une histoire distrayante dans la veine de ce qu'a écrit Pierre Raufast jusqu'à présent. Et bien, ce n'est pas vraiment le cas. J'ai trouvé l'intrigue assez triste. Mathieu et Amandine naissent à un jour d'intervalle en juin. Ils grandissent ensemble dans la vallée de Chantebrie. Les parents s'entendent très  bien. Malheureusement, un jour les parents de Mathieu meurent tragiquement dans un accident de téléphérique. Mathieu qui a quinze ans se sent coupable. Peu de temps avant, il avait échangé un premier baiser avec Amandine. Quelque temps après, c'est au tour du père d'Amandine de décéder. Sans donner d'explications, Mathieu quitte la Chantebrie et Amandine pour partir vivre à Paris dans le but de suivre des études de médecine. Afin de payer ses études, il trouve un travail d'assistant chez un taxidermiste qui a créé un cerbère blanc. Mathieu et Amandine qui formaient un couple parfait vont vivre l'un sans l'autre plusieurs années. Je ne vous révélerai rien d'autre sauf le fait que la fin de l'histoire tire vers le paranormal. Le roman se lit bien mais j'ai nettement préféré les romans précédents comme Habemus piratam, La baleine thébaïde, La fractale des raviolis ou La variante chilienne. Krol et La chèvre grise ont nettement plus apprécié ce roman que moi. Alex-mot-à-mots a un avis aussi mitigé que le mien. 

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samedi 7 novembre 2020

Charlie Témoignage: se réveiller dans un sarcophage en janvier 2015 - Simon Fieschi

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Je (ta d loi du cine, squatter chez dasola) n'avais encore jamais trouvé l'occasion de rendre directement hommage, dans mes chroniques mensuelles, à l'un des membres de l'équipe de Charlie Hebdo qui s'est sorti vivant (mais grièvement blessé) de l'attentat du 7 janvier 2015. Dans Charlie Hebdo N°1474 du 21 octobre 2020, pp. 14-15, j'ai découvert le témoignage de Simon Fieschi sur l'après-attentat, premier article de lui que j'ai lu dans le journal (sauf erreur de ma part), illustré par cinq dessins en "regard subjectif" de Riss.

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Simon Fieschi, webmestre de Charlie et abattu à son bureau le 7 janvier, est sorti du coma le 14 janvier 2015 seulement. Très gravement blessé (une balle de fusil de guerre kalachnikov lui avait non seulement traversé le poumon mais aussi endommagé la colonne vertébrale), il était alors intégralement paralysé, sous respiration et alimentation artificielles. Son article raconte la douleur, ou plutôt les douleurs... au point de rêver au moyen de se suicider (alors que gisant incapable de quoi que ce soit seul), les délires, le désespoir de ces longues semaines vécues alité. 

Chaque mot de cette double-page est pesé et compté, même s'il s'agit d'un vécu personnel, intériorisé et intransmissible (cela transpire dans le texte lui-même), et je souhaite d'abord et surtout en signaler l'existence, pour que d'autres que moi puissent la lire. J'ai trouvé l'intégralité du texte publié en ligne et mis à disposition (en tout cas ces jours-ci) sur le site internet du journal

Je vais juste en citer un petit paragraphe: "Pendant plus d'une semaine, je n'ai eu qu'un pied dans le royaume des vivants. Quand j'apprends que nous avons été attaqués par al-Quaida, que tout le monde est mort, que les cloches de Notre-Dame ont sonné pour Charb, Cabu et les autres, que notre petit Charlie a rassemblé 4 millions de personnes et réalisé la plus grande vente de l'histoire de la presse française, ça devient difficile de distinguer entre la réalité et les hallucinations". 

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Jusqu'à présent, j'avais uniquement relevé que Philippe Lançon avait évoqué Simon Fieschi dans quelques pages du livre Le lambeau en parlant de leur séjour commun à l'hôpital des Invalides (p.420). Je n'avais en effet rien déniché venant directement de lui (comment savoir si c'est lui, ou bien un homonyme, qui a travaillé dans le cadre de ses études universitaires sur les gendarmes et le banditisme corse au début du XXe siècle?). J'aurais pu, c'est vrai, parler de lui dans un article dédié grâce à ce que la presse avait écrit le concernant... Je ne l'avais pas encore fait. 

Riss, lui, parle de Simon dans son livre que j'ai chroniqué en septembre, p. 117 à 120. Il raconte comment il l'a embauché, recommandé par une relation de Bernard Maris, pour "faire vivre le site du journal qui, avant son arrivée, était aussi dynamique qu'une pierre tombale". Dans les pages suivantes, il témoigne comment, déjouant les pronostics les plus pessimistes, "durant les semaines et les mois qui suivirent, au prix d'un travail acharné de rééducation, Simon retrouva très lentement l'usage de ses deux membres inférieurs sur lesquels il réapprit à se tenir debout, aidé d'une canne dont il ne se sépare jamais".

Profitons enfin du présent billet pour mentionner ici les chroniques de Yannick Haenel qui suit quotidiennement pour le site internet de Charlie Hebdo le procès des attentats de janvier 2015 (articles illustrés par Boucq). 

*** Je suis Charlie ***

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jeudi 5 novembre 2020

Derniers films vus avant le deuxième confinement et non commentés

Je commence par Peninsula de Sang-ho Yeon. Il s'agit d'une suite qui se passe quatre ans après Dernier train pour Busan du même réalisateur. Pascale et Maggie ont trouvé cette suite ratée par rapport au premier volet. Eh bien moi, j'ai aimé cette histoire dont la trame m'a beaucoup fait penser à New-York 1997 de John Carpenter. Après qu'un virus a transformé presque toute la population sud-coréeenne en zombie, la Corée du Sud qui est une péninsule est devenue un "no man's land". L'essentiel de l'histoire se passe à Incheon, une ville portuaire devenue une ville fantôme. Arrivent de Hong-Kong, par bateau cargo, quatre volontaires sud-coréens qui ont réussi à échapper au virus. Ils seront grassement payés s'ils arrivent à retrouver et prendre le contrôle d'un camion plein de dollars américains. Ils devront le ramener sur le bateau. Sur place, ils retrouvent très vite le camion mais bien évidemment, le voyage de retour vers le port ne se déroule pas comme prévu. Les zombies et des membres d'un gang vont se mettre en travers de leur route. Une mère et ses deux filles ainsi qu'un vieil homme vont intervenir pour aider un des protagonistes. Les courses-poursuites en voiture manquent de réalisme, la fin est un peu grandiloquente, mais j'ai vraiment passé un bon moment devant ce film. Ffred l'a aussi bien apprécié.

Je passe à un drame horrifique australien, Relic réalisé par Natalie Erika James qui a co-écrit le scénario. Une femme, Kay (Emily Mortimer) qui vit à Melbourne emmène sa fille Sam vers la maison de la grand-mère Edna qui a disparu depuis trois jours. Arrivées sur place, elles s'installent dans la maison très isolée pas loin des bois. Edna reparaît le troisième matin comme si de rien n'était. Elle a un comportement étrange, Elle passe de la gentillesse à l'agressivité envers Sam qui essaye de se rapprocher d'elle. Edna se gratte et on peut apercevoir une grosse tache noire qui s'est formée sur sa poitrine. Elle semble ne plus avoir toute sa tête. Et puis on se rend compte que la maison aussi est bizarre et décrépite, qu'elle renferme des pièces cachées. La nuit, Kay et Sam entendent des bruits. Comme l'a écrit Maggie, les dernières scènes sont terribles et horrifiques. Je ne m'attendais à une telle fin. Pour information, l'acteur Jake Gyllenhaal est coproducteur de Relic.

Je termine avec Kajillionnaire de Miranda July que Pascale a adoré et qui, moi, m'a mise très mal à l'aise. Old Dolio est une jeune femme aux cheveux longs de 26 ans habillée avec des vêtements de garçon dans lesquels elle nage. Elle parle avec une voix grave, elle ne supporte pas qu'on la touche et surtout elle est la complice de ses parents, Thérésa et Robert, qui vivent de larcins. Ils se servent d'elle sans aucun scrupule et ils n'ont aucun geste de tendresse envers elle. On se rend compte que ce sont des monstres. Un jour dans un avion, le trio fait la connaissance de Mélanie, une jeune Latino pleine de vie qui va chambouler la vie d'Old Dolio. Mais au final, je n'ai pas aimé et j'ai été contente quand le film s'est terminé. Lire le billet de Tororo.

A part ça, j'ai vu 42 films depuis le 22 juin dernier, jour de réouverture des cinémas. J'espère que j'aurais la possibilité d'en revoir avant le 31 décembre prochain [2020]... Je reprends des expressions de mon ami ta d loi du cine : "Ceinture pour le cinéma, tintin pour le théâtre", presque rien du tout pour les librairies. Je ne parle même pas des expositions. J'espère que ce cauchemar va prendre fin un jour.

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lundi 2 novembre 2020

Sean Connery (1930-2020)

Le 31 octobre 2020 est décédé Bond, James Bond. Enfin, le Bond le plus célèbre selon un sondage récent lu je ne sais où. Mais Sean Connery qui aimait l'Ecosse, sa femme et le golf a interprété beaucoup d'autres personnages comme dans Traitre sur Commande de Martin Ritt, La colline des hommes perdus, The Offense, Le crime de l'Orient-Express, trois films de Sidney Lumet, Pas de printemps pour Marnie d'Alfred Hitchcock, L'homme qui voulut être roi de John Huston, La rose et la flèche de Richard Lester, Zardoz de John Boorman, La maison Russie de Fred Schepisi, A la poursuite d'Octobre rouge, Soleil levant de Philip Kaufman. Et bien entendu Le nom de la Rose de Jean-Jacques Annaud et Indiana Jones et la dernière croisade de Steven Spielberg. C'était un acteur que j'appréciais beaucoup.

Il est vraiment temps que l'année 2020 se termine...

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