vendredi 30 avril 2021

Double étoile - Robert Heinlein

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Voici ma première contribution pour le Challenge de la planète Mars (en tant que ta d loi du cine, "squatter" chez dasola). J'espère arriver à la treizième dans maintenant moins d'un an (le challenge court jusqu'à fin mars 2022, rappelons-le!)... Mais ce billet devrait aussi pouvoir compter pour le 9e Challenge de l'imaginaire proposé par Ma Lecturothèque!

Kagemusha. Le prisonnier de Zenda. Aventure à Manhattan (la BD, pas le film!). Le sceptre d'Ottokar. Les cinéphiles bédévores (ou l'inverse!) auront peut-être compris l'intrigue de Double étoile par ces seules allusions. Ici aussi, un sosie est amené à remplacer un dirigeant dans une période cruciale. Mais là où Heinlein innove, c'est que le remplaçant est un acteur professionnel (même s'il n'a jamais obtenu le succès qu'il estime mériter), et dispose de tout un fichier pour lui faciliter son rôle... Quel rapport avec la planète Mars, me direz-vous? L'homme d'Etat disparu mettait la dernière main à une négociation pour faire admettre les Martiens à l'équivalent du Parlement planétaire des terriens. Or les Martiens sont une "race" belliqueuse et aussi susceptibles que ... [je ne citerai pas d'insulaires métropolitains, pour ne vexer personne]. Si la négociation capote, comme le souhaitent les factions conservatrices, d'un bord ou de l'autre, qui s'activent en sous-main, c'est le conflit dévastateur assuré! Nous suivons donc la progression de la performance du "remplaçant de fortune" pour tenir sa place, avec des hauts et des bas, et toutes les péripéties que cela comporte, jusqu'au rebondissement final.

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Ce court roman (220 pages, publié en anglais sous le titre Double Star en 1956 et traduit en français en 1958) s'inscrivait dans un futur qui a peu de chances d'arriver en l'état actuel de nos connaissances sur la planète Mars. D'autres auteurs ont eu une approche différente (et j'aurai l'occasion d'en reparler dans d'autres billets dans le cadre de ce challenge), en évoquant plutôt les relations souvent tendues entre des colons terriens sur Mars, et leur planète d'origine. 

Je vais conclure par la citation de quelques-unes des dernières phrases du livre:

"J'ai été au pouvoir et dans l'opposition trois fois de suite, maintenant. Et c'est peut-être ma dernière législature. La première fois, je suis tombé quand nous avons finalement ouvert la Grande Assemblée aux T.E. (1). Mais les non-humains sont toujours à la Chambre, et je suis revenu au pouvoir. On accepte une certaine dose de réforme, puis on a besoin d'un peu de repos.
Les réformes subsistent.
Mais, en réalité, personne ne désire vraiment que quoi que ce soit change, aucun changement du tout.
Et la xénophobie est un sentiment profondément enraciné.
Mais le Progrès ne s'en réalise pas moins."

(1) Territoires Extérieurs [note p.221]

Robert Heinlein (1907-1988 - mon édition du bouquin date d'avant sa mort, mais je l'avais acquis après!) a écrit de nombreux ouvrages de SF ou "d'anticipation", et on peut croiser la planète Mars dans d'autres de ses oeuvres. Peut-être y reviendrai-je au cours des 11 mois qu'il reste pour ce Challenge!

Lire aussi la chronique d'Erwelyn.

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jeudi 29 avril 2021

Black Rain - Ridley Scott / Collateral - Michael Mann

Voici deux films que je n'avais pas revus depuis leur sortie. 

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Je commence par Black Rain (1989) qui n'est pas le film le plus connu de Ridley Scott. L'action se passe un peu à New-York mais beaucoup à Osaka et dans sa région. Nick (Michael Douglas), flic divorcé, père de famille et motard à ses moments perdus assiste, avec son collègue Charlie (Andy Garcia), à l'assassinat en direct de deux Japonais dans un restaurant new-yorkais. Le moment de sidération passé, ils se lancent à la poursuite des meurtriers (Japonais eux aussi). Ils parviennent à appréhender l'un des tueurs, Koji Sato, un Yakuza. Nick et Charlie sont chargés de ramener Sato au Japon pour y être jugé. A l'arrivée à Osaka, grâce à un subterfuge, Sato arrive à s'enfuir. Nick et Charlie, aidés par un inspecteur japonais qui parle anglais, vont tout faire pour le retrouver et ils vont découvrir la pègre japonaise. C'est un bon film d'action qui se passe essentiellement à la nuit tombée quand la ville d'Osaka et ses gratte-ciel sont illuminés. Cela fait pas mal penser au décor de Blade Runner du même réalisateur. 

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Collateral de Michael Mann date de 2004. J'ai été très contente de le revoir car je ne me rappelais pas toute l'histoire. Vincent (Tom Cruise, impressionnant) est un tueur à gages sans état d'âme. Venu d'on ne sait d'où, il débarque d'un avion à l'aéroport de Los Angeles. Max (Jamie Foxx) travaille comme chauffeur de taxi de nuit et rêve de se mettre à son compte. Tout le film se passe durant la nuit entre 22h et 4h du matin. Le destin va faire se rencontrer Max et Vincent. Max accepte de prendre Vincent dans son taxi. Ce dernier lui demande de le conduire dans cinq endroits où il doit rencontrer des personnes afin de conclure un contrat. La première personne, un homme que devait rencontrer Vincent, tombe malencontreusement sur le toit du taxi. Il a reçu une balle dans la tête. A partir de là, Max se rend compte que Vincent est un homme dangereux, et il ne sait pas quoi faire pour s'en débarrasser. Désormais, à l'insu de son plein gré, il doit conduire Vincent vers les quatre autres victimes, dont une se produit dans un club de Jazz. La confrontation finale entre Max et Vincent se passe dans le métro. Los Angeles, la nuit, est superbement filmée. On sent que Michael Mann connaît et aime cette ville (aire urbaine) de 17 millions d'habitants. Un très bon film. Lire le billet de Vincent

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lundi 26 avril 2021

Trois recueils de nouvelles sur le Klondike - Jack London

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Dans le cadre du Challenge Jack London proposé de mars 2020 à ... "plus soif, je veux dire plus lire!" par ClaudiaLucia, je (ta d loi du cine, squatter chez dasola) poursuis mes relectures. J'ai un peu de retard puisque mon billet précédent est paru il y a plus de deux semaines... Je me suis replongé cette fois-ci dans les trois recueils de nouvelles parlant du Klondike que je possède (de longue date) dans ma pochothèque parisienne.

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Le fils du loup est le premier livre publié par Jack London, en avril 1900, alors qu'il avait 24 ans. Ce recueil reprenait 8 nouvelles publiées entre janvier et décembre 1899 dans le mensuel culturel Tho Overland Monthly à San Francisco, et une neuvième nouvelle publiée en janvier 1900 dans The Atlantic Monthly de Boston. Ces nouvelles ont lancé la carrière littéraire de Jack London. Elles lui ont été payées de 5 dollars à 7,50 dollars de l'époque. Louis Postif, Paul Gruyer ou "S. Joubert" ont traduit en français telle ou telle des nouvelles, selon la préface et la bibliographie de l'édition de Francis Lacassin en 10-18, qui a aussi repris l'introduction de Pierre Mac Orlan a la première édition française de 1920. Bref. London avait quitté Dawson en juin 1898, lesté de toutes les conversations qu'il avait eues dans les bars avec des pionniers de la ruée vers l'or pour laquelle il était arrivé trop tard, en même temps que des milliers de nouveaux venus dans le pays. Il exploitera ce matériau, ainsi que ses propres expériences de la vie dans le grand nord (piste, marche, conduite d'un traineau, bivouac, froid, faim, maladie...) pour en tirer une grande partie de son oeuvre écrite.

Dans ce recueil, par un procédé que London réutilisera, on retrouve dans la plupart des nouvelles Malemute Kid, acteur, deus ex machina, ou seulement cité. Il s'agit d'"un des premiers pionniers du Klondike (...). C'était un véritable colosse, aussi bon et doux qu'il était fort. Son aménité native, et la cordiale bienveillance qu'exhalait tout son être, étaient aussi propres à lui gagner la confiance d'un chien-loup qu'à lui attirer, sans qu'il les cherchât d'ailleurs, les confidences de l'homme le plus rude". Il peut être amené à agir "en équité" plutôt qu'à s'appuyer sur la légalité des autorités. Je noterais que le chien de traîneau "malamute de l'Alaska" ne supporte pas la solitude, et a besoin d'être en meute pour se sentir bien dans ses pattes (jolie formule trouvée sur le site wamiz). On voit aussi ici ou là agir Sitka Charley, le guide indien, ou le prospecteur Bettles, le jeune ingénieur des mines Stanley Prince, ou encore le Père Roubeau, à qui son état de prêtre interdit de mentir... 

Je m'étais offert en 1988 ce livre imprimé en 1975. Lu et relu, il tombe aujourd'hui en morceaux... L'ordre des nouvelles dans le recueil n'est pas celui de publication. J'ignore si c'est celui de The Son of the Wolf (en anglais). Tâchons de dire deux mots de chacune. 

P1120224Dans Le grand silence blanc (à ne pas confondre avec le livre de Louis-Frédéric Rouquette qui a repris ce titre en 1920), un couple et Malemute Kid affrontent les dangers de la piste en pays inconnu, alors que les vivres et les forces s'épuisent dans le désert glacé. Le fils du loup dépeint le mariage d'un "bushman", vivant depuis 25 ans dans l'ombre du cercle polaire arctique, avec la "squaw" qu'il vient chercher au sein de sa tribu. "Fils du loup" désigne ici le blanc, par opposition au "fils du corbeau" qu'est l'indien. Le blanc a tendance à prendre tout ce dont il a envie... Dans Ceux de Forthy-Mile (première ville créée au Yukon, aujourd'hui "ville fantôme"), Malemute Kid dissuade deux prospecteurs de se battre en duel pour un motif futile. En pays lointain (titre d'un des recueils que je lisais en bibliothèque verte) parle du naufrage de deux paresseux laissés pour compte dans une cabane isolée par l'expédition d'"argonautes" (un groupe de chercheurs d'or citadins) dont ils faisaient partie. A l'homme sur la piste étant ma nouvelle préférée, je la garde pour la bonne bouche. La prérogative du prêtre, c'est un peu Bérénice au Klondike, avec le père Roudeau contraint de conseiller une mauvaise solution. Sitka Charley est le justicier fataliste de La loi de la pisteBal masqué correspond à une des possibilités ouvertes par le Fils du loup, sous la responsabilité de Malemute Kid. Pour Une odyssée au Klondike, je ne trouve pas le titre si juste que cela au premier abord. Disons seulement que Malemute Kid est capable de prêter 1,7 kg de poudre d'or à un inconnu, un peu comme le journaliste de L'homme qui voulut être roi de Kipling accueille les deux aventuriers. Et puis, c'est vrai, ça parle d'une longue attente de l'être aimé, et de grands voyages... Pour en revenir à l'homme sur la piste, l'histoire se déroule comme un conte de Noël, et a été la première publiée, en janvier 1899. Elle dépeint magnifiquement les fatigues des voyages en traîneau dans la nuit polaire. J'ai toujours trouvé magnifique le rude toast: "A la santé de l'homme qui, cette nuit, avance sur la piste! Puissent ses chiens garder leur vigueur, sa nourriture lui suffire et ses allumettes toujours prendre! Que Dieu lui soit propice! Quel le bonheur l'accompagne!". Et que le diable emporte la police montée. 

Pas loin du quart du volume (pp.341-441) est constitué d'extraits des mémoires, titrés "Dawson tel qu'il fut", d'un certain Jeremiah Lynch, un aventurier (ancien sénateur, tout de même) qui n'a pas croisé London puisqu'il est arrivé à Dawson quelques semaines après le départ de ce dernier, mais qui a écrit Tree Years in the Klondike ("Trois années au Klondike") sur sa propre expérience là-bas entre 1898 et 1901.  

Pour en revenir à Jack London, L'amour de la vie est le deuxième "bouquin à couverture orange" (imprimé en 1974 et acheté par moi 17 ans plus tard) de ce billet. On connaît l'anecdote: Lénine grabataire demandant de la lecture, deux jours avant sa mort, sa femme lui a lu la nouvelle qui donne son nom au recueil.  

P1120223Nous avons ici huit nouvelles publiées entre 1904 et 1907, rassemblées dans le recueil titré Love of Life & Others Stories en septembre 1907 (l'avant-dernier recueil consacré par London au Grand Nord). L'amour de la vie retrace la longue piste sur laquelle se traînent deux hommes affamés, puis un seul, et le loup famélique qui le guette. Suit la nouvelle Le logement d'un jour: un professeur d'université donne une coûteuse leçon de savoir-vivre à un médecin et à sa patiente. La manière des blancs met en évidence l'incompatibilité de deux cultures: celle de l'indien, qui agit toujours de la même manière, année après année, tandis que le blanc traitera le meurtre de deux manières différentes... selon que le crime a été commis avant ou après l'organisation administrative de l'Alaska en district. L'histoire de Keesh a pu se dérouler à de nombreuses reprises au cours des millénaires: un jeune homme intelligent développe une nouvelle technique de chasse... L'Imprévu met plutôt en évidence la capacité, variable selon les êtres humains, à réagir et à s'adapter à une situation nouvelle lorsque les circonstances l'imposent. Jusqu'à aller devoir rendre la justice, toute la justice et rien que la justice. Dans Loup brun, en Californie, un chien du Klondike découvre le libre arbitre, alors que trois humains ont promis de ne pas tricher. La piste des soleils dépeint (c'est le mot) le récit par Sitka Charley d'une poursuite à mort d'un inconnu par un couple, on ne saura jamais pourquoi. C'est hallucinant à lire, on réalise seulement à la fin le but de la course folle qui nous est décrite. On ne peut qu'imaginer que le pourchassé a commis un acte inexpiable. Cette nouvelle est très habile, et attise la curiosité, je trouve, avec l'indien qui ne sait ni lire ni écrire, mais cherche à illustrer la différence entre l'image figée d'une gravure et les histoires de "vraie vie" qui doivent avoir un début, un milieu et une fin connus. Enfin, Negore le lâche montre le courage nécessaire pour accomplir une ruse de guerre et finir, peut-être, quasiment en épectase (oui je sais, j'ai parfois l'esprit mal tourné). 

Dans ce volume, le "document" est constitué d'un article racontant une histoire vraie qui a inspiré London pour au moins l'une de ses nouvelles: un homme affamé perdu dans le Grand Nord - et qui réussit à survivre. ll s'agit de Perdu dans le pays du soleil de minuit, par Augustus Bride et J. K. Mac Donald, publié en décembre 1901.

Je finis mon billet avec le recueil titré L'Appel de la forêt. Il faut lire la très belle présentation par Francis Lacassin de ce volume (une trentaine de pages) imprimé en 1974 et que j'ai acquis en 1992. J'ignore si nos éditions du XXIe siècle la reprennent. L'ouvrage contient quatorze nouvelles publiées entre 1901 et 1926 (Jack London étant mort en 1916), suivies par les 90 pages de L'appel de la forêt proprement dit, le tout dernier texte étant une réponse assez polémique au naturaliste John Burroughs, qui semble avoir critiqué les écrits de London mettant en scène des animaux.  

P1120222Trop d'or, ou tel est pris qui croyait prendre (c'est l'histoire d'une déveine qui se partage entre deux vieux durs à cuire et un nouvel arrivant, de la vente d'une mine d'or, et du respect de la parole donnée). La nouvelle titrée La Toison d'or est tirée, à peine embellie, de l'expérience personnelle de London en route pour arriver à Dawson, si j'ai bien compris (Liverpool-London: j'ai mis un certain temps à saisir la blague...). On y retrouve, ainsi que dans la nouvelle Les mille douzaines d'oeufs (qui auraient pu valoir 5000 $ si...), certains éléments que London a réutilisés plus tard dans Belliou la fumée, traités sur le mode comique ici, ou plus tragique là. La foi des hommes délivre un message ambigu sur le respect de la parole engagée en même temps que sur la capacité à croire en celle d'autrui. A mes yeux, elle est contrebalancée par celle titrée L'histoire de Jees-Uck (tiens, je n'avais pas songé jusqu'à maintenant à la manière dont ce "nom" pouvait sonner en terme de religiosité...). Bâtard, qui intervient avant dans le recueil, se range cependant dans la catégorie des histoires de chiens, le héros canin étant ici à la fois victime et bourreau. Le mariage de Lit-Lit traite, en gros et en détail, de l'émancipation féminine (vis-à-vis de la puissance paternelle) chez les indiens. On trouve aussi dans le recueil quelques histoires de chasse pas piquées des vers (quand il ne s'agit pas de chasse au dahu). Dans Un survivant de la préhistoire, c'est un malheureux mammouth qui sera la victime. Son cruel chasseur est aussi le héros d'Un breuvage hyperboréen, ou comment se rendre maître d'une tribu soiffarde grâce à un alambic bricolé, ainsi qu'à quelques pincées de bicarbonate de soude pour éliminer la concurrence. Gueule chauve est mis dans la bouche d'un Tartarin local, qui raconte comment il est arrivé à faire se battre à mort deux grizzlis (il sufit de courrir entre les deux!). Dans Le val tout en or, le filon dont rêvait tout mineur est déniché à force de peine. Mais la nouvelle peut aussi faire penser aux mots de Clint Eastwood dans Le bon, la brute et le truand, quelque chose comme: "dans la vie, il y a ceux qui ont un flingue et ceux qui creusent". La fin de l'histoire est de la même veine que L'histoire de Jess-Uck ou que la nouvelle Le logement d'un jour cité plus haut pour un autre recueil: adultère et pardon... L'enfant de la nuit, aventure de rêve, date de 1910. A la lecture de la description du héros masculin, vieilli prématurément par l'alcool 12 ans après son retour du Grand Nord, on ne peut qu'espérer que ce n'est pas trop autobiographique! Miracle dans le Grand Nord enfin, c'est l'histoire de quatre hommes à court de vivre, dont l'un (John Thornton) est accusé du vol de lard commis par un autre (Bertram Cornell, "un mauvais homme et un raté") - qui finira par faire le sacrifice de sa vie pour se racheter (la nouvelle semble dater d'entre 1900 à 1905, mais n'avoir été publiée qu'en 1926, à titre posthume?). Et puis, l'on arrive au plat de résistance: L'appel de la forêt. Il faudrait un billet entier pour parler de cette oeuvre très connue (court roman publié en 1903 en anglais et traduit en français dès 1906), divisée en six chapitres. Le chien Buck passe de main en main, depuis la Californie où il est né (dans un domaine qui rappelle celui où Croc-blanc - postérieur - finit ses aventures), et vit de longues aventures comme chien de traineau, jusqu'au retour à la vie sauvage après la mort violente de son dernier maître, John Thornton (le même, peut-être, qui avait été sauvé de justesse dans le Miracle... précédent). Notons qu'au fil des traductions successives, The Call of the Wild a aussi été titré L'appel du grand nord, L'appel sauvage, et enfin L'appel du monde sauvage (pour l'édition "Pléidade" en 2016).

Poour conclure ce billet, je voudrais au moins mentionner une nouvelle que je n'ai pas sous la main (le bouquin se trouve dans une "résidence secondaire" à bien plus de 10 kilomètres de Paris et que je ne peux donc pas fréquenter pour le moment), mais qui m'a toujours bien plu lorsque je l'ai lue et relue en "Bibliothèque verte" dans le recueil Les enfants du froid. Jack London y évoque de manière littéraire, dans la fiction, un combat désespéré. Pour The League of the Old Men, la traduction de Louis Postif donnait "La ligue des vieux" (dans les années 1930). Je ne connais pas les deux traductions suivantes, celle de Simone Chambon, "La ligue des vieillards" (1989), ni celle de Marc Chenetier, "La conjuration des anciens" (1989). Qu'en pensez-vous? Pour ma part, ayant essayé de "caractériser" toutes ces histoires de chiens ou d'êtres humains, blancs ou indiens, sans les raconter ni même les résumer, j'espère vous avoir donné envie de les lire vous-même...

Je remarquerais encore qu'aujourd'hui, les prospecteurs (autres que les grandes sociétés) s'acharnent et meurent, pour de l'or ou d'autres minéraux, en Amazonie, en Afrique... Mais on attend encore l'écrivain qui nous fera rêver en contant leurs aventures humaines. Nous sommes surtout sensibles aux rivières empoisonnées au cyanure et à l'environnement "naturel" détruit à jamais.

**********

Un zeste de bande dessinée encore. Pour qui aime bien les "histoires de canard" (Duck), je voudrais juste signaler que Picsou (Uncle Scrooge) a commencé sa fortune au Klondike, selon les histoires racontées par le dessinateur Don Rosa après Carl Barks. Dans son Intégrale publiée chez Glénat à partir de 2012, on peut dénicher quelques pépites. On y croise même Jack London en mémorialiste... affublé d'une truffe de chien! 

P1120325  P1120327  P1120328 (Don Rosa conclut chaque "aventure" d'un texte explicatif sur ses sources d'inspiration - ici p.146 du tome II)

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vendredi 23 avril 2021

Compartiment tueurs - Constantin Costa-Gavras

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Je n'avais jamais vu Compartiment tueurs, le premier long-métrage de Costa-Gavras qui est sorti en 1965, un film policier sur le ton de la comédie malgré les nombreux cadavres. Le film se caractérise par sa distribution: Yves Montand, Simone Signoret, Jacques Perrin, Catherine Allegret, Jean-Louis Trintignant, Pierre Mondy et quelques seconds rôles que l'on remarque comme le regretté Charles Denner, ou encore Bernadette Lafont, Michel Piccoli, Claude Mann, Christian Marin, Monique Chaumette, Pascale Roberts, André Valmy et Jacques Dynam (ouf!). C'est adapté d'un roman de Sébastien Japrisot que je n'ai pas encore lu. Pour ceux qui ne connaissent pas l'histoire, je résume: sur la ligne Marseille-Paris, dans un wagon-couchette à six places, une passagère est retrouvée morte à l'arrivée en Gare de Lyon. Pendant le voyage, on fait la connaissance des passagers, une actrice sur le retour (Simone Signoret), un père de famille, un représentant de commerce (Michel Piccoli), Georgette (Pascale Roberts), une jeune femme aux jolies jambes un peu aguicheuse, Benjamine Bombat dite "Bambi" (Catherine Allégret) et un passager clandestin, Daniel (Jacques Perrin) qui n'est pas insensible au charme de Bambi et réciproquement. Et donc, une fois le train arrivé, Georgette est retrouvée étranglée. L'inspecteur Graziani (Montand) est chargé de l'enquête. Pour l'occasion, l'acteur a repris un accent du sud assez prononcé. Le rythme du film est haletant ; Simone Signoret qui interprète une actrice parle des fonctionnaires de manière irrésistible. Il faut noter la prestation haute en couleur "et tout le toutim" de Pierre Mondy en supérieur hiérarchique de Graziani et celle de Charles Denner en amant de la victime: très drôles tous les deux. J'ai écouté une émission récente Le Masque et la Plume dans laquelle l'un des critiques a dit que Japrisot pouvait s'être inspiré d'ABC contre Poirot d'Agatha Christie. Cela peut vous donner un indice sur le mobile du ou des tueurs.

Un film divertissant que j'ai eu grand plaisir à découvrir. Je le conseille vivement.

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mardi 20 avril 2021

Trois films "Collection Film noir" en attendant que les cinémas rouvrent

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Je dois dire que je n'ai jamais vu autant de films en DVD que ces derniers mois. Comme je ne suis abonnée à aucune plate-forme comme Netflix ou OCS, je profite du support DVD qui est bien pratique, même si le cinéma grand écran, c'est mieux.

Voici trois films ressortis récemment et qui sont brillamment présentés par un trio de choc: le regretté Bertrand Tavernier, Patrice Brion (Le cinéma de minuit) et François Guérif qui livrent leurs  sentiments sur des films peu vus ou peu connus (en tout cas, en ce qui me concerne). 

Je commence par Du plomb pour l'inspecteur (Push-over en VO) de Richard Quine qui date de 1954 (et sorti en février 1955) où apparaît pour la première fois Kim Novak qui avait 21 ans à l'époque. On a fait des comparaisons avec le film de Billy Wilder, Assurance sur la mort, réalisé dix ans plus tôt. Ce n'est pas tout à fait du même niveau, à part le fait que le rôle principal est tenu par le même acteur Fred McMurray, mais la comparaison s'arrête là. Dans Du plomb pour l'inspecteur, il interprète Paul Sheridan, un policier qui tombe amoureux de Lona McLane, une jeune femme, maîtresse d'un gangster qui vient de commettre un hold-up. Evidemment, le policier ne sait pas trop quoi faire entre son devoir et et ses sentiments. Kim Novak est bien et il faut noter la présence de Dorothy Malone, dans un rôle pas si secondaire que cela. Pour l'anecdote, le réalisateur est tombé amoureux de Kim Novak et il l'a fait tourner dans trois fims par la suite dont L'adorable voisine en 1958. 

Je passe à Des pas dans le brouillard (Footsteps in the Fog en VO) d'Arthur Lubin (réalisateur américain qui m'est inconnu mais qui a fait débuter Clint Eastwood au début des années 50). Le film est sorti en France en 1955. Il réunit Stewart Granger et Jean Simmons qui étaient mari et femme à l'époque. Il faut noter que le chef opérateur de ce film, Christopher Challis, a travaillé sur les films les plus connus de Michael Powell et Emeric Pressburger à la fin des années 40. Tout cela pour dire que ce film de genre "gothique" se laisse voir agréablement, avec une très belle photo. Au tout début des années 1900, Stephen Lowry vient d'assister à l'enterrement de son épouse morte subitement. Revenu dans sa grande demeure, Stephen Lowry, en regardant un tableau représentant sa femme défunte, se met à sourire. C'est lui qui l'a empoisonnée. Il va pouvoir profiter des biens que sa femme lui a laissés. Mais il néglige le fait que Lily Watkins, la servante de la maison, avec ses jolis yeux et son air mutin, sait ce qui s'est passé. Et elle va le faire le faire chanter en lui demandant de devenir la gouvernante de la maison. Je vous laisse découvrir la suite. 

Je termine avec Le Dahlia bleu (The Blue Dahlia) de George Marshall, d'après un scénario de Raymond Chandler (qui été nommé aux Oscars). Le film sorti en 1948 en France réunit Veronica Lake et Allan Ladd. Johnny Morrison (Alan Ladd) vient d'être démobilisé. Il revient à Los Angeles avec deux camarades de la marine dont l'un a quelques troubles neurologiques. Il porte une plaque de métal à un endroit de son crâne. Johnny s'empresse d'aller retrouver sa femme qui semble s'être consolée de la mort de leur jeune fils dans les bras d'un autre, Eddie Harwood (Howard da Silva), patron d'un club, "Le dahlia bleu". Johnny très en colère part très vite, et le lendemain, la femme de Johnny est retrouvée morte chez elle. Evidemment, tout accuse Johnny qui va trouver un soutien inattendu en la personne de Joyce Harwood (Veronica Lake), séparée de son mari. Bertrand Tavernier rappelle qu'Howard da Silva était un très bon acteur qui a été victime du McCarthysme. On n'a pas manqué de nous rappeler qu'Allan Ladd étant petit par la taille, ses partenaires féminines étaient filmées souvent assises face à lui, ou alors, il était filmé sans que l'on voit le bas de ses jambes car il était monté sur quelque chose pour le surélever. Raymond Chandler a été obligé de reécrire la fin car la marine des Etats-Unis ne pouvait pas accepter que l'un des leurs soit un meurtrier. 

Je vous suggère de voir les suppléments avant de visionner chaque film de cette "Collection film noir". Ils situent bien chaque oeuvre.

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samedi 17 avril 2021

Les enfants sont rois - Delphine de Vigan

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Avec Les enfants sont rois de Delphine de Vigan (Editions Gallimard, 347 pages), vous allez faire la connaissance de Mélanie Claux (il s'agit d'une fiction). En juillet 2001, avec ses parents et sa soeur et onze (!) millions de téléspectateurs, l'héroïne avait suivi la finale de "Loft story". Quelques années plus tard, elle s'était présentée pour participer à ce genre d'émission. Sa candidature avait été retenue mais elle avait été éliminée dès le premier jour. On retrouve Mélanie en 2019, mariée avec Bruno Diore qu'elle a rencontré grâce à un site de rencontre sur Internet. Désormais mère de deux enfants, Sammy (8 ans) et Kimmy (6 ans), Mélanie va créer une chaîne vidéo sur YouTube, "Happy récré", où ses enfants sont filmés par elle plusieurs heures par jour. Les vidéos de ses enfants devenus "influenceurs" sont suivies par plusieurs milliers de gens qui mettent des "like". Car vu le succès de cette chaîne, des marques ont contacté Mélanie, et désormais cette mère et ses enfants promeuvent et placent des produits divers et variés comme des vêtements, des chaussures ou de la "junk food". Tout semble aller bien pour cette famille qui est devenue très riche, jusqu'au jour où Kimmy disparaît. Elle a été enlevée. A partir de là, Mélanie a l'occasion de rencontrer Clara Roussel, jeune femme petite par la taille mais avec une capacité de travail phénoménale, qui travaille à la brigade criminelle comme procédurière. Cette dernière avait elle-même regardé à l'époque le "Loft" en même temps que Mélanie. Elle se met à visionner des dizaines d'heures de vidéos avec les enfants pour essayer de comprendre le phénomène et elle s'aperçoit, par exemple, que Kimmy rechignait et n'était pas plus enthousiaste que cela d'être filmée de cette manière. C'est le premier roman que je lisais de Delphine de Vigan car j'ai été attirée par le sujet. Je l'ai trouvé très intéressant sur cette époque où l'on vit parfois pour être vu. Je trouve cela terrifiant. Lire les billets d'Eva et Les yeux dans les livres, Gambadou, Anne.

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mercredi 14 avril 2021

Le professeur - Valerio Zurlini

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Je viens de découvrir un très beau film, Le professeur de Valerio Zurlini qui date de 1972. Si vous doutiez qu'Alain Delon est un grand acteur, je pense que ce film va vous faire changer d'avis: il y est sublime sans écraser ses partenaires. L'histoire se passe à Rimini (ville natale de Federico Fellini), une ville au bord de l'Adriatique, en hiver: c'est triste, gris et froid. Surgi d'on ne sait d'où, on voit Daniele Dominici (Alain Delon) qui marche sur une digue au bord de l'eau. Alain Delon porte un manteau à poil de chameau et un pull à col roulé vert qu'il ne va pas quitter (ou presque) pendant tout le film. Durant quelques mois, pour remplacer un professeur souffrant, il va donner des cours de littérature dans un établissement scolaire où les élèves sont presque des adultes. Parmi ceux-ci, il remarque Vanina, une jeune fille brune avec de très beaux yeux. Marié avec une femme (Léa Massari) qu'il n'arrive pas à quitter, il éprouve pour Vanina un amour sombre et douloureux. Amoureux de la littérature et des beaux-arts, il va lui offrir un exemplaire de la nouvelle de Stendhal, Vanina Vanini. Il va aussi l'emmener voir, à Monterchi, La Madonna del Parto de Piero della Frencesca. Cela ne l'empêche pas de fréquenter les oisifs (vitelloni) aisés de Rimini avec qui, entre autre chose, il joue (et perd) au poker. C'est à ce moment-là qu'il découvre que Vanina fréquente l'un d'entre eux. Chaque plan du film est travaillé. J'ai aimé la photo, la lumière, les décors avec quelques demeures décrépites. Un très très grand film de 2H10 (je n'ai pas vu le temps passer), que je vous recommande. A noter que le titre original italien du est La prima notte di quiete (litt. « La première nuit de quiétude ») d'après un vers de Goethe. Il s'agit de la mort. 

Lire le très beau billet de Strum.

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dimanche 11 avril 2021

Rocco et ses frères - Luchino Visconti

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Je viens de revoir ce film que mon ami ta d loi du cine n'avait jamais vu. Rocco et ses frères, le sixième long-métrage du réalisateur Luchino Visconti (1906-1976), se passe à Milan à la fin des années 50. Rosaria Parondi, veuve depuis peu, vient de quitter le sud de l'Italie pour s'installer à Milan. Elle est accompagnée par quatre de ses cinq fils, Simone, Rocco, Ciro et Luca. Ils ont prévu de s'installer chez Vincenzo, le fils aîné qui s'apprête à se marier. Malheureusement, ils ne sont pas les bienvenus chez la future belle-famille. Ils doivent s'installer dans un logement social pas chauffé. Le film est divisé en 5 segments qui portent le prénom des frères Parondi. Les deux parties les plus importantes sont celles qui concernent Simone (Renato Salvatori) et Rocco (Alain Delon). Simone, c'est le fils indigne qui a le malheur de rencontrer Nadia (Annie Girardot) en rupture avec sa famille. Rocco, lui, est bon et trop gentil, il pardonne tout à son frère, même l'impardonnable. Simone se met à la boxe, mais par manque de travail et d'assuiduité, il devient un boxeur raté et un vrai délinquant au comportement violent. Il joue, il perd et il constate que son frère Rocco débute une carrière prometteuse de boxeur et qu'en même temps, il fréquente Nadia, séparée de Simone depuis quelque temps. Ce film dans la veine du cinéma néo-réaliste italien est filmé dans un très beau noir et blanc avec des contrastes qui accentuent la dureté de l'histoire. Annie Girardot est remarquable dans le rôle de Nadia. Alain Delon m'a paru tout frêle. On le sent un peu écrasé par le poids de son rôle qui l'apparente à un saint. Il faut noter la belle musique de Nino Rota. Dans les suppléments du DVD, il y a une interview émouvante d'Annie Girardot en 2001 et des anecdotes sur le tournage dont les deux scènes censurées à l'époque, le viol de Nadia, et le meurtre de Nadia. Un film de 2H49 à voir et revoir.

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jeudi 8 avril 2021

Maudit printemps / Un homme seul - Antonio Manzini

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Neuf mois après son arrivée au Val d'Aoste, on retrouve dans Maudit printemps (Folio policier, 346 pages) le sous-préfet Rocco Schiavone qui va être confronté à une enquête difficile. En effet, Chiara Berguet, une jeune fille de 19 ans issue d'une famille d'industriels locaux, a été enlevée. Son enlèvement n'est pas signalé tout de suite à la police car les parents ont peur des conséquences. En parallèle, deux hommes perdent la vie dans un accident de voiture dans la région d'Aoste. L'un d'eux était un employé de chez Berguet. On apprendra que ce sont eux, les ravisseurs de Chiara. La société de Berguet a connu momentanément des problèmes pour payer ses factures aux fournisseurs ou pour payer les salaires. Même si tout semble être rentré dans l'ordre grâce à une banque de la région qui a fait un prêt, il n'empêche que l'entreprise de Berguet est convoitée, et Chiara est en danger de mort puisque personne ne sait où elle est séquestrée, ses ravisseurs ne pouvant plus rien dire. Heureusement que Rocco Schiavone, aidé par ses collègues, n'aura de cesse de retrouver Chiara. Quand arrive la conclusion de l'histoire, un drame survient. Schiavone était en ligne de mire d'un tueur. C'est malheureusement une femme de sa connaissance venant de Rome qui sera tuée par erreur de plusieurs balles d'un pistolet 6,35. C'est pourquoi l'on retrouve Schiavone, quatre jours après, dans Un homme seul (Folio policier, 417 pages). Il mène plusieurs enquêtes en même temps: qui a voulu le tuer? Qui a tué en prison, et sur l'ordre de qui, Mimmo Contrera (membre de la N'drangheta - la mafia calabraise) et organisateur de l'enlèvement de Chiara Berguet? Schiavone est toujours bien épaulé par ses collègues et désormais, il a une chienne, Lupa, qu'il a recueillie et qui lui tient compagnie. Elle n'a pas de race définie. Il déclare qu'elle appartient à la race des "saint-rhemy-en-Ardennes" (appellation totalement inventée). Quand le roman se termine, le tueur au 6,35 n'a toujours pas été arrêté. L'enquête devrait se continuer dans 07-07-2007 chez Denoël (et pas encore paru en poche), et quatre autres romans avec Schiavone sont encore inédits en français. Pour résumer, j'aime beaucoup le personnage d'Antonio Manzini, ce Schiavone aux méthodes peu orthodoxes mais efficaces, et qui aime se fumer un joint le matin dans son bureau pour se mettre en train pour le travail. 

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mercredi 7 avril 2021

Coco: nature, culture et poil à gratter - Virginia Ennor

Je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) surfe sur l'actualité pour rendre aujourd'hui hommage à une dessinatrice de Charlie Hebdo, Corinne Rey dite Coco. Depuis le 1er avril 2021, elle a pris la suite de Willem (autre dessinateur de l'équipe de Charlie, qui a eu... 80 ans le 2 avril!) dans Libération. J'avais déjà eu l'occasion de citer quelques-uns des dessins de Coco à l'occasion d'un article sur le recueil collectif Tout est pardonné (2015).

Coco: nature, culture et poil à gratter, l'opuscule que j'ai choisi aujourd'hui comme "point d'encrage" de ma chronique, remonte à 2016 (Critère édition, coll. Les Iconovores, 95 p.).

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Les Iconovores, collection sur les dessinateurs de presse, "réaffirme que dans un monde bousculé, la liberté d'expression est une nécessité" (extrait de la présentation en 2e de couv'). L'ouvrage, le premier de la collection, contient 88 dessins de Coco. J'ai noté avec intérêt que l'ouvrage mentionne en p.96 les références des publications pour chacun des dessins (y compris, parfois, "proposé non publié"...). J'en citerai ci-dessous moins de 10%, ceux que j'ai le plus appréciés (au regard des années 2020-2021...). Selon le texte (signé Virginia Ennor) figurant en p.5, "dessinatrice de presse, [Coco] aime penser qu'un jour les cons cesseront de pourrir la planète, de maltraiter les animaux, de tuer et de torturer des innocents, de détruire vie et nature pour de l'argent (...)".

P1120275 p.86 (qui? [en 2015, pas en 2020])

P1120277 p.37 (et, en 2016, on ne parlait même pas encore du télétravail-covid-19!). P1120276 p.35 (c'est moi qui inverse l'ordre des deux dessins)

P1120278 p.40 (je me rappelle aussi que Coco a fait, il y a quelque temps, toute une série de dessins hebdomadaires dans Charlie autour de l'Origine du monde...).

P1120279 p.51 (le 22 septembre 2014, Patrick Bruel chantait au Royal Albert Hall de Londres la chanson de David Bowie Life on mars)

P1120280 p.61 (oui! "De n'importe quel pays, de n'importe quelle couleur / (...) un cri qui vient de l'intérieur!"[comme chantait à peu près Bernard Lavilliers])

P1120282 p.80 P1120281 p.71 (tout est dans le titre du dessin?)

Je finis par la préface du livre. Elisabeth Quin y évoque à bras-le-corps la journée du 7 janvier 2015 et l'irruption des deux assassins à Kalachnikov dans la rédaction de Charlie, et surtout l'anecdote navrante d'un malotru (un lourdaud) qui interpelle Coco un an plus tard en sa présence. Je suppose qu'on a dû être des milliers et des milliers à se demander ce qu'on aurait fait, soi-même, sous la menace des armes des tueurs à la porte de Charlie. Réponse impossible. Et Coco, dans cette situation, a eu la présence d'esprit de commencer par tâcher de les balader vers une fausse destination (respect!). On peut lire un entretien publié par Marianne en deux parties, les 10 mars et 11 mars 2021, où elle explique comment elle s'est reconstruite, six ans après le massacre. 

Je voulais encore rappeler que la dessinatrice, entrée à Charlie en 2008, avait été primée aux 29e et 34e Salon de la caricature et du dessin de presse de Saint-Just-le-Martel en octobre 2010 puis 2015 ("Grand prix de l'humour vache"). 

Je n'ai pas trouvé beaucoup de mentions de ce livre sur internet aujourd'hui. A l'époque, le blog de Sophie Dauphin l'avait chroniqué. On peut encore apprécier la version de Coco d'une "Colombe de la paix" qui lui avait été demandée en 2017 par le Mouvement [du même nom].

P1120273 ci-contre, ce qu'elle disait en novembre 2019 au sujet du premier dessin satirique qui l'avait marquée.

Et si vous voulez découvrir régulièrement de nouveaux dessins de Coco, achetez Libé et Charlie.

Coco_Libe_01-04-2021_p23 Libération du 1er avril 2021, p.23

Surtout, Coco, continuez à nous produire des dessins mordants! 

PS : j'ai découvert dans le métro, alors que j'allais "boucler" mon billet, la campagne d'affichage pour le récent livre de Coco Dessiner encore (éd. des Arènes) dont elle parle dans l'entretien cité ci-dessus. Voici quelques photos cintrées des deux affiches. J'aurai certainement l'occasion de chroniquer ce livre un mois ou l'autre...

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*** Je suis Charlie ***

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