dimanche 23 mai 2021

Une vie secrète - Aitor Arregi, Jon Garaño et Jose Mari Goenaga

Une vie secrète (La Trinchera infinita en VO), un film espagnol réalisé conjointement par trois réalisateurs, évoque 33 ans de la vie d'Higino Blanco et de sa femme Rosa entre 1936 et le début du Franquisme jusqu'en 1969.  Ce film m'a plu malgré sa longueur: 2H27. Higinio (Antonio de la Torre) et Rosa (Belén Cuesta) viennent de se marier quand la guerre d'Espagne éclate. Ils n'ont même pas eu le temps de partir en voyage de noces. Le film est découpé en chapitres plus ou moins long avec des verbes ou des noms communs en référence à ce qui arrive à Higinio. En 1936, cet homme est un Républicain recherché par les phalangistes qui réussissent à l'attraper, avant qu'il ne s'évade d'un camion. Après s'être enfui dans la campagne, il est contraint de revenir chez lui où il va se cacher dans une cache sous le sol de sa cuisine. Sa femme va être interrogée et maltraitée par les phalangistes, en particulier par un voisin Gonzalo qui épie et dénonce tout le monde. Il accuse Higino d'avoir tué son frère. Il est certain qu'avant d'être poursuivi, on ne sait pas ce qu'a fait Higino et ses camarades. Le temps passe, on est en 1944-45, Higino attend la victoire des alliés mais rien ne change en Espagne, Franco est toujours là. Higinio et sa femme emménagent chez le père d'Higinio dans le même village d'Andalousie. Là se trouve une cache plus grande dont l'entrée sont les portes d'un buffet. J'ai aimé le personnage de Rosa qui, même si elle ne se cache pas (elle n'est pas recherchée), va vivre la même vie recluse que son mari. Elle va néanmoins tomber enceinte et donner naissance à un petit garçon appelé Jaime qu'elle fait passer pour son neveu. Il y a plein de péripéties dans et autour de l'espace clos où Higinio est cloîtré. En 1969, Franco accorde l'amnistie à tous les crimes commis avant 1939. Le personnage d'Higinio est inspiré du destin d'une centaine de personnes qui ont vécu 30 ans terrés chez eux. On les a appelés les "topos", les taupes. C'est un film où il ne faut pas être trop claustrophobe. La caméra est très près des personnages dans des pièces exiguës. On a parfois l'impression parfois d'étouffer. Un film qui risque de passer inaperçu (peu de critiques dans la presse) et c'est bien dommage. Lire le billet de Wilyrah

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
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