mercredi 30 juin 2021

Sans un bruit 2 - John Krasinski

Sans un bruit 2 de John Krasinski, la suite de Sans un bruit (2018), devait sortir le 18 mars 2020, mais le confinement est passé par là. Le film vient de sortir le 16 juin 2021, soit 15 mois après la date prévue initialement. J'avais aimé le premier et j'avais hâte de voir la suite. En prologue, on assiste à l'arrivée des extraterrestres venus du ciel. On entend comme des bruits d'avions et tout à coup, ils sont là et c'est la panique. Pour ceux qui n'ont pas vu les deux films, les extraterrestres sont des êtres hideux ultra-sensibles au bruit. Dès qu'ils entendent ne serait-ce qu'un murmure, ils se dirigent vers la source du bruit et c'est le carnage. Dans ce deuxième volet, on retrouve Evelyn Abbott et ses trois enfants. Regan, une adolescente sourde, Marcus, et le dernier-né, un nourrisson qu'Evelyn porte. C'est en cheminant sans véritable but que Marcus se blesse cruellement le pied avec un piège à loup. Cherchant un refuge, ils croisent le chemin d'un homme hirsute, Emmett. Juste avant l'arrivée des extraterrestres, Emmet, sa femme et son fils fréquentaient les Abbott. Maintenant tout a changé. Il vit seul dans un genre de grand caisson au sous-sol d'une usine désaffectée. Il ne veut pas que les Abbott s'éternisent. Cependant, il va accepter d'aider Megan qui a une idée pour se débarrasser des extraterrestres. Je vous laisse découvrir ce qui va arriver. Il est préférable d'avoir vu le premier Sans un bruit. On comprend mieux certaines choses, comme par exemple pourquoi Evelyn a un bandage au pied. Ce film m'a fait autant peur que le premier même si on n'a plus la même surprise concernant les extraterrestres. Un très bon film de genre.

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dimanche 27 juin 2021

Médecin de nuit - Elie Wajeman

Médecin de nuit, qui dure 1H22, permet à Vincent Macaigne de trouver un rôle qui lui convient bien. Il interprète avec talent Mickaël, un médecin pris dans un engrenage infernal par la faute de Dimitri (Pio Marmaï), son cousin pharmacien, criblé de dettes. A la demande de ce dernier, il prescrit du subutex à des toxicomanes. Mais on apprend que le subutex fait l'objet d'un marché noir dans d'autres pays où il se revend très cher. Quand le film commence, Mickaël est convoqué par une inspectrice de la sécurité sociale qui s'interroge sur les nombreuses prescriptions de ce médicament. Il risque d'être radié de l'ordre des médecins. En tant que médecin de nuit, Mickaël est un brave type dévoué à ses patients avec qui il prend le temps de parler. Dans sa vie personnelle, Mickaël a des problèmes de couple avec sa femme Sacha, qui lui reproche de ne pas être assez présent pour elle et leurs deux filles. Mickaël retrouve de temps en temps sa maîtresse Sonia (Sara Giraudeau), qui travaille dans la pharmacie de Dimitri. Ce dernier, de plus en plus endetté, demande à Mickaël de prescrire du fentanyl (un médicament qui fait des ravages aux Etats-Unis). Mickaël refuse. Je ne vous dévoilerai pas la fin qui est logique. On ressent de l'empathie pour Mickaël grâce à l'interprétation de Vincent Macaigne. Rien que pour lui, le film, qui comporte des scènes violentes, vaut la peine d'être vu. 

PS : Je suis d'accord avec Pascale pour dire que le rôle de Sara Giraudeau n'apporte rien au film et aurait pu être coupé. 

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jeudi 24 juin 2021

Les deux Alfred - Bruno Podalydès

En général, je ne suis pas trop fan des films de Bruno Podalydès mais j'avoue avoir beaucoup apprécié Les 2 Alfred (ce sont deux petits singes en peluche qui forment un "doudou").  Et j'ai souvent ri. Alexandre Duveteux (Denis Podalydès) est marié à une sous-marinière partie pour quelques mois. Leur couple semble battre de l'aile car Alexandre a trompé sa femme. Il s'occupe seul de ses deux enfants, un petit garçon de cinq ou six ans et une petite fille encore bébé appelée Ernestine. Alexandre qui est au chômage a un découvert bancaire. Heureusement, il décroche un job de "Reacting process" dans une start-up appelée "The Box" où les employés ne doivent pas avoir d'enfants. "No Child" (pas d'enfant) est leur devise. Disponible H24, chaque employé fixe lui-même son salaire. Alexandre s'adapte au mieux à sa nouvelle situation grâce à un certain Arcimboldo (il a un nez en forme de courgette), qu'Alexandre a rencontré dans une crèche. Arcimboldo (Bruno Podalydès lui-même) accepte de s'occuper des enfants d'Alexandre pendant que ce dernier travaille même s'il ne sait pas trop ce qu'il doit faire à son poste. Tout en s'occupant des enfants, Arcimboldo récupère des drones tombés du ciel après qu'ils (les drones) aient fait des livraisons. Il revend plein de choses sur "Ebay". Chez "The box", Alexandre fait la connaissance de Séverine (Sandrine Kiberlain, excellente) sa supérieure hiérarchique, stressée comme tout. Le téléphone greffé à l'oreille, elle se déplace en voiture autonome qui ne lui obéit pas tout le temps. L'histoire nous entraîne dans un monde hyperconnecté et uberisé mais où restent présentes la poésie, un peu de folie, de la magie et de la tendresse. J'ai passé un excellent moment devant ce film que je conseille.

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lundi 21 juin 2021

Nomadland - Chloé Zhao

J'ai hésité à voir Nomadland de Chloé Zhao, le film qui a été récompensé aux Oscars 2021 comme meilleur film, sans avoir de raison particulière. Et puis je me suis décidée. Nomadland nous raconte l'histoire de Fern (Frances McDormand) qui, en 2011, a perdu son emploi et sa maison à la suite de la crise financière de 2008. La ville d'Empire dans le Nevada, où vivaient Fern et son mari, est devenue une ville fantôme. Même son code postal (zip code en VO) a été supprimé. Fern, veuve depuis peu, est devenue une "houseless" et non une "homeless" se met à parcourir dans une camionnette l'ouest américain où la neige et le froid alternent avec le soleil brûlant. Fern gagne sa vie grâce à un travail saisonnier chez Amazon où le travail ne semble pas trop harassant. Elle va aussi être employée dans un camping ou dans un parc national. Mais ces parcours en camionnette permettent à Fern de faire de belles rencontres avec des gens comme elle dans le cadre d'un "Desert rendez vous" (dans le texte), pendant lequel les gens échangent des conseils, écoutent, se remontent le moral mutuellement. Un homme nommé David, que Fern va trouver à plusieurs reprises sur son chemin, voudrait faire un bout de route avec elle, mais Fern apprécie sa solitude. Maintenant qu'elle vit sur les routes, elle n'a plus l'intention de s'établir quelque part. J'ai apprécié la beauté des paysages et les rapports très fraternels entre les personnages. Le tout baigne dans l'optimisme. La réalisatrice ne s'est pas appesantie sur "Pourquoi tant d'Américains de tous âges vivent ainsi en marge dans des conditions très précaires." Un film qui se laisse voir mais de là à lui donner l'Oscar du meilleur film... Frances McDormand, qui est aussi coproductrice du film, y est bien.

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vendredi 18 juin 2021

Films vus et non encore commentés depuis le 19 mai 2021 (réouverture des salles de cinéma) - 3/3

Le Discours de Laurent Tirard est tiré du roman éponyme de Fabcaro (que je n'ai pas lu). Adrien, jeune trentenaire, s'adresse aux spectateurs en disant ce qui va suivre. Adoptant le point de vue d'Adrien, le récit alterne voix off et confession face caméra. Il y a aussi des flash-back. Quand l'histoire commence, Adrien attend désespérément que sa compagne Sonia (Sara Giraudeau), qui voulait faire une "pause" dans leur relation, réponde à un SMS qu'il lui a envoyé peu de temps auparavant. Adrien s'interroge sur sa vie sentimentale et a du mal à participer aux échanges pendant un des nombreux dîners familiaux entre ses parents, sa soeur Sophie, et Ludo, son futur beau-frère, qui parlent de choses passionnantes comme les avantages du chauffage au sol. Le père d'Adrien évoque toujours les mêmes anecdotes. Le discours du titre est celui que Ludo a l'idée de demander à Adrien à l'occasion de son futur mariage avec Sophie. Adrien est pris de court, ne s'attendant pas du tout à cette demande. Vu il y a une semaine, j'avoue que j'ai déjà presque oublié ce film dont on peut attendre la sortie télé. J'espère que le roman est mieux. 

200 mètres d'Ameen Nefeh raconte l'histoire poignante de Mustafa, séparé de sa famille par le mur dressé entre la Cisjordanie et Jérusalem est. La femme de Mustafa et ses trois enfants vivent du côté Jérusalem est, tandis que Mustapha et sa vieille mère vivent du côté palestinien. 200 mètres les séparent. Mustafa n'a pas voulu prendre la nationalité israélienne. Sa femme et ses enfants font régulièrement l'aller-retour entre Jérusalem et la Cisjordanie, en passant les checkpoints, pour voir Mustafa. Les habitations de chaque côté du mur se font face à face. C'est chaque fois une attraction pour les enfants de voir au loin leur père qui s'amuse à éteindre et allumer des lumières sur la terrasse familiale. Mustafa ne se plaint pas quand il est obligé de passer les postes de contrôle pour passer en Israël afin de travailler sur des chantiers. Jusqu'au jour où il apprend que son fils aîné, âgé d'une dizaine d'années, a été renversé par une voiture et qu'il a été hospitalisé. Il veut à tout prix aller voir son fils. Et c'est là que son odyssée commence. Son badge magnétique qui lui permet de passer le mur ayant expiré, il découvre le monde des passeurs qui emmènent des Palestiniens vers la zone israélienne. Le voyage est interminable. Différents passagers embarquent dans une camionnette. Parmi eux, il y a une jeune femme blonde et son compagnon. Elle tourne un reportage. Le voyage est périlleux. On sent une montée du suspense et de l'angoisse. J'ai apprécié que le film ne soit pas manichéen. Je le conseille.

Je termine avec Un printemps à Hong-Kong de Ray Yeung, qui se passe de nos jours. Deux hommes d'un certain âge font connaissance dans un jardin. L'un est divorcé et a élévé seul son fils. Il est grand-père d'une petite fille dont il s'occupe beaucoup. L'autre, chauffeur de taxi, est marié depuis plusieurs années. Père de deux enfants adultes, il est aussi grand-père d'une petite fille. D'un simple coup d'oeil, ils savent ce qu'ils sont vraiment : deux homosexuels qui n'ont jamais fait leur "coming out". On suit ces deux hommes qui se retrouvent dans un sauna fréquenté par des hommes, dans des groupes de paroles. Ils sont touchants. On sent qu'ils sont contents de se fréquenter même si c'est éphémère. Un film pudique. 

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mardi 15 juin 2021

Films vus et non encore commentés depuis le 19 mai 2021 (réouverture des salles de cinéma) - 2/3

Villa Caprice de Bernard Stora m'a laissé un étrange sentiment : d'avoir été manipulée, comme Niels Arestrup qui joue le rôle d'un avocat. Villa Caprice raconte la rencontre entre Luc Germon, un des meilleurs avocats de France, et Gilles Fontaine (Patrick Bruel), un homme d'affaires. Germon a accepté de défendre Fontaine accusé d'avoir acquis, sur la Côte d'Azur, une sublime villa (Villa Caprice) de manière pas très honnête. Assez rapidement, l'histoire bifurque dans un face-à-face non dénué d'arrière-pensées entre l'avocat et son client, qui l'invite dans la villa et le fait profiter de son bateau mené par Jérémie, un  jeune homme un peu mystérieux. Germon est un homme seul qui n'a jamais été marié. Il vit avec son vieux père acariâtre (Michel Bouquet, très bien). J'ai été émue par les relations Germon et son père, et l'attitude de Germon quand son père décède. La fin inattendue m'a prise par surprise. Un film qui se voit mais qui peut attendre son passage sur petit écran. Sinon, j'ai fait une recherche sur Wikipedia, la villa que l'on voit à l'écran est le château Volterra, un domaine viticole français situé à Ramatuelle qui domine la baie de Saint-Tropez. Le domaine appartient depuis vingt ans à un groupe d'investisseurs canadiens. Lire le billet de Ffred.

Avec Nobody d'Ilya Naishuller, on change totalement de registre. L'histoire n'est pas très importante mais l'intérêt du film réside dans le personnage de Hutch Mensell, un ancien des services spéciaux du FBI. Un de ceux qui font le "ménage" quand c'est nécessaire. Désormais, Hutch Mensell est une sorte d'agent dormant qui mène une vie monotone, "métro, boulot, dodo", avec sa femme et ses deux enfants, dans un pavillon banal au premier abord. Et Hutch a la fâcheuse habitude de louper le passage des éboueurs. Une nuit, deux personnes s'introduisent dans sa villa. Ils ne dérobent pas grand-chose mais ils ont le toupet de prendre le bracelet à tête de chat de sa fille. Sans que soient prises des mesures radicales, les deux cambrioleurs vont se souvenir de leur rencontre avec Mensell. Tout comme les cinq hommes qui montent dans un bus où se trouve justement Mensell. A part lui, dans ce bus, il y a deux autres passagers dont une jeune fille, dont on s'attend à ce qu'elle passe un mauvais quart d'heure. Mais Mensell est là et la castagne commence. Parmi les cinq hommes qui ne vont pas sortir bien vaillants de cette bagarre, il y a le jeune frère de Julian, un "très méchant" appartenant à la Mafia russe. C'est l'engrenage et la multiplication des morts, mais Hutch ne sera plus considéré comme un "pas grand-chose". Je vous laisse découvrir toutes les péripéties qui, malgré les cadavres, sont teintées d'humour. Il faut voir le film comme il est : un bon moment à passer dans une salle. Il faut noter que le scénariste est celui de la série John Wick. Lire les billets d'Henri Golant, Trillian et Ffred.

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lundi 14 juin 2021

Podkayne fille de Mars - Robert Heinlein

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Je n'ai pas encore réussi à rattraper mon retard à l'allumage puisque voici seulement mon troisième billet (en tant que ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) alors que nous sommes dans le quatrième mois du Challenge de la planète Mars. Il s'agit encore d'un livre de Robert Heinlein, que j'ai dans ma pochothèque depuis 21 ans (achat le 27/05/2000). 

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L'illustration de cette édition est due à Wojciech Siudmak, peintre et illustrateur de couvertures de science-fiction souvent visionnaire: je trouve celle-ci un peu "nunuche". Je suppose qu'il s'est inspiré du dernier paragraphe (sur 4) de la 4ème de couv: "Podkayne, qui a recueilli un bébé-fée, une étrange bête vénusienne, est désormais en danger de mort. Son innocence écervelée et le génie diabolique de [son frère] Clark parviendront-ils à les sauver du piège qui leur a été tendu?". Ce paragraphe s'applique, peut-être, aux 10 dernières pages du roman. Mon avis est qu'il ne rend sûrement pas justice au livre, qui vaut mieux que sa couverture! A moins que ledit dernier paragraphe n'ait lui-même été rajouté après la livraison par l'artiste de la couverture, pour "coller" à celle-ci? L'édition, c'est un métier... Je ne le saurai jamais.

Toujours est-il que, même si l'action de Podkayne fille de Mars ne se déroule pas intégralement sur la planète en question, cette oeuvre de Robert Heinlein nous intéressera de par la vision qu'elle donne de Mars et surtout de ses colons terriens. L'essentiel du livre est écrit à la première personne par notre héroïne éponyme, gamine âgée entre 15 et 16 années terriennes et nantie d'un jeune frère qui en compte 11 (une fois effectué le calcul à partir du "taux" de conversion" qui consiste à multiplier par 1,88 le nombre d'années martiennes). La vie familiale, et les projets de vacances, de ces deux jeunes gens (visite de la Terre "en famille" avec papa et maman) sont perturbés par la "décantation" intempestive de leurs 3 jeunes frères et soeurs, dont la décongélation était censée intervenir seulement après le retour du voyage interplanétaire. Leur oncle leur sauve la mise en proposant que ses neveux l'accompagnent alors qu'il doit participer à une prochaine conférence triplanétaire (avec Vénus toute en tiers...) sur la Terre.

Comme souvent chez Heinlein, les jeunes héros bénéficient par ailleurs de QI exceptionnels hérités de leurs géniteurs (ingénieure généraliste pour la mère, archéologue spécialisé dans l'étude de la vieille civilisation des Martiens - il y a 50 ou 100 millions d'années! - pour le père), ce qui a donné respectivement 160 pour Clark et 145 pour Podkayne. A partir des "bavardages" de Podkayne, on peut reconstituer que l'on doit être à quelques décennies seulement (terriennes...) de l'autonomisation politique (et économique) des "hommes de Mars" par rapport à la Compagnie (terrienne) qui administrait initialement la planète rouge. Père et oncle sont des vétérans de cette "révolution".

Le thème sous-jacent dans le roman s'avère très "étatsunien": comment une colonie s'affranchit de la tutelle de ses fondateurs, pour prendre son indépendance politique et nouer des relations commerciales devant bénéficier de manière équilibrée aux deux parties. L'héroïne et son garnement de frère vont ainsi se trouver mêlés à des intrigues politiques qui les dépassent, alors qu'il s'agit de faire pression sur leur oncle, héros de l'indépendance et ambassadeur aussi extraordinaire que secret - en principe -, qui a pour mission de négocier un traité commercial avec la terre.

On trouve, ici ou là, des informations glissées par petites touches sur la vie des colons terriens sur la planète Mars. On relèvera, ainsi, dès les premières pages, la phobie de Podkayne par rapport à l'eau (l'idée d'une plage au bord de la mer l'angoisse), à l'exposition directe au soleil, et le rapport à la pesanteur. Cherchant sa voie, son rêve serait de devenir pilote d'astronef - mais elle prend durant le voyage conscience que personne ne l'attend sur ce genre de poste. C'est lors de l'escale sur Vénus - une sorte de gigantesque Las Vegas - que l'histoire dérape. Car tout le monde n'a pas les mêmes intérêts concernant la trop fameuse conférence tripartite. Afin de vous laisser quelques raisons de lire le livre, je dirai juste que j'ai cru comprendre qu'Heinlein a dû modifier, à la demande de son éditeur, la fin qu'il avait d'abord rédigée.

Grâce à quelques recherches sur la blogosphère, j'ai déniché à propos de cet ouvrage de vieux billets sur le blog Narcissique and co (dont la dernière publication remonte à décembre 2020), ainsi que sur celui de Lynnae (dans le cadre d'un "défi Robert Heinlein" en 2011?).

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samedi 12 juin 2021

Dans la brume écarlate - Nicolas Lebel

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Je viens de terminer Dans la brume écarlate (Livre de poche, 534 pages) le cinquième roman de Nicolas Lebel qui m'a permis de retrouver avec plaisir le capitaine Merhlicht et ses deux lieutenants Sophie Latour et Mikaël Dossantos qui dépendent du commissariat du XIIème arrondissement de Paris. J'ai lu les quatre précédents. Voici mes billets sur trois d'entre eux, ici et .

Avec Dans la brume écarlate, Nicolas Lebel revisite le thème du vampire, de Dracula et des personnages du roman de Bram Stoker. De nos jours, des jeunes femmes de toutes nationalités et pour la plupart des sans-papiers, appartenant au groupe sanguin rhésus O négatif (7% de la population française) disparaissent sans que l'on sache ce qu'elle sont devenues. Il y a plusieurs récits en parallèle: Taleb et Noura, un frère et une soeur d'origine syrienne dans un camp de migrants à la porte de la Chapelle. Un jour, Noura partie pour une consultation dans un dispensaire ne revient pas. Un soir, Lucie revient d'une soirée. Elle est seule dans la nuit. Elle sent que quelqu'un la suit dans un boulevard du XXème arrondissement. Elle disparaît. Cathy, sa meilleure amie, va connaître plus tard une mésaventure qui aurait pu mal se terminer. On fait aussi la connaissance de Roumains, Yvan qui depuis vingt-huit ans poursuit un homme qu'il désigne par un surnom "le Monstru". Yvan avait une épouse appelée Mina qui est morte sous la dictature de Ceauscescu victime du vampire de Gherla (nom d'une prison roumaine). Quelques scènes du roman se déroulent au cimetière du Père-Lachaise où l'on va trouver le corps d'une des disparues. Je vous laisse découvrir où d'autres victimes sont "entreposées". Sinon, la demeure d'un des personnages principaux se trouve rue Edgar-Poe dans le XIXème arrondissement (j'ai vérifié, la rue existe). C'est un roman plaisant à lire qui rend bien hommage aux romans de vampires.

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jeudi 10 juin 2021

Films vus et non encore commentés depuis le 19 mai 2021 (réouverture des salles de cinéma) - 1/3

Depuis le 19 mai, j'utilise à plein ma carte d'abonnement de cinéma qui m'a déjà permise de voir dix films et ce n'est pas fini puisque cette semaine, j'ai noté quelques long-métrages qui me tentent.

Parmi les films vus, certains m'ont relativement déçue comme Falling et Sons of Philadelphia,

Falling de et avec Viggo Mortensen (qui a aussi écrit le scénario) semble être un récit avec une grande part d'autobiographie. Je me réjouissais de voir ce film après avoir vu la bande-annonce prometteuse. Après coup, je pense que Mortensen aurait dû être devant ou derrière la caméra, mais pas les deux. Le personnage du père joué (très bien) par Lance Henriksen est un vieux grincheux insupportable qui a fini par me crisper. Cette histoire d'un vieil homme en fin de vie, de sa relation avec ses enfants et petits-enfants, aurait pu me toucher plus si le père n'arrêtait pas de dire des insanités du fait qu'il perd la tête. On dit que la vieillesse peut être un naufrage, c'est vrai. Et puis, désolée, Viggo Mortensen dans le rôle d'un homosexuel, je n'y ai pas cru une minute. Lire les billets de Pascale, Missfujii et Ffred autrement plus positifs.

Je passe à Sons of Philadelphia de Jérémie Guez (oui, l'écrivain français qui a écrit plusieurs romans noirs) que j'ai vu parce que la séance d'Hospitalité était complète. Ce film qui m'a encore moins plu que Falling: je n'ai rien compris à l'histoire où les flash-back sont nombreux (comme pour Falling où, là, ils sont pertinents). On suit l'itinéraire de deux cousins (Matthias Schoenaerts et Joël Kinnaman) de l'enfance, pendant laquelle Peter Flood (Mathias Schoenaerts) a subi un grave traumatisme, à leur vie d'adulte. Je suis restée complètement en dehors de l'histoire, dont je n'ai pas compris les tenants et les aboutissants, à part que cela se passe à Philadelphie au sein de la Mafia irlandaise. C'est adapté d'un roman de Pete Dexter. Lire le billet de Ffred.

Dans quelques jours, je vous ferai un billet sur deux autres films qui m'ont plu davantage.

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lundi 7 juin 2021

Marx [mode d'emploi] - Daniel Bensaïd / illustrations de Charb

J'ai (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) eu du mal à rédiger ma chronique sur une collaboration de Charb que je voulais traiter depuis des années, tout en respectant le planning de mes "hommages mensuels". Le dessinateur a illustré une des nombreuses oeuvres du philosophe et théoricien trostskiste Daniel Bensaïd, publiée originellement chez La Découverte en 2009 (coll. Zone): Marx [mode d'emploi]. L'édition "La Découverte / Poche" à laquelle je me réfère date, elle, de 2014.

P1120396bis_Marx-mode-d-emploi 

Je précise d'abord que ce n'est pas tant le texte de Daniel Bensaïd (décédé en janvier 2010, ancien acteur de Mai 68 chez les JCR, idéologue de la LCR, chercheur marxiste...) que les dessins de Charb qui m'ont attiré a priori vers cet ouvrage. J'aurais aimé savoir quels étaient leurs liens, s'il s'est juste agi d'une prestation rémunérée, ou si notre dessinateur y a mis aussi un peu de ses propres tripes. Dans la même collection, j'avais naguère chroniqué un livre de Michel Husson également illustré par Charb.

N'ayant pas pris le temps de bien le digérer, je vais me contenter d'une seule citation du texte de Daniel Bensaïd, avant de vous citer surtout les dessins de Charb que je trouve les plus remarquables.
p.64-65: "Alors que le libéralisme prétend développer l'indvidu, il ne développe en réalité que l'égoïsme dans la concurrence de tous contre tous, où le développement de chacun a pour condition l'écrasement ou l'élimination des autres. La liberté offerte à chacun n'est pas celle du citoyen, c'est celle du consommateur libre de choisir entre des produits formatés."

Et maintenant, place à un florilège de dessins décalés, choisis parmi les 73 dessins que comportent ces quelque 195 pages.

P1120375 p.12, pour illustrer "la thèse d'avril" [1841] du jeune Marx, sur La différence de la philosophie de la nature chez Démocrite et Epicure.

P1120378 p.26 (personnellement,j'adhère de tout coeur à ce dessin - sans être marxiste pour autant).

P1120380 p.44 (vous disiez quelque chose?). Une bonne illustration du concept d'inachèvement dynamique de la définition des "classes" chez Marx.

P1120381 p.48 (pouf, pouf)

P1120382 p.61 & p.83 (pas si simple, de s'unir...) P1120383

P1120384 p.90 (on célèbre justement les 150 ans de la Commune, cette année 2021)

P1120385 p.105 (qui se rappelle encore, en 2021, de Besancenot?) P1120377 p.22 (vous avez dit médiatisation?)

P1120386 p.120 (l'exploiation de l'homme par l'homme... Le travail, tout simplement?)

P1120387 p.128 (admirez la taille respective des récipients...).

P1120388 p.122 & p.129: des dessins bien bonhommes? P1120389

P1120390 p.175 (il résiste, l'animal)

Petit élément de réponse en ce qui concerne les convictions du dessinateur: Philippe Corcuff a écrit le 8 janvier 2015 que Charb "pouvait voter pour la LCR ou pour le PCF en fonction des élections. Son casier à Charlie était d’ailleurs recouvert de deux autocollants, l’un du PCF, l’autre de la LCR."

Ceux qui veulent en apprendre davantage sur Daniel Bensaïd peuvent se reporter au site de l'association qui lui est consacrée, où figurent aussi différents éléments concernant le livre aujourd'hui chroniqué. Je pense qu'il faudra que je prenne le temps d'y revenir, un jour, à tête reposée...

 *** Je suis Charlie ***

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