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Avec Billy Wilder et moi (Editions Gallimard, 292 pages), Jonathan Coe rend hommage aux films hollywoodiens d'avant les années 70, et en particulier à Billy Wilder (1906-2002). Calista, une jeune Anglo-grecque (personnage imaginaire), est la narratrice de cette histoire, qui suit le tournage en 1977 de l'avant-dernier film du réalisateur, Fedora, avec William Holden, Marthe Keller (qui à l'époque vivait avec Al Pacino) et José Ferrer. Le tournage s'est passé à Paris et en Normandie, à Munich et à Corfou (en Grèce). Par un concours de circonstances, Calista est devenue l'assistante du co-scénariste du film, I.A.L. (dit Iz) Diamond qui a été le scénariste d'au moins dix films de Billy Wilder, à partir de Certains l'aiment chaud (1959). Par là même, Calista devient un peu la confidente de Billy Wilder qui s'est rendu compte que le cinéma d'Hollywood d'antan a été supplanté par un nouveau cinéma dirigé par les "barbus" comme Steven Spielberg. D'ailleurs, Fedora n'a pas trouvé de financement américain. Les producteurs éventuels n'ont pas été intéressés par le scénario et c'est pourquoi Fedora est une production franco-allemande. Billy Wilder, comme d'autres réalisateurs de sa génération, a été obligé de fuir l'Allemagne nazie et quand il tourne Fedora, il n'était pas revenu en Europe depuis la guerre. Même s'il est content (il a le plaisir de remanger du brie de Meaux), les souvenirs les plus sombres de sa vie ressurgissent. Calista, qui ne connaissait rien au cinéma, se met à lire des encyclopédies sur le sujet. Elle ne connaissait pas non plus l'oeuvre de Billy Wilder qui a été très influencé par Ernst Lubitsch. Plusieurs années plus tard, à Londres, Calista mariée et mère de jumelles aura choisi sa profession: orchestrer des musiques de films. Pendant le tournage à Munich, elle croise Miklós Rózsa, le compositeur de musiques de films comme Assurance sur la mort, Ben Hur, Madame Bovary et des centaines d'autres. Ce roman qui se lit très agréablement m'a donné envie de revoir Fedora (en DVD). Un roman à lire et un film à voir. En postface, Jonathan Coe liste tous les témoignages et articles qui lui ont servis pour l'écriture de ce livre. Je vais me répéter, Jonathan Coe est un écrivain de talent dont j'ai lu presque toute l'oeuvre.