mardi 31 août 2021

La Terre des hommes - Naël Marandin

La Terre des hommes de Naël Marandin nous emmène dans la campagne bourguignonne de nos jours. On apprend que le quotidien des éleveurs comme ailleurs n'est pas de tout repos. Les temps sont durs, les exploitations fragiles qui ne savent pas s'adapter ou s'agrandir se font acheter par les plus grandes et les plus solides. Dans ce monde dominé par la gent masculine, on trouve quelques femmes, dont Constance, qui vit dans une ferme au bord de la faillite avec son père Bernard (Olivier Gourmet) et son fiancé Bruno (Finnegan Oldfield), avec qui il est prévu qu'elle se marie très bientôt. Malgré les réticences de son père, elle monte un dossier qui permettrait que la ferme soit sauvée. Elle compte sur l'appui de Sylvain Rousseau (Jalil Lespert), qu'elle aperçoit souvent lors du marché aux bestiaux. Marié à une femme vétérinaire, Sylvain a un certain charisme qui ne laisse pas Constance indifférente. Il lui promet de l'aider dans son projet qu'il trouve viable. Mais il est le seul à le penser au sein de la SAFER de la région. Il en est un membre éminent. Un jour, en fin de journée, Constance se rend dans le bureau de Sylvain qui fait tout pour la rassurer. Dans un moment de faiblesse, la jeune femme laisse faire Sylvain qui abuse d'elle malgré qu'elle ait dit non. Quelques jours plus tard, Sylvain va de nouveau abuser de Constance qui ne porte pas plainte immédiatement. Elle n'en parle ni à son père ni à son fiancé. Je n'avais jamais vu Diane Rouxel dans un film, cette actrice de 28 ans porte littéralement le film sur ses épaules. Elle est pratiquement de tous les plans. Rien que pour elle, je vous conseille de voir le film. Vous n'oublierez pas de sitôt son beau visage.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : ,

dimanche 29 août 2021

La guerre des mondes - Herbert-George Wells

                                         cli9-3  

J'ai poursuivi mon Challenge de la planète Mars (lancé par moi-même, ta d loi du cine, "squatter" chez dasola), en relisant un grand classique. Cette fois-ci, il ne s'agit pas d'un "space opera", même si je viens de découvrir que l'oeuvre chroniquée aujourd'hui a connu une ou plusieurs suites (que je vais tâcher de me procurer pour une prochaine lecture...). Mon billet du jour comptera, en tout cas, aussi pour le 9e Challenge de l'Imaginaire.

P1120458

H.-G. Wells (1866-1946) est l'un des pionniers de la littérature de science-fiction. La guerre des mondes, comme tout le monde le sait, dépeint le débarquement des Martiens en Angleterre, aux alentours de Londres (et non dans le New-Jersey aux Etats-Unis!). Mon Folio (ci-dessus) possède un premier cahier "collector", imprimé en biais, et une couverture illustrée par Folon (ça ne s'invente pas!). C'est mon grand frère qui m'avait offert (et fait découvrir) ce bouquin, pour un de mes anniversaires, il y a plus de 40 ans... Dans cette édition en français (je ne me suis évidemment pas reporté au texte en anglais), l'action se déroule en 1894, et est "racontée" six ans plus tard (alors que le livre, lui, a été publié en 1898).

Un lecteur français aura sans doute autant besoin d'une carte, pour y repérer les innombrables lieux cités au cours des pages, qu'un étranger pour se repérer en banlieue parisienne. J'ai trouvé un site en anglais (je suis bien certain qu'internet offre une multitude d'autres outils!).

Pour envahir la terre, la science martienne utilise, selon ce que reconstituent les savants terriens, une sorte de canon tirant des projectiles de 20 à 30 mètres de diamètre, qui "mettent minables" ceux envoyés sur la lune par la "Columbia" de Jules Verne. Au départ destination d'excursion, le premier cratère formé par la chute d'un de ces "météores" se révèle rapidement source d'un danger mortel, et très vite en surgit un engin inconnu, cependant que les cyclindres (contenants) continuent d'arriver depuis Mars au rythme d'un par jour. Les tripodes (célèbres dans notre "imaginaire collectif") sont aussi décrits (par un artilleur - qu'on reverra par la suite dans le livre) comme mesurant eux-mêmes 30 mètres de haut. Nos envahisseurs semblent ignorer la roue. Leurs "machines de guerre" principales se déplacent à vive allure, si j'ai bien compris, en basculant de l'une à l'autre de leurs trois longues pattes dans une sorte de tournoiement (?).

L'auteur-narrateur (roman à la 1ère personne) se positionne en témoin de première main, mais raconte également ce qui arrivait à son frère, de son côté. Très vite, c'est le chaos dans la banlieue londonienne, alors que les Martiens sèment la panique et la mort, malgré la résistance, qu'on pourrait croire de mieux en mieux organisée, de l'armée britannique, puis de sa marine. Ce livre écrit à la fin du XIXe siècle annonçait déjà les gaz de combat (la "fumée noire" inconnue répandue par les Martiens sur soldats comme civils) et le rayon laser de la saga Guerre des étoiles (puisque le laser n'a toujours, à ma connaissance, été utilisé jusqu'à maintenant que pour guider une bombe vers un objctif, et non comme "rayon de la mort" tel que décrit dans nos oeuvres d'anticipation). L'exode des Londoniens fait penser à celui de juin 1940 sur les routes de France (selon ce que j'ai pu en lire). Le narrateur s'attarde jusqu'à se retrouver isolé beaucoup trop près d'un campement martien avant de pouvoir s'échapper.

Dans ce livre, Herbert-George Wells nous donne entre autres la vision d'un futur où la majorité des humains ne seraient guère plus que du bétail (les Martiens sont quelque peu vampires...), cependant qu'une minorité résisterait (le narrateur passe quelques jours aux côtés de l'artilleur croisé précédemment, avant de comprendre qu'il ne s'agit guère que d'un rêveur velléitaire). Un premier indice d'insuccès de l'invasion est donné par la dégénérescence rapide de l'herbe rouge extraterrestre... qui, après avoir crû très vite, meurt subitement. Et il s'avère au bout de quelques semaines à peine que la cinquantaine de Martiens, dont les militaires britanniques n'ont réussi à détruire que deux ou trois tripodes (tuant leurs conducteurs), a été exterminée par les micro-organismes terrestres, alors que les envahisseurs s'apprêtaient à étendre leur rayon d'action (vers le continent?) grâce à une machine volante qu'ils finissaient de construire...

Désormais, on peut espérer que la Terre veillera au grain! Ce ne sont pas les hommes, n'est-ce pas, qui auraient l'idée d'envoyer aux confins de notre galaxie un message disant en substance: "Ohé, amis, nous avons plein de protides à vous offrir, dans la 3e planète autour du soleil! Venez, soyez les bienvenus, miam-miam!".

La moindre recherche sur internet ramène des dizaines de chroniques sur ce classique de la SF qu'est La Guerre des Mondes (le roman). J'ai tâché de "mixter" entre des blogs que je connais déjà ... et d'autres (sans prétendre, bien sûr, à l'exhaustivité!), mon principal critère étant que le blog soit toujours actif en 2021 (ce n'est pas le cas de tous ceux sur lesquels je suis tombé, on peut même dire que ça réduit sérieusement le champ...). Ainsi, en ont parlé: SF Emoi, La bibliothèque éclectique, L'ourse bibliophile, Ju lit les mots, Ewylyn, Bruce Kraft (qui a aussi consacré un autre billet au film de 2005), Le cafarnaüm éclairé de Nelfe et Mr K. (liste incomplète, j'insiste). Plusieurs autres blogs dont Le chien critique, Les lectures de Cyrlight, Culturellement vôtre, Welcome to Nebalia ...m'ont mis sur la piste d'une édition présentant aussi une suite!

** Pour prolonger le livre **

En plus d'être illustré, traduit, réédité, le livre a aussi donné lieu à bien des adaptations sous diverses formes toutes plus notables les unes que les autres. Il semble que la fameuse histoire de la panique causée par l'adaptation radio d'Orson Welles soit surtout une invention de journaliste. Pour ma part, j'ai dû voir au moins deux ou trois fois le film de 2005 avec Tom Cruise au fil des ans. Mais j'aimerai bien laisser dasola participer au Challenge avec l'un ou l'autre film concernant Mars! Une adaptation manga (3 volumes au Japon) est en cours de parution en France, j'y reviendrai vraisemblablement si le T.3 sort avant mars 2022. Et voici les titre de deux suites: La cage de Londres (il faudrait que je passe - notamment - à la librairie québécoise de Paris, afin de pouvoir en parler ultérieurement...), et Le massacre de l'humanité (évoqué par certains autres blogs listés ci-dessus).

Je savais aussi qu'Edgar P. Jacob avait illustré La guerre des mondes alors publié en feuilleton dans les tout débuts du Journal de Tintin, en 1946-1947, et pensais mettre ici un extrait du livre que je possède sur le dessinateur. Mais je viens de trouver mieux: Vivianne Quittelier, la petite-fille de sa dernière compagne, possède un blog (elle a d'ailleurs publié un livre de souvenirs où elle évoque le Maître). Et on y trouve donc en ligne plusieurs versions d'une image iconique représentant trois tripodes.

Pour finir, j'espère ne pas avoir trop déboussolé les lecteurs de ce billet par les mélanges entre fiction et réalité, fin du XIXe siècle et notre XXIe siècle. Si c'est le cas, je m'en excuse, et ne peux que suggérer... une deuxième lecture de l'article! ;-)

Posté par ta d loi du cine à 01:00 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
Tags : , ,
vendredi 27 août 2021

Drive my car - Ryusuke Hamaguchi

P1120554

Après Senses 1, 2, 3, 4 et 5 et Asako 1&2, Drive my car du réalisateur japonais Ryusuke Hamaguchi, qui vient de sortir, a été récompensé du prix du scénario au dernier Festival de Cannes 2021. Ce film qui dure 3 heures raconte la rencontre, à Hiroshima, de Yusuke Kafuku, 47 ans, acteur et metteur en scène de théâtre, et de Misaki, une jeune femme de 23 ans qui est devenue chauffeur d'invités de la ville car elle ne sait rien faire d'autre. Le film s'ouvre avec un préambule qui dure plus d'une demi heure, où l'on fait la connaissance de Yusuke et de sa femme Oto. Cette dernière est scénariste pour la télévision. On apprend rapidement qu'ils ont perdu leur petite fille âgée de cinq ans plusieurs années auparavant. Le couple est encore uni, même si Oto a des relations charnelles avec d'autres hommes quand son mari est absent. Un jour, Yusuke revient chez lui et trouve sa femme inanimée. Elle vient de décéder d'une attaque cérébrale. Le générique apparait et on retrouve Yusuke deux ans après. Il est invité à Hiroshima pour mettre en scène Oncle Vania pendant un festival. Les organisateurs l'obligent à ce ne pas conduire sa voiture, et c'est donc Misaki qui va lui servir de chauffeur. Il faut évoquer les scènes se rapportant aux répétitions de la pièce. D'abord, c'est une lecture autour d'une table. Les acteurs et actrices choisis sont de différentes nationalités: hong-kongaise, chinoise, japonaise et coréenne, et ils ne s'expriment que dans leur langue. Parmi eux, il y a une Coréenne sourde et muette qui s'exprime dans le langage des signes. Le réalisateur a très bien su filmer Hiroshima, ville moderne, sans que l'on voit les traces du passé. Petit à petit Yusuke et Misaki se confessent l'un à l'autre, lui qui ne se remet pas du décès de sa femme et elle qui n'aimait pas sa mère, mais qui néanmoins se sent responsable de sa mort. Ils vont jusqu'à traverser une partie du Japon du sud au nord en voiture et aller jusqu'à l'île d'Hokkaïdo où habitaient Misaki et sa mère. La séquence finale où l'on voit les acteurs jouer Oncle Vania face à une salle comble est un moment très émouvant. Je n'ai pas forcément tout aimé dans ce film (sa durée par exemple), mais je vous conseille de le voir. L'histoire est adaptée d'une nouvelle de Haruki Murakami. Lire les billets du Bleu du miroir, miriam et Pascale.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [9] - Permalien [#]
Tags : , ,
mardi 24 août 2021

La vallée - Bernard Minier

P1120553

J'ai lu plusieurs romans de Bernard Minier, dont les deux premiers, Glacé et Le cercle. Avec La Vallée (Editions Pocket, 569 pages), on retrouve à Toulouse Martin Servaz, qui a été suspendu de ses fonctions de commandant de police. Cette sanction est survenue lors d'une enquête précédente. Il n'a plus de plaque, plus de revolver, mais il s'occupe de son petit garçon Gustav et partage la vie d'une femme doctoresse de grande valeur. Néanmoins, au beau milieu d'une nuit, le télephone sonne et une voix l'appelle. Cette voix féminine le renvoie à un passé douloureux. Il devine assez rapidement d'où la femme, Marianne, son ex-compagne, l'a appelé. Il se rend dans une petite ville, Aigues-Vives, aux confins de la Haute-Garonne et des Hautes-Pyrénées où se trouve une abbaye. Aux alentours d'Aigues-Vives, des meurtres violents sur des hommes ont été commis. Près de chaque cadavre sont disposés une croix, un triangle, un cercle et un X. Martin qui cherche Marianne va prêter main-forte à une femme policier, Irène Ziegler, qu'il connaît depuis longtemps. L'enquête s'avère difficile, d'autant plus qu'un glissement de terrain sur l'unique route qui mène à Aigues-Vives va isoler la population. Gabrielle Dragoman, une psychiatre et pédopsychiatre, va jouer un rôle essentiel dans l'intrigue. Je ne dirai rien de plus à part que j'ai trouvé le roman un peu long. Ce roman, qui m'a permis de participer au challenge "Pavé de l'été" de Brize, aurait pu être plus court d'au moins cent pages. Mais l'intrigue tient suffisamment en haleine. 

pave2021_a_moy

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [9] - Permalien [#]
Tags : , ,
samedi 21 août 2021

BAC Nord - Cédric Jimenez

BAC Nord, un film français qui est sorti le mercredi 18 août 2021, évoque la vie de trois flics, Grégory, Antoine et Yassine. Ils appartiennent à la BAC (Brigade Anti Criminalité) Nord et ils opèrent dans les quartiers nord de Marseille qui ressemblent assez à une zone de combat.
En préambule, on voit Grégory (Gilles Lellouche) en mauvaise posture. Il a été arrêté et on le traite comme un criminel. Quelques mois auparavant, les trois policiers, Grégory un homme seul, Antoine (François Civil) qui a un chien et Yassine (Karim Leklou) futur papa grâce à sa compagne Nora (Adèle Exarchopoulos) traquent en voiture ou à pied des "charbonneurs" (dealers). Parfois il y de la casse (la voiture banalisée est très abîmée). Ils reçoivent des remarques désagréables de leur hiérarchie qui trouve que leurs interpellations coûtent cher à la police alors qu'ils sont censés faire du chiffre. Et pour faire du chiffre, qu'importe les méthodes. C'est ce qui va les perdre même si au départ ils sont couverts justement par leur chef. Ils franchissent la ligne jaune entre ce qu'il est permis de faire ou non. Ils en prennent plein la figure malgré leur réussite dans une opération à grande échelle qui permettra de rafler une grande quantité de drogue (et d'argent). 
La réalisation de Cédric Jimenez est nerveuse sans temps mort. Les trois comédiens principaux sont formidables. J'ai apprécié que les personnages (les policiers) ne soient pas ou tout blanc ou tout noir. Un film que je vous conseille. Lire les billets de Baz'art et Selenie.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
Tags : ,

mercredi 18 août 2021

Rouge - Farid Bentoumi

Rouge de Farid Bentoumi, qui est inspiré de faits réels, est très intéressant pour son traitement du sujet: très sobre. Nour Hamadi, une jeune femme infirmière, vient de démissionner de son poste dans un hôpital, suite à un drame dont elle n'est pas totalement responsable. Grâce à son père, Slimane Hamadi, elle est engagée dans l'usine chimique où travaille son père depuis 29 ans. Il est responsable syndical. Il semble que, grâce à lui, l'usine n'a pas encore fermé. Cette usine fait vivre 214 familles. Dès qu'elle prend ses fonctions, Nour constate assez vite qu'il y a des anomalies concernant la santé de certains des ouvriers, dont un n'est pas passé devant le médecin du travail depuis 16 ans. Elle apprend que, dans les années 90, les déchets toxiques (boues rouges) de l'usine étaient déversés dans un lac en pleine nature. Désormais, les mêmes déchets sont enterrés dans des cavités souterraines. Avec les dossiers des ouvriers, elle se rend compte qu'il y a des malades chroniques et deux ouvriers décédés de cancer très jeunes. Avec détermination et avec l'aide d'une journaliste indépendante, Nour doit trouver des preuves pour que la terrible vérité éclate. Elle se met à dos son père, son beau-frère et tous les autres ouvriers. J'ai aimé ce film: même s'il n'a pas la force de films américains comme Dark Waters ou Erin Brokovitch, il remplit son rôle d'informer et de distraire. Lire le billet d'Henri Golant. Je suis d'accord avec ce dernier, Rouge risque de ne pas rester longtemps l'affiche, et donc allez-y.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [7] - Permalien [#]
Tags : ,
dimanche 15 août 2021

Le secret de Khâny (Yoko Tsuno T.27) - Roger Leloup

     summer-star-wars-mandalorian-430x340     DesHistoiresetdesBulles    cli9-3 

Quatre challenges avec un seul billet - je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) deviens peut-être trop gourmand...  en ce sixième mois depuis le début du Challenge de la planète Mars (lancé par moi-même, ta d loi du cine, "squatter" chez dasola). Mais bon, cela fait tellement plaisir d'y voir répertorié mes petits billets... Ici pour le 9e Challenge de l'Imaginaire, là pour le XIIe Summer Star Wars "The mandalorian". Cette fois-ci, mon sujet est une bande dessinée.

Yoko Tsuno, c'est LA série personnelle de Roger Leloup, qui a débuté sa carrière comme assistant de Jacques Martin, d'Hergé, de Peyo... Il a l'idée du personnage à Noël 1968 et quitte définitivement les Studios Hergé fin décembre 1969. La publication dans le journal de Spirou commence par quelques histoires courtes (je dois les avoir en reliures du journal!) sous la signature du scénariste Maurice Tillieux (reprises dans le 4ème album de la série, Aventures électroniques). La première histoire complète en un album met en scène la rencontre de Yoko et de ses deux faire-valoir masculins avec les Vinéens, dont Khâny, dans Le trio de l'étrange (album sorti en 1972). Mais commençons par Le secret de Khâny (27e album, sorti en 2015 - je reviendrai sur la série plus loin dans le billet). 

P1120459

Un soir, Yoko (à droite sur la couverture ci-dessus) et sa "tribu" sont dérangées dans leur vie de château en Ecosse par un robot volant manifestement vinéen. Occasion d'appeler en visioconférence Khâny (à gauche sur l'image)... qui commence par ne pas répondre. Lorsqu'elle se pose enfin, une heure plus tard, c'est pour proposer à la fine équipe un petit tour, non pas dans les étoiles (la routine!), mais sur la planète rouge, avec départ deux jours plus tard (oui, dans cet album, les choses ne traînent pas trop) vers la lune d'abord, puis, en une seule journée, vers Mars.

P1120461 (p.23-23) Arrivée en vue de la planète.

   On y tombe assez vite sur des créatures patibulaires (p.26-27)... P1120462

 ... dont il faut encore se dépétrer, après quelques péripéties (p.41) P1120464

Je crois avoir réussi à ne rien spoiler pour préserver le plaisir de parcourir chaque page.

P1120463 Au final, l'action sur Mars (de la page 22 à la page 46) se déroule très vite: cela a juste pris quelques heures à Yoko (et à ses comparses) pour sauver le monde terrien et conclure l'album.

Quelques blogs (parfois participants aux Challenges Summer Star Wars proposés par Lhisbei) ont écrit des billets plus complets sur cet album en particulier. Je pense à Anudar (fidèle participant, qui a aussi évoqué d'autres albums), ou à Fanaeries (plus épisodique, aujourd'hui inactif). En 2015, Blog-o-noisettes ou Prosperyne en avaient aussi parlé. Enfin, voici ce qu'en disait l'auteur lui-même en mai 2015.

Passons maintenant à la série (il manque dans cette image de Quatrième de couverture du N°27 les deux derniers titres parus).

P1120460

En guise de transition, je tenais aussi à montrer des citations des albums Message pour l'éternité (à gauche) et Les trois soleils de Vinéa (les deux autres extraits). Comne quoi, l'oxyde de fer est bien un élément répandu dans l'univers...

P1120548   P1120549   P1120550 des paysages déjà très "martiens"... L'un sur terre (avec un peu de végétation ou de mousse?) et l'autre à deux millions d'année-lumières!

Comme j'avais commencé à l'évoquer plus haut, la série de Roger Leloup (qui va sur ses 88 ans) compte une trentaine de volumes, dont une dizaine constituent un "space opera" avec extraterrestres et visites de planètes lointaines (très lointaines: à deux millions d'année-lumière!). Cette héroïne de papier est graphiquement âgée d'une trentaine d'années (mettons qu'elle était fraîchement diplômée en électronique en 1970...). L'originalité de la série consiste en ce qu'elle alterne des aventures en lien avec les "extra-terrestres" que sont les Vinéens (installés sous terre depuis des centaines de milliers d'années... en léthargie pour la plupart), et des aventures plus "terre-à-terre" même si exceptionnelles. Ainsi, Yoko a d'abord travaillé pour la télévision, plutôt "à la pige" qu'en tant que salariée en pied (un peu comme Tintin?). Ses aventures l'entraînent aux quatre coins du monde, de l'Allemagne à l'Asie voire la Suisse ou même la Belgique. Elle a des accointances avec les services secrets britanniques et, depuis déjà quelques albums, plus vraiment de soucis matériels pour faire vivre les enfants ou adolescentes qu'elle a plus ou moins prises sous sa tutelle au fil de ses aventures. Dans une interview reprise dans tel ou tel des 9 tomes de l'édition "intégrale" parue à ce jour, Roger Leloup précise avoir souhaité ne pas en faire une épouse ni une mère de famille "classique", et laisser libre part à l'imaginaire de ses lecteurs.

Les dix albums "vinéens" constituent la partie proprement "Space opera" de cette série. Le premier (Le trio de l'étrange, qui voit la rencontre avec Khâny) pose le cadre: sous notre terre vit une communauté extra-terrestre, technologiquement bien plus avancée que les terriens, des "réfugiés climatiques" avant la lettre, puisque leur planète d'origine, Vinéa, devenait invivable de par la fusion de leurs deux soleils, il y a deux millions et 400 000 de nos années. Pour évacuer toute leur population, "cent vaisseaux étaient prévus, on termina avec difficulté le onzième"... qui finit par atteindre la Terre en nos temps préhistoriques. Les Vinéens s'enfoncèrent sous terre. Au fil des siècles, deux projets ont vu le jour dans leur communauté: soit s'imposer par la force à la surface de notre globe (sujet évoqué dans le deuxième album "vinéen", La forge de Vulcain, et encore dans Le secret de Khâny); soit rapatrier les exilés vers Vinéa, après un voyage exploratoire auquel participera Yoko (dans Les 3 soleils de Vinéa, 3ème album de ce cycle, Yoko et ses amis passent deux mois en léthargie par trajet de deux millions d'années-lumière...). Notre héroïne y retournera à plusieurs reprises ensuite (11 albums, au total, voient intervenir les Vinéens, avec une intrigue se déroulant parfois sous nos pieds et non dans l'espace). Mais à force de voyages dans les étoiles, quelques années se sont donc bien passées! Le blog d'Anudar (La grande bibliothèque d' - ) a chroniqué au fil des ans une dizaine d'albums de la série. Il existe aussi au moins un site de fans.

Je me demandais si on pouvait attendre un 30e album en cette fin d'année 2021. Je viens de dénicher sur ce qui se présente comme "blog auteur copyright Roger Leloup", deux lignes datées du 28 juillet 2021, qui annoncent que "Les gémeaux de Saturne est terminé" (sans date de parution à date). Enfin, en ce qui concerne les droits audio-visuels de Yoko, ils restent propriété totale de la SA Créations Roger Leloup.

Cette question (d'un nouvel album) ayant semble-t-il trouvé réponse, il me reste, à titre personnel, une interrogation. Je me demande si Roger Leloup a jamais songé à "donner les clés" à de jeunes auteurs pour prolonger, sans Yoko, l'univers vinéen, en suivant la piste qu'il avait lui-même donnée dans Le trio de l'étrange puis dans Les 3 soleils de Vinéa: aller explorer d'autres mondes, en racontant ce qui a pu arriver à tel ou tel des neuf vaisseaux partis de Vinéa (il y a deux millions d'années...) avant le 11ème, où se trouvait Khâny, celui qui a atteint la terre (je crois qu'un des 10 a déjà été retrouvé)? Ainsi, (un exemple entre des dizaines - tant il existe d'univers extraterrestres "de papier"!), pourrait-on, qui sait, rêver d'un "croisement" avec Les mondes d'Aldébaran de Léo (Luiz Eduardo de Oliveira)? Ou avec d'autres graphismes comme avec d'autres galaxies imaginaires?

Il ne me reste plus qu'à écrire à Roger Leloup - aux bons soins des Editions Dupuis - pour le lui suggérer!

Posté par ta d loi du cine à 01:00 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : , ,
vendredi 13 août 2021

Secouez la neige... - Alain Rémond

P1120544

Dans une des bibliothèques parisiennes que je fréquente, mon oeil a été attiré par un petit livre de 76 pages (éditions des Busclats) écrit par Alain Rémond qui ne publie pas beaucoup, et ce fut un plaisir de découvrir à nouveau sa prose puisqu'il n'écrit plus de chroniques dans des journaux depuis quelques années. Il avait publié seulement deux livres depuis Les romans n'intéressent pas les voleurs que j'avais chroniqué début 2008.

Avec Secouez la neige..., on fait la connaissance de Jérôme Epilogue, qui apprend par son smartphone que Brigitte, son amoureuse depuis six ans, le quitte. Lui est bouleversé. "Quoi? j'ai dit à mon téléphone.... - On ne quitte pas quelqu'un par téléphone, j'ai dit à Brigitte, surtout si c'est sérieusement. Mais Brigitte s'en foutait complètement, que ce soit au téléphone ou quoi que ce soit." (p7).

Jérôme avait connu Brigitte à la banque de Romorantin dans laquelle il travaillait. Elle avait rendez-vous avec Mme Arsenaut, la chef de Jérôme. Une vraie peau de vache selon Jérôme, qui ne comprenait pas comment une aussi belle jeune femme blonde aux longues jambes pouvait avoir rendez-vous avec Mme Arsenaut. Avec un grand sourire, Brigitte lui répondit : C'est ma mère. Jérôme en était resté comme deux ronds de flan. 

Le dialogue au téléphone continue et on apprend pourquoi Brigitte veut quitter Jérôme même si elle l'aime toujours. Comme indice, je vous dévoilerai que Jérôme a un homonyme, pilote automobile.

Le titre et la photo du livre se réfèrent au seul objet que Brigitte a laissé à Jérôme après qu'elle ait pris toutes ses affaires : une boule de neige avec un couple d'esquimaux qui se font le baiser du papillon quand on la secoue.

C'est un livre qui se lit très agréablement. Alain Rémond dédie ce livre à "l'inventeur du smartphone sans qui ce livre n'aurait jamais existé."

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [7] - Permalien [#]
Tags : ,
mardi 10 août 2021

OSS 117 - Alerte rouge en Afrique noire - Nicolas Bedos

Je n'avais pas beaucoup ri aux deux premiers "OSS 117" avec Dujardin dont j'avais dû voir des extraits plutôt que les films en entier. Cet été, parmi des sorties peu tentantes, je me suis donc décidée malgré tout à aller voir OSS 117 - Alerte rouge en Afrique noire. Nous sommes en janvier 1981, peu de temps avant l'élection de François Mitterrand. OSS 117 alias Hubert Bonisseur de La Bath vient juste de s'évader d'Afghanistan où il était retenu par des militaires Russes qui voulait l'échanger contre des armes. Je rappelle que les Russes ont envahi l'Afghanistan en 1979. Revenu dans les locaux du SDECE à Paris, il est tout de suite appelé dans le bureau de son supérieur, Armand Lesignac. Sur le trajet, il en profite pour mettre la main aux fesses de toutes les femmes qu'il croise dans le bâtiment. Lesignac lui présente un nouvel agent, Serge, alias OSS 1001 (Pierre Niney) à qui on confie une mission en Afrique de l'ouest. On sent qu'Hubert prend en grippe très vite OSS 1001. Pour ce qui concerne OSS 117, il est assigné au traitement informatique des dossiers de l'agence. Dans cette nouvelle tâche, il devient un pro du langage Cobol. Quelque temps après, Lesignac, très inquiet d'être sans nouvelles de OSS 1001, décide d'envoyer Hubert prendre la relève et continuer la mission: mater des rebelles d'un pays où le président en titre doit être réélu avec 84% des suffrages. A partir de là, on se rend compte que non seulement OSS n'est pas futé, mais en plus qu'il est raciste, homophobe, misogyne, qu'il a des pannes sexuelles et qu'il est très jaloux de OSS 1001 pour différentes raisons. Dès son arrivée en Afrique, Hubert (alias Emile Cousin, il opère "undercover", "sous couverture") retrouve OSS 1001. Ce dernier (qui s'était infiltré parmi les rebelles) avait de l'admiration pour OSS 117. Il déchante de plus en plus et à juste titre sur le comportement de son aîné. Je vous laisse découvrir qui est à la tête des rebelles, d'où viennent les armes qui pourraient renverser le pouvoir en place, comment Hubert repousse les assauts d'un tigre et comment le langage Cobol l'aide dans son entreprise de détruire un entrepôt d'armes. Je trouve qu'il y a pas mal d'humour grinçant et Hubert est un personnage pas sympathique (selon moi). Quand on voit le début du générique de fin, on peut supposer qu'il y aura une suite. Un film qui se laisse voir mais pas plus. Lire les billets de Princecranoir, Henri Golant, Pascale.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [17] - Permalien [#]
Tags : ,
samedi 7 août 2021

Les grands espaces - Catherine Meurisse

Je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) viens de découvrir une bande dessinée parue en 2018. C'est un cadeau d'anniversaire qui m'y a amené. Ayant à offrir, pour la deuxième fois (à une deuxième personne), le roman graphique L'oasis (de Simon Hureau, 2020, Dargaud, mais qui n'est pas le sujet du présent billet), j'y ai rajouté cet album-ci, dont j'avais repéré l'argument il y a quelque temps déjà. Son auteur a longtemps été la seule femme membre de l'équipe permanente des dessinateurs de Charlie Hebdo (où elle signait ses dessins de presse "Catherine"). Elle a quitté Charlie peu après le massacre de janvier 2015.

P1120450   P1120457

Les grands espaces, Catherine Meurisse, Dargaud, 2018, 90 pages (mise en couleur Isabelle Merlet - bravo!).

Cet album revisite avec poésie l'enfance de Catherine et de sa (grande) soeur dans les années 1980, à la campagne où ses parents, néo-ruraux avant l'heure, avaient acheté une ferme en ruine pour y faire vivre la famille. Une maman à la main verte et un papa bricoleur, rien de tel pour vous donner une éducation écologique! Nous assistons au fil des pages à la "construction" de Catherine (et de sa grande soeur), entre Pierre Loti, Proust, Versailles, quelques peintres... Tout un passé revisité a posteriori par l'adulte qu'elle est devenue.

Je me permets de citer quelques-unes des magnifiques planches: pas forcément les plus esthétiques, pas forcément les plus belles, mais celles qui résonnent et font sens, pour moi.

P1120452  p.2. L'idéal des parents?

 P1120454 p.38-39 ... et autant pour La faute de l'abbé Mouret de Zola (un peu trop imaginatif...).

 P1120453 p.30. Ah, "le" paysan (qui a dû s'adapter pour survivre)...

 P1120455 p.56-57. Cette double page illustre comme un léger décalage entre la famille et l'éducation de Catherine, et l'univers rural du Poitou s'ouvrant à la modernité (le Futuroscope a été inauguré en mai 1987). Mais, je vous rassure, une ex-Présidente de la région Poitou-Charente en prend aussi pour son grade dans d'autres pages... avec quelque anachronisme puisqu'elle ne l'a été qu'au XXIe s. (avant de devenir ambassadrice des pingouins - un jour, je reparlerai d'oiseaux)!

 P1120456 p.86. La planche qui, dans l'album, suit celle-ci explique que les parents ont tous deux perdu les "maisons d'enfance" où ils avaient grandi...

Catherine évoque dans l'album ses débuts de future dessinatrice professionnelle (un premier projet pour le Festival du Cabicou?), mais n'y parle pas de Charlie Hebdo. Elle l'avait déjà fait dans La légèreté, que j'avais chroniqué ici.

Au final, ces Grands espaces constituent une oeuvre magnifique et touchante. La longue liste des remerciements finit par une "Pensée pour Charb, qui attendait cet album". 

DesHistoiresetdesBullesMême si l'ouvrage ne figurait pas, avant que je l'y inscrive, sur le challenge ci-contre, nombre de blog ont chroniqué cet album bien avant moi, entre autres Violette, Hélène, Sabeli du blog Le carré jaune, le blog Enseigner dehors en ville, Lisou du blog Les pipelettes en parlent, StemilouElsy et CaramelMes échappées livresques, Le dragon galactique... sans oublier Aifelle.

Liste non exhaustive - je vous invite à en chercher encore d'autres et/ou à lire l'album bien entendu!

Terminons en signalant que Catherine a été la première auteur de BD élu(e) à l'académie des Beaux-arts (section peinture), en janvier 2020.

*** Je suis Charlie ***

Posté par ta d loi du cine à 01:00 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags : , , ,