jeudi 23 septembre 2021

Pays baltes - Estonie - 1

Je reviens d'un voyage très intéressant mais assez fatigant. Je suis partie en groupe avec 21 autres personnes et je retiens surtout que j'ai beaucoup marché sur des pavés inégaux et beaucoup piétiné. Mais on a pu admirer de nombreux monuments, des églises, des immeubles dans le style Art Nouveau (à Riga) et plein d'autres choses 

On a commencé par l'Estonie avec Tallinn, sa capitale, qui est relativement petite. La vieillle ville se compose d'une partie haute et d'une partie basse. Cette cité médiévale au bord de la Baltique est cernée par d'anciens remparts. J'ai trouvé les Estoniens un peu renfermés, mais je pense que leur passé historique y est pour beaucoup. Comme la Lettonie et la Lituanie, l'Estonie a connu le joug soviétique de 1945 à 1991. Tallinn compte plus de 400 000 habitants pour une population totale de 1 228 000 habitants dans tout le pays. Tallinn est à mi-distance de Stockholm à l'ouest et Saint-Petersbourg à l'est. Sinon, elle est très proche d'Helsinki. Notre promenade dès notre arrivée fut la ville basse avec la place de l'Hôtel de ville, où se trouve l'une des plus vieilles pharmacie d'Europe. Les photos sont un peu sombre car on a marché à partir de 17h30. Le soleil était pratiquement absent.

EA849A2A-7EEC-48A1-B12A-4DEE6BAD3529 Une maison sur la place

5AD928D5-ABE5-4BF6-9221-3AEAEA8A4184 l'Hôtel de ville

1AAAD20A-B018-4A65-A634-B0FB63A5F432 l'Hôtel de ville encore

8FE05866-7798-440C-B42F-C49868FE84C6 La pharmacie

Deux portes d'entrée des maisons médiévales 

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La ville basse est la ville hanséatique de Tallinn où vivaient les marchands, les artisans, les serviteurs et les ouvriers. Quand on quitte la place de l'Hôtel de ville vers le nord, on peut prendre la rue Pikk (longue) où l'on trouve un bâtiment, celui de la Grande Guilde, une riche association de marchands.

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C40369A3-3AEC-45DD-A8EF-B47600CD110B La plus ancienne horloge de Tallinn date de la fin du XVIIème siècle

976EF51C-F085-4D88-8642-53044C52AD59    4E47611A-E34D-4356-9E6A-F0EFFE3029E5    1E8AD6EA-1C90-40B0-A233-3F248D91CBC7 Cet ensemble de trois maisons devenues un hôtel date du 15ème siècle. On les appellent les Trois Soeurs.

Il faut noter que l'Estonie en général et Tallinn en particulier sont digitalisées. On peut tout acheter par Internet sauf une arme, une voiture ou le mariage! Il y a très peu de voitures dans la ville mais beaucoup de trottinettes. On voit la même chose en Lettonie ou en Lituanie. 

Suite du voyage à Tallinn, dans un prochain billet. 

Et pour répondre au commentaire de Luocine ci-dessos. Je confirme que l'on a vu peu de monde dans les rues. C'est très calme.

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lundi 20 septembre 2021

Délicieux - Eric Besnard

Pour mon retour de vacances, et avant d'écrire quelques billets sur les pays baltes, je veux vous conseiller Délicieux d'Eric Besnard que j'avais vu en avant-première en juillet. Cette histoire qui se passe à la veille de la Révolution française m'a plu pour plusieurs raisons dont le sujet: la création du premier restaurant en France. Grégory Gadebois très crédible dans le rôle de Manceron, un cuisinier au service du duc de Chamfort est renvoyé après avoir créé sans autorisation un genre de petit pâté appelé "délicieux" à base de truffe et de pomme de terre. Manceron est humilié devant une assemblée de convives car on lui fait remarquer que l'on ne nourrit pas la noblesse avec de la nourriture pour cochon trouvée dans la terre. Manceron part sur les routes avec son fils jusqu'à ce qu'il s'installe dans un relais de poste abandonné. Là, il se met à déprimer jusqu'au  jour où une femme nommée Louise (Isabelle Carré) lui demande de l'initier à l'art culinaire. Plus que réticent, Manceron refuse pendant plusieurs jours et puis il sort de sa déprime. Manceron et Louise vont s'apprivoiser autour de recettes de cuisine en commençant par la base: trouver de quoi manger aux alentours. La cuisine, c'est d'abord goûter les ingrédients et comment les préparer. Benjamin, le fils de Manceron, va être aussi d'un grand soutien. On souhaite que le projet de Manceron se réalise: ouvrir un lieu où on sert de la nourriture variée, avec du choix dans le menu à la différence des tavernes, des auberges ou des cabarets où l'on servait avant tout des boissons accompagnées éventuellement de nourriture. A propos de nourriture, les plats que Manceron prépare font saliver les spectateurs (enfin moi, j'ai salivé). Un joli film qui fait du bien et que j'ai trouvé original. Lire les billets d'Anne et Selenie

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vendredi 17 septembre 2021

Un vaisseau fabuleux (et autres voyages galactiques) - Philip K. Dick

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Philip K. Dick (1928-1982) est l'auteur de plusieurs romans adaptés au cinéma dans des films célèbres (Blade Runner, Minority Report, ou encore... Total Recall), et de nombreuses nouvelles de science-fiction. Il était donc normal que je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) puisse chroniquer quelques-unes de ses oeuvres dans le cadre de mon Challenge de la planète Mars. Aujourd'hui, pour mon 10e billet (déjà!), j'aborde cet auteur avec un recueil de nouvelles dickiennes, que j'inscris également pour le 9e Challenge de l'Imaginaire et le XIIe Challenge Star Wars.

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Traductions de l'américain revues et harmonisées par Hélène Collon, 375 pages, 2010 (1er DL 2005, copyright Gallimard), copyright éditions Denoël pour la traduction française

Un vaisseau fabuleux (et autres voyages galactiques) rassemble 12 nouvelles, écrites entre 1952 et 1954. L'édition française précise "Cet ouvrage est publié avec l'accord de l'auteur et de son agent [nom de l'agent...]". J'ai acheté mon exemplaire il y a quelques semaines, sur la foi du texte de 4ème de couverture. Les Martiens dont il est souvent question (souvent des colons terriens) y sont à chaque fois différents... Je commence par dire quelques mots de présentation pour les 8 nouvelles évoquant Mars.

Dans Les joueurs de flûte, un médecin tâche de se renseigner à propos des autochones qui se seraient trouvés sur un astéroïde, et obtient en réponse: "Oh, on raconte qu'ils sont originaires de Mars. Cela dit, ils ne ressemblent guère à des Martiens. Ils ont la peau sombre, plutôt cuivrée. Il sont minces. Très agiles, à leur manière. Ils chassent, ils pêchent. Pas de langage écrit. Nous ne leur accordons pas beaucoup d'attention" (p.113).

Monsieur le vaisseau remarque, p.88, que "Le monde s'est toujours battu, d'abord contre lui-même, puis contre les Martiens, et maintenant contre ces créatures de Proxima du Centaure dont nous ignorons tout". Quant au vaisseau, véritable héros de cette nouvelle, il a acquis une conscience humaine, volens nolens.

Dans Colonie, un équipage débarqué depuis 3 semaines sur une planète se méfie, rappelant que les sables martiens contiennent "une saloperie en forme d'hélice", comparable à l'eberthella typhi que nous avons sur terre (sauf erreur de ma part, ce nom correspond à salmonella typhi, le germe responsable de la fièvre typhoïde!). Je dirai juste qu'ils avaient raison de se méfier...

J'ai trouvé particulièrement forte la nouvelle Tant qu'il y a de la vie... Préserver les sources d'approvisionnement de matériaux devenus indispensables à une société de consommation exacerbée la conduit au désastre. Sur Mars, ce sont des "gisement de rexéroïde" qui sont l'enjeu. Ce produit (?) est indispensable pour le servomécanisme qui fait fonctionner les voitures terriennes! Mais Vénus, Callipso, Neptune, Saturne... sont également sources uniques de matières premières, d'où conflits après conflits.

La crypte de cristal voit les autorités martiennes se montrer plus subtiles que trois agents terriens alors que se profile un conflit entre les deux planètes.

Pour Un vaisseau fabuleux, Mars est juste une destination devant tester un vaisseau pris aux Gaymédiens. Mais il n'y arrivera jamais... alors que le Grand Emetteur martien est le plus puissant du système solaire, arrosant les neuf planètes et portant même au-delà, dans les profondeurs de l'espace (p.352).

L'ancien combattant qualifie les Vénusiens de "pieds-palmés" et les Martiens de "corbeaux", alors que les deux types de mutants descendent de colons terriens (la colonisation de Vénus est citée comme étant intervenue à la fin du XXe siècle!), et que les croisements restent fertiles... Le racisme ne passera pas.

La Mission d'exploration sur Mars y fera une terrible découverte, décourageante.

Les quatre nouvelles qui ne citent pas Mars ne manquent pas d'intérêt pour autant. L'heure du wub qui ouvre le recueil a été la première nouvelle publiée par Philip K. Dick, et bénéficie de 5 pages d'introduction. Elle a conservé un "peps" indéniable! Dans Le canon, un vaisseau d'exploration arrivant sur une planète anonyme se fait abattre par un engin automatique toujours en état de fonctionner, alors que les habitants de ladite planète semblent avoir disparu depuis longtemps. Les braconniers du cosmos, les "Adharans", vont léguer une méchante surprise au vaisseau terrien qui les ont arraisonnés. Enfin, la nouvelle Tony et les "Bêtes" montre l'impérialisme terrien, sûr de lui et dominateur, qui a fini par faire l'erreur de s'aventurer une planète trop loin... avant de devoir commencer à refluer, ineluctablement.

Une belle découverte pour moi que ce recueil, donc. J'espère avoir donné envie de le lire!

Voici pour terminer quelques autres chroniques trouvées sur la toile: le site Vous, humains (pas de commentaire possible?). Erwelyn a présenté deux des nouvelles ici et . Enfin, Snow de Bulles de livre avait parlé du recueil en 2010.

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mercredi 15 septembre 2021

Le petit joueur d'échecs - Yoko Ôgawa

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J'ai terminé Le petit joueur d'échecs de Yoko Ôgawa (Editions Actes sud, 332 pages) depuis quelques jours. J'ai mis du temps à le lire, le laissant souvant de côté sans raison précise. J'ai trouvé l'histoire très triste. Je n'ai pas réussi à situer ce roman dans l'espace (au Japon?) et dans le temps (dans un passé récent ou lointain?). Par ailleurs, les personnages, à deux exceptions près, n'ont pas de nom. Nous avons le petit joueur d'échecs, son grand-père, sa grand-mère, son petit frère, une jeune fille appelée Miira, une éléphante nommée Indira et d'autres personnages identifiés par leur profession ou leur physique. J'oublie le maître, ancien gardien d'usine, un homme obèse adorant les aliments sucrés qui habite dans un bus. Il y vit avec un chat noir et blanc appelé Pion. Ce petit joueur d'échecs, né avec les lèvres scellées, subira une opération chirurgicale qui lui ouvrira les lèvres mais désormais, elles sont recouvertes d'un duvet dru et épais. En effet, les lèvres ont été refaites avec de la peau d'une de ses jambes. Le petit joueur d'échecs et son petit frère vivent avec leurs grand-parents maternels suite au décès de leur mère. Désormais, le petit joueur d'échecs va très souvent sur la terrasse d'un grand magasin, où vécut trente-sept ans Indira, une éléphante qui ne put jamais redescendre car elle était trop grosse pour passer par l'escalier. Plus tard, il rencontre un homme que le petit joueur d'échecs nomme le maître. Ce dernier enseigne les échecs au petit joueur d'échecs âgé de sept ans. Il mettra quatre ans pour battre le maître lors d'une partie. Le grand-père est ébéniste et il répare les meubles cassés. C'est lui qui va construire pour son petit-fils, un lit clos avec un échiquier au plafond car le le petit joueur d'échecs a pris l'habitude de jouer aux échecs en s'installant sous l'échiquier. C'est pourquoi il craint de grandir: "Grandir est un drame". Son voeu est exaucé, sa croissance s'arrête brusquement. Il va garder toute sa vie ce corps d'enfant. Le maître devient, lui, de plus en plus gros. Il lui conseille d'aller exercer ses talents et de continuer à s'améliorer aux échecs dans un club, le Pacific Chess Club. Le petit joueur lit beaucoup d'ouvrages sur les échecs et sur les joueurs de légende. Il voudrait ressembler à un joueur en particulier, Alexandre Alekhine (1892-1946). Au sous-sol du club, on trouve un endroit appelé "Le club du fonds des mers". C'est là que ses talents vont se confirmer. Et grâce à une vieille demoiselle mécène, le petit joueur d'échecs va se mettre à manipuler "Little Alekhine", un automate transformé en joueur d'échecs avec une cavité créée spécialement pour qu'il puisse se glisser sous l'échiquier. Enfin, le petit joueur d'échecs terminera sa courte existence dans une résidence Senior étude.
J'avoue être restée assez en dehors de cette histoire sur la filiation et la transmission. Peut-être parce que je ne connais rien aux échecs. Mais j'ai été contente d'avoir l'occasion de faire connaissance de ce petit joueur d'échecs. Lire le billet de Krol qui a aimé.

PS de ta d loi du cine: c'est moi qui avais signalé à dasola la "lecture commune" organisée pour le 15 septembre 2021 en l'honneur de Goran. Il nous arrivait, à dasola comme à moi, de visiter le blog de ce dernier, Des livres et des films, et même d'y commenter tel ou tel billet. Un ultime rendez-vous, donc, à l'occasion de ce petit joueur d'échecs.

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lundi 13 septembre 2021

Les femmes ne viennent pas de Mars, mais elles y vont - Anneliese Mackintosh

 

Les femmes ne viennent pas de Mars, mais elles y vont, d'Annelise Mackintosh: voilà bien un livre que je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) n'arriverai à inscrire sur aucun des challenges que je suis, ... si ce n'est mon propre Challenge de la planète Mars. Je suis tombé sur ce bouquin par hasard l'autre jour, dans les bacs à tarif doux devant chez Gibert au Quartier Latin. Je ne l'ai lu, bien entendu, qu'après avoir investi 2 euros pour cet achat. Neuf, ce livre sorti en juin 2020 coûte 18,90 euros. Une fois n'est pas coutume, je présente donc un roman paru très récemment! Hors challenge, je n'aurais jamais songé à l'acheter ni même à le feuilleter. Et voilà que je l'ai lu, pour en tirer un billet de plus.

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Selon ce qui figurait sur le site de l'Agence culturelle de la région Aquitaine (ECLA), la traductrice, Aurélie Montaut-Pernaudet, "a acquis une solide expérience dans le domaine de la littérature populaire et sentimentale": voilà qui pourrait suffire à qualifier l'ouvrage. De quoi s'agit-il donc? Solvig, 37 ans, plongeuse professionnelle en couple avec James, un tatoueur amputé d'un pied, court deux lièvres à la fois: tomber enceinte, et participer à un concours pour partir sur la planète Mars (sans l'avouer à son cher et tendre). Le roman est écrit sous forme de récit à la première personne. On partage donc avec notre héroïne les instants de plongée en saturation (avec les collègues qu'il faut supporter), le passage des différentes étapes pour sa candidature au projet médiatique Objectif Mars... et par-dessus tout, ses questionnements sur sa vie de famille, passée, présente ou future, mais plus ou moins dysfonctionnelle. 

De mon côté, je le répète, la seule chose qui m'a attiré vers ce livre qui ne correspond guère à la littérature que je lis usuellement, c'est Mars. Je peux dire que je l'ai lu sans déplaisir, mais avec une indifférence certaine, et que je ne le relirai pas. Quant à cette histoire de recrutement de futurs colons martiens, ça me disait vaguement quelque chose. Il me semblait avoir vu passer des infos dans la presse à ce sujet, fut un temps. J'ai vérifié, et il est explicite que c'est le véritable projet Mars Horizon porté par la société Mars One, lancé en 2011, qui a inspiré le "pitch" de ce bouquin. Il faut malheureusement (?) noter que l'article qui la concerne sur Wikipedia (consulté le 5 septembre 2021) signale la mise en liquidation en 2019 de la société suisse qui l'avait rachetée. Mais Elon Musk reste en embuscade avec ses propres projets de départ vers Mars. Et, plus sérieusement (plus modestement, aussi), la NASA recrute semble-t-il des volontaires (américains!) pour vivre un an, à Houston, comme s'ils étaient sur Mars...

Pour en revenir au livre, j'ignore s'il a attiré beaucoup de lectrices (sinon de lecteurs). J'ai trouvé un petit nombre de blogs qui ont l'ont chroniqué: Charlene, une des cinq chroniqueuses du blog Alice in Neverland, en parle. Mais aussi La bibliothèque de Céline ou Les petites lectures de Scarlett.

Ah, tiens, finalement, une idée: il faudrait que je propose mon exemplaire en "livre voyageur". Et ce serait aussi l'occasion de reprendre contact avec les blogueuses à qui je n'ai toujours pas demandé leur adresse ou un RV pour leur faire parvenir les livres pour lesquels elles s'étaient dites intéressées dans les délais lors d'une opération précédente!

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vendredi 10 septembre 2021

L'enfant de Mars - Cyril M. Kornbluth & Judith Merril / Le Marquis de la Dèche - Roland Dorgelès

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Encore de la littérature pour le Challenge de la planète Mars (lancé par moi-même, ta d loi du cine, "squatter" chez dasola). Comme je l'avais fait naguère pour des livres de Paul Féval ou Howard Fast, je vais profiter d'achats en bouquineries pour présenter deux livres.

Je suis tombé sur le premier par hasard, il y a quelques semaines, en fouillant dans les bacs d'une librairie d'occasion boulevard Saint-Michel, rayon SF / Fantaisy. Aux côtés d'ouvrages très contemporains (pas mal de volumes du Trône de Fer, d'autres "Fantaisies", et de la SF "classique" en Pocket, J'ai Lu et autres Présence du Futur [Denoël]), sur un des "format poche" dont ma main rendait visible un titre après l'autre, un mot m'a accroché l'oeil: "... Mars"! Je l'ai bien sûr sorti du bac et amené jusqu'à la caisse.

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L'enfant de Mars, Cyril M. Kornbluth & Judith Merril,
collection Le Masque - Science Fiction (N°84), Librairie des Champs-Elysées, 1979.

La collection tout d'abord. Je ne la connaissais pas (n'y avais jamais porté attention). Quelques recherches suffisent à n'importe qui pour découvrir que "Le Masque - Science Fiction", créée en 1974 et clôturée en 1981, a publié 116 titres". J'ai eu de la chance en tombant sur le seul volume de cette collection à comporter "Mars" dans son titre. Parmi les auteurs publiés: Philip K. Dick (8 titres), Jack Vance (3 titres), Isaac Asimov (2 titres), Frank Herbert (2 titres), Arthur C. Clarke (1 titre), Robert Heinlein (1 titre)... et bien d'autres auteurs connus (dont quelques Français) dont je n'ai jamais rien lu encore. On y trouve encore Le fusilier Cade, des mêmes Kornbluth & Merril (N°100). Quant à la "Librairie des Champs-Élysées", cette Maison d'édition fut fondée en 1925 par Albert Pigasse, et perdura jusqu'à sa radiation en décembre 1995, après avoir rejoint Hachette en 1971. Sa plus célèbre collection fut celle du Masque.
Aujourd'hui, la marque « Éditions du Masque » est déposée par les Éditions Jean-Claude Lattès, appartenant au groupe Hachette, depuis le 22 février 1996. Pour ma part, j'ai collectionné jadis les 247 tomes de la collection "Western" - ils doivent désormais gésir dans des cartons dans une résidence secondaire à usage de garde-meuble...

J'en viens (enfin!) à L'enfant de Mars. Pour une exégèse du titre, je dirai juste que ça aurait tout aussi bien pu s'appeler "Les enfants de Mars" (il existe au moins un autre livre portant ce dernier titre - rien à voir). On est tout de suite plongé dans l'action sur Mars, alors que le médecin, Tony Hellmann, héros principal, vient de veiller à la mise au monde (martien) d'un nouveau-né tout ce qu'il y a de plus humain, puisque né de colons d'origine terrienne. C'est en suivant le docteur dans ses pensées, ses actions, ses rencontres... que nous est brossé par petites touches, rappelées incidemment par l'un ou l'autre des personnages principaux ou secondaires, l'univers dans lequel ils évoluent, dans un futur indéterminé où la terre est surpeuplée. A noter que les tout premiers colons à avoir "atterri" sur Mars y étaient morts de faim, car le vaisseau-cargo qui devait les précéder avec tout le matériel nécessaire avait été détruit à l'atterrissage.

Désormais, les humains ont découvert une substance, l'oxygène enzyme (OxEn), produite à grand frais sur Mars même, qui, prise régulièrement, leur permet de survivre sur cette planète (atmosphère, atmosphère... et autres inconvénients). Mais tous ne s'y acclimatent pas. Parmi les produits exportés vers la Terre depuis Mars figure une une substance, la "marcaïne", qui peut devenir une drogue dont raffolent les Terriens, et qui rapporte de gros bénéfices - légaux - à ses producteurs. Pour sa part, le docteur Tony Hellmann fait partie d'une communauté, "Sun Lake", qui semble en autogestion, contrairement aux autres implantations terriennes sur Mars (un centre administratif, des mines appartenant à de grandes entreprises, des usines privées, quelques fermes familiales des "pionniers"...). L'équipement dans lequel ont investi les colons de Sun Lake, leur outil de travail et leur moyen d'existence, un laboratoire de chimie, est convoité par d'autres, et une crise éclate avec les autorités.

Après diverses péripéties (la pression ne se relâche pas un instant!), le "deux ex machina" sera un journaliste qui "n'est pas un simple rapporteur reporter" [p.109]. Son quatrième pouvoir l'emporte, très symboliquement, sur les autres: il éclaire le judiciaire, et il se permet de "manipuler" l'exécutif lorsque celui-ci exerce un "excès de pouvoir" règlementaire sinon législatif. Quant à l'enfant, disons juste qu'il a muté...

En deux mots, j'ai trouvé ce roman écrit à l'origine en 1952 particulièrement attachant et facile à lire. Je n'ai rien de spécial à dire sur les auteurs (dont j'ignorais jusqu'au nom avant de découvrir ce livre). Je vous renvoie donc à internet (et notamment à Wikipedia) si vous voulez d'autres informations sur Kornbluth et Merril!

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L'autre titre chroniqué dans ce billet contient un mot qui commence par "MAR" et finit par un "S". Le lien peut paraître un peu ténu pour en parler ici, alors je vais user d'une pirouette et arguer du privilège de l'organisateur du Challenge! Plus sérieusement, je rapproche les deux ouvrages parce que j'ai aussi "chiné" celui-ci dans une librairie d'occasion (pas la même).

L'étal de celle-ci (qui s'affiche "Livres anciens et modernes") m'avait attiré depuis l'autre côté de la rue, avenue Denfert-Rochereau. Pour fouiller dans les bacs de "Poche", il fallait écarter les livres à la couverture passée, posés à l'horizontale, qui les protégeaient du soleil. Le libraire m'a rappelé que les livres craignaient l'humidité, la moisissure, ...et aussi le soleil. En ce qui concerne l'humidité, son arrière-boutique et les livres qu'elle contenait ont subi un dégât des eaux l'an dernier, en provenance du voisin du dessus qui était parti se confiner en province sans couper son arrivée d'eau... Depuis, ça sèche péniblement. Bref.

Je n'avais, je crois bien, jamais croisé (ou, en tout cas, jamais prêté attention à) un "Poche" de Roland Dorgelès autre que son célébrissime Les croix de bois. Alors, quand je suis tombé par hasard sur celui-ci, Le Marquis de la Dèche, bradé à 1,50 euro, je me le suis offert. 

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Il s'agit d'un livre dont le copyright Editions Albin Michel est millésimé de 1971 (du vivant, donc, de Roland Dorgelès), cependant que l'édition "poche" semble avoir été imprimée en octobre 1974 (après son décès - même si celui-ci n'est pas mentionné dans la présentation de l'auteur en page de garde). A l'époque (pas encore un demi-siècle, alors que j'étais collégien), quatre titres étaient mentionnés "Dans Le Livre de Poche" en début de livre, et une vingtaine étaient listés en fin d'ouvrage comme "Oeuvres de Roland Dorgelès". Je reviendrai sur l'auteur plus bas, intéressons-nous donc au livre pour commencer. Ce fameux Marquis de la Dèche, notre héros (ou presque!), campe un personnage pittoresque parmi d'autres qui ne le sont pas moins, sur une Butte Montmartre imprécisément datée de "peu avant la Grande Guerre". Le livre se présente en 13 (oui, 13! Superstition?...) chapitres dont on imagine tout à fait la publication en feuilleton. Les bons mots fleurissent, les "types" sont parfois quelque peu caricaturaux: la bohème et ses artistes fauchés, géniaux, méconnus, enragés de réussite; les anarchistes; les indics; les (petites) crapules, et autres filous ou escroc (personnage attachant!); les "bourgeois" qui viennent s'encanailler; et tout un monde de bars et autres bouges plus ou moins interlopes (souvent tenus par des femmes). Mais tout tourne autour d'un jeune... non pas futur écrivain, mais chansonnier qui rêve d'écrire une opérette sinon un opéra (et d'y trouver la fortune!). Ses amis ou compagnons sont sculpteur, peintre, danseuse, chanteuse, accordéoniste... On sent parfois que Dorgelès a la plume facile du journaliste, avec de grands "morceaux de bravoure" sous forme de discours ou de descriptions, tandis qu'ailleurs quelques phrases suffisent à marquer les jours qui passent et/ou à faire avancer l'action... En ce qui concerne le "genre", il n'y a guère de mise en avant d'homosexuel(le)s - je n'ai pas dit qu'il n'en était nulle part fait mention! Les hommes apparaissent plutôt soucieux de leurs intérêts ou de leur orgueil d'artiste, mais aussi intéressé par la bagatelle, cependant que les femmes semblent plutôt volages... On est davantage dans le registre comique que tragique. Bref, c'est une pochade qui se laisse lire, même si le monde décrit paraît aujourd'hui bien suranné.

Par associations d'idées, je lierais ce livre à deux autres que j'ai lus dans le temps. L'un, pour la jeunesse, Fanchette (le jardin de l'espérance), de Saint-Marcoux, est aussi situé sur la Butte Montmartre, mais dans les années 1950. L'autre, Nuits de princes de Joseph Kessel, se déroule à Pigalle, après la 1ère guerre mondiale.

Je reviens à Roland Dorgelès, dont je ne savais pas grand-chose, comme -je suppose- la plupart des lycéens puis lecteurs de ma génération. Un coup d'oeil sur Wikipedia consulté le 16 août 2021 (je vous laisse vous y reporter - je ne veux pas allonger la sauce davantage!) m'en a appris bien plus que la biographie succincte du livre de poche. J'avoue ne pas m'être reporté à une biographie de Dorgelès, qui m'en aurait sans doute encore appris davantage sur mon livre du jour et son auteur. En tout cas, ce sont une cinquantaine d'ouvrages qui semblent avoir été publiés par notre prolifique auteur, membre de l'académie Goncourt de 1929 à sa mort, et qui l'a même présidée de 1954 à sa mort en 1973. J'ai l'impression que tout cela est bien oublié aujourd'hui. Pour son passage dans le domaine public et une éventuelle exhumation, attendons 2044: peut-être assistera-t-on à un retour à la surface éditorial(e) de toute son oeuvre?

Et pour finir ce long billet, une question subsidiaire: d'ici 2044, l'homme aura-t-il, ou non, posé le pied sur la planète Mars? 

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mardi 7 septembre 2021

Une vie compliquée / La vie compliquée de Georges le tueur! - Wolinski

Cette fois-ci, je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) consacre mon hommage mensuel à Wolinski, avec deux de ses albums aux titres qui se ressemblent. Pour la petite histoire, je ne connaissais pas Une vie compliquée et suis tombé dessus récemment dans une solderie, tandis que j'avais l'autre album dans ma BDthèque depuis plusieurs décennies. Je commence par le plus récent (et sans doute le plus méconnu?).

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 Une vie compliquée, Albin Michel / SEFAM, mai 2005 (après une première édition en 2004?)

L'hstoire semble bien avoir été publiée dans L'Echo des Savanes, ce que les mentions "Albin Michel / SEFAM" me laissaient supposer. Ce magazine semble avoir eu lui-même une histoire compliquée... Est-ce que la fin abrupte serait en rapport avec la suspension de L'Echo des Savanes fin 2005, avant la reprise du mensuel en 2008 par Glénat?

Lors de sa sortie en album, Une vie compliquée avait été présenté (selon ce que j'ai pu lire ces jours-ci sur le web) comme la première "véritable" bande dessinée de Georges Wolinski. Le contenu consiste en une aventure "unique" qui court sur 48 pages, sans que le thème en soit trop introspectif (?). Comme on peut le lire partout (et notamment en 4e de couv'), le "Jules" héros de l'album est présenté comme un play-boy bien garni en femmes comme en comptes bancaires.

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Dans l'album de la SEFAM, notre Jules apparaît plutôt comme un membre de la classe moyenne supérieure, un Français normal, avec une double vie, quelques maîtresses par-ci-par-là, et aucune inquiétude à avoir pour ses fins de mois. A noter encore que, dès la première page, on aperçoit des oiseaux qui... P1120442  P1120443 Mais non, j'en parlerai le mois prochain. Disons que le héros se prélasse en hamac dans une île. Dès la page 3, sa légitime l'appelle (au téléphone). Retour prévu à Paris, en passant par Stockholm... Trajet comme retour sont torrides. Et générateurs de quiproquos. Et Jules se retrouve dans de mauvais draps. Notre infortuné héros est pris pour ce qu'il n'est pas, un tueur. Ce n'est pas lui, c'est l'autre, monsieur "X"! Ah, en passant, ne prêtez jamais votre PC à votre chérie, quel que soit le prétexte invoqué! Elle va le pister dans son paradis puis à Stockholm. Les mafieux comme la police sont aussi sur ses traces. Son seul soutien: "X", dont on découvre qu'il a embarqué Jules dans son repaire. Devenu méconnaissable, il s'ennuie. Mais ses poursuivant(e)s rappliquent... Bref, vous l'aurez compris, ça fourmille de péripéties. Les 48 pages ne sont absolument pas numérotées. Par moment, un court récitatif suffit à faire avancer l'action. En dernière page, cet album commencé par des oiseaux s'achève en queue de poisson (à suivre / suite attendue?).

Quelques images du refuge en montagne. P1120444  P1120445 "X" est un vrai professionnel.  

*

*     *

Je passe maintenant à l'autre ouvrage que je possédais de longue date [septembre 1998!], au titre un peu similaire: La vie compliquée de Georges le tueur! (éditions du Square, 1970 - 36 ans avant avant l'autre!). Ce second album (le premier chronologiquement) consiste, lui, en un regroupement de plusieurs épisodes plus ou moins philosophiques. Je dirais presque qu'il s'agit d'un album "à sketches". 

P1120441 Editions du Square, dépôt légal 4e trim. 1970

Le premier a pour titre "Le matraqueur". La première "victime" de celui-ci ne lui rapporte, comme butin, que deux sachets de graines... spéciales. Ces femmes empotées qui poussent doucement sont, je suppose, à ne pas prendre au pied de la lettre (ce serait bien trop méchant). Cette bande dessinée de 1970 nous montre une première "belle plante" dont le héros doit se séparer prématurément, tandis que la seconde s'attache longuement...  Faut-il voir dans cette historiette de 9 pages des (sex-symbol), entre celles qui dépérissent vite d'avoir été cueillies trop vite, et celles qu'il faut tenir à distance si on les a laissées nous envahir? Après quelques planches d'interlude, place à "La vie sentimentale de Georges le tueur", qui court en vain derrière le succès (10 pages d'histoire, + 2 planches-interlude).

Voici la planche d'ouverture du troisième épisode: le tueur réfugié dans le chalet, la grosse voiture qui vient le chercher... P1120561 ...Est-ce que ça nous rappelerait quelque chose? Il y est question d'un petit pays dangereux, s'il exporte une terrible invention: non, pas une religion, juste la découverte du professeur Cavanna, qui peut rendre l'humanité immortelle... 

Quatrième épisode: "C'est bien fait pour eux!". Georges (le tueur) revient, et il est plus méchant: dictateur, c'est à lui qu'il revient d'exterminer cette humanité qui le lasse. Encore deux pages d'interlude, et une conclusion ("Sex-shop") en dix pages encore: Georges est tout seul sur terre... ou presque.

Mais que je sache, à part sur le papier, Wolinski n'avait jamais agressé qui que ce soit!

*** 

Je profite de ce billet pour signaler l'appel co-signé par Maryse Wolinski et six dessinateurs de presse, dont Coco, Riss et Juin, pour réclamer la création, à Paris, d'une Maison du dessin de presse et du dessin satirique. Cette création avait été annoncée à grand son de trompe le 7 janvier 2020, à l'occasion du cinquième anniversaire de l'attentat contre Charlie, par le Ministre de la Culture, qui était à l'époque Frank Riester. Aujourd'hui, si j'ai bien compris, pour boucler le plan de financement, il ne manque plus que l'engagement financier de l'Etat... Peut-être n'est-ce plus assez "attractif"?
Appel publié dans le Journal du Dimanche du 05/09/2021, p.37.

*** Je suis Charlie ***

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lundi 6 septembre 2021

Un triomphe - Emmanuel Courcol / Une histoire de désir et d'amour - Leyla Bouzid

Voici deux films que je conseille. Je les ai vus le même soir.

Je commence donc par Un triomphe d'Emmanuel Courcol dont le scénario s'inspire d'une histoire vraie, qui s'est déroulée en Suède dans les années 80. Etienne (Kad Merad) interprète un acteur en manque de projets. Il accepte de reprendre un atelier de théâtre dans une prison. Cinq détenus sont présents. Ils ont surtout étudié des fables de La Fontaine et ils aimeraient faire des sketchs. Ce n'est pas vraiment du théâtre. Etienne a l'idée de monter En attendant Godot de Samuel Beckett. Il explique aux détenus que c'est "l'histoire de deux mecs dans la m...de qui attendent des jours meilleurs", tout comme eux qui attendent toute la journée. Il se donne six mois pour arriver à présenter la pièce sur une scène. Les répétitions ne sont pas faciles mais Etienne y croit. Des obstacles administratifs sont résolus grâce à la directrice de la maison d'arrêt. J'avoue que je n'avais pas entendu parler de cette histoire et j'ai été surprise par le dénouement qui se passe à Paris au théâtre de l'Odéon. Car non seulement les détenus ont eu du succès dès la première représentation au théâtre de la Croix-Rousse à Lyon, mais d'autres théâtres les ont réclamés. Les détenus sont interprétés par des acteurs épatants. Un film agréable à voir. Lire les billets de missfujii et Rock07.

Mon second film vu la même soirée est Une histoire d'amour et de désir réalisé par une femme, Leyla Bouzid. Le premier plan du film montre un corps sous une douche. Il s'agit du corps d'un jeune homme, Ahmed, d'origine algérienne mais né en France, qui commence son cursus universitaire en littérature comparée à la Sorbonne. C'est son premier jour de fac et dans un des couloirs de l'université, il croise le regard de Farah, une jeune Tunisienne fraîchement débarquée de Tunisie. Elle compte bien découvrir Paris et toutes ses tentations. Ahmed et Farah suivent le même cursus consacré à la poésie arabe séculaire, très versée dans l'érotisme. Ahmed, de par ses convictions et son éducation, a du mal à exprimer ses sentiments et pourtant Farah lui plaît bien. Il est très réservé face à l'exubérance de Farah. Cet amour platonique va évoluer grâce peut-être à un ouvrage que Farah lui offre, Le jardin parfumé, un manuel d'érotologie arabe qui date du XVème. Un très joli film avec deux jeunes acteurs épatants. Lire le billet de Pierre D

***

A partir de ce lundi 6 septembre au soir, je me mets en pause de blog pour une dizaine de jours. Je pars visiter les pays Baltes. Néanmoins, un billet paraîtra le mercredi 15 septembre, il s'agit d'une lecture commune pour rendre hommage à Goran, un blogueur disparu tout récemment. Et ta d loi du cine a prévu de prendre les rênes du blog en mon absence.

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vendredi 3 septembre 2021

Les sorcières d'Akelarre - Pablo Agüero

Le film Les sorcières d'Akelarre de l'Argentin Pablo Agüero nous raconte une histoire qui se passe au Pays Basque côté espagnol en 1609. Le réalisateur s'est inspiré d'une "chasse aux sorcières" menée par Pierre de Lancre (1553-1631) dans la région du Labourd. Il était conseiller au Parlement de Bordeaux sous Henri IV. Appelé par un jeune prêtre de la région, de Lancre arrive en tant que juge accompagné d'un conseiller. Six jeunes filles d'un village de pêcheurs sont arrêtées car elles sont accusées d'avoir participé à une cérémonie diabolique, un sabbat. Elles sont condamnées d'avance au bûcher. Ces jeunes femmes belles, libres et intelligentes même si elles n'ont pas appris à lire et à écrire vivent la plupart de l'année seules car les hommes sont partis pêcher à Terre-Neuve. Interrogées les unes après les autres, elles sont torturées, humiliées. Quand on les interroge, on cherche une marque sur leur corps. Ana, la plus rusée des six, décide d'entrer dans le jeu du juge en avouant qu'elle est en effet une sorcière. Telle Shéhérazade, elle se met à raconter des histoires à de Lancre qui est comme envoûté. Malgré cela, le sort de ces jeunes filles est scellé mais pas de la manière que l'on croit après une cérémonie de Sabbat plus vraie que nature. J'ai été sensible à la manière dont le réalisateur filme caméra à l'épaule. C'est aéré et jamais pesant. Un très bon film qui sort des sentiers battus.

Lire les billets de Selenie, Baz'art et Pascale.

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mercredi 1 septembre 2021

Manifestement vôtre - N°17

== Attention, ce 17e billet d'une série qui s'éternise (mais n'a pas encore atteint la majorité / le droit de vote) sera un peu moins basé sur l'actualité et un peu plus "coup de gueule". Âmes sensibles s'abtenir. ==

Et bien non, contrairement à ce que le titre de ce billet pourrait laisser croire, je n'ai encore jamais manifesté, le samedi, pour protester contre le pass sanitaire. Et cela parce que je ne me retrouve nullement dans ce que la presse ou la télé ont pu nous montrer des organisateurs ou des plus exaltés des manifestants (barnums incendiés, pharmaciens ou soignants pris à partie!... Complotisme et antisémitisme, proximité / porosité avec l'extrême-droite...). Je pense plutôt faire partie d'une (forte) minorité (un tiers des Français?) qui "ne sont pas pour" le pass sanitaire, sans pour autant apprécier la "minorité agissante" de ceux qui s'y opposent de manière "virulente" (si je puis dire).

Je sais pas vous, mais moi, ça faisait des mois et des mois que je croisais des personnes qui me disaient "Oh, le covid-19? Je crois bien que je l'ai eu déjà! J'ai été malade comme un chien / totalement sur le flanc / au fond de mon lit pendant 3 jours / une semaine..., à l'époque où on n'en parlait pas encore / juste avant le 1er confinement..., et puis ça a passé tout seul...".
Et manifestement, ces personnes-ci n'ont jamais pris la peine de consulter (guéris avant, à coup de paracétamol?) ou de se déclarer "officiellement". Parmi elles, le discours pouvait aller de "du coup, plus besoin de me faire vacciner!" à "Bah oui, je me ferai quand même vacciner, comme tout le monde, on n'a pas le choix...".

Je me demande donc combien, parmi les réfractaires au vaccin comme moi, ont été des "malades clandestins" - par opposition aux bientôt sept millions de malades officiels dûment estampillés, référencés, comptabilisés (plus de 10% de la population française, tout de même!)?

Occasion encore de souligner que les beaux chiffres de nos comptages nationaux précis jusqu'à l'unité, ça me fait donc doucement rigoler... Les ordinateurs ne recrachent jamais que ce qu'on leur a injecté. Si les données sont faussées ou incomplètes à la base, ça ne les dérange pas spécialement... On obtient quand même de jolies courbes, qui éclairent nos "décideurs" pour prendre des décisions indifférenciées... (sinon indifférentes).

== Ce qui m'embête, c'est qu'il est impossible (inutile, plutôt) à chacun de vouloir se faire tester pour connaître l'état de ses éventuels anticorps: l'HAS a dit (béni soit son nom!), dans son avis du 15 mars mis à jour le 16 juillet 2021, que la science n'est pas capable de savoir à partir de quel taux les anticorps nous protègeraient... ("A ce jour, la présence d'anticorps ne permet pas de garantir que vous êtes protégé contre la maladie si vous rencontrez à nouveau le virus ou ses variants") alors que ma "suggestion" (voire mon attente!) aurait été que soient développés et promus des tests permettant de détecter la quantité d'anticorps (et leur "efficacité" prévisionnelle) pour permettre à chacun d'apprécier SA propre situation, afin de prendre (et d'assumer) sa propre décision... ==

Profitons-en pour relever d'autres exemples, sinon de "technophobie", du moins de mes réticences quand il nous a été demandé de nous "adapter" à des modifications en fait imposées.

Le passage de la TV hertzienne à la TNT, en devant soit me procurer un boitier bidule soit changer de télé? Zut. Après tout, biberonner ce qui coule des tuyaux audiovisuels, je m'en passe bien, et ça m'évite de m'endormir, le dimanche après-midi, devant les F1 qui tournent en vrombrissant sur leur circuit... Du coup, je me suis aperçu que j'avais davantage de temps pour lire! Le pass navigo annualisé? Zut. J'ai dû être l'un des tout derniers à utiliser ma "carte orange" tant qu'il a été possible de s'en procurer un coupon. Et je sais bien pourquoi je m'achète (en espèces!) un pass découverte différent chaque mois (5 euros, soit 60 euros par an): c'est parce que je n'ai pas les moyens d'en acheter un chaque semaine (ce qui reviendrait à 260 euros dépensés "pour rien"...). Un smartphone? Zut. Je me promène avec ma "cabine téléphonique portative" dans une poche et sa batterie dans une autre, donc. Je les réunis toutes les fois que j'ai, moi, besoin de passer un coup de fil. Etre borné en permanence, ... ma foi, je laisse ça à qui le souhaite! Et si, demain, on me remettait à chaque coin de rue les 40 000 cabines qui existaient naguère, je pense que mon bidule de poche passerait aussi sec à la poubelle. Ça suffit? Presque.

Se faire enfoncer dans les naseaux un écouvillon long de 20 centimètres... Si ça se trouve, ça atteint le cerveau (ah, je viens de comprendre pourquoi les gens acceptent de se faire vacciner, ensuite! - pouf pouf). En tout cas, non merci, pas pour moi, aussi longtemps que je pourrai l'éviter. Je ne peux plus aller au restaurant, au cinéma, au théâtre? Tant pis pour moi. Tant pis aussi pour les professionnels qui ne bénéficient pas de ma clientèle de ce fait... au moins jusqu'au 15 novembre?

== Bon, ceci dit, je vais quand même pimenter ce billet avec quelques infos relevées dans la presse le mois écoulé. ==

Dès fin juillet, tout était déjà prêt pour la campagne de rappel (3e dose) dans les EHPAD, à partir de septembre... Et pour la quatrième?

Ah bah ça n'a pas traîné: Moderna et Pfizer augmentent le prix de leur vaccin anticovid, pour les dernières livraisons contractées pour l'Union européenne. Vous avez dit situation de monopole en économie capitaliste?

20/08/2021 - une surprise incroyable, dont nul ne se serait douté, et qui va certainement modifier du tout au tout les politiques sanitaires française, européenne et même mondiales (c'est bon, je sors...): nous (les êtres humains - pour les souris, voir ci-dessous) ne serions pas égaux devant le virus! 25% des formes sévères du covid-19 s'expliqueraient par une anomalie génétique ou immunologique. Et alors, les 25% "à risque" et les 75% "moins à risque", va-t-on arriver à les différencier (j'ai pas dit discriminer!)?

Un film d'horreur réservé à un public averti? des chercheurs ont filmé en temps réel l'avancée du virus dans le corps de souris infectées... Bon, je sais pas si la version intégrale est réservée aux abonnés? Ce que j'en ai vu n'est pas excessivement spectaculaire...

03/08/2021: selon une étude américaine, l'infection naturelle fournit une telle immunité robuste sur le long terme que la vaccination contre la maladie n'offrirait aucun avantage réel. Et selon les chiffres israéliens, 40% des nouvelles infections dans le pays concernent des personnes vaccinées alors que seulement 1% concernent des personnes guéries du coronavirus. YESSSSSSS! Le tout, donc, c'est de juste commencer par ne pas en mourir...
En France, actuellement, on nous abreuve de chiffres qui disent que la majorité des malades sont non-vaccinés. En Israël (si j'ai bien compris!), la lecture des chiffres est inverse, avec comme explication: "quand la majorité d'une population est vaccinée, c'est normal que la majorité des malades parmi cette population soit aussi des gens vaccinés"!

27/08/2021: j'avoue avoir (encore) ricané en lisant le (gros) titre "L'infection entraîne plus d'effets indésirables que le vaccin". Faut-il que la masse des "irréductibles Gaulois" ait besoin d'être convaincue, pour faire ainsi flèche de tout bois! Bien entendu, l'article est beaucoup plus sérieux que ce titre stupide au 1er degré le laisserait penser.

12/08/2021: les maladies nosocomiales, je connaissais; les champignons nosocomiaux, pas encore...

20/08/2021: selon l'AFP, la pandémie a cessé d'accélérer cette semaine. Et ben moi, je vais vous bidonner un scoop, de sous mon seul chapeau (inventé, donc!): l'*fgh*n*st*n n'aurait déclaré aucun nouveau cas aujourd'hui (l'échelle est trop petite!). Champagne?

07/08/2021: toujours intéressant de constater comme chacun se constitue sa propre grille de lecture... Moi, dans l'article de 20 minutes, je décrypte en priorité que 13% des patients admis en soins critiques fin juillet ETAIENT vaccinés! ... En fait, on peut donner tous les arguments qu'on veut (pour le vaccin): ça touchera les uns sans faire bouger les autres! (comme aurait à peu près pu dire Chirac)...

09/08/2021: une micro-algue toxique sur les plages de la côte basque française pourrait donner des symptômes correspondant à ceux du covid-19. Si mêmes les algues s'y mettent, maintenant, on est vraiment mal barrés!

10/08/2021: respect. Il a été au fond des choses. RIP.
RIP (bis):
le 1er homme au monde à avoir été vacciné est mort (j'avais loupé cette info du 26 mai 2021)

10 août 2021 - Alerte rouge en Martinique, pardon, dans les Antilles: si tout le monde n'a pas entendu le message "Arrêtez de ne pas vous faire vacciner: vous allez attirer le virus!", c'est qu'on est aussi bête que OSS117, ou moins malin que ce que le gouvernement pense... Et après, on nous dira "Je t'avais prévenu!" ?

Je vous parlais le mois dernier du vaccin à avaler (en gélule). Voici désormais le vaccin à sniffer (en spray, made in China)!

19/08/2021: à Sarreguemines, remise de peine envisageable pour les détenus qui se feraient vacciner? 
Y aura-t-il un démenti (une "nuance"), comme en Guadeloupe les 15 et 16 août pour le document publié par Libération?  Ou pourra-t-on dire que libération (de prison) a fait école?
Dernière Minute: désolé M'sieurs-dames, il semble que même avec le vaccin, c'est pas automatique...

18/08/2021 - la vaccination comme acte d'amour: François, merci beaucoup! Maintenant, tu veux pas aller t'occuper du mariage des prêtres, plutôt? 

23/08/2021 - bientôt le retour de la rentrée... et timing impeccable pour cette sympathique initiative: du matériel mathématique fabriqué à partir de masques recyclés, distribué gratuitement dans une commune de Haute-Garonne... Espérons que ça donnera l'esprit de géométrie à nos gamins du XXIe siècle concernés! 

20/08/2021: ah bah en voilà une idée américaine qu'elle est bonne pour faire repartir le secteur du spectacle vivant.  Comme quoi les Américains ne sont pas toujours si nuls que ça... Plus qu'à y affecter le budget nécessaire, hein Roselyne...

21/08/2021: il faut de tout pour faire un monde? Un Brésilien s'est débrouillé pour se faire vacciner 5 fois dans son pays... L'addiction au vaccin... ça se soigne?

30/08/2021: le virus aussi dangereux, chez certains patients, qu'une morsure de serpent à sonnette? Etude américaine, bien sûr (où donc trouve-t-on des serpents à so(r)nnette...?).

25 août 2021: une info qui m'a fait sourire (mais je ne fais pas partie des intéressés, bien sûr): 7 personnes sur les 200 piquées le 27 juillet au centre de vaccination de La Flèche (Sarthe) avaient reçu une injection de sérum physiologique en guise de vaccin... Ça me fait penser à ces malheureux candidats dont l'administration égare les copies et qui doivent recomposer...

Dernière minute: le 31 août 2021, on apprend que les données personnelles de 700 000 personnes testées (noms, prénoms, dates de naissance, adresses, numéros de téléphone, numéros de sécurité sociale et adresse e-mail, ...ainsi que le résultat des tests) se retrouvaient jusqu'au 27/08 accessible à tous, le mot de passe censé les protéger étant aussi en ligne. Je ne sais même plus que dire... Chapeau à toute l'équipe: les organisateurs, les entraîneurs, les sponsors, les soignants... sans oublier ceux sans qui rien ne serait arrivé, les décideurs politiques!

Pour finir, en lien avec l'actualité (JO et Afghanistan), je vais extraire une citation que Joseph Kessel, dans Les cavaliers, place dans la bouche d'un vieux conteur: "Il est un bon proverbe. Si la chance est avec toi, pourquoi courir? Et si la chance n'est pas avec toi, pourquoi courir?"

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