lundi 30 mai 2022

L'extinction de l'espèce humaine - H. G. Wells

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Bon, décidément, ce n'était pas un optimiste, H. G. Wells. Je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) m'en suis aperçu en lisant le plus court des livres que je me suis récemment offerts, L'extinction de l'espèce humaine (Petite Biliothèque Payot classiques N°1081, 2018). Il ne s'agit pas vraiment de fiction, mais plutôt de considérations sur un avenir qui, à chaque fois, apparaît inéluctable... et peu désirable.

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Ce petit livre correspond à un recueil de cinq articles écrits entre 1891 et 1896 et publiés dans quatre journaux, revues ou magazines différents, en parallèle à ses oeuvres romanesques les plus connues. Des articles, Wells en a écrit plus de 200 entre 1887 et 1898, la plupart sous pseudonymes, selon la "note de l'éditeur" qui introduit l'ouvrage. J'inscrirai en tout état de cause ce recueil d'articles "inédits en français" tant dans le "Mois Wells" (co-organisé avec Sibylline) que dans le challenge "2022 en classiques" (co-organisé par Blandine et Nathalie). 

* Régression zoologique propose un paradoxe intéressant, en prenant appui sur la biologie et les similitudes de différentes espèces au stade embryonnaire, avant spécialisation des cellules et des organes (atrophie de ceux qui seront inutiles à telle ou telle espèce). En très gros, on peut retirer de ces 21 pages que nous sommes, nous humains, des poissons dégénérés, puisque nos ancêtres ont été "contraints" de s'adapter à la terre ferme. La preuve que le poisson est plus évolué que l'homme, selon Wells, est symbolisé par l'impossible capture des truites (ouf, un peu d'humour anglais!). Je retiens surtout ce que Wells rappelle, à savoir le bref laps de temps (aux échelles géologiques...) qui sépare l'apparition, le développement et la domination d'une espèce sur les autres, de sa disparition...
Avertissement sans frais: notre futur remplaçant n'est sans doute pas très loin de nous.

* À propos d'extinction rappelle, lui, que seuls les fossiles ont gardé le souvenir de tant de terribles lézards restés sans descendance. Plus proche de nous, il cite également les dégâts causés sur ce qu'il n'appelle pas encore les "écosystèmes" par le déferlement de l'homme civilisé (?) aux quatre coins du monde: dodo, bison, animaux endémiques d'Australie et de Nouvelle-Zélande... L'article finit par une image frappante: les deux derniers hommes présents sur terre à la suite d'une pandémie - puis le dernier, qui reste seul.
Cela m'a une fois de plus donné envie de relire La mort de la terre, écrit par Rosny ainé en 1912, près de deux décennies plus tard.

* L'homme dans un million d'années prévoit deux évolutions parallèles: celle de l'homme, qui abandonne peu à peu tout ce qui est contingences matérielles pour ne plus devenir qu'un cerveau dans une grosse tête dont la bouche minuscule n'absorbe plus que des liquides nutritifs, et celle de notre planète. Cette dernière refroidit, de sorte que nos lointains descendants sont amenés à se réfugier dans des galeries de plus en plus profondes sous la surface terrestre. Au passage, quelques pages anticipent presque le passage par le véganisme (l'abandon de la consommation de viande crue d'abord, des autres "fruits de la terre" ensuite), avant que l'Homme, n'ayant plus "besoin" d'autres créatures vivantes que lui-même, reste l'unique espèce sur terre. Et, là, le "penseur" (l'auteur) frissonne et quitte son rêve éveillé!
Cette fois-ci, c'est à l'épisode Echecs sur Mars du cycle de John Carter (des "êtres-cerveaux" qui se servent de "corps sans têtes" - des "animaux" bipèdes qu'ils contrôlent - pour se déplacer) que l'article m'a fait penser.

* L'extinction de l'espèce humaine imagine, non sans talent, l'homme confronté plus ou moins soudainement à une espèce qui progresse de manière inopinée (éventuellement en profitant d'une "erreur" de l'espèce humaine) pour sortir de sa niche écologique: les pieuvres (avec référence à Victor Hugo!), les fourmis légionnaires (évitons d'exterminer leurs prédateurs naturels!), ... ou - prémonition? - un germe inconnu (une maladie inédite) qui provoquerait une pandémie cataclysmique susceptible d'exterminer toute l'humanité.
Rappelons aux lecteurs contemporains que ce livre est paru chez Payot en 2018 (et non en 2020).

* De l'intelligence sur Mars prétend prouver, en s'appuyant sur la multitude de facteurs qui interviennent dans l'évolution des espèces, qu'il est rigoureusement impossible qu'existent sur la planète Mars des êtres conscients comparables aux humains. Ces 7 pages achèvent un peu abruptement le recueil.
Je relèverai juste que cet article-là a été publié le 4 avril 1896, tandis que La guerre des mondes l'a été en 1898.

J'espère avoir quelque peu attisé la curiosité de ceux qui, comme moi, n'avaient jamais lu d'articles de Wells, mais seulement ses oeuvres romanesques les plus connues. Je citerai enfin les quelques mots qui terminent la présentation en 4ème de couverture: [Wells] "fut un grand penseur du posthumanisme, annonçant la fin d'une espèce humaine dépassée par ses propres inventions". 

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samedi 28 mai 2022

The Duke - Roger Michell

The Duke de Roger Michell est le genre de comédie anglaise comme je les aime avec un arrière-fond social. L'histoire se passe en 1961. A Newcastle, Kempton Bunton (Jim Broadbent, épatant), la soixantaine, est marié avec Dorothy (Helen Mirren) qui est femme de ménage chez des notables de la ville. Kempton est un chauffeur de taxi très bavard qui se fait renvoyer. Depuis treize ans, Kempton ne se remet pas du décès accidentel de leur unique fille morte à 18 ans d'un accident de vélo. Pour se changer les idées, il écrit des pièces de théâtre qu'il envoie à des éditeurs, espérant se faire publier. Kempton est un homme lettré et il a des convictions, qui lui ont causé parfois des ennuis. Sa nouvelle lubie est que les gens de peu (comme lui) soient exemptés de payer la redevance télévision à la BBC. Dans le même temps, il apprend que la National Gallery de Londres vient d'acquérir le portrait du Duc de Wellington peint par Francisco de Goya pour 140 000 livres, un montant qui pourrait payer des milliers de redevances. Ni une, ni deux, lors d'un séjour à Londres, on assiste au vol du tableau, et Kempton demande une rançon de 140 000 livres pour le rendre. Tel Robin des bois, il prend aux riches pour essayer de redonner aux pauvres. Le film est vraiment sympathique, un peu lent par moment, mais rien que les séquences qui se passent au tribunal de Old Bailey valent la peine d'aller le voir. Et il m'a donné envie de revisionner James Bond contre Dr No. Si vous allez voir The Duke, vous comprendrez pourquoi. Sinon, c'est le dernier film tourné par Roger Michell disparu en 2021. Lire les billets de Pascale et Henri Golant.

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mercredi 25 mai 2022

La guerre dans les airs - H. G. Wells

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Je (ta d loi du cine, squatter" chez dasola) commence à mon tour (après son billet à elle) le "Mois Wells" (co-organisé avec Sibylline) en piochant dans ma bibliothèque un titre un peu moins connu que les plus emblématiques d'Herbert George Wells, La guerre dans les airs. Et cela me permet d'inscrire aussi ce billet pour poursuivre mes participations aux challenges "2022 en classiques" (co-organisé par Nathalie et Blandine) et au "10e challenge de l'Imaginaire" (de Ma lecturothèque).

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La guerre dans les airs (Folio N°1549, 375 pages), c'est celle que l'on voit se livrer les nations dites "civilisées", lors d'un suicide collectif des civilisations qui se produit dans une de ces "anticipations" dont Wells a fait son miel. Il s'agit pour moi d'une relecture, puisque je m'étais offert ce livre en 1985. Quelques décennies de lectures après, j'y ai trouvé une multitude de réminiscences littéraires. En ce qui concerne les dates, le texte contient quelques allusions aux années 1906 et 1907 (année de sa rédaction, sachant qu'il a été publié en feuilleton en 1908, et traduit en français dès 1910).

Pour dire quelques mots des fils conducteurs: chacun des 11 chapitres est subdivisé en 4 à 10 parties de quelques pages correspondant, je suppose, aux livraisons du feuilleton. Il nous est d'abord présenté une famille, les Smallways, soit le père, retraité, le fils ainé, Tom, et son épouse (petits commerçants en fruits et légumes dont ils font pousser eux-mêmes une partie), et le plus jeune fils, Bert, qui "cherche" encore sa voie (loueur de bicyclettes, chanteur ambulant...). Occasion aussi de parler du monde "de progrès" dans lequel ils vivent. Dans ce futur proche, les pays sont sillonnés par des lignes de "monorails" (électriques?), moyen de transport ayant manifestement supplanté le chemin de fer (trains à vapeur), et c'est un pont (et non un tunnel) qui a été jeté en travers de la Manche. Reste à mener la conquête de l'air, avec moult expérimentations entre "plus légers que l'air" (dirigeables) ou plus lourds que l'air (aéroplanes). Ici se place l'anticipation: alors qu'un inventeur, un certain Butteridge, a fait la preuve des qualités de l'appareil de son invention et cherche à en vendre les plans, de son côté, l'Allemagne impériale s'apprète sans tambours ni trompettes à partir à la conquête du monde. Ce pays dispose, au début de la guerre qu'il entame, de trois cents dirigeables, que nous pouvons aujourd'hui comparer aux 129 Zeppelins construits des débuts des travaux du Comte jusqu'au Hindenburg, y compris ceux utilisés par l'Allemagne pour des missions de bombardements au cours de la Première Guerre mondiale. Les engins dirigeables tels que Wells nous les montre sont bien plus puissants et infiniment plus destructeurs que ne l'ont été les vrais dirigeables fonctionnels. Les différents "plus lourds que l'air" utilisés dans le roman par les militaires s'apparentent, eux, à des "ULM" contemporains [ultra-léger motorisé]. Mais n'oublions pas qu'H. G. Wells a rédigé ce livre quelques années avant que Blériot ait réussi l'exploit de seulement traverser la Manche (1909). Bref, par un concours de circonstances rocambolesques, Bert va se retrouver malgré lui embarqué dans la flotte aérienne allemande, à travers l'Atlantique, jusqu'en Amérique du Nord. Il assistera aux ravages causés aux Etats-Unis d'Amérique (destruction de leur flotte cuirassée dans l'Atlantique, d'abord, puis bombardement aérien de New York, ensuite). Mais si des bombardements aériens peuvent détruire villes et infrastructures d'un pays, ils ne peuvent permettre de le "conquérir" (ce qui nécessiterait l'envoi au sol de troupes nombreuses). Et quand l'alliance sino-japonaise, qui pendant ce temps construisait, elle, ses propres dirigeables par milliers, entre à son tour en guerre contre "l'Occident", la guerre devient mondiale, incontrôlable... et aboutit à la fin du monde civilisé (chute des Etats, guerres civiles, épidémie mondiale...). Qu'il suffise de dire que, échoué aux chutes du Niagara, Bert parviendra, par miracle mais aussi à force de détermination, à retraverser en bateau l'Océan pour retrouver sa dulcinée restée en Angleterre. Après ces aventures, ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants (11, dont seuls 4 survécurent, eu égard aux rudes conditions d'existence d'après-guerre...).

Je parlais en début d'article de mes réminiscences. Elles ne sont pas uniquement littéraires. La description des débuts de l'aviation (temps héroïques) m'a rappelé la série TV Les faucheurs de marguerites (pour laquelle je mettais mon réveil en pleine nuit pour ne pas rater un épisode d'une rediffusion nocturne, il y a peut-être deux ou trois décennies...). Les aléas d'une boutique de location-vente de bicyclettes donnent lieu à la rédaction de lignes d'humour anglais dignes de Jerome K. Jerome (Trois hommes dans un bateau). L'inventeur cherchant à monnayer son invention peut faire songer au roman Les Trois yeux de Maurice Leblanc (postérieur), ou à Face au drapeau de Jules Verne (antérieur bien entendu). En outre, je serais curieux de savoir si le London des Histoires des siècles futurs et Wells (qui a survécu trois décennies à London) avaient connaissance de l'oeuvre l'un de l'autre? Wells fait intervenir dans sa fin du monde civilisé la "maladie pourpre" (venue du Tibet?) là où Jack London (qui écrivait, lui, en 1910) n'attribuait aucune provenance à sa Peste écarlate.

Enfin, la chute d'un monde civilisé peut éveiller des échos par rapport au discours de nos "colapsologues" contemporains. Il faut tout de même noter que chez Wells, cet effondrement est moins dû à des modifications environnementales que comportementales: c'est la chute des gouvernements centralisés, mais aussi l'arrêt des échanges commerciaux, et très rapidement celui de toute l'économie basée sur un système monétaire garantis par les Etats, aggravé par les ravages humains causés par les guerres civiles puis une épidémie mondiale, qui amène les rares survivants au repli sur de petites communautés ayant oublié l'usage des techniques "modernes" - c'est du moins le cas de celles de Tom et de Bert. Je ne suis pas sûr que j'avais eu cette grille de lecture-là en 1985.

Voici deux blogs qui ont parlé de ce titre: Le Gilel Ludique, et Littérature (dernier billet en 2020).

Je suppose que, quand il a fait le choix de devenir écrivain professionnel, Wells rêvait d'éclairer ses contemporains par le truchement de la fiction. Mais il me reste bien d'autres titres à lire pour conforter ou infirmer cette impression.

P1140333 D'un tout récent passage en librairie, j'ai ramené les quatre Wells ci-contre, dont je tirerai bien encore quelque(s) billet(s) - en fonction de la longueur de chaque livre:

Miss Waters (179 pages)

Enfants des étoiles (151 pages)

Un rêve d'Armageddon précédé de La porte dans le mur (109 pages)

L'extinction de l'espèce humaine (83 pages)

... et il y avait encore d'autres titres disponibles! J'ai hâte de lire d'autres billets que les miens sur ces oeuvres.

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lundi 23 mai 2022

Extrême urgence - Michael Crichton / Le cannibale de Crumlin Road - Sam Millar

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Extrême urgence (Edition Pocket, 438 pages) est un des premiers romans écrits par Michael Crichton en 1968 qui était encore étudiant à la Harvard Medical School. Il a écrit des romans pour payer ses études. Entre la médecine et l'écriture, il a choisi la deuxième après avoir été diplômé de médecine. Extrême urgence est un thriller qui se passe dans le monde médical. Le narrateur, John Berry, un médecin dans un labo d'anatomie pathologique d'un hôpital bostonien va mener une enquête pour disculper un ami obstétricien d'origine sino-amécaine. Il est accusé par la mère de la victime d'être responsable d'un avortement qui a provoqué la mort de la patiente, Karen, une jeune femme de 17 ans. Karen était la fille d'un grand médecin de Boston. La police a trouvé le suspect idéal et elle ne va pas plus loin. Berry, lui, du fait qu'il connait bien son domaine va suivre plusieurs pistes et en particulier, il apprend que Karen avait une vie dissolue, sexe et drogue. John s'approche tellement de la vérité qu'il en retire quelques plaies et bosses. J'ai trouvé quelques lacunes dans la résolution de l'histoire et des questions restent sans réponse. Cela n'empêche pas que le roman se laisse lire.

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Je passe au Cannibale de Crumlin Road de Sam Millar. Cet ex-taulard s'est reconverti dans l'écriture et cela lui réussit. J'apprécie beaucoup ses romans. Le cannibale de Crumlin Road (Collection Point Policier au Seuil, 328 pages), a été écrit en 2010 et il est sorti en 2015 en version française. Comme pour les autres romans de Millar, l'histoire se passe à Belfast. Et l'on retrouve le détective privé Karl Kane qui va devoir affronter un sérial killer assez abominable. Ce dernier issu d'un milieu aisé enlève des jeunes femmes maigrichonnes. Il les fait grossir, surtout le foie et les reins, organes qu'il consomme après avoir tué ses victimes, souvent des marginales. Jusqu'au jour où la propre fille de Karl Kane est enlevée. Le dénouement va se passer dans une prison désaffectée située Crumlin Road. Le roman se lit très vite. L'auteur a un grand sens de la narration même si ce roman n'est pas mon préféré de l'auteur. Lire le billet d'Yv.

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vendredi 20 mai 2022

Time after time (C'était demain) - Nicholas Meyer

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Dans le cadre du challenge H. G. Wells organisé par Sibylline (La petite liste) et Ta d loi du cine, j'ai revu avec le même plaisir C'était demain, sorti en 1979. Il faisait s'affronter dans l'espace temps Herbert George Wells (lui-même) et Jack the Ripper (Jack l'éventreur). C'est un film charmant qui a plu à mon ami Ta d loi du cine qui ne l'avait jamais vu. L'histoire commence en 1893, à Londres. Il fait nuit. Une prostituée attire un client dans la rue. Grave erreur pour elle. Elle se fait tuer avec sauvagerie. Pendant ce temps, Herbert George Wells, âgé de 27 ans, qui n'a pas encore écrit tous ses romans et essais, reçoit quelques invités pour dîner. Un dernier invité arrive, il s'agit du Docteur Stevenson. Il s'est réfugié chez Wells car il est poursuivi par la police. En effet, Stevenson n'est autre que Jack l'Eventreur. Herbert George vient de mettre au point une machine à explorer le temps (futur ou passé) mais il n'a pas encore osé s'en servir. Stevenson, lui, n'hésite pas une seconde. Wells se lance à sa poursuite et il se retrouve le 7 novembre 1979 à San Francisco, dans un musée où une exposition lui est consacrée avec la fameuse machine. Il faut voir Wells avec son costume très "holmesien" dans la ville américaine. Il a l'idée d'aller à la banque d'Angleterre où il pense que Stevenson a changé de l'argent. La chance lui sourit en la personne d'Amy, une des jeunes employés de la banque. Elle tombe tout de suite sous le charme de Wells qui ne reste pas insensible, bien au contraire (sourires mutuels). Je ne vous décrirai pas les péripéties de l'histoire. Il y a du suspense. On se demande comment Wells va s'en sortir et arrêter Stevenson qui a repris ses activités criminelles. Wells qui est un homme intelligent arrive même à conduire une voiture, et à répondre au téléphone. Mais il a hâte de retourner dans son époque après avoir appris que le futur ne fut pas ce à quoi il s'attendait. Malcolm Mc Dowell, que l'on a connu en Alex d'Orange Mécanique, ou Caligula, est touchant dans le rôle de H. G. Wells, et Mary Steenburgen est craquante. Un film vraiment sympa qui doit pouvoir se trouver dans des médiathèque. Moi, j'ai le film en DVD depuis 20 ans.

Je suis contente d'avoir participé au challenge H. G. Wells (catégorie films).

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mardi 17 mai 2022

Les Folies fermières - Jean-Pierre Améris

Comme j'ai du mal à terminer les romans que je lis, je continue à chroniquer quelques films.
Après avoir souri devant la bande-annonce, mon ami ta d loi du cine et moi-même sommes allés voir Les Folies fermières de Jean-Pierre Améris. Ce n'est pas la comédie du siècle, mais elle nous a bien divertis. L'histoire est inspirée de faits réels: en l'occurrence, il existe, dans le Tarn, les Folies fermières, premier cabaret à la ferme de France. L'histoire dans le film se passe dans le Cantal près d'Aurillac. David, un éleveur de vaches laitières, est au bord de la faillite. Il a deux mois pour redresser la barre. Ce rêveur vit avec sa mère et son grand-père dans une grande ferme. Les quelques femmes avec qui il a vécu ne sont pas restées. Un soir, ses pas le mènent vers un cabaret en ville. Là, en voyant Bonnie, une belle jeune femme brune, se produire sur scène, il a l'idée de créer un cabaret à la ferme qui lui permettrait de payer ses dettes et ainsi de sauver sa ferme. Il engage Bonnie pour être le metteur en scène et superviser un futur spectacle, en trouvant des artistes de la région. Rien n'est simple, beaucoup d'obstacles se dressent sur leur route. Les quelques artistes recrutés, comme deux soeurs danseuses, un médium, une magicienne sourde et un homme, imitateur de Dalida, ne sont pas toujours faciles à gérer. Par ailleurs, Bonnie a un sacré caractère. David doit arrondir les angles avec tout ce petit monde, sans compter que Laëtitia, une ex copine de David, vient mettre son grain de sel dans les répétitions et dans la vie de David. Le film traîne parfois un peu, mais on passe un très bon moment, avec à la fin quelques images et vidéo sur les vraies Folies fermières du Tarn. 

Sinon, le Festival international du film de Cannes vient de s'ouvrir aujourd'hui. J'espère qu'il y aura de bons films en compétition.

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lundi 16 mai 2022

Mois H. G. Wells en juin 2022 (jusqu'à fin juillet!)

== Ne cherchez pas pourquoi on parlerait spécialement d'Herbert George Wells (H. G. Wells) en juin 2022. Notre auteur est né le 21 septembre 1866 et mort le 13 août 1946, il n'y a donc aucune raison de calendrier. Juste, faites-le! ==

Sibylline, du blog La petite liste et moi-même (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) vous proposons, sur toute la durée de ce mois de juin 2022 (non seulement dès à présent, mais jusqu'au 22 jusqu'à fin juillet en fait...), un "Mois Wells", occasion de lire ou relire son oeuvre (y compris les titres moins connus que la demi-douzaine des plus emblématiques) ou de visionner les adaptations de celle-ci au cinéma, et de rédiger un billet sur vos blogs respectifs. C'est La petite liste qui prendra en charge la centralisation de vos billets sur l'oeuvre écrite (romans de Wells, biographies de l'auteur, etc.) sur son billet dédié

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Dessin créé par Sibylline pour l'événement sur son blog

== Pour ma part, je m'occuperai de prendre en compte vos billets sur les adaptations en films, ou en bandes dessinées, qui en ont été tirées (ou qui mettent en scène H. G. Wells lui-même). Il vous suffit de m'informer de votre intention de rédiger un billet, et/ou de m'en indiquer le lien lorsque cela est fait, via un commentaire sous le présent billet. ==

Vous pourrez trouver quelques idées sur les pages wikipedia consultées le 14 mai 2022, les films tirés d'une oeuvre d'H. G Wells (la page est-elle exhaustive?) ou plus largement la liste de ses oeuvres sur la page qui lui est consacrée. Et si vous voulez aussi lire l'oeuvre romanesque, j'empiète sur les platebandes de la co-organisatrice en référençant ce qui est aujourd'hui disponible en "Folio" ;-)

Nous n'avons pas encore décidé qui s'occuperait de recenser les chroniques sur les "suites" et "continuateurs" des livres de Wells. Je suppose qu'on verra à l'usage (quitte à les référencer sur nos deux blogs!). On vous tiendra au courant *.

Pour ma part, c'est sous le présent billet que j'ajouterai durant toute la période les participations qui me seront signalées dans le cadre ci-dessus.

A vos claviers!

* (Edit du 16/05/2022) Pour les "suites", nous avons adopté la même logique: La petite liste prend les romans, je prends ce qui est films et BDs.

Edit du 31/05/2022: merci à Pativore pour sa présentation relayant le Mois Wells.

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 Films: 

* dasola (20/05/2022) : Nicholas Meyer - C'était demain (Time after time)

* ta d loi du cine (10/06/2022): Don Taylor - L'Île du Docteur Moreau (1977)

Télévision:

* Pativore (31/05/2022) : adaptation TV de la nouvelle L'oeuf de cristal

* ta d loi du cine (05/07/2022): Futur imparfait (Les enquêtes de Murdoch, saison 3, épisode 8)

Bande dessinée:

* ta d loi du cine : (01/07/2022) Pontarolo - L'Homme invisible (bande dessinée) - (15/07/2022) L'Ile du docteur Moreau (volume 1) - Tamaillon / Legars (bande dessinée d'après H. G. Wells)

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samedi 14 mai 2022

Doctor Strange in the Multiverse of Madness - Sam Raimi / Hit the Road - Panah Panahi

Voici un billet sur deux films qui n'ont rien à voir l'un avec l'autre sauf que j'ai toujours des goûts éclectiques en matière de cinéma.

Je suis allée voir Doctor Strange in the Multiverse of Madness de Sam Raimi car j'ai un faible pour Benedict Cumberbatch. En revanche, je n'ai pas vu le premier Docteur Strange qui date de 2016 ou d'autres films et séries de Marvel. Je pense que c'est un problème, car j'ai senti qu'il s'était passé pas mal de choses avant que l'histoire ne commence. On voit surtout des effets spéciaux spectaculaires, comme dans une des premières séquences où Gargantos, un démon octopoïde, une grosse bébête avec des tentacules et un oeil unique, cause des ravages à New-York. Il poursuit America Chavez, une des héroïnes du monde de Marvel, car elle a le pouvoir de voyager à travers le Multivers, c'est-à-dire de passer d'un univers à l'autre et d'une Terre à l'autre. Ce démon est une des créations d'une certaine Wanda Maximoff, alias la Sorcière rouge, qui rêve de contrôler le Multivers pour pouvoir retrouver ses deux garçons qu'elle a créés dans un des univers du Multivers. Elle veut donc voler le pouvoir d'America Chavez. C'est là que Doctor Strange fait tout pour aider America Chavez dans les différents univers. Les effets spéciaux font partie de l'essentiel du film, qui ne m'a pas déplu, mais je ne suis pas sensible à l'univers des Marvel. Il n'y a que les X-Men qui trouvent grâce à mes yeux. Lire les billets d'Henri Golant, Princecranoir.

Je passe à Hit the Road de Panah Panahi (le fils du réalisateur iranien Jafar Panahi). J'ai eu envie de voir le film après avoir lu des bonnes critiques sur ce premier long-métrage. J'avoue que je m'attendais à autre chose comme histoire. J'espérais une révélatioin fracassante au bout de la route. J'ai attendu pendant tout le film qu'il se passe quelque chose et il ne se passe rien ou pas grand-chose. Je ne sais pas pourquoi une famille composée d'un père avec une jambe dans le plâtre, d'une mère inquiète, d'un fils aîné qui ne dit rien ou presque et du cadet, un gamin insupportable haut comme trois pommes, prend la route avec une voiture qui n'est pas la sienne. Les paysages quasi-désertiques sont sublimes mais cela n'a pas suffi à mon bonheur. Lire les billets de Miriam et Pascale.

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mercredi 11 mai 2022

L'affaire Collini - Marco Kreuzpaintner

Je ne comprends pas que L'affaire Collini, qui est un film de 2019, soit sorti en France le 27 avril 2022 seulement. J'avais aimé le roman et je trouve que le film est à la hauteur. Dans la première séquence qui se passe en 2001, on voit Fabrizio Collini (Franco Nero, impressionnant) tuer de trois coups de pistolet dans la tête Jean-Baptiste Meyer, un octogénaire, dans une chambre d'hôtel à Berlin. Collini se laisse arrêter sans résistance et il ne prononce pas une parole. Caspar Leinen, un avocat germano-turc, est commis d'office pour défendre Collini. Il se trouve que Caspar connaissait bien Hans (le vrai prénom de la victime) Meyer, qui lui avait permis d'avancer dans la vie. Casper était le compagnon de jeux des petits-enfants de Meyer. Le mutisme de Collini est un obstacle pour sa défense, mais désormais tout lui est égal. Caspar doit trouver le mobile de ce crime. L'enquête va le ramener à la période de la seconde guerre mondiale, en Toscane, où l'armée allemande a commis des crimes de guerre. Le film se déroule alternativement sur trois périodes: 1944, les année 1980-90 et 2001. J'ai trouvé le film passionnant et très bien mené, et les acteurs sont tous excellents. Ce film vous permettra d'apprendre comment une loi allemande, la loi Dreher votée en 1968, a permis que d'anciens nazis soient innocentés de crimes qu'ils avaient commis. Pour information, l'auteur du roman qui est aussi avocat est l'un des petit-fils de Baldur von Schirach (chef des Jeunesses hitlériennes et gauleiter de Vienne (Autriche) sous le Troisième Reich). Lire les billets de Pascale, Henri Golant et Selenie

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dimanche 8 mai 2022

Downtown Abbey, une nouvelle ère - Simon Curtis

Je n'ai toujours pas vu la série Downtown Abbey (je sais, c'est une lacune). J'avais tout de même vu le premier long-métrage sorti il y a plus de deux ans qui ne m'avait pas enthousiasmée du tout. En revanche, Downtown Abbey, une nouvelle ère est plutôt réussi à mon avis, peut-être parce que Maggie Smith est plus présente. Nous sommes en 1928 et on suit deux histoires en même temps. La demeure de Downtown Abbey prend l'eau par le toit qui doit être refait. Pour ce faire, la famille Grantham accepte, moyennement une grosse somme, qu'une équipe de tournage vienne tourner un film muet dans la demeure qui est transformée en plateau de cinéma. Par ailleurs, Lady Violet Crawley (Maggie Smith, géniale comme d''habitude), la comtesse douairière, apprend qu'elle vient d'hériter d'une belle villa sur la "riviera" française avec vue sur la Méditerranée. Violet n'en revient pas qu'un monsieur qu'elle a connu presque 60 ans auparavant ait pu penser à elle. Comme elle ne peut s'y rendre en personne, c'est son fils Robert Crawley et d'autres membres de la famille qui prennent le ferry puis le "Train bleu" pour descendre sur la Côte d'Azur et prendre possession de la villa. Toute la partie qui se passe à Downtown Abbey se suit avec beaucoup de plaisir, décrivant un tournage cinématographique cahotique car l'actrice principale est insupportable tout comme sa voix. Les domestiques sont contents de ce tournage. Il les distrait de leur routine. On suit avec intérêt le passage lors duquel un film passe du muet au parlant. Les acteurs sont tous épatants, avec mention spéciale à Michelle Dockery qui interprète la fille aînée de Lord Grantham. Sa voix posée convient bien pour faire du doublage dans un film et elle a beaucoup de classe pour maintenir l'ordre dans la maisonnée en l'absence de son père. Un film que je vous conseille, tout comme Henri Golant.

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