samedi 31 décembre 2022

Vivre - Oliver Hermanus

Quelle histoire émouvante que celle de Vivre, qui est une adaption du film Ikiru du cinéaste japonais Akira Kurosawa (1952). L'adaptation a été faite par l'écrivain Kazuo Ishiguro (Les Vestiges du jour). Mr Williams (Bill Nighy, exceptionnel) est un chef de service de la mairie de Londres. Nous sommes en juillet 1953. Comme ses collègues et subalternes, il arrive en train tous les jours à la gare de Waterloo. Ils portent tous des chapeaux melon et sont en costume cravate. Le bureau de Mr Williams est en bout de table. Il est entouré de six collègues dont une nouvelle recrue, Mr Wakeling. Ils s'appellent tous par leur nom de famille. Devant chacun d'eux, les dossiers en attente s'accumulent et Mr Williams qui est un homme raide comme un piquet en met beaucoup de côté avant de mieux les oublier. Mais la vie de Mr Williams va être chamboulée quand il apprend qu'il n'a plus que 6 mois à vivre. Il a un cancer. Cet homme qui est veuf apprend à rire un peu, à s'humaniser devant une employée qui lui demande une lettre de recommandation et il va tout mettre en oeuvre pour qu'une aire de jeu dans un quartier de Londres soit créée. En revanche, Mr Williams n'arrive pas à avouer l'état de sa santé à son fils et à sa belle-fille. Cette dernière n'est pas très sympathique. Rien que pour Bill Nighy qui est vraiment extraordinaire dans son rôle, il faut voir le film qui émeut beaucoup.

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Je profite de ce dernier billet de l'année pour vous souhaiter une très bonne fête de fin d'année.

A l'année prochaine!

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vendredi 30 décembre 2022

Collection "Raconter la vie" / Le parlement des invisibles - Pierre Rosanvallon

J'ai (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) remis la main sur mon second exemplaire du livre Le parlement des invisibles de Pierre Rosanvallon, (ancien) directeur de la collection "Raconter la vie" aux éditions du Seuil. Je l'avais acheté en 2020, année de parution de cette seconde édition.

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Le parlement des invisibles, 142 pages, 3,50 euros, format 10 x 15 cm (contre 20,4 x 13,9 pour les livres de la collection "Raconter la vie" elle-même).  

J'ai aussi sous la main une bonne partie de tous ceux de la collection que j'ai achetés (d'autres sont actuellement prêtés via tel ou tel canal). Dasola m'en avait offert plusieurs. 

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En les feuilletant aujourd'hui, je m'aperçois que je les ai pour la plupart aussi vite oubliés que lus, et l'esprit du présent billet n'est pas de les relire. Encore heureux que j'aie pour habitude de noter quelques mots à la fins des "essais" que je lis... et vivent les 4e de couv' de chaque livre (reprises dans le bouquin de Pierre Rosenvallon!). Entre 2014 et 2015, format et prix ont changé (pour tenter de résoudre l'équation économique?): 5,90 euros pour moins de 80 pages, contre 7,90 et une centaine de pages par la suite. 

Voici quelques mots sur chacun des titres photographiés ci-dessus.

Un homme à la crèche, Thomas Grillot. Par un écrivain professionnel, une sorte d'immersion sociologique imaginant (?) un homme faisant un métier "normalement" (?) dévolu aux femmes... et les réactions des collègues, des parents. Pas simple.

La Barbe, Omar Benaala: 1995-1999, le temps pour l'auteur de faire le tour d'un "retour à la religion" pour un voyage au terme duquel il a fini par raser sa barbe et se ranger. C'est écrit avec style, à la première personne. Je l'avais acheté en 2015, quelques mois après publication.

Dans l'oeil du gardien, Jean-François Laé. L'auteur est sociologue. Le sujet d'étude? Le rôle du gardien dans un HLM. De la médiation, de la pédagogie... Beaucoup de plaintes, peu de merci. Quel métier! On y croise même des étudiants en socio. 

Sous mon voile, Fatimata Diallo. Je me rappelle avoir été "dérangé" par cette lecture. Dans mes notes, je comparais cette jeune Malienne à Bernadette Soubirous, tout autant convaincue que l'expression de sa foi était sans conteste le seul mode de vie possible et imaginable... (j'avais noté "se voiler la face"). 

Grand patron, films d'ouvrier, Jules Naudet. Cet ouvrage, l'un des premiers parus dans la collection, est encore un livre de sociologue. Le "patron" en question a souhaité rester anonyme. Il semble assumer sans état d'âme son changement de classe sociale, tout en restant imperméable à toute notion de "lutte des classes"? Citation (p.45) d'une citation: "Franck ne se retrouve donc pas dans l'affirmation d'Annie Ernaux selon laquelle "il était normal d'avoir honte, comme d'une conséquence inscrite dans le métier de mes parents, leurs difficultés d'argent, leur passé d'ouvriers, notre façon d'être"."

Au prêt sur gage, Pauline Peretz. Un des livres qui m'avait le plus intéressé (et je ne dis pas cela parce que l'auteur était la co-directrice de la collection!). Je connais le mécanisme des prêts du Mont-de-Piété. L'analyse sur les motivations des "clientes" (en majorité), leurs histoires de vie, leurs rapports aux objets mis en gage, sur la constitution d'une épargne en "objets de valeur" plutôt qu'à la bourse ou à la banque, le désintérêt, d'une certaine manière, du véritable "coût du crédit"... Tous cela représente un monde "à part", mais fascinant.

Business dans la cité, Rachid Santaki. L'auteur a publié une quinzaine de livre (essentiellement des polars?) entre 2008 et 2020. Cet ouvrage, publié en 2014, semble une oeuvre d'imagination, mais avec une connaissance de l'environnement du "9-3" qui, certainement, rend le récit à la première personne crédible (comme les "série noire" de la grande époque?). 

Les reins cassés, Lou Kapikian. A ce jour le dernier que j'ai acheté, d'occasion, en 2021 (y compris la dédicace de l'auteur). Ce témoignage sur la dialyse et la greffe du rein et les contraintes vécues par une malade (accompagnée dans l'écriture du livre par des "professionnels") m'a permis de mieux cerner ce que vit un de mes propres cousins. Brrr... 

La maison des vulnérables, Sylvia Zappi. Quelques portraits de résidents dans un genre de "foyer social". Des parcours de vie cassée et qui se reconstruisent dans ces murs où les personnes peuvent bénéficier d'un accompagnement à la vie quotidienne.

Les grandes villes n'existent pas, Cécile Coulon. Un témoignage sur une enfance dans un village à la campagne. Et sur la vie au village, au passage à l'âge adulte (symbolisé par le permis de conduire et la liberté qu'il apporte - y compris celle de mourir sur la route). Emma en avait parlé.

L'homme océan, Sylvie Caster. Un style bien journalistique (des phrases courtes: sujet, verbe, complément...) pour parler d'un homme, marin, pêcheur, ancien militaire, tatoué, père de famille... 

Moi, Anthony, ouvrier d'aujourd'hui (sans nom d'auteur). La vie entre petits boulots, enchaînements de CDD entrecoupés de chômage, l'absence d'envie de se retrouver "prisonnier" d'un emploi en CDI (alors que le quitter en démissionnant fermerait la porte des indemnités chômage), formation en alternance arrêtée parce qu'il ne supportait plus, la vingtaine passée, d'être mis sur le même pied que ses condisciples adolescents... En janvier 2014, Anthony avait 27 ans. Il doit donc en avoir 36 aujourd'hui? A la fin du livre, il envisageait de reprendre ses études, en passant le DAEU...

La députée du coin, Nathalie Nieson. Un témoignage intéressant. J'avais noté que cela recoupait un ou deux autres livres du même genre que j'avais lus (mais sans qu'ils s'inscrivent dans un tel cadre de "collection"). A l'époque, l'auteur était député PS. elle avait commencé par être maire, et l'est redevenue à l'issue de son mandat (en tenant sa parole de ne pas en briguer un second). En 2022, elle est devenue secrétaire générale déléguée de Renaissance (le parti de Macron). Comme quoi, avec des études de compta, on peut faire beaucoup de choses.

Je ne me sens pas capable, aujourd'hui, de faire une analyse très poussée de cette aventure éditoriale qui s'est achevée en soumission aux contraintes économiques. Je citerais seulement la préface de la seconde édition du Parlement des invisibles (p.10): "Sur les 26 titres publiés, trois seulement ont eu un fort impact sur les milieux concernés, ayant eu un effet miroir producteur de répercussions collectives (...). Les autres ouvrages, d'après les informations que nous avons pu recueillir, ont, malgré leur prix de vente très bas (6 euros) [sic!], été lus davantage par ceux qui s'intéressaient à la société que par la grande masse des Français d'en bas [re-sic!]. L'indéniable impact éditorial de l'entreprise (il y a eu 185 000 exemplaires vendus pour 26 titres) doit ainsi être modulé par cette considération sociologique".

Je concluerai juste en relevant que j'étais tombé, lorsque j'avais écrit précédemment quelques lignes à propos de la collection "Raconter la vie", sur un article de Frédéric Lordon, en février 2014, qui ne laissait même pas le bénéfice du doute à l'initiative lancée par Pierre Rosanvallon. 

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jeudi 29 décembre 2022

Les banshees d'Inisherin - Martin McDonagh

Je suis allée voir Les banshees d'Inisherin de Martin Mc Donagh sorti le mercredi 28 décembre 2022 car j'apprécie beaucoup l'acteur Colin Farrell. L'histoire m'a fait penser au théâtre de Samuel Beckett. En 1923, dans l'île d'Inisherin au large de l'Irlande, deux hommes, Colm et Padraic, ont l'habitude d'aller au pub pour discuter de choses et d'autres. Et du jour au lendemain, Colm (Brendan Gleeson, impressionnant) ne veut plus voir Padraic (Colin Farrell). Il ne veut plus écouter les discours creux de Padraic. Il prèfère se remettre à composer de la musique. Pour Padraic, le monde s'écroule car cet homme célibataire qui vit dans une masure avec sa soeur Siobhan et ses animaux de la ferme (dont une ânesse appelée Jenny) vit au rythme de ses conversations avec Colm. C'est l'incompréhension totale. Il commence à harceler Colm pour essayer de renouer le dialogue, mais sans succès. Colm en arrive à se mutiler (il se coupe les doigts d'une main) pour que Padraic le laisse tranquille. Autour d'eux, personne ne prend partie. Le film se résume à une suite de va-et-vient entre les deux habitations de Colm et de Padraic et le pub. Il ne se passe pas grand-chose mais on sent qu'un drame couve. En guise de choeur antique, il y a une femme, une banshee (une créature féminine surnaturelle de la mythologie celtique irlandaise, considérée comme une magicienne ou une messagère de l'Autre monde) qui annonce ce qui va se passer. Pour son rôle de Padraic, Colin Farrell a été récompensé de la coupe Volpi du meilleur acteur à la dernière Mostra de Venise. C'est mérité, il est très bien.

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lundi 26 décembre 2022

Godland - Hlynur Palmason

Godland d'Hlynur Palmason, qui est sorti le 21 décembre 2022, est un film islandais envoûtant qu'il ne faut pas louper. A la fin du XIXème siècle, Lucas, un jeune prêtre luthérien danois, est envoyé en Islande non pas pour évangéliser les autochtones mais pour faire construire une église. Il doit aussi prendre des photos de la population dans les paysages d'Islande à couper à le souffle. Après un voyage en bateau, il débarque sur la côte sud-est de l'Islande qui, je le rappelle, était sous la domination du royaume du Danemark. Le voyage à travers les paysages hostiles est éprouvant pour Lucas qui ne s'attendait certainement pas à cela. Il est accompagné par un traducteur car Lucas ne parle pas un mot d'islandais et il ne fait aucun effort pour comprendre et se faire comprendre par les cinq Islandais qui cheminent avec lui. Il y a aussi des chevaux islandais que j'ai trouvé très beaux. Lucas va de plus en plus mal mais il n'est pas au bout de ses épreuves. Et j'avoue que j'ai trouvé ce prêtre assez antipathique au fur et à mesure que se déroule l'histoire. Quand, très affaibli, il sera enfin parvenu à destination, rien ne se passera comme prévu à cause de l'hostilité de certaines personnes. Le cadrage du film est carré avec les bords arrondis. Cela donne un cachet particulier à l'ensemble et il faut noter que pendant le voyage, on entend une explosion phénoménale et le spectateur assiste à un moment magique et magnifique en pleine nuit : le réveil d'un volcan qui crache de la lave orange. Rien que pour cette scène, je conseille ce film qui dure plus de 2hH0. Un très beau moment de cinéma comme je les apprécie. Il faut noter que le titre original du film est double: Vanskabte Land en danois, Volada Land en islandais. Lire le très beau billet de Mymp.

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vendredi 23 décembre 2022

Palmarès cinéma 2022

Bien que je n'aie pas encore vu Godland, un film islandais sorti cette semaine, je veux, comme tous les ans, établir mon palmarès cinéma de cette année 2022. Comme en 2021, j'ai été frappée par la baisse du nombre de spectateurs dans certaines salles. Je trouve cela très triste. Mais, comme me l'a fait remarquer un de mes collègues, fan de cinéma comme moi, les films proposés dans les salles cette année n'étaient pas tous emballants. J'ai vu 89 films et j'en retiens 10.

La nuit du 12 de Dominique Moll, le meilleur film français de l'année.

Le serment de Pamfir de Dmytro Sukholytkyy-Sobchuk pour l'histoire, l'ambiance et l'acteur qui interprète Pamfir.

RMN de Cristian Mungiu, un des oubliés du palmarès cannois.

La conspiration du Caire de Tarik Saleh, un grand succès critique et public très mérité.

Leila et ses frères de Saeed Roustaee. J'ai vraiment aimé ce film avec des acteurs de talents et je ne l'ai pas trouvé trop long.

Aucun ours de Jafar Panahi, pour ce réalisateur qui croupit en prison depuis juillet 2022. Le film est formidable.

The Card Counter de Paul Schrader, film vu au tout début de l'année 2022, il sort des sentiers battus. Des films américains comme on n'en voit plus beaucoup.

As Bestas de Rodrigo Sorogoyen pour le côté anxiogène, pour Marina Fois et pour les deux comédiens espagnols.

Les mystères de Barcelone de Lluis Danès, une splendeur visuelle. Cela m'a fait penser à deux films, Biancaneves de Pablo Berger et Balada trister d'Alex de la Iglesia (pour le côté baroque visuel).

Les femmes du square de Julien Rambaldi, un film qui fait un bien fou.

Et vous, quels sont les films qui vous auront plu cette année?

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mardi 20 décembre 2022

L'arche de Rantanplan - Achdé & Jul d'après Morris

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Après avoir cotoyé les cow-boys afro-américains dans Un cow-boy dans le coton, L'arche de Rantanplan (Lucky comics, 46 pages) nous permet de faire connaissance avec des personnes qui protégeaient les animaux dans l'ouest américain. En l'occurrence, en 1866, Henry Bergh (1813-1888) a fondé le mouvement de protection animale aux Etats-Unis. Dans l'album, Lucky Luke et Jolly Jumper croisent le chemin d'Ovide Byrde qui est près de se faire lyncher par les habitants d'une ville appelée Cattle Gulch qui deviendra plus tard Veggie Town. En effet, Ovide a eu le malheur de vouloir prendre la défense d'un pauvre cheval maltraité. Ovide est le président et le seul membre de la société protectrice des animaux du comté. Sa ferme est une véritable arche de Noé où vivent des animaux de la ferme qui sont remplis d'amour pour Ovide. Il y a même Rantanplan égaré par là qui dévore tout ce qui passe devant sa gueule par exemple des clés et qui va permettre à Ovide de s'enrichir très vite. Bien entendu un "méchant" fraîchement libéré de prison va mettre son grain de sel en obligeant les habitants de Cattle Gulch à adopter les animaux vivant chez Ovide. La vente de viande est abolie et les habitants de la ville deviennent végans (souvent contraints et forcés). Même les Indiens comanches, amis de Lucky Luke, voient leur vie chamboulée à cause d'un petit "papoose", le fils du chef qui change de nom de "Coyote affamé" en "Poireau agile" se convertit au véganisme. J'ai trouvé l'album très sympathique à lire.

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dimanche 18 décembre 2022

Deux livres à offrir en cadeau à des jeunes d'âge scolaire

Je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) vais vous offrir deux idées de petits cadeaux pédagogiques.

Lorsque nous étions retournés à Guédelon avec dasola il y a quelques mois, j'avais été très intéressé par une démonstration de géométrie appliquée à la construction, au travers de laquelle percolait la passion du "formateur". Ses instruments? Le compas et la règle. Mais nous n'avions pas été accueillis sur le site, comme en 2008, avec une "introduction à l'usage de la corde à 13 noeuds". Du coup, j'avais acheté à la librairie du site l'opuscule que je vous présente aujourd'hui.

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Mesurer et tracer au Moyen-Âge, Guédelon, 2022, 64 pages

Le livre donne des informations sur les différentes unités de mesure, en lien avec le corps humain (donc, bien entendu, variables d'un lieu à l'autre, même si leurs rapports respectifs étaient stables).

P1150602 p.7.

Guédelon a "standardisé" ces différentes unités... 

P1150599 p.10-11.

Page 13, est évoquée la "fameuse" corde à 13 noeuds, dont il est dit qu'elle a été inventée par les Egyptiens il y a plus de 4000 ans. Le titre général de la page est "Les instruments de mesure et de tracés sur un chantier au Moyen Âge".

P1150600 p.21.

Par contre, Wikipedia (consulté le 16 décembre 2022) fait état d'une controverse et insiste sur l'absence de preuve d'usage de la "corde à 13 noeuds" au Moyen-Âge (que ce soit dans l'iconographie ou dans les textes). Conclusion: selon les chercheurs cités, ce serait un "mythe néo-pédagogique" qui remonterait à 1966. Si ce n'est pas vrai, c'est bien trouvé! Le livre peut en tout cas constituer un bon "aide-mémoire" pour des notions de géométrie appliquée: la démonstration du théorème de Pythagore, la définition d'un carré, d'un triangle, d'un trapèze...

Bien entendu, cela n'empêche pas d'aller faire, en saison, une visite familiale au Château-fort.

Et, pour finir sur une anecdote concernant les mathématiques: je connais un professeur de maths qui me chante parfois les louanges du système duodécimal (12), pour multiplier les compétences en calcul mental aux gamins, notamment. Mais, à ma connaissance, il n'a pas encore écrit de livre sur le sujet... 

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Le second ouvrage, que je viens de "cueillir" dans une librairie de quartier dans laquelle mon actuel club CIGALES vient d'investir, est encore plus polémique. 

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Le nucléaire n'est pas bon pour le climat, Hervé Kempf, Seuil coll. Seuil libelle, septembre 2022 

Hervé Kempf est journaliste et fondateur du site Reporterre. Il est aussi l'auteur de plusieurs livres sur les thématiques environnementales et la critique du capitalisme (et des capitalistes). Dans ce récent ouvrage, il critique le "pari" fait sur la relance du nucléaire en France, non sans des arguments qui me paraissent solides, d'une part sur le problème des déchets nucléaires, et surtout, d'autre part, sur le risque d'accident d'une centrale nucléaire en France (en contradiction avec le discours officiel comme quoi un accident nucléaire, tel que Tchernobyl ou Fukushima, ne pourra jamais avoir lieu en France). Je pense que la lecture de cet opuscule (54 pages en gros caractères) peut aider à se construire un avis sur le sujet. 

Pour conclure sur ce sujet en donnant ma propre opinion: je suis intimement persuadé que, lorsque se sera produit, en France, l'inéluctable accident aux conséquences catastrophiques clairement annoncées dans ce livre (territoire plus ou moins étendu contaminé et inhabitable, morts par centaines sinon par milliers [y compris pour des causes collatérales: accidents de la circulation, stress...], coût se comptant en centaines de milliards d'euros)... Une fois l'accident advenu, disais-je, tous les experts du monde seront sans conteste capables de nous expliquer par le menu, minute par minute, comment il s'est produit, à la suite de quelle intervention humaine intempestive et/ou de quel événement imprévu parce que totalement imprévisible... alors qu'on nous a seriné depuis des décennies qu'un tel accident était impossible. La question n'est pas là. La question est que nous devrions, le plus rapidement possible, décider de nous passer totalement d'une technologie aussi dangereuse. J'ai dit (et écrit).

A part ça, bonnes fêtes à tous, nous y sommes presque, ce n'est plus qu'une affaire de jours (pour les Fêtes, je veux dire).

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samedi 17 décembre 2022

Les bonnes étoiles - Hirokazu Kore-Eda

Comme Pascale, j'ai beaucoup aimé Les bonnes étoiles du réalisateur japonais Hirokazu Kore-Eda qui, cette fois-ci, a tourné son film en Corée du Sud avec des acteurs coréens. Les bonnes étoiles du titre sont peut-être les adultes qui entourent et dorlotent un adorable bébé âgé de quelques mois. So-Young, une jeune femme pas très sympathique de prime abord, abandonne son bébé au pied d'une "boîte à bébé" pas loin d'un orphelinat. Elle ne s'est pas rendue compte qu'elle est suivie par deux femmes dans une voiture. Ce sont deux femmes policiers. Peu de temps après, deux hommes qui travaillent dans un pressing, Sang-hyeon et Dong soo, volent le petit garçon avant que l'orphelinat ne le découvre. Ce n'est pas la première fois. Ils vendent chers les bébés au marché noir mais en choisissant de bons parents. Cette fois-ci, ils vont être aidés dans leur entreprise par So-Young qui compte bien récupérer sa part. On découvre pourquoi les deux femmes policières suivent ce trio improbable qui va être rejoint par un petit garçon échappé de l'orphelinat. Il y a beaucoup de tendresse et d'émotion dans ce film qui à un moment lorgne vers le polar quand un homme est découvert assassiné. J'ai aimé la fin même si on ne sait pas ce que deviennent certains personnages. Un film que je recommande tout comme Selenie.

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mercredi 14 décembre 2022

Sous les figues - Erige Sehiri / Maestro(s) - Bruno Chiche

Sur les conseils de Miriam, je suis allée voir Sous les figues d'Erige Sehiri. L'histoire se passe dans la campagne tunisienne pendant une journée. Après un parcours cahotique dans des camionnettes, des jeunes filles et d'autres femmes plus âgées, ainsi que quelques hommes jeunes et moins jeunes, sont chargés de cueillir de grosses figues bien mûres. C'est un travail délicat car les branches des figuiers se cassent facilement. Pendant la cueillette, les conversations vont bon train. Les filles qui portent un foulard sur les cheveux bavardent beaucoup. Elles parlent librement sans langue de bois. Elles ne se laissent pas faire par certains ouvriers un peu entreprenants. Elles rêvent au prince charmant. Et pendant une pause, elles se maquillent. Les garçons semblent désabusés par la vie qu'ils mènent. Ils travaillent pour gagner quelques dinars. Les femmes âgeées se plaignent de leurs douleurs ou bien font du thé pendant leur pause. Sur le chemin du retour, tout semble un peu apaisé. J'ai aimé la manière dont la réalisatrice filme les visages au plus près. Ce film permet de côtoyer un échantillon de la population tunisienne aujourd'hui. Un film avec beaucoup de charme. Je conseille moi aussi.

Dans Maestro(s), Yvan Attal joue le rôle d'un chef d'orchestre Denis Dumar qui vient de recevoir un prix lors d'une cérémonie à la télé. Son père, François, est aussi chef d'orchestre. Lors d'une répétition, ce dernier (Pierre Arditi qui "fait la gueule") apprend par un coup de fil qu'il a été choisi pour diriger la Scala de Milan. Malheureusement, suite à un quiproquo, il y a eu une erreur. C'est Denis qui doit diriger l'orchestre et non François. La rivalité entre père et fils restera très feutrée grâce à la présence d'Hélène (Miou Miou), la compagne de François. De son côté, Denis bénéficie de la présence de son ex-femme qui est devenue son agent et il est tombé amoureux d'une femme violoniste qui souffre de surdité. Ce film permet de faire entendre quelques morceaux de musique dont l'ouverture des Noces de Figaro de Mozart en entier. Attendez la sortie du film à la télévision. 

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dimanche 11 décembre 2022

Sa préférée - Sarah Jollien-Fardel

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Sa préférée (Sabine Wespieser Editeur, 200 pages), le premier roman de Sarah Jollien-Fardel née en Suisse en 1971, est une réussite. Il vient d'être récompensé par le prix du roman Fnac 2022 et il a été en lice pour le prix Goncourt. L'histoire se passe en Suisse, dans un village haut perché dans le Valais. Dès le début, Jeanne, la narratrice (le récit n'est fait que par une personne), nous fait entrer tout de suite dans le vif du sujet : la violence faite aux femmes. En l'occurence, Claire, la mère, et Emma, la soeur de Jeanne, sont maltraitées, battues, humiliées et (même violée pour Emma) par Louis, le père, un être fruste et frustré qui ne savait dire que des insanités. Jeanne, la plus jeune, est la seule à lui avoir tenu tête jusqu'au jour où il l'a tabassée à tel point qu'elle s'est retrouvée alitée. Dès qu'elle l'a pu, Jeanne est partie de la maison. Elle s'est rendue compte que les voisins et la famille savaient ce qui se passait, mais personne n'a levé le petit doigt pour aider ces trois femmes. Jeanne ne pardonnera jamais à son père pour ce qu'il a fait subir à sa soeur et à sa mère. Elle trouve refuge à Lausanne et éprouve de l'apaisement à nager dans le lac Léman. La nature tient une part importante dans l'histoire. Et Jeanne, malgré ses mauvais souvenirs d'enfance, revient souvent dans les montagnes valaisiennes. Par ailleurs, Jeanne a du mal à s'attacher profondément à quelques personnes comme Marine ou Paul, une femme et un homme dont elle tombera amoureuse. Un roman avec une écriture qui est tenue de bout en bout. Je conseille.

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