mardi 9 septembre 2014

Enemy - Denis Villeneuve / Maintenant ou jamais - Serge Frydman / The Salvation - Kristian Levring

En attendant des sorties plus consistantes au mois de septembre, voici trois films qui m'ont plus ou moins plu.

Je commence par Enemy de Denis Villeneuve qui m'a laissée assez perplexe. De nos jours, à Toronto, Adam Bell, professeur d'université, mène une vie terne avec sa petite amie. Cependant, quand le film commence, il assiste à des ébats amoureux, dans un lieu fermé, en compagnie d'autres hommes. Ce n'est pas la première fois. Plus tard, par hasard, grâce à une vidéo conseillée par un collègue, il découvre qu'il a un double, une copie conforme de lui-même. Adam mène son enquête qui le met en présence d'Anthony, son sosie parfait, un acteur mariée à une femme enceinte. Chacun rejette l'autre, cette gemellité fait peur. Au loin, dominant Toronto, l'araignée ("la mère") sculptée par Louise Bourgeois fait son apparition. Ces éléments que je vous livre ne donnent qu'une vague idée de ce qu'est l'histoire. J'avoue n'avoir pas compris où le réalisateur voulait en venir. Jake Gyllenhaal qui joue les deux personnages d'Adam et Anthony est très bien, Toronto est superbement filmée. Tout le film baigne dans les tons ocres. Mais je me suis passablement ennuyée devant ce film trop abstrait pour moi. Lire le billet de ffred nettement plus enthousiaste.

Je continue avec Maintenant ou jamais de Serge Frydman (qui a aussi écrit le scénario), avec LaÏla Bekhti et Nicolas Duvauchelle, qui est un film que j'ai bien apprécié. Une jeune femme qui donne des leçons de piano rêve d'une belle maison où elle vivrait avec mari et enfant. Malheureusement, son mari vient d'être licencié de la banque où il officiait. Elle décide de braquer cette banque avec l'aide d'un libéré sur parole (Nicolas Duvauchelle) qui lui avait volé son sac à main peu de temps auparavant. Ce film m'a paru avant tout une jolie histoire d'amour. D'ailleurs la fin que je ne dévoilerai pas pourrait faire penser à une suite. Le couple Bekhti/Duvauchelle m'a fait un peu penser à celui formé par Emanuelle Devos/Vincent Cassel dans Sur mes lèvres de Jacques Audiard (2001). Lire le billet d'Alex-6.

Je termine par The Salvation, un western danois (si, si) dans lequel Mads Mikkelsen, Eva Green et quelques autres font merveille. J'ai personnellement beaucoup aimé cette histoire assez violente. En 1871, quelque part aux Etats-Unis (au Texas?), Jon, un Danois, ancien soldat très bon tireur, vient attendre au train sa femme et son fils qu'il n'avait pas vus depuis sept ans. Tous les trois s'embarquent dans une diligence en compagnie de deux hommes violents qui violentent la femme de Jon et tuent aussi le jeune garçon. La vengeance de Jon est assouvie très vite sans savoir que le frère d'un des "méchants" fait régner la terreur dans une petite ville voisine. La trame est classique, un homme solitaire, une petite ville où les habitants pas très courageux ont peur et commettent des actes de lâcheté face à des "très méchants" dont un Corse joué par Eric Cantona (himself). Eva Green qui a perdu sa langue (au sens propre du terme) sait très bien manier le fusil. Une curiosité que je vous conseille. Lire le billet de Trillian.

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mercredi 3 septembre 2014

Huit heures de sursis (Odd Man Out)- Carol Reed / Mon épouse favorite - Garson Kanin / Violence à Park Row - Samuel Fuller

Comme je l'ai annoncé dans un billet précédent, la période de l'été est l'occasion de (re)voir de "vieux" films qui sont projetés certains jours dans des salles "Art et Essai" à Paris. Le cinéma Action Christine dans le 6ème arrondissement à Paris remplit très bien sa mission. C'est mon ami qui a eu envie de voir Huit heures de sursis (Odd Man Out en VO) de Carol Reed (1947), un film qui dure presque deux heures. Le film tourné dans un très beau noir et blanc est d'une grande densité et âpreté. A Belfast, Johnny McQueen (James Mason), chef d'un groupe irlandais clandestin, vit caché depuis plusieurs mois dans la maison de Kathleen et sa mère. Johnny organise le hold-up d'une banque avec quelques comparses. Les choses tournent évidemment mal, un homme est tué et Johnny gravement blessé. Une chasse à l'homme est organisée, Belfast est quadrillée et Johnny est en train de se vider de son sang. Se réfugiant d'un endroit à l'autre, Johnny rencontre des personnes plus ou moins bien disposées à son égard. La ville vit dans la peur, la police est partout présente mais cela n'empêche pas qu'une certaine solidarité de la part de quelques individus se fasse jour pour essayer de sauver Johnny. La fin du film où Johnny est acculé par les forces de polices est un moment poignant. James Mason livre une prestation inoubliable qui lui a ouvert les portes de Hollywood. Le film existe en DVD. Je vous conseille de le voir.

Je continue avec un film nettement plus léger, Mon épouse favorite de Garson Kanin (1940), où Irene Dunne donne la réplique à Cary Grant. Irene Dunne (1898-1990) est une actrice que j'ai découverte grâce à ce film. Elle avait un grand tempérament comique. Quand le film commence, Nick (Cary Grant) vient de se remarier et part en voyage de noces. C'est à ce moment là qu'Ellen, sa première épouse portée disparue depuis 7 ans (elle était naufragée sur une île déserte) fait sa réapparition. Le pauvre Nick se retrouve donc bigame. C'est une comédie enlevée et vraiment très sympathique que je vous conseille aussi.

Je termine par Violences à Park Row de Samuel Fuller (1952). Dans les années 1880, plusieurs journaux de presse sont établis dans le périmètre de Park Row à New York, Etats-Unis. Phineas Mitchell, un journaliste qui a une certaine éthique de son métier, décide de fonder son propre journal. Il rencontre immédiatement le succès, au grand dam d'un journal rival (dirigée par une femme) pour qui il travaillait auparavant. Le succès de ce nouveau titre est d'autant plus grand que l'Allemand Ottmar Morgenthaler, l'inventeur de la première machine linotype, se met à son service, et que Mitchell a l'idée de soutenir la souscription qui permettra l'édification du socle de la statue de la liberté. Toute cette histoire est racontée en 1H20 sans temps mort. C'est passionnant. Un très bon film qui n'est sorti en France qu'en 1971.

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jeudi 28 août 2014

Les combattants - Thomas Cailley / Lucy - Luc Besson / Opération casse-noisette - Peter Lepeniotis

Vous pourrez constater que mes choix récents de cinéma sont éclectiques; mais il se trouve que pendant cet été, il y a eu peu de films nouveaux à se mettre sous les yeux. Dans un futur billet, j'évoquerai quelques "vieux" films que j'ai vus pendant cette période.

Cette fois-ci, je commence par Les combattants de Thomas Cailley avec Adèle* Haenel** (une jeune actrice qui monte) et Kévin Azaïs. C'est le premier long-métrage du réalisateur. Le film a été présenté dans la section de la Quinzaine des réalisateurs au dernier festival international du film de Cannes. A cette occasion, il a été récompensé par plusieurs prix et les critiques sont élogieuses. Je ne savais pas du tout ce que racontait le film. Je ne suis pas sûre d'en savoir plus maintenant. Dans les Landes, Madeleine décide de faire un stage commando dans l'armée de terre (le plus dur qui soit). C'est un vrai garçon manqué. Arnaud, lui, est apprenti-menuisier auprès de son frère dans l'entreprise familiale. Il est captivé au premier regard par Madeleine lorsqu'il vient faire des travaux chez les parents de cette dernière. Ni une, ni deux, il s'inscrit au stage pour être avec elle. Elle lui en fait voir de toutes les couleurs. Je trouve que le film démarre très bien, il y a de l'énergie, de l'humour; mais à partir du moment où les deux jeunes gens s'enfoncent seuls dans la forêt landaise, j'ai un peu décroché. Le côté "robinsonade" que prend l'histoire m'a laissée indifférente. Pour ma part, j'ai trouvé le film sympa mais sans plus.

Je continue avec Lucy de Luc Besson que mon ami voulait voir. Je l'ai accompagné en me disant "pourquoi pas". L'histoire n'a aucun intérêt et n'a ni queue ni tête (selon moi). Les effets psychédéliques sont plus ou moins réussis. Scarlett Johansson est très bien. Les méchants sont des Asiatiques (Coréens). Quelques scènes ont été filmées à la Sorbonne à Paris et j'ai trouvé la fin très frustrante: pauvre Scarlett réduite à devenir une clé USB. Le film a rapporté plus de 100 millions de dollars aux Etats-Unis (je pense que c'était l'objectif de Luc Besson).

Je termine par Opération casse-noisette, dessin animé destiné à un public à partir de 5 ans (ça va, je suis dans la tranche d'âge). Roublard (Surly en VO), un écureuil individualiste, est en quête de nourriture. Il compte bien garder pour lui tout seul ce qu'il va trouver car il vient d'être banni du parc où il vivait après avoir malencontreusement provoqué la destruction des réserves de nourriture stockées pour l'hiver. Dans la ville pleine de dangers, il repère un magasin où sont entreposés des sacs de noisettes. Avec l'aide de son copain Buddy, un rat mutique, il prépare une mise à sac pour récolter le plus de noisettes possible. Sa quête est semée d'embûches que je vous laisse découvrir. Le film m'a paru bien fait. J'ai aimé l'histoire et l'animation est réussie, mais il faut noter que les bambins dans la salle (1 pour 2 adultes...) n'ont pas ri. Je pense que les adultes (comme moi) l'apprécient plus que les enfants. Un film à voir une fois (mais pas plus) comme m'a dit mon ami en sortant de la salle.

* (et non Anaïs comme Bertfromsang (dans son commentaire ci-dessous) me l'a fait gentiment remarquer).

** (et non Hanael comme Martin (dans son commentaire ci-dessous) me l'a fait gentiment remarquer)

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dimanche 17 août 2014

La dune - Yossi Aviram

S'il passe par chez vous, essayez d'aller voir le film La dune (du réalisateur israélien Yossi Aviram) qui est sorti le 13 août 2014. Hanoch (Lior Ashkenazi), la quarantaine, vit en Israël avec sa compagne, mais il la quitte pour une obscure raison et part en France. Au même moment, Reuven Vardi (Niels Arestrup, excellent et tout en retenue), un vieux policier qui exerce dans une brigade de recherche de personnes disparues, termine une enquête dont la conclusion est tragique. Ce faisant, il demande à ses supérieurs de partir un peu plus tôt à la retraite. Il pourra enfin vivre une vie tranquille auprès de son compagnon Paolo (Guy Marchand). C'est à ce moment-là qu'un homme mutique dont on ne sait rien est retrouvé évanoui près d'une dune en Gironde. C'est Hanoch, qui semble attendre quelque chose ou quelqu'un. Reuven décide de chercher à savoir qui est cet homme brillant aux échecs (comme lui). C'est un film d'une grande subtilité et très pudique. Il faut noter la présence d'Emma de Caunes qui dans un petit rôle donne une touche féminine bienvenue. Le film est dédié à Reuven et Paolo (architectes tous les deux) qui se sont rencontrés dans les années 50 et ne se sont plus quittés.

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mardi 12 août 2014

Détective Dee II (La légende du dragon des mers) - Tsui Hark

Ayant beaucoup aimé Détective Dee (et la flamme fantôme) sorti il y a 3 ans, je me suis précipitée pour voir Détective Dee II (La légende du dragon des mers) du même réalisateur. Le film est sorti le 6 août 2014. Je l'ai vu en 2D (et c'est très bien comme cela). Chronologiquement, l'histoire qui nous est contée dans Détective Dee II est antérieure à celle de La flamme fantôme. Dee vient d'être nommé juge auprès la cour impériale en 665 après J.-C. Dès la première séquence très spectaculaire, on assiste à la destruction presque totale de la flotte impériale par un monstre marin (que l'on ne voit pas). Parallèlement, une jeune courtisane est enlevée par des hommes masqués. Le juge Dee est chargé par l'impératrice de mener l'enquête sur cet enlèvement. Cette enquête l'amène à poursuivre un homme mutant recouvert d'écailles. De fil en aiguille, Dee découvre un complot ourdi contre l'empereur et la cour. Ce qui fait le charme du film, c'est en particulier les manières qu'ont les personnages de se déplacer: ils grimpent, sautent de toit en toit, marchent à l'envers avec une aisance à nulle autre pareille. C'est virevoltant. Les combats sont spectaculaires. Du grand art. Je dirais que l'intrigue elle-même m'a moins emballée que celle de La flamme fantôme mais l'ensemble vaut la peine d'être vu.

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samedi 9 août 2014

Winter Sleep - Nuri Bilge Ceylan

S'il y a un film à voir en ce moment, c'est bien Winter Sleep du cinéaste turc Nuri Bilge Ceylan, récompensé à juste titre par une Palme d'Or au dernier Festival International de Cannes en 2014. C'est le 4ème film que je vois de ce réalisateur, et je pense que c'est son film le plus accessible, le moins statique par rapport aux autres. Le film qui dure 3H15 (on ne les voit pas passer) se distingue par sa photo, sa lumière, l'éclairage des visages, son cadrage, ses décors extérieurs sublimes. C'est la marque de fabrique des films du réalisateur: vraiment du très grand cinéma. Aydin est un homme dans la soixantaine, ancien comédien (et non acteur, il y tient) de théâtre pendant 25 ans, qui vit de ses rentes. Quand commence l'histoire, l'hiver et la neige arrivent en Anatolie, dans la région de Cappadoce où Aydin est le propriétaire d'un hôtel troglodyte. Il y vit en compagnie de sa soeur Necla (traductrice) et de sa jeune femme Nahal. Aydin possède aussi quelques maisons qu'il loue dans la région. Il a un "factotum" qui est chargé de récupérer les loyers. Cela ne se passe pas toujours très bien... Aydin passe le temps à écrire des articles pour un journal et il lui arrive d'avoir de longues conversations avec sa soeur et sa femme qui tournent à l'affrontement. Les deux femmes lui reprochent sa condescendance et sa suffisance. Ce sont deux belles séquences du film parmi d'autres. C'est un film ample et riche. J'ai noté que les personnages ne se touchent pas sauf quand un père gifle son fils. Il n'y a pas vraiment d'histoire mais des bouts d'histoires. J'ai lu que cela fait penser à une pièce de Tchekov, je suis d'accord, avec une touche contemporaine de bon aloi. Allez voir ce film, je pense que vous ne le regretterez pas et que vous aurez envie, comme moi, d'aller passer un séjour dans l'hôtel troglodyte appellé "Othello". Lire les billets d'Alex-6 et Alain.

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dimanche 3 août 2014

La planète des singes : l'affrontement - Matt Reeves

Dans cette suite de La planète des singes : les origines, nous retrouvons les chimpanzés et autres grands singes autour de César leur chef. Quelques années ont passé depuis qu'une épidémie de grippe simienne a décimé la population humaine. La séquence d'ouverture est spectaculaire: les singes en nombre s'apprêtent à attaquer... un troupeau de cerfs; et ils y arrivent, en tuant un gros ours par la même occasion. Pendant ce temps-là, quelques centaines d'humains qui n'ont pas été touchés par l'épidémie et vivent retranchés à San Francisco en ruine cherchent à remettre en marche un barrage qui leur permettrait de se fournir en énergie. Or ce barrage est situé dans le territoire qu'occupent les singes. L'affrontement entre hommes et animaux a lieu quand un chimpanzé, Koba, veut prendre la place de César (qu'il trouve trop proche des humains) et devenir le chef. Je retiens que les singes arrivent à prononcer des mots mais qu'ils s'expriment surtout en langage des signes. Il y a des "méchants" et des "gentils" tant du côté humains que du côté des singes. J'ai trouvé le film bien fait (de ce côté-là, rien à dire) mais à mon avis son défaut principal est que les grands singes ont des comportements trop anthropomorphes dans leurs travers comme dans leurs qualités. Cela m'avait moins sauté aux yeux dans le film précédent. Cela n'empêche pas que vous pouvez aller voir le film (un western en 2D, c'est très bien).

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vendredi 25 juillet 2014

The face of Love - Arie Posin / Les hommes! De quoi parlent-ils? - Cesc Gay

Dans cette période estivale, certains films qui sortent ne bénéficient pas forcément de beaucoup d'échos dans la presse et ils sortent dans peu de salles.

Voici deux films sortis en juillet 2014 à Paris que j'ai beaucoup appréciés.

D'abord The Face of Love de d'Arie Posin (2013) avec Annette Bening et Ed Harris. A Los Angeles, Nikki (Annette Bening) n'arrive pas à se remettre de la mort de son mari Garrett, qui s'est noyé cinq ans auparavant au bord d'une plage au Mexique. Elle pense et rêve toujours à lui. Jusqu'au jour où elle croise la route de Tom (Ed Harris), un peintre qui est le sosie parfait de Garrett. Le traitement de l'histoire m'a plu car il n'est jamais mièvre. Les acteurs sont à l'aise dans leur rôle, on y croit. C'est une belle histoire d'amour, qui se termine mal, mais avec l'espoir que Nikki va enfin vivre au présent et non plus dans le passé. J'ai senti que les spectateurs dans la salle ont été touchés par cette histoire. "The Face of Love" est le titre d'un tableau que l'on découvre à la fin.

Les hommes! De quoi parlent-ils? de Cesc Gay (2012) est un film espagnol (Una pistola en cada mano en VO) qui risque de passer inaperçu, d'ailleurs Chris pensait qu'il ne serait pas distribué en France. En tout cas, sorti dans 3 salles le 9 juillet 2014, le film ne se donne plus qu'à 3 séances dans une petite salle à Paris (c'est tout à fait dommage). Nous étions 20 dans la salle. Le film qui dure 1H33 se décompose en 5 parties à peu près égales et une conclusion. Deux hommes se rencontrent au bas d'un ascenseur. Ils se sont perdus de vue depuis des années. En échangeant des propos, ils réalisent que leur vie est plutôt désastreuse. Dans la séquence suivante, un homme divorcé ramène son petit garçon chez son ex-épouse avec qui il entame une discussion: il aimerait bien reprendre la vie commune. Dans la troisième saynète, dans un parc, un homme attend sur un banc, un autre promène son chien. On apprend que l'un est l'amant de la femme de l'autre. Dans la quatrième partie, un homme observe une jeune femme au sein d'une entreprise. Nous sommes en début de soirée, il y a une sorte de petite fête. L'homme fait des avances à la femme qui lui répond du tac au tac et retourne la situation à son avantage: le dialogue est vif. Enfin, dans la dernière séquence, une femme prend en stop un homme et lui dit des choses gênantes sur l'homme avec qui elle vit. Parallèment, la copine du passager de la voiture fait de même avec l'ami de la conductrice. A la fin les deux hommes se retrouvent en compagnie de certains protagonistes des premières saynètes à une soirée dînatoire. J'ai été un peu longue sur ce film, mais c'est que les 5 séquences valent la peine d'être décrites; et le tout est très bien joué. Il faut dire que la distribution est de premier ordre: Javier Camara, Ricardo Darin, Eduardo Noriega, Luis Tosar et quelques autres moins connus. J'espère que ce film sortira en DVD. Les hommes! De quoi parlent-ils? a reçu pas mal de prix dans plusieurs festival. Il le mérite.

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mardi 22 juillet 2014

L'homme qu'on aimait trop - André Téchiné

Je suis assez âgée pour me rappeler ce fait divers qui défraya la chronique en 1977: la disparition d'Agnès Le Roux, héritière du Palais de la Méditerranée où se trouvait un casino situé sur la promenade des Anglais à Nice. A ce jour, on n'a jamais retrouvé son corps. Dans L'Homme qu'on aimait trop (j'ai trouvé ce titre plutôt étrange), André Téchiné reprend le sujet en débutant l'histoire environ un an avant la disparition d'Agnès (Adèle Haenel). Cette dernière, un peu garçon manqué, vient juste de revenir d'Afrique. Désirant ouvrir une librairie cadeaux, elle veut récupérer sa part d'héritage venant de son père. Cela obligerait sa mère Renée (Catherine Deneuve) à lui racheter ses parts; or elle n'en a pas les moyens. Dans le même temps, Agnès tombe amoureuse de l'avocat d'affaires Maurice Agnelet (Guillaume Canet) devenu l'homme de confiance de Renée. Suite à un différend avec cette dernière, Agnelet n'hésite pas à faire alliance avec Jean-Dominique Fratoni, l'"Empereur des jeux" de la Côte d'Azur, qui a des vues sur le Palais de la Méditerranée. Agnès est mise en relation avec Fratoni et va trahir sa mère. Le film vaut surtout pour l'interprétation des deux actrices qui sont exceptionnelles dans leur confrontation. A côté, Guillaume Canet paraît un peu terne. Le film qui dure 1H56 m'a vraiment passionnée pendant 1H30 (jusqu'à la disparition d'Agnès). La dernière partie qui se passe presque trente ans plus tard s'éternise et j'ai été gênée par les acteurs grimés pour se vieillir (cela alourdit l'ensemble). Rien que pour les premières quatre-vingt-dix minutes, allez voir le film.

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mercredi 16 juillet 2014

Jimmy's Hall - Ken Loach

C’est l’été et je trouve que les sorties cinéma sont de moins en moins nombreuses (voire pas très intéressantes). Néanmoins, je suis allée voir Jimmy’s Hall, car j’apprécie les films de Ken Loach, et les autres sorties ne me disaient rien qui vaille. Vivement la rentrée… en ce qui concerne le cinéma.

Jimmy’s Hall (en compétition au dernier Festival de cinéma de Cannes) retrace l’histoire d’un moment dans la vie de James Gralton (1886-1945), de retour en 1932 en Irlande après un exil de 10 ans aux Etats-Unis. Gralton fut un des combattant de l'IRA qui avaient lutté contre le gouvernement britannique entre 1916 et 1922. Jimmy retrouve sa mère, son amour de jeunesse Oolagh (mariée et mère de deux enfants) ainsi que quelques autres connaissances, qui le poussent à rouvrir un vieux dancing laissé à l’abandon. Un endroit pour s'amuser, danser et aussi débattre de politique. C’est compter sans le poids de l’église catholique et l'opposition de quelques propriétaires terriens. Ils n'oublient pas que Gralton est membre du parti communiste. Il est vu comme une menace dans le comté de Leitrim où il compte bien se ré-établir. On devine ce qui a intéressé Ken Loach: faire le portrait d'un homme qui a voulu combattre le néolibéralisme et la domination des riches sur les pauvres. Il y a de nombreux parallèles avec le monde d'aujourd'hui. C'est un film bien interprété par des acteurs pas connus. Barry Ward qui joue Jimmy a un charme certain. Lire le billet d'Alex-6.

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