dimanche 29 septembre 2013

Blue Jasmine - Woody Allen

Attention: je considère que c'est un très grand film. Il est sorti mercredi 25 septembre 2013, courez voir Blue Jasmine, le dernier Woody Allen. Woody, après ses incursions plus ou moins réussies en Europe (Paris, Londres et Rome), revient aux Etats-Unis, plus précisément à New-York et San Francisco. Jasmine arrive à San Francisco en provenance de New-York avec, comme seuls biens, quelques bagages de marque (LV) et une veste Chanel. Jasmine ne va pas bien, elle n'arrête pas de parler toute seule. A peine sortie d'une grave dépression, elle se réfugie donc à San Francisco, chez sa soeur Ginger qui vit seule avec ses deux fils. Jasmine est veuve depuis peu, son mari, qui était un escroc (il faisait des placements financiers douteux), s'est pendu dans sa cellule. Ginger (Sally Hawkins, excellente), qui a subi le mépris de Jasmine, s'est séparée de son mari. Après avoir vécu dans le luxe et l'insouciance dans un magnifique appartement à Manhattan, la dégringolade de Jasmine dans l'échelle sociale est rude. Je n'en dirai pas plus sur l'histoire, très bien menée, dominée par l'interprétation magistrale de Cate Blanchett qui "crève" l'écran avec beaucoup de classe. J'espère qu'elle va être nommée aux Oscars. Elle n'en fait jamais trop. Le dernier plan où l'on voit sa mine défaite est terrible. Un film indispensable à voir de la part du réalisateur new-yorkais.

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jeudi 26 septembre 2013

Ma vie avec Liberace - Steven Soderbergh / Gibraltar - Julien Leclercq

Voici deux films vus récemment qui méritent éventuellement votre attention.

D'abord Ma vie avec Liberace de Steven Soderbergh, pour lequel Michael Douglas vient de recevoir un "Emmy award" (1) pour son interprétation. En effet, sorti en salles en France, ce téléfilm n'a eu droit aux Etats-Unis qu'à une diffusion télé sur la chaîne HBO qui l'a produit. Présenté à Cannes, Ma vie avec Liberace a reçu des critiques très favorable. Liberace (1919-1987) est peu connu en France. Dès l'âge de 4 ans, il a commencé à apprendre le piano. Il a connu la célébrité dans les années 1950 à 70 quand il passait à la télé américaine, jouant des airs connus de musique classique ou des airs plus populaires avec beaucoup de virtuosité. Il s'est surtout produit à Las Vegas. Le film retrace les 10 dernières années de la vie de Liberace entre 1977 et 1987 (il est mort du Sida), et en particulier, l'époque de sa liaison houleuse avec Scott Thorson qui fut son secrétaire, son garde du corps et son amant. Par ailleurs, il a toujours nié son homosexualité. Liberace (qui n'est pas un personnage très sympathique) est très bien interprété par Michael Douglas, mais j'ai surtout admiré l'interprétation de Matt Damon qui joue Scott Thorson. Son rôle est complexe. En homme amoureux et jaloux qui accepte de faire de la chirurgie esthétique pour ressembler à son amant Liberace, d'affiner sa silhouette. Matt Damon émeut beaucoup. Rien que pour lui, allez voir ce film.

Maintenant, je passe à Gibraltar de Julien Leclercq qui permet à Gilles Lellouche de trouver un rôle assez intense. Il interprète un propriétaire d'un bar criblé de dettes et détenteur d'un bateau à Gibraltar, bout de terre anglaise au sud de l'Espagne où se passent de nombreux trafics (14 km de mer séparent l'Espagne du Maroc). Marc Duval (Gilles Lellouche) devient convoyeur de drogue et d'armes (presque) malgré lui en acceptant de travailler pour les douanes françaises. A force de jouer un jeu dangereux avec les gangs irlandais et un baron de la drogue italien, il ne va pas sortir indemne de cette épreuve. D'autant plus qu'il a une femme, une petite fille et une soeur qui lui donnent du souci. La mise en scène est nerveuse. Cela se laisse voir. Le scénario est tirée d'une histoire vraie.

(1) C'est à peu près l'équivalent des Oscars pour la télévision.

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mardi 17 septembre 2013

Le Majordome - Lee Daniels

Je suis allée voir Le majordome de Lee Daniels un peu en désespoir de cause (il n'y a pas grand-chose qui me tente vraiment dans les nouveautés). Ce film est l'occasion de voir Forest Whitaker dans le rôle de Cecil Gaines, un afro-américain devenu majordome (butler en VO) à la Maison Blanche de 1957 à 1987. Je m'attendais à découvrir la vie quotidienne à la Maison Blanche sous des présidents successifs. En réalité, la plus grande partie du film nous raconte l'histoire de la vie de Cecil Gaines entre 1926 et 2008. Jeune garçon noir élevé dans une plantation de coton en Georgie, il devient un "nègre domestique" après que son père ait été tué sous ses yeux et sa mère violée par le fils du domaine. Plus de 30 ans s'écoulent, et voilà Cecil Gaines engagé comme majordome à la Maison Blanche sous le mandat d'Eisenhower. Marié et père de deux garçons, Cecil ne fait pas de politique, on ne sait pas ce qu'il pense, il reste neutre. Dans son métier, on lui demande d'être "invisible". Son fils ainé, en revanche, se fait régulièrement arrêter car il milite pour les droits civiques des Noirs. En effet, plus de 100 ans après l'abolition de l'esclavage, la ségrégation fait des ravages. Le ton du film m'a beaucoup fait penser à La couleur des sentiments. Le traitement du sujet n'est pas très subtil même si la démarche est louable: les Américains blancs sont presque tous vus comme des êtres antipathiques. Il n'y a pas beaucoup de nuances. Quant à la vie quotidienne à la Maison Blanche, elle se résume à quelques bouts de scènes avec Cecil qui sert le thé aux présidents - je schématise. La ségrégation entre noirs et blancs se niche jusqu'à la Maison Blanche puisque pendant 30 ans, Cecil et ses collègues noirs n'auront jamais les mêmes promotions ni les mêmes augmentations de salaire que le personnel blanc. Pour le dire vite, j'ai été plutôt déçue. A vous de voir.

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samedi 14 septembre 2013

Une place sur la Terre - Fabienne Godet / Ilo, Ilo - Anthony Chen

Voici deux films que j'ai vus pendant les trois dernières semaines et qui m'ont plu.

Pour le premier, Une place sur la Terre de Fabienne Godet, j'y suis allée parce que j'apprécie beaucoup Benoît Poelvoorde. Dans le registre dramatique, il excelle. Il joue le rôle d'un photographe professionnel mal dans sa peau qui boit, fume et s'occupe occasionnellement du petit garçon d'une voisine. Un jour, de l'autre côté de la cour où donnent ses fenêtres, il entend jouer le début du 1er concerto de Tchaikovski. C'est une jeune femme, Elena (Ariane Labed), qui peu de temps après essaie de se suicider en se jetant du toit de son immeuble, et se rate. Il a eu le temps de la prendre en photo lors de ces instants tragiques. Il n'aura de cesse de se rapprocher d'elle et de la photographier à son insu. La fin de l'histoire est émouvante. Le film comporte des longueurs mais cela n'empêche pas de vous le conseiller. Ariane Labed est une actrice à suivre.

Maintenant, avec Ilo, Ilo d'Anthony Chen qui a reçu la caméra d'or (pour un premier film) au dernier festival du film de Cannes, nous sommes transportés à Singapour dans les années 90. Jiale, âgé d'une dizaine d'années, est un garçon infernal qui n'arrête pas de faire des bêtises. Il vit avec ses parents, la mère enceinte travaille dans un "pool" de secrétaire et le père un peu fâlot est représentant de commerce. Pour seconder la maman, le couple décide d'engager une Philippine, Teresa, qui devient le souffre-douleur de Jiale. Ne se plaignant jamais, Teresa arrive à trouver sa place dans cette famille car les chose changent à Singapour qui est une cité-Etat. En 1997, cette république jusque-là prospère est durement frappée par la crise économique de l'Asie du sud-est. La famille de Jiale va en pâtir comme d'autres. La grande qualité du film est qu'il ne tombe pas dans le misérabilisme; et pourtant, Teresa dort presque par terre à côté de Jiale. Elle n'a pas de vie privée. C'est presque une esclave. D'ailleurs, la mère confisque le passeport de Teresa dès son arrivée, craignant qu'elle ne s'enfuie. Les personnages évoluent à mesure que se déroule l'histoire. On s'attache à eux. Un film plutôt subtil. Je recommande. Lire le billet d'Alex-6.

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jeudi 5 septembre 2013

Quatre films "polars" américains des années 40

L'Action Christine, cinéma d'art et d'essai du VIème arrondissement à Paris, programme pendant l'été, et le reste de l'année d'ailleurs, plein de (vieux) films selon un genre précis. Comme j'ai encore été très moyennement tentée par les nouveautés ces temps-ci, j'ai vu quatre films que je ne connaissais pas et qui sont vraiment très bien.

Angoisse (Experiment Perilous) de Jacques Tourneur (1944, 91 mn) avec Hedy Lamarr, George Brent et Paul Lukas: une histoire d'un garçonnet mal-aimé par son père (la maman étant morte en couches). A Londres, en 1903, cet homme (Paul Lukas) devenu adulte devient le meurtrier de sa soeur et de l'homme qu'il croit être l'amant de sa femme. Dommage que la séquence finale très "happy end" soit mièvre. Paul Lukas en mari et père torturé est remarquable et Hedy Lamarr était bien jolie.

Le suspect (The Suspect) de Robert Siodmak (1944, 85 mn) avec Charles Laughton qui interprète Philip, un homme mal marié à une mégère qui leur fait une vie impossible à lui et à leur fils, lequel s'en va habiter ailleurs. L'histoire se passe à Londres en 1902 dans un quartier cossu qui abrite un maître-chanteur, une femme battue et un meurtrier. Face à eux, on trouve un inspecteur tenace de Scotland Yard. Je ne vous en dis pas plus si ce n'est que Charles Laughton a une coiffure plutôt excentrique et qu'il joue tout en retenue. La fin du film m'a plu.

L'Impasse tragique (The Dark Corner) d'Henry Hathaway (1946, 99 mn) avec Lucille Ball, Clifton Webb, William Bendix et Mark Stevens, met en scène un détective qui va tout faire pour se disculper (il est accusé d'un meurtre) avec l'aide de sa secretaire. L'intrigue où un mari jaloux va imaginer un plan machiavélique pour se débarrasser de l'amant de sa femme est complexe. C'est vraiment bien fait.

L'assassin sans visage (Follow Me Quietly) de Richard O. Fleisher (1949) avec William Lundigan, Dorothy Patrick. Ce film très curieux dure 56 minutes, c'était le troisième film de fiction du réalisateur. Un homme se faisant appeler "Le juge" en est à son 7ème crime quand le film commence. Il frappe sans mobile apparent les jours de pluie. On ne connaît que sa silhouette de dos. Grâce à un mannequin grandeur nature, "Le juge" sera démasqué. A découvrir.
PS: A noter que ce film va être diffusé sur France 3, dimanche 08 septembre à 00H25, dans le cadre d'un cycle polar au cinéma de minuit.

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mercredi 28 août 2013

Elysium - Neil Blomkamp / Insaisissables - Louis Leterrier / Les flingueuses - Paul Feig

J'évoquais dans mon billet cinéma précédent le fait que le cinéma américain d'avant, c'était quand même autre chose surtout au vu de quelques productions américaines sorties cet été dont voici quelques exemples:

Elysium de Neill Blomkamp (District 9) se passe en 2154 (heureusement, je ne serai plus là pour le voir!). La terre est à l'agonie, la majorité de la population vit dans la misère, la pollution, le béton, ils ne peuvent plus se soigner. A Los Angeles, les "Latinos" sont majoritaires. Mais dans l'espace, pas très loin (18 minutes de navette), dans un engin spatial rond et transparent appelé "Elysium", vivent quelques humains privilégiés, en sécurité et en autarcie dans l'opulence et la verdure. De plus, ils possèdent, dans chaque maison, une machine qui est capable de guérir en 10 secondes n'importe quelle maladie. Tout ça pour dire que Matt Damon, irradié à mort sur son lieu de travail sur Terre, va tout faire pour partir sur Elysium. Face à lui, il a deux "très méchants": une femme, Delacourt (notez le nom français) interprétée par Jodie Foster (son rôle est odieux et elle veut devenir "calife à la place du calife"), et Kruger (notez le nom allemand) qui est le bras armé de Delacourt. Comme on est dans un film américain, les méchants sont punis et tous les terriens auront accès à Elysium (je vous passe les péripéties). Le scénario de District 9 du même réalisateur était plus original et nettement plus sombre, pessimiste. Matt Damon fait le minimum syndical. Vous pouvez attendre de le voir en DVD. Lire le billet nettement plus enthousiaste de Géraldine.

Insaisissables de Louis Leterrier raconte l'histoire de quatre illusionnistes qui se servent de leur talent pour dévaliser des banques. Ils semblent qu'ils obéissent à une cinquième personne dans l'ombre qu'ils n'ont jamais vue. Il y a de grands mouvements de caméra, des mouvements de foule, de l'esbroufe, du clinquant. Ca bouge beaucoup, je ne suis pas sûre d'avoir tout compris, si ce n'est que les personnages joués par Morgan Freeman et Michael Caine vont être les "dindons" de cette farce. Tout ça est creux et même pas drôle. Lire le billet d'Oriane pas très convaincue non plus. Captain Navarre est plus enthousiaste.

Je voudrais quand même terminer par un film très amusant (si, si), j'ai nommé Les flingueuses de Paul Feig qui réunit un duo de choc formé par Sarah Ashburn (Sandra Bullock) et Shannon Mullins (Melissa McCarthy), une "dodue harmonieuse" qui a une pêche d'enfer, un vocabulaire de charretier, une descente d'alcool assez remarquable, et une famille complètement "barje". Ashburn, agent du FBI à Chicago, est, elle, plutôt coincée, seule, intelligente, et a des problèmes relationnels avec ses collègues tous masculins. Mullins est simple agent de terrain. Elles se retrouvent à enquêter ensemble à Boston, là où travaille Mullins, sur un réseau de trafiquants de drogue. Ce n'est pas toujours très subtil mais j'ai passé un excellent moment et on rit bien. Lire le billet de ffred.

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dimanche 25 août 2013

Fedora - Billy Wilder

Parmi les ressorties à ne pas louper avant la rentrée, on trouve Fedora, l'avant-dernier film de Billy Wilder, qui date de 1978.

Produit par la France et l'Allemagne (Wilder n'avait pas trouvé le financement à Hollywood), Fedora parle de cinéma, d'une actrice mythique appelée Fedora (une star - allusion à Greta Garbo - qui vit recluse car elle ne supporte pas de vieillir), des ravages de la chirurgie esthétique, d'usurpation d'identité, de folie, du temps qui passe, de l'Hollywood d'antan qui se meurt (nous sommes à la fin des années 70), d'une époque révolue où l'argent ne primait pas sur le reste (en particulier la qualité), où l'on produisait un film sur le seul nom d'un acteur. Dans Fedora, on sent que Billy Wilder, qui est aussi l'un des scénaristes, dévoile son amertume et sa rancoeur envers le "Nouvel Hollywood" des "barbus" (comme il les appelle). Le film, tourné en Grèce et en France (au musée Jacquemart-André), bénéficie d'une musique sublime de Miklos Rozsa. Les quatre acteurs principaux, Marthe Keller, William Holden, Hildegarde Knef et Jose Ferrer, sont remarquables. Il y a aussi une apparition d'Henry Fonda en président de l'académie des Oscars. J'avais vu ce film à sa sortie, en 1978. 35 ans après, je le trouve toujours aussi bien si ce n'est que c'est un film qui file "le bourdon". Il m'a presque donné envie de pleurer, surtout quand on voit l'état du cinéma hollywoodien actuel. Sans être nostalgique, je dirais que c'était quand même autre chose, le cinéma américain "d'avant". Qu'en pensez-vous?

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mardi 20 août 2013

Les salauds - Claire Denis / Michael Kohlhass - Arnaud des Pallières

Les salauds de Claire Denis est un film noir, très noir (Le Bison en parle, en bien, ainsi que Neil et Princécranoir; en revanche, Wilyrah en dit beaucoup de mal). Vincent Lindon qui interprète Marco Silvestri, un marin officier au long cours, revient à Paris suite à un appel de sa soeur. Il va essayer de comprendre pourquoi son beau-frère qui était directeur d'une usine de chaussures vient de mourir (Suicide? Mort accidentelle?) et pourquoi sa nièce se retrouve dans une clinique suite à de graves abus sexuels. Par bribes, on découvre qui est le "méchant" de l'histoire, Edouard Laporte (Michel Subor). Pour ce faire, Marco séduit la maîtresse (Chiara Mastroianni) de Laporte. Mais les apparences sont trompeuses. J'ai aimé l'ambiance générale du film. C'est assez clinique, il n'y a pas de sentimentalisme. Certaines scènes suggèrent beaucoup de choses terribles, au spectateur de se faire son opinion. Vincent Lindon est très sobre, je trouve que c'est au moins une raison d'aller voir ce film qui divise. Mon film préféré de la réalisatrice reste le premier que j'ai vu: Beau Travail (2000).

Ce week-end, comme je l'ai écrit chez Alex-6, je suis allée voir Michael Kohlhass d'Arnaud des Pallières (qui a été en compétition à Cannes cette année). Le scénario est tiré d'une nouvelle de Henrich Von Kleist. Le réalisateur qui est aussi le scénariste a transposé l'histoire dans les Cévennes, au 16ème siècle. Michael Kohlhass est un marchand de chevaux prospère, heureux dans sa vie famililale. Un jour, il se retrouve la victime de l'injustice d'un seigneur. Deux magnifiques chevaux que Michael Kohlhass avait donnés comme caution lui reviennent dans un état épouvantable. Michael Kohlhass demande en vain réparation et il décide de lever une petite armée pour rétablir son droit. C'est un film très rugueux, il n'y a pas de morceau de bravoure, pas d'émotion. Le réalisateur va droit à l'essentiel en faisant des raccourcis. C'est le reproche que je ferai au film, c'est un peu elliptique, sauf la fin. Mads Mikkelsen qui interprète Michael Kohlahass est excellent (comme souvent) et j'ai été très contente de revoir David Bennent, 34 ans après Le Tambour de Volker Schlöndorff. Petite remarque, Volker Schlöndorff avait aussi réalisé, en 1969, un film adapté de la nouvelle intitulée Michael Kohlhass

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dimanche 18 août 2013

Trilogie - Bill Douglas

Parmi les autres ressorties de l'été, il y a la trilogie "Bill Douglas". Il s'agit de trois moyen-métrages. Les deux premiers sont projetés en une seule séance. Ce sont ceux que j'ai vus. Le premier, My Childhood (Mon enfance, 1972) dure 45 minutes. Le deuxième, My Ain Folk (Ceux de chez moi, 1973), 55 minutes. Ces films sont autobiographiques, ils ont été tournés sur les lieux où a (sur)vécu le réalisateur enfant à la fin de la deuxième guerre mondiale en Ecosse. Les films tournés en noir et blanc dégage tristesse, misère et abandon. On fait la connaissance de Jamie (8 ans) et Tommy (âgé d'une dizaine d'années), deux frères qui vivent dans le dénuement avec leur grand-mère maternelle dans une maison mitoyenne située dans une petite ville minière d'Ecosse. La maman des deux garçons est en train de mourir dans un hôpital. Dans My Childhood, en 1946, Jamie va un peu à l'école mais il traîne beaucoup dehors: il se lie d'amitié avec un prisonnier de guerre allemand. La grand mère presque grabataire fait ce qu'elle peut pour les deux garçonnets mais on peut constater que Jamie, un garçon malingre, a des vêtements troués et qu'il ne mange pas à sa faim. Sans tomber dans le misérabilisme, Bill Douglas montre la pauvreté matérielle et affective que fut son enfance. Les choses vont empirer dans le deuxième film qui est la suite immédiate du premier. Dans My Ain Folk (qui commence avec une scène en couleur) Jamie, après la mort de sa grand-mère, va se réfugier chez l'autre, la mère de son père, une femme méchante et alcoolique qui lui donne souvent une pomme en guise de repas. Cette femme n'a aucune affection pour son petit-fils. Le père de Jamie est remarié et a une maîtresse, c'est un "pauvre type". Les relations familiales ne sont que cris et pleurs. Je n'ai pas encore vu le 3ème volet, My Way Home. J'attends un peu car tout ça n'est pas très gai, mais je ne regrette pas car cela m'a donné l'occasion de connaitre une partie de l'oeuvre d'un réalisateur disparu à l'âge de 57 ans en 1991. Pour l'anecdote (si je puis dire), les deux jeunes acteurs des films sont aussi décédés, en particulier Stephen Archibald: celui qui joue Jamie est mort à 38 ans en 1998.

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jeudi 15 août 2013

Tuez Charley Varrick - Don Siegel

En ce jour du 15 août, j'ai voulu écrire un billet court. Il s'adresse plus particulièrement aux Parisiens. En ces temps de disette cinématographique, je vous conseille d'aller voir une reprise, un film qui date de 1973, Tuez Charley Varrick de Don Siegel, avec dans le rôle principal Walter Matthau. Il est projeté dans une salle à Paris avec succès.

C'est un excellent film policier, haletant. Le film commence dans une petite ville du Nouveau-Mexique, dans une succursale d'une grande banque. Suite à un braquage qui tourne mal, il y a plusieurs morts dont deux des quatre malfrats: un homme et une femme. Cette dernière, Nadine, qui attendait les autres dans la voiture (c'était la conductrice), était l'épouse de Charley Varrick. La somme dérobée, 750000 dollars, est nettement supérieure à ce qu'attendait Charley Varrick qui devine que cet argent est "sale", il appartient à la Mafia. S'ensuit une traque où Charley Varrick ne perd jamais son flegme. La fin est assez jubilatoire. Le film est assez "macho" mais pas trop. En revanche, les femmes ne sont pas que des faire-valoir et elles n'ont pas "froid aux yeux". Un film à (re)voir. Les spectateurs dans la salle du Quartier Latin où j'ai vu le film avaient l'air aussi contents que moi.

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