dimanche 3 février 2013

Rendez-vous à Kiruna - Anne Novion / Jours de pêche en Patagonie - Carlos Sorin

Dans les deux films que je chronique aujourd'hui, le point commun est de parler des rapports de filiation.

Rendez-vous à Kiruna d'Anne Novion (sorti le 30/01/13, et que j'avais vu l'avant-veille en avant-première) m'a permis de m'évader vers le grand nord de la Suède jusqu'à Kiruna. On fait ce périple en voiture en compagnie d'Ernest Toussaint (Jean-Pierre Darroussin), qui doit aller reconnaître le corps de son fils (qu'il n'a jamais vu) mort noyé accidentellement. Sur son chemin, Ernest prend en stop Magnus, qui parle français et qui souhaite rendre visite à son grand-père. Ernest Toussaint est un architecte ronchon qui pense d'abord et avant tout à son travail. Grâce à son portable, il appelle souvent son cabinet sans s'interrompre sauf quand il voit un élan majestueux passer devant lui. Cette scène vue dans la bande-annonce est très belle. Une scène poignant est celle des retrouvailles de Magnus et de son grand-père qui boit de l'aquavit cul-sec. Car au fil de son voyage, Ernest va s'ouvrir aux gens qui le croisent. Il y a beaucoup de pudeur, de non-dits, et pas mal d'humour. A part Jean-Pierre Darroussin et Anastasios Soulis, les autres acteurs parlent suédois avec des sous-titres, ce qui accentue l'impression de dépaysement. Dommage qu'à l'issue de la projection, Jean-Pierre Darroussin et la réalisatrice n'aient fait qu'une courte apparition sans qu'il soit possible de leur poser des questions comme sur les conditions et les lieux de tournage, la séquence de l'élan, le soleil de minuit, etc. Un très joli film que je vous conseille.

Dans Jours de pêche en Patagonie de Carlos Sorin (sorti le 26/12/12) d'une durée d'1H15, c'est un père, Marco, à la recherche d'un nouveau départ, qui tente de renouer avec sa fille qu'il n'a pas vue depuis des années. Le film traite un peu de la pêche au requin mais beaucoup des rapports humains et des relations parfois houleuses entre parents et enfants. Les tentatives de Marco pour renouer une relation avec sa fille ne sont pas un franc succès, pas plus que sa tentative de pèche au requin, qui le conduit à l'hôpital tellement il a le mal de mer. Il ne se décourage pas pour autant car il fait des rencontres sympathiques comme un entraîneur de boxe et un petit chien en peluche rockeur (très amusant). C'est le quatrième film de Carlos Sorin que je vois (après Historias minimas, Bombon el perro -mes deux préférés- et La fenêtre). Je vous conseille Jours de pêche en Patagonie pour découvrir ce réalisateur argentin que j'apprécie beaucoup. Lire les billets d'Oriane et de Chris.

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jeudi 31 janvier 2013

Blancanieves - Pablo Berger

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Avant d'évoquer Lincoln de Steven Spielberg (qui m'a assez déçue, c'est pourquoi j'ai du mal à en parler), je voudrais vous conseiller Blancanieves de Pablo Berger, ce très beau film espagnol sonore (très belle musique), muet et en noir et blanc. Il s'agit d'une transposition du conte "Blanche Neige et les sept nains" des frères Grimm dans l'Espagne des années 1910-20 dans le milieu de la tauromachie. Pour les "anti corridas" dont je fais plutôt partie, on ne voit aucune scène révoltante et un taureau est même épargné vers la fin du film. Lors d'une corrida, un grand torero, Antonio Villalta, est encorné. Gravement blessé, il survit tandis que le même jour, sa femme Carmen meurt en couches en donnant naissance à une petite fille. Elevée par sa grand-mère, la petite Carmencita voue une adoration à ce père absent qui s'est remarié à son infirmière, Encarna, qui se révèle être une femme belle mais très méchante. Après quelques péripéties, Carmencita, devenue une jolie jeune fille, deviendra toréro à son tour, entourée de six (et non sept) nains toréros. La fin du conte est tragique mais très belle. Il faut noter que les actrices sont bien mises en valeur, dont Maribel Verdù qui interprète la marâtre. C'est un cinéma expressionniste où les voix ne sont, en effet, pas nécessaires. Il y a des plans magnifique comme ceux des arènes de Séville où se déroulent les corridas. Un très grand film que j'ai vu dans une salle où les spectateurs avaient l'air aussi enthousiastes que moi. Lire les billets d'Alex et de Miriam.

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mardi 22 janvier 2013

Django unchained - Quentin Tarantino

Que dire de ce western, Django unchained, sinon que pendant 2H45 je suis restée scotchée à mon fauteuil? On ne voit pas le temps passer. On suit le périple de Django (il ne faut pas prononcer le "D"), un esclave noir, et du Dr Schultz. Ce dernier a libéré Django de ses chaînes parce qu'il a besoin de lui. Ce Dr Schultz, un Allemand qui se fait passer pour un dentiste (il conduit une roulotte avec une grosse molaire accrochée au dessus) est devenu chasseur de primes. La scène d'ouverture est inoubliable (comme d'autres par la suite): l'on y voit Schultz parlant très posément à deux blancs juste avant de leur tirer dessus. L'histoire se passe quelque part dans le sud des Etats-Unis en 1858, deux ans avant le début de la guerre de Sécession. Le Dr Schultz sait que Django peut reconnaître deux hors-la-loi qu'il recherche. De son côté, Django veut retrouver sa femme, la très jolie Broomhilda, qui sait parler allemand. Les deux hors-la-loi liquidés, Schultz et Django arrivent dans une plantation dirigée par Calvin Candie (Leonardo di Caprio, génial dans l'abjection). On ne peut pas dire que Tarantino fasse dans la nuance. Mais c'est assez jubilatoire. D'un côté, les noirs sont les victimes sans défense, torturés, humiliés, tués sans autre forme de procès; et de l'autre, les bourreaux, blancs, des êtres très bêtes et méchants. Et au milieu, un noir renégat, Stephen (interprété par l'excellent Samuel L. Jackson, méconnaissable). Parmi quelques scènes d'anthologie, on retient celles où les hommes du (futur) Ku Klux Klan se plaignent de leur cagoule mal ajustée (ils n'ont pas les trous en face des yeux) ou bien celle où Calvin Candie semble démontrer par la phrénologie (étude de la forme des crânes et de leurs "bosses") que l'homme noir serait servile. Ce film me réconcilie avec Quentin Tarantino que j'avais laissé tomber après Kill Bill 1. Je vous conseille absolument Django unchained, servi par quelques acteurs au mieux de leur forme, dont Christoph Waltz et Jamie Foxx (et je trouve que Leonardo Di Caprio a trouvé son meilleur rôle depuis longtemps). J'ai aussi bien apprécié de revoir Don Johnson. Lire les billets de ffred, Alex, Chris, Pascale, Princécranoir, Luocine, Wilyrah (pas totalement convaincu), CaptainNavarre et Trillian ainsi que le billet très négatif d'Ed (il en faut).

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mercredi 16 janvier 2013

Foxfire, l'histoire d'un gang de filles - Laurent Cantet

Dommage que le titre Foxfire, l'histoire d'un gang de filles soit aussi peu porteur: essayez de ne pas passer à côté de ce film (sorti il y a deux semaines) de Laurent Cantet, tourné en anglais et adapté d'un roman de Joyce Carol Oates (que je n'ai pas lu). J'ai vu très peu de billet sur ce film et c'est regrettable (cf. ceux de Phil ciné, Ys et Le bison). Je n'ai pas vu passer les deux heures vingt, tellement on suit cette histoire avec intérêt. Dans les années 50, dans un collège, les filles sont chahutées de manière grossière par des professeurs hommes ou des élèves masculins. Nous sommes dans l'Amérique blanche de la côte Est. Les femmes restent au foyer ou en retrait, au contraire des hommes qui travaillent et régissent tout. Issues de familles en difficulté ou inexistantes, Margaret "Legs", Maddie, Rita, Goldie et une autre décident de se lier à la vie, à la mort, contre la domination masculine. Elles ont toutes moins de 18 ans. Elles font un pacte en se faisant tatouer un petit symbole sur leur omoplate droite. Plus tard, d'autres se joindront à elles (mais aucune femme de couleur). Après quelques actes de malveillance et de menus larcins, on va les suivre dans leur escalade vers la grande délinquance qui se concrétise par un enlèvement avec demande de rançon. "Legs" est la leader de ce groupe de filles qui la suivent aveuglément. Elles veulent vivre sans contrainte. Laurent Cantet suit au plus près ses jeunes actrices pas connues qui sont toutes remarquables. Il sait raconter une histoire, je n'ai pas senti de baisse de tension. Je recommande vivement.

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jeudi 10 janvier 2013

Au-delà des collines - Christian Mungiu

J'ai enfin vu Au-delà des collines du cinéaste roumain Christian Mungiu, qui dure 2H30. Il a été récompensé par le prix d'interprétation féminine pour les deux actrices et le prix du scénario au dernier festival de Cannes de 2012. Je l'ai trouvé un peu long mais captivant. Je me suis demandée pendant presque tout le film en quelle année se déroulait l'histoire. En effet, ce que nous montre Mungiu m'a fait penser que cela se passait dans les années 70: les trains, les voitures (particulières ou ambulances), les vêtements. Tout semble vieillot, hors d'âge, pauvre. Dans une communauté religieuse orthodoxe, par-delà des collines, vivent quelques femmes, une mère supérieure et un Pope. N'ayant pas l'électricité, ils s'éclairent avec des lampes à gaz ou à pétrole. Parmi ces femmes, on découvre Voichita, une orpheline qui a choisi d'aimer Dieu. Alina, son amie très proche, revient d'Allemagne pour la convaincre de repartir avec elle loin de cet endroit perdu au mileu de nulle part. Mais Alina ne s'en laisse pas convaincre. Pendant plus de deux heures, on voit Alina qui subit une descente aux enfers, si je puis m'exprimer ainsi, dans ce lieu consacré à Dieu. Mungiu fait une description assez terrible de son pays de nos jours (car il est en fait mention en effet d'internet à la fin du film). Il est dur d'être soigné quand on n'a pas d'argent, les superstitions religieuses restent tenaces. On assiste au calvaire d'Alina attachée à une planche qui ressemble à une croix. Le film aurait gagné à être un tout petit peu plus court, mais à part ça, il vaut la peine d'être vu. L'histoire est adaptée de faits réels.

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lundi 7 janvier 2013

Argo - Ben Affleck / Jack Reacher - Christopher McQuarrie

Voici deux films américains que j'ai vus pendant les vacances de Noël et qui se laissent voir agréablement.

Le premier, Argo de Ben Affleck, s'inspire de faits réels. En novembre 1979, en Iran, après la fuite de Shah aux Etats-Unis, l'ambassade des Etats-Unis avait été prise d'assaut par les Iraniens. Nous étions en pleine révolution islamique avec l'imam Khomeiny. Six ressortissants américains employés de l'Ambassade américaine à Téhéran arrivent à s'échapper et partent se réfugier au consulat du Canada. La CIA tente une opération pour les exfiltrer, l'opération "Argo", du nom d'un film qui ne verra jamais le jour. Je vous laisse découvrir comment Hollywood a aidé la CIA et comment une coopération intelligente entre deux pays (USA et Canada) a porté ses fruits. Ben Affleck qui interprète aussi le rôle principal est excellent dans son rôle d'agent de la CIA parti sauver ses compatriotes. C'est un film sans esbrouffe, bien mené et passionnant. Il rencontre un joli succès mérité. Il ne faut pas oublier que, historiquement, les autres employés de l'ambassade sont restés otages plus d'un an, et n'ont été libérés par l'Iran qu'en janvier 1981, après l'élection de Reagan qui a succédé au Président Carter.

Le second film, Jack Reacher de Christopher McQuarrie (scénariste entre autre de l'excellent Usual suspects de Bryan Singer), est adapté d'un roman de Lee Child (je n'ai encore rien lu de cet écrivain). Jack Reacher, ancien membre de la police militaire américaine, est un héros récurrent de plusieurs de ses romans. C'est Tom Cruise (qui n'apparaît pas tout de suite à l'écran) qui interprète ce personnage énigmatique et insaisissable (au sens propre comme au figuré). En Pennsylvanie, sur la côte Est des Etats-Unis, un "sniper" tue de manière délibérée au fusil de précision cinq personnes (quatre femmes et un homme). James Barr, un ancien Marine, est rapidement appréhendé. Sur le point d'être jugé et condamné à la peine capitale, il demande à son avocate que Jack Reacher fasse quelque chose. Le film dure 2H10 mais on ne voit pas le temps passer. L'histoire est un peu cousue de fil blanc avec des "méchants" très méchants (mention spéciale à Werner Herzog dans le rôle du "Zec"), un "traître" (dont on ne connaîtra pas vraiment les motivations) et une jolie avocate qui se donne du mal pour innocenter son client. Et Jack Reacher se bat bien. Il y a une très belle scène nocturne de poursuite en voiture. Sinon, le bémol que j'émettrais est que ce film promeut l'auto-défense puisque Jack Reacher fait justice lui-même.

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vendredi 4 janvier 2013

Mes top et "flop" cinéma 2012

Comme les années précédentes, je voulais établir un top de 20 (vingt) films vus, aimés et commentés sur les 107 (cent sept) que j'ai vus en 2012. Je me rends compte que j'ai eu davantage de mal à trouver vingt films dignes d'intérêt qu'à lister ceux que je n'ai vraiment pas appréciés (et je ne les ai pas tous cités).

Mes films préférés, dans le désordre:

Skyfall de Sam Mendes : du lourd, du bon, du distrayant, que demander de plus?

Amour de Michael Haneke : dur, mais Emmanuelle Riva est sensationnelle.

Royal Affair de Nikolaj Arcel : beau à regarder et une histoire intéressante et méconnue.

Les adieux à la reine de Benoît Jacquot : pour l'envers du décor de Versailles et des actrices bien mises en valeur.

Elena d'Andreï Zvyagintsev : remarquable dans la narration. Une vision de la Russie qui fait froid dans le dos.

Dix hivers à Venise de Valerio Mieli pour Venise l'hiver loin des sentiers battus.

Ernest et Célestine de Stéphane Aubier et Vincent Patar car l'histoire est charmante sans être jamais niaise.

Les nouveaux chiens de garde de Gilles Balbastre et Yannick Kergoat : édifiant, tout le monde devrait le voir.

La taupe de Tomas Alfredson : passionnant, un film qui prend son temps. J'avoue avoir calé à la lecture du roman que je n'ai pas terminé.

El Chino de Sebastian Borensztein : sympathique comédie argentine avec Ricardo Darin et son beau regard bleu.

Margin call de J. C. Chandor pour s'instruire sur la crise financière de 2008. Edifiant.

Barbara de Christian Petzhold : un très beau portrait de femme.

God Bless America de Bobcat Goldthwait : j'aime ce style de film qui tire sur tout ce qui bouge.

Moonrise Kingdom de Wes Anderson : attachant

Le grand soir de Gustave Kervern et Benoît Delépine : le tandem Dupontel/Poelvoorde fait des merveilles.

Frankenweenie de Tim Burton : visuellement très beau et j'ai beaucoup aimé l'histoire

Starbuck de Ken Scott : ce film québecois donne la pêche.

Les enfants de Belle Ville d'Asghar Farhadi : il était temps que ce film de 2004 sorte enfin.

Summertime (The Dynamiter) de Matthew Gordon : les acteurs non professionnels sont épatants.

La vie sans principe de Johnny To : assez jubilatoire

Je sais que j'en ai oublié quelques-uns mais j'ai fait des choix.

 

Dans les "flops" à éviter, je citerais:

Associés contre le crime de Pascal Thomas : du grand n'importe quoi avec Catherine Frot et André Dussolier qui se demandent pourquoi ils ont accepté de tourner ce film.

Sherlock Holmes (II) de Guy Ritchie : moins bien que le premier.

The Deep Blue Sea de Terence Davies : vraiment pas ma tasse de thé malgré la présence de Rachel Weisz.

Adieu Berthe de Bruno Podalydès : une comédie pas drôle.

Bowling de Marie-Castille Mention-Schaar : souffre d'un manque évident de scénario et réalisation.

Mains armées de Pierre Jolivet : quelle déception!

To Rome with love de Woody Allen : qu'est-il arrivé à Woody?

Paris-Manhattan de Sophie Lellouche : est-ce un film?

Avengers de Joss Whedon : quel boucan!

Terri d'Azazel Jacobs : bof!

Killer Joe de William Friedkin : malsain, j'ai fais un rejet surtout vis-à-vis de Matthew McConaughey.

Detachment de Tony Kaye : vraiment pas terrible surtout scénaristiquement parlant. Pas de billet.

Cornouaille d'Annie Le Ny : je n'ai pas compris ce que voulait nous raconter la réalisatrice. Pas de billet.

Madame Solario de René Féret : il paraît que le roman introuvable aujourd'hui est très bien. Ce n'est pas forcément le cas du film (à mon avis). 

Paperboy de Lee Daniels : même sentiment que pour Killer Joe. Pas de billet, une phrase...

Cogan d'Andrew Dominik, trop bavard et des affèteries dans la réalisation. Je me suis ennuyée. Pas de billet.

Faust d'Alexandre Sokourov : un pensum, je n'ai pas écrit de billet.

A l'aveugle de Xavier Palud : une idée de Luc Besson... Pas de billet.

Bullhead de Michael R. Roskam : je n'ai pas écrit de billet, film éprouvant.

La grammaire intérieure de Nir Bergman : je n'ai pas compris grand-chose et je n'ai pas écrit de billet.

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jeudi 20 décembre 2012

Amour - Michael Haneke

Préparée psychologiquement, j'ai enfin vu Amour de Michel Haneke, Palme d'or du dernier festival de Cannes. C'est un film que l'on peut trouver éprouvant mais je l'ai apprécié pour son interprétation et pour la distanciation que met le réalisateur entre nous et ce qui se passe à l'écran, afin de nous permettre de suivre l'intimité d'un couple face à la maladie, sans que cela tombe dans le voyeurisme et le larmoyant. Georges et Anne forment un duo indissociable jusqu'au bout. Tout le film se passe dans un lieu dont on sort jamais: l'appartement du couple où trône un piano. Anne donnait des cours de piano. Un jour, au petit déjeuner, elle semble "absente": Anne vient d'avoir une attaque. Paralysée du côté droit, sa santé va empirer. Comme l'a écrit Cocteau dans les dialogue additionnels des Dames du bois de boulogne de Robert Bresson (film de 1945 que je vous recommande), il n'y a pas d'amour, il n'y a que des preuves d'amour. Dans Amour, il n'y a que cela, des preuves d'amour: des gestes, des attitudes très touchants de la part de Georges, cet homme et époux qui fait ce qu'il peut pour soulager sa femme, jusqu'à l'acte final. Ce couple s'isole du monde, ne voulant la pitié de personne. Dans une scène, Georges dit à sa fille, venue lui rendre visite, que ce qui se passe ne la regarde en rien. Emmanuelle Riva et Jean-Louis Trintignant sont exceptionnels dans les rôles de Georges et Anne. On a vraiment l'impression qu'ils vivent ensemble depuis très longtemps. Je trouve que le film a mérité sa Palme d'or.

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vendredi 14 décembre 2012

Ernest et Célestine - Benjamin Renner, Vincent Patar et Stéphane Aubier

Ernest et Célestine: pour résumer, allez voir ce film charmant d'une heure dix-neuf, bien fait, intelligent, qui n'est jamais niais. Il délivre un beau message: cohabitons tous en bonne intelligence. C'est une leçon de tolérance. Ernest, ours-orchestre à ses heures, vit de façon marginale dans une petite maison au sommet d'une colline, loin de ses congénères. En fouillant une poubelle pour chercher de la nourriture, il rencontre Célestine, une charmante souricette. Orpheline, douée pour le dessin, elle est chargée comme d'autres de son espèce de trouver des dents qui seront taillées en incisives pour remplacer les dents usées des rats. Tous ces rongeurs ont peur des grands "méchants" ours. Les ours vivent en surface alors que les rats et les souris se sont appropriés le monde souterrain. Je vous laisse découvrir les péripéties qui égrènent ce film. Le rythme du film est soutenu et bénéficie de dialogues écrits par Daniel Pennac. J'avoue que, jusqu'à ce que je voie le film, je n'avais jamais entendu parler des albums dessinés par Gabrielle Vincent (1929-2000). Les histoires d'Ernest et Célestine ont été publiés entre 1982 et 2004 aux éditions Casterman. Je compte bien en lire quelques-unes. Voici quelques photos que j'ai prises dans le dossier de presse en ma possession.

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Je terminerai en disant que j'ai vu ce film, sorti avant-hier mercredi 12 décembre 2012, dans une salle composée uniquement d'adultes qui étaient aussi enchantés que moi. Film à voir seul ou en famille.

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mardi 11 décembre 2012

Piazza Fontana - Marco Tullio Giordana

J'ai eu l'occasion de voir en avant-première il y a quelques semaines Piazza Fontana, dont le titre original est "Romanzo di una strage" (Roman d'un massacre), en présence du réalisateur. Le film est depuis sorti dans quelques salles à Paris depuis le 28 novembre 2012. Piazza Fontana à Milan est tristement célèbre pour avoir été le lieu d'un attentat à la banque agricole située sur cette place. Le bilan fut lourd: 16 morts et plusieurs dizaines de victimes. Ce massacre eut lieu le 12 décembre 1969, il y a tout juste 43 ans. A cette époque, l'Italie était politiquement instable et la peur du communisme était omniprésente. Des groupuscules de gauche furent accusés d'avoir commis cet acte barbare alors qu'il s'avère que cet attentat a été commis par l'extrême-droite. Mais à ce jour, les coupables n'ont toujours pas été identifiés. Piazza Fontana de Marco Tullio Giordiana se compose d'une suite de séquences avec comme point de départ l'attentat. De nombreux personnages ayant existé nous sont présentés, comme Luigi Calabresi, l'inspecteur qui a été chargé de l'enquête, et Luigi Pinelli, militant de gauche qui s'est défenestré pendant un interrogatoire (il semble qu'il ne s'est pas défenestré tout seul). La reconstitution assez minutieuse de ces événements m'a beaucoup intéressée. C'est plus un téléfilm qu'un film mais je vous le conseille, car c'est bien joué et il donne envie de se pencher sur ce moment de l'histoire de l'Italie dont je n'avais pas entendu parler (j'étais trop jeune) et qui a donné naissance, en partie, au mouvement des Brigades Rouges. A la fin de la séance, Marco Tullio Giordana qui parle assez bien le français nous a livré quelques anecdotes, et en particulier le fait qu'il vivait à Milan à l'époque de l'attentat et qu'il a rencontré, avant de réaliser le film, des personnes très liées à ces évenéments, en particulier les deux épouses de Calabresi et Pinelli.

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