dimanche 23 octobre 2016

Ma vie de Courgette - Claude Barras

Je n'ai pas lu le roman de Gilles Paris Autobiographie d'une courgette (paru en 2002) dont ce film d'animation "en volume" est adapté. Ma vie de Courgette sorti cette semaine dure 1 heure 06. Il vaut vraiment la peine que l'on se déplace pour aller le voir, que l'on soit adulte ou enfant. Icare alias Courgette, un petit garçon âgé de 9 ou 10 ans, aux cheveux bleus, vit avec sa mère qui s'alcoolise à la bière depuis que le papa est parti avec une "poule". Un jour, Courgette tue accidentellement sa maman en voulant éviter une fois de plus les coups que celle-ci lui assène régulièrement. Courgette (Icare tient absolument à ce qu'on l'appelle "Courgette", surnom que lui avait donné sa maman) est alors placé dans un foyer d'accueil où vivent d'autres enfants comme lui dont les parents sont soit décédés soit incapables de s'occuper de leur progéniture. Les personnages animés en "stop-motion" sont des marionnettes aux yeux immenses et très expressifs. Vous n'oublierez pas de sitôt les sept enfants de ce foyer où alternent tristesse et gaieté. Le film est fait de plein de détails évocateurs comme ce tableau où est indiqué "la météo journalière des émotions des enfants". Un joli film qui se termine sur une belle note d'espoir.

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samedi 8 octobre 2016

Miss Peregrine et les enfants particuliers - Tim Burton

Miss Peregrine et les enfants particuliers (peculiar en VO), qui dure 2H07, m'a beaucoup plu pour différentes raisons. D'abord pour l'histoire, dans laquelle des enfants hors normes (une petite fille à la force surhumaine, une autre capable de faire pousser n'importe quoi de végétal en une minute, une jeune fille aussi légère que l'air qui porte des chaussures en plomb pour rester au sol, un garçon entouré d'abeilles qui sortent de sa bouche, une petite fille avec une mâchoire vorace derrière ses cheveux blonds, etc.) vivent dans une belle demeure isolée au Pays de Galles. Ils sont prisonniers d'une boucle (loop en VO) temporelle bloquée au 2 septembre 1943. Puis, pour Eva Green, sublime Miss Peregrine à la chevelure de jais, une "ombline" chargée de protéger ces enfants en étant la gardienne du temps. Quand elle se métamorphose en oiseau, c'est beau et gracieux. Enfin pour les effets spéciaux très réussis comme ceux pendant un affrontement entre squelettes animés et monstres "creux". Ce film où le fantastique et la poésie sont mêlés vaut la peine d'être vu. C'est du vrai cinéma. A conseiller à un public adolescent comme adulte.

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mercredi 5 octobre 2016

Frantz - François Ozon

J'étais allée voir Frantz de François Ozon faute de mieux et, tout compte fait, j'ai été agréablement surprise. Dès les premières images, j'ai été "embarquée" dans cette histoire qui se passe en 1919 d'abord en Allemagne puis en France. Dans un petit village d'Allemagne, Anna se rend tous les jours sur la tombe (vide) de Frantz, son fiancé tué au combat. Elle vit chez les parents de Frantz. Un jour, elle se rend compte que des fleurs fraîches ont été posées sur la tombe et elle croise Adrien, un jeune Français qui les y a apportées. Séjournant temporairement dans le village, Adrien Rivoire va à la rencontre des parents (le père est médecin) de Frantz qui le reçoivent d'abord avec hostilité. En effet, à peine un an après l'armistice, les Français sont vus d'un mauvais oeil. Adrien voudrait avouer le lien qui le lie à Frantz. Mais il n'y arrive pas. Il quitte l'Allemagne sans crier gare et c'est au tour d'Anna de se rendre en France pour retrouver Adrien. Elle connait la vérité qui n'est pas toujours pas bonne à dire et, grâce à elle, les parents de Frantz vont garder une bonne image d'Adrien. Le scénario est adapté d'un film d'Ernst Lubitsch qui date de 1932, lui-même adapté d'une pièce de Maurice Rostant (Le fils ainé d'Edmond). Je ne connais ni l'un ni l'autre. C'est pourquoi j'ai cru, au début, que la relation entre Adrien et Frantz était tout autre que ce qui est révélé. Il faut surtout aller voir le film avec une très belle image en noir et blan pour Paula Beer qui joue Anna. Elle est merveilleuse. Lire les billets de Matchingpoints, de Pascale et de ffred.

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dimanche 2 octobre 2016

Brooklyn Village - Ira Sachs

J'ai eu un peu peur quand Brooklyn Village a démarré car je ne voyais pas où le réalisateur voulait en venir. C'était un peu confus. Puis, tout s'est éclairé pour moi. Jake (Jacob), un adolescent, emménage avec ses parents, Brian et Kathy, dans une maison de Brooklyn qui appartenait au père de Brian. Cet héritage est bienvenu pour Brian (un acteur de théâtre "courant le cachet"), car c'est en effet Kathy qui "fait bouillir la marmite" pour sa famille. Au rez-de-chaussée de la maison, il y a une boutique occupée par Leonor, une couturière sud-américaine qui vivote et payait jusqu'à présent un loyer très bas au grand-père très conciliant. Brooklyn se "boboïsant", Brian et sa soeur Audrey, sans être âpres au gain, rédigent un nouveau bail et triplent le montant du loyer que Leonor ne peut évidemment pas payer. Sans se douter tout de suite de ce qui arrive, Jake et Tony (le fils de Leonor) deviennent les meilleurs amis du monde. Ils se rebellent en se mettent en grève contre leurs parents respectifs. Ils ne leur adressent plus la parole. Leonor qui semblait la victime que l'on plaint devient un personnage odieux quand elle fait des remarques blessantes envers Brian qui, lui, est assez compatissant envers Leonor. J'ai aimé la manière qu'a le réalisateur, Ira Sachs, de filmer New-York, et j'ai été contente de retrouver Greg Kinnear trop rare sur nos écrans. Lire le billet de Chris.

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lundi 26 septembre 2016

Victoria - Justine Triet

Je ne voulais pas manquer Victoria de Justine Triet qui rencontre un bon succès critique et public. Hé bien, j'avoue avoir été déçue par ce film, qui n'est pas à proprement parler une pure comédie, même si le public rit dans la salle. J'ai trouvé l'histoire triste, et certaines scènes m'ont mise mal à l'aise, comme le passage dans un tribunal d'un dalmatien et d'une femelle chimpanzé en tant que témoins dans un procès. Victoria Spick (Virginie Efira, très bien), la trentaine, élève tant bien que mal ses deux filles qu'elle confie souvent à des baby-sitters. Avocate débordée, menant une vie quelque peu cahotique, Victoria entre dans une grave période de dépression. Ce n'est pourtant pas le moment de faiblir car elle doit affronter son ex-mari qui écrit sur un blog des articles peu amènes dont Victora est le sujet principal. Par ailleurs, Victoria accepte de défendre un ami, Vincent (Melvil Poupaud) accusé d'avoir agressé sa compagne. Et il ne faut pas oublier Samuel, un ancien client de Victoria. Secrètement amoureux de Victoria, il s'installe chez elle et devient le baby-sitter des filles. Tout va aller de mal en pis même si Victoria rebondit à la fin (on se demande comment). Personnellement, Victoria ne sera pas un des mes films de l'année.

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vendredi 23 septembre 2016

Mr Ove - Hannes Holm

Mr Ove de Hannes Holm n'est pas un film totalement réussi, mais l'histoire m'a touchée. Ove, âgé de 59 ans (il fait beaucoup plus vieux), est veuf depuis 6 mois, et il vient de se faire licencier de l'entreprise où il travaillait depuis 43 ans. Depuis que sa femme Sonja est décédée, il va régulièrement lui parler sur sa tombe et il se met à houspiller ses voisins de la copropriété: il s'agit d'un ensemble de pavillons cerné par une clôture. En ayant vraiment assez de la vie et pressé de rejoindre sa chère Sonja, Ove décide de mettre fin à ses jours de diverses manières (pendaison, asphyxie, etc) qui échouent toutes. Par ailleurs, il n'arrête pas d'être dérangé par un jeune couple, un Suédois et sa femme, réfugiée iranienne, et leurs deux petites filles, nouvellement installés dans un pavillon voisin. Les nombreux flash-back narrent la vie de Ove petit garçon, dont le père travaillait dans les chemins de fer. Plus tard, devenu un grand blond dégingandé, on voit Ove tombé amoureux de Sonja dans un train. Le film pourrait s'appeler "Une vie" où la joie côtoie les chagrins. L'actrice qui interprète Sonja a un faux air de Romy Schneider toute jeunette, elle est charmante. L'ensemble aurait gagné à être plus concis mais je conseille malgré tout ce film qui risque de passer inaperçu.

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samedi 17 septembre 2016

Clash (Eshtebak) - Mohamed Diab

Après Les femmes du bus 678 qui m'avait beaucoup plu, voici Clash de Mohamed Diab. L'histoire se situe au lendemain de la chute du président égyptien Morsi en 2013, un an après son élection. Morsi, appartenant au parti islamiste, a été renversé par un coup d'Etat organisé par l'armée. A la suite de ce coup d'Etat, les manifestations se succèdent et l'armée arrête et entasse des individus, jeunes et vieux, femmes et enfants, dans des paniers à salade aux vitres grillagées, les prisons étant pleines. Le cinéaste, la caméra à l'épaule, s'est enfermé dans cet espace confiné où une vingtaine de personnes représentatives de la société égyptienne se regardent avec hostilité, délimitent des frontières avant de s'épauler néanmoins au gré des événements qui se passent dehors. Le panier à salade en mouvement ou à l'arrêt essuie des jets de pierre ou est atteint par des balles de fusil. Le film qui dure presque deux heures ne m'a pas ennuyée. J'étais vraiment curieuse de savoir comment cela se terminerait. J'avoue avoir été un peu frustrée par la dernière image dissoute dans des faisceaux de lumière. Lire le billet d'Alex-6 et Chris.

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dimanche 11 septembre 2016

Comancheria - David MacKenzie

Parmi les sorties du mercredi 7 septembre 2016, j'ai choisi d'aller voir Comancheria du réalisateur britannique David MacKenzie (Les poings contre les murs et Young Adam). Son passage de l'autre côté de l'Atlantique m'a semblé réussi.

De nos jours, au Texas, pas loin de la frontière avec l'Oklahoma (en territoire comanche), deux frères, Tanner et Toby Howard, braquent des banques sans qu'il y ait de victimes. Ils prennent seulement des coupures d'une valeur inférieure ou égale à 20 dollars (ces billets-là ne sont pas traçables). Par la suite, ils échangent les billets volés contre des jetons dans un casino. Ils restent dans le casino une ou deux heures, avant d'échanger à nouveau les jetons qu'ils n'ont pas joué contre de l'argent "propre" ou un chèque. En effet, cet argent leur sert à rembourser l'hypothèque de la maison de leur mère décédée récemment.
Ce film montre une Amérique pauvre frappée de plein fouet par la crise économique. Même les vétérans de guerre ne bénéficient d'aucune aide sociale. Cette Amérique profonde ne fait pas envie. Les paysages sont tristes.
Malheureusement, il y aura un braquage de trop et tout va partir en vrille. Deux policiers texans plus très jeunes vont les poursuivre. L'un à la veille de sa retraite, est interprété par Jeff Bridges (très bien même si on du mal à le comprendre, on dirait qu'il a du coton dans la bouche!). Il n'arrête pas de dire des blagues à son coéquipier moitié mexicain et moitié comanche. Le réalisateur nous montre les Américains armés qui tirent sans sommation. La course-poursuite vers la fin ressemble à un western, avec les voitures qui remplacent les chevaux. Le scénario bien écrit laisse un goût d'amertume.

Lire le billet d'Alain.

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lundi 5 septembre 2016

Un petit boulot - Pascal Chaumeil

Après l'Arnacoeur, déjà avec Romain Duris en 2010, voici Un petit boulot, l'ultime film du réalisateur Pascal Chaumeil, décédé juste après la fin du tournage en 2015. Un petit boulot est adapté du roman éponyme de Iain Levinson (que je vous recommande). C'est Michel Blanc, qui joue un des personnage du film, qui a écrit l'adaptation et les dialogues. Dans le nord de la France, Jacques est chômeur depuis deux ans. Sans enfant et sa femme l'ayant quitté, Jacques a gardé néanmoins son pavillon pratiquement vide: les huissiers ont tout pris. Grâce à Tom (Gustave Kervern), un copain, il travaille dans une station-service. Cela lui laisse du temps pour travailler pour Gardot, le mafieux local. En effet, pour éponger ses dettes (il a perdu de l'argent au poker), Jacques accepte "dans un moment d'égarement" de devenir un tueur. Gardot lui demande d'éliminer sa femme, dont il a la preuve de l'infidélité. Ce premier "contrat" se passe bien, sauf que le chien de Cardot est abattu en même temps que l'épouse (un moment que j'ai trouvé aussi drôle que la scène du chat dans l'arbre dans Adam's Apples, même si la salle n'a pas trop ri). D’autres meurtres suivront, dont celui d’un inspecteur odieux chargé d'auditer les trois employés de la station-service (dont Jacques).
Les dialogues ciselés par Michel Blanc sont savoureux. Beaucoup de scènes ou de situations sont très drôles. Romain Duris barbu et chevelu est convaincant. Un film de fin d’été très sympa. Et cela donne envie de (re)lire le roman de Levison.
Lire le billet de Géraldine.

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vendredi 2 septembre 2016

Le fils de Jean - Philippe Lioret

J'ai trouvé très réussi Le fils de Jean, le nouveau film de Philippe Lioret (Welcome). Il comporte des moments drôles et émouvants, et l'ensemble dégage beaucoup de pudeur. En France, Matthieu travaille dans un service de com d'une société vendant des croquettes pour chiens. Suite à un coup de téléphone inattendu, Matthieu apprend que son père Canadien, dont il n'avait jamais entendu parler, même par sa mère, vient de mourir noyé dans un lac. Matthieu apprend par la même occasion l'existence de ses deux demi-frères Ben et Sam. Arrivé au Canada, il est accueilli par Pierre Lesage (Gabriel Arquand, exceptionnel), un médecin et le meilleur ami de son père décédé. Matthieu, séparé de sa femme et père d'un petit garçon, est très impatient de connaître ses deux frères. Sa quête l'entraîne de surprise en surprise que je ne vous dévoilerai pas. Les acteurs sont tous justes mais mention spéciales à Pierre Deladonchamps et surtout à l'acteur québecois Gabriel Arcand (le frère du réalisateur Denys Arcand) que j'avais apprécié dans Le Démantèlement. Le fils de Jean, très librement adapté du roman Si ce livre pouvait me rapprocher de toi de Jean-Paul Dubois, vaut la peine d'être vu.

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