mardi 15 juin 2010

La tête en friche - Jean Becker

Après trois semaines d'abstinence cinématographique non volontaire, je viens de voir, le même soir, Les secrets de Raja Amari (que je chroniquerai prochainement), et La tête en friche de Jean Becker avec la délicieuse Gisèle Casadesus, "95 ans, 40 kg, fripée comme un coquelicot mais avec plein de mots dans la tête" comme le dit si joliment Germain Chazes (Gérard Depardieu, qui n'a plus la tête de Mammuth). C'est une jolie histoire qui se termine bien. Les dialogues sont de Jean-Loup Dabadie. Germain vit dans une caravane au fond d'un jardin. Il plante et récolte des légumes qu'il vend sur les marchés. Il est affligé d'une mère indigne qui l'appelle "ça". Germain a des copains de bistrot, et une amie qui partage son lit de temps en temps (la trop rare Sophie Guillemin). A part ça, il rencontre un jour dans un square une vieille dame, Margueritte (avec deux "t") [Gisèle Casadesus], qui a travaillé à l'OMS. Elle lit beaucoup, ne se laisse pas abattre, c'est la joie de vivre incarnée. A son contact, Germain va s'ouvrir à la lecture. C'est peut-être un cinéma "vieillot, qui sent la naphtaline" comme l'a dit un des critiques de l'émission radio Le Masque et la Plume, mais cela ne m'a pas dérangée. L'histoire parle de lecture et de lecteurs, de la vieillesse, des yeux qui se meurent, des relations mère/enfant. On se sent heureux quand on sort de la salle. Le film dure 1H20: c'est court. On ne voit pas le temps passer. Je voudrais ajouter que pour mes deux films de cette soirée, les spectateurs étaient rares: 5 personnes pour le premier et environ 10 pour le second. Le "Mondial" est en train de faire des ravages.

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vendredi 11 juin 2010

Policier, adjectif - Corneliu Porumboiu

Et voici encore un film à ne pas manquer s'il passe par chez vous. Il s'agit de Policier, adjectif d'un réalisateur roumain qui a déjà été l'auteur de 2h38, à l'est de Bucarest en 2006 (que je n'ai pas vu). Pendant près de 2 heures, cette fiction qui s'apparente presque à un documentaire suit un jeune policier, Cristi, dans son quotidien avec ses collègues, un jeune indic, ses demandes pour faire avancer son enquête, ses filatures et ses attentes. On lit ses rapports écrits (circonstanciés) en temps réel; on le suit chez lui, pendant une soirée avec sa jeune femme qui est institutrice. C'est l'occasion d'assister à l'une des deux longues scènes marquantes du film, pendant laquelle l'épouse de Cristi, Anca, écoute une chanteuse qui chante à tue-tête, sur un site internet, une chanson répétitive un peu mièvre. Elle en fait, par la suite, une explication de texte à son mari. La mission qui occupe tout le temps de Cristi est de surveiller un jeune qui offre du haschisch à deux autres camarades de lycée. Ce délit est puni par la loi en Roumanie. Cristi trouve que les agissements du jeune homme sont relativement anodins et qu'il ne mérite pas d'aller en prison. Ce n'est pas l'avis de son chef hiérarchique qui veut organiser un "flagrant délit". La caméra ne perd jamais de vue Cristi qui est de tous les plans sauf la dernière grande séquence qui est la deuxième longue scène notable dans laquelle son chef, le commandant de police, lui explique le sens des mots "loi", "conscience" et policier" à l'aide d'un dictionnaire de lexicologie roumaine. C'est un film tour à tour silencieux, bavard ou bruyant. J'ai été passionnée de bout en bout par cette histoire où il ne se passe pas grand-chose mais où je n'ai pas vu le temps passer.

Quelques remarques pour terminer: je me rends compte que je vais de plus en plus volontiers voir ce genre de films de qualité qui font réfléchir ou qui m'apprennent quelque chose, où l'on n'a pas l'impression de perdre son temps, où il n'y a pas de violence gratuite ou de vulgarité. Ce cinéma permet de faire connaissance avec d'autres cultures. Il n'a guère d'écho dans la presse, sort souvent en catimini à Paris, je ne sais pas trop quel en est le taux de sortie en province... Moi qui appréciais beaucoup le cinéma américain, je suis perplexe voire inquiète sur les sorties des semaines à venir dans les salles: peut-être est-ce moi qui me lasse, mais je n'ai pas l'impression qu'il y ait beaucoup de sorties intéressantes prévues avant un certain temps? Qu'en pensez-vous? Les tout derniers films américains que j'ai vus (et que je déconseille - je ne les ai pas [encore] commentés) sont L'élite de Brooklyn d'Antoine Fuqua (il y en a marre de tout ce sang qui gicle: j'ai failli partir avant la fin même si les comédiens ne sont pourtant pas en cause), et Crazy night de Shawn Levy (nul, pas drôle, consternant de bêtise).

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samedi 5 juin 2010

Imogène Mc Carthery - Alexandre Charlot et Franck Magnier

Imogène Mc Carthery dégage un charme désuet en racontant une histoire farfelue. C'est le genre de film qui ne casse pas trois pattes à un canard mais que je trouve distrayant. Du fait que Catherine Frot interprète le rôle principal, cela m'a évidemment fait penser aux deux films de Pascal Thomas, adaptations de romans d'Agatha Christie. Imogène Mc Carthery, le film, est inspiré de Ne vous fâchez pas, Imogène de Charles Exbrayat qui a écrit 7 romans avec Imogène comme héroïne. Comme son nom l'indique, Imogène descend d'une vieille famille écossaise, les Mc Leod. Elle aime, l'Ecosse, le whisky, et joue de la cornemuse. Elle se sent exilée à Londres où elle travaille à l'Amirauté comme secrétaire. Elle fait tourner son chef en bourrique. S'attendant à être congédiée par le grand patron, Sir Woolich (irrésistible Michel Aumont avec son bilboquet), elle est très surprise de se voir confier une mission d'importance... J'aime ce genre de film qui permet de voir des acteurs que j'apprécie beaucoup: en plus des deux acteurs cités, quel plaisir de voir Michel Duchaussoy ainsi que Danielle Lebrun dans le rôle de Miss Elroy, gouvernante d'Imogène. Seul Lambert Wilson n'est pas tout à fait aussi convaincant. Ce film a permis la réédition de romans d'Exbrayat avec Imogène en poche; mon ami en a déjà lu trois (mais il préfère des éditions du Masque, d'occasion).

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mardi 25 mai 2010

Robin Hood - Ridley Scott

Avant d'assister à la projection, je ne savais pas ce que j'allais voir: je pensais que le film était une énième version de l'histoire que tout le monde connaît par les long-métrages déjà réalisés. Et bien pas du tout, Robin Hood de Ridley Scott se termine "là où la légende commence". C'est un film sombre où il y a peu de scènes de combats rapprochés héroïques, mais plutôt des combats de groupes réalistes. La séquence du débarquement des troupes françaises sur le sol anglais rappelle étrangement celle des Américains en 1944 sur les côtes françaises. Même les bateaux ont un air de ressemblance. Robin Longstride (qui prend le nom de Loxley - joué par un Russell Crowe assez monolithique) est un bon archer, on ne découvre son habileté extraordinaire qu'à la toute fin. Marian Loxley (la divine Cate Blanchett) est une femme de tête qui travaille comme un homme: telle Pénélope, elle attend son mari parti depuis 10 ans à la guerre. Le roi Richard Coeur de Lion meurt devant Châlus dès le début du film. Le shérif de Nottingham semble falot alors que le roi Jean est vraiment fourbe et intelligent. Mélangeant de manière assez hasardeuse la chronologie du règne de Jean Sans Terre, le film fait une allusion à la Grande Charte de juin 1215 que les barons ont arrachée au roi pour affirmer le droit à la liberté individuelle (charte que bien sûr le roi dénoncera très vite). Les Français entraînés par un félon au trône d'Angleterre, Godfrey (dans la réalité, également prénom d'un frère de Jean et de Richard, mais mort avant ce dernier), sortent bien malmenés. C'est un film sur un homme qui prend l'identité d'un autre (et par la même occasion, sa femme), un peu comme Martin Guerre (qui n'aspirait, lui qu'à la paix). Mais l'ensemble manque d'émotion, c'est l'action qui prime. Quant au cheval blanc dessiné à flanc de colline qui apparaît dans un plan, mon ami a fait une recherche sur wikipédia. On a peut-être une réponse même si le cheval est plus stylisé. C'est à vous de voir.

Ceci est le dernier billet de mai pour cause de pause vacancière jusqu'au 3 juin inclus. Dès le 5, je suis de retour. Je vous dis à bientôt.

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dimanche 23 mai 2010

Dan et Aaron - Igaal Niddam

Pour continuer dans les films de qualité à voir ces temps-ci (et avant qu'il ne soit trop tard), je vous conseille Dan et Aaron, film produit par la Suisse mais réalisé par un Israélien, et dont l'histoire se passe en Israël. Deux frères (Dan et Aaron) refont connaissance après 25 ans de silence. L'un, Aaron, rabbin, docteur en droit et en philosophie, arrive de New York où il s'occupe d'une Yeshiva à Brooklyn. Il arrive à Jérusalem en tant qu'avocat pour défendre une cause. L'autre, Daniel, vit et travaille depuis plus de vingt ans dans un kibboutz au sud d'Israël: il est berger. Il est marié et a deux enfants. Tout les oppose et les anciennes rancoeurs reviennent à la surface. Leur relation restera houleuse jusqu'au bout. L'histoire est la confrontation entre les ultra-orthodoxes qui ne vivent que pour la lecture et l'étude de la Torah (ils ne travaillent pas et sont subventionnés à vie par l'Etat) et les laïcs qui font leur devoir de citoyen en effectuant leur service militaire (obligatoire en Israël). Pendant le procès pour lequel Aaron représente la Défense (un directeur de Yeshivah ne communique pas aux autorités les noms de ses étudiants - afin que ces derniers ne fassent pas leur service), on apprend en effet qu'en Israël la séparation de la religion et de l'Etat n'est pas établie (et n'est pas forcément à l'ordre du jour). On parle d'Etat juif. D'autres questions aussi passionnantes sont abordées. On sent que le réalisateur a voulu montrer et aborder avec conviction ce qui menace Israël de l'intérieur. C'est un débat épineux. L'acteur qui joue Aaron, Baruch Brener (très convaincant), est rabbin dans la vie. A la lecture du dossier de presse, le réalisateur précise qu'il a beaucoup hésité avant d'accepter de jouer le rôle. Sinon tous les autres acteurs sont aussi des inconnus pour le public français. Mention spéciale aux deux femmes qui interprètent, l'une la femme de Daniel (Sharon Malki-Schemech) et l'autre madame le procureur face à Aaron (Orna Fitoussi): elles sont magnifiques toutes les deux. Ce film est vraiment à voir; et il mériterait même une deuxième vision à cause des problèmes soulevés.

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mercredi 19 mai 2010

Femmes du Caire - Yousry Nasrallah

Encore un film que je vous conseille d'aller voir - malgré quelques longueurs et quoique pas passionnant au même degré en permanence (mon attention s'est parfois relâchée pendant les 2H15 du film). D'ailleurs, j'ai eu un peu peur dès la première séquence. Femmes du Caire de Yousry Nasrallah a été écrit par le scénariste de l'adaptation de L'immeuble Yacoubian, Wahid Hamed. Hebba, journaliste à succès, anime à la télé un talk-show politique assez anti-gouvernemental qui met en danger la promotion qu'attend son mari, Karim (journaliste lui aussi), avec lequel elle forme un couple idéal: beau, riche et célèbre. Karim met la pression sur Hebba qui se détourne alors de la politique pour interroger des femmes ordinaires aux destins pas toujours ordinaires. La première a été internée dans une clinique psychiatrique suite à un mariage raté qui l'a menée jusque-là; une ancienne détenue qui vit avec celle qui fut sa gardienne raconte la genèse du crime qui l'a conduite en prison; une manifestante solitaire dit l'injustice monstrueuse que lui fit un homme. A la fin, Hebba (avec un oeil au beurre noir) va devenir à son tour une de ces femmes qui témoignent devant une caméra, victime de la violence faite aux femmes, prisonnière des traditions où l'argent et le sexe sont rois comme partout dans le monde. Les hommes que l'on nous montre sont aussi victimes d'une certaine façon, ils sont des objets de désir comme par exemple dans l'épisode avec l'ancienne détenue. Saïd, un jeune homme employé dans une épicerie familiale, séduit tour à tour les trois filles du propriétaire décédé (un drame s'ensuit). Comme ffred, je trouve le troisième épisode (avec la dentiste devenue manifestante) le plus réussi. Elle tombe amoureuse d'un homme bien de sa personne. Il se joue d'elle avec goujaterie. Grâce à du chantage, il la dépouille d'une partie de son argent. Quant à Hebba, elle est semblable à Shéhérazade et à ses contes. D'ailleurs, le titre original du film est Ehky ya Scheherazade (Shéhérazade, raconte-moi une histoire). J'ai été marquée par une scène où Hebba se trouve dans le métro (un wagon réservée aux femmes). Elle est la seule à ne pas porter le foulard traditionnel (voire plus). Au bout d'un moment, sous la pression des regards des autres femmes, elle sort un foulard de sa poche et le met sur sa tête. Tout est dit. Je témoigne qu'au Caire (en 2003), les femmes étaient toutes voilées. Concernant le film, j'ai trouvé les acteurs tous très bien. Le réalisateur a été l'assistant de Youssef Chahine.

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samedi 15 mai 2010

Dans ses yeux - Juan José Campanella

Je vous conseille de voir Dans ses yeux, le film argentin d'un réalisateur venu de la télévision, qui a reçu l'Oscar du meilleur film étranger cette année. Cette récompense est largement méritée (et pourtant la concurrence était rude avec Le Ruban blanc et Un prophète). Je ne savais pas du tout ce que j'allais voir et j'ai été "cueillie" par l'histoire qui se déroule sur deux périodes: 1975, et 25 ans après. Benjamin Esposito (le talentueux Ricardo Darin) vient de prendre sa retraite d'employé enquêteur au palais de justice de Buenos Aires. Pour s'occuper, il décide d'écrire un livre sur un fait divers (pas vraiment résolu) qui l'avait beaucoup marqué, lui et sa supérieure hiérarchique, Irène Menendez Hastings (sublime Soledad Villamil). Cela s'était passé en 1975. Une institutrice de 23 ans, jeune mariée, fut trouvée violée et tuée chez elle. Son mari, inconsolable, n'avais cependant pas souhaité la mort du meurtrier (un proche, amoureux éconduit) qui fut emprisonné puis relâché avant de s'évanouir dans la nature car en 1975, en pleine période de dictature, des gens pouvaient disparaître sans laisser de traces. C'est Benjamin qui avait permis l'arrestation. Il avait été aidé dans sa tâche par son collègue Sandoval, alcoolique mais efficace. Ce personnage donne une touche tragi-comique au film. Le passé et le présent n'arrêtent de se confondre avec beaucoup d'habileté, car le film est aussi une histoire d'amour entre Benjamin et Irène qui ne s'est jamais concrétisée. Cette dernière n'est pas issue du même milieu social que Benjamin. Il y a une scène sur un quai de gare digne des meilleurs mélos des années 50. Je ne vous dirai rien de la fin inattendue, mais courez voir ce film qui ne peut que vous bouleverser. Il dure 2H10, je n'ai pas vu le temps passer. Voir les critiques élogieuses de Pascale et Rob. Et celle, nettement plus négative (il en faut) de ffred.

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dimanche 9 mai 2010

La comtesse - Julie Delpy

Ce film est une évocation de la vie de la comtesse Elisabeth Bathory (1560-1614), dame de la noblesse hongroise qui vécut donc de la fin du 16ème au début du 17ème siècle. J'ai trouvé la démarche de la réalisatrice Julie Delpy plutôt réussie même si le film est trop concentré sur le personnage de la comtesse et pas assez sur les autres. Le jeune amant de la comtesse (de 19 ans plus jeune qu'elle), Istvan Thurzo, et son père, ainsi que l'âme damnée d'Elisabeth, Dominic Visakna, et la servante amoureuse de sa maîtresse, Anna Darvulia, manquent malheureusement de substance. En revanche, l'ensemble est de bonne tenue avec un décor gothique et une atmosphère pesante. Le propos montre qu'à toutes les époques, il n'est pas bon d'être une femme ET puissante grâce à l'argent. Veuve de bonne heure, la comtesse (mère de 3 enfants) a géré seule la fortune de son mari. Même le roi de Pologne était son débiteur. Toutes cette partie n'est que survolée car Julie Delpy s'est concentrée sur les forfaits commis par la comtesse depuis son enfance. Par exemple, il y a une scène terrible d'un oiseau qu'Elisabeth (âgée d'une dizaine d'années) enterre vivant dans un pot. Elle se rend compte que les êtres vivants sont mortels. Les années passant, elle ne supporte pas de vieillir. Par un coup du hasard, elle découvre que le sang de jeunes vierges lui fait du bien à la peau (surtout de son visage). A partir de ce moment-là, des dizaines de jeunes filles de la région pas loin des Carpathes subissent les pires sévices que l'on voit ou que l'on devine (je dirais aux âmes sensibles de s'abstenir). Du fait de son rang, elle n'a pas été inquiétée pendant plusieurs années jusqu'à ce que l'on ait considéré qu'elle devenait gênante. Ce n'est pas une fresque historique mais le portrait d'une femme qui a assouvi ses bas instincts en toute impunité. Julie Delpy lui donne quand même un peu d'humanité vers la fin quand elle est condamnée à être emmurée. Les crimes (l'estimation est de 300) de la comtesse m'ont fait penser à ceux de Gilles de Rais, perpétrés 180 ans plus tôt même si les raisons n'étaient pas les mêmes.

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mercredi 5 mai 2010

Quelques films français vus depuis peu (2ème partie)

Comme je l'avais annoncé dans mon billet du 17/04/10, voici quatre autres films français vus à peu de temps d'intervalle. Je voulais les voir pour différentes raisons, dont celle d'en parler sur mon blog. Je ne regrette pas trop mon temps mais je ne les conseille pas forcément. C'est à vous de voir.

Les gardiens de l'ordre de Nicolas Boukhrief est un film violent où les méchants sont vraiment méchants et où les flics (en l'occurrence deux) font tout pour se disculper et retrouver leur boulot après avoir été accusés d'une bavure dans laquelle le fils drogué d'un député est impliqué. L'intérêt du film, c'est Cécile de France qui est très bien comme souvent. Pour le reste... J'avais détesté Le convoyeur du même réalisateur.

Les invités de mon père d'Annie Le Ny avec Fabrice Luchini et Karin Viard qui jouent un frère (avocat d'affaires) et une soeur (médecin) est un film assez "poil à gratter". Personnellement, j'ai trouvé ce film à la limite du déplaisant et certaines situations m'ont dérangée (le vieux père libidineux amoureux transi qui prend du Viagra). Michel Aumont interprète ce père qui fait peine à voir. J'attendais autre chose du film de la réalisatrice de Ceux qui restent. Surtout que le sujet, le mariage blanc entre un vieux médecin aux idées libérales de gauche et une sans-papier moldave plutôt sexy qui a une fille, aurait pu donner un film plus caustique sans tomber dans l'extrême. Le fait que le père déshérite ses enfants m'est resté un peu en travers de la gorge. La fin complètement ratée tombe à plat. Tout se termine dans le conformisme mou. Fabrice Luchini et Karin Viard sont touchants. J'attends néanmoins le prochain Annie Le Ny. 

L'immortel de Richard Berry d'après un roman de Franz-Olivier Giesbert vaut pour la prestation de Jean Reno égal à lui-même. Il interprète un gangster qui privilégie sa vie de famille. Face à lui, le "méchant" de service est joué par Kad Merad pas très à l'aise dans ce rôle (c'est le défaut du film car comme disait le grand Alfred [Hitchcock], pour qu'un film de ce genre soit réussi, il faut que le méchant le soit). Comme pour Les gardiens de l'ordre, c'est un film violent avec de nombreux échanges de coups de feu et pas mal de morts. Qui a cherché sans succès (au début du film) à tuer l'Immortel? Alors qu'il s'est retiré des affaires, à qui fait-il de l'ombre dans la région de Marseille? C'est d'ailleurs l'une des qualités du film, Marseille et la mer: vraiment très belles toutes les deux. En plus de réaliser le film, Richard Berry s'est fait plaisir en interprétant un personnage dont je n'ai pas bien saisi l'intérêt dans l'histoire et l'on retrouve Jean-Pierre Darroussin jouant un rôle très ambigu. Tout cela manque un peu d'humour.

Tête de turc de Pascal Elbé se passe dans une banlieue difficile (?). Une voiture de médecin à l'arrêt avec son conducteur dedans, Simon (joué par Patrick Elbé), est caillassée et brûlée avec un cocktail molotov. Simon, grièvement blessé, n'a pas pu se rendre au chevet d'une patiente qui est morte faute de soins. Le jeune Bora (d'origine turque) qui a fabriqué le cocktail est celui-là même qui sauve le médecin en le sortant de la voiture avant qu'il ne soit trop tard mais il ne se dénonce pas. Atom, le policier et frère de Simon, enquête afin de démasquer le coupable. Le film part d'un bon sentiment où il n'y a pas vraiment de méchants mais seulement des jeunes un peu paumés et désoeuvrés. Bora a du remord face à son geste. Les personnages féminins ne sont pas en reste. Je retiens la mère protectrice de Bora, Sibel, interprétée par la magnifique Ronit Elkabetz. C'est un film qui vaut la peine d'être vu pour le message qu'il veut faire passer. Le petit bémol concernant l'histoire, c'est le veuf (le mari de la patiente décédée) joué par Simon Abkarian: le comportement de ce personnage n'est pas très crédible (selon moi).

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lundi 3 mai 2010

Mammuth - Gustave de Kervern et Benoît Delepine

Après Louise-Michel, voici Mammuth du duo Gustave de Kervern et Benoît Delepine. Je ne savais pas trop ce que j'allais voir mais les critiques étaient plutôt bonnes, et beaucoup de blogs en disent du bien. Mammuth, surnom donné à Serge Pilardos (Gérard Depardieu, tel un ogre obèse, avec des cheveux longs - très longs!) vient d'être mis à la retraite après avoir travaillé quelques années dans une usine d'abattage de porcs. Dès le discours (mal) lu par le chef de Mammuth en présence de ses futurs ex-collègues mangeant leur chips bruyamment, le ton de comédie douce-amère est donné. En plus du discours, Mammuth reçoit un cadeau magnifique: un puzzle de 2000 morceaux! Qu'à cela ne tienne, afin de pouvoir toucher sa retraite complète, Mammuth qui a beaucoup travaillé au "noir" doit essayer de récupérer des feuilles de paye (des "papelards" comme il dit) auprès de ses anciens employeurs. La femme de Mammuth, Catherine (Yolande Moreau, toujours irrésistible), le pousse dans cette direction car son salaire d'hôtesse de caisse ne suffit pas à subvenir aux besoins du ménage. Et voilà Mammuth enfourchant sa vieille moto sur les routes de la Charente. La quête des "papelards" n'est qu'un prétexte qui permet à Mammuth de rencontrer des gens de peu, parfois très bizarres pour ne pas dire farfelus (Benoît Poelvoorde avec son détecteur de métaux sur la plage est inénarrable). Et aux trois-quarts du film, il n'est même plus question de "papelards" du tout. En revanche, pendant tout le film, le fantôme d'un amour perdu (Isabelle Adjani) lui parle par-dessus l'épaule. J'ai trouvé ce film pas mal mais sans plus. Tout le début est vraiment bien. Et puis au fur et à mesure des rencontres, les réalisateurs perdent le fil de l'histoire. Le personnage de Yolande Moreau devient très secondaire, au profit de celui de Miss Ming (la nièce de Pilardos) joué par Miss Ming (sic!) dont je vous laisse découvrir l'occupation. On sent que Depardieu a aimé joué Mammuth. Je conseille néanmoins ce film même si j'ai préféré Louise-Michel.

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