jeudi 27 octobre 2011

L'Exercice de l'Etat - Pierre Schoeller

Parmi toutes les sorties d'hier mercredi 26 octobre 2011, je vous recommande tout particulièrement L'exercice de l'Etat de Pierre Schoeller. J'ai eu l'occasion de voir ce film en avant-première il y a quelques semaines grâce au distributeur Diaphana et à Florian. Après Versailles que j'avais bien apprécié, voici donc L'Exercice de l'Etat, qui ne peut laisser indifférent. Déjà, la séquence d'ouverture est assez remarquable: une femme nue agenouillée se trouve face à un crocodile dans une belle pièce (peut-être dans un château ou une grande demeure); et quand cette femme entre dans la gueule du croco, Bertrand Saint-Jean (Olivier Gourmet) se réveille en sursaut en pleine nuit chez lui: il vient de faire un cauchemar. Bertrand Saint-Jean est appelé d'urgence, en tant que ministre des transports, sur un lieu d'accident de la circulation dans lequel les victimes sont des enfants. On suit donc la vie d'un ministre à la personnalité floue, qui a beaucoup de contacts mais pas un ami. Et pourtant, cet homme, tout le temps sur la brèche, est bien épaulé par sa chargée de com, Pauline (Zabou Breitman), et son chef de cabinet, Gilles (Michel Blanc). Ce que nous fait ressentir le réalisateur est très fort. La vie d'un ministre n'est pas une sinécure. J'ai été frappée par la façon dont Pierre Schoeller décrit l'activité de cet homme qui exerce son métier comme un sacerdoce. C'est un film qui va aussi vite que la vie que mène ce ministre qui de temps en temps retrouve sa femme (mais tellement rarement). Ce n'est pas un film militant. Il n'y aucun marquage idéologique. Le réalisateur ne juge pas ses personnages. Il les prend comme ils sont. On assiste à quelques scènes marquantes comme celle de l'accident sur l'autoroute en construction. Et on se souvient de celle où Michel Blanc écoute le discours de Malraux lors du transfert des cendres de Jean Moulin au Panthéon tout en se préparant à manger. Olivier Gourmet et Michel Blanc sont tout simplement remarquables. Un très grand film, à voir.

Je reviendrai ultérieurement sur deux autres films sortis le même jour.

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PS: je souhaite présenter mes excuses à tous mes fidèles blogueurs de ne pas leur faire plus de commentaires depuis quelques jours mais je suis débordée de travail comme toutes les fins d'année. Je fais ce que je peux.

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lundi 24 octobre 2011

La Brindille - Emmanuelle Millet

Je voudrais évoquer un film français (vu hier après-midi 23 octobre). Sorti le 21 septembre 2011, il n'est plus projeté que dans une salle à Paris avec deux séances dans la semaine. Il s'agit de La brindille d'Emmanuelle Millet, "petit" film de très grande qualité à tout point de vue. Il nous parle d'un sujet délicat, le déni de grossesse suivi d'un accouchement sous X. A Marseille, Sarah, 19 ans, une jeune femme filiforme, apprend qu'elle est enceinte de 6 mois. Tout de suite, elle fait un rejet et un déni sur cet enfant à naître. Si elle avait appris la nouvelle plus tôt, elle aurait avorté. Cet enfant n'est pas du tout dans ses projets, elle veut d'abord et avant tout trouver un travail dans les arts. La solution qui lui reste est de faire adopter le bébé à la naissance. On suit Sarah dans les 3 derniers mois de sa grossesse, où elle fait comme si de rien n'était. Elle suit une formation, a une relation éphémère avec un étudiant en chimie. Logée dans une "maison maternelle", elle ne se mêle pas aux autres jeunes femmes enceintes. Sarah est très seule avec une mère distante au sens propre et figuré. Elle manque régulièrement ses rendez-vous pour son suivi de grossesse, elle ne fait aucune préparation. Cet enfant n'existe pas pour elle. Le film passe d'une séquence à l'autre avec des fondus au noir. C'est sobre et sans atermoiement inutile. C'est certainement pourquoi je suis sortie assez secouée de ce film, et je n'étais pas la seule. Il faut noter la prestation remarquable de tous les comédiens, Christia Theret en tête qui interprète Sarah. C'est dommage que La brindille n'ait pas eu plus de succès en salle. Essayez de le voir en DVD quand il sortira, je vous le conseille vraiment.

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mardi 18 octobre 2011

De bon matin - Jean-Marc Moutout

De Bon matin de Jean-Marc Moutout (qui a aussi réalisé Violence des échanges en milieu tempéré) est un film glacial et glaçant assez remarquable, à mon avis. Jean-Pierre Darroussin trouve l'un de ses meilleurs rôles en interprétant Paul, un cadre supérieur (il vend des produits bancaires) dans une banque d'affaires. Le film est une suite de flash-back où l'on se rend compte comment Paul, au bout du rouleau, commet l'irréparable avant de se suicider. C'est un film qui peut faire réfléchir sur les nouvelles méthodes managériales qui éliminent ceux qui ne plaisent pas pour différentes raisons, ou que l'on considère comme des "has been". C'est l'histoire d'un homme, père de famille, qui fait une dépression (on lui retire certains clients importants, on le fait changer de bureau pour le mettre dans un bureau "open space"). Le film traite de la souffrance au travail, de sa déshumanisation lorsque l'on n'est plus qu'un produit. On vous presse et l'on vous jette. Cela se passe dans un décor gris bleu où tout est feutré. Je sais que ce film a ses détracteurs. Personnellement, j'ai aimé sa sobriété.

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dimanche 9 octobre 2011

Drive - Nicolas Winding Refn

Ayant beaucoup apprécié les films précédents de ce Danois (lire les billets ici, ici et ), c'est peu dire qu'avouer que j'attendais avec impatience la sortie de Drive qui a été récompensé (à juste titre) du prix de la mise en scène au dernier festival de Cannes. C'est un film que je déconseille peut-être aux âmes sensibles mais que je recommande absolument à toutes les autres. Pour sa première incursion aux Etats-Unis, Nicolas Winding réussit son pari de faire un film à l'américaine mais avec un petit quelque chose en plus: la façon stylisée ou hors champ de traiter la violence, de prendre son temps avec des plages de douceur (de "creux" comme disent ceux qui n'ont pas aimé) très bien mis en valeur grace à la mise en scène fluide. Les comédiens sont tous très bien avec en tête Ryan Gosling, un grand beau gosse blond absolument étonnant. Il parle peu, réfléchit pas mal et agit de même. Il joue le rôle d'un homme (dont on ne connait pas le prénom) qui mène une vie rangée et relativement terne partagée entre son rôle de cascadeur le jour et chauffeur de gangster la nuit. Son seul signe distinctif est le blouson qu'il porte avec un scorpion tatoué dans le dos. L'arrivée d'Irène (Carey Mulligan vue dans An Education), une jeune et jolie voisine de palier (dans l'immeuble où il vit) et de son petit garçon, Benicio, va bouleverser la vie de ce cascadeur taciturne. En effet, le compagnon d'Irène, sorti tout juste de prison, va déclencher un enchaînement de situations tragiques et violentes (le sang gicle pas mal) que je ne vous révèlerai pas. J'ai vraiment beaucoup aimé ce film pour son ambiance, sa musique et l'alternance entre calme et tempête. L'histoire est adaptée d'un roman de James Sallis sorti aux éditions Rivages Poche (pas lu). Je pense que le film vu dans une salle comble sera un succès. En tout état de cause, Nicolas Winding Refn est un cinéaste à suivre. Voir les billets de WilyrahFfred, Alex, Phil Siné et certainement beaucoup d'autres, et l'avis plus mesuré de Neil (suite à son com ci-dessous) mais aussi celui franchement négatif de Chris (idem).

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lundi 3 octobre 2011

Films vus et non commentés depuis le 23/07/2011 (suite)

Avant qu'il ne soit trop tard, voici trois films à voir absolument.

Le cinéaste allemand Werner Herzog a eu l'autorisation de filmer les peintures rupestres polychromes vieilles de 35 000 ans de la grotte Chauvet (du nom du découvreur). Cette grotte située en Ardèche, découverte en décembre 1994 par une équipe d'archéologues, a tout de suite été interdite au public (pour éviter les mêmes dégradations qu'à Lascaux). Ce que la caméra nous montre à hauteur d'homme est grandiose et émouvant, surtout filmé en 3D (à bon escient). On ne se lasse pas de voir et revoir pendant de longues minutes ces peintures (quatre magnifiques chevaux, par exemple) ou certaines roches en calcite (on dirait de la dentelle). Mais, selon moi, ce documentaire, La grotte des rêves perdus, aurait pu encore être plus passionnant si certaines questions avaient été posées comme: quelle est la signification de ces dessins? Comment ont-ils été faits? Avec quels ingrédients? Et quels instruments? Comment nos ancêtres fabriquaient-ils leur couleur? Nulle explication. Des interviews comme celle du parfumeur (qui a un "nez") n'ajoutent rien. Seule l'intervention de la conservatrice du site m'a semblé intéressante mais trop courte. Mais rien que pour les peintures, courez voir ce film.

Blackthorn de Matteo Gil, un film que je vous conseille (et je ne suis pas la seule), bénéficie d'une interprétation épatante de Sam Shepard en grande forme, qui trouve un de ses plus beaux rôles en incarnant Butch Cassidy vieillissant. Le film m'a d'autant plus plu qu'il se passe en Bolivie, pays où j'aimerais bien retourner pour visiter des endroits comme le désert de sel d'Ayuni (le peu que j'avais vu en 2001 m'avait enthousiasmée). En 1927, Butch Cassidy que tout le monde croit mort depuis longtemps (voir les flash-back ponctuant l'histoire dans lesquels on retrouve aussi Sundance Kid et Etta Place), décide de revenir au pays. Sur son chemin, il fait la connaissance d'un Espagnol poursuivi par des ouvriers d'une mine. Les rôles féminins ne sont pas que figuratifs. Dommage que ce film sorti en catimini n'ait pas eu plus d'échos car il aurait mérité un succès public. Blackthorn, d'un réalisateur espagnol que je ne connaissais pas, est un excellent film.

Le cochon de Gaza de Sylvain Estibal est une fable tragi-comique à laquelle il manque peut-être un peu de profondeur et une vraie réalisation pour se substituer à un scénario truffé d'invraisemblances. Mais qu'est-ce que j'ai ri (et je n'étais pas toute seule) aux (més)aventures de Jafaar et de son cochon du Vietnam. Le film se passe bien évidemment à Gaza, où le porc est considéré comme une "souillure". C'est donc sur le mode humoristique que le réalisateur a pris le parti de raconter la cohabitation difficile entre deux peuples qui s'affrontent. Jafaar, pêcheur endetté et pas très en veine (du point de vue pêche), voit apparaître dans ses filets un cochon noir vietnamien. C'est le ciel qui lui tombe sur la tête, il veut s'en débarrasser à tout prix (il n'arrive même pas à en prononcer le nom: "borc" [pig - big]). Sans dévoiler davantage l'histoire, je peux évoquer (dans le désordre) le cochon dopé au Viagra, comment Jafaar n'est pas capable de tirer sur ce cochon avec une kalachnikov à 1m50, comment Jafaar vit misérablement avec sa femme dans une masure (avec un trou d'obus en guise de fenêtre et qui sert de poste de garde à des Israéliens), comment un bel olivier devient une victime expiatoire du conflit, comment le cochon se retrouve déguisé en mouton, etc. C'est un film revigorant avec une fin optimiste.

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mardi 27 septembre 2011

Fiims vus et non commentés depuis le 23/07/2011

Comme je prends du retard dans mes billets et que j'ai vu pas mal de films, voici un billet "groupé". J'ai constaté après coup que les  trois film évoqués (que j'ai plus ou moins aimés) étaient tous italiens.

Je recommande This must be the place de Paolo Sorrentino pour la prestation de Sean Penn méconnaissable avec son look gothique. Très bien dirigé, il compose un personnage appelé Cheyenne que l'on n'oublie pas de sitôt avec sa voix de fausset qui parle lentement. Il a un côté facétieux. Ce n'est pas une histoire facile à résumer, elle se passe en Irlande et aux Etats-Unis. Cheyenne, un ancien chanteur de rock désenchanté, vit donc retiré en Irlande avec sa femme Jane (Frances Mc Dormand, très bien), dans une grande demeure avec une piscine qui sert de terrain de squash. Plus tard, avec sa valise à roulettes, il part à la recherche du bourreau de son père (qui fut détenu dans un camp de concentration pendant la 2nde guerre mondiale). Cheyenne va parcourir l'Amérique d'est en ouest. Pendant son périple où il croisera des personnages divers et variés, Cheyenne va changer, va s'ouvrir aux autres. On se souvient de ce film pour son ton décalé. C'est un OVNI cinématographique dans lequel on admire la plus grande pistache du monde.

Je ne suis pas très familière de l'univers de Nanni Moretti, n'ayant vu que La chambre du fils. En tous les cas, Habemus Papam semble représenter une sorte de synthèse de l'oeuvre du cinéaste. Dans cette comédie dramatique, on retrouve des thèmes comme la psychanalyse, le sport et le monde du théâtre. Melville (Michel Piccoli), un cardinal, est élu pape lors d'un conclave après quelques tours de scrutin. Il pousse un cri de bête blessée quand il apprend la nouvelle. Un psychanalyste est appelé à la rescousse sans succès et Melville disparaît dans les rues de Rome. Le Vatican est en émoi car les fidèles attendent le nom du futur pape. Et ils vont attendre longtemps. Je retiens certaines scènes comme celles où les cardinaux jouent au volley-ball, où le garde suisse se fait passer pour le futur pape, et celle où les cardinaux retrouvent Melville dans un théâtre en pleine représentation. La vie est un théâtre. J'ai beaucoup aimé ce film.

Concernant Un tigre parmi les singes de Stefano Incerti, j'avoue que je n'ai rien compris ou presque à cette histoire. Dans ce film quasi-muet qui se passe à Naples, Toni Servillo grimace beaucoup et parle peu. Gorbaciov (titre original de ce long métrage), un comptable de prison (avec une tache de vin sur le front - comme l'homme politique russe) vêtu de chemises voyantes, mène une vie morne entre son travail de comptable (il reçoit des familles des détenus de l'argent qu'il place dans un coffre) et son addiction au poker. D'ailleurs, il se permet de prélever des sommes d'argent du coffre pour miser. Gorbaciov perd beaucoup et contracte des dettes qu'il ne peut rembourser. Entretemps, il tombe amoureux d'une jeune Asiatique. Le film se voit sans passion.

La suite dans un prochain billet.

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samedi 24 septembre 2011

La lettre du Kremlin - John Huston

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Je l'attendais depuis longtemps, cette édition d'un film peu connu et peu diffusé de John Huston. La lettre du Kremlin date de 1970 (en pleine Guerre froide) et réunit des acteurs comme Max Von Sidow, Bibi Andersson, Richard Boone, Nigel Green, Patrick O'Neal, Lila Kedrova, Orson Welles et George Sanders (génial dans un de ses derniers rôle où il interprète un travesti qui tricote). On est loin des films de James Bond. C'est une histoire d'espionnage qui se passe en Russie, d'une lettre compromettante que les Américains voudraient bien récupérer. Les espions ne sont pas des enfants de coeur. Ce sont même des êtres dangereux et souvent sans scrupules qui n'hésitent à pas à torturer leurs victimes pour les faire parler. On sent que John Huston qui joue un petit rôle avait peu de considération pour ce genre d'individus. Sans vous dévoiler la fin, tout cela se termine mal, en point d'interrogation, mais pas de la façon que l'on pourrait croire. C'est un film très noir où les femmes sont malmenées. Les bonus du DVD sont un peu maigrichons mais comportent quelques interviews de journalistes qui parlent de l'oeuvre de Huston et replacent La lettre du Kremlin dans son contexte. Il nous est dit qu'en effet, il y a peu de films (à part les James Bond) qui traitent de l'espionnage de cette façon. En tout cas, je suis contente d'avoir revu ce film.

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dimanche 18 septembre 2011

Tu seras mon fils - Gilles Legrand

Tu seras mon fils de Gilles Legrand (qui est aussi co-scénariste du film, avec Delphine Le Vigan dont le dernier roman vient de recevoir le prix du roman Fnac 2011) est un très bon film classique, bien interprété par Niels Arestrup, Lorant Deutsch, Patrick Chesnais et Valérie Mairesse, sans oublier Anne Marivin. L'histoire se passe de nos jours dans les vignobles du bordelais. Un père et un fils ne s'entendent pas. Paul de Marseul (Niels Arestrup) est déçu par son fils Martin qui n'a pas l'étoffe d'un grand vigneron. Il  n'arrête pas de l'humilier. En parallèle, le régisseur du domaine (Patrick Chesnais) se meurt d'un cancer. Le fils de ce dernier revient des Etat-Unis après plusieurs années d'absence. Là-bas, il avait des responsabilités sur un vignoble californien. C'est lui que Paul de Marseul voit comme son héritier. Bien entendu, un drame éclate et la fin, même si on la prévoit, est inattendue. On peut trouver quelques facilités dans le scénario, les dialogues. Le rôle est taillé sur mesure pour Arestrup. L'intermède à Paris m'a semblé inutile. Cette oeuvre se hisse au niveau d'un excellent téléfilm. Ceci étant, du fait que les acteurs sont tous excellents, et en attendant sa sortie en DVD, je vous conseille ce film.

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jeudi 15 septembre 2011

Balada triste - Alex de la Iglesia *

Je vais publier successivement des billets dans les jours qui viennent sur les films que j'ai vus depuis fin août 2011.

Je commence par celui qui est sorti déjà depuis le 22 juin, Balada triste, un film d'Alex de la Iglesia*, recommandé par quelques blogueurs comme Thomas Grascoeur. J'ai réussi à le voir car il se donne encore à des séances de midi dans une salle à Paris. C'est un film espagnol (pas conseillé pour tous les publics) tonitruant, foisonnant, outré, violent, et cru. L'histoire se déroule dans l'univers du cirque ou plus précisément parmi les clowns. En 1937, un clown blanc en costume se trouve enrôlé de force dans une milice de Franco. Il n'a pas froid aux yeux et tue à tour de bras. Il sera fusillé sous les yeux de son jeune fils, Javier. 36 ans plus tard, en 1973 (deux ans avant la mort de Franco), Javier devenu aussi un clown blanc est engagé dans un cirque. Il tombe tout de suite éperdument amoureux de la voltigeuse qui se trouve être la petite amie du clown au nez rouge, lequel est un être violent et peu recommandable mais qui fait rire les enfants. C'est l'histoire d'une rivalité amoureuse entre ces deux hommes hors normes qui aboutit à des extrémités que je vous laisse découvrir. C'est aussi l'histoire de l'Espagne sous Franco, même si ce n'est pas explicite. L'une des séquences finales qui se passe dans le futur mausolée dédié au Caudillo est absolument grandiose. Je peux vous dire que tout finit très mal et que la "Balada triste" du film est le titre d'une chanson dont le titre en entier est Balada triste de trompeta. Moi qui avais peur des clowns quand j'étais petite, ce film me les a fait voir sous un jour nouveau. Je vous recommande ce film pour son lyrisme, son histoire, pour la beauté de certains plans, et les acteurs sont formidables.

* et non Guillermo del Toro comme je l'avais écrit par erreur et comme me l'a fait justement remarquer Thomas (voir ci-dessous).

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lundi 5 septembre 2011

Océans - Jacques Perrin & Jacques Cluzaud

Cherchant désespérément sur quoi écrire, je [Ta d loi du cine, squatter] retrouve quelques notes prises il y a fort longtemps pour un billet que j'ai toujours eu la flemme de rédiger. Hop!

Océans, sorti le 27 janvier 2009, nous l'avions vu, Dasola et moi, en avant-première, presque deux mois auparavant. En fait, je m'étais fait "racoler" devant l'UGC Ciné Cité Les Halles et m'étais vu proposer l'invitation, parce que je rentrais dans les quotas nécessaires au panel (et, oui, j'avais eu le droit d'y aller accompagné!). A la fin, il y avait un long questionnaire à remplir, mais je ne pense pas que, à ce stade, ça pouvait changer quoi que ce soit au film...

La presse en ayant abondamment parlé et reparlé, notamment à l'occasion de ses passages à la télé (je ne l'ai pas regardé, pour ma part), je me bornerai à "critiquer" les défauts (à mon avis) de ce film.

Je me rappelle encore les très belles images du début, les oiseaux de mer qui pêchent en piqué, filmés alternativement dans les airs et sous l'eau (comme dans La marche de l'empereur?). En général, les parties concernant les animaux sont magnifiques. On nous montre des oiseaux, des morses, des iguanes et des poissons magnifiques et spectaculaires, d'accord. Je n'ai vraiment pas vu la nécessité du vieil homme et de l'enfant, qui n'apportent pas grand-chose si ce n'est une pseudo-réflexion philosophique. Et ça manque un peu de sous-titres. Il me semble enfin avoir regretté un défaut d'explications (d'incrustations?) sur les lieux concernés (notamment, les musées). Sans doute que ce film était taillé sur mesure pour le marché anglo-saxon (le peu de texte qu'il y avait était en anglais, dans la version vue en avant-première)? Le fait qu'aucun requin n'ait été martyrisé pour ce film (ceux à qui on coupe les ailerons avant de les rejeter à la mer sont des "animatronix"), c'est bien, mais c'est anecdotique. Personnellement, en tant que carnivore (et piscivore!) qui s'assume, la mention "Aucun animal n’a été maltraité durant le tournage" m'avait paru un peu ridicule voire hypocrite, alors que les opérations de pêche reconstituées existent bel et bien. Il n'est pas non plus question de pollution. Ca a un côté un peu "bien-pensant", un peu moralisateur (comme si on jugeait le spectateur quelque peu débile?). Enfin, peut-être est-ce un film destiné à prendre date, et à revoir en 2050 (restera-t-il des dauphins, des requins... et des pêcheurs?).

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