mercredi 13 juin 2012

Le grand soir - Benoît Délepine et Gustave Kervern

Après Louise Michel et Mammuth, voici Le grand soir, le troisième film que je vois du duo "grolandais" Delépine/Kervern. Je voudrais tout d'abord dire que dans la séance à laquelle j'ai assisté, j'ai évité les bandes-annonces mais surtout les pub. En effet, Gustave de Kervern est venu impromptu présenter son film juste avant la projection. Il nous a livré quelques anecdotes, par exemple: Dupontel et Poelvoorde s'étaient brouillés avant le début du tournage, et se sont réconciliés à la dernière minute (au point que de Kervern et Delépine avaient envisagé de s'attribuer eux-mêmes les rôles). Le chien que tient en laisse Benoît Poelvoorde dans le film a mordu un des techniciens qui s'est retrouvé avec cinq points de suture. Les figurants du film ont tous été soigneusement choisis: ce sont des personnes que connaissait de Kervern. Brigitte Fontaine, cette grande artiste, est une personnalité extraordinaire qui voulait que dans son texte soit mentionné qu'elle était une sorcière (?). Avant d'accepter le scénario, Dupontel avait envisagé d'abandonner le métier d'acteur. Il a fallu aussi gérer Benoît Poolvoerde avec ses addictions. Néanmoins, tout s'est bien passé. Certains dialogues étaient parfois donnés au jour le jour aux acteurs. Concernant les morceaux musicaux, les réalisateurs ont demandé à la veuve d'Alain Bashung l'autorisation d'utiliser un morceau de musique joué à l'harmonica. Gustave de Kervern nous a répété que ce film, qui est avant tout une comédie, n'est pas toujours drôle, et c'est volontaire. C'est l'époque dans laquelle nous vivons qui veut ça.

J'ai écrit ce long préambule pour vous dire d'aller voir Le grand soir, qui est donc une comédie douce-amère de notre époque très réussie. L'histoire se passe dans une zone commerciale du sud-ouest de la France. "Not" (Benoît Poelvoorde), "le dernier punk avec chien", déambule dans cette zone qu'il n'arrive pas à quitter. Ses parents y tiennent un restaurant, "La pataterie", et son frère, Jean-Pierre, futur "Dead" (Albert Dupontel), est vendeur-démonstrateur dans un magasin de matelas. Il faut noter les apparitions dans des petits rôles de Gérard Dépardieu, qui lit l'avenir dans un petit verre japonais, et de Yolande Moreau, cheveux gris et courts et mère d'une punkette. On sent que les réalisateurs aiment tous leurs personnages. Le film qui dure 1H30 est une suite de saynètes formant un tout. Je dirais que la fin se termine en apothéose avec cette phrase écrite en anglais: "We are not dead" (Nous ne sommes pas morts). Le film en dit beaucoup sur notre monde d'aujourd'hui et le constat est assez triste. C'est un film formidable. Voir les billets enthousiastes de ffred et de Pascale.

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jeudi 7 juin 2012

Les femmes du bus 678 - Mohamed Diab

Même s'il comporte de nombreuses imperfections et quelques facilités, essayez d'aller voir Les femmes du bus 678, un premier film d'un réalisateur égyptien, Mohamed Diab. L'histoire tirée de faits réels se passe en 2009. Trois femmes issues de milieux socio-économiques différents sont agressées sexuellement à un moment donné: Seba, à l'issue d'un match de football; Nelly, traînée par un conducteur de voiture qui semble faire des gestes obscènes; et la troisième, Fayza, qui fait partie de ces femmes subissant des attouchements réguliers dans les bus bondés (dont le 678) qui parcourent Le Caire. Toutes les trois décident de contre-attaquer chacune à leur façon.
En plus du harcèlement sexuel est évoqué le fait que les hommes qui ne sont pas capables de subvenir aux besoins d'une famille ne peuvent pas se marier avant longtemps et sont donc frustrés sexuellement. Il est dit aussi que des enfants sont punis quand leurs parents oublient de payer l'école (privée). Enfin, le poids des traditions est tel que les femmes agressées hésitent à porter plainte car les familles se sentent humiliées. J'ai également été frappée en constatant que si une épouse est agressée, c'est le mari qui se sent souillé: un comble! Les hommes ne sortent pas grandis de ce film, sauf peut-être un inspecteur de police qui verse des larmes quand il tient sa dernière-née, lui qui a toujours eu des garçons. Le réalisateur agence habilement les scènes du point de vue chronologique. Il semble que ce film ait peut-être fait bouger les choses, car l'agression sexuelle est désormais punie par la loi en Egypte (le film date de 2010). Malheureusement, il y a peu de plaintes. Les trois actrices principales sont vraiment très bien. Je vous recommande ce film.

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vendredi 1 juin 2012

Prometheus - Ridley Scott

Avant de refaire un billet sur une de mes dernières lectures, en voici un sur Prometheus, le film dont on parle beaucoup et qu'il faudra avoir vu. Il s'agit du "prequel" d'Alien réalisé par Ridley Scott. Je dirais tout suite que ce film va certainement en décevoir certains, car il faut avouer que le scénario est assez peu novateur (selon mon ami, il y a même un traitement assez naïf du sujet, que, pour ma part, je peux résumer par "Qui sommes-nous et d'où venons-nous?"). Ridley Scott s'est inspiré de pas mal d'idées voire de scènes de son film Alien qui date de 1979. L'histoire débute en 2089 dans une grotte où des scientifiques trouvent des peintures rupestres dont une avec des humains pointant du doigt 5 planètes formant un cercle. Quatre ans plus tard, une navette spatiale en route depuis plus de deux ans, avec un certain nombre de passagers, arrive à destination sur une planète où ils pensent trouver l'origine de l'humanité. Le reproche que l'on peut faire à Prometheus, c'est qu'il n'y a pas la dimension métaphysique que l'on trouve dans 2001, Odyssée de l'espace. Tout cela reste très "terre-à-terre". A la fin, les membres de l'équipage sont presque tous décimés d'une façon ou d'une autre. Mais on ne ressent pas la menace ou la peur insidieuse instillées comme dans Alien qui montrait peu et suggérait beaucoup. C'était un film qui a vraiment marqué à l'époque, je ne suis pas sûre que cela soit le cas de Prometheus. Il faut noter néanmoins qu'il y a de très belles scènes comme celle d'ouverture où la nature est splendide (le film a été tourné en Islande) et on peut imaginer sans trop de peine une suite à ce "prequel". Noomi Rapace est très bien. A vous de voir.

PS du 2 juin 2012: je voudrais préciser que nous avons vu le film en 2D (je n'apprécie pas la 3D), et j'estime que c'était tout à fait suffisant.

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mardi 29 mai 2012

Films vus et non commentés depuis le 26/04/12

Voici quatre films que je n'avais pas encore chroniqués.

Pour un premier long-métrage, Margin call de J. C. Chandor est une réussite. Il nous fait découvrir les prémices de la crise financière de 2008 au sein d'une grande banque d'investissement où interviennent des licenciements secs (aux Etats-Unis, la façon de faire est brutale). Juste avant de quitter les lieux, un des licenciés qui fut à la tête du département "management des risques" prévient qu'un gros problème va arriver, la banque est proche de la banqueroute. En 24 heures, on peut voir quelques personnages importants de cette banque essayer de s'en sortir au mieux et tant pis pour les autres. C'est un film qui prend son temps, il n'y a aucune agitation, on parle beaucoup autour d'une table ou ailleurs. Cela pourrait se jouer au théâtre. Les personnages sont tous plus cyniques les uns que les autres. Ce n'est jamais qu'une histoire d'argent comme dit le directeur joué impeccablement par Jeremy Irons. Les autres acteurs sont tout aussi excellents: Stanley Tucci, Kevin Spacey, Simon Baker (vu dans The Mentalist), Paul Bettany et Demi Moore. Un bon film.

Dark Shadows de Tim Burton (qui semble beaucoup s'être inspiré de la famille Addams) se regarde avec plaisir, mais la fantaisie y fait défaut. Exceptés Angélique (la sorcière) et Barnabas Collins (le vampire, revenu d'entre les morts au bout de 200 ans), les autres personnages manquent de consistance. La mort d'Angelique est un moment très poétique: elle se fèle comme une poupée de porcelaine. J'ai retenu deux autres scènes notables: quand Barnabas très pâle se lave les deux canines devant une glace avec une brosse à dent et la scène "torride" entre Angélique et Barnabas: ça déménage! A part ça, une grande partie de l'histoire que je ne raconte pas se passe surtout dans un manoir gothique en 1752 puis en 1972, où vivent les Collins qui forment une famille décomposée constituée par Elizabeth (Michelle Pfeiffer) et de son frère Roger (Johnny Lee Miller), père lâche et indigne, tandis que les deux enfants de la maisonnée sont perturbés l'un et l'autre pour des raisons différentes. Vit aussi là, une psychologue, Helen Bonham-Carter qui se met à rêver d'immortalité. Ce n'est pas forcément le meilleur film de Tim Burton pour ceux qui ne le connaissent pas encore.

Babycall du Norvégien Pål Sletaune est un thriller qui commence de façon plutôt banale, et qui, au fur et à mesure, change de ton pour entrer dans le genre paranormal et fantastique. Le film est porté par Noomi Rapace qui interprète Anna, une maman inquiète pour Anders, son petit garçon de 8 ans. Elle a quitté le domicile conjugal car son mari les battait, elle et son garçon. Elle loge dans l'appartement qu'on lui a alloué, situé dans une espèce de HLM impersonnel et très laid. N'étant pas tranquille la nuit, elle achète un "babycall" (autrement dit un interphone bébé) qui intercepte des cris et des pleurs venant d'ailleurs dans l'immeuble. Le fantastique intervient par petites touches et la fin assez inattendue qui lorgne vers Le 6ème sens est très réussie. Le réalisateur nous a bien manipulés. C'est un film que je vous recommande. (Lire le billet enthousiaste de ffred).

Moonrise Kingdom de Wes Anderson est le premier film que je vois de ce réalisateur. C'est en lisant un billet de Wilyrah que j'ai eu envie de le découvrir. Je n'ai pas été déçue car le film dégage un charme poétique et champêtre. En 1965 (on entend une chanson de Françoise Hardy), deux jeunes adolescents vivent une jolie histoire d'amour sur une île au large de la côte est des Etats-Unis. Le garçon est un scout rebelle qui n'a plus ses parents, la jeune fille est l'ainée d'une famille de quatre enfants qui vivent avec leurs deux parents un peu excentriques. Une des tempêtes du siècle qui va balayer tout sur son passage va aussi jouer un grand rôle. Il faut noter le casting impressionnant: Bill Murray, Frances Mc Dormand, Edward Norton, Bruce Willis, Tilda Swinton et en grand chef scout: Harvey Keitel! C'est un film pour petits et grands. Lire le billet enthousiaste de Wilyrah.

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mercredi 23 mai 2012

I Wish - Hirokazu Kore-Eda / 11 fleurs - Wang Xiaoshuai

Je voudrais évoquer deux films venus d'Asie, ayant comme point commun que les rôles principaux y sont tenus par des enfants.

Tout d'abord, I Wish, du Japonais Hirokazu Kore-Eda (le réalisateur du sublime Nobody Knows), qui dirige à nouveau des enfants avec talent et délicatesse. Au Japon, sur l’île de Kyushu, deux frères sont séparés par une distance de plus de 500 km après le divorce de leurs parents. Koïchi, l'ainé, vit au sud de l'île avec sa mère et ses grands-parents au pied d'un volcan en activité qui rejette des nuages de cendres. Ryunosuke, le plus jeune, vit avec son père, guitariste de rock un peu bohême, dans le nord de l'île. Koïchi souhaite (wish) que sa famille soit à nouveau réunie. Lorsqu’un nouveau TGV relie enfin les deux régions, Koïchi et son jeune frère organisent clandestinement un voyage avec quelques copains de classe jusqu’au point de croisement des trains où, dit‐on, il suffit de formuler un souhait pour qu'il se réalise. C'est un très beau film sur l'enfance insouciante malgré le divorce, la séparation et le volcan en éruption. Toute l'histoire se focalise sur ce voyage effectué par des enfants sans qu'aucun adulte ou presque n'intervienne. Je ne vous dirai pas si les souhaits se réalisent ou non, mais peut-être que quelque chose va se passer. J'ai été un peu moins convaincue que pour Nobody Knows et même Still walking. J'ai trouvé le film un peu (trop?) léger. Mais il vaut la peine d'être vu pour ceux qui ne connaissent pas ce réalisateur, qui sait très bien diriger les enfants.

Maintenant, 11 fleurs du Chinois Wang Xiaoshuai, vu grâce au conseil avisé d'Aifelle (qui n'a pas écrit de billet sur ce film) que je remercie. Voici un film dont l'histoire, tirée d'un souvenir du cinéaste, se passe en 1975, un an avant la fin de la "Révolution culturelle" et la mort du grand Timonier Mao Tsé-toung. L'action se situe dans un village ouvrier situé au sud-ouest de la Chine, niché dans un décor magnifique de collines et de rivières Les habitants vivent au rythme des paroles et des chants révolutionnaires diffusés par des haut-parleurs. Wang, un gamin de 11 ans, qui vit entre une mère assez dure et un père féru de peinture impressionniste, est toujours fourré avec une bande de trois copains inséparables. Une belle chemise blanche dont le tissu a été acheté et cousu par sa mère (grâce à des tickets de rationnement) va faire basculer la vie de ce jeune garçon dans le monde des adultes, où il va connaître la violence et le crime. En 1H50, le réalisateur ne fait qu'évoquer la Chine sous Mao, mais on sent que la vie de ces gens est dure, même s'ils ne se révoltent pas: peu d'électricité, rarement de la viande, pas de loisirs. Et l'on voit un homme pleurer car sa fille a été violentée et que son fils est devenu un meurtrier. Tout est décrit par petites touches comme chez les impressionnistes. C'est un film prenant que je vous conseille.

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dimanche 20 mai 2012

De rouille et d'os - Jacques Audiard

Etant une grande admiratrice du cinéma de Jacques Audiard (voir ici et ) depuis Regarde les hommes tomber, j'avais hâte de découvrir son nouveau film (son sixième). Le scénario est tiré d'une nouvelle d'un écrivain canadien, Craig Davidson (le recueil est paru aux Editions Albin Michel). L'argument de ce film, c'est le destin de deux personnes, Ali et Stéphanie, qui n'étaient pas fait pour se rencontrer, et pourtant la vie en a décidé autrement. Ali et Sam, son petit garçon de cinq ans, quittent le nord de la France pour partir vers Antibes, chez la soeur d'Ali, caissière dans une grande surface. Ali (Matthias Schoenaerts découvert dans Bullhead) est pauvre, il vole pour donner à manger à son petit garçon, et se bat à mains nues dans des combats clandestins qui lui font gagner de l'argent. Avec ses relations féminines, Ali fait l'amour comme il combat, vigoureusement. Pour lui, c'est un exercice hygiénique. Arrivé à Antibes, Ali se met à travailler comme agent de sécurité la nuit après avoir été "videur" d'une boîte de nuit (c'est là qu'il fait la connaissance de Stéphanie). Par ailleurs, Ali se comporte parfois assez brutalement envers son petit garçon mais sans penser à mal. Il ne connaît pas sa force. De son côté, Stéphanie (Marion Cotillard, qui retrouve enfin un grand premier rôle) travaille au Marineland d'Antibes, elle se produit avec des orques. Un jour, Stéphanie perd ses deux jambes lors d'une démonstration. Très seule, elle contacte Ali qui n'éprouve pas de la pitié pour elle mais lui montre beaucoup de délicatesse et c'est ce qu'elle apprécie. Il faut retenir quelques belles scènes dont celles où Stéphanie refait, assise sur son fauteuil roulant, les gestes pour attirer l'orque, et quand elle appelle l'orque en tapant sur l'immense aquarium. Je n'ai pas trouvé cette histoire d'amour aussi bouleversante que je m'y attendais, mais Audiard prouve une fois de plus qu'il est un formidable directeur d'acteurs; et il arrive à montrer un lourd handicap sans que cela tombe dans le voyeurisme. Si j'ai bien lu quelque part, De rouille et d'os fait allusion au goût du sang et aux dents que l'on peut perdre lors de combats. Ce film n'est pas mon préféré de ce cinéaste, mais je vous le conseille bien évidemment. Je pense qu'il gagnera peut-être un prix à Cannes où il est en compétition. Voir les billets d'Alex, de Wilyrah et de Claire.

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lundi 14 mai 2012

Indian Palace - John Madden

Ce week-end, je suis allée voir deux films à la suite: Dark Shadows de Tim Burton (billet à venir [chroniqué le 29/05/2012]) et Indian Palace de John Madden.

Les deux films sont très différents mais j'avoue avoir eu une préférence pour le second, Indian Palace, parce qu'il donne la part belle aux acteurs et parce que cela se passe en Inde avec ses odeurs et ses couleurs. L'ensemble dégage un charme fou, le tout enrobé de bons sentiments. Sept retraités dont un couple partent pour différentes raisons à Jaïpur en Inde après avoir été attirés par une annonce sur Internet. Je vous laisse découvrir leur périple pour arriver à destination entre l'avion, le bus coloré et le "tuk-tuk". Ils se retrouvent dans ce qu'ils croient être un hôtel rénové. Mais il s'agit en fait d'une bâtisse décrépite où d'énormes travaux sont nécessaires, mais tenue par un jeune homme plein d'énergie et à la bonne humeur communicative. Les vies de ces hommes et de ces femmes vont bien changer au contact de ce pays: Graham (un homosexuel), Evelyn (qui vient de perdre son mari après trente ans de mariage), Douglas et Jean (le couple mal assorti), Muriel (ancienne gouvernante raciste et revêche qui se fait opérer de la hanche), Norman (vieux mais encore vert qui cherche une femme pour une relation durable) et enfin Madge (qui a quitté son rôle de grand-mère pour essayer de refaire sa vie). Vous n'oublierez pas de sitôt ces personnages interprétés par des acteurs épatants: Maggie Smith, Judi Dench, Bill Nighy, Tom Wilkinson, Ronald Pickup, Penelope Wilton et Celia Imrie. Un très bon moment de détente. Voir le billet enthousiaste d'Aifelle.

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vendredi 11 mai 2012

Saya Zamouraï - Hitoshi Matsumoto

 

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Le mercredi 9 mai 2012 est sorti à Paris, dans deux salles seulement, Saya Zamouraï d'Hitochi Matsumoto, une tragi-comédie nippone émouvante et plutôt drôle, à l'image de la mimique de clown triste sur le visage de l'acteur (non professionnel), comme vous pouvez le voir sur l'affiche. Au Japon, dans une période indéterminée, Kanjuro Nomi (Takaaki Nomi), un samouraï mutique et sans sabre (le fourreau qu'il porte est vide), erre dans la campagne en compagnie de sa petite fille (qui le rabroue souvent). C'est un veuf inconsolable. Sa tête est mise à prix depuis un certain temps car il refuse de combattre. Capturé par un seigneur rival de son clan, il a 30 jours pour faire sourire le fils dudit seigneur par tous les moyens imaginables. Si, au bout de ce laps de temps, le petit garçon ne rit pas, il devra mourir comme un samouraï en pratiquant le "seppuku". Nomi se donne beaucoup de mal pour dérider le garçonnet, il se transforme même en homme-canon. Il se grime, se maquille, fait des dessins sur son torse et d'autres choses de ce genre, mais en ne prononçant jamais une parole. Au fur et à mesure que le temps passe, il recueille le soutien des villageois qui sont enthousiastes devant les performances de Nomi.

C'est le troisième film du réalisateur, que je ne connaissais pas. Hitoshi Matsumoto a plusieurs cordes à son arc puisqu'il est aussi acteur, humoriste et animateur de spectacles à la télévision japonaise. C'est d'ailleurs lors d'une de ces émissions qu'il a rencontré Takaaki Nomi qui devait faire le clown devant une caméra. Il semblerait que Takaaki Nomi, qui ignorait tout du scénario, n'a su qu'à la fin qu'il tournait un long-métrage. Si vous voulez voir un film bizarre, poétique, humoristique, décalé, et qui se termine avec une chanson, allez le voir. J'espère qu'il sera projeté dans quelques salles en province.

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samedi 5 mai 2012

Barbara - Christian Petzold / Avengers - Joss Whedon

Avant Cannes, j'avais un peu craint que les sorties soient peu exaltantes; et bien j'avais tort, car cette semaine du 3 mai sont sortis quelques films dont Barbara de Christian Petzold. Je vous conseille d'aller voir ce film qui se passe en 1980, dans une petite ville au bord de la Baltique en ex-RDA. Barbara (Nina Hoss, actrice très connue en Allemagne) est une belle et grande jeune femme qui ne sourit pas et ne dit rien. Elle se déplace à vélo et demande à rien à personne. Elle vient d'être nommée médecin dans l'hôpital de la ville. Berlin-Est l'a envoyée dans ce coin paumé car ils soupçonnent qu'elle veut passer à l'Ouest où l'attend peut-être quelqu'un. Barbara vit dans un logement lugubre à l'électricité défaillante. En quelques plans, le réalisateur arrive à nous faire ressentir l'atmosphère étouffante et menaçante que provoquait le régime en place. C'est un film peu bavard mais où les regards sont importants. Barbara sous son air indifférent nous montre son empathie vis-à-vis des malades, surtout vis-à-vis d'une jeune fille en mauvaise posture. Elle-même est observée par son collègue médecin et sa logeuse ainsi que par un agent de la Stasi. La fin que j'avais plus ou moins devinée m'a semblée logique et très belle. Un film vraiment à voir.

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Je voulais évoquer en trois phrases Avengers de Joss Whedon qui semble rencontrer un grand succès. J'avoue m'être passablement ennuyée (je suis sortie de la salle assez abrutie par tant de bruit et de fureur) en compagnie de super-héros (Iron Man, Hulk, Thor, etc.), dotés de super-pouvoirs, qui s'unissent pour combattre de très gros méchants qui veulent envahir la Terre. En l'occurrence, c'est New-York qui est le théâtre de l'affrontement final. Je pense qu'il y aura une suite, que je ne suis pas sûre d'aller voir.

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mercredi 2 mai 2012

Les vieux chats - Sebastian Silva et Pedro Peirano

Les vieux chats du titre sont deux matous bien gras qui partagent, de nos jours, un appartement au 8ème étage d'un immeuble à Santiago au Chili avec Isadora et Enrique, deux personnes âgées. Isadora souffre de plus en plus d'absences, elle perd la tête et a des problèmes de hanche. Son compagnon est aux petits soins pour elle. L'ascenseur de l'immeuble en panne et l'arrivée inopinée de la fille d'Isadora, Rosario (et de sa compagne Hugo/Beatrix), va semer la tempête dans la vie réglée du vieux couple. Rosario, en conflit depuis l'enfance avec sa mère, veut que cette dernière et son compagnon quittent l'appartement pour qu'elle puisse s'y installer avec sa compagne. Rosario, actrice qui n'a pas fait carrière, espère faire fortune en revendant des savons aux vertus médicinales. J'aurais voulu apprécier davantage ce film projeté dans pas mal de salles à Paris, mais j'avoue avoir été gênée par le personnage de Rosario, la fille "indigne". J'ai trouvé son personnage un peu outré (et le jeu horripilant de l'actrice n'arrange rien), comme le fait qu'elle soit en même temps lesbienne et "accro" à la drogue. En revanche, le personnage d'Hugo/Beatrix m'a paru plus nuancé. Je vous laisse lire le billet d'Alex pour avoir d'autres précisions sur ce film, que je conseille malgré mes quelques réserves, car je suis attachée au cinéma d'Amérique Latine qui mérite d'être connu.

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