mardi 19 octobre 2010

The Social Network - David Fincher

Ayant entendu et lu de (très) bonnes critiques sur ce film, je suis allée voir The Social Network qui narre la genèse du réseau social Facebook (d'abord appelé TheFacebook, "trombinoscope" en français) créé par deux étudiants d'Harvard, Mark Zuckerberg et Eduardo Saverin, en 2003-2004. Le film commence très vite par une scène de rupture entre Mark et sa petite amie, Erica, dans un des bars de l'université. Cela ressemble plus à un dialogue de sourds. Mark, dépité, crée un programme avec son ami Eduardo où on doit voter pour la fille d'Harvard la plus canon. Il se venge d'Erica en l'humiliant via ce forum qui deviendra par la suite Facebook. L'histoire alterne entre l'extension de ce réseau social et les démêlés juridiques entre différents partenaires. En effet, Mark Zuckerberg est accusé d'avoir volé l'idée du réseau social à deux frères jumeaux, étudiants aussi à Harvard et rameurs émérites, et Eduardo Saverin se retourne contre Mark quand il se retrouve dépossédé des parts de Facebook qui devient très rapidement une entreprise florissante grâce à des actionnaires associés et des sponsors. Ce que je trouve remarquable de la part du réalisateur, David Fincher, et du scénariste, Aaron Sorkin, c'est d'avoir rendu passionnante une histoire où le héros n'est qu'un "pauvre type" asocial (ironie de l'histoire), incapable de se faire des amis, plus à l'aise derrière un écran que dans la vie réelle, et qu'on a envie de gifler pendant tout le film. On ne sait rien de lui ni de sa famille. C'est un jeune homme seul. Je n'envie pas sa vie même s'il est devenu le plus jeune milliardaire d'Amérique. Le film nous trace un portrait peu flatteur des universités américaines en général et d'Harvard en particulier, où sont formées les élites américaines. Pauvre Amérique! Sinon, je n'ai pas vu passer les deux heures que dure le film. La salle était très attentive. Je reconnais que c'est un grand film américain, comme je n'en avais pas vu depuis longtemps.

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vendredi 15 octobre 2010

Elle s'appelait Sarah - Gilles Paquet-Brenner

J'ai vu ce très beau film mardi 12 octobre, la veille de sa sortie, en avant-première. A l'issue de la projection, le réalisateur, la romancière et la jeune fille qui interprète Sarah jeune ont répondu à des questions. Je n'ai rien à en dire de spécial, si ce n'est que beaucoup de spectateurs avaient lu le roman.

Le film est une adaptation du roman qui porte le même titre, Elle s'appelait Sarah, de Tatiana de Rosnay. Je ne l'ai pas lu mais j'en ai entendu et lu du bien (et parfois du moins bien) autour de moi et sur les blogs. Sarah vit avec son petit frère Michel et ses parents, juifs polonais, dans un appartement dans le quartier du Marais à Paris Nous sommes le 16 juillet 1942. Sarah et ses parents sont arrêtés. Michel, caché dans un placard fermé à clé (grâce à la présence d'esprit de Sarah), échappe à la rafle qui mènera les parents directement à la chambre à gaz à Auschwitz. En 2009, Julia Armond, une journaliste américaine installée en France depuis plus de 20 ans, fait une enquête sur la rafle du Vel d'hiv. Par un concours de circonstances liées à sa belle-famille, elle découvre l'existence de Sarah et cherche à savoir ce qu'elle est devenue elle ainsi que son frère. Le film alterne les deux époques habilement. L'histoire, très émouvante, ne sombre pas dans le larmoyant et les effets faciles. Les acteurs y sont pour beaucoup, Kristin Scott Thomas en tête. La jeune Mélusine Mayance qui joue Sarah est une révélation. C'est une film de facture classique et modeste. Je ne comparerai pas ce film avec celui de Roselyne Bosch La rafle (que je n'ai pas vu). J'espère que le public sera au rendez-vous car le film évoque une page très sombre de notre histoire où la police française n'a pas eu le beau rôle. Seul un gendarme montre de la compassion pour Sarah et une camarade (je vous laisse découvrir ce qu'il fait).
Pendant le débat, Tatiana de Rosnay nous a dit qu'elle n'avait jamais entendu parler du camp de Beaune-La Rolande dans le Loiret (jusqu'à ce qu'elle fasse des recherches pour son roman). J'ai été assez étonnée car ce camp d'internement est presque aussi tristement célèbre que celui de Drancy et de Pithiviers. C'est là qu'ont été emmenés les Juifs pris dans la rafle du Vel d'Hiv avant leur transfert pour Auschwitz en 1942.

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lundi 11 octobre 2010

Cinéma 3D - Billet de (très) mauvaise humeur

Je me réjouissais d'aller voir le dessin animé Moi, moche et méchant qui vient de sortir cette semaine. Je n'avais pas fait attention que le film était projeté en 3D dans TOUTES les salles (à Paris). Les films en 3D, pourquoi pas? Mais les films en 2D, c'est très bien aussi et cela évite surtout de porter des lunettes pendant la projection. J'avais presque récupéré mon billet (avec ma carte d'abonnement) quand ON m'a demandé de payer 1 euro de plus pour les lunettes (le tarif est de 2 [deux] euros quand on ne possède aucune carte). Je ne suis pas entrée voir le film (et je le regrette). Je comprends que les lunettes ont un prix (et on ne fait que les louer). Mais cela devrait être compris dans le prix de base du billet. Et je pense que l'on devrait avoir le choix de voir le film en 2D ou en 3D. Surtout que la bande-annonce que j'ai vue était en 2D. J'espère que toutes les futures projections des dessins animés ne seront pas systématiquement en 3D, je risque de ne plus y aller.

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jeudi 7 octobre 2010

Joseph et la fille - Xavier de Choudens / Un poison violent - Katell Quillévéré / Crime d'amour - Alain Corneau

Comme annoncé à la fin de mon billet du 19/09/10, voici un billet concernant trois films français très différents. Je les ai vus, il y a plus d'un mois, je n'avais pas encore eu le temps de les chroniquer. Voici qui est fait.

Le premier film, Joseph et la fille, est raté malgré une intrigue originale. J'y avais été pour Jacques Dutronc que l'on voit trop rarement sur nos écrans. Il joue le rôle d'un cambrioleur tout juste sorti de prison qui prépare son dernier "gros coup", dont l'idée vient d'un co-détenu (décédé). C'est la fille de ce dernier, Julie (Hafsia Herzi), qui va devenir sa complice. Ils sont poursuivis par des malfrats qui aimeraient bien être dans le coup, en l'occurrence s'emparer de la recette d'un casino. Tout le film en clair-obscur baigne dans une lumière bleutée et le son est très travaillé (et pour cause - vous verrez...). Le film aurait pu être beaucoup mieux avec des personnages plus fouillés.

Le deuxième, Poison violent, le premier film d'une jeune réalisatrice, a reçu de très bonnes critiques (et le prix Jean Vigo 2010), et semble avoir trouvé son public. Il s'agit du portrait d'une adolescente confrontée en même temps à la séparation de ses parents, à ses premiers flirt et baiser, et au décès de son grand-père (qui lui demande quelque chose de très intime peu de temps avant), le tout baigné dans une atmosphère où la religion et l'église sont omniprésentes. C'est un film qui personnellement m'a laissée perplexe, il "ne me parle pas". Je le regrette d'autant plus que la jeune actrice (Clara Augarde), très bien, donne la réplique à Lio qui joue sa mère et à Michel Galabru qui interprète un grand-père attendrissant mais coquin. 

Quant au troisième, Crime d'amour du regretté Alain Corneau, je l'ai trouvé bancal (un des deux personnages principaux disparaît trop vite). Il s'agit d'un scénario original et cela se sent dans la deuxième partie du film où le spectateur voit une mécanique bien huilée dans laquelle le réalisateur nous entraîne. De temps en temps, on nous donne des indices pour que l'on ne perde pas le fil et on croit deviner ce qui se passe avant les enquêteurs, car il s'agit d'une histoire policière avec une meurtrière, Isabelle, et sa victime, Christine, morte poignardée. De son vivant, Christine fut un bourreau pour Isabelle, jeune femme maniaque de l'ordre et de la propreté. Christine était la supérieure hiérarchique d'Isabelle dans une grande multinationale. Elle l'a manipulée. Leur relation très ambiguë ne pouvait que mal se terminer. Je retiens de ce film la très belle musique. En revanche, l'un des problèmes de Crime d'amour réside dans l'interprétation mécanique de Ludivine Sagnier qui n'a pas de charisme. Elle joue un rôle qui demanderait plus de personnalité. En ce qui concerne Kristin Scott Thomas, elle est odieuse à souhait.

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vendredi 24 septembre 2010

Avatar - James Cameron

C'est la sortie d'une "spécial[e] édition" qui m'amène à remettre au jour cet Avatar. Je [ta d loi du cine, squatter] l'avais vu, seul et en 2D, fin janvier 2010. J'ai encore présents les arguments que Dasola m'a donnés pour ne PAS le voir. Ouvrez les guillemets: La bande-annonce avec les bonhommes bleus ne m'a pas fait envie. Et puis tout le monde allait s'y précipiter, on en entendait parler partout et on lisait plein d'articles dessus: j'ai donné la priorité à des films qui se font forcément plus "rares", dont on parle moins. La 3D, avec ces lunettes qu'il faut supporter tout au long, j'ai peur d'avoir mal aux yeux. Avatar, il passera encore bien dans quelques salles pour quelque temps à Paris, si jamais je change d'avis. C'est quand même un comble: avec tous les films que j'ai vus depuis le début de l'année, on n'en a aucun en commun! Fermez les guillemets.

Avatar est un film dans lequel, si je me souviens bien, j'avais détecté, à l'époque une douzaine, sinon d'influences, du moins de "déjà-vu" (ou déjà lu). Et c'est bien après que j'ai découvert (sur Wikipedia ou sur la blogoboule) qu'elles s'avéraient aussi évidentes pour d'autres spectateurs. Attention, dans ce qui suit, il y a sujet à spoiler quelque peu.

Ca commence avec 2001, Odyssée de l'espace et Alien: un vaisseau dans l'immensité sidérale avec des passagers endormis. Mais les technologies symboliques ont spectaculairement évolué en quelques décennies (apparence du vaisseau, cocons cryogéniques). Le transcendental transparaît, le personnage principal n'était pas destiné à connaître le destin qui va être le sien (c'était donc son frère), il est juste génétiquement compatible avec un "corps" (son avatar) développé comme d'autres à grand coût de millions de dollars (ou équivalents), alors même que le sien propre est désormais paraplégique (l'opération pour lui rendre ses jambes, possible, est a priori trop onéreuse pour ses moyens). Il va se glisser avec un enthousiasme débordant dans cette autre existence. Comme Fernandel dans François 1er, la meilleure part de son existence se passe donc durant son sommeil. On est sur une autre planète (exo-planète, comme on dit aujourd'hui). Ici, finalement, les "aliens", ce sont les "gentils". J'ai retrouvé l'histoire (les premiers tomes seulement - notamment Nao) de la bande dessinée Aquablue (de Cailleteau et Vatine). Tout y est, à part que ça se passe davantage dans les airs ou la jungle que dans l'eau; mais c'est toujours une histoire de "matière première" et de consortium minier; on y retrouve (je ne pense pas dévoiler de secrets concernant l'intrigue!) des indigènes bleus, qui ont "adopté" et éduqué un humain, dont la fille du chef est amoureuse.

Pour en revenir à nos avatars, ceux-ci sont chargés de "civiliser" les indigènes de la planète, pour les convaincre des bienfaits de l'exploitation de leurs ressources naturelles par les terriens, quitte à violer quelques tabous. Accepté dans un clan après une petite danse avec les loups locaux, le vaillant petit soldat bleu pourra-t-il redresser la barre? Entre plénipotentière et espion (à l'insu de son plein gré), la marge est étroite. Je fais l'impasse sur les bisbilles internes à la petite colonie humaine. La vie en communion avec leur nature des indigènes permet d'admirer des paysages bien supérieurs à notre malheureuse Baie d'Along terrienne (inscrite au patrimoine mondial, tout de même). Je suppose que, en 3D, les falaises vertigineuses et enfeuillées, couronnées par la balade à dos de dragon volant (digne de ceux dessinés par Segrelles dans la BD Le mercenaire), sont plus qu'impressionnantes. Quand la situation entre les deux communautés finit de s'envenimer, un grand exploit permet à notre héros de faire reconnaître sa valeur et de se voir bombarder chef de guerre. Tout culmine bien entendu lors de la grande bagarre finale (aboutissement du film) - à voir, si vous aimez ce qu'on appelle, avec Dasola, des "films de garçons". Le dernier samourai de cette planète va pouvoir vaincre, mais seulement quand la cavalerie arrive sous forme quadrupède (voire davantage?): comme dans Nao là encore, ici aussi, la "divinité"locale intervient dans le combat! Quand on vous dit, enfin, que c'est un film ésotérique... Le retournement final voit l'affrontement de Alien le retour se rééditer, entre une machine semblable à celle utilisée par Sigourney dans ce film, et une créature extraterrestre.

Maintenant, bien sûr, on attend la suite: les humains reviennent (et ils sont plus nombreux et plus méchants?); à moins que Predator™...?

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vendredi 17 septembre 2010

The Town - Ben Affleck

J'avais vu en avant-première ce film (sorti avant-hier, mercredi 15 septembre 2010) en me disant que j'allais passer un bon moment: et bien ce fut le cas. Ben Affleck est bien remonté dans mon estime (je n'avais pas été convaincue par Gone Baby Gone). The Town (la ville), c'est celle de Boston ou plus précisément Charlestown, un des quartiers de la ville (à la triste réputation d'être la ville qui subit le plus d'attaques de banques aux Etats-Unis). Quatre malfrats masqués d'une cagoule avec un dessin de tête de mort y dévalisent une banque. Tout se fait (presque) sans violence. Parmi les employés de la banque se trouve une jeune femme (la directrice), Claire Keesey (Rebecca Hall), qui ouvre le coffre sous la contrainte. Elle seule peut reconnaître l'un des braqueurs, James Caughlin (Jeremy Renner), au tatouage qu'il a dans le cou. D'autres cambriolages ont lieu. La bande est bien préparée et organisée sous la férule d'un fleuriste, un truand dangereux (Peter Postlethwaite). Cependant, l'un des quatre, Doug (Ben Affleck), n'oublie pas Claire dont il est tombé amoureux. Je ne vous dirai rien de plus. J'ai suivi cette histoire avec beaucoup de plaisir. C'est un film qui alterne l'action et des scènes plus reposantes. Il faut noter la présence du séduisant Joe Hamm (le personnage principal de Mad Men) en inspecteur du FBI. Ce film d'honnête facture devrait rencontrer un certain succès. A voir.

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samedi 11 septembre 2010

Des hommes et des dieux - Xavier Beauvois

Avant de reparler littérature, je voulais faire un billet sur un film sorti de cette semaine et qui été un événement au dernier festival de Cannes où il a reçu le Grand Prix, le prix du jury oecuménique et le prix de l'éducation nationale. Des hommes et des dieux de Xavier Beauvois n'est pas du tout un film austère ni ennuyeux, bien au contraire. J'étais émue en sortant de la salle. L'histoire se passe dans les années 1990 en Algérie, plus précisément dans un monastère des montagnes de l'Atlas. Là, vivent 8 moines (et à la fin, un 9ème se joint à eux), en harmonie avec les villageois musulmans du hameau voisin. Ils subsistent grâce à leur récolte du jardin, aux revenus de la vente du miel, et ils rendent service. Ils sont aimés et respectés. Frère Luc, par exemple, qui est médecin, soigne les femmes et les enfants. Pendant des séquences plus ou moins longues, Xavier Beauvois nous fait ressentir le quotidien de ces moines dont la vie est réglée en fonction de la prière, du chant, du recueillement, du silence, de la lecture et des repas pris en commun. Il y a relativement peu de dialogues si ce n'est quand les moines se réunissent pour évoquer le danger qui les menace, en la personne d'un groupe islamiste qui sème la terreur dans la région: des Européens sont massacrés. Faut-il partir ou rester? Certains ont des doutes. Ils ne veulent pas être des victimes expiatoires. C'est un très beau film avec des acteurs habités (plus ou moins connus comme Michael Lonsdale, Lambert Wilson, Philippe Laudenbach, Olivier Rabourdin, Olivier Perrier). Je ne sais pas s'il faut être croyant ou non pour aimer ce film. Il ne délivre aucun message. Je pense qu'il peut parler à beaucoup de gens car il s'agit de l'histoire d'hommes simples vivant dans l'amour de Dieu, pris dans la tourmente d'une situation politique et religieuse compliquée. Avant l'enlèvement de sept d'entre eux et leur fin que l'on sait tragique, des notes d'humour émaillent l'histoire comme celle où, un jour, Frère Luc (Michael Lonsdale), n'ayant pas compris un prêche du "prieur" Frère Christian (Lambert Wilson), se fait rabrouer par Frère Christophe (Olivier Rabourdin) qui lui dit "Va te faire f....". La réplique est assez étonnante. Je conseille vivement Des hommes et des dieux qui devrait être en tête des nominations aux prochains Césars. Après Selon Matthieu et Le petit lieutenant, Xavier Beauvois est vraiment un réalisateur passionnant.

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jeudi 9 septembre 2010

Le bruit des glaçons - Bertrand Blier

Ca y est, je me suis décidée mardi 7 septembre, jour de grève, à aller voir deux films en soirée. On n'était vraiment pas nombreux dans les salles: des Parisiens égarés qui ne voulaient pas rentrer chez eux. Je vous passerai le premier, Krach, totalement oubliable, en me focalisant sur Le bruit des glaçons (sorti la semaine dernière) de Bertrand Blier dont les dernières oeuvres (en particulier le catastrophique Les acteurs sorti en 2000) m'avaient fait éprouver un sentiment de rejet vis-à-vis de ce réalisateur. Après avoir lu la très très bonne critique de ffred et a contrario, la détestation d'Ed envers ce film, j'ai voulu me rendre compte par moi-même. Je dirais que je suis un peu moins enthousiaste que ffred, mais quand même, Le bruit des glaçons m'a bien réconciliée avec Bertrand Blier. Son film a été "vendu" comme la rencontre de Charles et son cancer. J'ajouterais que c'est aussi la rencontre de Louisa et de son cancer à elle. Pour une fois, je ne qualifierais pas Bertrand Blier de misogyne car il donne deux beaux rôles à des femmes: Anne Alvaro et Myriam Boyer. Cette dernière, fagotée comme l'as de pique, est assez irrésistible en cancer de Louisa (Anne Alvaro). Jean Dujardin m'a agréablement surprise, à la différence d'Albert Dupontel qui commence à s'auto-parodier, il faut qu'il se méfie. On le croirait directement sorti de son dernier film, Le Vilain, qu'il a réalisé: il en fait des tonnes. Pour résumer l'histoire: un matin, un homme frappe chez Charles, il se présente comme son cancer. Depuis que sa femme l'a quitté, Charles n'arrête pas de boire de l'alcool, surtout du vin qu'il maintient au frais avec des glaçons. Une cohabitation se fait entre Charles et son cancer. Louisa est une sorte de gouvernante de la demeure. A elle aussi, son cancer se manifeste. J'ai trouvé que la maison en pleine campagne qui sert de décor (on entend les cigales) donne envie de s'y installer, avec une pièce entièrement tapissée de livres (mon rêve). La fin de l'histoire semble heureuse mais ce n'est peut-être qu'une rémission pour les deux protagonistes. Toujours est-il que j'ai passé un bon moment, contrairement à deux spectatrices qui sont parties très bruyamment avant la fin.

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dimanche 5 septembre 2010

Poetry - Lee Changdong

Le film Poetry a reçu le prix du scénario au dernier Festival de Cannes en mai 2010. C'était mérité, à mon avis. En Corée du Sud, de nos jours, Mija, âgée de 66 ans, s'occupe seule de son petit-fils, Wook, un collègien. Ce dernier n'est pas particulièrement respectueux envers sa grand-mère et on apprend assez vite un terrible fait divers le concernant, lui et cinq de ses camarades. Mija est une femme très bien de sa personne qui soigne son apparence mais commence à perdre à la mémoire. Elle travaille comme aide ménagère 3 fois par semaine, chez un vieil homme hémiplégique à qui elle fait même la toilette. Un jour, une affiche dans la rue amène Mija à vouloir écrire de la poésie. Elle s'inscrit à un cours. J'ai retenu une phrase du maître de poésie disant que "pour écrire un poème, il suffit de vouloir vraiment le faire". Une pomme, des abricots tombés d'un abricotier, le chant des oiseaux, un chapeau qui s'envole: tout est matière à poésie. Mais la vie de Mija n'est pas poétique, entre ses problèmes de mémoire et les gros soucis que lui cause son petit-fils. Le film présente le portrait magnifique d'une femme au crépuscule de sa vie. L'actrice Yun Junghee est une star en Corée. J'ai aimé ce film pour l'atmosphère, pour la musique, pour ce qu'il raconte. La première séquence est marquante: de jeunes enfants jouent au bord d'une rivière; tout à coup, l'un d'entre eux voit s'approcher, flottant sur l'eau, le cadavre d'une jeune fille en position ventrale. Je conclurai en disant que selon moi, les séances "poésie" qui ponctuent le film le rallongent inutilement.

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mercredi 1 septembre 2010

Ce que je veux le plus - Silvio Soldini / L'heure du crime - Giuseppe Capotondi

Voici un billet sur deux films italiens très différents dans leur genre mais qui racontent tous les deux une histoire d'amour entre un homme et une femme. Ils sont sortis en août 2010.

L'heure du crime (La Ora doppia) peut se voir comme un polar où Sonia, une femme de ménage (très très jolie) fait la connaissance lors d'un "speed dating" de Guido, un ancien policier devenu gardien d'une belle maison. Sonia paraît vulnérable. Guido tombe amoureux d'elle. Mais rien n'est simple car cette rencontre est peut-être préméditée par l'un des deux. Au cours du film, la demeure que garde Guido est cambriolée au moment où ce dernier et Sonia sont sur place. C'est à partir de là que l'histoire commence à se dérouler entre rêve et réalité, les vivants croisent ceux que l'on croit morts et l'heure double (la ora doppia) joue un rôle. Je n'avais pas deviné la fin surprenante. Les acteurs sont vraiment bien avec une mention spéciale à l'actrice principale d'origine russe, qui irradie. A la différence de ffred, j'ai tout de même préféré le deuxième film italien que je chronique maintenant:

Ce que je veux de plus (Cosa voglio di piu). A Milan, Anna travaille dans un cabinet comptable. Elle vit une relation calme avec Alessio, "gros nounours" rassurant qui est un bricoleur hors pair. Elle espère un enfant de lui. Lors d'une soirée, Anna rencontre Dominico qui fait une livraison. Marié et père de deux enfants, il a des fins de mois difficiles en exerçant des petits boulots à droite à gauche. Anna et Dominico vont vivre une relation purement charnelle, précaire et chaotique, où le manque s'immisce dans leur relation: le manque d'argent, de temps, de lieux où se rencontrer. Leurs vies respectives sont chamboulées. Une liaison adultère n'est pas facile à mener. Le film qui m'a beaucoup touchée vaut pour l'actrice principale, Alba Rohrwacher, dont on remarque d'abord les yeux cernés de khôl. C'est une actrice à suivre qui vient de tourner dans l'adaptation de La solitude des nombres premiers (roman que j'ai chroniqué le 07/04/2009). Je vous recommande vivement ce film (Ce que je veux de plus).

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