mardi 15 décembre 2009

Hadewijch - Bruno Dumont

Ce n'est pas une chose aisée que de parler de ce film, Hadewijch, qui raconte les émois d'une jeune fille non pour un jeune homme mais pour Dieu. Le film commence de nos jours quand la Mère supérieure d'un couvent dans le nord de la France demande à Céline, jeune novice, de revenir à la vie civile. Elle ne semble pas prête pour être nonne, peut-être est-elle trop absolue dans son amour de Dieu. Revenue chez ses parents à Paris, quai d'Anjou dans l'île Saint-Louis (pour ceux qui ne connaissent pas, c'est l'un des endroits les plus huppés de la ville), elle ronge son frein dans un hôtel particulier richement décoré entre un père ministre et une mère évaporée. Elle va souvent dans les églises pour prier. Dans un café, pas loin de chez elle, elle rencontre un jeune de la banlieue, Nassir, et son frère Yassine qui enseigne le Coran. La vie de Cécile change, et par là même son idée de Dieu. C'est un film qui m'a laissée perplexe à cause de certaines scènes et raccourcis. Par exemple, quand Cécile se retrouve au Liban et que par la suite une bombe éclate en plein Paris. D'autres scènes m'ont paru irréelles. Je pense ne pas avoir compris le message du film - si message il y a. Le jeu des acteurs (non-professionnels, comme dans tous les films de Bruno Dumont) est minimaliste. La jeune Julie Sokolowski, qui ne fait que murmurer, est étonnante. Hadewijch était une sainte de la région des Flandres. Il y a d'ailleurs quelques beaux plans de cette région filmée par Bruno Dumont dont c'est le deuxième film que je vois après 29 Palms (qui m'avait plu).

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vendredi 11 décembre 2009

Une affaire d'Etat - Eric Valette

Une affaire d'Etat est un thriller adapté d'un roman de Dominique Manotti intitulé Nos fantastiques années fric, publié aux Editions Rivages, avec comme toile de fond la vente d'armes en Afrique. Victor Bornand (André Dussolier, toujours très bien), conseiller personnel du président de la République, est impliqué jusqu'au cou dans l'explosion d'un avion au-dessus de la Guinée. Il s'ensuit des rebondissements où l'on croise un tueur, Michel Fernandez (Thierry Frémont, impeccable), à la solde de Bornand, des flics qui essaient de faire leur métier au péril de leur vie (Rachida Brakni et Gérard Laroche), un chef de la Sécurité intérieure (Jean-Marie Winling) qui veut "abattre" Bornand, une "Madame" appelée Mado (Christine Boisson), maîtresse occasionnelle de Bornand mais qui joue un jeu trouble. Une de ses protégées est d'ailleurs tuée "accidentellement". L'histoire se suit avec plaisir, c'est d'honnête facture. Le reproche que je ferais au film (qui dure 1h30), c'est que les personnages restent trop superficiels. On ne connaît rien d'eux, ni de leurs motivations. Je ne sais pas si dans le roman, ces personnages sont plus fouillés. En tout cas, vous pouvez aller voir ce film qui est nettement mieux que Mensch dont je ferai une mini-critique prochainement.

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lundi 7 décembre 2009

Les vies de Pippa Lee - Rebecca Miller

Les vies de Pippa Lee est surtout l'occasion de voir des actrices comme Winona Ryder, Robin Wright Penn, Julianne Moore et Maria Bello qui se font rares sur nos écrans, et un acteur (Keanu Reeves) qui joue ici (très bien) un personnage à contre-emploi. Dans ce film adapté de son roman (ce que j'ignorais), la réalisatrice et adaptatrice, Rebecca Miller, nous raconte, grâce à des flash-back, la vie de Pippa Sarkissian devenue Pippa Lee (Robin Wright Penn) par son mariage. Elle est la plus jeune et la seule fille d'une fratrie de quatre. Son père, pasteur, est sans personnalité et plutôt absent. En revanche, la mère (Maria Bello) de Pippa souffre d'une névrose qui arrive à déteindre sur Pippa, qui s'enfuit de chez elle. Pendant une vie de bohème qu'elle mène pendant quelque temps, en particulier chez sa tante lesbienne, Pippa rencontre un éditeur, Herb Lee (Alan Arkin), beaucoup plus âgé qu'elle mais avec qui elle fera sa vie. Ils ont deux enfants, un garçon et une fille (qui déteste sa mère sans que l'on sache pourquoi). Pippa est maintenant dans la fleur de l'âge mais on a l'impression qu'elle s'ennuie avec son mari récemment retraité, qu'elle attend quelque chose. Sa rencontre avec un homme, Chris Nadeau (Keanu Reeves), va peut-être donner une nouvelle direction à sa vie. C'est un film fait de petits riens qui raconte une vie. Je ne peux pas dire que j'aie été touchée mais je ne me suis pas ennuyée. L'actrice qui joue Pippa jeune (Blake Lively) est une très jolie révélation, je lui souhaite une longue carrière. Pour ce qui est de Rebecca Miller, je lirai peut-être un jour son roman dans lequel j'apprendrai peut-être pourquoi la fille de Pippa déteste autant sa mère.

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jeudi 3 décembre 2009

Vincere - Marco Bellochio

J'ai vu Vincere de Marco Bellochio (sorti la semaine dernière) devant une salle comble et je suis ressortie de la projection avec un sentiment de déception: moi qui m'attendais à un mélodrame flamboyant ou à un film intimiste, j'ai trouvé Vincere pompeux (peut-être que la musique très "opératique" y est pour quelque chose) et je n'ai pas été émue une minute par le destin tragique d'Ida Dalser. Son personnage n'a aucune épaisseur à part qu'elle répète de façon lancinante qu'elle aime Benito (Mussolini), qu'elle s'est mariée avec lui et qu'elle a un fils (c'est un peu réducteur). Ida Dalser, issue d'une famille aisée, tombe sous le charme, dès 1907, de cet homme socialiste et anticlérical. Pour lui, elle vendra tous ses biens afin qu'il crée son propre journal: "Il popolo d'Italia". Dès 1916, après la naissance de leur fils (aussi nommé Benito), il l'abandonne: aucune explication n'est donnée. J'ai été gênée qu'elle proclame partager les idées du futur dictateur (socialistes ou fascistes?). Le fait que le réalisateur ait inséré des documents d'actualités d'époque (en noir et blanc) tout au long du film est une bonne idée (le film a été tourné en couleur). C'est l'occasion de voir quelques secondes Lénine en 1917, un extrait du Kid de Chaplin (devant lequel Ida pleure) et un autre où une passion du Christ est projetée sur un plafond d'église qui sert d'hôpital militaire pendant la guerre de 14-18. Le parti pris du cinéaste a donc été de ne plus faire apparaître l'acteur interprétant Mussolini à partir du moment où Ida est internée dans un hôpital psychiatrique, et de le remplacer par des films d'archives avec le "vrai" Mussolini. C'est l'occasion de voir ce dernier (grotesque et risible) vociférer devant une foule en liesse en commençant par ce mot "vincere" (vaincre). A la différence de Ed, j'ai trouvé que la bonne idée était que ce soit le même acteur (Filippo Timi) qui joue Benito père et fils. D'ailleurs, ce sont les dix dernières minutes films qui m'ont le plus touchée. En tout cas, ce n'est pas le chef-d'oeuvre annoncé quoi qu'en disent les critiques du Masque et la Plume. Le fait que ce film soit reparti bredouille du dernier festival de Cannes (même si la ravissante - c'est un euphémisme - Giovanna Mezzogiorno joue bien son rôle) ne me perturbe pas. Dr Orlof et Rob en disent du bien.

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mardi 1 décembre 2009

Le Vilain - Albert Dupontel

C'est le premier film que je voyais d'Albert Dupontel réalisateur. Le Vilain est moyennement méchant et pas très bête (enfin, il y a quand même une tortue, deux chats et un chien qui jouent des rôles essentiels - surtout la tortue). Dans une petite ville indéterminée, "le Vilain" (Albert Dupontel) est en train de se faire tirer dessus par des hommes invisibles dans une fourgonnette toute noire. Après avoir reçu une balle dans l'épaule, il se rappelle tout à coup qu'il a une famille pas loin et il se retrouve chez sa mère (Catherine Frot) qui vit dans un pavillon. Il ne l'avait pas vue depuis 20 ans. La mère se rend compte que si elle est toujours en vie et jamais malade (Dieu ne veut pas d'elle), c'est qu'elle a mis au monde un garçon peu recommandable. Elle voudrait qu'il se rachète en faisant une bonne action alors que le Vilain, lui, veut éliminer sa vieille maman. Cette dernière a aussi maille à partir avec un promoteur immobilier (Bouli Lanners) qui ne cesse de la harceler pour qu'elle vende son pavillon comme ses voisins: il veut tout raser et reconstruire. Bien entendu, on peut deviner un peu à l'avance que la mère arrivera à convaincre son fiston de se débarrasser du promoteur. L'histoire (scénaristiquement parlant) est composée d'une suite de scènes qui m'ont parfois fait sourire (mais pas plus). En revanche, Catherine Frot avec sa perruque de cheveux blancs est très bien. J'ai eu du mal à reconnaître Bouli Lanners avec son catogan et ses lunettes noire. Et en définitive, je préfère Albert Dupontel acteur plutôt que réalisateur.

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dimanche 29 novembre 2009

Lucky Luke - James Huth

[Attention, ceci n'est pas un billet de Dasola, mais bien le 2ème signé par "Ta d loi du cine" (le précédent est ici).]
Dasola ayant catégoriquement refusé de m'accompagner (la bande-annonce lui avait suffi, ai-je cru comprendre), j'ai été au bout de mon souhait d'aller voir l'oeuvre en question, quelque temps après sa sortie (qui a eu lieu le 21 octobre 2009). Du coup, je me fends d'une critique pour raconter l'aventure. Premier challenge: réussir à trouver un cinéma qui passait encore ce film: ils sont deux, sur Paris, en cette 6ème semaine depuis sa sortie. Effectivement, j'avais laissé passer le gros des spectateurs (QUI est gros?); c'est pas une blague, j'ai eu droit à la salle pour moi tout seul: j'étais LE spectateur du jeudi soir.
Côté parodie, ce n'est pas du léger. J'ai plus souvent fait la grimace que souri. Le plus réussi, ce sont les bottes, tout à fait dans l'esprit de la BD. Et je retiendrai le "Ouaip!" de Dujardin. Mais, dans les scénarios de Goscinny (tu parles d'un hommage!), ça allait de pair avec l'allumage d'une cigarette. Ici, on a droit à du brin d'herbe fumeux qui a tout du pétard mouillé. Le seul gag qui m'a fait rire était plutôt gore. Hé non mesdames, il ne faut pas ôter les bottes d'un cow-boy, surtout dans une baignoire (gare au gremlin des familles). Le film semble hésiter au croisement de différents univers: celui du cartoon à la sauce franco-belge, et celui du post-western spaghetti-paëlla. Au final, ça donne du Guignol. Ce n'était certes pas facile de trouver la bonne distance parmi cinq ou six influences. D'où peut-être l'impression d'une succession de tableaux, de morceaux de bravoure. Un peu comme à la guerre: pendant 95% du temps, on ne fait qu'attendre qu'il se passe enfin quelque chose (avec des méchants anonymes un peu statiques en figurants qui font nombre, le genre qui a vocation à se faire massacrer par paquet de six - en principe?); puis tout se passe effectivement trop vite pour qu'on puisse voir et comprendre (à part l'unique ralenti du film). Et c'est pas mal elliptique. N'ayant pas lu les deux tomes de la série "dérivée" Kid Lucky (désolé!), j'ignore si des éléments y ont été repris, ou non, pour l'enfance de LL. Pour dire quelques mots des personnages: Billy the Kid m'a fait penser à Sylvestre (à cause du zeveu sur la langue?). Je ne sais pas si Dujardin a le menton assez pointu par rapport au LL "classique"? Il semble s'être calqué sur - ou cantonné à (j'ai pas dit Cantona!) - celui des (disons) 12 premiers albums parus chez Dupuis? Soyons juste, il y a tout de même des réminiscences dans ce film. "Pat Poker" a une tête de O'Sullivan dans Phil Defer, et le coup de la fausse sortie provient peut-être de cet album. On aurait peut-être au moins pu avoir droit à la mention du seul "sept-coup" de l'Ouest, modèle spécial créé par un vieil armurier: même pas! OSS Luke nous refait le coup du chargeur inépuisable déjà vu dans Rio ne répond plus (à moins que ce soit dans Le Caire nid d'espion?). Il pourrait nous dire "il faut quand même que je pense à recharger, un de ces jours": pas non plus. Pour finir, je me demande un peu s'il n'y a pas eu une erreur sur le bon format: peut-être aurait-il fallu en faire une série TV en épisodes de 2 ou 3 minutes? [C'est bon, je sors]. Et, c'est pas pour spoiler, mais restez donc jusqu'au bout du générique: vous pourrez apprendre (si, si!) que Ran-Tan-Plan n'apparaît pas dans ce film! Bien, pour pouvoir comparer les sorts faits à Goscinny, il me reste à voir les 4 Astérix, et Le Petit Nicolas (ou Iznogoud, avec Billy the Kid), dont je n'ai encore vu aucun. A ma connaissance, personne ne s'est attaqué à Oumpapah. Qu'attend Dany Boon? Mais, après tout, peut-être reverrai-je avec plaisir ce Lucky Luke 2009, d'ici une quinzaine d'années...

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lundi 23 novembre 2009

In the loop - Armando Iannucci

Ce film britannique, In the loop (traduction littérale: dans la boucle, dans le cercle) d’un réalisateur italo-écossais, Armando Iannucci, a été tourné comme un reportage. Il faut s'accrocher pour ne pas perdre le fil des dialogues. Cela va à toute allure (en France, je pense que le film n’a pas été doublé en VF). Bien que cela soit plus difficile à suivre, ce choix de la VOSTF est préférable pour écouter les accents et les jeux de mots intraduisibles. Les sous-titres font ce qu’ils peuvent. Les comédiens s’en donnent à cœur joie dans cette satire sur-vitaminée sur le monde diplomatique. A Downing Street, Malcolm Tucker, l’effroyable (c’est un euphémisme) chef de la com du Premier Ministre est capable de faire et défaire un ministre. En l’occurrence, il s’agit de l’ambitieux (mais petit par la taille) Simon Foster, le secrétaire d'état du développement mondial (sic), qui vient de fait une bourde verbale. En effet, pendant que les Américains et les Anglais sont en pleine tractations avant une possible invasion guerrière au Moyen-Orient, Simon Foster déclare devant des journalistes que la guerre serait "imprévisible". Il aurait employé d'autres vocables comme "prévisible", "évitable" ou "inévitable", cela aurait été la même chose. Cette gaffe met en émoi les deux camps car aucune décision n’était encore prise. L’histoire se passe alternativement à Londres et à Washington DC en passant par New York (aux Nations-Unies). Les dialogues vachards et aussi un peu sexistes fusent. Si les femmes en prennent pour leur grade, les généraux quatre ou cinq étoiles aussi. Je ne peux pas tout raconter si ce n'est que le malheureux secrétaire d'état sera viré (il n'aura même pas le temps de démissionner) non pour sa gaffe mais pour un mur mitoyen qui s'écroule. C'est du grand art. Voilà le genre de cinéma que les Français ne savent pas ou n'osent pas faire et c'est bien dommage. Je le conseille vivement. Voir le billet d'Alex.

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samedi 21 novembre 2009

A l'origine - Xavier Giannoli

Dès les premières images, j’ai été frappée par la grisaille, la tristesse de l’hiver, saison où semble se passer A l'origine (qui fut sélectionné pour le festival de Cannes 2009). On se sent oppressé. L'histoire se déroule dans un décor du style "no man’s land" entre un chantier d'autoroute à l’abandon, un motel et une petite ville sinistrée où le chômage fait des ravages. Juste avant, on vient de voir un homme dont on ne sait rien, Philippe Miller, passer son temps à escroquer des grands magasins d’outillages d’un département ou d’une région. Il va d’un endroit à l’autre avec méthode en pointant sur une carte. Se faisant passer pour un chef de chantier travaillant pour une grande entreprise, il se fait confier du gros matériel qu’il ne rend pas mais qu’il revend à son comparse joué par Gérard Depardieu à l’allure d’ogre. A un moment donné, il se retrouve donc au milieu de nulle part, attiré par un panneau annonçant un chantier d’autoroute. De fil en aiguille, les gens de la petite ville voisine croient qu’il est un contremaître venu faire des repérages, il ne les contredit pas. Avec aplomb et détermination, il décide de reprendre le chantier et les habitants le suivent. Ils n’attendaient que cela. De là se greffe une relation intime entre Philippe Miller (François Cluzet) et la maire de la ville qui est veuve (Emmanuelle Devos). J'ai aimé ce film même si j'ai trouvé quelques longueurs, dont l'histoire d'amour (qui m'a paru assez improbable bien que cela amorce un changement dans l'attitude de Philippe Miller et sa volonté de ne pas abandonner ces gens). L'apparition en truand minable de Depardieu n'était pas non plus très utile. En revanche, le reste est remarquablement montré avec ces petites gens qui reçoivent Philippe comme le Messie. On sent bien qu’ils sont broyés et démunis face à des forces multinationales qui les dépassent. Et tout à coup, ils y croient: le miracle s’accomplit. Deux kilomètres d’autoroute ont bien été construits sur du vent. Le tout a été d'y croire. Philippe est un escroc mais il a donné quelque chose d'important à tous ces gens: l’espoir et une raison de continuer. François Cluzet a un jeu intériorisé et a peu de dialogues, ce qui rend son personnage opaque (on ne sait pas ce qu’il pense). Emmanuelle Devos est lumineuse et les autres comédiens peu ou pas connus sont bien dans leur rôle. C’est le deuxième film de Xavier Giannoli que je vois après Si j'étais chanteur. C’est un réalisateur qui compte dans le cinéma français.

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mardi 17 novembre 2009

The Red Riding Trilogy (1974, 1980, 1983)

Ces trois films, sortis cette semaine, sont adaptés de trois romans faisant partie de la quadrilogie de David Peace, écrivain anglais du Yorkshire né en 1967: 1974, 1977, 1980 et 1983, parus en poche aux éditions Rivages Noir. Le roman 1977 n'a pas été adapté (peut-être pour des raisons budgétaires). Chaque film dure entre 1h30 et 1h40 et il est recommandé de les voir dans l'ordre. Des personnages récurrents se retrouvent dans les trois films (parfois lors de flash-back) ainsi que les intrigues proprement dites qui sont plus ou moins imbriquées entre elles. On est plongé dans la corruption, les meurtres en série, la désespérance d'une ville sinistre, la pédophilie. C'est noir et violent mais qu'est-ce que c'est bien! Pour les amateurs de films noirs comme moi, on en redemande. Le titre de la trilogie, pour les anglicistes et pour les autres, fait référence au Petit Chaperon Rouge (Red Riding Hood). En effet, il est fait référence à un loup qui mange les enfants (de manière métaphorique) et à une petite fille avec une cape et des bottes rouges.

Dans le premier film de la trilogie, 1974, réalisé par Julian Jarold, l'histoire se passe dans le West Yorkshire, en Angleterre. Un jeune journaliste, Eddy Dunford, enquête sur trois petites filles disparues entre 1972 et 1974. Le corps de l'une est retrouvée. La jeune victime a subi les derniers outrages et des ailes de cygnes ont été cousues dans son dos. En parallèle, nous faisons connaissance avec les flics locaux, tous corruptibles, pourris, assassins, tortionnaires, qui touchent des pots-de-vins d'un homme d'affaires de la région, Peter Dawson. Ce dernier veut construire un centre commercial au mépris des lois (quitte à brûler un campement de gitans pour récupérer un terrain). Peter Dawson a une belle maison en forme de cygne. Un pasteur qui officie dans le secteur console les âmes en peine. Evidemment, ces intrigues sont liées.

Dans le deuxième, 1980, réalisé par James Marsh, c'est un flic venu de l'extérieur, Peter Hunter, qui mène l'enquête sur l'assassinat de prostituées par l'éventreur du Yorkshire. Peter Hunter est en butte à l'hostilité de ses collègues, dont la plupart sont les mêmes que dans la première partie. Ils ne veulent toujours pas qu'on se mêle de leurs affaires. Parmi les crimes, l'une des victimes ne semble pas avoir été tuée par le même tueur. D'ailleurs, on apprend qu'elle n'était pas une prostituée mais un témoin gênant pour une des affaires qui s'est passée en 1974. Peter Hunter comme Eddy Dunford ont une fin de vie pour le moins brutale.

Dans le troisième, 1983, réalisé par Anand Tucker, le triste héros du film est un avocat un peu largué, John Piggott, alcoolique, enfant du pays. Cet opus qui termine la trilogie reprend des éléments des deux précédents dont la disparition des trois petites filles. En effet, une 4ème disparaît alors que le coupable présumé arrêté à la fin de 1974 est en prison.

J'ai trouvé une belle unité entre ces trois films (réalisés en 2009 par trois réalisateurs différents que je ne connais pas).
Le troisième est peut-être celui qui m'a le moins convaincue, mais l'ensemble est homogène avec des acteurs anglais remarquables comme souvent (Peter Mullan, David Morrissay, Warren Clarke, Andrew Garfield, Paddy Considine, Mark Addy). Je ne saurais trop vous conseiller d'aller voir ces films sortis dans une seule salle à Paris. Ils se donnent en alternance et les spectateurs les voient à la suite (comme moi). On sort un peu groggy. Depuis, je me suis commandé les quatre romans que je lirai dès que possible. Sinon
Rob Gordon dit beaucoup de bien de la trilogie ici, encore ici et , ainsi que Vierasouto.

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dimanche 15 novembre 2009

Films vus et non commentés depuis le 21/10/09

Voici un billet qui en suit d'autres sur trois films vus mais pas trop appréciés (c'est un euphémisme) sauf le premier, et sur lesquels je n'ai pas envie de m'attarder.

La Nana de Sébastian Silva est un film chilien qui a reçu de bonnes critiques et a été multiprimé au festival de Sundance. Je suis allée le voir car le sujet m'intéressait. Les patrons de Raquel, bonne à tout faire depuis 20 ans dans la même famille, lui fêtent son anniversaire. Raquel est une femme d'une quarantaine d'année, tout d'une pièce, qui a du caractère (certains diraient qu'elle a mauvais caractère). Raquel est fatiguée et tombe souvent dans les pommes. Elle est toute seule pour s'occuper d'une grande maisonnée, c'est pourquoi sa patronne décide de lui adjoindre une aide. Mal lui en prend. Raquel a peur qu'on la remplace et réagit (mal). Deux aides rendent leur tablier après des tours pendables que leur fait subir Raquel. En revanche, la troisième, Lucy, saura l'apprivoiser, car Lucy est la joie de vivre personnifiée. Le film est sympathique même si la réalisation est un peu maladroite, avec quelques scènes répétées et le tout manquant un peu d'invention.

Le concert de Radu Mihaileanu est un film fourre-tout poussif avec un scénario invraisemblable qui donne des situations abracadabrantes. Comme, par exemple, des musiciens qui n'ont pas joué (ou presque) pendant 30 ans et qui sont capables de rejouer une longue partition sans répétition. Autre exemple, des Russes qui, en deux jours, retrouvent du travail à Paris comme si de rien n'était. Sans compter que j'ai été gênée par les acteurs russes qui sont doublés en français avec un accent improbable ce qui ajoute au ridicule de l'ensemble Je ne sauve que le dernier quart d'heure avec le concerto pour violon opus 35 de Tchaikovski. Tout le reste est à oublier. Je n'avais pas du tout aimé Va, vis et deviens du même réalisateur. Si je m'en étais rappelée, je ne serais peut-être pas allée voir Le Concert qui rencontre un grand succès public (il paraît que des spectateurs sortent leur mouchoir et/ou applaudissent à la fin). Personnellement, je le déconseille.

Quant à The box de Richard Kelly, cette "boîte" m'a parue bien vide. L'histoire se passe en 1976 en Virginie, pas loin de bureaux de la NASA et du siège du FBI. On peut ajouter la CIA et la NSA. Par un jour d'hiver, Arlington Steward, un homme affreusement défiguré, sonne à la porte de la maison d'un jeune couple, Norma et Arthur Lewis (Cameron Diaz et James Marsden); ce dernier travaille à la NASA. Ils ont un petit garçon. La veille, une boîte creuse avec un gros bouton avait été déposée sur leur seuil. Pour résumer, Arlington leur propose un million contre une vie. Il suffit d'appuyer sur le bouton. Bien entendu, le bouton est poussé, ils ont le million de dollars, il y a bien une mort violente et le cauchemar commence pour le couple. The Box est surtout une histoire où la culpabilité, la suggestion, le conditionnement, l'hypnose et peut-être la vengeance sont les clés essentielles. [Petit indice en passant: pourquoi s'en prendre à des employés de la NASA?]. Il y a des effets spéciaux un peu risibles et qui n'ajoutent rien. Les comédiens ne sont pas en cause mais ils sont prisonniers d'un scénario alambiqué et pas crédible. J'aime bien être manipulée au cinéma mais pas dans ce cas-là. Je pense que j'essaierai de lire la nouvelle de Richard Matheson dont est tiré le film.

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