mardi 1 septembre 2009

Films vus et non commentés depuis le 21/07/2009

Avant de reprendre, j’espère, mes billets tous les deux jours, voici quelques mini-critiques de films que je n’avais pas encore chroniqués et que j'ai vu depuis mon billet précédent fin juillet 2009.

Public enemies de Michael Mann est un film que je ne conseille pas vraiment (à moins d'être fan du réalisateur): il consiste en une suite de fusillades tournées en caméra numérique sans profondeur de champ. Mon oeil ne s’est pas habitué pendant le film et cela donne une impression étrange. Dillinger, joué par un Johnny Depp légèrement empâté, s'évade de prison avec des complices. Tout le film repose sur la traque de Dillinger par Melvin Purvis (Christian Bale), agent du FBI. Marion Cotillard joue très bien les utilités mais ce n’est pas suffisant. C’est un film qui manque d’âme.

Victoria, les première années d'une reine du Canadien Jean-Marc Vallée (C.R.A.Z.Y.) constitue un beau livre d'images avec de belles toilettes, de beaux décors, et Emily Blunt est crédible dans le rôle de la jeune Victoria, mais l’ensemble reste un peu anecdoctique. On ne sait pas trop qui est qui et pourquoi. Il manque un contexte historique dans lequel on apprendrait pourquoi la jeune reine a été, par exemple, la cible d'attentat (ce que je ne savais pas). Le couple formé par Victoria et Albert (Rupert Friend tout droit sorti de Chéri) est très "glamour" et ravira les âmes romantiques.

Là-haut, dessin animé de Pete Docter et Bob Peterson, m'a plu pour les 10 premières minutes du film, qui narrent presque sans paroles la vie d'un couple, Carl et Ellie, du jour où ils se rencontrent jusqu'à la mort d'un des deux. Et pour la scène de l'envol de la maison grâce à des ballons gonflés à l'hélium. A part ça, le film m’a paru un peu niais comme certains personnages (le petit garçon tête à claques et le chien qui vient en aide à Carl).

Adieu Gary de Nassim Amaouche a été tourné dans la ville blanche du Teil en Ardèche (d’après ce qui est annoncé dans le générique de fin). Cette ville "fantôme" est un beau décor de cinéma très "western. C’est une tranche de vie de quelques personnes qui (sur)vivent dans cet endroit sinistré (plus d’industrie, plus d'emploi) perdu au milieu de nulle part. Parmi ceux-ci, un père ouvrier (à la retraite ou au chômage?) joué par Jean-Pierre Bacri, ses deux fils (l’un sortant juste de prison), son amie Maria (Dominique Reymond) qui accepte d'être cobaye pour tester des médicaments, le fils de cette dernière, José mutique, attendant son père Gary parti depuis des années. Le film dégage une atmosphère étrange, pas désagréable. Ce film permet de voir Yasmine Balmadi (un des deux fils) dans son dernier rôle. Il vient de disparaître tragiquement cet été. Je l’avais découvert dans Wild Side de Sébastien Lifshitz (2004).

Simon Konianski de Micha Wald donne l’occasion de voir Popeck dans un rôle émouvant de grand-père juif qui aimerait bien que son fils Simon (Jonathan Zaccaï, parfait dans le rôle d’un homme un peu immature) trouve une nouvelle compagne qui ne soit pas "goy" comme celle qui vient de le quitter. Ce grand-père meurt brusquement. Simon et son fils partent en Ukraine avec le frère et la soeur d'Ernest pour l'enterrer. Après moult péripéties, ils arriveront sur le pays natal d'Ernest, rescapé des camps de la mort. Le film est sympathique mais décousu avec une scène qui m’a semblée invraisemblable (le passage de la frontière pour arriver en Ukraine).

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [26] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , ,

jeudi 27 août 2009

Un prophète - Jacques Audiard

Enfin un grand film, et qui plus est français. Allez voir Un prophète, 5ème film très réussi de Jacques Audiard, joué en français, en corse et en arabe. La BA ne lui rend pas hommage. Presque toute l'histoire se passe dans une prison centrale. Malik, jeune Arabe de 19 ans, analphabète, vient d'y arriver afin de purger une peine de 6 ans. Il est assez vite repéré par le clan des Corses dont le chef, Luciani (Niels Arestrup, grandiose), l'oblige à tuer un Arabe, s'il ne veut pas être tué lui-même. Et il promet sa protection. Son forfait accompli, Malik deviendra, par la suite, calife à la place du calife grâce à son intelligence (il apprend à lire), à son sens de l'observation et à sa détermination. Grand Prix (amplement mérité) au dernier festival de Cannes 2009, Un prophète dure 2H30, et on est captivé dès le départ. Ce n'est pas facile de parler de ce film découpé en chapitres tellement il est riche. On peut le résumer ainsi: c'est l'itinéraire d'un agneau qui devient un loup. Il n'y a aucune psychologie dans ce que l'on voit. Jacques Audiard nous montre l'univers carcéral quotidien avec ses clans arabes et corses (qui restent entre eux). Il nous épargne le côté misère sexuelle et la religion, et pourtant il y a du surnaturel en la personne du fantôme de l'Arabe tué par Malik qui est souvent là comme l'Ange Gabriel. Malik est considéré comme Corse par les Arabes et inversement. Devenu le "larbin" de Luciani, cela lui sert dans son ascension. Luciani s'attache à lui et lui fait confiance: grave erreur. Le film comporte des scènes fulgurantes et est baigné par la musique d'Alexandre Desplats et quelques chansons. Pour ceux qui sont familiers des films d'Audiard, ils retrouveront sa façon de filmer caméra à l'épaule et certaines images entourées de noir, un peu floues dans certains plans. J'ai eu la chance de voir Un prophète en avant-première, le 25 août 2009, en présence de l'équipe du film, Jacques Audiard et cinq comédiens dont Niels Arestrup et Tahar Rahim. A l'issue de la projection, ils ont reçu une ovation debout. Il y a eu une séance de questions/réponses qui était surtout adressée à Audiard. J'ai moi-même posé une question à Niels Arestrup: est-ce que c'était le rôle ou le fait de retravailler avec Audiard qui lui avait plu? Il a répondu, en substance, "les deux". Il considère Jacques Audiard comme un grand réalisateur. Concernant le titre, Jacques Audiard n'a pas vraiment su répondre à cette question qui lui était posée. Et pourtant, à un moment donné dans une scène, on entend un personnage dire à Malik: "Tu es un prophète?". Cette soirée m'a laissé un très bon souvenir.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [36] - Permalien [#]
Tags : ,
dimanche 23 août 2009

Questionnaire cinéphile estival

Avant que l'été ne s'achève et après au moins quatre éminents blogueurs cinéphiles (Ed, Dr Orlof, Vincent et T.G.) qui ont répondu avant moi (il doit y en avoir d'autres!), voici donc mes réponses à 38 questions qui ont pour but de raviver les souvenirs, de susciter la curiosité et éventuellement de polytraumatiser les amateurs de Robert Altman. En ce qui me concerne, j'ai eu du mal avec certaines questions dont j'ignore le pourquoi du comment.


1) Quel est votre second film favori de Stanley Kubrick?
Pourquoi second? Je ne sais pas. Surtout que la filmographie de Kubrick est diverse et variée. Mais je mettrais en second Full Metal Jacket pour la première partie de ce film qui est un modèle de mise en scène. Je l'avais vu au moment de sa sortie en salle. Je me rappelle avoir été secouée.

2) Quelle est l'innovation la plus significative / importante / intéressante dans le cinéma de la dernière décade (pour le meilleur ou pour le pire)?
En entendant certaines conversations dans les magasins qui vendent des DVD ou maintenant les "Blue Ray", force est de constater que les gens téléchargent les films sur Internet et ne se déplacent plus dans les salles de cinéma. Je dirais que cela concerne la jeune génération de spectateurs mais les autres ne sont pas en reste.

3) Bronco Billy (Clint Eastwood) ou Buffalo Bill Cody (Paul Newman)?
Je choisis Paul Newman pour ses yeux bleus et son engagement pour les enfants malades mais je n'ai pas vu Buffalo Bill et les Indiens de Robert Altman (1976).

4) Meilleur film de 1949.
Noblesse oblige (Kind Hearts and Coronets) de Robert Hamer (Studio Ealing): un chef-d'oeuvre.

5) Joseph Tura (Jack Benny) ou Oscar Jaffe (John Barrymore)?
Je n'ai vu aucun film avec l'un ou l'autre.

6) Le style de mise en scène caméra au poing et cadre tremblé est-il devenu un cliché visuel?
Ce n'est pas un cliché mais une façon de filmer qui peut être réussie comme Rachel is getting married de Jonathan Demme.

7) Quel est le premier film en langue étrangère que vous ayez vu?
Cela doit être Lawrence d'Arabie de David Lean, Autant en emporte le vent de Victor Fleming ou West Side Story de Robert Wise sur grand écran au Kinopanorama dans le 15e arrondissement de Paris (cinéma aujourd'hui disparu), je n'arrive plus à départager leur ordre de vision dans mes souvenirs.

8) Charlie Chan (Warner Oland) ou Mr. Moto (Peter Lorre)?
Plutôt Peter Lorre, je ne connais pas l'autre.

9) Citez votre film traitant de la seconde guerre mondiale préféré (période 1950-1970).
La grande évasion (The Great escape) de John Sturges avec une pléthore de bons acteurs dont Steve McQueen.

10) Citez votre animal préféré dans un film.
Ex-aequo, les chats Pyewacket dans L'adorable voisine (Bell, Book and candle) de Richard Quine et Le Chat dans Diamants sur canapé (Breakfast at Tiffany's) de Blake Edwards.

11) Qui ou quel qu'en soit le fautif, citez un moment irresponsable dans le cinéma.
Il y en a certainement, mais je ne vois pas.

12) Meilleur film de 1969.
Impossible de choisir et soyons chauvins, deux grands Chabrol: La femme infidèle et Que la bête meure (sortis la même année) ainsi que L'armée des ombres de Jean-Pierre Melville.

13) Dernier film vu en salles, et en DVD ou Blu-ray.
En salle, Les poupées du diable de Tod Browning (1936), et en DVD, Le trésor du pendu de John Sturges.

14) Quel est votre second film favori de Robert Altman?
The player (le premier c'est Gosford Park).

15) Quelle est votre source indépendante et favorite pour lire sur le cinéma, imprimé ou en ligne?
Positif / Studio-Ciné-live / Première / Brazil (heu, pas dans l'ordre, je précise).

16) Qui gagne ? Angela Mao ou Meiko Kaji?
Kesako?

17) Mona Lisa Vito (Marisa Tomei) ou Olive Neal (Jennifer Tilly)?
Je ne sais pas de quels rôles il s'agit. Mais j'aime bien les deux actrices.

18) Citez votre film favori incluant une scène ou un décor de fête foraine.
Gun crazy de Joseph H. Lewis (1950).

19) Quel est à aujourd'hui la meilleure utilisation de la video haute-définition sur grand écran?
Je réponds comme presque tous les autres: L'anglaise et le duc d'Eric Rohmer (2001).

20) Citez votre film favori qui soit à la fois un film de genre et une déconstruction ou un hommage à ce même genre.
Les westerns spaghetti de Sergio Leone.

21) Meilleur film de 1979.
Le tambour (Die Blechtrommel) de Volker Schlöndorff.

22) Quelle est la plus réaliste / Sincère description de la vie d'une petite ville dans un film?
Comme j'ai (parfois) mauvais esprit, je vais dire Le corbeau d'Henri-Georges Clouzot (1943); sinon, plus contemporain: Loin du paradis (Far from Heaven) de Todd Haynes (2002) avec la sublime Julianne Moore.

23) Citez la meilleure créature dans un film d'horreur (à l'exception de monstres géants).
Predator.

24) Quel est votre second film favori de Francis Ford Coppola?
Dracula (d'ailleurs, je n'ai pas de premier film favori).

25) Citez un film qui aurait pu engendrer une franchise dont vous auriez eu envie de voir les épisodes.
Aucun.

26) Votre séquence favorite d'un film de Brian De Palma.
La mort d'Al Pacino dans L'impasse (Carlito's way) (1993). Cela vous remue.

27) Citez votre moment préféré en Technicolor.
Tout Lawrence d'Arabie.

28) Votre film signé Alan Smithee préféré.
Je ne sais pas.

29) Crash Davis (Kevin Costner) ou Morris Buttermaker (Walter Matthau)?
Kevin Costner dans Bull Durham, je n'ai pas vu l'autre film.

30) Quel film post-Crimes et délits de Woody Allen préférez-vous?
Whatever works, Match Point, Meurtres mystérieux à Manhattan et Maudite Aphrodite.

31) Meilleur film de 1999.
Ce n'est pas forcément le meilleur film de 1999 mais j'avais beaucoup aimé Tabou (Gohatto) de Nagisa Oshima.

32) Réplique préférée.
Au tout début des Dames du bois de Boulogne de Robert Bresson: Jacques en voix "off" dit "... Il n'y a pas d'amour, Hélène, il n'y a que des preuves d'amour".

33) Western de série B préféré.
Les sept mercenaires de John Sturges (1960) [Allo? Oui, on me fait remarquer que ce n'est peut-être pas une "série B". Mais c'est le remake des sept samouraï].

34) Quel est selon vous l'auteur le mieux servi par l'adaptation de son oeuvre au cinéma?
Mort à Venise de Thomas Mann.

35) Susan Vance (Katharine Hepburn) ou Irene Bullock (Carole Lombard)?
Joker, je préfère Joan Crawford et Susan Hayward.

36) Quel est votre numéro musical préféré dans un film non musical?
Alex chantant "Chantons sous la pluie" dans Orange mécanique.

37) Bruno (Le personnage si vous n'avez pas vu le film, ou le film si vous l'avez vu): une satire subversive ou un stéréotype?
Une chose vulgaire.

38) Citez cinq personnes du cinéma, mortes ou vivantes, que vous auriez aimé rencontrer.
Robert Mitchum, Audrey Hepburn, Luchino Visconti (mais seulement de loin), Louis Jouvet et Billy Wilder.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [17] - Permalien [#]
Tags :
mercredi 19 août 2009

Joueuse - Caroline Bottaro

Pour un premier film, Joueuse de Caroline Bottaro (adapté d'un roman que je n'ai pas lu: La joueuse d'échecs, de Bertina Henrichs, Edition Liana Levi) est une réussite malgré quelques maladresses dans le scénario (par exemple les rapports entre Sandrine Bonnaire et sa fille: les deux actrices ne jouent pas sur le même registre).

Voici quelques raisons pour aller voir Joueuse:

- pour Sandrine Bonnaire, son sourire éclatant et son talent dans un de ses plus beaux rôles;

- pour la Corse hors des sentiers battus et loin des clichés habituels: la réalisatrice donne envie d'y partir tout de suite;

- pour Kevin Kline avec un accent délicieux qui joue le rôle d'un homme un peu mystérieux. Veuf, il vit dans une grande maison isolée dont on ne le voit jamais sortir. Kevin Kline ne fait rien mais avec talent. Et quelle présence!

- pour les échecs, jeu de stratégie plutôt difficile dont mon ami, ta d loi du cine, m'a appris depuis les rudiments de base;

- pour une belle histoire où Hélène, femme de chambre dans un hôtel, se découvre une passion pour les échecs au grand dam de son mari. Elle est entraînée par un homme mystérieux appelé Krüger chez qui elle fait aussi des ménages. Ces rencontres régulières font naître une relation qui m'a paru ambiguë. D'ailleurs, vers la fin du film, on assiste à une belle scène entre Krüger et Hélène, chargée d'émotion: ils annoncent à tour de rôle le n° des cases (H8, B5, C6, etc.) sur lesquelles, en pensée, ils avancent leurs pions d'une partie imaginaire.

C'est un film que je conseille et on se sent bien quand on sort de la salle.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [17] - Permalien [#]
Tags : ,
mardi 11 août 2009

Signore et Signori - Pietro Germi

Si vous ne savez pas quoi aller voir au cinéma ces temps-ci (c'est un peu mon cas); si vous avez envie d'apprécier ce qu'est une histoire à la mécanique bien huilée (digne de Feydeau et Labiche (en plus acide) pour le théâtre, et de Billy Wilder pour le cinéma); si vous vous posez la question: quel film a gagné la Palme d'Or à Cannes en 1966?; si vous voulez rire et sourire pendant 2 heures; si vous voulez entendre parler italien; si vous voulez voir des hommes mariés (pas si jeunes) issus de la bourgeoisie locale qui ne pensent qu'à "ça", si cela ne vous dérange pas de voir des hommes et des femmes qui n'hésitent pas à se donner des gifles; si vous voulez voir un film à la morale corrosive où l'argent résoud bien des choses; si vous voulez voir une peinture au vitriol d'une certaine classe de la population; si vous aimez Virna Lisi; si le fait de découvrir des acteurs italiens pas très connus (enfin pour moi), ne vous dérange pas... Alors allez, que dis-je, courez voir Signore & Signori (Ces messieurs dames) de Pietro Germi (film que je n'avais jamais vu, honte à moi!) qui me paraît être UNE des comédies de l'année. Deux salles à Paris le projettent. C'est dans le cadre d'une rétrospective de films italiens. J'espère que des copies circulent en province (et/ou que la sortie en DVD ne va pas tarder). Ce film tourné en noir et blanc se divise en 2 parties et 3 mouvements. Il se passe à Trevise en Vénétie (où le film fit scandale). L'histoire se concentre sur un groupe d'amis constituant la bourgeoisie locale qui navigue entre sauteries et coucheries. 1er mouvement: avant une sauterie, Toni Gasparini confesse son impuissance à son médecin à qui il demande de garder le secret. Ce dernier, bien entendu, s'empresse d'en faire part à tout le monde. Mais "est pris qui croyait prendre". 2ème mouvement: le comptable Bisigato séduit une caissière de bar (Virna Lisi), en tombe amoureux et veut donc quitter sa femme, une mégère pas apprivoisée du tout. Mais, à cette époque, le divorce étant interdit avec une Eglise omnipotente, le pauvre Bisigato se retrouve à avoir tous ses amis, sa femme, la cousine de sa femme et même la police face à lui pour le faire renoncer à son projet. 3ème mouvement: une jeune fille aguichante, arrivée en ville pour faire du shopping, se retrouve en butte à la concupiscence de membres du groupe d'amis (ils se la "repassent" tour à tour). Sur ces entrefaites, le père de la jeune fille (un paysan mal dégrossi) arrive: sa fille est mineure et il porte plainte. Le rythme du film est effréné, sans temps mort, et la musique ne laisse aucun répit. Un grand film à revoir ou à découvrir.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [9] - Permalien [#]
Tags : ,

mercredi 5 août 2009

Films deux par deux (8)

Comme c'est l'été et que je publie un billet tous les 2 ou 4 jours, j'ai décidé de refaire comme l'année passée et de chroniquer deux films dans un billet quand je le juge opportun. Je commence par deux oeuvres très différentes et qui m'ont plu.

D'abord, Whatever works que j'ai vu récemment. Grâce à ce film, j'ai retrouvé la verve (avec le débit rapide qui va avec) et l'humour de Woody Allen, même si, dans ce film bavard (à voir en VO), on ressent la misanthropie voire le désenchantement du réalisateur. Boris Yellnikov (le double de Woody mais un peu plus jeune), joué par un acteur pas connu en France, Larry David, vit dans un quartier bohême de New York. Cet homme qui a (presque) été lauréat du prix Nobel de physique n'arrête pas de se plaindre, en particulier de la nullité des jeunes élèves à qui il essaie d'apprendre les échecs. Un jour, il tombe sur une jeune fille un peu perdue, Melodie Ann Celestine (délicieuse Rachel Evan Wood), qu'il accepte de recueillir une nuit. Résultat, elle s'incruste et ils se marient. J'ai apprécié le fait que l'on ne tombe pas dans le libidineux: on ne les voit même pas s'embrasser. En revanche, le "ménage à trois" (en français dans le film) formé par la mère de Mélodie, Marietta (Patricia Clarkson), avec deux amis de Boris, est assez savoureux. Et la fin est particulièrement euphorisante avec un "coming out" bien sympathique. Cela m'a fait plaisir de voir Woody Allen revenu à New-York comme s'il ne l'avait jamais quitté. Même si les quelques années d'errance européenne ont donné de très bons films, comme, par exemple, Match Point ou Le Rêve de Cassandre.

Bronson du réalisateur danois de la trilogie Pusher, Nicolas Winding Refn, est à voir pour la performance de Tom Hardy, l'acteur principal qui a un visage "élastique" comme on dit. Un vrai "clown" au sens noble du terme. Bronson est un film qui sort de l'ordinaire (même si je suis consciente qu'il ne peut pas plaire à tout le monde). Visuellement, j'ai presque senti un hommage à Kubrick et au personnage d'Alex dans Orange mécanique au vu de certains travellings. Dans Bronson, on suit la vie de Michael Peterson (qui est une personne réelle) ayant pris le pseudo de Charlie Bronson. A la fin des années 70, après avoir eu une jeunesse agitée (pendant laquelle il n'hésitait pas à frapper ses petits camarades dès qu'on l'embêtait), il se retrouve à 20 ans derrière les barreaux, condamné à 7 ans de prison pour vol. Et comme il continue d'exercer sa violence contre des gardiens ou d'autres détenus, il est, à ce jour, détenu depuis 34 ans dont 30 en isolement. Il s'est même retrouvé un temps dans une institution psychiatrique. Tout cela se passe en Angleterre où l'on voit des conditions de détention inhumaine pour les fortes têtes comme lui qui doit être considéré comme "irrécupérable". Il n'y a aucune explication psychologique, pas de message. Charlie Bronson n'est ni antipathique, ni sympathique. On se demande jusqu'où il veut ou va aller. Le film laisse une impression durable pour certaines scènes.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [21] - Permalien [#]
Tags : , , ,
mercredi 29 juillet 2009

The Reader (Le liseur) - Stephen Daldry

Produite par feu Sidney Pollack et feu Anthony Minghella (excusez du peu), cette adaptation du roman Le Liseur, de l'auteur allemand Bernard Schlink, m'a beaucoup plu, pour diverses raisons, dont les interprétations dignes d'éloges des acteurs, en particulier celle du jeune David Kross qui interprète le rôle de Michael Berg jeune (une révélation), et puis pour l'histoire elle-même qui est prenante. Le Liseur (Der Vorleser en VO) est le roman qui a fait connaître Bernhard Schlink au grand public. Pour ceux qui n’ont pas encore vu le film, The Reader (pourquoi avoir gardé le titre en anglais?) commence par un flash-back en 1958 à Berlin. Michael Berg, âgé de 15 ans, rencontre fortuitement Hannah Schmitz qui a 20 ans de plus que lui. Chez elle, il découvre l’amour physique avec cette femme un peu fruste qui parle peu mais qui demande à Michael de lui faire la lecture pendant, avant ou après leurs ébats, ce que Michael fait avec plaisir (toutes ces scènes sont très belles). Cette liaison ne dure que quelques semaines avant qu’Hannah ne disparaisse sans rien dire, laissant Michael désemparé. Etudiant en droit, il la retrouve 8 ans plus tard, en 1966: il assiste à un procès où Hannah est une des accusées. Là, il apprend le passé de cette dernière. Pendant les 20 ans qui suivent, Michael refusera d’aller rendre visite à Hannah en prison mais il lui enregistrera des livres sur cassettes. Toute la vie d’homme de Michael sera hantée par ce qu’il a vécu avec elle. On suppose qu’il en veut à Hannah mais en même temps il aime encore cette femme qui a bouleversé sa vie. Malgré quelques longueurs sur la fin et le maquillage pour vieillir Kate Winslet (pas forcément une réussite), je vous conseille ce film que j’ai vu dans une salle pleine de spectateurs attentifs. Parmi les blogueurs que je lis [liste non exhaustive!], Wilyrah, Diane_Selwyn, Armelle, Vlad, Tinalakiller, Pimprenelle en disent du bien, Rob a trouvé le film impeccable mais ennuyeux, pL est aussi un peu mitigé.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [25] - Permalien [#]
Tags : ,
mardi 21 juillet 2009

Films vus et non commentés depuis le 7 juilllet 2009

Poursuivant ma série, voici cinq films (dont trois réalisés par des femmes) dont les personnages principaux sont des membres de la gente féminine pas toujours très bien dans leur peau. C'est le moins que l'on puisse dire. Quatre sont américains, le dernier est un film français qui se passe au Québec.

Coraline de Henry Selick (le réalisateur de l'Etrange Noël de Mister Jack) est un conte qui fait peur. Très beau visuellement, ce film d'animation m'a quand même paru long à démarrer. Coraline et ses parents se sont installés dans une grande maison isolée à la campagne. Ses parents sont tellement pris par leur travail que Coraline s'ennuie. Une nuit, attirée par une porte dérobée, elle suit un couloir bas à quatre pattes et se retrouve dans une maison (presque) identique où une autre mère et un autre père semblent être les parents idéaux. Petit détail sinistre, ils ont des boutons à la place des yeux. Je retiens du film les personnages annexes: Mesdames Spink et Forcible, femmes obèses, trapézistes à leurs heures qui se produisent devant des spectateurs d'un genre particulier: une multitude de chiens scottish terriers; Mr Bobinski, acrobate contorsionniste; un chat très intelligent qui ne donne que des bons conseils à Coraline. C'est un film ni aimable ni gentillet, bien au contraire, je l'ai trouvé très noir. Je le déconseille aux tout-petits. D'ailleurs, il est long: au moins 1h30. Nous étions une dizaine dans la salle où je l'ai vu: uniquement des adultes.

Sherrybaby, de Laurie Collyer, vaut pour Maggie Gyllenhaal, que l'on voit de la première à la dernière image. Elle interprète Sherry, une jeune femme assez paumée qui est en liberté conditionnelle (on ne connaît pas son délit). Bien qu'elle soit "clean" depuis quelques mois, elle est sur le point de "replonger" dans l'addiction à la drogue. Mais Sherry n'a qu'un bonheur dans sa vie: sa petite fille de 6 ou 7 ans, Alexis, qui est à la charge de son frère et de sa belle-soeur. Pour pouvoir la récupérer, Sherry est prête à tout (vraiment tout) pour se réinsérer en trouvant un travail. Au détour d'une scène, on devine peut-être pourquoi l'héroïne s'est droguée: son père, veuf qui s'est remis en ménage, a des gestes déplacés envers Sherry. Ceci explique peut-être cela. Ce film a été tourné en 2006 et est sorti en France seulement cette année: mystère de la programmation. Maggie Gyllenhaal crève l'écran.

Sunshine cleaning, de Christine Jeffs, raconte comment deux soeurs, Rose et Norah, se retrouvent à nettoyer les scènes de crimes ou de suicides. Malgré le sujet, le film dégage beaucoup de bonne humeur grâce au charme et au talent des deux actrices principales, Amy Adams et Rachel Blunt. Rose, qui avait des rêves de réussite étant plus jeune, fait des ménages. Mère célibataire, elle a du mal à joindre les deux bouts, et ceci d'autant plus qu'elle a inscrit son jeune fils, Oscar, dans une école privée. Norah, elle, cherche encore sa voie (si je peux m'exprimer ainsi). Grâce à Mac, son amant (qui-ne-peut-pas-quitter-sa-femme), flic de profession, Rose se met à exercer ce métier très lucratif de "nettoyeuse de scènes de crime". Elle s'associe avec sa soeur pour créer l'entreprise "Sunshine cleaning" dans ce nouveau boulot pas très ragoûtant. Le fait de travailler ensemble les rapproche même si des souvenirs douloureux reviennent à la surface. Comme l'affiche sa pub, il s'agit d'un film des producteurs de Little Miss Sunshine (cf. mon billet du 01/03/2007), mais avec un ton différent. Le père des deux femmes, joué par Alan Arkin (comme ressuscité du film précédent), donne un petit grain de folie supplémentaire.

Rachel se marie de Jonathan Demme a été tourné en vidéo. Ce qui explique que l'image bouge beaucoup. Mais cela permet une grande fluidité dans les scènes de groupe (comme le mariage, ou le dîner juste avant, par exemple). L'héroïne du film est la soeur de Rachel, Kym (Ann Hataway). En cure de désintoxication, on lui a accordé la permission de sortir pour cet événement: Rachel se marie avec un Afro-américain. L'histoire se déroule sur un week-end pendant lequel des rancoeurs refont surface. La mère de Rachel et Kym, Abby, divorcée depuis quelques années du père des deux jeunes femmes, fera une apparition (quel plaisir de retrouver la trop rare Debra Winger). Les scènes de groupes sont très bien filmées. J'ai lu que Jonathan Demme présente son film comme une sorte d'hommage à Un mariage de Robert Altman (1978). Le scénario est de Jenny Lumet (la fille de Sidney). Pour la scène du remplissage du lave-vaisselle (pour ceux qui ont vu le film), elle s'est inspirée d'une scène réelle qui s'est passée entre son père et Bob Fosse.

Romaine par -30 d'Agnès Obadia (seul film francophone de cette série) se passe au Canada par -30 degré celsius. C'est l'occasion de voir Sandrine Kiberlain de la première à la dernière image. Comédie farfelue qui n'apporte pas grand-chose à part qu'on a l'occasion d'entendre parler québécois avec l'accent, de constater que les Québecois sont des gens sympathiques et qu'il ne fait pas chaud au Québec en hiver. L'histoire est irracontable et se finit en queue de poisson.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [19] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,
lundi 13 juillet 2009

Jaffa - Keren Yedaya

Après Amerikka, voici Jaffa (de Keren Yedaya), du nom d'un faubourg de Tel Aviv en Israël, connu pour ses oranges. On sait moins que les Palestiniens et les Israéliens y cohabitent tant bien que mal et ce n'est pas toujours facile. La preuve en est l'histoire qui nous est racontée. Mali, une jeune femme israelienne âgée de vingt-et-un ans, travaille avec son frère Meir dans le garage de leur père, Reuven, marié à Osnat (Ronit Elkabetz) qui paraît beaucoup plus jeune. Reuven a deux employés palestiniens, le père et le fils, Malik. Mali et Malik s'aiment en secret, ils veulent même se marier. Les rapports entre Meir et ses parents sont difficiles. Mali, quant à elle, parle peu. Osnat est une femme choyée qui semble n'avoir qu'une occupation dans la vie: regarder la télé en se faisant masser les pieds. Je trouve qu'elle parle à sa fille comme si elle était une étrangère. Je n'ai pas ressenti d'affection entre elles. Un matin, au garage, Meir, qui n'est pas très bien dans sa peau, s'en prend violemment au père de Malik. Le drame éclate. Malik qui tue Meir accidentellement est incarcéré pour plusieurs années. Enceinte, Mali veut avorter (en Israël, il faut avoir l'accord des autorités) mais décide en fin de compte de garder le bébé. Bien entendu, ses parents ignorent tout de sa peine, de son désarroi et qui est le père de l'enfant. Se sentant coupable de ce qui arrive, Mali ne veut plus avoir de nouvelles de Malik. Sa fille Shiran naît. Quelques années passent... Peu à peu, Mali s'émancipe de l'autorité de ses parents qui apprennent la vérité sur le père de Shiran (ils le prennent très mal). Le conflit entre eux est palpable. Pendant ce temps, Malik sort de prison. Et la dernière séquence est pleine d'espoir. En y repensant, j'ai trouvé le film bien mais je n'ai pas été touchée par les personnages. J'ai même trouvé le couple formé par Reuven / Osnat assez antipathique malgré leur détresse. Jaffa m'a semblé lisse, un peu froid, même si je le répète, la fin peut faire espérer. Dans le dossier de presse en ma possession, la réalisatrice, dans une interview, donne des clés pour comprendre les personnages mais ce n'est pas visible à l'écran.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , ,
jeudi 9 juillet 2009

Le Hérisson - Mona Achache

Librement inspiré du roman à succès L'Elégance du hérisson de Muriel Barbery (éditions Gallimard) dont il n'a été gardé que la moitié du titre, Le Hérisson de Mona Achache m'a bien plu. C'est un film reposant. Je ne peux pas mieux le décrire. Je trouve que la réalisatrice s'est bien tirée de sa tâche de scénariste, en réussissant à retrouver le ton du livre, léger et grave à la fois, même s'il manque peut-être un peu de l'humour du roman. Personnellement, j'avais beaucoup ri. L'angle du récit a changé en faisant de Paloma l'unique narratrice de l'histoire. A l'aide d'une caméra, elle filme ce qui se passe autour d'elle et fait aussi du graphisme. Le récit se concentre essentiellement sur trois personnages: Paloma, Renée, la concierge, et un Japonais, Monsieur Kakuro Ozu, nouveau venu dans l'immeuble chic (cinq appartements, un par étage) d'un arrondissement chic de Paris où se déroule le récit. Paloma Josse (étonnante Garance Le Guillervic) veut se suicider le jour de ses 11 ans. Il lui reste donc moins d'un mois à vivre. Très intelligente, elle a décrété qu'elle ne veut pas devenir un poisson dans un bocal comme ses parents: son père, ministre sur le déclin, et sa mère, qui est dépressive et en analyse. Paloma a aussi une grande soeur qui traite la concierge avec mépris. Renée, veuve depuis 15 ans, la cinquantaine, pas belle, pas mince, et parfois à la mauvaise haleine, n'a comme compagnon qu'un chat débonnaire mais (fait rare) qui transpire des pattes. Il s'appelle Léon (comme Tolstoï). Dès qu'il a emmenagé, M. Kakuro devine tout de suite que Renée n'est pas celle que l'on croit. Lui aussi possède deux chats gris, Kitty et Levine (deux personnages d'Anna Karénine du même Léon Tolstoï). Il lui offre une édition rare de ce roman et l'invite à dîner chez lui. Renée n'en revient pas, elle, qui dans une pièce attenante à sa loge, cache au regard des autres une bibliothèque (les 4 murs sont tapissés de livres). Le film se termine comme le roman. Les trois comédiens prinicipaux sont bien. Josiane Balasko, toute en retenue, la jeune Garance Le Guillervic, une révélation pleine de fraîcheur, et Togo Igawa qui a appris son texte français phonétiquement. J'espère que ce film donnera envie de lire le roman très bien écrit. Et oui, Rob, je dois être une des trois petites vieilles qui ont aimé le film.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [15] - Permalien [#]
Tags : ,