jeudi 23 avril 2009

Films vus et non commentés depuis le 29/03/09

Pour mon retour sur la blogosphère après une semaine de pause, je commence par un billet sur des films que j'ai vus depuis un certain temps et que je n'ai pas eu le temps de chroniquer (suite de ma série).

Je débuterai par 35 Rhums de Claire Denis qui a été projeté dans peu de salles et peu de temps. Personne ou presque n'en a parlé et c'est dommage. Claire Denis est une réalisatrice à part dans le cinéma français. Elle réalise des films qui sortent des sentiers battus (je recommande en particulier Beau Travail [que je chroniquerai un jour]). De film en film, elle reste fidèle à la même équipe technique dont Agnès Godard, la chef op', qui nous permet de voir des films beaux à regarder. Elle fait aussi tourner souvent les mêmes acteurs, dont Grégoire Colin et Alex Descas. Dans 35 rhums, ils jouent des personnages moins sombres que leurs rôles habituels. Lionel (Alex Descas), conducteur de RER, est veuf. ll vit avec sa grande fille Joséphine dans un immeuble genre HLM de banlieue. Une grande complicité les unit. Des voisins (ines) de l'immeuble, dont Noé (Grégoire Colin), gravitent autour d'eux, ainsi qu'un collègue de Lionel récemment mis à la retraite et qui s'ennuie beaucoup. Le film dégage une certaine chaleur humaine qui fait du bien. C'est un film doux et apaisé. S'il existe un jour en DVD, louez-le.

Espions de Nicolas Saada: ce film, qui est le premier long métrage du réalisateur, est une réussite grâce en particulier à Guillaume Canet et Géraldine Pailhas, tous les deux très convaincants. Pour ce qui est de l'histoire, Vincent (Guillaume Canet) se retrouve à être espion malgré lui à Londres (employé par la DST). Il est chargé de s'approcher d'un couple dont le mari anglais et homme d'affaires est soupçonné d'avoir des accointances avec des terroristes islamistes (même si lui-même ne l'est pas). Pour ce faire, Vincent se rapproche de l'épouse française, Claire (Géraldine Pailhas) et il en fait sa complice (malgré elle). Bien évidemment, il tombe amoureux d'elle. La fin n'est pas forcément attendue grâce à un scénario subtil. Vraiment une bonne surprise.

Duplicity: comme pour The International (l'enquête) [cf. mon billet du 29/03/09], je suis surtout (beaucoup) allée voir le film pour Clive Owen. Et en plus il y a Julia Roberts (très bien). Pour être brève, le film ne casse pas trois pattes à un canard. J'ai trouvé le scénario un peu compliqué. C'est d'ailleurs un scénariste (Tony Gilroy) qui a tourné le film. Ray (Clive Owen) est un ancien du MI5, et Claire (Julia Roberts) ne travaille plus à la CIA. Ils ont trouvé des emplois qui payent mieux avec peut-être moins de risques (encore que...). A la fin, ils se retrouvent, tous les deux, les dindons de la farce. Je n'ai pas tout compris de cette histoire où la repousse des cheveux et la calvitie sont au coeur de l'intrigue. A part ça, il y a Clive...

Loin de la terre brûlée de Guillermo Arriaga: pour une fois, j'ai trouvé que la bande-annonce ne rend pas justice au film qui est nettement mieux. J'y suis allée sur les conseils d'une collègue et je ne le regrette pas. Guillermo Arriaga est connu pour être le scénariste de Babel [cf. mon billet du 19/01/07], de 21 grammes et de 3 enterrements. L'histoire se passe dans deux endroits différents (Mexique et une région des Etats-Unis) et sur deux périodes séparées par une dizaine d'années. Une mère (Kim Basinger) et sa fille (que l'on retrouve à deux âges de la vie et qui se sent responsable de la tragédie à laquelle nous assistons) sont les héroïnes d'un film que l'on n'oublie pas. Les trois actrices, Kim Basinger, Charlize Theron et la jeune Jennifer Lawrence, sont formidables.   

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lundi 13 avril 2009

Frozen River - Courtney Hunt

Frozen River de Courtney Hunt est un film que j'ai vu tardivement après sa sortie. Je voulais le voir (parce que l'on m'en avait dit beaucoup de bien). Et en effet, je vous le recommande pour lors de sa sortie en DVD ou sur une chaîne cablée. Il a été tourné en numérique par une réalisatrice qui nous met tout de suite dans l'ambiance d'un paysage enneigé. Cela se passe aux Etats-Unis à la frontière canadienne. Une femme, Ray Eddy, qui vient d'être "plaquée" par son mari, survit tant bien que mal dans un mobile-home vétuste avec ses deux garçons, l'un encore très jeune et l'autre "post-ado". Ray a du mal à joindre les deux bouts en travaillant à mi-temps dans un drugstore. Le mari s'est enfui avec l'argent qui devait servir à acheter une nouvelle maison sur roues. Nous sommes dans l'Amérique "d'en-bas" chez ceux qui doivent se battre pour vivre. Suite à sa rencontre avec une indienne de la réserve voisine, Ray se retrouve à "passer" des clandestins dans le coffre de sa voiture des clandestins en roulant sur la rivière gelée qui sépare le Canada des Etats-Unis (Frozen river). Elle veut regagner l'argent disparu. C'est une combattante. Rien ne l'effraie. La réalisatrice suit l'actrice, Melissa Leo (Ray Eddy), qui porte le film du début à la fin. Grâce au numérique, le rythme est alerte. C'est une autre façon de faire du cinéma mais qui convient bien au sujet.

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jeudi 9 avril 2009

Frost-Nixon - Ron Howard

Je suis allée Frost/Nixon de Ron Howard, le jour de sa sortie en salle, mercredi 1er avril 2009. Je ne savais pas trop quoi voir d'autre; je ne l'ai pas regretté, j'ai même beaucoup aimé. J'ai découvert ce "face-à-face" dont je n'avais jamais entendu parler. Suite à l'affaire du Watergate en 1974, Nixon a "démissionné" de ses fonctions de Président des Etats-Unis. Dans l'oeuvre de fiction, qui a d'abord été une pièce de théâtre et maintenant un film, David Frost, un Anglais, anime des émissions en Australie (pas très prestigieuses pour un journaliste). Dans le film, quand l'histoire débute, c'est Frost qui a l'idée d'interviewer l'ex-Président déchu. Il y arrive en faisant une avance de fonds importante afin de convaincre l'entourage de Nixon. Au bout du compte, nous avons quatre entretiens qui sont enregistrés avec des interruptions de plusieurs jours voire de plusieurs semaines entre chacun. Chaque entretien porte sur un thème particulier, dont le Vietnam et, bien entendu, l'affaire du Watergate. Les deux comédiens principaux, Michael Sheen (qui joue Frost, et qui était déjà très brillant dans le rôle de Tony Blair dans The Queen de Stephen Frears) et Frank Langella (Nixon) sont remarquables. Ils ont joué au théâtre le texte de la pièce. De facture classique, ce film est très bien fait avec un dialogue intelligent. Certains échanges verbaux montrent comment on peut destabiliser un adversaire rien qu'avec des mots. Le point culminant ("climax" comme on dit en anglais) du film se passe la nuit juste avant LE dernier entretien traitant du Watergate. Là, tout bascule. Je recommande vivement ce film. Ceci dit, dans la réalité, David Frost est quelqu'un d'une autre trempe (il semble qu'il ait accepté qu'une fiction soit tirée de l'épisode réel, sans intervenir dessus). D'ailleurs, dans la réalité toujours, je ne pense pas que Nixon aurait accepté d'être interviewé par n'importe qui.

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dimanche 5 avril 2009

Katyn - Andrzej Wajda

Wajda (aujourd'hui octogénaire) reste un des grands réalisateurs polonais. Katyn qui est sorti cette semaine dans quelques salles "Art et Essai" à Paris et aussi, j'espère, en province, retrace un épisode sanglant de la deuxième guerre mondiale. En 1939, la Pologne est prise en tenailles entre les Allemands qui l'envahissent par l'ouest et les Russes par l'est. Nous sommes en plein dans la période du pacte germano-soviétique. La première séquence illustre bien ce qui arrive. Elle se passe sur un pont: des civils polonais avancent dans un sens et dans l'autre sur ce pont, ils fuient, mais là, ils sont piégés. L'armée polonaise est en déroute. Les simples soldats sont laissés libres mais les officiers sont faits prisonniers. Pour la plupart, ce ne sont pas des militaires de carrière mais des intellectuels, des artisans, etc. Le réalisateur s'attache plus particulièrement à une femme qui est à la recherche de son mari, officier prisonnier. Elle a une petite fille qui espère bien revoir son papa. Toutes les deux le verront vivant avant qu'il ne parte dans un camp de prisonniers. Les universitaires sont arrêtés et envoyés en camp de concentration. La Pologne est partagée, elle n'existe plus vraiment: une séquence symbolique montre des soldats russes déchirer le drapeau polonais en deux dans le sens de la longueur (ce drapeau se compose d'une bande blanche et d'une rouge). La bande rouge sert de drapeau "communiste" et la bande blanche sert à capitonner leurs godillots. Les années passent, et on se retrouve en 1945, dans Cracovie où se déroule l'essentiel du film, avec un haut-parleur qui égrène les noms des morts dont on a retrouvé les corps dans les charniers de Katyn (découverts par les Allemands en 1941 - pour une partie - et surtout en 1943), en Russie près de Smolensk. Plus de 12000 officiers polonais ont été exécutés d'une balle dans la nuque en avril 1940. En 1945, la Pologne est occupée par les Russes. Wajda dit bien que ce sont les Russes (et plus précisément le NKVD, la police soviétiques), et non les Allemands, qui sont coupables de ce forfait. Les officiers exécutés étaient anti-communistes ou anti-nazis pour certains (Wajda n'en parle pas). Sur le plan narratif, le cinéaste montre l'avant et l'après de ce massacre (la fillette reçoit le carnet où son père prenait des notes, qui s'arrêtent juste avant), et c'est seulement pendant les quinze dernières minutes du film qu'on en voit toute l'horreur. En revanche, il montre bien qu'on ne pouvait pas dire qui étaient les vrais coupables (les Russes) sous peine de lourdes sanctions. Le film se finit sur un écran noir avec la musique de Penderecki en fond sonore qui accompagne tout le film. Le père du réalisateur a été une des victimes de Katyn. Je suis contente de voir qu'il sait encore faire un film de grande qualité: avec une narration, la mise en scène très sobre. On ne tombe pas dans le larmoyant ou le démonstratif. On voit que ce n'est pas un film "américain" (par exemple, je ne le mets pas sur le même plan que Walkyrie [mon billet du 11/02/09], il n'y a pas de "suspense"). J'ai vu le film dans une salle pleine de spectateurs très attentifs.

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vendredi 3 avril 2009

Une vierge sur canapé - Richard Quine

Qu'est-ce que c'est bien les DVD qui permettent de voir (ou revoir) certains films invisibles à la télé (voire au cinéma). Et je remercie les Canadiens francophones, si, si. C'est souvent grâce à eux que l'on peut visionner des DVD venus des Etats-Unis (comme pour celui-ci) avec une piste française et/ou des sous-titres français.
Ce film, Une vierge sur Canapé, je me rappelle l'avoir vu il y a plusieurs années et je me suis rendu compte que je n'en n'avais aucun souvenir. Le titre original est Sex and the single girl et il date de 1964. Bob Weston (Tony Curtis) travaille dans un "Snoopy Magazine" nommé Stop magazine. Les enquêteurs/journalistes qui travaillent pour ce genre de "torchon" n'ont souvent jamais rencontré les personnalités dont ils révèlent la vie privée à longueur de colonnes avec un manque de discrétion total en dévoilant des secrets. D'ailleurs, la nouvelle cible de "Stop" est une jeune femme surdiplômée conseillère psychologue pour les couples mariés. Elle travaille en collaboration avec d'autres dans un cabinet. Elle-même semble encore néophyte en ce domaine, elle n'est pas mariée et n'a pas de petit ami. Bien entendu, Weston qui veut rencontrer "sa victime" tombe amoureux d'elle instantanément. Le film n'est pas inoubliable mais Tony Curtis en vrai cynique et faux tendre [ou le contraire] - saoûlant parfois, avec quelques clins d'oeil à Some like it hot (Certains l'aiment chaud) et à Jack Lemmon (on le compare physiquement à ce dernier) vaut le détour. Natalie Wood fait craquer semble-t-il tous les hommes avec son regard magnifique. Les autres seconds rôles sont de première grandeur: Lauren Bacall et Henry Fonda, mariés depuis 10 ans dans le film, sont les voisins de Weston. Enfin, Mel Ferrer complète la distribution. On assiste à une fin d'anthologie qui dure au moins un quart d'heure, avec un ballet de poursuite de véhicules sur l'autoroute (et un malheureux gendarme de la circulation complètement débordé qui finira mal). Plus subtil, mon ami a vu dans le film une satire du "psycho-psycha" américain (et hop, je me permets un petit néologisme par rapport à préchi-précha!), dont le temple finit démoli à coup de boule. Pour finir, je signale aussi que le générique de début est à ne pas manquer car drôle.

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mardi 31 mars 2009

Les Trois royaumes - John Woo

Ce "Trois royaumes" est un film absolument somptueux tant par les décors, les costumes, que par le souffle épique qui se dégage de l'ensemble, avec des moments d'intimité bienvenus. Les 80 millions de dollars que le film a coûté se voient à l'écran. Des milliers de figurants entourent les personnages principaux, des hommes de guerre pour la plupart, dont l'adresse à l'épée comme l'efficacité au maniement de l'arc vous laissent béats d'admiration. On apprend quelques stratégies guerrières qui m'ont fait penser à celles de la Rome antique. J'ai oublié de dire que l'histoire se passe en 208 après J.-C., dans une Chine alors partagée en 3 royaumes. Quand le film commence, Cao Cao, premier ministre de l'Empereur du Nord, arrive à convaincre celui-ci de faire la guerre aux deux royaumes du Sud. Nous assistons pendant 2h20 à la Bataille de la Falaise Rouge, endroit mythique en bordure du Yang Tsé Kiang. Face à l'armée du Nord forte de 800 000 hommes (et qui peut se délester de 100 000 flèches en quelques minutes), les armées du Sud sont nettement moins nombreuses, seulement 30 000 hommes et 45 000 flèches au départ. En revanche, les généraux du Sud sont fins stratèges, et au moins deux femmes de la noblesse vont jouer un rôle capital dans l'issue de la bataille. Je connais le réalisateur John Woo par les quelques films qu'il a réalisés aux Etats-Unis dont Face/Off en 1997 et Paycheck en 2003 (réalisations très survitaminées avec des ralentis/accélérés, etc). Dans Les Trois royaumes, il use de ces mêmes procédés mais à bon escient. On sent qu'il a pris du plaisir à la réalisation. Les acteurs choisis me sont plutôt connus comme Tony Leung (In the mood for love), Takeshi Kaneshiro (Le secret des poignards volants), Chang Chen (Tigre et dragon). Le film a fait un "carton" dans les pays asiatiques depuis sa sortie en janvier 2009. Et pour ma part, j'ai vu le film avec mon ami devant une salle comble, attentive, et qui a applaudi à la fin.

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dimanche 29 mars 2009

Films vus et non commentés depuis le 5 mars 2009

Je suis catastrophée car les semaines passent très vite, je vois beaucoup de films mais j'ai aussi d'autres activités (la lecture par exemple), et en plus, je travaille. Je m'aperçois avec horreur que je prends du retard dans mes billets cinéma, c'est pourquoi je chronique encore 5 films d'un coup, 4 anglo-saxons et 1 italien. Ce billet fait suite à celui du début du mois de mars.

Concernant The International (l'Enquête) de Tom Tykwer, j'y suis allée les yeux (presque) fermés car je fais partie du "fan club" de Clive Owen, bel acteur brun aux yeux verts qui fait fondre la gent féminine (et peut-être masculine). C'est lui qui aurait pu être James Bond... En revanche, Noami Watts joue un peu les utilités dans ce thriller dont le moment fort est une fusillade au musée Guggenheim à New-York. On en apprend de belles sur les banques d'affaires au travers de celle qui est prise pour exemple. Son siège est un grand immeuble de verre aussi inhumain que les hauts dirigeants qui y travaillent. Le film confirme l’adage que «l’argent n’a pas d’odeur». Ici, la banque est impliquée dans la vente d'armements sophistiqués. A défaut, elle peut faire aussi dans l'humanitaire du moment que l'on en parle dans les journaux. L’histoire est bien menée. Je ne suis pas ennuyée.

Le déjeuner du 15 août
de Gianni di Gregorio est un film italien qui dure une heure 10 (c’est sa grande qualité). Ffred a été sévère pour ce film (Dominique un petit peu moins), je suis plus indulgente. Nous sommes à la veille du 15 août, à Rome, un homme d’une cinquantaine d’année, célibataire, vit avec sa mère (du genre vieille coquette). Il est aux petits soins pour elle. Ils habitent dans un appartement spacieux à Rome en copropriété: endettés, ils ont 3 ans de factures d'électricité à payer ainsi que des travaux d’ascenseur. C'est le réalisateur qui est l'acteur principal: il aime faire la cuisine et boit volontiers (un peu beaucoup) du vin blanc. Il se retrouve à s'occuper de 4 vieilles dames dont sa mère pendant ce week-end. Elles se chamaillent mais en fin de compte, le pauvre Gianni n'est pas prêt de s'en débarrasser. Film sympathique mais pas inoubliable.

Marley et moi de David Frankel est une histoire bien-pensante et pleine de bons sentiments. Une histoire sur la famille idéale pour l’Américain de base qui s’est reconnu (le film a fait un carton aux Etats-Unis). Un couple se marie, ils travaillent tous les deux dans le journalisme. Elle voudrait un enfant, il lui achète un chien, Marley (en hommage à Bob), un labrador très tout-fou. Elle tombe tout de même enceinte et arrête de travailler. Lui continue sa carrière où il gagne une certaine notoriété grâce une chronique sur sa famille (3 enfants tout de même) et Marley. Owen Wilson et Jennifer Aniston ne s’en tirent pas mal et Marley est très convaincant. Sa disparition à la fin a fait pleurer ma voisine à côté de moi dans la salle.

Dans Last chance for love, (traduction française de Last Chance Harvey!!!!) de Joel Hopkins, j'ai trouvé qu'Emma Thompson n'était pas bien filmée. Moi qui l'aime beaucoup, cela m'a fait quelque chose. Mais elle est à l'aise dans son rôle d'Anglaise, vieille fille à la quarantaine bien sonnée, qui rend encore des comptes à sa maman. Quand elle croise Dustin Hoffmann à l'aéroport d'Heathrow de Londres (elle mène des enquêtes de satisfaction), rien n'est gagné d'avance. Lui interprète un compositeur américain de musique de pub qui se rend au mariage de sa fille. C'est lui qui fait les premiers pas. L'histoire se passe sur 48 heures. A part ça, la fille (et l'ex-femme) de Dustin Hoffman dans le film sont absolument "à baffer". Antipathiques au possible. Cela m'a fait plaisir de revoir Dustin Hoffman dans un rôle où je l'ai trouvé à l'aise. Mais tout cela est un peu languissant. Peut se voir éventuellement si on a du temps et si on se sent romantique.

Je suis allée voir Miss Pettigrew d'un réalisateur que je ne connais pas (Bharat Nalluri) parce que j'avais bien aimé la BA, je me suis dit que cela ressemblait à Miss Henderson présente de Stephen Frears (film que je recommande). Avec Miss Pettigrew, on est loin du compte. Ce qui pêche principalement, c'est la mise en scène (totalement inexistante). On assiste à une suite de scènes où les acteurs ont l'air de bien s'amuser; dans la salle presque déserte où je me trouvais, c'était moins évident. L'histoire se passe à la fin des années 30. Les décors et les costumes sont bien. Les acteurs aussi. Frances Mc Dormand en gouvernante mal attifée qui a du mal à trouver un travail est touchante. Tout finit très bien mais c'est tout.

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vendredi 27 mars 2009

Le Che - Steven Soderbergh

Le Che de Steven Soderbergh est un film en deux parties, et après les avoir vues, je comprend pourquoi. Il y a d'abord la longueur, et puis les deux parties sont vraiments différentes tant par le fond que par la forme. La première partie (sortie le 7 janvier 2009) peut se résumer à Cuba et sa révolution pour renverser Battista, entrecoupée par le discours du Che à l'ONU en 1964. Le film est parsemé de diverses dates, mais je n'ai pas réussi à comprendre comment les rattacher entre elles: 1952,1954, 1964 (à l'ONU à New York); et enfin, à partir de 1957 jusqu'au 3 janvier 1959, le combat victorieux contre Battista. Le Che dit bien que ce n'est pas un coup d'Etat mais une révolution. Soderbergh n'explique rien, il expose. On voit des combats de rues. La deuxième partie, dont le sous-titre est "Guerilla", est sortie le 28 janvier 2009. Le ton est donc assez différent. On apprend que Ernesto Guevara est parti de Cuba clandestinement pour aller aider à renverser la dictature en place en Colombie. Toute cette partie se passe dans la jungle colombienne en 1966-67. Il n'y a pas de flash-back, et seulement des scènes d'extérieur. Cela se passe sur un an jusqu'à l'exécution du Che par le gouvernement colombien, car, trahi (semble-t-il), il n'avait plus aucun soutien. En même temps, tout cela m'a paru assez impersonnel, Soderbergh ne prend pas partie. Il ne fait que montrer, en particulier quand Ernesto Guevara a ses crises d'asthme sans que cela rajoute quoi que ce soit à l'histoire. Du coup, je ne sais toujours pas comment, et surtout pourquoi, Ernesto Guevara, issu de la grande bourgeoisie argentine, éduqué et médecin spécialiste de la lèpre, marié et père de famille, a décidé de devenir guérillero et de participer à la révolution cubaine (je pensais que c'était le sujet de la première partie, puisque le sous-titre est "L'Argentin"). Et pourtant, dans le générique de fin des deux parties, on nous dit que le scénario est tiré d'une partie du journal du Che. J'en tire la conclusion que le cinéma de Soderbergh et Che Guevara sont antinomiques, ils n'étaient pas faits pour se rencontrer. Ca a donné deux films très froids comme la couleur de l'image. J'avais beaucoup mieux aimé Carnets de voyage de Walter Salles sur la jeunesse du Che.

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lundi 23 mars 2009

The Wrestler - Darren Aronofsky

Une fois de plus, je ne suis pas forcément d'accord avec les louanges concernant The Wrestler. La seule idée de mise en scène que j'ai remarquée consiste en ce que, pendant tout le début du film et même par la suite, on voit Mickey Rourke de dos: il marche et la caméra le suit. Sinon, je retiens du film The Wrestler (le catcheur) un masochisme qui m’a fait mal. S’auto-détruire pour être adulé par quelque péquins en délire, c’est pathétique, surtout pour des combats plus ou moins joués d’avance. Cela semble être le seul but pour tous ces catcheurs qui se font des piqûres de substances anti-douleur normalement prescrites sur ordonnance et qu’ils obtiennent en payant le prix fort. Ils se font mal pendant les matchs, ça saigne. C’est digne des combats de gladiateurs à Rome. Des séances d’UV à forte dose sont aussi au programme, il faut être bronzé devant le public. C’est la vie de Randy the Ram (le bélier). Il vit dans un mobile home. Fauché, il a du mal à payer son loyer. Sa vie sentimentale se résume à aller voir une streap-teaseuse qui l’écoute d’une oreille compatissante (excellente Marisa Tomei). Un jour, après un combat un peu violent (et une piqûre de trop?), Randy a une crise cardiaque. Après un pontage et l’avis du médecin qui lui demande d’arrêter de combattre, Randy décide de changer de vie et de renouer avec sa fille. Il trouve un job dans un supermarché; mais c’est dur d’avoir connu la gloire (même dérisoire) pour tomber dans l’anonymat. Lors du dernier combat de Randy, c’est sa vie qui est mise en jeu. Je suis allée voir le film parce que Vierasouto en a dit beaucoup de bien et que de nombreux blogueurs l’ont apprécié (ainsi que les critiques «officiels»), et puis personnellement je suis une fan de la première heure de Mickey Rourke (9 semaines et demie, L’Année du dragon, Angel Heart, Barfly, L’Irlandais). Là, j’ai été très triste de le voir si abîmé. Il est très bien dans son rôle mais le film n’est pas à la hauteur de son talent. Il y a des facilités dans le scénario. Daren Aranofsky qui a réalisé Requiem for a dream (sur les ravages de la prise d'amphétamines quand on fait un régime) semble se complaire dans ce genre d’histoire qui laisse K.O. le spectateur. Moi, je préfère aller voir autre chose.

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mardi 17 mars 2009

Trois longs-métrages classiques des studios Disney...

Tout récemment, j'ai acheté et revu en DVD (avec mon ami qui ne les avait jamais vus), trois grands classiques de Disney, Les 101 dalmatiens, Les Aristochats et le Livre de la Jungle. Le premier et le troisième sont des adaptations de romans, respectivement de Dodie Smith et de Rudyard Kipling.

Les 101 Dalmatiens (1961) et Le Livre de la Jungle (1967) ont été tournés du vivant de Walt Disney qui était producteur, les Aristochats est sorti
(en France) en 1971, soit 4 ans après sa disparition. Les Aristochats et le Livre de la Jungle ont été réalisés par Wolfgang Reitherman qui a été un des dessinateurs/animateurs des studios Disney, et aussi réalisateur de Robin des bois, Winnie l'ourson, Merlin l'Enchanteur et Bernard et Bianca.

Pour ce qui concerne les deux adaptations de romans des 101 Dalmatiens et du Livre de la Jungle, on est assez éloigné des histoires originales. Chez Rudyard Kipling, par exemple, Kaa, le python, est un "gentil"; et les circonstances du "renvoi" de Mowgli chez les hommes, avec le clan des loups qui le chasse, sont dans le dessin animé simplifiées à l'excès: dans le livre, Akela, le vieux chef du clan des loups, ne craint nullement Shere Khan, et souhaite garder Mowgli dans le clan. C'est Mowgli lui-même qui décide de retourner chez les hommes - pendant un temps. Je n'ai pas lu le roman, c'est mon ami qui me l'a raconté. Dans le roman de Dodie Smith, la grosse différence avec le film est que les chiots ne sont que 97, avec 4 chiens adultes. En effet, quand le premier ménage de chiens, Pongo et Missis Pongo, se retrouvent à avoir 15 chiots, Missis Pongo ne peut pas tous les allaiter, et c'est pourquoi une chienne "nourrice" appelée Perdita est engagée. Et à la fin du livre, Perdita retrouve son compagnon, Prince. L'édition de mon enfance a été imprimée en 1966 (le copyright chez Hachette est "1960").

Concernant les longs-métrages les 101 Dalmatiens et les Aristochats, je les trouve assez proches du point de vue visuel, les décors sont peints et il n'y a pas de profondeur de champ en arrière-plan. Ce sont seulement les personnages animés qui bougent. Les Aristochats est un hommage chaleureux à Paris et ses alentours avec Maurice Chevalier qui chante la chanson du générique. Pour les 101 Dalmatiens, l'histoire se passe à Londres et dans sa région. Dans les deux films, les "méchants" sont des humains. Dans l'un, nous avons Edgar, le majordome qui, pour hériter de sa patronne, veut supprimer la chatte Duchesse et ses petits, Berlioz, Toulouse et Marie. Dans l'autre, Cruella aux cheveux noirs et blancs, qui veut se faire un manteau en peau de "toutou", est une des méchantes les plus réussies de l'univers Disney. Dans les deux films, les personnages secondaires sont savoureux. Les Aristochats auraient été moins drôles sans la présence inénarrable de Napoléon et Lafayette, deux chiens aux longues oreilles mais pas très intelligents, et de deux oies venues d'Angleterre, Emilia et Amélia, au délicieux accent "British". Dans les 101 Dalmatiens, nous sommes en présence de chiens de toutes races, d'un chat, de vaches, qui font tout pour sauver les chiots. Ils sont tous irrésistibles et l'homme y est le "fidèle compagnon".

Le livre de la Jungle fait la part belle aux animaux: le tigre, le python, la panthère noire, les éléphants aux petites oreilles, les loups, les singes. L'histoire est un peu simpliste mais j'adore Kaa, avec ses yeux hypnotiques et ses anneaux, qui voudrait bien manger le petit d'homme (il a fait penser mon ami au conseiller du Prince Jean dans Robin des Bois de Disney). En revanche, Mowgli, qui se fait comprendre de tous les animaux, est un jeune chenapan désobéissant, mettant en péril sa vie et celle des animaux qui le protègent.

Ces trois films sont très musicaux (beaucoup de chansons). Il faut enfin noter que ces longs-métrages sont tellement connus et populaires que les studios Disney ont fait des suites (Le livre de la Jungle 2) ou des "remakes" avec des humains et des animaux (Les 101 dalmatiens, et Les 102...). Ce n'est pas forcément ce qu'ils ont fait de mieux!

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