mardi 29 juillet 2008

Films vus et non commentés depuis le 13 juin 2008

Ma pause estivale approchant, voici la mini-critique de trois films (vus il y a plus d'un mois pour 2 d'entre eux) que vous pouvez vous éviter de voir (selon mon opinion). [voir les précédents dans la même série].

Las Vegas 21 de Robert Luketic : aimant beaucoup Kevin Spacey, je me réjouissais à l'avance. Quelle déception! Cette histoire d'arnaque au black jack m'a parue interminable. Les scènes sont répétées encore et encore. L'action alterne un peu à  Las Vegas, un peu à Boston. Le film finit comme d'habitude dans la rédemption et la bonne conscience chères aux Américains. L'image en numérique fait mal aux yeux et Kevin Spacey n'a pas grand-chose à faire (à part être méchant). Dans le même genre, j'avais préféré Lucky you de Curtis Hanson (2007) (qui n'est pourtant pas un chef d'oeuvre).

Les orphelins de Huang Shi de Roger Spottiswoode se passe dans les années 30. Vu le sujet, je m'attendais à un film comme l'Auberge du 6ème bonheur de Mark Robson (1958) avec Ingrid Bergman et Curd Jurgens, et surtout à être aussi émue. On est loin du compte. C'est d'après l'histoire vraie survenue à George Hogg (Jonathan Rhys-Meyer - très beau gosse), jeune journaliste américain qui se retrouve en Chine pendant la guerre sino-japonaise et qui se trouve à escorter quelques dizaines d'orphelins chinois dans un périple de presque 1000 km à pied et en jeep dans les montagnes et les steppes. J'attendais mieux de R. Spottiswoode qui a quand même réalisé un James Bond (Demain ne meurt jamais, 1997). Il n'y a aucune émotion, pas une péripétie marquante. Quand George Hogg disparaît dans des circonstances tragiques, j'ai pris acte mais c'est tout.

Wanted de Timur Bemambetov avec Angelina Jolie, James McAvoy et Morgan Freeman. Je ne savais pas ce que j'allais voir mais j'aurais dû me méfier rien qu'à regarder l'affiche. Le film est une suite de scènes en images numériques où l'on voit des balles traçantes faire des écarts pour éviter des obstacles. Du grand art. J'ai aimé le dernier quart d'heure avec les rats en bombes ambulantes. Il se passe enfin quelque chose. Exclusivement pour les fans de ce genre de film.

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vendredi 25 juillet 2008

Sagan - Diane Kurys

Que dire de Sagan ? Sylvie Testud dans le rôle principal est très bien, Jeanne Balibar dans le rôle de Peggy, amante de Sagan, est très très bien, voire exceptionnelle. Tout commence quand Sagan vient de réussir à faire publier son premier roman, "Bonjour Tristesse". Le film se termine avec la mort misérable de cette femme à qui l'on n'a pas eu le temps de s'attacher pendant deux heures. Comme Piaf dans La Môme (mon billet du 15/02/07), cette pauvre Sagan fait tout pour s'auto-détruire. Victime d'un accident de voiture (comme Piaf), elle devient une "accro" de la drogue (comme Piaf), non parce qu'elle souffre mais parce que très vite elle ne peut plus s'en passer. Elle a une vie amoureuse tumultueuse (comme Piaf) ayant une préférence pour les femmes. Pourtant elle se marie avec un Américain (homosexuel ou bisexuel) dont elle aura un fils. Après son divorce, elle vit avec Peggy mais a des aventures avec quelques autres. Pour montrer qu'elle est écrivain, des scènes la représentent en train d'écrire dans son lit entre deux verres d'alcool (parce qu'en plus elle boit). Le montage prouve que le film a été coupé car on se rend compte qu'il manque des scènes. Des personnages disparaissent sans rime ni raison (le frère de Sagan, par exemple). Une version longue pour la télé est prévue. L'histoire est déroulée dans l'ordre chronologique mais il n'y a malheureusement pas une idée de mise en scène (à la différence de la Môme). La limite de ce genre de biographie cinématographique est qu'il est difficile d'évoquer un artiste en train de créer et pourtant c'est ce qui aurait été passionnant plutôt que d'être témoin de la déchéance d'une femme écrivain célèbre dans le monde entier. Sagan n'aurait pas dû s'appeler Sagan mais Bonjour Tristesse. C'est le sentiment que j'ai éprouvé en sortant du film que j'ai vu dans une salle de spectateurs plutôt BCBG.

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lundi 21 juillet 2008

Films deux par deux (2)

Comme annoncé dans mon billet du 05/07/2008, je regroupe certains des films que je vois à la queue leu leu en ce moment dans mes billets estivaux.

A la différence de quelques blogueurs, je n'ai pas vu Ciao Stefano de Giani Zanasi par hasard mais parce que la bande-annonce m'avait paru prometteuse. Et je ne le regrette pas car ce film italien est une comédie sympathique avec des acteurs inconnus. Stefano, chanteur d'un groupe musical, découvre que sa copine a trouvé quelqu'un d'autre pour le remplacer. Dépité, il décide de partir voir sa famille: son père retraité joue au golf, sa mère a trouvé un gourou dans une secte dont elle suit les préceptes, sa soeur préfère se consacrer aux dauphins plutôt qu'à ses études qu'elle a laissées tomber. Enfin son frère, marié (mais avec des problèmes de couple) et père de 2 enfants, a repris l'usine familiale qui fabrique des bocaux de cerises en conserve. Malheureusement, la société en proie à une grosse financière n'a pas payé ses employés depuis plusieurs mois. La révolte gronde. Mais grâce à un ami du père qui va investir dans la société, celle-ci est peut-être sauvée (pour l'instant). Entretemps, le frère est tombé amoureux d'une call-girl (Caterina Murino). Portrait d'une Italie éloignée des clichés habituels et qui se laisse regarder.

On retrouve Caterina Murino (on ne voit plus qu'elle dans le même genre de rôle, attention, on va se lasser) dans Made in Italia de Stéphane Giusti dans lequel Gilbert Melki joue le double rôle du père et du fils. Cela commence comme une comédie musicale avec une chanson de variété italienne très entraînante. Le film est d'ailleurs ponctué de chansons pas désagréables à écouter. Luca Morandi (Gilbert Melki), écrivain né en Italie mais vivant en France, apprend que son père (qu'il n'a pas vu depuis des années) vient de décéder. A cette occasion, il retourne en Italie et rencontre beaucoup de femmes (jeunes et moins jeunes) qui ont été liées à son père. C'est l'occasion pour Luca et sa soeur de voir que l'Italie d'aujourd'hui a beaucoup changé et pas en bien avec la télé "berlusconienne" qui atteint des sommets de crétinerie. Made in Italia n'est pas un chef d'oeuvre, certes, mais se laisse regarder un soir d'été. Je ne me suis pas ennuyée.

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samedi 19 juillet 2008

Gomorra - Matteo Garrone

Je viens de voir ce film en avant-première (sa sortie en France est prévue le 13 août prochain) devant une salle comble (à Paris) en présence de plusieurs membres de l'équipe technique et artistique (le producteur, deux des scénaristes, le réalisateur, et trois acteurs dont deux enfants). En préambule, je dirais que le réalisateur n'a pas prononcé un mot et que tous les autres n'ont fait que le remercier en souhaitant refaire un film avec lui. Le scénario est inspiré de l'essai de Roberto Saviano qui vient de paraître aux Editions Gallimard, Gomorra, Dans l'empire de la Camorra que j'ai lu et dont je ferai un billet prochainement [chroniqué le 13/08/2008]. La Camorra est la mafia napolitaine. Avec un parti-pris lorgnant vers le quasi-documentaire, le réalisateur et les scénaristes se sont attachés à quelques personnages évoqués dans le livre et les mettent en situation pour brosser un portrait réaliste. Des petites gens ou des caïds pas très jeunes et bedonnants survivent grâce aux services rendus à la Camorra. A priori, tout se passe dans un quartier de Naples entièrement bétonné et d'un sinistre épouvantable. Gomorra montre beaucoup de choses mais ne dit, ni n'explique, rien. Pas une fois n'est prononcé le mot Camorra (sauf à la fin quand des intertitres apparaissent sur l'écran juste avant le générique). Le film commence dans un bain de sang, des gangs rivaux se font la guerre, et se termine avec deux jeunes qui, ayant voulu faire les malins, sont chargés dans un camion-benne comme de vulgaires déchets après avoir été abattus dans un traquenard. Entre les deux, ce sont des tranches de vies misérables et dangereuses où même les femmes sont exécutées quand elles deviennent une menace. Les jeunes sont enrôlés très tôt pour servir d'intermédiaires. Ils subissent une épreuve d'initiation qui consiste à mettre un gilet pare-balles pour ensuite recevoir une balle qui provoque un hématome sur la poitrine. Ils peuvent aussi, à l'occasion, conduire des camions pleins de déchets toxiques (une des branches florissantes de l'économie "camorraise"). On suit aussi un homme, tailleur et couturier, qui fait de la contrefaçon de vêtements de marque. Il donnera même des cours clandestins à des Chinois à ses risques et périls. A part un ou deux, tous les acteurs sont des non-professionnels, ce qui donne d'autant plus de force au propos. Pour en revenir à l'avant-première, on aurait pu s'attendre à un débat plus qu'à une présentation minimaliste.

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jeudi 17 juillet 2008

Questionnaire cinéphile

Pour une fois, je vais me laisser faire. Nio, blogueur impénitent qui a beaucoup aimé Indiana Jones 4, m'a "taguée" sur un questionnaire cinéphile, "autoportrait chinois" sur DVD classik. Je félicite Nio qui a fait des choix "pointus" et très cinéphiles. Je ne mettrai pas de capture d'écran comme lui. Il y a 35 occurrences:
Si vous étiez...

Un film : Il était une fois en Amérique de Sergio Leone. Film testament du réalisateur.

Un réalisateur : Federico Fellini (même si je n'aime pas tous ses films) pour E la nave va (quel chef-d'oeuvre!).

Une histoire d'amour : Le patient anglais (Anthony Minghella) (même si le film n'est pas terrible pour la partie toscane).

Un sourire : Le sourire du "cheshire cat" dans Alice au Pays des merveilles de Walt Disney.

Un regard : Gary Oldman regardant Wynona Rider (quand il la voit pour la première fois) dans Dracula (Coppola).

Un acteur : c'est trop dur de choisir. En vrac: Louis Jouvet, Jules Berry, Pierre Fresnay, Pierre Blanchar, Bernard Blier (je sais, je ne fais pas dans le récent) mais aussi : Al Pacino, Robert de Niro, Christopher Walken, Marlon Brando, Robert Mitchum, John Garfield, Montgomery Clift (ce n'est toujours pas très récent...).

Une actrice : Sharon Stone (dans Basic Instinct - être une garce comme elle...), Kathleen Turner (dans la Fièvre au corps) Romy Schneider (dans Ludwig de Visconti), Gena Rowlands (dans les film de Cassavetes) et Isabelle Huppert (dans presque tous ses films).

Un début : La scène d'ouverture de Touch of Evil (La soif du mal) de Welles avec la musique d'Henri Mancini.

Une fin : La fin abrupte de There Will be blood.

Un générique : les génériques de Saul Bass (dont celui de Vertigo [Sueurs Froides]).

Une scène clé : toutes les scènes de Mulholland Drive de D. Lynch, pour ma part, je ne crois pas avoir tout compris au film.

Une révélation : le dernier film de John Huston, Gens de Dublin: un chef-d'oeuvre intimiste.

Un gag : Le chat flingué dans Adam's Apple, ou le chien écrasé dans Un poisson nommé Wanda (pauvres bêtes...).

Un fou rire : Bowfinger avec Steve Martin (le film est hilarant).

Une mort : celle du Pingouin dans Batman Returns : j'ai eu la larme à l'oeil.

Une rencontre d'acteur : Heat de Michael Mann (Al Pacino / Robert de Niro) incontournable.

Un baiser : L'affaire Thomas Crown (celui avec Faye Dunaway et Steve McQueen!).

Une scène d'amour: dans Le patient anglais, la scène de Noël 1938 entre Kristin Scott Thomas et Ralf Fiennes.

Un plan séquence : Le Christ accroché à un hélicoptère dans La Dolce Vita de Fellini.

Un plan tout court: Nicole Kidman, endormie de profil, entourée de pommes dans une camionnette dans Dogville (c'est le plus beau plan que j'ai vu de ma vie).

Un choc plastique en couleurs: Hero de Zhang Yimou.

Un choc plastique en N&B: Le secret de Véronika Voss de Rainer Werner Fassbinder.

Un choc tout court: La scène du lance-flamme dans Le vieux fusil de Robert Enrico.

Un artiste surestimé : Wong Kar Waï (je sais que je ne vais pas me faire que des amis), je trouve son cinéma un peu prétentieux.

Un traumatisme : Les promesses de l'ombre de David Cronenberg: les 3 scènes "Gore".

Un gâchis : Le réalisateur Laurence Kasdan qui ne tourne plus (ou presque). La Fièvre au corps (Body Heat), Les copains d'abord (The Big Chill), Voyageur malgré lui (The Accidental Tourist) font partie de mon Panthéon personnel. Il a aussi réalisé Silverado.

Une découverte récente : Le cinéma israélien (en général).

Une bande son : La maison du diable (Robert Wise). L'effet spécial du film est la bande-son (extraordinaire).

Un somnifère : N'importe quel film vu au magnétoscope et au lit dans le noir après 23 h 30!

Un monstre : Predator (parce que je ne le trouve pas si monstrueux que ça).

Un torrent de larmes : Mirage de la vie (Imitation of Life) de Douglas Sirk: (la fin). L'achat et l'emploi de deux paquets de mouchoirs est obligatoire.

Un frisson : Seven de David Fincher.

Un artiste sous-estimé : Valerio Zurlini, grand réalisateur italien trop méconnu : Le Désert des Tartares, Eté violent, La fille à la valise.

Un rêve : pas de réponse (toutes les suggestions sont bienvenues).

Un fantasme : pas de réponse (toutes les suggestions sont bienvenues).

Ces réponses sont très spontanées. Et en même temps, j'ai pris mon temps pour répondre. Si je devais recommencer la série de réponses demain, ce ne seraient peut-être pas les mêmes.

PS: ce questionnaire a rencontré un grand succès dans la blogosphère. A part ceux qui ont fait directement leur questionnaire en commentaire sur mon blog, allez jeter un oeil sur ceux (par exemple - liste non exhaustive!) de Baccawine, Sniff, Ffred, Dominique, Heavenlycreature, Pierrafeu, Inisfree, Dr Orlof, Edisdead, Stalker, CaptainNavarre (06/08/08), El pibe, Thierry.

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dimanche 13 juillet 2008

Valse avec Bachir - Ari Folman

Valse avec Bachir d'Ari Folman (en compétition à Cannes cette année mais revenu bredouille [à cause de la membre du jury Marjane Satrapi?]) est un film d'animation qui ne ressemble à rien de ce que j'ai vu jusqu'à présent. Le réalisateur, né en 1962, a été le témoin muet des massacres des camps de Sabra et Chatila en 1982. Il a enfoui dans sa mémoire ces tristes événements. Ne voulant faire ni un film de fiction de fiction, ni du documentaire, il a choisi l'option film d'animation. Valse avec Bachir a d'abord été tourné en vidéo, puis monté comme un film de 90 minutes. Ensuite, Ari Folman et ses animateurs ont développé un story board en 2300 dessins, qu'ils ont enfin animé. Cela m'a plu mais ne m'a pas bouleversée et je le regrette. Le fait d'avoir choisi l'animation est une superbe idée mais (à mon avis) pas pour ce sujet précis. Visuellement c'est très beau. La scène des chiens au début est très réussie ainsi que quelques autres. Pour se remémorer cet événement douloureux, le réalisateur interroge plusieurs personnes qui ont assisté au drame. Nous sommes en pleine guerre du Liban. Bachir (Gemayel), chef des milices chrétiennes et nouvel élu comme président de la république libanaise, est assassiné par les Palestiniens en septembre 1982. La riposte des phalangistes chrétiens qui est immédiate a lieu les 17 et 18 septembre à Sabra et à Chatila, et les Israéliens ont laissé faire. Je pense que si Ari Folman avait fait un vrai documentaire avec les "vrais gens" et des images d'archives (comme les 2 ou 3 dernières minutes d'images diffusées à l'époque et dont je me rappelle), l'impact (selon moi) aurait été plus fort. Et c'est pourtant ce que le réalisateur ne s'est pas résolu à faire (c'est son choix).

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mercredi 9 juillet 2008

La nouvelle vie de Monsieur Horten - Bent Hamer

Film norvégien plutôt étrange, La nouvelle vie de Monsieur Horten est celle d'Odd Horten, cheminot mécanicien qui vient d'avoir 67 ans et, après 30 ans de bons et loyaux services, reçoit comme "médaille" la locomotive d'argent et ses droits à la retraite. Il effectuait la liaison Oslo - Bergen. A l'occasion de son dernier parcours avant la fin de sa vie active, on a l'occasion de voir des paysages enneigés qui succèdent à des tunnels qui semblent en tôle. Son rêve est de faire le voyage du retour en avion. Le jour effectif de sa retraite, et après avoir quitté son logement (près de la voie ferrée), il va vivre une ou deux journées pas comme les autres pendant lesquelles il va (dans le désordre) escalader un immeuble pour pouvoir atteindre un appartement en étage où on l'attend pour fêter sa retraite, rendre une visite à sa mère (ancienne championne de saut à ski) qui est maintenant devenue mutique (sénile?), s'apprêter à vendre son bateau auquel il tenait tant à un ami, faire un arrêt à la piscine en nocturne (où quelqu'un lui prend ses chaussures), croiser le chemin d'un homme, Sassener, (avec un chien que recueillera Odd par la suite). Sassener fait cadeau à Odd de chaussures de femme à hauts talons rouge (pour éviter qu'il soit pieds nus). Plus tard, dans la nuit, ce même Sassener essaie de conduire les yeux bandés. Fumeur de pipe, Odd va apprendre aussi que le buraliste chez qui il allait est décédé, et que sa femme le remplace. Entretemps, il dînera chez une femme qui est peut-être un ancien amour et qui pourrait faire un bout de route avec lui. Tout ce que je décris est une suite de scènes qui s'enchaînent naturellement sans que l'on se pose trop de questions. C'est tout le talent du réalisateur-scénariste qui a tenu à prendre des acteurs âgés et qui font leur âge, et c'est magnifique. J'ai constaté, lors de certains gros plans, que Bard Owe (qui joue Odd Horten) a un visage parcheminé que l'on n'oublie pas. Le film finit bien ou mal, c'est selon l'opinion que l'on en a, avec un côté onirique. Après Nous les vivants du Suédois Roy Andersson, cette oeuvre norvégienne confirme qu'il existe un cinéma nordique qui sort des sentiers battus.

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samedi 5 juillet 2008

Films deux par deux (1)

J'ai vu quelques nouveautés dans les films récemment. Ne faisant qu'un billet tous les deux jour, les vacances étant proches et la fête du cinéma ayant battu son plein, je tiens à en commenter le plus possible en peu de billets tant qu'ils restent d'actualité. C'est pourquoi j'inaugure une nouvelle série avec deux films par billet; et puis, pour certains, je n'ai pas forcément grand-chose à en dire, mais cela n'enlève rien à leur qualité.

Dès le début d'Au bout de la nuit (Street Kings) de David Ayer (2008), j'ai eu peur que le film ne soit que violent et puis petit à petit, au-delà de la violence (il y a pas mal de morts), nous avons le thème du flic qui cherche une sorte de rédemption. Tom Ludlow (Keanu Reeves), qui appartient à une brigade de police spéciale, veut venger un collègue abattu lors d'une fusillade et se retrouve être le principal suspect. Il mène son enquête jusqu'au bout. Il n'avait pas pu le faire pour sa femme morte dans les bras d'un autre. Je ne me suis pas ennuyée même si je ne suis pas sûre d'avoir tout compris. Je n'avais rien lu sur le film avant et je ne savais pas que le scénario était de James Ellroy, je comprends mieux la thématique "des flics qui en éliminent" d'autres (comme L. A. Confidential). Keanu Reeves a pris de l'épaisseur au sens propre et figuré et Forest Whitaker est toujours impeccable. A noter l'intervention de Dr House, pardon de Hugh Laurie dans le rôle d'un flic (de la police des polices).

Je suis allée voir Bon Baisers de Bruges (In Bruges) de Martin Mc Donagh (2008). A la différence de ffred et de très bons articles dans la presse, j'ai été déçue. Les comédiens (tous très bien) ne sont pas en cause. Je reconnais aussi qu'il y a un ton original avec les deux tueurs à gages (Ray et Ken) bloqués à Bruges au moment de la période de Noël, leur rencontre avec un nain en train de tourner un film et quelques autres dont une charmante jeune femme. Mais j'ai trouvé le film lent et manquant de rythme. Cela s'accélère un peu quand le chef des deux tueurs apparaît à l'écran en la personne de Harry Waters (Ralf Fiennes) qui donne un peu de mouvement à l'ensemble. J'ai regretté qu'on ne le voie pas plus tôt. 

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mardi 1 juillet 2008

Eldorado - Bouli Lanners

Eldorado est le troisième film de l'acteur belge Bouli Lanners qui joue aussi l'un des deux rôles principaux (Yvan). Eldorado est une sorte de "film de route" où l'on découvre la Belgique comme un pays peu peuplée (pour partie) avec d'immenses étendues de terre et de forêts. Cela a beaucoup frappé mon ami qui a vu le film en ma compagnie. Yvan, revendeur de voitures américaines qu'il va directement acheter sur place, rentre un soir chez lui dans un hameau isolé. Là, il s'aperçoit que son appartement a été cambriolé et que le voleur (prénommé Elie, paraît-il) est planqué sous le lit par peur des représailles. Elie a "choisi" cette maison parce que c'est la seule où il n'y avait pas de chien. Son butin est maigre avec quelques euros dans un bocal mais il a semé beaucoup de désordre. De là, commence un voyage surréaliste dans lequel Yvan accepte d'emmener Elie (de son vrai nom Didier) jusqu'à la frontière française. C'est là qu'habitent les parents de ce dernier. Sur la route, ils feront des rencontres improbables : un collectionneur de voitures qui ont toutes des bosses (je ne vous dirai pas la cause de ces bosses), un naturiste prénommé Alain Delon, un chien jeté du pont, les pattes attachées. Arrivés à destination, la confrontation entre Elie et ses parents est mitigée. On entend hors champ que le père ne veut plus revoir son fils. En revanche, en compagnie d'Yvan, Elie va effectuer quelques travaux de jardinage afin d'aider sa mère. Le film se termine un peu abruptement avec Yvan qui se retrouve seul à enterrer le chien. Eldorado bénéficie d'une critique française élogieuse (à juste raison). Je donnerai une mention spéciale au chef opérateur photo: l'image est magnifique.

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vendredi 27 juin 2008

La femme aux cigarettes - Jean Neguslesco

J'ai vu récemment La Femme aux cigarettes (Road House) (1948) de Jean Negulesco dans le cadre d'un hommage à Richard Widmark (récemment disparu, voir mon billet du 03/04/08). Très beau film noir en noir et blanc avec dans les rôles principaux Ida Lupino et sa belle voix rauque, Cornel Wilde, Celeste Holm et Richard Widmark. Jefty (Richard Widmark) est propriétaire d'un bar relais avec bowling et cabaret dans la région de Chicago, pas très loin de la frontière canadienne. Après quelques jours d'absence, il revient en compagnie de Lily Stevens (Ida Lupino) qui est chanteuse occasionnelle. Il est tombé amoureux de cette femme, qui en préfèrera un autre en la personne de Peter Morgan (Cornel Wilde), gérant du bar et ami de Jefty. D'ailleurs, on peut dire de façon triviale qu'elle le drague au cours d'un pique-nique. Avant de succomber aux avances de Lily, Peter essaie de la convaincre de repartir d'où elle est venue car Jefty est coutumier du fait de ramener avec lui des jeunes femmes dont il tombe (éventuellement) amoureux et cela risque de mal finir. Mais ça y est, Lily et Peter décident de s'enfuir tous les deux lors d'une absence de Jefty. Celui-ci voulait justement faire sa demande en mariage à Lily. Fou de rage et réagissant comme un enfant gâté, Jefty fait croire que Peter lui a dérobé 2000 US dollars et le fait arrêter par la police. Avec Lily, Peter se retrouve dépendant de Jefty, qui se porte garant de lui pour lui éviter la prison mais surtout pour le contrôler et l'humilier. Bien entendu, Lily et Peter ne peuvent supporter longtemps cette situation et avec l'aide de Susie Smith (Celeste Holm), la comptable du bar, ils décident de partir au Canada. Jefty les poursuit et cela finira mal pour l'un d'entre eux. Je voudrais faire une remarque sur Ida Lupino et son rôle dans le film. C'est la deuxième fois que je la voyais en tant qu'actrice. J'ai aussi entendu parler d'elle comme réalisatrice, elle a été une des pionnières à Hollywood. Pour en revenir au rôle, cela m'a fait une étrange impression.  On sent que l'actrice est une femme forte qui serait capable de se défendre toute seule alors que dans le film, elle subit son sort pratiquement sans réagir. C'est le rôle qui le veut mais j'aurais aimé que ce soit elle qui affronte Jefty. Cornel Wilde (Peter Morgan) paraît terne à côté d'elle. Et puis, moi qui suis très sensible aux intonations de voix, Ida Lupino en avait une, grave et très sensuelle. Quant à Richard Widmark, il joue le genre de personnage anthipathique et dérangé qui l'a rendu célèbre dans Carrefour de la mort d'Henry Hathaway (1947).

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