lundi 31 mars 2008

La Zona - Rodrigo Plà

La Zona, film mexicain (label Découverte UGC) d'un réalisateur urugayen, mérite d'être vu. Nous sommes dans une grande ville, peut-être Mexico. Un groupe de gens nantis vivent en cercle fermé dans une zone protégée par un mur, des barbelés et de la vidéo-surveillance dans des maisons bourgeoises et des jardins proprets. Une nuit de tempête, un court-circuit provoque une panne. Trois jeunes de la ville passent par-dessus le mur pour cambrioler une ou deux maisons: une femme est assassinée. En riposte, deux des jeunes et un vigile sont tués parce que les gens qui vivent dans "la Zona" sont armés et font justice eux-même en tirant sur tout ce qui bouge. Le troisième larron, Miguel, adolescent d'une quinzaine d'années, arrive à se cacher dans une cave. Il est pris en charge par un des jeunes de "la Zona". Un flic de la ville, intègre en apparence, essaye de mener une enquête pour savoir ce qui s'est passé: les corps des deux voyous se sont volatilisés. En réalité, ils ont été enveloppés dans des sacs poubelles et jetés dans une benne à ordures pour être transportés hors de "la Zona" comme d'autres déchets. Dans la communauté de "la Zona", certains ont des états d'âme sur ce qui s'est passé mais on leur fait comprendre qu'ils n'ont pas à en avoir. Le film montre très bien le fossé entre ceux qui ont les moyens de se protéger en se coupant du reste du monde, surtout des gens des bidonvilles, de la misère, de l'insécurité de la ville que l'on voit de loin. Mais ces gens de "la Zona" se sont eux-mêmes enfermés dans un ghetto volontaires, c'est le monde à l'envers. Ils vivent dans un cocon douillet, mais jusqu'à quand? Et on en revient à l'argent, aux pots-de-vin car la police est corrompue. La communauté paye une somme conséquente à la police de la ville pour ne pas être inquiétée et c'est le troisième voleur, Miguel, qui en fera les frais. C'est la séquence la plus terrible du film que je ne raconterai pas. Cet état de fait n'est malheureusement pas de la science-fiction puisque ces "zonas" existent déjà dans certaines villes des Etats-Unis et ailleurs. Ce phénomène de peur et de rejet de l'autre ne peut que mal finir. En tout cas, c'est un très bon film et que l'on n'oublie pas et que je qualifierais de "thriller social".

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jeudi 27 mars 2008

Les femmes de l'ombre - Jean-Paul Salomé

En raison de certaines critiques que j'ai lues ici et là dans les journaux ou sur les blogs, je ne m'attendais à rien de particulier, j'avais plutôt une idée négative. Et bien, Les femmes de l'ombre de Jean-Paul Salomé est un film pas mal du tout qui mérite le détour. D'abord, comme son nom l'indique, les femmes y sont à l'honneur. Les 5 actrices, Sophie Marceau en tête, sont toutes convaincantes. Nous sommes en 1944, neuf jours avant le débarquement allié. A Londres, un membre du SOE (Service Operation Executive) est chargé de recruter des femmes pour mener une opération dangereuse: récupérer un Britannique blessé et soigné dans un hôpital pour officiers allemands. En effet, cet homme est au coeur de l'opération Phénix dont on a l'explication à la fin. Le sauvetage est un succès mais l'intervention d'un officier allemand est le grain de sable qui met en danger la vie des 5 femmes et de l'homme (Julien Boisselier, le seul qui m'a paru pas très à l'aise) qui les a recrutées. Les Allemands ne sont pas caricaturaux et le scénario m'a paru suffisamment vraisemblable pour que je ne m'ennuie pas. Une bonne surprise en ce qui me concerne, et d'ailleurs, dans la salle où j'ai vu le film, les spectateurs m'ont paru captivés et j'ai même entendu quelqu'un à la sortie dire à un ami que ce n'était pas mal.

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dimanche 23 mars 2008

The Dead Girl - Karen Moncrieff

Avant qu'il ne disparaisse des grands écrans, je parlerai du dernier Grand prix du Festival du cinéma américain de Deauville, The Dead Girl (littéralement, La jeune femme morte) de Karen Moncrieff. Cette oeuvre très bien ficelée est divisée en 5 parties dont les titres sont: l'étrangère, la soeur, l'épouse, la mère, la jeune fille morte. Chronologiquement, la dernière partie est celle qui précède toutes les autres. "L'étrangère" (Toni Collette) découvre le cadavre d'une jeune femme morte dans un champ derrière chez elle. L'événement permet à cette fille, mal dans sa peau, de s'émanciper enfin de sa mère tyrannique et de rencontrer un homme. La femme qui est au centre de la deuxième séquence, "La soeur", est médecin légiste. C'est elle qui est chargée de l'autopsie de la victime. Elle croit reconnaître en la victime, grâce à une marque de naissance, sa soeur disparue des années plus tôt. En revanche, la famille n'est pas convaincue. La troisième séquence met en scène "L'épouse". Il s'agit d'une femme au bout du rouleau qui découvre que son mari est un "serial-killer". Il en est à sa 8ème victime. C'est monsieur tout-le-monde mais avec une femme dominatrice. Dans la séquence "La mère", jouée magnifiquement par Marcia Gay Harden, cette mère reconnaît sa fille disparue (the dead girl) grâce à une photo. Dans le même temps, elle découvre qu'elle est grand-mère. La cinquième et dernière séquence, "La jeune femme morte", met en scène la Génèse de l'histoire. Krista, un peu "pute" mais très paumée, se dispute avec son ami et fait de l'auto-stop pour rejoindre sa petite fille afin de lui fêter son anniversaire. Elle rencontrera son destin. Je recommande ce film qui a un ton particulier avec des beaux rôles féminins.

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mercredi 19 mars 2008

Le cahier - Hana Makhmalbaf

Y a-t-il ou non un hasard dans la programmation en salle de deux films sur l'Afghanistan? Je les ai vus pour ma part à bref intervalle. Après Les cerfs-volants de Kaboul (mon billet du 15/03/08), voici donc Le cahier. Je ne suis pas prête d'oublier le visage de Bachti, petite fille en tenue afghane haute comme trois pommes, dont le seul but est d'aller à l'école pour écouter des histoires drôles, pareilles à celles que lui raconte Abbas, petit bonhomme aux cheveux ras qui est en train d'apprendre l'alphabet sur un manuel. Nous sommes dans la région de Bâmiyân sur la Route de la soie, au pied de l'emplacement où les bouddhas de Bâmiyân se trouvaient avant qu'ils ne soient pulvérisés à la dynamite par le régime des Talibans en 2001. D'ailleurs, la première et la dernière séquence sont tirées du même document d'archives où l'on voit les deux bouddhas pulvérisés. Quand commence Le cahier (dont le titre original en anglais peut être traduit en français par "les bouddhas ont explosé de honte"), Bachti est chargée par sa mère de garder son petit frère. Pas très loin, Abbas, un petit voisin, récite à haute voix son alphabet. Nous sommes dans des habitations troglodytes. En entendant Abbas, Bachti, après avoir attaché le bébé par un pied pour qu'il ne s'enfuit pas, s'en va acheter un cahier qui lui permettra d'aller à l'école. Grâce à des oeufs qu'elle vend sur le marché (non sans mal), elle arrive à avoir un cahier à couverture jaune contre dix roupies. Elle n'a pas assez pour s'acheter un crayon. Pour le remplacer, elle prend le rouge à lèvres de sa mère. Et la voilà partie avec Abbas. Elle arrive d'abord dans une école de garçon en plein air, où le maître ne l'accepte pas parce qu'elle est une fille. L'école de fille se situe de l'autre côté de la rivière. Mais avant d'y arriver, elle sera malmenée (pour rire ou non) par une bande de garçons guère plus âgés qu'elle, qui jouent les "durs" avec des morceaux de bois (simulant des armes) dans les mains. Ils menacent de la lapider et lui mettent un sac en papier sur la tête. J'ai eu peur qu'ils mettent leur menace à exécution. Bachti, courageusement, arrive à s'en sortir (mais avec un cahier réduit à sa plus simple expression), et fait un passage bref dans une salle de classe, où la maîtresse a l'air de se désintéresser totalement de ce qui s'y passe. Puis retournant vers chez elle, à l'ombre où furent les bouddhas, Bachti est à nouveau menacée par les mêmes garçons. Ils veulent la tuer "pour rire". Abbas qui l'accompagne lui dit "de faire la morte comme cela, elle sera libre" (dernière réplique du film)... Hana Makhmalbaf, jeune cinéaste de 20 ans (une des filles, comme Samira, la réalisatrice de A 5h de l'après-midi (2003), et de La Pomme (1998), du cinéaste iranien Mohsen Makhmalbaf), dont c'est le premier film, montre une grande maîtrise de son sujet. La petite fille est de tous les plans et la cinéaste s'est mise à sa hauteur. C'est un beau film très fort où les adultes sont à peu près absents ou sans visage (à part le vendeur de cahiers aux yeux dorés ou un agent de la circulation). Une belle surprise et une révélation qui dure 1h20.

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samedi 15 mars 2008

Les cerfs-volants de Kaboul - Marc Forster

C'est l'histoire de deux garçons, Amir et Hassan. Nous sommes en 1979, à Kaboul, en Afghanistan, juste avant l'entrée des Soviétiques dans la ville. Amir est orphelin de mère mais il a un père, Baba, qui fait partie de l'intelligentsia afghane. Hassan (issu d'une ethnie différente) est le fils du domestique. Ils sont unis par leur passion commune des cerfs-volants qui volent haut dans le ciel de Kaboul. Mais Amir ressent une sorte de mépris ou de la jalousie pour Hassan. Non seulement il ne vient pas au secours d'Hassan quand celui-ci est agressé sexuellement par des plus grands que lui, mais en plus il le fait accuser pour un vol qu'Hassan n'a pas commis. Hassan quitte la maison accompagné de son père. Les chars soviétiques étant arrivés dans Kaboul, Baba et Amir fuient l'Afghanistan, se dirigeant vers le Pakistan avant d'arriver aux Etats-Unis. La demeure de Baba est laissée à la vigilance de Rahim Khan, ami d'enfance de Baba. Plus de vingt après, en 2000, Amir, marié sans enfant, est devenu un romancier à succès. Son passé, via un appel téléphonique de Rahim, le fait retourner à Kaboul. Il a une affaire importante à régler. Il doit sauver le fils d'Hassan qui vient d'être assassiné par les Talibans au pouvoir en Afghanistan. En effet, Hassan, devenu adulte, a appris à lire et à écrire, s'est occupé de la maison de Baba et Amir depuis tout ce temps, et s'est marié et a eu un fils. En lui demandant de sauver Sohrab (placé dans un orphelinat), Rahim révèle à Amir son lien de parenté avec Hassan. J'ai été très touchée par ce film et en particulier par toutes les scènes mettant en scène les deux jeunes acteurs (interprétant Hassan et Amir) qui ont un jeu très naturel. Le personnage de Baba, le père d'Amir, a beaucoup de dignité, un grand monsieur. Sinon, comme je l'ai déjà lu ailleurs, le film est quand même formaté pour les Occidentaux avec les "méchants" Talibans face aux autres. On a même droit à une scène de lapidation d'une femme adultère pendant une mi-temps à un match de foootball. Les paysages quasi-désertiques censés représenter Kaboul et ses environs ont été reconstitués en République Populaire de Chine. Les cerfs-volants de Kaboul de Marc Forster vaut la peine d'être vu parce que l'histoire est belle et émouvante. Allez le voir avant sa sortie en DVD. Je viens d'acheter le roman écrit par Khaled Hosseini dont est tiré le film (en édition de Poche). Il s'est rajouté à ma PAL.

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mardi 11 mars 2008

Films vus et non commentés depuis le 8 décembre 2007

Je poursuis ma série de films pour lesquels je n'ai pas envie de faire un billet (1).

La guerre selon Charlie Wilson de Mike Nichols avec Tom Hanks, Philip Seymour Hoffman et Julia Roberts.
Je m'attendais à mieux avec une telle distribution. Le film semble être une satire mais je n'ai pas ri une minute.

Le Tueur de Cédric Anger avec Grégoire Colin, Gilbert Melki et Mélanie Laurent. Le sujet m'a rappelé, pour ceux qui connaissent, le scénario de Mort à l'arrivée (D.O.A.). La victime a payé le tueur pour se faire tuer. Je l'ai vu pour Grégoire Colin qui a une carrière atypique dans le cinéma français. Regardable.

Into in the wild de Sean Penn : et oui, je n'en fais pas un billet à part entière. Je suis peut-être un peu vieille mais l'histoire m'a laissée indifférente. Ce jeune homme, diplômé, qui a tout pour réussir avec une vie toute tracée, une soeur qui a l'air de bien l'aimer... Tout cela pour en arriver à mourir en Alaska, au milieu de nulle part dans un vieux bus, d'un empoisonnement en mangeant des racines de pomme de terre toxiques qu'il a confondues avec d'autres parce qu'il avait mal lu une note dans un livre. Il avait très faim.

Notre univers impitoyable de Léa Fazer est une réussite grâce à un scénario bien ficelé. Un jeune couple, Margot et Victor, travaille dans un cabinet d'avocats dans lequel un des associés meurt. Tout le film est basé sur deux hypothèses: admettons que ce soit Margot qui devienne associé et tout ce qui en découle; au contraire, admettons que Victor soit pris comme associé, et là aussi, nous avons toutes les conséquences qui peuvent survenir. La réalisatrice qui est aussi la scénariste a su très bien, et avec légèreté, dérouler et alterner les deux hypothèses. Le tout est enlevé. On passe un bon moment.

Le roi et le clown de Jun-ik Lee : film coréen qui se passe en 1504 sous le règne d'un roi de la dynastie qui a gouverné la Corée pendant 5 siècles. Nous faisons la connaissance de deux comédiens itinérants (dont l'un qui est certainement castrat joue les rôles féminins). Ils se retrouvent à Séoul après avoir fui un village. Par un concours de circonstances, ils se produisent (avec quelques autres) devant le roi, et arrivent à le faire rire. Dans le cas contraire, ils auraient été condamnés à mort pour s'être moqués de lui. D'après ce que j'ai lu, c'est l'adaptation d'une comédie musicale. Dans la salle où je l'ai vu, de nombreux spectateurs riaient beaucoup. Moi, malheureusement, pas du tout. Je n'ai pas "accroché" du tout à cette histoire qui m'a ennuyée. Et pourtant, le sujet m'avait paru prometteur. Dommage.

(1) ... films vus depuis le 8 décembre deux mille sept (et non 2008 comme marqué par erreur en titre et relevé malicieusement par Malaurie ci-dessous).

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vendredi 7 mars 2008

Opération Jupons - Blake Edwards

Si vous vous sentez triste ou le moral dans les chaussettes, je peux vous prescrire un remède efficace parmi d'autres : le visionnage d'Opération Jupons (Operation Petticoat) de Blake Edwards (1959) avec Cary Grant et Tony Curtis (cité dans mon billet du 26/10/2007). Ou comment, pendant la seconde Guerre Mondiale, un sous-marin américain, le "Sea tiger" (pratiquement coulé dans le Pacifique dès les premiers jours de la guerre américano-japonaise, et renfloué en catastrophe) et son équipage de sous-mariniers, vont se trouver à recueillir cinq charmantes infirmières de l'armée, et les conséquences qui s'ensuivent. Comment ce même sous-marin, faute de peinture grise, sera peint du plus beau rose. On apprend à réparer un sous-marin avec les moyens du bord : un volant, des siphons de lavabos, etc. Cary Grant, commandant du sous-marin, fait face aux situations les plus farfelues avec un flegme tout britannique. Tony Curtis, officier d'intendance, est le "roi de la débrouille": c'est lui qui arrive à subtiliser tout ce qui est nécessaire au bon fonctionnement du sous-marin, qui a décidément beaucoup de problèmes au niveau du moteur. Et enfin, on apprend comment, grâce à des dessous féminins, un sous-marin est épargné lors d'un grenadage. C'est drôle et enlevé. Un moment de plaisir.

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lundi 3 mars 2008

Comment tuer votre femme - Richard Quine

Je viens de découvrir ce film dans un des cinémas d'Art et d'essais de Paris. Je n'en avais jamais entendu parler. Et bien, je conseille vivement à tous les spectateurs qui passent par la capitale d'aller voir Comment tuer votre femme (How to murder your wife) de Richard Quine (1965) avec Jack Lemmon et Virna Lisi. D'aucuns diront que c'est misogyne, mais qu'est-ce que c'est drôle! En guise d'introduction, un majordome, Charles (Terry Thomas), fait la présentation de la maison où il officie en plein New-York, dans un immeuble à côté d'un chantier de construction. Son employeur, Stanley Ford (génial Jack Lemmon), célibataire endurci, est un auteur de BD à succès. Il dessine des "comic strips", publiés quotidiennement dans plusieurs journaux américains, et dont le héros, Bash Bannigan, ressemble étrangement à Stanley. On découvre que Stanley vit en vrai (avec l'aide de Charles) les situations qu'il recrée ensuite sur papier. Charles aime travailler pour son patron parce que ce dernier est célibataire. Charles, travailler pour un couple marié, jamais! Qu'on se le dise. Il est aux petits soins pour Stanley qui pèse 72,6 kg. Pour maintenir ce poids idéal, Charles lui fait une cuisine sans matière grasse. Et pourtant patatras, à l'occasion d'une nuit de beuverie entre hommes tous célibataires, Jack se retrouve marié avec une jolie italienne sortie d'un gâteau. C'est Virna Lisi que je ne connaissais pas dans un rôle si frivole. Comme elle aime faire la cuisine, les 72,6 kg se transforment allègrement en 82 kg et bien d'autres événements surviennent dans son quotidien. La vie de Stanley est complètement chamboulée et Charles qui a déjà fait ses valises est bien décidé à trouver un autre employeur. Stanley retranscrit son cauchemar domestique (même ses idées de meurtre) dans ses dessins. Je ne veux bien évidemment pas raconter tout le film qui brosse le portrait de l'Amérique très machiste où le mariage est au centre de la vie sociale avec le mari qui travaille et rapporte un salaire et la femme qui le dépense. Et pourtant, dans une scène de procès vers la fin du film, on apprend que certains maris ne seraient pas contre quelques coups de canif dans le contrat de mariage. Comme c'est une comédie, le film finit bien puisque Stanley, qui est amoureux, retrouve sa femme qui avait disparu, et il récupère même une belle-mère. A noter que le film ne bénéficie plus que d'une séance par jour. Courrez-y!

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samedi 1 mars 2008

There will be blood - Paul Thomas Anderson

Je rédige ce billet immédiatement après avoir vu There will be blood de Paul Thomas Anderson. Je suis encore sous le choc. C'est un chef-d'oeuvre à ne manquer sous aucun prétexte, adapté (d'après ce que j'ai lu) des 150 premières pages du roman Le sang de la terre d'Upton Sinclair (1927), premier volet d'une trilogie qui vient de reparaître aux Editions Gutenberg. Tout d'abord, j'évoquerai l'interprétation de Daniel Day Lewis digne d'éloges, il est à l'écran de la première à la dernière image de ce long film de 2h40 qui passe très vite et qui est très riche sur le plan visuel. DDL ne surjoue jamais, il a plus que mérité son Oscar, il a pris l'intonation de voix (paraît-il) de John Huston. Il est habité par le personnage de Daniel Plainview. Tout commence en 1898, Plainview est en train de creuser tout seul un trou pour trouver du pétrole. Il prospecte sur des terrains désertiques en Californie et au Nouveau-Mexique. La seconde séquence se déroule en 1902, Plainview a maintenant de l'aide et ses recherches prennent tournure. Un de ses compagnons, qui a un bébé sur les bras, meurt à la suite d'un accident de forage. Ces deux séquences sont sans parole mais avec une musique crissante que l'on n'oublie pas. Toute la bande-son est un mélange de musique classique (3ème mouvement du concerto pour violon de J. Brahms ) et de musique contemporaine de Radiohead. Plainview recueille l'enfant qu'il élèvera comme son fils. C'est le seul moment de tendresse du film qui est aussi dur que le personnage principal dans un monde sans femme. Lors d'une scène, il déclare qu'il déteste le genre humain et que c'est pour cela qu'il veut devenir riche pour s'éloigner de ses semblables. En 1911, Plainview a gagné sa réputation de pétrolier mais il cherche toujours et encore. Il achète à bas prix des terrains à forer, dont un qui appartient à un membre très pieux d'une congrégation religieuse fondamentaliste. Pour conclure l'affaire, il accepte de faire partie de la dite congrégation et de se faire baptiser. Nous assistons à la confrontation entre Plainview et le jeune prêtre évangéliste (l'argent et la religion), Eli Sunday qui se trouve être aussi le fils du propriétaire du terrain convoité. Plainview, qui a des péchés à se faire pardonner (le meurtre d'un  homme qui s'est fait passer pour son frère), est sauvé, alléluia. C'est une des nombreuses scènes d'anthologie du film. En revanche, le fils adoptif de Plainview devient sourd suite à une explosion de gaz. Toute la dernière partie du film se passe en 1927. Plainview, fortune faite, vit retiré, tel Citizen Kane ou Howard Hughes. Il s'entraîne à la carabine sur des objets de son salon. Son fils adoptif, qui a appris la langue des signes, s'est marié avec la soeur d'Eli. Il décide de s'affranchir de la tutelle de son père. Connaissant le métier de pétrolier, il annonce à son père qu'il part au Mexique. Plainview le prend très mal. Ce fils devient un concurrent dans le business et il lui dit qu'il n'était qu'un bâtard dans un panier, "a bastard from a basket", phrase répétée de façon lancinante. Eli vient aussi lui réclamer de l'argent, ne sachant pas que Plainview n'a plus besoin de lui. Plainview lui fait dire qu'il est un faux prophète: dernière scène magistrale. La dernière réplique du film: "J'ai fini", après qu'il a tué à nouveau un homme, termine de façon abrupte There will be blood, film sans concession, dur comme du roc et qui n'a pas un plan inutile. A peine sorti, déjà un classique, à mon humble avis.

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mercredi 27 février 2008

Cortex - Nicolas Boukhrief

De la première à la dernière image de ce film, on voit André Dussolier qui est parfait dans le rôle du flic atteint de la maladie d'Alzheimer. Dans Cortex de Nicolas Boukhrief, il joue le rôle d'"un certain" Charles Boyer (clin d'oeil du cinéaste à l'acteur?) qui vient d'accepter d'entrer dans une clinique spécialisée dans les soins pour essayer de pallier les effets de cette terrible maladie. Il écrit tout sur un cahier pour se rappeler ce qu'il fait, ce qu'il pense. Les pages deviennent rapidement des gribouillis presque illisibles. Dans cette institution, il pressent des événements étranges qui se confirment par trois morts soudaines (arrêts cardiaques), mais au bout du compte pas naturelles du tout. Le réalisateur a réussi (à mon avis) à créer une atmosphère de menace avec un zest de surnaturel pendant tout le film. Le scénario tient la route jusqu'au bout sans temps mort. Seuls les mobiles des crimes resteront obscurs : pitié pour les malades? folie? vol? Sinon, quel plaisir de voir, dans des "seconds" rôles, Marthe Keller, Aurore Clément et Philippe Laudenbach. Pascal Elbé en médecin est convaincant. Ce film est d'autant plus une bonne surprise que j'avais détesté Le convoyeur (2004) du même réalisateur.

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