samedi 13 juin 2009

Trois films vus avec mon ami

Dans la brume électrique de Bertrand Tavernier, Millenium de Nils Arden Oplev et Wolverine X men origins de Gavin Hood sont trois films que j’ai vus coup sur coup avec mon ami moins cinéphile que moi (personne n'est parfait mais il a d'autres qualités).

Pour Dans la brume électrique de Bertrand Tavernier (je l'ai vu à une séance tardive), j’émets quelques réserves quant au déroulement de l’intrigue car j'ai trouvé que tout allait trop vite. J’ai l’impression que le réalisateur a voulu aller à l’essentiel sans prendre son temps. Les caractères des personnages ne sont qu’esquissés. D’ailleurs, je ne me rappelle pratiquement plus l’histoire à part le fait que l'on trouve des ossements d’un Noir enchaîné au fond du bayou et que des jeunes filles ont été assassinées. Je retiens surtout les paysages de Louisiane et les maisons en bois dévastées qui restent à l’abandon, après le passage de l’ouragan Katrina. L’apparition de revenants (des soldats confédérés) donne une touche de surnaturel originale. La photo jaunie que l’on voit à la fin aussi. Je suis allée le voir parce que Tavernier est un réalisateur que j’apprécie et Tommy Lee Jones dans le rôle du shérif Dave Robicheaux m’a semblé crédible dans son rôle (au vu de la bande-annonce). J'ai eu aussi plaisir à revoir John Goodman (Barton Fink des frères Coen) dans un rôle inquiétant et Mary Steenburgen (dans le rôle de la femme de Robicheaux), un des rôles féminins qui adoucit l'ensemble. L’histoire est adaptée d’un roman de James Lee Burke, écrivain dont je n’ai jamais rien lu (le shérif Robicheaux est un personnage récurrent dans l’œuvre de Burke). A part ça, j’attends la sortie en DVD de Dans la brume électrique. J'ai cru comprendre que le film ne bénéficiait que d'une sortie directe en DVD sur le territoire américain (je me demande bien pourquoi?) et que les scènes avec les revenants avaient été coupées (je me demande à nouveau pourquoi?).

Pour Millénium de Nils Arden Oplev (réalisateur danois), je n’ai pas été déçue du tout par cette adaptation même s’il y a des coupes sombres par rapport au roman. Tout est concentré sur l’histoire criminelle de la disparition d’Harriet Vanger. Vu que j’ai lu le roman Millénium 1, les hommes qui n’aimaient pas les femmes, dès sa parution en septembre 2006, ce film m’a permis de faire une bonne révision. Quant à mon ami qui n’avait rien lu, il a «dévoré» la trilogie en 4 jours (c’est un lecteur avide), ce qui démontre au moins que le film donne envie de lire le roman. Concernant l’atmosphère générale du film, c’est noir, très noir, mais le roman l’est. Bien évidemment, les acteurs qui jouent les rôles principaux ne sont pas ceux que l’on imaginait forcément. Noami Rapace qui joue Lisbeth m’a paru plus âgée que dans le roman mais cela n’est pas très grave. C’est dommage que l’on ne la voie pas plus avec ses ordinateurs et tout ce qu’elle est capable de faire avec, plutôt que d’assister aux actes violents dont elle est la victime. En revanche, j’ai aimé que ce film tiré d’un roman suédois soit tourné dans cette langue. Et j’attends impatiemment les deux adaptations suivantes de Millénium 2 et 3 qui doivent sortir fin de cette année ou début de l’année prochaine. [15/11/07: ma chronique du 3e tome]

Pour Wolverine – X men origins de Gavin Hood, je viens de constater qu’il n’est plus du tout à l’affiche à Paris. Je suis allée voir le film parce que j’avais beaucoup aimé X-Men, 1, 2 et 3: les effets spéciaux, en particulier, sont une grande réussite. Concernant ce film, Wolverine..., c’est l’occasion d’apprendre comment tout a commencé pour Wolverine avec ses mains d’où poussent des lames quand il veut attaquer ou se défendre ou quand il est en colère. Comme les vampires, il passe les siècles sans vieillir après avoir atteint l’âge adulte. Agé d’une dizaine d’années, Wolverine a pris conscience de sa mutation dans les années 1860, après un crime commis contre son père. Il a un demi-frère, Dent de sabre, un être peu recommandable. On apprend aussi comment une «confrérie» de mutants va se former. Tout cela pour dire que le film se regarde avec plaisir mais il faut aimer ce genre sans faire la fine bouche. Le scénario tient moins la route que les trois premiers. Les effets spéciaux ne sont pas toujours à la hauteur et sont moins spectaculaires. Ce genre de film peut attendre la sortie DVD (en location).

Moi qui vais la plupart du temps au cinéma toute seule, j’ai été bien contente pour ces fois-là d’être accompagnée. Merci "Ta d loi du cine".

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jeudi 11 juin 2009

Departures - Yojiro Takita

Après Still walking, je chronique un deuxième film japonais. Departures vient de recevoir l'Oscar du meilleur film étranger cette année (Entre les murs et Valse avec Bachir étaient aussi en compétition). Il paraît que, sans cette récompense, il ne serait jamais sorti en Europe (dont la France), et cela aurait été dommage. Car à la différence de Rob, j'ai beaucoup aimé (comme ffred ou Tinalakiller) ce film que j'ai vu dans une salle très recueillie (si je puis m'exprimer ainsi). Ce film a mérité son Oscar (quoi qu'en disent certains esprits chagrins). Daigo, jeune violoncelliste, se retrouve au chômage du jour au lendemain, quand l'orchestre dans lequel il jouait est dissous. Il décide de retrouver ses racines en venant habiter avec sa jeune épouse, Mika, dans la demeure de sa mère décédée (un genre de bar désaffecté). Pour subvenir à ses besoins, il répond à une annonce qui parle de voyage. Il est engagé immédiatement. L'annonce était incomplète: il s'agit de voyages dans l'au-delà. Le vieil homme, patron de cette entreprise, a eu du mal à recruter. C'est lui qui enseignera le métier à Daigo. La tanathopraxie (le mot n'est pas employé dans le film) n'est pas bien vue au Japon (comme peut-être partout ailleurs). D'ailleurs, Daigo n'ose pas avouer à sa femme son nouveau métier (c'est par hasard qu'elle le découvre et elle en est horrifiée). A partir de là, on est hypnotisé par le cérémonial de la toilette et de l'habillage des morts. Il faut voir les gestes étudiés de Daigo pour habiller, coiffer, maquiller la personne décédée. Juste avant la crémation. Chaque fois, la famille du (de la) défunt(e) est présente. Les réactions sont souvent vives, certains veulent retrouver la personne comme si elle était "vivante". Tout est fait avec un grand respect et beaucoup de pudeur. Un grand film pas triste du tout, bien au contraire. Le petit défaut du film est dû à quelques facilités scénaristiques mais rien de grave. Le générique de fin montre, encore une fois, Daigo en train de "préparer" un mort; les spectateurs sont restés jusqu'au bout.

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dimanche 7 juin 2009

Still walking - Hirokazu Kore-Eda

Du réalisateur du magnifique et poignant Nobody knows (2004), Still walking que je viens de voir deux fois pour mieux m'en imprégner est une chronique familiale qui se passe sur une journée et demie, à l'occasion de l'anniversaire de la mort du fils aîné, Fenjei, mort noyé accidentellement quelques années auparavant en voulant sauver un jeune homme. La première séquence s'ouvre avec deux femmes qui conversent dans une cuisine. La plus âgée, Toshiko Yokoyama, une soixantaine d'année, est en train de préparer des légumes pour les cuisiner, l'autre qui l'assiste, est sa fille, You. Elles parlent de recettes de cuisine et d'autres sujets. Dans une autre pièce de la maison, un vieil homme aux cheveux blancs, Atsushi, mari de la première et médecin à la retraite, s'ennuie; il n'est plus capable de soigner. You est venue avec son mari et ses deux jeunes enfants. Ryo, le fils cadet de la famille, arrive en train et bus avec sa jeune épouse, Yukari, et le fils de celle-ci (né d'un précédent lit). Ryo est au chômage mais ne veut rien dire à ses parents. Il leur fait croire au contraire qu'il a beaucoup de travail dans la restauration de tableaux. Leur bru, qui est pourtant bien gentille, est vue d'un mauvais oeil par les parents de Ryo. Ils ne comprennent pas cette "mode" des familles recomposées. Ils trouvent que, tant qu'à faire, une divorcée aurait mieux fait l'affaire car Yukari qui est veuve peut faire la comparaison entre son nouveau mari et le défunt (encore aimé?). Les enfants de You sont bruyants et un peu envahissants. Le fils de Yukari est plus posé. La journée se passe. Un hommage est rendu au fils défunt (qui devait prendre la succession de son père) avec une visite sur sa tombe où se déroule un petit cérémonial en présence d'un papillon jaune (qui pourrait être la réincarnation de Fenjei). La mère, Toshiko, a invité (comme tous les ans) l'homme que son fils a sauvé, c'est un être obèse qui mène une vie sans attrait. Après son départ, Toshiko dit le haïr. Elle en veut aussi à son mari de ne pas avoir été présent quand leur fils est décédé. A la fin de cette première journée, You et sa famille s'en vont. Seuls restent pour la nuit, jusqu'au lendemain, Ryo, Yukari et son fils. Toshiko explique qu'elle ne pourrait pas supporter ses petits-enfants bruyants très longtemps. Nous assistons encore à de belles scènes que je ne décrirai pas. J'ai été frappée par les extérieurs. La maison familiale, avec d'autres, semble se trouver en surplomb de la ville avec la mer au fond. Le cimetière aussi est en hauteur. Tout est pentu. Dans une des dernières scènes, on voit Toshiko et Atsushi monter les grands escaliers qui les mènent vers chez eux. L'épilogue se situe quelques années plus tard avec un rituel qui se perpétue. Sous des abords de comédie douce-amère, le film montre les rancunes, les petites mesquineries mais aussi les moments de bonheur d'une famille unie malgré tout. Cette histoire tend à l'universel. Quand le film se termine, on regrette d'avoir quitté la famille Yokoyama, on s'attendrait presque à une suite. C'est un des meilleurs films à voir actuellement. Depuis sa sortie, le succès ne se dément pas grâce à de bonnes critiques et au bouche-à-oreille. C'est mérité. Voir aussi l'article d'Oriane.

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mercredi 3 juin 2009

Clara - Helma Sanders-Brahms

De cette réalisatrice, j'avais vu, lors de sa sortie (1980), Allemagne Mère Blafarde, que j'avais aimé (et qui a, paraît-il, beaucoup marqué à l'époque). Le film était un beau portrait de femme qui essayait de survivre avec mari et enfant pendant la 2ème guerre mondiale en Allemagne. Concernant Clara, Helma Sanders-Brahms a mis 12 ans (selon le dossier de presse) pour pouvoir tourner ce film sur Clara Schumann, femme de Robert, compositeur de la Symphonie Rhénane, d'un concerto et de très belles sonates pour piano. Mort dans un asile d'aliénés en 1856, à 46 ans, il laissa Clara veuve avec 5 enfants. Musicienne en plus d'être une pianiste de grand talent, elle a été du vivant de Robert Schumann plus célèbre que lui. C'est elle qui a interprété les oeuvres de son mari. Le film se concentre sur la rencontre du jeune Johannes Brahms avec le couple, vers 1850. Cela s'est passé à Dusseldorf où Robert, malgré ses maux de tête, devait diriger l'orchestre de la ville. Le film montre que Clara prenait souvent la place de Robert à la tête de l'orchestre au grand dam de certains musiciens qui n'admettaient pas d'être dirigé par une femme. Johannes Brahms, issu d'un milieu populaire, a voué une véritable adoration à Clara et peut-être plus (en tout cas au vu de ce que l'on voit dans le film). Il lui a écrit et dédié de nombreuses oeuvres musicales, et elle-même a interprété au moins un des deux concertos pour piano de Johannes. Clara Schumann a survécu 40 à son mari et Brahms est mort 1 an après elle en 1897. Pour parler du film proprement dit, Clara souffre de quelques défauts, dont l'interprétation de Pascal Greggory n'est pas des moindres. De film en film, je le trouve assez limité comme acteur. Il n'est pas très crédible dans le rôle de Schumann. Martina Gedëck qui joue Clara est bien. Elle fait ce qu'elle peut mais elle n'est pas "habitée" par le rôle. L'ensemble manque un peu de "consistance". La coproduction fait que les acteurs parlent dans leur langue et sont doublés. Cela ne fait pas naturel. C'est un film très sage mais on a quand même le plaisir d'écouter de la belle musique. Personnellement, j'aime la musique de Brahms depuis toujours mais quand je suis sortie de la projection, j'ai senti que les spectateurs n'étaient pas très enthousiastes. On peut le comprendre. Illustrer les affres de la création musicale constitue une gageure. Ken Russell l'avait partiellement réussi avec Music Lovers (1970) pour Tchaikovski.

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lundi 1 juin 2009

Films vus et non commentés depuis le 23/04/09 (début)

Je constate une fois de plus mon retard impardonnable pour commenter les films que j'ai vu plus ou récemment (suite de ma série). J'ai déjà vu 66 films depuis le début de l'année.
En voici 4 que je ne conseille pas forcément. Vous pouvez attendre de les voir en location en DVD ou lors d'un passage à la télé.

Tulpan de Sergei Dvortsevoy est un film que j'ai vu il y a deux mois. Je considère que c'est plus un documentaire qu'une fiction. Ce film kazakh raconte les mésaventures d'un jeune homme qui voudrait se marier avec une jeune fille dont il ne connaît pas le visage. Cette dernière ne le trouve pas à son goût: il a les oreilles décollées. Et pourtant, former un couple et fonder une famille est nécessaire pour pouvoir continuer à vivre dans la steppe sous la yourte. Tout cela est un prétexte à voir une nature désertique et des brebis qui mettent bas avec difficulté. Le film m'a un peu ennuyée et il se termine en queue de poisson. J'avais nettement préféré L'histoire du chien jaune de Mongolie de Byambasuren Davaa (2006).

The other man (dans le texte) de Richard Eyre, réalisateur précédemment d'Histoire d'un scandale (cf. mon billet du 03/03/07): là, je m'attendais à un bon thriller. C'est complètement raté. Adapté d'une nouvelle de Bernard Schlink, un homme, Peter (Liam Neeson, très monolithique et pas très expressif) suspecte sa femme de le tromper. Il fait tout pour retrouver "l'autre homme", Ralph (prononcez Raife), joué par Antonio Banderas que j'ai vu meilleur. Entretemps, on ne revoit jamais la femme (Laura Linney, très bien). Le découpage du scénario est à mon avis maladroit car, au moment du générique de fin, je me suis dit que je n'avais rien compris. On assiste à des flash-back. Même le début du film est un long flash-back. C'est l'occasion de voir Romola Garai (l'héroïne d'Angel de François Ozon (2007) [cf. mon billet du 25/03/07]). Le film se passe entre Milan et Cambridge. Rien d'autre à dire.

La 1ère étoile de Lucien Jean-Baptiste: il y a quelques années, je m'étais divertie avec un film que je recommande si vous ne l'avez pas (encore) vu, Rasta Rocket en VF et Cool Runnings en VO (1993), qui narrait l'histoire de l'équipe de bobsleigh jamaïcaine en route pour les JO de Montréal (histoire authentique). C'était absolument hilarant. Pour la 1ère étoile, je m'attendais un peu à la même chose. Malheureusement, c'est nettement moins drôle et un peu répétitif mais la comédie est sympathique. Jean-Gabriel (joué par le réalisateur), un père de famille antillais marié à une femme blanche, a promis à sa progéniture de les emmener aux sports d'hiver. Le problème est qu'il a perdu aux courses la somme mise de côté pour les vacances. Qu'à cela ne tienne, avec le "système D", le père, les enfants et la grand-mère passeront une semaine à la montagne et la fille de la famille arrivera à gagner sa 1ère étoile de ski. Le film est encore un grand succès, tant mieux pour lui mais je m'attendais à autre chose.

Confessions d'une accro du shopping de P.J. Hogan n'est pas aussi réussi que Le Diable s'habille en Prada. Je n'ai pas lu les livres de Sophie Kinsella, mais j'ai l'impression que les intrigues sont mieux tournées. Moi, je suis allée le voir car j'avais envie de me changer les idées (mon hygiène mentale). Tout est hautement invraisemblable, mais le beau Hugh Dancy et quelques scènes sympathiques sauvent le film.

(à suivre...)


vendredi 29 mai 2009

La Sicilienne - Marco Amanta

Je vais encore parler d'un film, italien cette fois-ci, qui a déjà presque disparu des écrans. Et c'est bien dommage! Je ne connaissais pas le cinéaste Marco Amanta. Le scénario est tirée d'une histoire vraie: une jeune femme a osé affronter seule un clan de la mafia qui avait tué son père et plus tard son frère, eux-même mafieux. Le réalisateur a changé les noms, mais ceci mis à part, 90% de ce que le film raconte est vrai. L'histoire s'est passée entre 1985 et 1992. Rita, qui a 11 ans, voit son père abattu devant ses yeux dans un petit village de Sicile. Le règne de l'Omerta fait que personne ne dit rien. Les volets des maisons se ferment. Seule Rita n'oublie rien, et elle se met à écrire un journal dans des carnets où elle décrit les méthodes, les trafics de la mafia locale, elle écrits des noms. Pendant ce temps, tout le monde lui tourne le dos, on la prend pour une folle. Elle s'habille en noir comme une veuve. Sa mère, elle-même, lui est hostile. Rita avait une adoration pour son père mais pourtant on découvre que celui-ci était aussi peu recommandable que les autres: il tuait, violait, etc. Néanmoins, n'ayant pas voulu se lancer dans le trafic de drogue, le père de Rita était devenu gênant pour un autre parrain local. Rita grandit et, à 17 ans, elle tombe amoureuse d'un jeune du village qui dit l'aimer aussi. Voulant se venger de son père, elle part à Palerme sans rien dire à personne et se présente devant un juge avec ses carnets à charge contre la mafia. Ce juge qui s'appelle Borsellino est joué par Gérard Jugnot. C'est la seule critique notable que je ferai: Jugnot est très bien mais on voit qu'il joue en français et qu'il est doublé en italien. Cela donne une étrange impression. Ce juge va protéger et soutenir Rita au péril de sa vie. Exilée à Rome, elle est gardée au secret. Elle change d'identité. La mafia n'aura de cesse d'éliminer ces deux empêcheurs de tourner en rond jusqu'au jour du procès où une dizaine de mafieux doivent être jugés. On sent très vite que tout va mal finir mais pas comme on l'imagine, pour Rita tout au moins. A la toute fin, on voit un très court film avec la vraie Sicilienne. C'est très émouvant. La jeune actrice Veronica d'Agostino, qui joue Rita, est remarquable. On sent sa détermination, sa rage et pourtant elle montre aussi de la douceur. Elle se sait condamnée à mort mais rien ne l'arrête. Je ne saurais trop vous conseiller ce film qui mérite votre attention.

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mercredi 27 mai 2009

Etreintes brisées - Pedro Almodovar

Etreintes brisées (titre pas si facile à dire) de Pedro Almodovar, qui était en compétition à Cannes cette année, est reparti bredouille. C'est dommage car il aurait au moins mérité le prix du scénario. Film hommage au cinéma en général et à tous ceux qui le font en particulier, Etreintes brisées est, en effet, un film foisonnant qui se passe alternativement à deux moments dans le temps: en 1994 et et 2008. Comme j'ai eu la chance d'avoir récupéré un dossier de presse de ce film, je l'ai lu et des clés sur certains aspects du film m'ont été révélées. Par exemple, en commençant par le générique, les images à la texture sépia montrent un couple, une jeune femme et un homme: il s'agit des doublures lumières des deux acteurs principaux du film, Penelope Cruz et Lluis Homar. En 2008, Harry Caine (Lluis Homar) est un homme aveugle qui écrit des scénarios, des récits, etc. Il profite de la vie. Quatorze ans auparavant, il s'appelait Mateo Blanco et réalisait des films. Il a perdu en même temps dans un accident de voiture et la vue et Lena (Penelope Cruz), la femme qu'il aimait. Il venait de terminer un film, "Filles et valises", une comédie dont l'actrice principale était Lena. Le film fut un fiasco alors qu'il aurait pu être un succès si un homme, le producteur du film, Ernesto Martel (José Luis Gomez), fou amoureux de Lena lui aussi, n'avait pas voulu se venger. Etreintes brisées constitue une oeuvre où les notions de double, doublure, doublage, duplicité, duplication sont d'autres clés pour comprendre le film, ainsi que l'instantanéité de la photographie. Parmi les personnages qui gravitent autour d'Harry Caine, nous trouvons Judit Garcia (Blanca Portillo), l'ancienne et fidèle directrice de production, ainsi que son fils Diego, qui sert de secrétaire et de confident à Harry, et Ernesto Martel Jr qui a tourné en particulier le "making of" de "Filles et valises" (cela a son importance). Je veux aussi parler de la couleur de l'image, que j'ai trouvée magnifique, flamboyante comme le mélodrame auquel nous assistons. Je suis loin d'avoir raconté tout le film qui dure 2h05. Ce n'est certainement pas le meilleur film du réalisateur (et je n'ai pas été émue comme pour Parle avec elle (2002)), mais il vaut la peine d'être vu pour Pénélope Cruz et les autres acteurs, pour le montage (élément important du film dans le film), et pour l'image. Et je n'oublie pas la musique d'Alberto Iglesias. Pour les scènes tournées de "Filles et valises", Almodovar s'est inspiré de celles de Femmes au bord de la crise de nerfs (1987), et il les a d'ailleurs tournées dans les mêmes décors. En tout cas, je suis contente que, comme tous les films d'Aldomovar, il ait bénéficié d'une sortie nationale: ça m'a permis de le voir dans une salle en province (la salle était plutôt neutre, et il n'y avait pas grand-monde). Le dossier de presse (en espagnol) est téléchargeable sur internet. Le synopsis est en français.

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lundi 25 mai 2009

Un mariage de rêve - Stephen Elliot

Un mariage de rêve [titre français pas très approprié pour "Easy virtue" (petite vertu)] de Stephen Elliot, qui a aussi écrit l'adaptation, est un bon film très "british", assez pince-sans-rire autant dans le fond que dans le ton. A l'origine, il s'agit d’une pièce écrite en 1924 par Noël Coward (auteur presque oublié, et c'est bien dommage). Larita (Jessica Biel) (1), jeune femme émancipée (qui sort d’un drame personnel) et aventurière, vient de convoler en justes noces avec un jeune Anglais, John Wittaker, qui a eu le coup de foudre pour elle au premier regard. Après le voyage de noces, Larita est présentée à sa belle-famille (dont on apprendra au cours du film qu’elle est ruinée). Cette belle-famille se compose entre autres de Mrs Wittaker, la mère de John (Kristin Scott-Thomas, irrésistible en femme aigrie), qui prend aussitôt sa bru en grippe. La première faute de goût impardonnable pour Mrs Wittaker est que Larita est américaine! En revanche, Mr Wittaker (Colin Firth), un rien désabusé (la première guerre mondiale n’est pas terminée depuis si longtemps), ne reste pas insensible au charme de de la jeune femme qui compte bien profiter de la vie. Tout de suite, Larita se trouve mal à l’aise dans cette famille. L’ère victorienne est révolue mais Mrs Whittaker, qui n’en a cure, brime ses deux filles (soeurs de John) et montre de l'autorité envers ses domestiques. Mais Mrs Wittaker a aussi  la «main verte», preuve en est la serre (chauffée) attenante de la demeure (pas chauffée, elle). Je ne dévoilerai pas les péripéties de cette comédie enlevée excepté un «French Cancan» endiablé mais sans culotte, et le triste destin du chien "Poppy", qui a fait beaucoup rire la salle (moi compris), sans parler de la sonnette pour appeler les quelques domestiques qui ne sont pas encore partis. D'ailleurs, un en particulier vaut le détour. Il paraît un peu dérangé. Pour en revenir à Noël Coward, il est aussi l’auteur d’une pièce, Private Lives (une scène de ménage qui dure deux heures souvent jouée par de grands comédiens sur la scène londonienne ou américaine). Il a également été l’auteur de Brève rencontre (1945) de David Lean (mais non crédité au générique) ou de Design for Living (qui a inspiré Sérénade à trois d’Ernst Lubitsch en 1933). Stephen Elliot est le réalisateur et scénariste de Priscilla, Reine du désert (1994), film que je conseille.

(1) Et non Jennifer Biel comme je l'avais écrit par erreur (merci à Coming soonn).

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jeudi 21 mai 2009

Wendy et Lucy - Kelly Reichardt

Wendy et Lucy de Kelly Reichardt (une réalisatrice à découvrir absolument) est un film tendre et attachant qui montre une Amérique triste, dure, pauvre, menaçante et un peu désespérée, mais où l'amitié et l'entraide ne sont pas absentes. L'histoire qui se passe de nos jours (à l'automne?), commence quand Wendy (formidable Michelle Williams) et sa chienne Lucy arrivent dans l'Oregon en voiture. Elles sont en route pour l'Alaska où Wendy (cheveux courts à l'allure garçonne dans son bermuda) pense trouver du travail. Wendy compte son argent, il lui en reste peu et pourtant elle a encore du chemin à parcourir pour toucher son but, et le fait que sa voiture tombe en panne complique tout. Wendy aime sa chienne par-dessus tout. Elle vole même de la nourriture pour elle: deuxième complication. Pendant qu'elle est arrêtée et mise en prison pour 24 heures, sa chienne disparaît. Elle n'a de cesse de la retrouver par la suite. Le film dure 1H10 pendant lesquelles la réalisatrice ne lâche pas son héroïne marginale (en rupture avec sa famille?), qui est filmée au plus près. On ne tombe jamais dans le misérabilisme, c'est là sa force. On a peur pour Wendy qui ne se laisse pas abattre. Je vous conseille ce film s'il n'est pas trop tard. Je l'ai vu la semaine de sa sortie (suite à de bonnes critiques journalistiques). Il est projeté dans très peu de salles. Mais s'il passe par chez vous, il faut aller le voir. Ed en a dit beaucoup de bien et c'est mérité. Coming soonn en parle également.

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dimanche 17 mai 2009

Chéri - Stephen Frears

Chéri de Stephen Frears est le genre de film que l'on va voir pour les toilettes que portent les actrices, ou les habits de ces messieurs, et pour admirer les décors d'hôtels particuliers ou autres résidences. L'ensemble a un charme suranné que j'ai apprécié. Nous sommes introduits dans l'univers de dames qui ont consacré leur âme et surtout leur corps à devenir riches et indépendantes. Quand le film commence, Léa de Lonval rencontre chez son amie Mme Peloux (Kathy Bates) le fils de cette dernière, Chéri, jeune homme ténébreux qui est un coeur à prendre. Chéri et Léa vont vivre quelques semaines de folle passion. Michelle Pfeiffer qui joue Léa est bien filmée. J'ai entendu dire sur des ondes radio (par des jalouses) que Michelle Pfeiffer (50 ans cette année)  s'était faite "lifter". Et alors! Que cela soit vrai ou non, elle très belle et son talent est intact. Il y a d'ailleurs un petit clin d'oeil, pour ceux qui ont vu le film, de la part de  Stephen Frears à son actrice. En effet, au tout début, une voix "off" présente la demeure de Léa, et on voit entre autre, sur une petite commode, un portrait de Michelle Pfeiffer, 20 ans plus tôt, dans Les Liaisons dangeureuses du même Stephen Frears. Sinon, j'ai aimé le procédé du récit en voix "off" pour faire avancer le récit. Ca donne du rythme au film. Pour connaître l'histoire, lisez Colette.

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