mardi 3 novembre 2009

Capitalism, a love story - Michael Moore

Après Sicko (cf. mon billet du 16/09/07), notre trublion préféré, Michael Moore, s'attaque au capitalisme en général et à ses conséquences sur les finances américaines et sur les vies des petites gens en particulier. Le titre Capitalism, a love story est assez ironique puisque Michael Moore n'aime pas le capitalisme et il le dit. C'est un film qui m'a plu de par ses différentes démonstrations. Par exemple, celle qui démont[r]e comment quelques individus, financiers, membres de sociétés de courtage, assureurs et surtout banquiers, ont ruiné des millions de gens aux USA. Il a bien expliqué comment l'Amérique a été insouciante dans les années 50: elle dominait tout sans concurrence, et ensuite, elle s'est retrouvée face à la concurrence internationale (il prend l'exemple de l'industrie automobile avec l'Allemagne et le Japon). Il a bien analysé les rouages du hold-up financier de Wall Street sur l'économie. Et il parle bien entendu de la collusion entre financiers et hommes politiques. La mainmise financière sur l'économie a commencé sous Reagan. Parallèlement, je suis sensible à sa manière généreuse de s'attacher aux petites gens: ceux qui se retrouvent à la rue avec un viatique de 1000 dollars. J'ai bien aimé au début la comparaison entre la chute de l'Empire romain et la chute de l'Empire américain, et aussi celle où Wall Street est un casino dans lequel quelques personnes misent sur l'argent mondial. C'est effrayant. Comme Michael Moore, je ne sais toujours pas ce qu'est un dérivé de crédit. Pour mettre une légère touche d'optimisme, il évoque une société qui est gérée par son personnel (comme une coopérative). Je ne sais pas si ce film sera un succès aux Etats-Unis. C'est là qu'il devrait avoir un impact pour que les choses changent. D'après ce que j'ai lu, Goldman Sachs continue de faire des profits vertigineux. En revanche, je pense que le film marchera en France, il le mérite, c'est vraiment bien et on apprend des choses. D'ailleurs, il faudra que j'y retourne car le film est très dense (il dure 2H00) et il y a une grande masse d'informations que je n'ai pas forcément assimilées en une fois. Sinon j'ai eu la chance de voir le film en avant-première, mardi 20 octobre 2009. Le film sort le 25 novembre prochain: allez-y! C'est mieux qu'une fiction et on sort hébété. Voici deux extraits du film: le premier et le second.

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samedi 31 octobre 2009

Le démon des femmes - Robert Aldrich

J'ai enfin revu un film longtemps invisible qui m'avait marquée il y a plus de 25 ans (il date de 1968). C'était au temps du cinéma de minuit sur France 3. The legend of Lylah Clare (titre original et plus parlant que "Le démon des femmes") est un des trois films qu'Aldrich a consacré à l'univers impitoyable du cinéma en général et d'Hollywood en particulier (Les autres sont The big Knife et What happened to Baby Jane?). Lylah Clare, grande star d'Hollywood, est morte il y a plus de 20 ans sous les yeux de son mari et réalisateur Lewis Zarkan. Ce dernier, qui vit retiré, rêve de faire un film sur elle. Un impresario trouve un sosie de Lylah en la personne d'Elsa Brickman (qui est rebaptisée Elsa Campbell), jeune actrice pleine de fraîcheur, d'espoirs et d'illusions (Kim Novak, magnifique, tient les deux rôles: des flash-back ponctuent l'histoire). Le tournage va pouvoir se faire. Elsa, amoureuse de Zarkan, ira jusqu'au bout de l'expérience... Bien sûr, le spectateur saura, au fur et à mesure, comment est morte Lylah Clare. Ce n'est pas un film confortable, il prend à rebrousse-poil, il est dense et étouffant. Il y a pas mal de personnages tous plus monstrueux les uns que les autres, avec la femme à la jambe artificielle rapporteuse de ragots, l'impresario mourant, le producteur avide (Ernest Borgnine), le réalisateur égocentrique et l'actrice lesbienne disparue. Aux Etats-Unis, lors de sa sortie, le film fut un échec critique et donc commercial cuisant. Il faut dire que la fin, par exemple, atteint un niveau de cynisme rarement vu: une pub télé pour pâté pour chien "barkwell" (aboie bien) qui vient juste après l'annonce d'un décès. Je vous conseille de voir ce film pour les comédiens, pour la re-création de l'univers hollywoodien d'antan (comme on peut éventuellement l'imaginer), et pour le scénario riche. Je ne regrette pas de l'avoir revu. Comme Victime, il est projeté dans une seule salle. Dans le même ordre d'idées, il y a en ce moment à Paris une rétrospective Robert Aldrich à la cinémathèque française. J'espère que cela annonce de prochaines (re)sorties en DVD.

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jeudi 29 octobre 2009

Away we go - Sam Mendes

Vu dans le cadre d'une avant-première (je remercie Jérôme de Cinefeed et Cinefriends), je n'ai pas aimé (du tout!) ce film, Away we go (sortie le 4 novembre 2009), qui m'a paru sinistre à tout point de vue. Je l'ai même trouvé déplaisant par certains côtés, surtout le jeu des acteurs que j'ai trouvé outré voire insupportable (même si c'est leur rôle qui le veut); c'est flagrant pour Maggie Gyllenhaal et Alison Janney. Je ne sauverais du film que la jeune femme (Maya Rudolph, actrice pas très connue), qui irradie. Elle est belle et touchante, c'est un vrai bonheur. Pour le reste, cette vision d'adultes tous plus immatures, têtes à claques, les uns que les autres, m'a profondément énervée. Je plains les enfants qui sont avec eux. Verona et Burt, un jeune couple déjà installé ensemble (ils ont respectivement 34 et 33 ans), attendent un bébé. C'est au cours d'un dîner que les parents (un peu azimutés) de Burt annoncent qu'ils s'en vont deux ans à Anvers, en Belgique. De là, Vérona et Burt, avant de décider où s'installer pour élever le futur bébé (une fille), se rendent chez les uns ou les autres, qui sont soit des connaissances soit des membres de la famille (formant une belle brochette de fêlés ou de "disjonctés"). Ils vont de Miami à Phoenix, en passant par Madison et Montréal, pour se retrouver à la fin au bord du Mississippi. Je pense que je n'ai plus l'âge (à moins que je sois vieux-jeu) pour apprécier ce genre de film à l'humour qui me laisse de marbre (ce qui n'était pas le cas de d'une grande partie de la salle qui riait bien). Le public était jeune: 20 à 35 ans peut-être. Après Les noces rebelles qui fut une déception, Sam Mendes continue un parcours qui me laisse perplexe. J'avais tant aimé American Beauty et Jarhead... Que dire? Je ne sais pas.

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lundi 26 octobre 2009

Invitations à une avant-première du film Rapt - Lucas Belvaux

Bonjour à tous et toutes, j'ai le plaisir d'inviter quelques fidèles de mon blog à une avant-première de Rapt (cf. mon billet du 11/10/2009) de Lucas Belvaux (sortie le 18/11/09) en présence d'Yvan Attal, le vendredi 6 novembre 2009 à 20 heures, Club de l'Etoile, 14, rue Troyon, 75008.
Si cela vous intéresse, merci de me contacter par mail ou avec un commentaire et je vous communiquerai l'adresse où vous inscrire (il y a 10 invitations et c'est 1 ou 2 par personne).

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dimanche 25 octobre 2009

Katalin Varga - Peter Strickland

Katalin Varga de Peter Strickland est un film d'atmosphère, de sons, d'images de forêts profondes menaçantes ou de plaines accueillantes. C'est une histoire de vengeance (sur la fin) qui se dénoue abruptement de façon assez logique. Ce film, joué en langue hongroise, se passe en Roumanie, et plus précisément en Transylvanie, pays de Dracula où l'on trouve encore la charrette tirée par un cheval pour se déplacer. Suite à une indiscrétion sur son passé, Katalin Varga, très belle jeune femme, est contrainte de partir: son mari la chasse avec son fils, Orban. Ils s'en vont sur les routes car Katalin Varga cherche quelqu'un. Elle a été violée, il y a douze ans. De ce viol est né Orban. Sa vengeance va être terrible mais elle paiera le prix fort car elle retrouve ses deux violeurs et la femme de l'un deux qui ignorait tout. Mais au bout du compte, on ressent un certain apaisement. Quand on sort de la projection, on est sonné. La fin ne s'oublie pas, notamment une scène sur une barque pendant laquelle Katalin raconte tout sur son viol. Les comédiens sont tous remarquables, en particulier l'actrice principale dont c'est le premier film: Hilda Péter. Il serait dommage que ce film reste un succès confidentiel. S'il se donne par chez vous, allez le voir. Rob dit beaucoup de bien du film.

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mercredi 21 octobre 2009

Films vus et non commentés depuis le 03/10/09

Pour continuer ma série, voici 4 films qui n'ont aucun rapport entre eux mais qui sont à voir si les histoires vous inspirent.

Mères et filles de Julie Lopes-Curval. J'y suis allée pour les actrices (surtout Marina Hands et Marie-José Croze). Je trouve Catherine Deneuve assez antipathique (c'est son rôle qui le veut). Les scènes où le passé et le présent se mêlent sont bien faites. Louise, Martine et Audrey sont respectivement la grand-mère, la mère et la fille. Louise a disparu, il y a 50 ans. Les deux autres n'arrêtent pas de se chamailler pendant tout le film. Revenue du Canada pour passer des vacances auprès de ses parents, Audrey (jeune trentenaire) est enceinte (elle ne veut pas garder le bébé). Sa mère, Martine, médecin, vit pour son travail. Tout se passe du côté du bassin d'Arcachon. Il y a 50 ans, Louise était malheureuse. Elle faisait partie de ces femmes qui devaient demander la permission à leur mari pour travailler et/ou avoir un compte en banque. Audrey devine ce qui est arrivé à sa grand-mère après quelques retournements de situation. Le scénario n'est pas mal écrit mais cela manque de quelque chose. Et surtout, j'aurais aimé qu'il y ait plus de scènes avec Louise (LE personnage intéressant de l'histoire et puis Marie-José Croze est tellement jolie, les toilettes des années 50 lui vont bien).

Les joies de la famille d'Ella Lemhagen, ou comment un couple d'homosexuels suédois mariés, Goran et Sven, se retrouve après une demande d'adoption devant un garçon de 15 ans (pré-délinquant) et non de 1,5 ans (erreur de frappe malheureuse). L'histoire se passe dans une petite ville proprette en Suède où tous les voisins se connaissent et où l'hétérosexualité est de mise. L'arrivée de Patrick provoque une crise dans le couple. Goran veut garder Patrick, l'autre s'en va (temporairement?). C'est un film sans prétention plein de fraîcheur et les comédiens sont épatants.

La proposition d'Anne Fletcher, avec Sandra Bullock. Cette dernière est éditrice dans une grande maison d'édition à New-York. Etant Canadienne, elle doit être reconduite à la frontière car elle n'a pas régularisé son permis de travail. Qu'à cela ne tienne, elle propose le mariage à son assistant / souffre-douleur. L'employé de l'immigration n'est pas dupe. Pour apprendre à se connaître, nos deux tourtereaux, Margaret et Andrew, partent en Alaska chez les parents d'Andrew qu'ils doivent aussi convaincre de leur intimité. Il s'ensuit quelques situations parfois drôles mais j'ai trouvé cette comédie un peu molle et elle ne restera pas dans les annales. En revanche, j'aimerais bien passer quelques jours dans la maison des parents. Si vous allez voir le film, vous verrez.

Je garde pour la fin...
... District 9 de Neil Blomkamp: le film dont on parle, qui est un succès public et que je suis donc allée voir. Pour être honnête, je reconnais que c'est bien fait, on y croit: ce faux reportage avec interviews en direct d'humains et d'Aliens (appelés "crevettes") parqués comme des bêtes dans des bidonvilles de Johannesburg (Afrique du Sud) qui sont "rackettés" par des gangs qui leur fournissent de la pâté pour chats (un délice pour les extra-terrestres). Wikus, membre d'une multinationale en armement, est chargé par celle-ci de faire évacuer les Aliens pour les déporter dans un autre endroit. Wikus est l'incarnation de la condescendance envers ces êtres par ailleurs intelligents et qu'on humilie. Contaminé par inadvertance par un liquide extraterrestre, le cauchemar commence pour Wikus qui mute très vite. De chasseur, il devient chassé. On en veut à ses organes. La tension et le suspense sont tenus jusqu'au bout. En devenant Alien, Wikus s'humanise. C'est le genre de film où il ne faut pas rater le début. Cela va à tout allure. L'image n'est pas très belle. Et ce que l'on contemple à l'écran n'est pas toujours ragoûtant. Ceci mis à part, on peut le voir.

lundi 19 octobre 2009

Victime - Basil Dearden

Victime est un film rare, il n'a pas été beaucoup projeté depuis 1961, date de sa sortie. L'histoire, filmée dans un beau noir et blanc, se passe Angleterre (plus précisément à Londres) où l'homosexualité (considérée comme un crime) était punie de prison. Sa dépénalisation date de 1967 dans ce pays (en 1982 en France). Le film démarre sur les chapeaux de roue. On voit un jeune homme, Barrett, qui cherche à contacter un grand avocat, Melville Farr (Dirk Bogarde), qui fut son amant. Ce dernier croit que Barrett le harcèle pour une raison quelconque. En réalité, c'est Barrett lui-même qui est victime d'un chantage à cause d'une photo, et il veut prévenir Farr. Le jeune homme se suicide après avoir été arrêté (il avait volé son entreprise pour payer le maître-chanteur). Tout cela paraît compliqué (c’est le premier quart d’heure du film), mais l’histoire se met en place par la suite. Plusieurs hommes sont aux abois: homosexuels, ils ont reçu des lettres anonymes (les mêmes que celle de Barrett) leur demandant de payer de fortes sommes. Assez vite, on sait qui est l’un des «méchants», mais la personne responsable ne sera démasquée qu’à la toute fin (personnellement, je m’en doutais un peu). Entre-temps, il y aura eu une autre mort et une fausse piste. Dirk Bogarde joue donc le rôle de l'avocat qui s’implique dans l’enquête avec la police. Il met sa réputation et donc son avenir en jeu (risquant la radiation du barreau et la prison) puisque il n'avait pas révélé son homosexualité. Seule sa femme, Laura, avait accepté cette situation. Basil Dearden a réalisé un très bon film policier haletant avec en toile de fond un fait sociologique où des hommes étaient traités, il y a encore 40 ans, comme des criminels parce qu’ils préféraient les hommes aux femmes. Il paraît que ce film, à sa sortie, aurait fait bouger les choses et provoqué un débat. Victime n’est sorti (en octobre 2009) que dans une salle à Paris. Je ne sais pas ce qu’il en est des projections en province. Avec ce billet, je voudrais remercier les éditions de films Carlotta qui nous permettent de voir des films rares et de qualité (ce fut le cas cet été pour Signore et Signori et Divorce à l'Italienne de Pietro Germi). 

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mardi 13 octobre 2009

Mary et Max - Adam Elliot

Ce film d'animation australien en pâte à modeler, Mary et Max, est mon coup de coeur de ce quatrième trimestre 2009. Mary Daisy Dinkle, une brunette de 8 ans, portant des lunettes, pas jolie avec sa tache de vin sur le front mais intelligente, vit en Australie aux paysages marron. Mary vit entre une mère qui boit du sherry (beaucoup) et un père dont le passe-temps est d'empailler des animaux victimes d'accidents et dont le gagne-pain (depuis des années) est de relier la marque au sachet sur une chaîne de montage de fabrication de thé (Earl grey). Mary se sent seule. Sa vie change quand elle écrit à Max Jerry Horowitz dont elle a trouvé l'adresse par hasard sur un bottin. Max Jerry Horowitz, âgé de 44 ans, obèse et atteint du syndrome d'Asperger (un genre d'autisme), vit seul à New-York, dessinée comme une ville toute grise foncée tirant sur le noir, oppressante, où même la statue de la Liberté fait la tête. L'histoire se passe sur vingt ans pendant lesquelles la relation épistolaire de Mary Daisy (qui écrit un livre sur le syndrome de Max) et de Max Jerry (dont l'état mental s'aggrave) connaît des hauts et des bas et même une interruption. Le récit alterne entre l'Australie et New York dans un parfait équilibre pendant lequel un narrateur omniprésent donne de l'élan à l'ensemble. Il faut voir le film en VO avec les voix de Toni Colette (Daisy adulte), de Philip Seymour Hoffmann (Max Jerry) et du narrateur (Barry Humphries). Ce film dégage une grande tristesse (surtout la fin), de la déprime mais aussi de l'espoir, c'est la vie. L'humour n'est pas absent de cette histoire où les personnages sont tous laids physiquement (même un bébé) mais si attachants (ils ont tous des "tronches" improbables). Ils sont plus humains que nature. L'animation est une réussite (qui n'a rien à voir avec celle de Wallace et Gromit) renforcée par de beaux moments musicaux. Je conseille Mary et Max toutes affaires cessantes aux adultes qui liront ce billet (ce n'est pas du tout un film pour enfants). Vous n'oublierez pas de sitôt les personnages de Mary et Max et ceux qui les entourent. Beaucoup de blogueurs en parlent, notamment: Céline/Diane_Selwyn, Ffred, FredMJg, Rob, Tinalakiller, Alain, Leunamme et Rom_J.

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dimanche 11 octobre 2009

Rapt - Lucas Belvaux

Décidément, je n'arrête plus de voir des films en avant-première. Grâce à Jérôme de Cinefeed et Cinefriends (que je remercie), j'ai eu la chance de voir, le 30 septembre dernier, Rapt de Lucas Belvaux qui sort le 18 novembre prochain dans toutes les bonnes salles. Quand j'ai accepté, je ne savais pas quel était le sujet. Dès que j'ai su qu'il y avait une histoire de doigt coupé, je me suis dit que cela me rappelait quelque chose. En effet, Lucas Belvaux s'est librement inspiré de l'affaire du Baron Empain (qui s'est passée en 1978). Dans le film, le personnage s'appelle Stanislas (1) Graff. Il s'agit d'un homme d'affaires aisé (avec une grande fortune personnelle), dont on voit, pendant les premières minutes de Rapt, la vie quotidienne en accéléré. Marié, père de deux filles et patron d'un grand groupe industriel, passant d'un rendez-vous à l'autre, il mène en parallèle une existence où se mêlent le jeu (poker) et quelques maîtresses. Il joue gros et perd beaucoup. Un matin, Stanislas Graff est enlevé. Une rançon de 50 millions d'euros est demandée. Pour montrer qu'ils ne plaisantent pas, les ravisseurs lui coupent le majeur de la main gauche. Le film alterne les scènes de détention et l'"extérieur" où la famille de Sébastien (sa femme en particulier) ainsi que les collaborateurs du groupe essaient de trouver la rançon. Petit à petit, la situation évolue et pas forcément en faveur de l'otage humilié, enchaîné avec des ravisseurs encagoulés. Je ne raconterai pas la fin, assez proche de la réalité et qui est passionnante (on pourrait même en faire une suite). Les acteurs, Yvan Attal et Anne Consigny en tête, sont bien dans leur rôle. C'est un film qui m'a beaucoup plu grâce à un scénario très bien écrit, une réalisation nerveuse et sans temps mort. Les dialogues ont été considérés comme un peu littéraires au goût d'au moins un spectateur (qui a trouvé que cela faisait "théâtre" et que seul Yvan Attal semblait naturel; il a trouvé le jeu des autres acteurs un peu trop retenu). Quant à moi, j'ai apprécié d'entendre des dialogues intelligibles (même les ravisseurs parlent "bien"). Cette projection s'est déroulée dans une salle avec des fauteuils moelleux, nous étions une vingtaine de spectateurs, des blogueurs qu'avait invités Jérôme. A la fin de la projection, Lucas Belvaux en personne s'est prêté gentiment au jeu des questions/réponses. Je lui ai tout de suite demandé s'il s'était inspiré de l'affaire du Baron Empain, il m'a répondu oui. Je lui ai demandé après: pourquoi cette affaire? et pourquoi maintenant? Il a répondu que c'était une affaire qui l'intéressait depuis longtemps et qu'il avait lu le livre du baron Empain, dont il avait vu une interview à la télé il y a quelques années. L'histoire est transposée de nos jours. Parmi les autres réponses, Lucas Belvaux nous a expliqué qu'il avait rencontré des "vrais" inspecteurs de police qui travaillent en groupe de 6 ou 7 et dont la tâche principale est d'écrire. Il nous a exposé comment il avait choisi les acteurs, etc. A priori, le baron Empain avait vu le film le même jour (on ne sait pas ce qu'il en a pensé). Lucas Belvaux est un homme passionné qui reste simple. Je lui souhaite du succès pour son film qui le mérite. Merci encore à Jérôme (pour m'avoir invitée de nouveau après Looking for Eric) et à son assistant Florian.

(1) et non Sébastien comme je l'avais écrit. Merci à Rom_J qui m'a fait rectifier le 08/11/2009 cette erreur par son commentaire ci-dessous.

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vendredi 9 octobre 2009

Mademoiselle Chambon - Stéphane Brizé

J'ai été invitée le 6 octobre 2009, avec mon ami "ta d loi du cine", à une avant-première en petit comité pour voir ce film qui sort le mercredi 14 octobre 2009 (je remercie l'attachée de presse). Il y avait une vingtaine de femmes dans la salle, contre seulement 5 hommes (sans doute tous venus "pour accompagner"?). Pour résumer, j'ai aimé, mon ami moins. Il trouve que le film n'est pas nerveux du tout, que si le film avait été un court-métrage de 20 minutes, cela aurait été suffisant (il dure 1H40), que s'il revoyait le film, il le ferait en accéléré sur 10 minutes (avec une télécommande) en s'arrêtant sur quelques scènes. Il m'a redit que le cinéaste aurait pu tourner un film plus dense, moins intériorisé voire statique. En revanche, il admet que les acteurs sont très bien. La collègue de l'attachée de presse nous a souhaité une bonne projection. Elle a demandé à celles qui tenaient un blog (sic!) d'en parler si on avait apprécié le film ou de ne rien dire dans le cas contraire (ceci dit sur le ton de la plaisanterie). Avant le film proprement dit, on nous a projeté la bande annonce (avec une chanson de Barbara que je ne connaissais pas et qui est la chanson du générique de fin du film) qui reflète bien ce qu'est Mademoiselle Chambon, film peu bavard, presque contemplatif, qui donne la part belle aux acteurs. Jean (Vincent Lindon, une fois de plus très crédible) est maçon, il forme, avec Anne-Marie (Aure Atika) sa femme et Jérémy leur fils, une famille sans histoire. Jean s'occupe beaucoup de son père qui va fêter ses 80 ans. Il se trouve que Jean va rencontrer l'institutrice de Jérémy, Véronique Chambon (Sandrine Kiberlain). Quand il la voit pour la première fois, elle est appuyée sur un bureau d'élève de trois quart profil dans sa classe. Elle attend. Il la regarde et on comprend que sa vie et ses sentiments sont chamboulés. Pendant tout le film, ces deux êtres ne vont pas arrêter de se regarder sans rien dire (ou presque), d'ébaucher des gestes tendres, de se rencontrer pour des raisons plus ou moins futiles, de se séparer, de se revoir et de se quitter à nouveau. Mlle Chambon joue du violon, on entend en particulier une belle mélodie d'Elgar. L'histoire prend son temps avec des petits riens et c'est ce qui m'a plu (le couple Lindon/Kiberlain fonctionne bien), mais il faut adhérer au parti pris du réalisateur qui semble ne pas avoir fait l'unanimité parmi les spectateurs (mâles). Dans le press book, Stéphane Brizé parle de la relation qu'il a construite depuis 12 ans avec ses producteurs, TS Production. J'ai vu que ceux-ci ont aussi entre autre produit deux films récents que j'ai bien aimés et chroniqués (Séraphine et Le fils de l'épicier) ainsi que Violence des échanges en milieu tempéré (2003) qu'avait aussi apprécié ta d loi du cine.

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