samedi 8 juillet 2017

Sans pitié - Sung-hyun Byun / Le jour d'après - Hang Sang-Soo

Voici deux films coréen, le premier que j'ai beaucoup aimé (j'ai suivi le conseil de Pascale) et le deuxième qui m'a un peu ennuyée.

Sans pitié de Sun-hyun Byun fait penser au film de Martin Scorcese Les Infiltrés (2006), qui était lui-même un remake du film hong-kongais The Internal affairs (2002). Dans Sans Pitié, un jeune flic, Hyun-soo (j'ai cru à un adolescent) accepte une mission d'infiltration, qui consiste à passer trois ans en prison et à se rapprocher du "caïd" Jae-ho qui fait la loi dans la prison. On apprend que Hyun-soo est flic bien après le début du film, quand il l'avoue à Jae-ho. Sans pitié joue avec la chronologie: 2 ans avant, 3 mois après, etc. Cela permet aux spectateurs de se repérer dans les méandres de l'intrigue. J'ai été intéressée par les relations entre le jeune n'ayant peur de rien, se battant avec plus fort que lui, et l'ainé. C'est une relation père-fils voire plus si affinités. Je me suis posé la question. Il y a un doute qui plane jusqu'au bout. Quand les deux sortent de prison, ils s'associent. Ils court-circuitent un autre Coréen, ce qui leur permet de faire affaire avec un gang de Russes lors d'un achat de cachets de méthamphétamine. Par ailleurs, une femme-flic pas sympathique (la chef de Huyn-soo) s'en mêle. Elle n'a aucun état d'âme et compte bien "coincer" tout le monde. Je le répète, le rythme du film est haletant grâce à sa rupture dans la chronologie de l'histoire. Pour un presque premier film, le réalisateur a fait du bon travail. Lire le billet enthousiaste de Pascale.

Je n'en dirais pas autant pour Le jour d'après réalisé par Hang Sang-Soo. Ce film en noir et blanc m'a paru statique bien qu'il y ait aussi des flash-back: quatre personnages sont à l'écran (pas forcément en même temps). Le décor se résume pratiquement à l'intérieur d'une maison d'édition. Bongwan, éditeur et écrivain primé, est marié. Il a une maîtresse qui vient de le quitter. Elle était son employée dans la maison d'édition. Areum, une jolie jeune femme prend sa place, et c'est elle qui est giflée par la femme de Bongwan qui croit qu'il s'agit de l'amante de Bongwan. Cette gifle arrive largement au tiers du film. Avant, il ne se passe pas grand-chose, ça parle, ça crie, ça pleure. Et Bongwan ne réagit pas beaucoup. Il m'a paru sans épaisseur. On se demande comment deux femmes ont pu lui tomber dans les bras, sans compter que la nouvelle ne semble pas non plus le laisser indifférent. Le noir et blanc est certes beau, mais c'est un peu long, et j'ai trouvé la fin (où Bongwan ne se rappelle plus d'un visage) assez étrange. Lire le billet de Strum.

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dimanche 2 juillet 2017

Visages, villages - Agnès Varda et JR

Courez voir Visages, villages d'Agnès Varda (89 ans cette année) et JR (34 ans). Sorti cette semaine, ce film se place entre la fiction et le documentaire. La cinéaste et le plasticien, réalisateurs et acteurs du film sont partis sur quelques routes de France du nord au sud en passant par la Normandie. Ils ont décidé d'aller à la rencontre des gens, comme des anciens mineurs, des dockers et leurs épouses, des éleveurs de chèvres, des ouvriers d'une usine chimique, ainsi qu'un cultivateur ou tout un village. A partir de la rue Daguerre dans le XIVème où vivent Agnès Varda et son chat, JR et Agnès roulent en "camion photo". En effet, ce camion fait du tirage de photos très très grand format que JR colle sur des murs de maisons, de grange, d'usine, sur des entrepôts, des conteneurs, ou même des wagons de marchandises. Les photos représentent les gens qu'ils croisent et à qui ils parlent. C'est le sujet principal du film, et ces rencontres sont magnifiques et touchantes. Pendant leur périple, Agnès et JR n'arrêtent pas de se taquiner sur la finalité de leur projet. Agnès a des problèmes de vue, elle voit flou. Mais elle prend des photos avec son petit appareil numérique. Elle demande souvent à JR d'enlever les lunettes noires qu'il porte en permanence. J'ai du mal à parler de ce film qui m'a tellement plu et m'a tant émue. Quand JR tient la main tremblante de sa grand-mère centenaire, j'ai eu la larme à l'oeil. Autant qu'à la fin du film, quand Agnès Varda et JR prennent le train pour aller en Suisse afin de rencontrer Jean-Luc Godard. Agnès Varda est fébrile. Elle n'a pas vu Godard depuis 5 ans. Ils resteront devant une porte close et un message sybillin sur une vitre de la maison fait fondre en larmes Agnès Varda. M. (Mathieu Chedid) a composé une très belle musique. Ce film est un pur bonheur à ne pas rater. Les spectateurs dans la salle (plutôt plus jeunes que moi) avaient l'air de cet avis.

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lundi 26 juin 2017

Grand Froid - Gérard Pautonnier / Edmond Ganglion & Fils - Joël Egloff

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Le mercredi 28 juin prochain sort le premier long-métrage de Gérard Pautonnier (qui est aussi le co-scénariste du film avec Joël Egloff), Grand Froid, avec Jean-Pierre Bacri (épatant), Olivier Gourmet et Arthur Dupont. J'ai trouvé ce film très amusant et distrayant avec un côté absurde. Une entreprise de pompes funèbres située dans une petite ville neigeuse peine à trouver de la clientèle. L'entreprise Zwek est au bord de la faillite. Zwek (Olivier Gourmet) ne pourra pas payer les salaires du mois en cours à ses deux employés, Georges Bron (Jean-Pierre Bacri), à quelques mois de sa retraite, et Eddy (Arthur Dupont), un jeune homme plein de bonne volonté. De temps en temps, Georges va chez le docteur de la ville. Il s'installe dans la salle d'attente pour constater que les futurs clients ne sont pas pour tout de suite. Car comme il le dit à Mme Cisca qui n'arrête pas de demander conseil sur ses malaises et vertiges, "la mort, ce n'est pas contagieux, c'est héréditaire". Enfin un jour, l'espoir renaît pour Zwek, un couple passe la porte de la boutique. Une femme et son beau-frère veulent que l'entreprise Zwek organise les obsèques du mari de la première et frère du second. Le décédé doit être inhumé dans un cimetière loin de tout. Georges et Eddy mènent le corbillard. Derrière eux dans une deuxième voiture, sont entassés  la veuve, le beau-frère, le curé et deux enfants de choeur. Après quelques kilomètres, tout va de travers et je vous laisse découvir les divers incidents qui aboutit à un coup de théâtre inattendu. Le film que j'ai vu en avant-première dure 1h26. Un film sympa et bien interprété. Allez le voir quand il sortira.

J'en ai profité pour lire le roman Edmond Ganglion & Fils de Joël Egloff paru en 1999 et qui vient d'être réédité (Collection Folio/Gallimard, 162 pages). Il a servi de base au film. Les scénaristes ont gardé la trame narrative. En revanche, je n'ai pas ri car j'ai trouvé l'histoire plus tragique. Il manque la manière de dire le texte (comme le fait Bacri par exemple, il est irrésistible).

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mardi 20 juin 2017

Creepy - Kiyoshi Kurosawa / La momie - Alex Kurtzman

Samedi soir le 17 juin, dans ma province limogeaude, je suis allée voir Creepy du réalisateur japonais Kiyoshi Kurosawa dans l'une des trois salles "art et essais" de la ville. C'était à la séance de 22H15 et nous étions 3 (trois) spectatrices, moi comprise. J'avoue que c'est dommage qu'il n'y ait pas eu plus de monde car ce film très réussi est "creepy" (qui fait frissonner) à souhait. Takakura, la trentaine, un ancien policier devenu professeur en criminologie, s'installe avec sa femme Yasuko et leur chien Max (une grosse bête poilue) dans un petit pavillon dans la banlieue de Tokyo. Yasuko, très bonne cuisinière, fait la connaissance de ses voisins et en particulier de Nishino et sa fille Mio. Nishino avec son visage de clown grimaçant ou souriant, c'est selon, paraît assez vite étrange et inquiétant tant par ses remarques que par son comportement. Les jours passent, Nishino apprivoise Max, pendant que Yasuko, souvent seule semble perturbée par des coups de fil mystérieux. Elle devient apathique. Pendant ce temps, Takakura, consulté par d'anciens collègues, enquête sur la disparition survenue six ans auparavant d'un couple et d'une famille de trois personnes (un père, une mère et leur fils). Takakura interroge la fille de cette famille. Elle est encore traumatisée si longtemps après. Les choses s'accélèrent, et on découvre un psychopathe sans pitié qui sort de l'ombre, une incarnation du mal qui manipule ses victimes (et les autres) par la pensée et en fait des tueurs. Je ne peux rien révéler de plus. On a de plus en plus peur. Le film dure 1H51. J'ai été captivée de bout en bout. J'espère que les deux autres spectatrices ont autant que moi apprécié le film. Lire le billet de l'Arroseurarrose.

Je passe maintenant à un film qui m'a déçue: le nouveau Tom Cruise, qui doit affronter la Momie: une jeune princesse, Ahmaneth, qui, il y a plus de 2000 ans, apprenant qu'elle ne pourra pas régner sur l'Egypte, s'est s'adonnée au culte de Seth, incarnation du mal. Momifiée vivante, Amaneth fut mise dans un sarcophage enterré en Mésopotamie (Irak) à plus de 2000 km des terres égyptiennes. De nos jours, Tom Cruise et un acolyte sont des pilleurs de tombes. Ils dérobent des reliques et les revendent. Bien entendu, Amaneth va renaître par-delà le temps, et jeter son dévolu sur Tom pour en faire son alter ego et lui donner la vie éternelle. C'est compter sans Dr Jekill (Russell Crowe, impayable), qui fait la chasse aux forces du mal. Ce film est bourré d'effets spéciaux (certains spectaculaires), mais j'ai trouvé que l'histoire était "du grand n'importe quoi" avec des zombies et quelques templiers plus très frais. Vraiment pas terrible. Lire le billet de Pascale.

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samedi 17 juin 2017

Marie-Francine - Valérie Lemercier / The Jane Doe Identity - André Øvredal

La bande-annonce de Marie-Francine m'a donné envie de voir le nouveau film de Valérie Lemercier qui est aussi la co-scénariste avec Sabine Haudepin et l'actrice principale. Elle joue même un double rôle car Marie-Francine a une soeur jumelle Marie-Noëlle. Quand l'histoire commence, Marie-Francine, 50 ans, apprend que son mari la quitte pour une plus jeune qu'elle. En même temps, elle est licenciée économique du laboratoire de recherche où elle travaille. Marie-Francine repart vivre chez ses parents. C'est eux qui ont l'idée de lui donner la gestion d'une petite boutique de cigarettes électroniques dans un quartier huppé de Paris où se trouve l'appartement familial. Il faut dire que les parents sont bourgeois catholiques et golfeurs. Philippe Laudenbach et Hélène Vincent sont assez irrésistibles dans les rôles des parents de Marie-Francine, tout comme Danièle Lebrun, Patrick Préjean et Pierre Vernier qui font une courte apparition. Merci à Valérie Lermercier d'avoir pensé à eux. Sans oublier Patrick Timsit dans le rôle d'un cuisinier portugais qui tombe amoureux de Marie-Francine. Lui, c'est sa femme qui l'a quitté pour une autre femme! C'est un film sympa même si je n'ai pas eu le coup de foudre (quelques passages scatologiques pas nécessaires à mon goût) qui permet d'entendre de la musique de Moustaki et "Quand on s'aime" par Michel Legrand et Nana Mouskouri ainsi que "L'amour, c'est comme une cigarette" de Sylvie Vartan et même du Fado par Amalia Rodriguez. Lire les billets de ffred, géraldine, tinalakiller.

Je passe maintenant à un "petit" film de série B, The Jane Doe Identity d'André Øvredal, un réalisateur norvégien dont c'est le premier film américain. Ce film d'horreur se passe dans un petit institut médico-légal quelque part aux Etats-Unis, où exercent Tommy, un médecin légiste, et Austin, son fils qui lui sert d'apprenti. C'est d'ailleurs là qu'ils vivent. On leur apporte le corps d'une jeune femme trouvé à demi-enterré dans une maison où plusieurs crimes sanglants viennent d'être commis. "Jane Doe", nom que l'on donne lorsque l'on ne connait pas le nom de la personne, semble n'avoir aucune blessure apparente, ses yeux sont moins vitreux qu'ils devraient être, le corps n'est pas rigide. Au fur et à mesure que les deux hommes avancent dans l'autopsie, des phénomènes étranges inquiétants surviennent autour d'eux. Je m'arrête là. Moi qui ne vais jamais voir ce genre de film, j'y suis allée car ffred en a dit du bien. Et puis Brian Cox et Emile Hirsch (Into the Wild) jouent les deux rôles principaux. Ce huis-clos horrifique à la réalisation très serrée et sans effet grandiloquent est très réussi. J'ai en particulier aimé la fin.

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jeudi 8 juin 2017

Le vénérable W. - Barbet Schroeder

L'initiale W du titre correspond à Ashin Wirathu, un moine bouddhiste briman qui prône la haine envers les Musulmans, lesquels représentent 4% de la population en Birmanie. Le vénérable W. de Barbet Schroeder, a été projeté en séance spéciale lors du dernier festival de Cannes en mai dernier. Ce documentaire est remarquable à plus d'un titre. D'abord, il apprend quelque chose aux spectateurs français que nous sommes. J'avoue que j'ignorais l'existence de ce Wirathu, une sorte d'Hitler birman qui ne suit pas précisément les préceptes bouddhistes de s'aimer et d'être tolérant envers les autres. Wirathu dans sa tenue de bonze paraît banal, sauf quand il ouvre la bouche pour énoncer des phrases terribles contre la communauté musulmane en général et la minorité Rohingyas en particulier. Schroeder mêle les documents d'actualités avec d'autres images où l'on voit et entend Wirathu devant la caméra du cinéaste ainsi que des témoignages ou avis de deux journalistes et de moines bouddhiques réfractaires aux idées de W. Dans les documents d'actualités qui alternent avec des films d'amateurs, on découvre avec horreur ce que les Birmans sont capables de faire suite aux messages haineux sur internet et aux discours de W devant un public nombreux: de nombreuses villes sont brûlées et une frange de la population musulmane massacrée, la haine attire la haine. Des lois récentes sur la race et la nationalité ont été votées en Birmanie. Même la Prix Nobel de la paix, Aung San Suu Kyi, ne réussit pas à contrer cet apôtre de la haine raciale. Les militaires qui sont toujours présents restent atones. Quand le film se termine, on n'en sait pas plus sur le sentiment de haine de W envers les Musulmans. Il ne donne aucune vraie justification devant la caméra. Après ses deux remarquables documentaires sur Idi Amin Dada et Jacques Vergès, Barbet Schroeder clôt, avec Le vénérable W, une trilogie sur le mal. Si ce film passe par chez vous, allez le voir.

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vendredi 2 juin 2017

L'amant double - François Ozon / Conspiracy - Michael Apted

Pendant cette quinzaine du Festival de Cannes, je n'ai pa eu grand-chose à me mettre sous les yeux.

Et on ne peut pas dire que les sorties depuis la semaine dernière soient exaltantes. Preuve en est avec L'amant double, le nouveau film de François Ozon  (que Pascale a moyennement aimé). Un film étrange et où il ne se passe pas grand-chose. C'est beau à regarder même si les décors sont froids. Il y un côté très clinique comme le speculum de la gynéco (la première scène du film est très marquante). Les scènes érotiques n'ont rien de notables. En revanche, j'ai trouvé les deux chats magnifiques. Le scénario écrit par François Ozon est adapté d'un roman de Joyce Carol Oates qui, sous le pseudonyme de Rosemond Smith, a écrit des romans policiers. Certaines séquences m'ont paru éprouvantes et j'ai trouvé l'ensemble répétitif. De nos jours à Paris, Chloé, jeune femme perturbée et qui a des maux de ventre, va consulter Paul Meyer, un psychiatre qui tombe amoureux d'elle. Ils décident de vivre ensemble. Plus tard, par hasard, Chloé voit dans la rue un homme qui ressemble comme deux gouttes d'eau à Paul. Elle apprendra vite qu'il s'agit de Louis Delord, le frère jumeau de Paul. L'un est attentionné, l'autre plus brutal. Elle entame une liaison avec Louis sans laisser tomber Paul. Je ne vous dirai rien de plus si ce n'est que la fin m'a paru tomber comme un cheveu sur la soupe et n'a pas grand-chose à voir avec ce qui a précédé pendant presque 2H (le film est long par rapport à ce que l'on nous raconte). Lire aussi le billet de ffred. A vous de voir.

Maintenant, je veux vous éviter d'aller Conspiracy de Michael Apted, sorti cette semaine. Je l'ai vu en avant-première et j'ai trouvé le scénario sans queue ni tête. C'est nullissime. Il est rare que j'emploie ce qualificatif. Je me réjouissais de voir Noomi Rapace, Orlando Bloom, John Malkovich, Michael Douglas et Toni Collette réunis dans un bon thriller (comparé à Jason Bourne sur l'affiche!!!!). Ne me demandez pas de raconter l'histoire, je n'ai rien compris. Le pauvre Michael Douglas meurt et ressuscite (si, si!). Orlando Bloom, un gentil méchant ou un méchant gentil, va terminer sa vie entre les crocs d'un Rotweiler. Toni Colette n'est pas crédible en "flingueuse": la scène est ridicule. Cela se passe à Londres ou à New-York, je ne sais pas. La CIA et le MI6 se marchent sur les pieds, ils se font la guerre. Et la pauvre Noomi Rapace fait ce qu'elle peut. A fuir de toute urgence.

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lundi 22 mai 2017

La colère d'un homme patient - Raúl Arévalo / Tunnel - Seong-hun Kim / I am Not Your Negro - Raoul Peck

Voici trois films sortis à une semaine d'intervalle entre le 26 avril et le 10 mai 2017. Je me rends compte que j'ai vu pas mal de films intéressants après une période de disette cinématographique.

La colère d'un homme patient de l'Espagnol Raúl Arévalo (sorti le 26 avril) raconte d'une vengeance. José, un homme plutôt banal, va attendre huit ans pour se venger de quelques hommes responsables de la mort de sa fiancée lors d'une attaque de bijouterie. Pourquoi huit ans? Il aura attendu patiemment qu'un homme sorte de prison. C'est le seul des voleurs dont il connait l'identité. Le film n'a rien de spectaculaire sauf la scène d'ouverture. Le film n'est pas mal fait, car on met un moment avant de comprendre le but de José. En revanche, j'ai des réserves sur le fait de se venger en commettant des meurtres gratuits. Certes, José ne s'est pas remis du meurtre de sa petite amie, mais de là à se comporter comme il le fait... Il ne fait pas confiance à la justice des hommes en se faisant justice lui-même. C'est dommage. Pascale a mieux aimé que moi.

Je passe à Tunnel du Coréen Seong-hun Kim (sorti le 3 mai). Le film est un peu long mais cela ne m'a pas gênée. Moi qui suis claustrophobe, j'ai compati au sort de Jung-soo qui a eu le malheur d'emprunter un tunnel long de 1,9 km percé à flanc de montagne. Ce tunnel s'écroule sous nos yeux et Jung-Soo se trouve prisonnier dans sa voiture, pas totalement réduite à l'état de crêpe. Comme boisson et nourriture, Jung-Soo n'a qu'un litre d'eau et le gâteau d'anniversaire qu'il devait donner à sa fille. Il a aussi un portable chargé à plus de 85% qui lui permet d'appeler les secours. De nombreuses péripéties émaillent le récit mais on peut noter que la vie d'un homme vaut moins que la construction d'un autre tunnel. Mais Jung-soo a la chance d'être soutenu et aidé par un sauveteur obstiné, Dae-kyoung. Un film qui vaut la peine d'être vu. J'ai aimé le chien qui tient compagnie à Jung-soo. Lire les billets de Pascale, Alex-6 et Princécranoir.

Je termine par I am Not Your Negro du cinéaste haïtien Raoul Peck (sorti le 10 mai). Raoul Peck a plus ou moins mis en image le dernier manuscrit inachevé de James Baldwin (1924-1987), qui voulait rendre compte de la vie de trois personnalités marquantes des années 60 en interviewant Medgar Evers, Malcolm X et Martin Luther King. Malheureusement, il n'a pas pu le faire car ces trois hommes ont été assassinés. Ces voix noires dérangeaient. Ils luttaient contre la ségrégation très présente dans beaucoup d'états des Etats-Unis. Depuis 40 ans, rien n'a vraiment changé. Dans certains états, il vaut toujours mieux être blanc que noir. En plus de la voix du narrateur (Samuel L Jackson en VO), j'ai été sensible à la voix de James Baldwin. Son visage expressif et ses yeux sont inoubliables. Le film alterne documents d'époque et texte. L'ensemble est parfois brouillon mais je vous le conseille. Tout comme Pascale et Yuko.

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vendredi 19 mai 2017

A mon âge, je me cache encore pour fumer - Rayhana

Avant qu'il ne soit trop tard, je veux vous conseiller de voir A mon âge, je me cache encore pour fumer de Rayhana. A l'origine, il s'agit d'une pièce de théâtre écrite par la réalisatrice (dont c'est le premier film) qui a été jouée en France (lire le billet d'Hélène). A part l'introduction et la conclusion qui se passent en extérieur, l'action se déroule dans un hammam d'Alger en 1995, au moment où les attentats du GIA font rage. Au générique de fin, on apprend que les séquences en intérieur ont été tournées dans un hamman de Thessalonique construit en 1444 (lire https://fr.wikipedia.org/wiki/Bey_Hamam). Fatima (Hiam Abbass) est responsable d'un hammam avec Samia, sa jeune collègue dévouée qui, à 29 ans, n'est toujours pas mariée. Ce hamman est fréquenté par différentes femmes de tous âges et de toutes conditions. On s'attache rapidement à plusieurs d'entre elles, dont une vieille femme qui explique comment elle a été mariée dès l'âge de 11 à un de ses oncles. Une femme qui vient de divorcer est contente de l'avoir fait, même si elle été physiquement blessée. Une jeune veuve est regardée avec suspicion car son mari faisait partie du GIA. Ce hamman sert aussi de refuge à Miriem, enceinte sans être mariée, qui est menacée de mort par son frère qui la poursuit. Le lieu est sombre, les coupures d'électricité fréquentes, mais on sent une énergie  dégagée par toutes ces femmes très solidaires entre elles. J'ai beaucoup aimé ce film. Les actrices y sont pour beaucoup.

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mardi 16 mai 2017

Alien Covenant - Ridley Scott / Life - Origine inconnue - Daniel Espinosa / Braquage à l'ancienne - Zach Braff

Comme j'ai à chroniquer des films qui m'ont davantage intéressée, je commence par le tout-venant.

Au début d'Alien Covenant, le énième film avec la celèbre bête dentue bavant de l'acide et pas sympa avec les humains, j'ai eu un peu peur que cela ressemble à Prométheus qui m'avait paru fumeux. Dans une immense pièce de forme ovoïde, très "high-tech", David (l'un des personnages principaux de Prometheus), un androïde, dialogue avec Peter Weyland, son géniteur. Et puis, heureusement que l'on se retrouve très vite en 2124 dans un vaisseau spatial, le Covenant, contenant des embryons, des colons et 15 membres d'équipage, tous en état d'hibernation. Seul Walter, un androïde (copie conforme de David) est "éveillé" et dirige le vaisseau vers une planète accueillante qu'il doit atteindre dans sept ans. Malheureusement, un vent solaire provoque le réveil catastrophique de l'équipage, et des pertubations radios (on entend une chanson) amènent le nouveau commandant à changer de trajectoire. La planète visée ne se trouve qu'à deux ou trois semaines de là. Qu'est-ce qu'ils n'ont pas fait? La planète où le soleil est absent est pleine d'arbres immenses, de rivières et de montagnes. On n'entend aucun bruit d'animaux mais en revanche le blé est mûr. C'est là que l'on fait connaissance des "aliens", des anamorphes ou xenomorphes, des spores à l'origine, qui en s'introduisant par le nez ou par les oreilles des membres de l'équipage se développent très vite et tuent leur hôte. Ils sont indestructibles ou presque. Je ne vous dévoilerai pas plus l'histoire, sauf que l'on retrouve sur cette planète le vaisseau Prometheus, et David qui va affronter Walter. J'avoue avoir eu peur. L'ambiance est angoissante à cause du manque de lumière. Tout le film baigne dans le gris foncé. La fin du film laisse présager une suite. J'ai trouvé que Katherine Waterston s'en tire bien, et Michael Fassbender qui interprète David et Walter vaut le détour avec son comportement glaçant. Mon ami ta d loi du cine a trouvé intéressant qu'il y ait deux androïdes. Pour ma part, j'ai aimé le film avec ses qualités et ses défauts.

Lire les billets de Pascale, ffred, Vladdy pas convaincus du tout. Alex-6 un peu plus?

Je passe à Life-Origine inconnue de Daniel Espinosa, un huis-clos qui se passe dans et autour de la Station Spatiale Internationale. Six astronautes de plusieurs nationalités récupèrent des échantillons de cellules venus de la planète Mars. Ils raniment un de ces échantillons qui est baptisé "Calvin". C'est un organisme unicellulaire qui grossit de plus en plus. Cela ressemble à un poulpe. Il est doté d'une très grande force et de beaucoup d'intelligence. Je ne vous fais pas un dessin: une lutte s'engage entre Calvin et les humains. Calvin pour survivre a besoin de se nourrir (d'humains) et d'oxygène. Le suspense est haletant et la fin fait penser que les ennuis commencent pour l'humanité. Un film pas désagréable à voir bien que Pascale  (encore elle ) n'ait pas trop aimé.

Pour se détendre, mon ami et moi, on a vu Braquage à l'ancienne de Zach Braff. Ce n'est pas le film du siècle mais l'histoire est sympathique et plein de bons sentiments. Trois papys, Joe (Michael Caine), Willie (Morgan Freeman) et Albert (Alan Arkin), apprennent que le fonds de pension qui payait leurs  retraites n'existe plus. Ils vont s'en prendre à la banque qui a récupéré l'argent. Le film est émaillé de quelques gags amusants. Il faut prendre le film pour ce qu'il est, une comédie bon enfant qui se termine bien grâce à une petite fille et sa poupée (pour ceux qui ont vu le film). L'avis de Pascale (toujours elle ).

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