vendredi 13 juillet 2007

The Bubble - Eytan Fox

A ne pas confondre avec Bubble de Steven Soderbergh (cf. billet du 22/06/2007), The Bubble (surnom donné à la ville de Tel Aviv), le nouveau film du réalisateur du très remarqué Tu marcheras sur l'eau, est une oeuvre très recommandable. Pour ceux qui se diraient que c'est encore une histoire d'amour homosexuelle, ils auraient raison, mais on peut élargir le propos en disant qu'un jeune et beau Palestinien tombe amoureux d'un jeune et bel Israélien, et malheureusement cela va mal finir. Ils s'éclateront au sens propre et figuré. L'histoire se passe à Tel Aviv où les habitants vivent repliés sur eux-mêmes avec leurs problèmes de coeur ou peut-être d'argent. Le conflit israélo-palestinien n'est pas leur préoccupation première. Et pourtant, la scène d'ouverture est très symbolique. A la frontière israélo-palestinienne, lors d'un des nombreux contrôles d'identité, une femme très enceinte perd les eaux et malheureusement le bébé par la même occasion car elle n'a pas pu arriver à temps à l'hôpital. C'est là que Noam l'Israélien et Ashraf le Palestinien se rencontreront pour la première fois. Le film est gai et triste à la fois et quand il se termine, il laisse un goût amer car le conflit n'est pas près d'être terminé.

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mercredi 11 juillet 2007

Le Christ s'est arrêté à Eboli - Francesco Rosi

Suite à mon billet d'hier (mardi 10 juillet 2007), Le Christ s'est arrêté à Eboli de Francesco Rosi (1979), projeté pendant le Festival Paris Cinéma, est l'un des films les plus connus de son réalisateur, et c'est justifié. Adapté d'un récit autobiographique de Carlo Levi, l'histoire se passe en 1935. Mussolini est au pouvoir depuis 13 ans. Le Duce s'apprête à faire la guerre pour conquérir l'Ethiopie. Tous les opposants politiques ou considérés comme tels, comme les militants communistes, les peintres, les écrivains "subversifs", ne sont pas emprisonnés mais déplacés dans des villages comme Eboli dans le Sud de l'Italie. Même les Essais de Montaigne sont interdits. La signification du titre du film nous est rapidement donnée. Eboli est un endroit au bout du bout du monde, dans un paysage quasi désertique. Le modernisme n'est pas arrivé jusque là. Mais que l'endroit est beau. Carlo Levi, peintre avec des notions de médecine, arrive en train puis en voiture. Un chien dénommé "Baron" devient son compagnon. Logé pendant tout le début du film chez une veuve, sa grande chambre aux murs de pierre comprend une  fenêtre. Il dort dans un des lits au matelas fait de paille. Assigné à résidence et obligé de signer un registre tous les jours, il rencontre le podestat du village très imbu de sa personne. Sinon pendant la première heure du film, Carlo Levi observe les femmes et les hommes, la plupart vêtus de noir. Ils vivent de l'élevage des chèvres, des poules et des cochons. L'oeuvre quasi documentaire est illustrée d'une très belle musique. On entend les discours de Mussolini en arrière-plan. Carlo Levi n'est pas le seul assigné dans le village mais il est tenu de ne pas rencontrer les autres. Il croise seulement deux communistes qui ne disent pas un mot. Après la visite de sa soeur, il acquiert une très belle demeure avec une terrasse d'où la vue magnifique laisse sans voix. Il engage une femme qui lui fait le ménage. Le marmot qui l'accompagne ressemble à un angelot. On sent une immense tendresse de la part de Rosi. Gràce à ses connaissances médicales, Carlo arrivera à se faire accepter par toute la population. Son assignation sera levée après la victoire laborieuse de Mussolini en Ethiopie en mai 1936. Le Christ s'est arrêté à Eboli, coproduction franco-italienne, a bénéficié de techniciens de grands talents : Tonino Guerra (scénariste avec Rosi), Pasqualino de Santis (photo admirable) et Ruggero Mastroianni (montage). J'émetttrai un petit bémol en ayant constaté quelques ellipses ou raccourcis dans le récit. On sent qu'il y a des manques. Francesco Rosi a monté une version télévisée de 3 heures et demie. Cela vaudrait la peine qu'elle soit rediffusée un jour.

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lundi 9 juillet 2007

Mickey et Nicky - Elaine May

J'avais appris une très bonne nouvelle, Mickey et Nicky, ce bijou du cinéma indépendant, ressort sur les écrans parisiens. A voir pour le duo John Cassavetes (Nicky) et Peter Falk (Mickey), amis dans la vraie vie depuis plus de 10 ans. Le film, tourné en 1976, est sorti en dans une version tronquée à l'époque. En 1987, il est projeté dans la version voulue par la réalisatrice et celle que j'avais vue (20 ans déjà!). J'en étais ressortie enthousiaste. Je dois dire que 20 ans après, j'ai été un peu déçue. Le film est toujours le même mais c'est moi qui ai changé. Ce n'est pas grave car quel bonheur de revoir John Cassavetes, disparu en 1989. Mickey et Nicky fait très "cassavetien", le son direct pas toujours audible, des plans sous-exposés, tout est fiévreux parfois hystérique. Quand le film commence, Nicky est dans une chambre d'hôtel et il appelle à l'aide son copain Mickey car il a un "contrat" contre lui. Cela se passe à Philadelphie, la nuit est bien commencée. Le film se terminera à l'aube avec la mort de l'un trahi par l'autre. Entre-temps, ils auront rencontré quelques personnages dont une femme plus ou moins prostituée et un tueur qui remplira avec difficulté son contrat. Cette histoire d'amitié et de trahison est très bien menée. On voit l'unité de temps (une nuit), de lieu (Philadelphie) et d'action (la fuite de l'un des deux).

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dimanche 8 juillet 2007

Raisons d'Etat (The Good Shepherd) - Robert de Niro

Raisons d'Etat de Robert de Niro dure 2H43. Et bien allez-y car vous passerez un très bon moment. Grand film classique et sobre (peut-être trop?), il n'y a pas d'effets spéciaux, pas de ralentis intempestifs, les acteurs sont tous bien choisis, Matt Damon en tête. L'histoire commence en avril 1961 au moment de l'échec américain à la "Baie des Cochons" suite à la tentative ratée de renversement de Fidel Castro. Edward Wilson (joué par Matt Damon), travaillant à la CIA, est chargé de savoir qui est la "taupe" qui a fait capoter l'affaire. Lui-même se remémore tout son passé et sa vie en général. Il fera toujours passer la raison d'Etat avant sa famille, il en sacrifiera même certains membres. Il est le bon berger (the Good Shepherd, du titre original) de la CIA. Après le suicide de son père, membre de la Navy, il étudie à Yale et fait partie d'une confrérie sorte de franc-maçonnerie américaine (Skull and Bones [Crâne et Os]). Sa première mission consistera à espionner son prof de thèse en littérature anglaise soupçonné de sympathie nazie, nous sommes à la fin des années 30. Marié à une femme qu'il a mise enceinte (Angelina Jolie), Edward est envoyé à Londres au moment du Blitz. Il ne fera connaissance de son fils qu'en 1945, ce dernier âgé de 5 ans. Puis, il devient membre de la CIA qui a succédé à l'OSS. C'est le début de la période de la Guerre Froide. Des scènes permettent de revenir au temps présent, en 1961. Edward continue son investigation sur l'échec de Cuba. Il est désormais séparé de sa femme. Les relations tendues avec son fils joueront un rôle important dans l'histoire. Je ne raconte pas toute l'histoire. Des personnages secondaires mais essentiels traverseront la vie professionnelle et personnelle d'Edward. Je le redis: Raisons d'Etat se laisse voir avec plaisir. Merci à Robert de Niro qui joue un petit rôle, pour cette oeuvre de grande qualité.

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samedi 7 juillet 2007

Main basse sur la ville - Francesco Rosi

Créé il y a 5 ans, le Festival Paris-Cinéma a débuté le 3 juillet pour se terminer le 14 juillet. La séance est à 4 euros. Des films sont en compétition et des hommages sont rendus. Cette manifestation permet entre autres de revoir l'intégralité ou presque de l'oeuvre de Francesco Rosi, l'un des derniers grands réalisateurs italiens vivants. Main basse sur la ville (1963), Lion d'or au Festival de Venise la même année, reflète bien son cinéma engagé. L'action du film se situe dans les années 60 à Naples, ville natale du réalisateur, en proie aux promoteurs immobiliers. Au début du film, des plans panoramiques montrent les constructions nouvelles et hideuses sans plan d'urbanisme harmonieux. Un plan rapproché se focalise sur une construction d'un immeuble en particulier. Tout à coup, le pan de mur d'un vieil immeuble mitoyen s'écroule puis l'immeuble lui-même. Bilan: 2 morts et un blessé grave. Le promoteur immobilier, Nottola (joué par Rod Steiger), est très ennuyé car faisant de la politique, il s'apprête à se faire élire en tant qu'un des adjoints au maire aux prochaines élections municipales. Un simulacre d'enquête est mené pour établir qui est responsable, mais cela n'ira pas loin. Ce qui compte ce sont les élections et le scénario montre bien la collusion entre la politique et le pouvoir de l'argent. C'est l'argent qui gagne (comme souvent). Le film est joué par des acteurs que je ne connais pas sauf Rod Steiger. Ce dernier, américain, est doublé en italien, comme c'était souvent le cas dans les films italiens joués par des acteurs étrangers. Je pense que c'est une caractéristique du cinéma transalpin. Sinon, 44 ans après le tournage, le sujet de ce film n'a pas pris une ride, malheureusement.

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vendredi 6 juillet 2007

No man's land - Danis Tanovic

Oscar du meilleur film étranger en 2002, No Man's land de Danis Tanovic (2001), diffusé hier soir à la télévision, est un film excellent qui montre, une fois de plus, l'absurdité de la guerre en général, et de celle de Yougoslavie en particulier. Deux hommes qui auraient pu s'entendre dans la vie civile se retrouvent face à face dans un "no man's land". C'est celui qui a le fusil qui a raison. Avec eux, un troisième soldat que l'on croit mort. Ce dernier a, enterrée sous lui, une mine antipersonnel. Au moindre mouvement, cette mine sautera et le soldat avec. En plus des casques bleus de la FORPRONU surnommés "les Schtroumpfs" à cause de la couleur de leur casque, quelques journalistes dont une femme (jouée par la très regrettée Katrine Cartlidge), et vous avez tous les éléments d'un grand film de guerre filmé comme un drame intimiste. J'espère que vous ne l'aurez pas manqué.

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lundi 2 juillet 2007

Roman de gare - Claude Lelouch

Le dernier film de Claude Lelouch, Roman de gare, est une bonne surprise au dire de toutes les critiques que j'ai lues. Moi-même, je ne me rappelle plus le dernier film de ce réalisateur que j'ai vu en salle. Cela ne m'attirait plus du tout. Pour ce dernier opus, je dirai que j'ai passé un bon moment mais sans plus. En revanche, je suis contente que Dominique Pinon ait enfin un vrai premier rôle face à la très "ardantissime" Fanny Ardant qui joue une romancière. En "nègre", magicien, amoureux d'une coiffeuse rencontrée sur une aire d'autoroute", et, au début du film, peut-être "serial killer", Dominique Pinon, avec son physique unique, est absolument convaincant et très touchant. Pour cela, j'en remercie Claude Lelouch de l'avoir choisi.

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dimanche 1 juillet 2007

Persepolis - Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud

Persepolis, Prix du Jury à Cannes 2007 (récompense amplement méritée), est l'adaptation réussie en film d'animation de la BD dessinée par Marjane Satrapi, rééditée récemment en un volume aux Editions de l'Association (2007). Et pourtant, j'ai hésité à aller le voir car je n'avais pas aimé la bande-annonce. Cela aurait été dommage. Cette histoire, très autobiographique (la jeune héroïne de 8 ans s'appelle aussi Marjane), commence sous le régime du Shah en 1978 et se termine quand Marjane s'exile définitivement en France en 1992. L'image est en noir et blanc pour les flash-backs avec des moments en couleur quand le récit se déroule de nos jours. Marjane, issue d'une famille plutôt aisée, est entourée d'une grand-mère au parler cru, d'un oncle victime du régime politique et de parents très aimants. Marjane est fan de Bruce Lee, de rock et se verrait bien prophète. Quand le Shah est renversé et contraint à l'exil, une euphorie s'installe dans le pays, malheureusement de courte durée. Le régime du Shah était une dictature, le nouveau régime des Ayatollahs est encore pire. La torture et la peine de mort s'amplifient. La guerre est déclarée avec l'Irak. Partout règne la pénurie. Marjane continue de grandir mais elle doit porter le voile. On peut rendre justice à la réalisatrice de ne pas avoir trop caricaturé ce régime de répression. Grâce à son père, Marjane peut partir un temps en Autriche pour fuir l'Iran. A Vienne, elle fera des rencontres plus ou moins heureuses. Elle reviendra avant de s'exiler en France. L'animation est remarquable en "ligne claire", en particulier, l'expression des yeux et de la bouche. Les voix françaises de Danielle Darrieux, Catherine Deneuve et Chiara Mastroianni complètent la qualité de Persepolis que d'aucuns considèrent le meilleur film de l'année, et je ne suis pas loin de le penser. Cela me donne envie de lire la BD.

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lundi 25 juin 2007

Le Far West - Jacques Brel

Sorti en 1973, deuxième et dernier film de Jacques Brel, Le Far West a été un échec public et a reçu un accueil critique très mitigé. Plus de trente ans après, ce film est certes déroutant mais vaut la peine d'être vu. J'ai assisté à une projection, accompagnée de mon ami, à la Fondation Jacques Brel à Bruxelles. Jacques Brel, également scénariste du film, joue le rôle principal, Jack. Quelque part en Belgique, déguisé en cow-boy, Jack rencontre Gabriel incarnant Davy Crockett. D'autres personnages, dont une jeune femme métisse en fauteuil roulant, se joignent au duo. Ils partent à la conquête d'un Far West qui appartient à leur imaginaire depuis l'enfance. Entretemps, on apprend que grâce à un fakir, Jack a hérité d'un pouvoir exceptionnel. Dès qu'il s'appuie contre un mur ou toute autre construction en brique, ça s'écroule. Le groupe trouve leur Far West sur l'emplacement d'un ensemble industriel désaffecté au mileu de nulle part. Des "Indiens" (des bourgeois?) veulent les déloger, sans succès. Et Gabriel trouvera de l'or. Jack voulant remettre ce trésor au chef d'Etat, on ne le prend pas au sérieux et la réalité les rattrape, lui et ses compagnons. Ils le paieront de leur vie comme à Fort Alamo et le pouvoir de Jack ne lui servira pas à grand-chose. On peut reconnaître, parmi les seconds rôles, les participations amicales de Michel Piccoli, Juliette Greco, Lino Ventura et Claude Lelouch. Jacques Brel chante Enfance dans le film. Je comprends l'histoire comme une parabole sur la fin de l'enfance. Dans Le Far West, le personnage principal a 40 ans. Dans une interview, Brel dit qu"'à 40 ans, l'enfance fout le camp". Quand le film est sorti, lui-même n'avait plus que 5 ans à vivre.

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samedi 23 juin 2007

Les 100 meilleurs films américains

Je viens de voir une nouvelle sur Yahoo à propos du  nouveau palmarès des 100 meilleurs films américains de tous les temps paru sur le site de l'American Film Institute http://www.afi.com/. Les Américains adorent ce genre de classement. Comme il y a dix ans, date du dernier classement, Citizen Kane d'Orson Welles (1941) est toujours considéré comme le meilleur film américain. Voici les dix meilleurs, suite au vote de plus de 1500 personnes du monde du cinéma américain.
1 CITIZEN KANE  (ORSON WELLES)
2 THE GODFATHER  (LE PARRAIN) (FRANCIS FORD COPPOLA)
3 CASABLANCA (MICHAEL CURTIZ)
4 RAGING BULL  (MARTIN SCORSESE)
5 SINGIN' IN THE RAIN  (CHANTONS SOUS LA PLUIE) (STANLEY DONEN)
6 GONE WITH THE WIND  (AUTANT EN EMPORTE LE VENT) (VICTOR FLEMING)
7 LAWRENCE OF ARABIA  (LAWRENCE D'ARABIE) (DAVID LEAN)
8 SCHINDLER'S LIST  (LA LISTE DE SCHINDLER) (STEVEN SPIELBERG)
9 VERTIGO  (SUEURS FROIDES) (ALFRED HITCHCOCK)
10 THE WIZARD OF OZ (LE MAGICIEN D'OZ) (VICTOR FLEMING)

A titre personnel, Citizen Kane n'est pas mon film préféré de Welles, je trouve que c'est un film ennuyeux. Casablanca, (1944) je n'ai jamais réussi à le voir en entier et puis Bogart, ce n'est pas trop ma tasse de thé. Raging Bull (1981) n'est pas non plus mon préféré de Scorsese. Il vient d'entrer dans le palmarès avec Vertigo. Pour les autres, je suis plutôt pour.

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