dimanche 19 octobre 2008

Poulet au vinaigre et Inspecteur Lavardin - Claude Chabrol

Je viens de faire découvrir en DVD à mon ami Poulet au vinaigre (1984) et Inspecteur Lavardin (1986), deux films qu'il ne connaissait que de nom. Poulet au vinaigre est adapté d'un roman de Dominique Roulet, co-auteur du scénario avec Chabrol. Le film a été un succès tel que le trio Chabrol, Roulet et Poiret se reformera à nouveau dans Inspecteur Lavardin, deux ans plus tard.

Michel Bouquet (Lavoisier), Jean Topart (Morasseau), Jean-Claude Bouillaud (Filiol) composent dans Poulet au Vinaigre des "notables" de province pour lesquels on sent que Chabrol n'éprouve guère de tendresse. Il filme (comme souvent) au vitriol. C'est surtout l'occasion de voir Jean Poiret dans un rôle qui lui va bien. Cet inspecteur, Lavardin, n'est pas spécialement sympathique (il a des méthodes musclées pour obtenir des aveux) mais comme les "méchants" qu'il traque le sont encore moins, ce n'est pas grave. Tous les matins, il aime manger deux oeufs au plat avec du paprika dessus. La cuisson doit être pile poil. Poulet au vinaigre est l'occasion de revoir la regrettée Pauline Lafont et son air de jeune femme peu farouche.

Dans Inspecteur Lavardin, on retrouve la mère de Pauline, Bernadette Lafont, et Jean-Claude Brialy, son frère dans le film, qui joue le rôle d'un homosexuel avec comme "hobbie" la fabrication d'yeux artificiels. Une jeune fille de 13 ans, son beau-père indigne et un tenancier de boîte de nuit complètent le tableau. C'est filmé à Dinan. Lavardin s'y retrouve car ses méthodes ont entraîné sa mutation (clin d'oeil au premier opus). L'histoire est une fois de plus sordide mais Chabrol filme cela avec sa maestria habituelle. Quel dommage que Jean Poiret n'ait pas pu en tourner un troisième. Plus de vingt ans après, c'est toujours jubilatoire.

Les deux DVD publiés aux éditions MK2 comportent comme bonus des scènes commentées par Claude Chabrol. Avec mon ami, nous avons trouvé intéressant de comprendre comment les scènes décrites ont été tournées d'une certaines façon et pas d'une autre. C'est tout l'art du réalisateur. Cela paraît tellement simple et pourtant... Enfin, dans un des "bonus", il est fait référence à des téléfilms avec Lavardin (que je n'ai jamais vus pour ma part).

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lundi 13 octobre 2008

Jar City - Baltasar Kormàkur

Ce film islandais, qui date de 2006, est une adaptation du roman du même titre (La cité des jarres) de Inaldur Indridason (Editions Metailié et en poche, Point Seuil). Je n'ai pas forcément tout compris au départ mais ce n'est pas très important. Jar City (Pourquoi le titre est en anglais et non francisé? Mystère; pourquoi ne sort-il que 2 ans après avoir été tourné? Un autre mystère qui peut s'expliquer par l'engouement en France pour les romans d'Indridason); Jar City, disais-je, dégage une atmosphère lourde à cause d'un ciel plombé. On a quelques beaux panoramiques de cette grande île indissociable de l'océan. Tout le film est bercé dans une atmosphère glauque et poisseuse. Le sang de cadavre paraît en revanche très rouge en comparaison. Pour une fois, j'ai eu l'impression - étonnante - de voir un personnage de roman qui prend vie. Je ne m'imaginais du tout comme cela l'inspecteur Erlandur, homme à l'allure ascétique et aux yeux bleus et qui est plus jeune que dans le roman. Pour ceux qui n'ont pas lu le roman, je ne dévoilerai pas toute l'intrigue. Je dirais qu'un violeur d'une femme est assassiné plus de 20 ans après son crime (était-il vraiment un violeur?). Il était porteur d'un gêne d'une maladie héréditaire qu'il a transmise. Une petite fille vient de mourir de ce mal. Au fur et à mesure que se déroule l'intrigue, on arrive à l'épouvantable vérité mais grâce au (ou à cause du) traitement cinématographique (la forme est aussi importante que le fond), j'ai gardé une certaine distance avec le sujet.

PS: j'ai évoqué deux autres titres d'Inaldur Indridason dans mes billets des 22/10/2007 et 15/04/2008.

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jeudi 9 octobre 2008

Entre les murs - Laurent Cantet

Le titre "Entre les murs" a une consonance effrayante, cela donne l'impression que les élèves sont en prison (ce n'est pas entièrement faux quand on voit la cour de récréation qui fait penser à une cour de pénitentier). Les acteurs (jeunes et adultes) sont tous filmés au plus près. Il y a une unité de lieu (la salle de classe et la salle des professeurs) et l'unité d'action: une année scolaire d'une classe de 4ème en cours de français. François Bégaudeau, auteur du livre dont est tiré le film, interprète le professeur François Morin avec une remarquable conviction. Il se retrouve face à une petite vingtaine de jeunes entre 13 et 15 ans qui ne sont pas tous motivés par les études. On peut voir la confrontation professeur/élèves comme un match de boxe. Certains des jeunes sont insolents, ils "répondent", ils interrogent sur les mots employés par le prof. Ils ne lui passent rien. Personnellement, je sortirais épuisée face à une telle confrontation. Le métier de prof demande une force de caractère peu commune. Pour ma part, j'ai été emballée par ce film que j'ai vu avec mon ami. J'ai été scotchée à mon fauteuil et tenue en haleine jusqu'au bout. Le réalisateur filme l'ensemble avec rigueur, il ne se se perd pas en fioritures inutiles, les jeunes sont confondants de naturel. Il ne me reste plus qu'à lire le livre (disponible en poche et que j'ai acheté). Après L'emploi du temps et Ressources humaines, Laurent Cantet confirme son immense talent. Et oui la Palme d'or est méritée. Et pourtant je n'étais pas forcément enthousiaste au départ pour y aller vus le sujet et le titre. J'ajoute que j'ai vu Entre les murs dans une salle comble et les spectateurs ont beaucoup ri. Il devait y avoir (quand même) un pourcentage de profs assez conséquent. Peut-être ont-ils ri jaune?

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dimanche 5 octobre 2008

Films vus et non commentés depuis le 29/07/2008 (fin)

J'expédie dans ce billet 4 films vus au mois d'août et que je n'avais pas fait l'effort de lister dans mon billet précédent.

Manipulation de Marcel Langenegger (2008). Dans ce film, Hugh Jackman joue le rôle d'un "méchant". Je suis allée voir le film parce que j'aime bien ce genre ainsi que les acteurs mais j'en ai vu de meilleurs sur ce thème de la duperie (Deception en anglais et titre original du film) comme Engrenages (D. Mamet), ou Usual Suspects (B. Singer). Petite anecdote, Micheline Presle, qui va beaucoup au cinéma, était incognito dans la salle où je l'ai vu au Quartier Latin à Paris.

Xfiles: Regeneration de Chris Carter. Où l'on retrouve Fox Mulder et Dana Scully qui ont mûri et ont pris des rides (mais cela leur va bien). Nous sommes sur la côte Est des Etats-Unis, pendant l'hiver, la neige tombe drue. Une femme disparaît, puis une autre. Des expériences à la "Frankenstein" sont pratiquées dans une clinique vétérinaire: c'est épouvantable et une fois de plus les Russes n'ont pas le beau rôle.

Be Happy de Mike Leigh: dès la première scène, j'ai senti que je n'allais pas aimer. Le personnage de Poppy avec son sourire accroché aux lèvres pendant presque tout le film ainsi que sa bonne humeur est crispant et insupportable. Poppy et le SDF, Poppy et le moniteur d'auto-école, Poppy et ses copines, Poppy au cours de flamenco, Poppy institutrice et Poppy amoureuse. J'ai été contente quand le film s'est terminé.

Comme les autres de Vincent Varenq (2008): malgré la présence de Lambert Wilson, le film n'est pas un chef-d'oeuvre. On nous montre d'une façon simplette comment un couple homo (dont l'un est stérile) peut devenir parents. Le personnage de Pascal Elbé est totalement sacrifié. La jeune femme est charmante. C'est très "bobo" bien pensant.

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vendredi 3 octobre 2008

Mamma mia - Phyllida Lloyd

A la base, j'aime bien la musique d'ABBA et j'avais vu la BA de Mamma Mia mais quand j'ai vu le film dans son intégralité, dès les premières images, j'ai compris le navet catastrophique que j'allais voir: c'est nul et niais, "tarte" comme disait ma maman. Seule surnarge Meryl (Streep), magnifique, impériale, sublime, géniale, bonne chanteuse [cf. mon billet sur elle du 28/03/07]. LA seule et unique raison de voir le film. J'ai trouvé le film laid à regarder. Les 3 "papas" potentiels font ce qu'ils peuvent, je me demande ce que Pierce Brosnan, Colin Firth et Stellan Skarsgard viennent faire dans cette galère. Le jeune couple est fadasse. J'arrête là mes atermoiements car le film marche et il plaît, voir Ffred. En fait, il faut surtout attendre le générique de fin pour ne pas rater quelque chose. D'aucuns trouveront le film kitsch, moi, je préfère écouter les chansons d'ABBA sur CD, et je ne m'achèterai même pas le DVD, c'est dire.

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mercredi 1 octobre 2008

Séraphine - Martin Provost

J'ai eu l'occasion de voir Séraphine (sorti aujourd'hui, 1er octobre) en avant-première (avant-hier) en présence des producteurs, du réalisateur et de quelques actrices dont Yolande Moreau qui tient le rôle principal avec brio. A part que Yolande Moreau a répondu au présentateur qui lui demandait ce qui l'avait attirée vers ce rôle, que c'est le fait qu'elle ne connaissait pas du tout Séraphine de Senlis, pas plus sans doute que la majorité des spectateurs dans cette salle a-t-elle ajouté, je signalerai qu'il n'y a pas eu la moindre séance de questions/réponses avec la salle. C'est un peu dommage, vu que l'équipe semblait bien représentée. A se demander pourquoi ils prennent la peine de venir: y a-t-il ensuite un "after" auquel le public n'est pas convié? Bref.
L'histoire commence à Senlis en 1914, et nous faisons la connaissance de Séraphine Louis, elle a presque 50 ans. Femme un peu fruste, elle fait des ménages chez les autres où on lui parle plus ou moins bien. On suppose qu'elle a dû vivre et travailler dans un couvent dans sa jeunesse. C'est d'ailleurs une apparition de la Vierge à l'église qui l'a incitée à peindre. Elle crée elle-même ses couleurs et ses liants (de la cire de cierges d'église). Tout le début du film m'a semblé lent. Il y a plusieurs séquences où l'on voit Séraphine aller d'une maison de maître à l'autre (elle semble avoir plusieurs employeurs). Elle est aussi lavandière mais surtout elle prend le temps de regarder la nature, particulièrement les arbres. Elle y grimpe dessus et respire, s'enivre des odeurs. Cela offre l'occasion de très beaux plans d'arbres. Séraphine marche souvent les pieds nus et elle peint la nuit dans son petit studio insalubre. C'est un collectionneur allemand, Wilhelm Uhde, qui remarque son talent. Il fait sa connaissance parce qu'il loge avec sa soeur chez des employeurs de Séraphine (vérification faite dans le Robert des noms propres, Uhde et elle se seraient connus en 1912?). Il lui conseille de travailler encore et toujours. La guerre déclarée, Uhde s'enfuit en Suisse laissant Séraphine désemparée. On la retrouve en 1927, vieillie et moins vaillante pour les durs labeurs du ménage mais son talent de peintre s'est affirmé (selon Uhde qui l'a retrouvée). Ses tableaux sont devenus de plus en plus grands et surtout colorés. Allez voir le film pour voir ce que représentent les peintures. Personnellement, je les trouve très belles avec un côté presque féérique. Mais, pyschologiquement, Séraphine semble un peu dérangée, l'argent qu'Uhde lui verse n'arrange rien. Elle meurt dans un asile d'aliénés en 1942. Séraphine Louis est connue sous le pseudonyme de Séraphine de Senlis. En ce qui concerne le film lui-même, à part quelques beaux plans (Senlis est une ville très photogénique), les arbres et la présentation des tableaux par Séraphine, la mise en scène est un peu sage, tout cela manque de fièvre alors que Yolande Moreau irradie et est "habitée" par son personnage. C'est peut-être ce qui fait que je ne considère pas ce film comme une totale réussite. 

PS: en liaison (évidemment!) avec la sortie du film, le Musée Maillol à Paris (61 rue de Grenelle dans le 7ème arrondissement) organise une exposition sur Séraphine de Senlis, du 1er octobre 2008 au 5 janvier 2009.
Cf. http://www.museemaillol.com.
PS2:
l'exposition [chroniquée le 01/01/2009] est prolongée jusqu'au 30 mars 2009.

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samedi 27 septembre 2008

Films vus et non commentés depuis le 29/07/2008

Comme billet pour mon retour, je fais dans le "pas très récent" mais je tenais à parler des trois films ci-dessous vus il y a un certain temps.

D'abord, La soledad de Jaime Rosales. Certains blogueurs ont aimé (Ffred, PierreAfeu). La soledad (solitude) trace deux beaux portraits de femme, une jeune et une plus âgée, qui ne se connaissent pas, confrontées, l'une à la mort de son fils, et l'autre à la maladie de sa fille. Tout le film est en plans fixes avec des "split screen" par le milieu de l'écran. J'ai été touchée par ce film sans aucun pathos, pas forcément facile de par sa conception, mais certaines scènes sont inoubliables, par exemple, la dernière qui est un bon résumé du titre: on meurt dans la solitude même en ayant une famille proche.

Dans My name is Hallam Foe de David Mackenzie, Jamie Bell qui jouait dans Billy Elliot (de Stephen Daldry en 2000) a bien grandi. Il interprète Hallam, jeune homme perturbé suite au décès de sa mère. Il accuse sa belle-mère (la toujours jolie Claire Forlani) de l'avoir tuée. Cela se passe en Ecosse, d'abord dans la grande demeure familiale avec un petit lac (dans lequel la mère s'est noyée) puis à Edimbourg (dont j'ai toujours entendu parler en termes flatteurs, et ce film conforte mon envie d'y aller). Le "vilain" défaut d'Hallam est de "mater" les gens souvent dans des situations très privées. Il avait commencé avec son père et sa belle-mère et il continue cette coupable activité avec la charmante DRH (qui ressemble de façon frappante à sa défunte mère) qui vient de l'engager dans l'hôtel de luxe où elle travaille. Son expérience de la ville va permettre à Hallam de mûrir. Film léger mais qui ne m'a pas laissé beaucoup de souvenirs.

100ème film (argument publicitaire!) du réalisateur d'Ivre de femmes et de peinture (Im Kwon-Taek), Souvenir (Cheonnyeonhak) rend hommage au Pansori, poème traditionnel chanté coréen accompagné par le tambour. Il faut tout de suite dire que nos oreilles occidentales ne sont pas familiarisées avec les sons que l'on entend dans le film. C'est à la limite du discordant (enfin en ce qui me concerne). L'histoire commence en 1956 et se termine en 1982, un homme professeur de chant enseigne son art, avec sévérité, à sa fille adoptive Song-hwa, et le tambour à son fils adoptif Dong-ho. Les temps sont durs, le trio vit dans la misère en allant d'un village à l'autre. Devenu adulte, Dong-ho quitte son père et sa demi-soeur pour vivre sa vie (il se marie et a un fils). Song-hwa continue son apprentissage de chant mais elle devient aveugle. Les années passant, Dong-ho, qui est amoureux depuis toujours de Song-hwa, part à sa recherche. Ils n'arrêtent pas de se retrouver et de se perdre. L'actrice coréenne a des mains et des dents magnifiques. Elle a un côté aérien qui donne toute la beauté au film.

(à suivre) >>                                                                                        

<<  (billet précédent dans la série "films vus et non commentés")

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lundi 1 septembre 2008

Le silence de Lorna - Luc et Jean-Pierre Dardenne

Le nouveau film des frères Dardenne, Le silence de Lorna, est avant tout le portrait d'une jeune femme volontaire, Lorna (Arta Dobroshi est une révélation), d'origine albanaise, qui vient de contracter un mariage blanc moyennant finances avec un jeune drogué, Claudy (Jérémie Rénier). De prime abord, Lorna ne m'a pas semblé très sympathique vis-à-vis de son mari. Il s'accroche à elle comme si c'était sa mère, elle le repousse. Le rêve de Lorna est d'ouvrir un snack avec l'homme qu'elle aime, Sokhol, albanais comme elle, qui fait un travail dangereux, loin de Belgique. Le mariage blanc (qui lui a donné la nationalité belge) a pu se faire par l'entremise de Fabio, chauffeur de taxi et surtout en cheville avec le milieu. A partir de là, le dilemme de conscience de Lorna commence. En effet, elle doit devenir veuve le plus vite possible pour épouser un Russe qui désire lui aussi obtenir la nationalité belge. Lorna devient plus humaine, elle ne conçoit pas que Claudy disparaisse. Pourquoi ne pourrait-elle pas divorcer? Mais la machine mafieuse est en marche. Le film a été primé à Cannes pour le scénario (c'est mérité). Les frères Dardenne travaillent dans l'ellipse tant pour les séquences que pour le scénario. Leur caméra, qui bouge moins que dans leurs films précédents, ne quitte pas Lorna que l'on voit de la première à la dernière image. La fin est ouverte (un peu décevante à mon avis). Pour ceux qui ont vu le film, une question me turlupine: pourquoi, quand elle s'enfuit, laisse-t-elle son sac dans la voiture? La panique n'explique pas tout.

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dimanche 31 août 2008

Films deux par deux (7)

Pour clore ma série estivale, voici deux oeuvres françaises à voir. Je me réjouis que de si bons films existent et puissent rencontrer leur public (surtout le premier).

Versailles de Pierre Schoeller (dont c'est le premier film en tant que réalisateur) vaut plus que le détour. Pierre Schoeller est aussi le scénariste de ce film qui aurait gagné à être un tout petit peu plus court (un quart d'heure de moins) mais je le conseille pour Guillaume Depardieu, comédien rare qui joue un rôle de marginal qui lui va comme un gant, pour Judith Chemla qui interprète la mère et je le recommande surtout pour le petit garçon, Enzo, dans le film, époustouflant de naturel. L'histoire ne tombe jamais dans le larmoyant ni le misérabilisme. Cela se passe à Paris (au début), on voit une mère avec son enfant dans la rue. On devine vite qu'ils sont SDF. Ils ont faim et froid. Un soir le Samu social les recueille et leur trouve un lit dans un foyer à Versailles. De fil en aiguille, Enzo et sa maman se retrouvent dans les bois pas très loin du château. Ils rencontrent un homme jeune, Damien (G. Depardieu) qui vit en marge de la société (mais qui se rappelle à un moment donné qu'il a une famille). Il y a quelques invraisemblances scénaristiques dont une fin un peu trop "deus ex-machina" mais ce n'est pas grave. Un film vraiment maîtrisé. Un réalisateur à suivre.

Après Entre ses mains (2005), très bon thriller psychologique, Anne Fontaine nous emmène avec La Fille de Monaco dans la Principauté où Fabrice Luchini (aussi bon que dans Confidences trop intimes (2004) de Patrice Leconte) joue Bertrand Beauvois, un avocat d'assises qui doit défendre une femme, plus toute jeune, meurtrière d'un amant de passage d'origine russe et mafieux. Le procès s'annonce explosif et dangereux. Bertrand se retrouve à être protégé par un garde du corps en la personne de Christophe Abadi (Roschdy Zem), impassible mais au regard qui en dit parfois long. L'avocat se trouve aussi à croiser une présentatrice de la météo locale, Audrey (Louise Bourgoin), dont il tombe amoureux instantanément et pour son malheur. Ce personnage d'Audrey fait bien évidemment penser à celui que joue Brigitte Bardot dans En cas de malheur de Claude Autant-Lara (1958) - d'ailleurs la chanson du générique est chantée par Bardot -, avec le même côté vulgaire qui convient bien. Le film vire au noir mais reste léger. Si vous êtes allergique à Luchini, passez votre chemin, pour les autres, allez-y, on passe un bon moment.

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mercredi 27 août 2008

Films deux par deux (6)

Le point commun de ces deux films (poursuite de ma série), c'est qu'il n'y en a pas, à part, peut-être, le thème de la fuite. Dans le premier, c'est un fantasme, c'est l'idée fixe du père qui se croit poursuivi. Dans le deuxième, la fuite est pour échapper à la mort.

Dans Un monde à nous, de Frédéric Balekdjian, Edouard Baer (remarquable) joue Marc, le père d'un petit garçon de 10 ans, Noë (Anton Balekdjian, propre fils du réalisateur). Dès le début du film, on sent une atmosphère étrange, Marc, l'air autoritaire, vit avec son fils. Il l'entraîne à se battre (comme un boxeur) et à parer les coups. De temps en temps, Marc simule une attaque contre Noë pour qu'il se défende. Le père et le fils fuient quelque chose. Ils semblent être poursuivis. Ils emménagent dans une maison à l'aspect abandonné sans meubles. Ils vivent de façon spartiate. Noé dort dans le lit à même le matelas. A l'école, il devient le souffre-douleur d'un groupe de petits durs (il ne montre pas qu'il peut se défendre), en revanche, une jeune fille noire le prend en amitié. Ce film de Frédéric Balekdjian comporte des maladresses dans le scénario mais le suspense se maintient jusqu'au bout et il vaut vraiment la peine pour voir Edouard Baer dans un registre qui lui convient bien. J'espère le revoir dans un rôle dramatique.

Les proies de Gonzalo Lopez-Gallego. Le titre original de ce film est "El rey de la montana". J'ai cru tout d'abord qu'il s'agissait du qualificatif du chasseur (on apprend vers la fin que c'est le nom d'un jeu). Dans les critiques que j'ai lues, il est écrit que cela rappelle Duel de Spielberg, cela m'a rappelé aussi un film plus récent mais pas totalement réussi: Ils de Xavier Palud (2006). Mais dans Les proies, au lieu d'une maison isolée en Roumanie, l'histoire se passe dans un paysage grandiose de montagnes et d'arbres (en Espagne?) où il n'y a signe de vie, nulle part. Tout commence dans une station service (sur une route déserte), un homme fait le plein d'essence. Peu après, une jeune femme arrive. Dans les toilettes, ils font l'amour et se séparent. Il la poursuit après avoir constaté qu'elle lui a volé son portefeuille et son briquet. C'est là que ses ennuis commencent: on tire sur sa voiture et une chasse à l'homme commence. Entretemps, il retrouve la jeune femme et leur course pour fuir l'ennemi invisible les mènera au bout de l'enfer. C'est un film qui met les nerfs du spectateur à rude épreuve jusqu'à ce que l'on découvre qui est (sont) le(s) chasseurs. Et là, curieusement, la tension se relâche (en ce qui me concerne) et pourtant la conclusion est épouvantable. Film de genre dont on se souvient mais que je ne reverrai pas.

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