dimanche 18 février 2007

A propos de The Good German - Steven Soderbergh

Je voudrais surtout parler du titre The Good German qui est le titre original. Depuis plusieurs années, nous assistons à un curieux phénomène, le fait que les distributeurs ne font pas traduire les titres originaux en français pour certains films sans qu'il y ait vraiment de raison. Au sujet de The Good German, le roman dont il est tiré s'appelle en français L'ami allemand. Peut-être est-ce moins vendeur que le titre original. Voici deux ans, le roman de John Le Carré, La constance du jardinier, a été adapté et est sorti sous son titre original The constant gardener. A ce niveau, je ne comprends pas la plus-value sur le fait de laisser ce titre puisque à moins d'être angliciste, le public ne fait pas forcément le rapprochement entre le film et le livre. Pour en revenir au film The Good German, il faut saluer le fait que Steven Soderbergh a voulu rendre hommage aux films des années quarante comme Casablanca ou le Troisième homme comme je l'ai lu sur certaines critiques. L'image en noir et blanc est magnifique. Mais il est vrai que le film est languissant, pour preuve un spectateur à deux  fauteuils de moi s'est endormi et a même commencé à ronfler. Il dormait comme un bienheureux mais j'ai dû lui donner trois fois de discrets coups de pied pour arrêter ce bruit intempestif. Donc vous pouvez éventuellement le voir mais après avoir bien dormi.

Posté par dasola à 13:16 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : ,

samedi 17 février 2007

L'Italien - Andrey Kravchuk

L’Italien d’Andrey Kravchuk, sorti cette semaine, est touchant par son sujet: dans un orphelinat, un petit russe, Vania, âgé de 6 ans, est sur le point d'être adopté par un couple italien, d'où le titre. Pour la plupart, les pensionnaires de ce lieu ne sont pas tous orphelins mais abandonnés par leur mère. Toutes les tranches d'âge sont représentées, dont des grands de 16 à 18 ans qui sont déjà des caïds et vivent de petits boulots. Une femme sert d'intermédiaire entre les couples adoptants et les enfants moyennant finances. Vania est vendu 5000 euros. Juste avant qu'il soit confié à un couple, la mère d'un autre enfant récemment adopté réapparaît. Cela provoque une sorte de "déclic" chez Vania qui aimerait mieux avoir sa vraie maman qu'une maman adoptive aussi gentille soit-elle. Il arrive à consulter son dossier d'abandon et il trouve l'adresse du foyer où il était avant. Grâce à une pensionnaire de l'orphelinat qui vole de l'argent pour lui, il part à la recherche du foyer qui se trouve dans une autre ville. Il prend le train, poursuivi par la femme du bureau d'adoption flanquée de son chauffeur. A la fin, par l'intermédiaire du foyer, il retrouvera sa vraie maman et un autre enfant prendra sa place chez le couple d'Italiens. Ce film montre une Russie pas très reluisante car si tant d'enfants sont abandonnées c'est que les mères sont incapables de subvenir à leur besoin. A un moment donné, le directeur de l'orphelinat dit à un des enfants de ne pas tomber malade car l'Etat ne pourra pas payer les soins. Voici l'image que donne la Russie d'aujourd'hui. La vie est dure.

Posté par dasola à 13:16 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , ,
jeudi 15 février 2007

La Môme - Olivier Dahan

Suite à mon billet précédent, je parlerai de la Môme, hommage à Edith Piaf (1915-1963) qui est l'événement cinématographique de ce début d'année. Le film a fait l'ouverture du Festival de Berlin et en raison du sujet, il a déjà été vendu dans de nombreux pays. Pour ma part, je suis un peu mitigée. J'ai beaucoup aimé certaines scènes : quand elle chante sur scène (ah! la voix), quand elle s'écroule sur scène, toutes les séquences avec Marcel Cerdan, et la maladie, l'agonie et la mort d'Edith Piaf. Pour le reste, le scénario me semble un peu confus, je pense qu'il faut avoir un peu potassé la vie de Piaf pour savoir qui est qui. La demi-soeur d'Edith apparaît, on ne sait comment. On ne montre pas assez la travailleuse acharnée qu'elle a été. Le réalisateur reste un peu dans l'anecdotique. A part ça, il faut quand même saluer la performance de Marion Cotillard qui, dans les scènes que j'ai aimées, restitue la façon de parler, de bouger de la vraie Edith. Le film est à voir pour elle.

Posté par dasola à 13:16 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags : ,
lundi 12 février 2007

Odette Toulemonde (le film) - Eric-Emmanuel Schmitt

Si vous n'avez pas le moral, si vous trouvez que la vie est triste, courez voir Odette Toulemonde du nom de l'héroïne dont le crédo est de donner du bonheur. Le film est adapté du roman éponyme très récent Odette Toulemonde d'Eric-Emmanuel Schmitt, devenu réalisateur afin d'adapter sur grand écran son roman. N'ayant pas lu le livre, je me contenterai de parler du film qui est un joli conte finissant bien. Certains critiques le trouvent un peu "cucul" surtout les scènes où Odette lévite quand elle est heureuse. Pourtant cela fait du bien, dans notre monde actuel, de voir des fables optimistes. Odette Toulemonde est vendeuse au rayon produits de beauté dans un grand magasin de Charleroi en Belgique. Elle est veuve depuis 10 ans et a deux enfants, une fille, Sue Ellen flanquée d'un crétin qui squatte à la maison, et un fils coiffeur et homosexuel qui change souvent de petit ami. Si Odette n'a pas sombré dans la dépression depuis le décès de son mari, c'est grâce à Balthazar Balsan, écrivain pour les caissières et les vendeuses comme disent des critiques assassines. Elle a lu tous ses romans et un concours de circonstances fait qu'ils vont se rencontrer et Odette va héberger Balthazar. Leur vie sera changée à tous les deux. Donc le film est à voir en cas de déprime et même sans déprime.

Posté par dasola à 13:17 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : ,
samedi 10 février 2007

"Remakes"

Ne connaissant pas d'équivalent français au mot anglais du titre, je voudrais faire un petit billet sur ce phénomène qui a toujours existé mais qui a une tendance à augmenter. Manque d'inspiration pour de nouveaux scénarii peut-être ? Le dernier en date (pas encore sorti) est Le Deuxième souffle réalisé par Alain Corneau, remake d'un film de Jean-Pierre Melville (1966). A priori, je n'ai rien contre le fait que les mêmes histoires soient retournées, mais encore faut-il que ces nouvelles versions soient supérieures aux originales, ce qui est rarement le cas, malheureusement. Un cas qui me vient à l'esprit est Guet-Apens (1994), remake totalement inutile du film de Sam Peckinpah. Un remake plus récent, que d'aucuns considèrent comme un grand film, Les Infiltrés (The Departed), le nouveau film de Martin Scorsese, est le remake d'un film Hongkongais Internal Affairs. Pour ma part, j'ai préféré ce dernier que je trouve moins violent. Dans une période plus ancienne, des réalisateurs, comme Alfred Hitchcock, ont refait leur film. Par exemple Hitchcock a tourné deux versions de l'Homme qui en savait trop en 1934 et 1956. Maintenant, la seconde version n'est peut-être pas supérieure mais c'est la plus connue. Un dernier phénomène est le remake de films récents français qui ont eu du succès aux Etats-Unis. Comme les américains ne sont pas friands des sous-titres et que les versions doublées ne se font pas, des films récents comme Sur mes lèvres, Chaos, et même 36, quai des Orfèvres doivent être refaits avec des acteurs américains. Espérons qu'ils seront aussi bien que les films originaux !

Posté par dasola à 13:17 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags :

dimanche 4 février 2007

Snow Cake - Marc Evans

Dans les sorties de la semaine, un film m'a paru digne d'être vu: Snow Cake. J'aime beaucoup les acteurs qui jouent dedans (Sigourney Weaver et Alan Rickman), l'histoire m'intéressait (la perte d'un être cher et l'autisme). C'est pourquoi je suis allée le voir. J'ai été excessivement déçue. Je n'ai absolument pas été touchée, on reste en dehors. Les comédiens ne sont pas en cause, Sigourney Weaver est très crédible en autiste. On peut tout à fait se passer de voir ce film dont le titre prend sa signification dans la dernière scène du film.

Posté par dasola à 13:18 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : ,
jeudi 1 février 2007

La vie des autres - Florian Henckel von Donnersmarck

Ce film qui est le premier du réalisateur confirme le renouveau du cinéma allemand. La Vie des autres (Das Leben der Anderen) débute en novembre 1984, en ex-Allemagne de l'Est à Postdam. A la demande d'un ministre du gouvernement, un fonctionnaire zélé de la Stasi est chargé de surveiller un couple, lui écrivain, elle actrice (le ministre en est amoureux). Ils sont considérés comme trop irréprochables envers le régime pour être honnêtes. Le fonctionnaire est le héros du film. D'espion à l'oeil bleu et froid, il s'humanise et devient dans l'ombre l'allié du couple sans que personne le sache. Grâce à lui, l'écrivain sera sauvé des griffes de la Stasi après avoir réussi à écrire un texte subversif (sur le taux de suicide en Allemagne de l'Est) qu'il arrivera à faire publier à l'Ouest. Le titre La Vie des autres se rapporte au fait que sous le régime communiste, beaucoup de gens dont les intellectuels pouvaient être sur écoute, être espionnés 24 heures sur 24, et le début du film montre les méthodes insidieuses et efficaces pour faire parler les gens qui en sortaient brisés. Certains écrivains n'ont plus écrit. Sur le film proprement dit, les acteurs sont sensationnels avec en tête Ulrich Mühe et l'atmosphère oppressante est très bien rendue avec le travail sur la couleur (pas de rouge mais de l'orange).

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , ,
mardi 30 janvier 2007

Little Children - Todd Field

Sur les conseils de deux collègues, je suis allée voir Little Children. Je dois dire que j'ai un avis mitigé. Tout d'abord, le film aurait dû être interdit aux moins de 12 ans, sans se limiter à un simple avertissement, vu le sujet et certaines scènes. Il y a deux films en un, dans une petite ville américaine comme tant d'autres, nous assistons à la rencontre et la liaison entre une femme (Kate Winslet) qui s'ennuie profondément (incarnation de Mme Bovary), elle est mariée et mère au foyer d'une petite fille, et Brad (Patrick Wilson) qui n'arrête pas d'échouer à un examen, père au foyer d'un petit garçon, marié à une sorte de wonderwoman,  il traîne son spleen. En parallèle, un pédophile, Ronnie, après un séjour en prison, revient vivre dans cette même ville. Il vit avec sa mère qui cherche à le marier. Ceci étant dit, il émane du film un malaise réel qui vient d'un je ne sais quoi, et la fin est très moraliste, très américaine et c'est dommage. A voir mais avec des réserves.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : ,
dimanche 28 janvier 2007

Black Book - Paul Verhoeven

 

Selon l'un de mes journaux de cinéma qui n'est plus mon préféré, je viens d'apprendre que le dernier film de Paul Verhoeven, Black Book, a été un "bide" en France. Et bien quel dommage ! Les acteurs ne sont pas connus, certes, mais quel talent dans la narration et la réalisation. L'histoire est enlevée, haletante, l'héroïne (messieurs) est belle comme le jour. On sait que tout finit bien pour elle dès le début donc nous ne sommes pas inquiets pour elle, même dans les pires situations. L'histoire se passe pendant la deuxième guerre mondiale en Hollande. Le traître est vraiment traître, les Allemands ne sont pas tous "méchants" et les Hollandais ne sont pas tous "gentils" surtout quand ils sont responsables de la mort de dizaines de juifs pour récupérer leurs bijoux, or, argent... Malgré la gravité du sujet, le film est un excellent divertissement hautement recommandé, il méritera sa seconde carrière en DVD.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , ,
samedi 27 janvier 2007

Confidences trop intimes - Patrice Leconte

Une adaptation étant jouée dans un théâtre à Paris, je me permets de faire un commentaire sur le film tourné précédemment qui aurait mérité un plus grand succès critique qu'il n'en a eu. Confidences trop intimes est une très belle histoire avec un scénario bien construit. Les dialogues sont brillants, plutôt drôles. Les deux comédiens principaux, Sandrine Bonnaire et Fabrice Luchini sont remarquables, surtout lui qui est d'une grande sobriété, et les rôles secondaires sont très bien. Le décor est important, un long couloir avec des portes qui ont une grande importance dans l'histoire puisque Sandrine Bonnaire se trompe de porte et frappe chez Fabrice Luchini, conseiller fiscal, en croyant que c'est un psychanalyste chez qui elle a pris rendez-vous. Le piquant de l'histoire est que même quand la méprise est découverte, ils font comme si de rien n'était et des rapports amoureux naissent entre eux. Ils ne pourront plus se passer l'un de l'autre. Film très intelligent à voir si vous ne pouvez pas assister à la pièce de théâtre. Quant à la pièce, aussi mise en scène par Patrice Leconte, j'ai constaté, ayant acheté le texte, qu'il n'y a plus que quatre personnages, cela doit permettre d'aller à l'essentiel.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : ,