mercredi 24 janvier 2007

L'armée des ombres - Jean-Pierre Melville

Adapté d'un roman de Joseph Kessel (disponible en édition de poche), L'Armée des ombres sorti en 1969 en France vient de remporter un vif succès aux Etats-Unis où il n'avait jamais été distribué. Il vient même d'obtenir le prix du meilleur film étranger 2006 auprès des critiques New-Yorkais avec une mention de part des critiques de Los Angeles. Après avoir parcouru différents articles en anglais, cette carrière américaine est beaucoup due à la magnifique restauration de la couleur par Pierre Lhomme (chef opérateur du film). Les copies présentées ont retrouvé les nuances de vert et bleu qui permettent de rendre l'atmosphère oppressante qui régnait à l'époque. Le film, en 1969, a été un échec provoqué certainement par le fait que De Gaulle avait quitté le pouvoir et que le sujet n'était plus à l'ordre du jour. Après plusieurs visions grâce à la TV ou au DVD, l'Armée des ombres peut être considéré comme un chef-d'oeuvre représentatif d'une certaine qualité française. Il est à noter que ce film aurait pu représenter la France aux Oscars de cette année au même titre qu'Indigènes. On leur aura préféré Fauteuils d'orchestre de Danièle Thompson qui n'est pas sélectionné, et Indigènes va représenter l'Algérie. Peut-être faudrait-il changer les membres du comité de sélection.

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lundi 22 janvier 2007

The Touch of Evil - Orson Welles - Voir les films en DVD

Récemment, j'ai commencé de voir des films en DVD que j'ai achetés depuis un certain temps déjà. Il est certain que l'ambiance n'est pas la même que dans une salle de cinéma, mais en ayant le matériel adéquat pour le visionnage (écran LCD et ampli), j'éprouve tout de même une grande joie et quand on les regarde au moins à deux, le plaisir s'accroît. Et j'ai remarqué qu'on ne perçoit pas toujours la même chose entre un film en salle et un DVD dans son salon. Pas plus tard qu'hier soir, j'ai vu The Touch of Evil (La soif du mal) d'Orson Welles. Dans la version que je possède, en forme d'avant-propos, nous sommes prévenus que la version du DVD est celle qui est la plus fidèle à celle que voulait Orson Welles. Quand j'écris "vu", cela veut dire que j'avais vu le film, il y a très longtemps, et des scènes m'ont semblé avoir été ajoutées dans le DVD, en particulier, les scènes avec Marlène Dietrich, brune, très gitane. Le film est une très bonne redécouverte avec sa lumière en noir et blanc, son ambiance moite et la musique d'Henri Mancini. Le support DVD est utile pour faire connaître à un public plus jeune et pourquoi pas plus large, ce genre de film.

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vendredi 19 janvier 2007

Babel - Alejandro Gonzalez Inarritu

Babel, qui vient de gagner le Golden Globe du meilleur film (prix décerné par la presse étrangère à Hollywood) après le prix de la mise en scène 2006 à Cannes, raconte comment un simple coup de carabine, tiré au jugé, peut bouleverser la vie de plusieurs personnes dans trois endroits dans le monde (Maroc, Mexique/USA et Japon). Le film est composé de flash back, on va d'un endroit à l'autre. Ce film forme un puzzle qui semble se résoudre peu à peu. La construction du film est très proche des deux films précédents du même réalisateur (Amours Chiennes et 21 grammes). Le film vire au tragique avec la mort d'un jeune garçon au Maroc et la reconduite à la  frontière mexicaine d'une femme que l'on découvre être une travailleuse clandestine. Le réalisateur volontairement ou non rend un des personnages américains au Maroc peu sympathique malgré ce qui lui arrive. Le personnage incarné par Brad Pitt veut absolument donner de l'argent à l'homme qui a sauvé sa femme. Ce dernier refuse. C'est très symbolique d'une certaine mentalité américaine où on considère que tout s'achète et se paye. La générosité désintéressée lui semble inconnue. Malgré les 2h25, le film passe vite et on ne l'oublie pas.

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mercredi 17 janvier 2007

Sophie Scholl, les dernières heures - Marc Rothemund

Pour les personnes intéressées par la période de la Seconde Guerre Mondiale, je recommande vivement Sophie Scholl, les dernières heures qui raconte comment de simples étudiants allemands ont été broyés par la machine nazie. L'histoire est tirée de faits réels, des archives de la Gestapo. A Munich, en 1943, un frère, Hans et une soeur, Sophie, de confession protestante font partie d'un groupe d'étudiants "La Rose Blanche" qui font de la résistance en diffusant des tracts dans des universités. Ils vont être arrêtés pendant une de leurs actions. Au début, on peut croire qu'ils vont être libérés mais tout à coup, tout s'accélère et Sophie Scholl, la soeur, est au centre de l'interrogatoire. Le personnage qui questionne Sophie pose des questions pouvant déranger. En effet, il fait remarquer que tous ces étudiants ont pu faire leurs études grâce au régime nazi et qu'ils en ont bien profité. Elle ne perd pas ses moyens, elle répond toujours et encore avec calme et intelligence aux mêmes questions d'un employé zélé qui la pousse dans ses derniers retranchements. Après qu'elle ait avoué, on assiste à un simulacre totalement terrifiant de procès avec une mention spéciale pour le juge. Elle sera condamnée à mort avec son frère et un autre étudiant, jeune papa. De nos jours, beaucoup de lycées en Allemagne portent le nom de Sophie Scholl. Le générique de fin est émouvant parce que nous pouvons voir des photos d'archives de la vraie Sophie Scholl.

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lundi 15 janvier 2007

Head on - Fatih Akin

On a cru le cinéma allemand moribond surtout depuis la disparition de Reiner Werner Fassbinder. Il semble que l'on se soit trompé. Head on ou Gegen die Wand (titre allemand original) est l'exemple de la qualité du cinéma tout court. C'est un film déjanté comme les personnages mais on reçoit le film comme un uppercut. Un homme et une femme se rencontrent dans le service d'urgence psychiatrique, ils ont voulu tous les deux se suicider. Elle s'appelle Sibel, elle a 18 ans, soumise à une famille turque émigrée et musulmane. Il se nomme Cahit, il a 40 ans, turc lui aussi, et musulman. Pour mener une vie sans entrave, elle lui propose de faire un mariage blanc. Elle sera libre et lui pourra avoir toutes les relations extra-conjugales qu'il veut. Oui mais voilà, Cahit tombe amoureux d'elle et il tue par inadvertance un des amants de Sibel. Il fait quelques mois ou années de prison et quand il sort, il se met à sa recherche. L'action se déplace à Istanbul, car pendant la détention de Cahit, Sibel doit gagner sa vie et beaucoup d'événements dramatiques s'y déroulent (à mon avis, cette partie est moins intéressante que la partie "allemande"). Néanmoins, Cahit et Sibel seront changés pour toujours par leur expérience même s'ils se séparent à la fin.

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dimanche 14 janvier 2007

Just a Kiss - Ken Loach

Quand j'ai vu Just a Kiss de Ken Loach qui est une leçon de tolérance, je suis sortie de la salle assez euphorique. A Glasgow, les deux héros sont jeunes, beaux, musulman (lui), catholique (elle). Lui, Casim, résistera contre sa famille, son mariage arrangé prévu de longue date, les traditions. Elle, Roisin, devra affronter l'église catholique ; en effet, elle enseigne la musique dans une école privée et sa liaison va faire scandale : elle est divorcée et elle vit avec un musulman, cela n'est pas tolérable. Elle devra démissionner et sera acceptée dans une école publique. Casim, quand il tombe amoureux, n'ose pas dire à Roisin qu'il doit bientôt se marier (même contre son gré). Et il ne dit rien à sa famille pakistanaise émigrée depuis 1948. Leur liaison sera connue de manière fortuite. Casim a 2 soeurs : l'aînée très attachée aux traditions fait tout pour que la relation entre Casim et Roisin cesse. En revanche, la plus jeune profite de l'occasion pour annoncer à ses parents qu'elle est admise dans une école de journalisme au grand dam de ces derniers. Quoi qu'il en soit, quand le film se termine, il y a l'espoir que Casim et Roisin puissent vivre heureux. Le film m'a énormément touchée et je l'ai beaucoup mieux aimé que Quand le vent se lève du même réalisateur, Palme d'or 2006 à Cannes.

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samedi 13 janvier 2007

Blade Runner - Ridley Scott

N'étant pas une immense fan de science fiction, je peux d'autant plus dire que ce film fait partie des films à voir au moins une fois dans sa vie rien que pour le côté visuel qui était à l'époque révolutionnaire en 1983. Il est devenu une référence absolue pour les effets spéciaux et il faut rappeler que c'est adapté de Philip K. Dick qui est un très grand dans la science-fiction. Je me permets de dire que depuis, beaucoup de réalisateurs ont "pompé" sur cet univers visuel, en particulier Luc Besson pour Le 5ème élément (et c'est nettement moins bien). Dans Blade Runner, il n'y pas vraiment de "méchants" mais plutôt des êtres qui voudraient être maîtres de leur destin mais qui ne peuvent pas. Leur mort est programmée. On est touché par la mort de ces "répliquants" qui ne sont pas uniquement des êtres créés pour être les esclaves des humains, mais des êtres capables de sentiments. C'est donc un film à voir, il vient de reparaître depuis peu en DVD et il serait bien qu'un jour on le redonne sur grand écran. Moi qui l'ai vu ainsi, je pense que cela en vaudrait la peine.

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vendredi 12 janvier 2007

La Strada - Federico Fellini - Une Journée particulière - Ettore Scola

La Strada et Une Journée particulière ont en commun qu'ils ont été produits par Carlo Ponti qui vient de disparaître. Les années 50, 60 et 70 ont été les grandes années du cinéma italien. La Strada, c'est par-dessus tout la musique jouée par Gelsomina à la trompette, musique de Nino Rota. Le visage lunaire de Giuletta Masina est inoubliable. Et qu'est-ce que l'on pleure à la fin.
Dans Une Journée Particulière, Sophia Loren et Marcello Mastroianni jouent à contre-emploi comme on dit. Elle, est mère de 6 enfants, dans cet appartement à Rome. L'action se déroule le jour où Hitler rend visite à Mussolini. Tout Rome est dans la rue sauf Sophia Loren et Marcello Mastroianni, dont on découvre assez vite qu'il est homosexuel, la rencontre inopinée des deux va donner lieu à l'une plus belles histoires d'amour qu'il m'ait été donnée de voir, même si c'est une des plus brèves (1 journée). Magnifique !

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