jeudi 8 novembre 2007

L'heure zéro - Pascal Thomas

D'après un roman d'Agatha Christie sans Miss Marple ni Hercule Poirot mais avec le Commissaire Bataille (Battle en VO), Pascal Thomas a situé l'Heure zéro en Bretagne, dans la région de Dinard, puisque la mer a de l'importance pour l'histoire et surtout certains à-pics qui dominent la grande Bleue. J'ai eu grand plaisir à voir Danielle Darrieux qui connaît malheureusement une fin tragique et brutale dans ce film. Laura Smet, très limitée dans son jeu, tient le rôle d'une jeune épouse assez insupportable, on lui flanquerait volontiers une gifle avec ses airs d'enfant gâtée. Chiara Mastroianniani a un personnage un peu effacé d'épouse divorcée. François Morel joue le rôle du commissaire et Melvin Poupaud complète la distribution. Plusieurs personnages sont suspects après la mort d'un juge d'instruction, Maître Trevoz (Jacques Seyres), et de Camille Tressillian (Danielle Darrieux), cette dernière laissant une fortune de 10 millions d'euros. Mais est-ce l'argent qui est la cause du meurtre? Pas sûr. Bien que l'action soit située en 2007, le film dégage un côté rétro sans portable ni internet mais avec des voitures et des tenues vestimentaires qui fleurent bon les années 30. Agréable à voir, et passer ne serait-ce qu'un week-end dans la maison de Camille Tressillian en aplomb de la mer ne serait pas pour me déplaire.

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mercredi 7 novembre 2007

Derzou Ouzala - Akira Kurosawa

Je viens de visionner en DVD (éditions MK2) Derzou Ouzala d'Akira Kurosawa, Oscar du film étranger en 1976. C'est adapté d'un récit écrit en 1923 par Vladimir Arseniev (1872 - 1930), explorateur et cartographe du début du XXème siècle qui a parcouru la Sibérie jusqu'à Vladivostock où il est décédé. Pour en revenir à Derzou Ouzala, suite aux conseils de mon ami, je l'ai enfin vu et je ne le regrette pas. Le film est composé de deux parties: 1902 et 1907. En 1902, Vladimir Arseniev par,t accompagné de quelques hommes, en Sibérie, région assez méconnue à l'époque, afin d'explorer et de tracer des cartes géographique. Il rencontre Derzou Ouzala, un Golde, chasseur de zibelines, n'ayant pas d'attaches particulières mais connaissant très bien la taïga. Le morceau de bravoure de cette 1ère partie se déroule durant un blizzard qui surprend Arseniev et Derzou. Grâce à Derzou, ils vont cueillir des brassées de grandes herbes qui serviront à l'indigène à fabriquer un abri pour protéger les deux hommes. Dans la 2ème partie en 1907, Arseniev et son équipage retrouvent Derzou Ouzala et ils croiseront un tigre. Mais Derzou Ouzala, chasseur hors pair, voulant tuer le fauve, le rate et il ne s'en remettra pas. Le film dure 2h15 mais il pourrait être plus long. C'est un vrai plaisir des yeux, les paysages sont magnifiques avec, par exemple, dans un même plan le soleil et la lune. Le film dégage une grande chaleur humaine et cela fait du bien.
En ce qui concerne l'édition en DVD, je n'ai pas compris pourquoi la première partie du film figure sur 1 DVD et la deuxième... sur un 2ème DVD. Les bonus sont aussi répartis sur les deux disques (un peu maigrichons pour mon goût).

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lundi 5 novembre 2007

Le rêve de Cassandre - Woody Allen

Malgré des critiques tièdes, je conseille ce film comme à voir. Le dernier Woody Allen, le Rêve de Cassandre, est une tragédie, on ne rit pas une seule fois. Cela se passe à Londres et sur la Côte anglaise. Il met en scène deux frères, Ian (Colin Farrell) et Terry (Ewan Mc Gregor) Blaine. Quand le film commence, ils achètent à deux un bateau nommé "Le rêve de Cassandre". Sinon, Ian travaille dans un garage, Terry aide son père propriétaire d'un restaurant. Ils ont des rêves de fortune. Ian joue aux courses de lévriers et au poker, il gagne parfois mais perd plus souvent des sommes conséquentes. Terry, lui, voudrait investir dans des hôtels en Californie. Leur oncle Howard, homme d'affaires fortuné de passage en Angleterre, accepte de les aider financièrement à condition qu'ils lui rendent "un service", faire disparaître un collaborateur qui risque de le compromettre et de l'envoyer pour quelques années en prison. Je ne dévoilerai pas la suite qui aboutit à la tragédie prévisible. Colin Farrell, fumeur, buveur et plein de remords fait une excellente composition. Ewan Mc Gregor, dans un rôle plus lisse, un peu frimeur auprès des filles et sans beaucoup de scrupules, est très crédible et me fait beaucoup penser au personnage qu'il a joué dans Young Adam de David McKenzie (2003). Après plus de 35 ans de carrière, Woody change chaque fois de registre et c'est tant mieux.

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dimanche 4 novembre 2007

Never Forever - Gina Kim

Je suis allée voir Never Forever (traduisible par "A jamais, Pour toujours") de la cinéaste coréenne Gina Kim (que je ne connaissait pas), grâce à une bonne critique sur mon hebdomadaire préféré des sorties spectacles. J'ai été tentée par le sujet. Je n'ai pas été déçue. Une belle jeune femme américaine, Sophie, est mariée avec un Coréen, Andrew, plutôt aisé, issu d'une famille catholique pratiquante. Il est stérile malgré son désir d'enfant. Au cours d'un entretien qu'elle passe à l'hôpital à New-York, elle trouve la solution en la personne d'un Coréen, immigré clandestin, qui accepte de coucher avec elle pour qu'elle tombe enceinte moyennant une rémunération qu'elle lui propose. A partir d'un certain moment, des sentiments naissent entre les deux. Les scènes d'amour sont magnifiquement filmées et elles dégagent une grande pudeur. L'actrice, Vera Farmiga, est magnifique. La fin est très énigmatique mais très belle avec cette femme enceinte, son petit garçon, tout seuls au bord de la mer. Ce très beau film d'amour américano-coréen a reçu le Prix Spécial du Jury au dernier Festival de Deauville.

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vendredi 2 novembre 2007

Seraphim falls - David Von Ancken

Film diffusé actuellement sur Canal+, Seraphim falls de David Von Ancken (2005) est inédit en salle et on se demande pourquoi. Les acteurs principaux sont Pierce Brosnan et Liam Neeson. Cela se déroule après la guerre de Sécession. L'un poursuit l'autre pour venger sa famille. Les paysages enneigés de forêts puis, à mesure que le film se passe, des paysages arides, désertiques, sont très beaux. Le scénario, sans être révolutionnaire, est bien écrit. Un Sudiste, Carver (Liam Neeson), fou de douleur d'avoir perdu sa femme et ses deux enfants dans un incendie volontaire, est accompagné de 4 hommes de main pour poursuivre un Nordiste, Gideon (Pierce Brosnan), responsable de ces morts. Gideon a aussi perdu sa famille et est possédé d'une rage de vivre peu commune. Il élimine les 4 hommes de main les uns après les autres en se servant d'armes blanches pour finir par se retrouver face à face avec Carver. Le réalisateur, que je ne connaît pas, a tourné des épisodes de séries télé comme C.S.I (Les experts) et Cold Case, ce qui est un gage d'une certaine qualité : mise en scène nerveuse et pas de plan inutile. Je ne comprends pas que certains films comme celui-ci n'aient pas les honneurs du grand écran en France, il a été projeté dans de nombreux pays. Les comédiens sont connus, ce film en vaut largement un autre. Ce sont les mystères de la distribution que j'ignore. Dommage.

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jeudi 1 novembre 2007

"Moi, Pierre Rivière, ayant égorgé ma mère, ma soeur et mon frère..." - René Allio

Ce film est ressorti à Paris dans une seule salle le 24 octobre 2007. Je croyais avoir vu "Moi, Pierre Riviere, ayant égorgé ma mère, ma soeur et mon frère" de René Allio (1976) dans mes jeunes années. Si c'est le cas, je ne m'en souvenais plus du tout. Je la croyais en noir et blanc, et bien cette oeuvre est en couleurs (très belles). Le premier plan montre l'étendue du carnage, on pourrait croire à une oeuvre de peintre. Le premier témoignage entendu est celui de la grand-mère déclarant que c'est son petit-fils qui a tué sa famille avec une serpe. Tout est tiré d'un fait divers réel, nous sommes le 3 juillet 1835 en Normandie dans la région de Vire et on s'y croirait. Pratiquement tous les personnages principaux sont des non-professionnels avec un accent normand donnant un air d'authenticité à cette oeuvre de fiction, et il n'y a aucune musique. Une voix off est présente pendant tout le film. Pierre Rivière sera arrêté un mois après son forfait. La première raison qu'il donne à son acte est que Dieu le lui a demandé comme à Moïse. Puis il avoue que détestant sa mère, il l'a tuée parce que depuis le début du mariage, elle n'a pas arrêté d'être méchante avec son mari. Pierre Rivière déteste les femmes. Il a tué sa soeur d'une quinzaine d'année parce qu'elle soutenait sa mère contre le père et il a tué son petit frère parce qu'il aimait sa soeur et sa mère. Il raconte puis écrit toute sa vie de façon clinique. Une étude du cas de Pierre Rivière a été faite par le philosophe Michel Foucault, récemment republiée dans l'édition Folio Histoire, et le DVD du film va paraître le 6 novembre prochain. C'est un film absolument remarquable à voir. Enfin, pour l'anecdote, Claude Hébert, qui jouait le rôle de Pierre Rivière, est devenu prêtre dans la région sud-ouest d'Haïti.

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mercredi 31 octobre 2007

Films vus et non commentés depuis le 21/09/2007

Voici encore (dans la lignée de mon billet précédent) quelques films que j'ai vus en salle, et qui ne m'inspirent pas assez pour en tirer dix lignes chacun.

Joyeuses funérailles de Frank Oz (2007): Humour à l'anglaise (pas toujours du meilleur goût), qui m'a fait sourire souvent. Comment deux personnes, l'une qui avale des comprimés composés de substances pas très licites, et l'autre, un homme de petite taille, transforment un enterrement en délire complet. A voir.

L'ennemi intime de Florent Emilio Siri (2007): Sujet rarement traité dans le cinéma français, cette tentative d'évoquer la Guerre d'Algérie n'est pas totalement aboutie à cause d'effets de mise en scène un peu mode (pour faire comme les Américains). Les comédiens comme Benoit Magimel, Albert Dupontel et Marc Barbé sont bien. L'histoire de Patrick Rothman est bien écrite mais il manque un petit quelque chose.

Le mariage de Tuya de Wang Quan'an (2006): Pour une fois, je me suis retrouvée d'accord avec l'allusion à ce film dans une critique de Eric Loret dans "Libération" du mercredi 3 octobre 2007 : désolant. C'est décousu, pas vraiment de scénario et c'est beaucoup n'importe quoi sans être ni amusant, ni triste. Seul le dernier plan émeut : Tuya qui pleure.

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lundi 29 octobre 2007

Le deuxième souffle - Alain Corneau

Que dire ? Le deuxième souffle d'Alain Corneau dure 2h30. C'est le "remake" du film en noir et blanc de Melville que je n'ai pas aimé et qui, à mon avis, a beaucoup, beaucoup vieilli. D'origine, c'est un roman de José Giovanni de 1958 avec des dialogues et expressions des truands de l'époque. Pour en revenir au film de Corneau, c'est filmé en numérique dans des teintes orangées. Les scènes de tueries sont filmées comme dans les films hong-kongais à la manière de Johnnie To ou John Woo. C'est hyper violent. Le sang gicle. Les morts sont défigurés avec des visages figés comme des masques de cire. Je pense que c'est un peu ridicule et cela rend le film encore plus factice qu'il n'est. Ce film est anachronique dans la façon hyper-moderne de filmer un contenu qui fait années 50-60 avec des décors, des costumes désuets. Mais ce qui m'a le plus gênée, ce sont les dialogues très datés. Les acteurs font ce qu'ils peuvent et Jacques Dutronc est excellent. Je me demande pourquoi Alain Corneau a choisi de refaire cette oeuvre à l'identique. Pourquoi ne pas réécrire le scénario avec des dialogues et une histoire d'aujourd'hui? Je suis désolée de le dire mais l'ensemble me paraît très raté !

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dimanche 28 octobre 2007

Michael Clayton - Tony Gilroy

Ecrit et réalisé par Tony Gilroy (scénariste de la trilogie des Jason Bourne), Michael Clayton est un film d'excellente facture mais j'ai mis du temps à comprendre les tenants et les aboutissants de l'histoire, plus d'une demi-heure avant de comprendre qui était qui, Michael Clayton en tête. Puis petit à petit, les pièces du puzzle se mettent en place. L'intrigue est très bien menée et se passe en 4 jours. Michael Clayton (George Clooney), ancien adjoint de procureur, travaille dans un cabinet d'avocats en tant qu'expert, sur la côte Est des Etats-Unis. Il est chargé de résoudre par tous les moyens des affaires douteuses de certains clients du cabinet. Sur le plan personnel, Michael Clayton a une vie plutôt désastreuse : il est divorcé, a des dettes de jeu et le restaurant qu'il a acheté a fait faillite. Quand le film commence, un collègue et ami de Michael Clayton, Arthur (Tom Wilkinson), a des problèmes de conscience qui le mènent à la dépression. Un consortium, U/North, est responsable de la mort de presque 500 personnes à cause de la commercialisation d'une molécule qui améliore le rendement de certaines cultures agricoles. Il n'y a pas vraiment de "bons" et de "méchants" sauf deux hommes de mains et une juriste (Tilda Swinton) mais on n'hésite pas à éliminer physiquement les gêneurs. Grâce à une photographie dans les tons gris bleutés, on sent une menace invisible mais présente. Il n'y a aucun plan inutile. Je conseille vivement ce film produit par George Clooney, Steven Soderbergh et Sidney Pollack qui interprète un rôle.

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vendredi 26 octobre 2007

Operation Mad Ball - Richard Quine

Operation Mad Ball de Richard Quine (1957) (littéralement opération bal fou), longtemps invisible, est ressorti dans une salle à Paris courant septembre 2007 sous le titre "Le bal des cinglés" (traduction un peu crétine s'il en est), mais il ne se joue déjà plus. C'est l'organisation du bal qui est "folle" mais pas les protagonistes. Il met en scène Jack Lemmon en soldat qui arrive à force d'obstination à organiser un bal dans une auberge tenue par une "Française" à l'accent américain. En effet, nous sommes en 1945, le conflit mondial est terminé mais l'Armée américaine stationne quelque part en France. Il est interdit pour les personnels de l'armée, hommes de troupe et femmes infirmières (au rang d'officier), de "se fréquenter" sur la base. Ce bal servira à officialiser les rencontres fortuites qui l'ont précédé. Tous les personnages types de l'armée sont réprésentés dont le commandant plutôt borné. Filmée en noir et blanc, cette oeuvre n'est pas totalement réussie et a vieilli. Il manque le grain de folie de Blake Edwards comme dans Operation Petticoat (Opération Jupons) (1959). En revanche, Richard Quine (qui s'est suicidé en 1989) fera d'excellents long-métrages comme Bell, book and Candle (l'Adorable voisine) (1958) et The Notorious Landlady (L'inquiétante dame en noir) (1962), les deux avec Kim Novak et Jack Lemmon.

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