dimanche 17 janvier 2016

Carol - Todd Haynes / Janis: Little Girl Blue - Amy Berg

Concernant Carol de Todd Haynes, sorti ce mercredi 13 janvier 2016, je l'ai découvert en avant-première après avoir vu la bande-annonce. Dans les années 50, Carol, une femme séparée de son mari (elle est en instance de divorce) et mère d'une petite fille, croise le regard de Therese dans un grand magasin. Cette dernière, une jeune femme un peu sauvage ayant comme passion la photographie, est vendeuse au rayon jouets. Carol achète un train électrique à sa fille. Entre les deux femmes, un lien très fort nait. Carol est déchirée par le fait de laisser sa petite fille à son mari qui en obtient la garde. Elles s'enfuient de Cincinnatti (Ohio) et se retrouvent à Chicago. Pendant deux heures, j'ai suivi avec un peu d'ennui l'histoire de cette passion entre ces deux femmes prenant la fuite. Je me réjouissais d'avance et j'avoue avoir été déçue par ce film un peu languissant. Je n'ai pas du tout ressenti la passion qui unit Carol (Cate Blanchett) et Therese Belivet (Rooney Mara). Je suis restée en dehors. Je dirais presque que le film est un peu "gnangnan". Dommage pour Cate Blanchett qui a coproduit le film. J'ai eu l'impression que Todd Haynes avait fait un genre de remake d'un de ses films tourné en 2001, Loin du paradis avec Julianne Moore, sur à peu près le même sujet. Celui-là, je l'avais beaucoup aimé.

Il faut noter que Carol est l'adaptation d'un roman de Patricia Highsmith dont je souhaite rappeler qu'elle fut un très grand écrivain un petit peu oubliée aujourd'hui. Je vous recommande tous ses romans dont plusieurs ont été adaptés à l'écran (Plein Soleil, Le talentueux Mr Ripley, Eaux profondes, L'inconnu du Nord-Express, Le cri du hibou, L'ami américain, etc.). Lire le billet de Pierre D. qui, lui, a aimé Carol, et celui de Chris qui, lui, n'a pas aimé le film.

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En revanche, je vous recommande un documentaire sur Janis Joplin sorti le 6 janvier dernier. Ce film, Janis: Little Girl Blue, retrace la vie de cette chanteuse morte à 27 ans le 4 octobre 1970. Le film est constitué de témoignages, d'images et de films d'archives où l'on entend et voit Janis Japlin chanter, rire, prendre la pose. C'était une personnalité très attachante qui aimait s'entourer d'hommes. Née en 1943 à Port Arthur au Texas, ce fut une jeune fille mal dans sa peau qui ne supportait pas le racisme anti-noir de l'époque. Elle a été le "vilain petit canard" de son école et est devenue par la suite une des très grandes chanteuses de blues avec sa voix à la tessiture étendue. Le documentaire n'occulte en rien le fait que Janis buvait et était héroïnomane. C'est ce qui l'a tuée. A voir.

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jeudi 14 janvier 2016

Arrête ton cinéma! - Diane Kurys

Parmi les sorties de cette 2ème semaine de l'année 2016, je vous recommande Arrête ton cinéma! le nouveau film de Diane Kurys, une adaptation du livre de Sylvie Testud paru en 2014, C'est le métier qui rentre, qui nous a été offert avant la projection. En effet, j'ai vu le film en avant-première et la séance était suivie par une rencontre conviviale avec l'actrice principale et et la réalisatrice. Arrête ton cinéma! est un film vif et enlevé et surtout très amusant. Le duo des soeurs productrices de films improbables formé par Zabou Breitman et Josiane Balasko est inénarrable. Sybille (Sylvie Testud), une actrice talentueuse, est en train d'écrire un scénario qui lui tient à coeur (une histoire sur sa famille) entre deux tournages. Elle souhaite d'ailleurs réaliser le film. Les soeurs Ceauscescou (tout un programme), Ingrid (Zabou Breitman) et Brigitte (Josiane Balasko), ont vent de ce projet, et elles décident de produire le film. Les deux productrices complètement "azimutées" se mêlent de tout et font réécrire sans arrêt le scénario. Je vous laisse découvrir comment la pauvre Sybille obéit au doigt et à l'oeil aux productrices qui se mêlent de tout et ont des avis contraires sur le scénario qui ne ressemble plus à grand-chose à la fin. J'ai apprécié le ton léger et déjanté de l'ensemble. Mention spéciale au pauvre Alphonse, le factotum et le souffre-douleur des deux productrices. On se demande comment il fait pour rester à leur service. A l'issue de la projection, les questions et réponses sont restées d'ordre général. Sylvie Testud a bien dit que cette histoire était autobiographique. Sinon, j'ai commencé son livre. Je ne manquerai pas d'en faire un billet plus tard. J'ai passé une excellente soirée. Lire le billet d'Alex-6.

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vendredi 8 janvier 2016

The big short (Le casse du siècle) - Adam McKay / Argentina - Carlos Saura

Avant de chroniquer deux films vus en avant première et qui sortent tous les deux le 13 janvier 2016, voici un billet sur deux films sortis fin 2015.

Je commence par The Big short (Le casse du siècle) sorti le 23 décembre 2015. Très honnêtement, vu la brillante distribution: Steve Carell, Christian Bale, Ryan Gosling et même Brad Pitt (qui est coproducteur du film), je m'attendais à autre chose. J'ai vu comme d'habitude le film en VO et j'avoue avoir été perdue assez vite dans les méandres de l'intrigue à cause des termes financiers employés. Et puis le rythme soutenu du film fatigue vite malgré que le sujet m'intéresse. Les acteurs ne jouent pas dans la sobriété. Je m'attendais à une manière plus subtile et intelligible d'aborder le problème des subprimes, de la titrisation et des paris sur la crise immobilière et la bulle financière. J'ai retenu que c'était une histoire d'argent virtuel gagné par quelques individus qui ont mis une partie de l'économie mondiale à genoux. Sur le même sujet ou presque, j'ai préféré The Margin Call.

Je passe maintenant à Argentina (sorti le 30 décembre 2015) du cinéaste espagnol Carlos Saura qui a installé sa caméra à Buenos Aires dans un vaste lieu, un genre d'entrepôt dont les fenêtres ont été occultées. Pendant un peu plus d'1H25, il nous fait découvrir des chansons et des danses (Zambas et Chacareras) de plusieurs régions d'Argentine. Carlos Saura se sert de miroirs dans sa mise en scène. Il y a de très beaux jeux de lumières dans les tons rouges, jaunes et noirs. Carlos Saura rend hommage en particulier à Atalhualpa Yupanqui et à Mercédès Sosa. Très beau film qui m'a plu et que je conseille, tout comme Aifelle.

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lundi 4 janvier 2016

Au-delà des montagnes - Jia Zhangke

Comme je l'avais annoncé, je suis allée voir Au-delà des montagnes du réalisateur chinois Jia Zhangke. L'histoire débute en 1999, année où Macao est revenue à la Chine. A Fen­yang (ville natale du cinéaste), la gracieuse Tao, issue de la classe moyenne, est aimée par deux jeunes hommes très différents: un mineur humble et un affairiste nouveau genre, en plein fantasme américain. Elle se marie avec le second avec qui elle a un fils, Deole (devenu plus tard Dollar). De 1999, 0n passe à 2014. Tao a divorcé très vite et elle ne voit plus son fils qui est sous la garde du père. C'est au moment où le père de Tao décède brusquement que Tao revoit son fils âgé de 7 ou 8 ans. Lors de ce tête-à-tête, elle lui donne une clé de la maison où elle habite. Dollar doit partir vivre en Australie avec son père. Quant au mineur, marié et père d'un petit garçon, il tombe gravement malade. Tao n'hésite pas à lui donner une grosse somme d'argent pour qu'il se fasse opérer car Tao gagne très bien sa vie vie mais depuis son divorce elle vit seule avec un chien. 11 ans plus tard, en 2025, on retrouve Dollar en Australie. Il prend des cours de mandarin car il a en partie oublié sa langue natale. Il habite avec son père qui a des armes à portée de main dans une maison ouverte sur l'océan. J'ai trouvé que le film dégageait de la tristesse dans sa description des rapports humains qui s'étiolent au fil du temps. La dernière séquence sous la neige où Tao dansent sur un air de disco au pied d'une pagode est très belle. Je suis moins enthousiaste à propos de ce film que ffred ou Chris mais je le conseille néanmoins.

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jeudi 31 décembre 2015

Le grand jeu - Nicolas Pariser / Le grand partage - Alexandra Leclère

Mes lecteurs m'excuseront j'espère, mais durant les deux dernières semaines de cette année, je n'aurai pratiquement pas été au cinéma. D'ici ma reprise de travail le 7 janvier prochain, je compte aller voir Au delà les montagnes de Jia Zhan-Ke (un chef d'oeuvre pour ffred et Chris) et The big short (le Casse du siècle) pour le sujet.

Pour ce dernier billet de l'année, j'en viens maintenant à deux films vus le jour de leur sortie, respectivement le 16 décembre pour Le grand jeu et le 23 décembre 2015 pour Le grand partage.

Je suis allée voir Le grand jeu, le premier vrai long-métrage de Nicolas Pariser, car je suis assez fan d'André Dussollier. Le début m'a plu. Pierre Blum (Melvil Poupaud) est un écrivain raté qui croise la route d'un certain Joseph Paskin (André Dussolier) lors d'une soirée. Joseph Paskin se révèle être un manipulateur et un homme de l'ombre au plus près des cercles du pouvoir. En lui promettant une somme confortable, Peskin demande à Pierre, sympathisant de gauche, d'écrire un appel à l'insurrection pour mettre à mal le pouvoir en place et accuser justement des groupuscules d'extrême-gauche. Il faut entendre André Dussollier dire son texte. On dirait un félin face à une proie. C'est délectable. En revanche, par la suite, j'ai regretté que Dussollier ne soit pas plus présent à l'écran, car je me suis passablement ennuyée. J'ai même piqué du nez quelques minutes lors des échanges entre Pierre Blum et Laura Haydon (Clémence Poésy). Je n'ai pas bien compris le rôle que cette dernière jouait. Toujours est-il qu'il s'agt d'un film prometteur, mais le réalisateur peut mieux faire.

Je passe maintenant au Grand partage d'Alexandra Leclère: pas un chef d'oeuvre, mais ça part d'une idée sympathique. Pendant un hiver de grand froid à Paris (époque révolue ou pure science-fiction?), un décret gouvernemental passe, ordonnant à la population bien logée avec de grands appartements d'accueillir des mal logés. Branle-bas de combat dans un immeuble cossu d'un beau quartier. Les habitants qui rassemblent toutes les opinions politiques dévoilent leur nature pas toujours généreuse. Le film permet à des acteurs comme Karine Viard, Valérie Bonneton, Josiane Balasko (la gardienne de l'immeuble) ou Didier Bourdon de déployer leur talent comique. Ca ne casse pas trois pattes à un canard mais c'est sympa.

 J'en profite pour vous souhaiter un très bon réveillon de fin d'année.

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jeudi 24 décembre 2015

Palmarès cinéma 2015

Comme les années précédentes, j'ai vu un peu plus d'une centaine de films (109 jusqu'à hier, et il s'en faut d'une semaine que l'année soit terminée).

J'ai fait un choix cornélien afin de citer mes 10 films vraiment préférés parmi 30 que j'ai bien appréciés. Ce sont bien entendu des choix personnels et très subjectifs.

Pour une fois, je fais aussi un classement dans ce "Top 10". Je constate qu'il y a davantage de films français que dans mes palmarès précédents.

1) Une belle fin d'Uberto Pasolini, un film de 2013 qui a mis deux ans pour arriver jusqu'en France. avec dans le rôle principal Eddie Marsan, au visage pas banal. L'histoire m'a beaucoup touchée. Le film est sorti en DVD, essayez de le voir.

2) La loi du marché de Stéphane Brizé: c'est Discount en plus triste et pessimiste.

3) Mustang de Deniz Gamze Ergüven, un film franco-turc en lice pour représenter la France aux Oscars dans la catégorie du meilleur film étranger en 2016. Le destin de ces quatre soeurs ne peut que vous émouvoir.

4) La isla minima d'Alberto Rodriguez, un polar espagnol très réussi à tout point de vue.

5) Béliers de Grímur Hákonarson, avec des moutons et deux bergers que vous n'oublierez pas.

6) Avril et le monde truqué de Christian Desmares et Franck Ekinci, car j'aime les BD de Tardi, et là je me suis régalée.

7) Fatima de Philippe Faucon (ce film vient d'être récompensé par le prix Louis Delluc). Pour le sujet et le personnage de Fatima, une femme courageuse.

8)  Nous trois ou rien de Kheiron, pour l'histoire, le ton léger, l'humour. Un succès public mérité.

9) Le pont des espions de Steven Spielberg, qui m'a passionnée dès les premières images. Tom Hanks et Mark Rylance sont remarquables.

10) Sicario de Denis Villeneuve, pour la réalisation au cordeau

En vrac maintenant, je cite dix autres films à voir en "deuxième choix":

The Lobster de Yorgos Lanthimos, pour l'étrangeté de l'histoire avec une première partie qui vaut à elle seule d'aller le voir.

Suburra de Stefano Sollima, un film de Mafia à Rome où les acteurs sont tous excellents; dommage qu'il ne semble pas avoir de succès.

Le fils de Saul de László Nemes, pour la séquence d'ouverture impressionnante et glaçante.

Marguerite de Xavier Giannoli, pour Catherine Frot qui mériterait le César de la meilleure actrice; et quel sujet pas banal!

Crimson peak de Guillermo del Toro, pour les décors, les costumes, l'ambiance gothique et Jessica Chastain qui joue une "très méchante".

L'Hermine de Christian Vincent, pour Fabrice Luchini qui est d'une rare sobriété, et Sidse Babett Knudsen à la beauté lumineuse.

Crosswinds - La croisée des vents de Martti Helde, où l'on peut voir le procédé de tournage et le très beau noir et blanc.

Phoenix de Christian Petzhold, pour Nina Hoss magnifique.

Discount de David Oelhoffen: c'est La loi du marché en plus gai et optimiste.

Microbe et gasoil de Michel Gondry, une comédie modeste et sympathique. Mention spéciale à la maison roulante.

Et enfin, je termine avec dix autres en "accessit":

Le nouveau stagiaire de Nancy Meyers, dans lequel Robert De Niro compose un stagiaire irrésistible.

Coup de chaud de Raphaël Jacoulot, un scénario qui sait ménager le suspense.

La femme au tableau de Simon Curtis, d'après une histoire vraie assez passionnante, et puis il y a Helen Mirren.

Mission: impossible, Rogue Nation de Christopher McQuarrie, avec quelques séquences à couper le souffle.

Une seconde mère d'Anna Muylaert, sur les relations mère-fille ou mère-fils, sur les rapports entre classes sociales.

Le labyrinthe du silence de Guido Ricciarelli, pour le sujet et le fait que cela soit un film tourné en allemand.

Les terrasses de Merzak Allouache, pour les vues d'Alger la blanche bien endommagée; et certaines saynètes sont marquantes.

Spy de Paul Feig, pour Melissa McCarthy dont le talent comique ne se dément pas.

Le combat ordinaire de Laurent Tuel, l'adaptation réussie de la BD de Manu Larcenet.

La belle saison de Catherine Corsini, où Cécile de France et Izia Higelin forment un beau couple.

Et comme les autres années, je ne vais pas dénoncer les films que je n'ai pas aimés...

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mercredi 16 décembre 2015

Ixcanul - Jayro Bustamente / Béliers - Grímur Hákonarson

Comme il n'y a pas que le cinéma américain ou français dans la vie, voici deux films venus "d'ailleurs" que je vous conseille avant qu'il ne soit trop tard. Ces deux films sont sortis malheureusement dans très peu de salles à Paris. Quant à leur sortie en province, je ne sais pas ce qu'il en est.

Je commence par Ixcanul, un film guatémaltèque à l'affiche depuis le 25 novembre. Ixcanul signifie "volcan" dans une des langues Mayas parlée par les protagonistes du film. Au pied de ce volcan. Maria, 17 ans, travaille à la plantation de café, tout comme son père et sa mère. Ils sont pauvres et ne parlent pas espagnol, au contraire du contremaître. Ce jeune veuf d'une trentaine d'années avec trois enfants voudrait bien épouser Maria qui, elle, aime Pepe, du même âge qu'elle. Pepe rêve de partir aux Etats-Unis, là-bas, derrière le volcan. Une nuit, Maria couche avec Pepe et elle tombe enceinte. Le film joué par des acteurs pour la plupart non professionnels s'inspire d'une histoire vraie: les bébés volés à la naissance pour être adoptés par la suite. On y parle aussi de serpents venimeux qui nuisent aux plantations. Certaines scènes entre la mère et la fille sont d'une grande douceur. On touche à l'intime. Il y a des maladresses mais j'ai été touchée par cette histoire. Ce film a reçu de nombreux prix dans différents festival dont un à Berlin.

Après le Guatémala, je suis partie retrouver des Béliers en Islande dans un endroit magnifique et pratiquement désert, battu par les vents et où le ciel est bas. Gummi et Kiddi, deux sexagénaires, sont des bergers qui bichonnent leur cheptel de moutons Bolstad. Il faut voir Gummi caresser son bélier favori et lui parler. On sent qu'il aime ses moutons. On apprend assez vite que Gummi et Kiddi sont frères mais ne se parlent plus depuis 40 ans (on n'en saura pas la raison). Quand ils communiquent, ils le font par l'intermédaire du chien de Kiddi. Il apporte des messages dans sa gueule. Les deux hommes font partie d'une petite communauté qui va vivre une tragédie: un des moutons, une bête primée à un concours, a tous les symptômes de la "tremblante". Le verdict est sans appel, tous les troupeaux de moutons alentour sont abattus. Gimmi choisit de le faire lui-même. Il abat 147 de ses bêtes mais en sauve clandestiment une dizaine dans sa cave (dont un bélier reproducteur). Je vous laisse découvrir la suite de Béliers, premier long-métrage du réalisateur Grímur Hákonarson qui a aussi écrit le scénario. Les deux acteurs principaux, très connus en Islande, sont formidables. Le film a été récompensé à juste titre du prix de la section "Un certain regard" au dernier Festival international du film à Cannes en 2015. Lire les billets enthousiastes de Miriam et Chris.

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lundi 14 décembre 2015

C'est quoi ce travail? - Luc Joulé et Sébastien Jousse

[Ceci n'est pas un billet de dasola, mais de ta d loi du cine, "squatter" sur son blog]

Un vacarme de machine, et ces machines en action en gros plan. Où sommes-nous, que se passe-t-il? Et puis la caméra élargit le champ, nous voyons un micro au bout d'une perche, et Nicolas Frize les écouteurs aux oreilles. Ce film, C'est quoi ce travail?, est l'aboutissement d'une "performance" artistique, la captation des "bruits" (les sons, mais aussi les mots) d'une usine automobile (l'usine PSA Peugeot Citroën à Saint-Ouen [93]), où le compositeur s'est immergé de 2012 à 2014 pour en tirer une oeuvre musicale. Le film montre donc son travail créatif. Mais pas seulement. Le reportage sur l'artiste créant son oeuvre "en résidence" ouvre aussi la parole des ouvriers (et ouvrières) à leur poste de travail, au "contremaître", au mécanicien des robots ("outilleur")... Chacun a son histoire (plus ou moins d'années en poste), et sa dignité concernant son travail (même s'il est alimentaire - il faut bien gagner de quoi faire manger les enfants!). On voit que, dans cet univers mécanique, il y a la place accrue du robot, mais toujours le facteur humain (vérifier que le robot ne "déraille" pas, avoir des réparateurs qui "tournent" et vérifient en permanence...). Certains sont fiers d'apporter leur touche personnelle (rangement minutieux des pièces usinées en sortie de chaîne, pour l'un; choix des modalités d'exécution et de l'ordre des opérations pour le tourneur-fraiseur qui doit réaliser une pièce n'existant encore que sur le papier; ou même l'apport de plantes en pot qui font apparaître un peu de verdure dans cet univers métallique...). Ils sont interviewés et se livrent avec pudeur; mais ils deviennent aussi témoins et "exécutants" de la musique de leur usine (habituellement, leurs oreilles sont protégées - d'où un peu d'émerveillement quand Nicolas Frize leur fait "entendre", avec son matériel, ce que chante leur poste). J'ai notamment relevé parmi les dizaines d'interviews le "rôle" du contremaître exprimant à peu près quelque chose comme: "je vais pas dire que je les aime. Mais je veille à eux, c'est mon équipe et c'est mon boulot. Je dois leur faire passer les messages de la direction même si je ne suis pas d'accord. En contrepartie, je fais remonter leurs remarques: ce sont eux qui sont "sur le terrain" et qui peuvent savoir". Ce que c'est que ce travail? On comprend qu'il ait fallu des mois pour mettre en harmonie la cacophonie, on voit le compositeur accorder des chutes de métal brut pour en faire une sorte de xylophone. Les scènes de répétition (mise en place du rythme de la récitation poétique) pour la représentation finale m'ont rappelé Léonard Bernstein* que j'avais vu à la télé dirigeant une répétition de West Side Story en studio. Comme des silences dans la musique, interviennent vers la fin les temps de pause, avant une sorte de marée humaine, d'invasion (appropriation?) des lieux par les familles endimanchées, pour la représentation finale, suivie (symboliquement) de la sortie de l'usine.

Ca ne peut guère se raconter, il faut le voir et l'entendre. Sorti le 14 octobre à Paris, C'est quoi ce travail? passe encore cette semaine, dans une unique salle à Paris, à une seule séance hebdomadaire, ce lundi 14/12/2015 après-midi. J'espère que ce beau film ne tardera pas à connaître d'autres modes de diffusion.

C'EST QUOI CE TRAVAIL ? - Bande annonce from Shellac Sud on Vimeo.

* Oups, j'avais écorché son nom... Merci Miriam!

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dimanche 13 décembre 2015

Suburra - Stefano Sollima

Le film italien Suburra est adapté d'un roman* qui porte le même titre. L'un des co-auteurs de ce roman, Gian Carlo de Cataldo, a écrit Romanzo Criminale. Suburra vient de Subure, le quartier pauvre et populeux de Rome des plaisirs pas chers dans l'Antiquité. Le film, très bien construit, montre la collusion entre la Mafia et certains hommes politiques. L'histoire se déroule sur sept jours (7 jours avant l'apocalypse). Le "Samouraï", un mafieux à l'ancienne (il vit avec sa vieille mère dans une demeure remplie d'objet religieux) souhaite qu'Ostie devienne Las Vegas. Pour qu'une loi soit passée en ce sens, il "arrose" et protège plusieurs députés, dont l'un s'appelle Filippo Malgradi, un jouisseur qui aime s'encanailler avec des mineures et sniffer de la drogue. Il suffit d'une nuit d'orgie qui se termine mal pour que le plan d'urbanisation soit compromis. Je vous laisse découvrir comment un enchaînement de situations dans lesquelles la jeune génération mafieuse et les tsiganes voulant leur part du gâteau va aboutir au chaos. Le scénario co-écrit par Stefano Rulli et Sandro Petraglia est millimétré, tout comme la réalisation. Devant la caméra, les acteurs jouent tous très juste. Ce film est sorti avec une interdiction aux mineurs de moins de 16 ans. Personnellement, je ne comprends pas vraiment pourquoi. En tout cas, je le conseille. Lire le billet d'Alex-6.

*Le roman chroniqué le 10/02/16.

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jeudi 10 décembre 2015

Hunger Games: La révolte - 2ème partie - Francis Lawrence / A vif! - John Wells / Strictly Criminal - Scott Cooper

Avec le film Hunger Games: La révolte - 2ème partie (sortie le 18 novembre 2015) s'achèvent, en demi-teinte à mon avis, les adaptations de la trilogie écrite par Susanne Collins. Dès la première image, on retrouve Katniss Everdeen ayant du mal à parler après que son amoureux Peeta Mellark eut essayé de l'étrangler (voir le film précédent). Katniss est déterminée à éliminer le Président Snow. Accompagnée par quelques personnes aussi courageuses qu'elle (militaires de carrière ou anciens vainqueurs des Jeux), ils vont affronter de nombreux obstacles mortels dont des mutants. J'avoue que je n'ai pas du tout retrouvé l'esprit et le ton du premier volet très coloré, flamboyant qui m'avait beaucoup plu avec du suspense, beaucoup de tension et qui m'avait donné envie de connaître la suite. On était vraiment dans les jeux du cirque. Dans cette conclusion, j'ai trouvé l'ensemble un peu terne. Dommage. En tout cas, il faut absolument voir les quatre films dans l'ordre.

Je passe à A vif! de John Wells (sortie le 4 novembre 2015) chaudement recommandé par Roland (Rock07) et je l'en remercie. Le titre français convient bien au rythme du film: cela va à tout allure. A Londres, Adam Jones, un chef cuisinier très talentueux essaye de se remettre en selle après avoir vécu l'enfer (drogue) et le purgatoire (écailleur d'huîtres  à la chaîne dans un bouge à la Nouvelle-Orléans). Adam Jones rêve d'être à nouveau reconnu par ses pairs en général et par le Guide Michelin en particulier. Il veut obtenir ses trois étoiles. Bradley Cooper qui interprète Adam Jones est très à l'aise. Il faut voir le film en VO car c'est l'occasion de l'entendre parler français avec un délicieux accent. A priori, le film n'est pratiquement plus à l'affiche. Empruntez-le en DVD quand il sortira, il est distrayant et vous donne envie de vous mettre aux fourneaux.

Je termine avec Strictly Criminal: "un film de gangster de plus, me direz-vous?" Oui, mais pas que. L'histoire est adaptée de faits réels. Dans les années 70, à Boston, James Bulger, frère d'un sénateur du Massachussetts, est un criminel violent qui devient, pendant plus de trente ans, un indic du FBI. Il va ainsi éliminer ses rivaux, en particulier un gang de la Mafia italienne, sur son territoire de Boston sud. La première apparition à l'écran de James Bulger est impressionnante, car c'est Johnny Depp qui endosse le rôle. Il est méconnaissable avec son regard bleu vitreux, ses dents noircies, et ses cheveux blonds et rares ramenés en arrière. J'ai aimé ce film malgré quelques scènes violentes.

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