vendredi 22 juin 2007

Bubble - Steven Soderbergh

Non, je ne parlerai pas d'Ocean 13 que je n'ai pas vu et que je ne verrai certainement pas. Ocean 11 était regardable mais je n'ai pas compris grand chose à Ocean 12. En revanche, Bubble sorti l'année dernière a été une bonne surprise. Interprété par des non professionnels, Bubble qui dure 1h15, est filmé en numérique. On pourrait croire que c'est un film expérimental, et bien pas du tout. Cette fiction montre une Amérique pas glamour pour un sou. Les principaux protagonistes, une femme obèse et un jeune homme travaillent dans un même usine qui fabrique des têtes de poupée.  Cette Amérique décrite est celle des petites gens qui ont souvent deux boulots et donc deux petits salaires afin de survivre. Tout finira mal pour la femme obèse. Même le juge à la fin de l'histoire est joué par un juge à la retraite dans la réalité. Soderbergh est célèbre depuis qu'il a reçu la Palme d'Or en 1989 pour Sexe, Mensonge et Vidéo. Je n'aime pas tout ce qu'il a réalisé mais s'il tourne des longs métrages à gros budget pour pouvoir faire des oeuvres comme Bubble, grâce lui en soit rendu.

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jeudi 21 juin 2007

Jeanne d'Arc - Robert Bresson

Vendredi 15 juin a été diffusé, sur une chaîne cablée, le film de Robert Bresson, Jeanne d'Arc (1962). Le film dure 62'. Le cinéaste, qui est aussi le scénariste, s'est inspiré des minutes du procès et de celui de la réhabilitation de la Pucelle, 25 ans après. Pour ceux qui ne connaissent pas l'oeuvre de Bresson, ce film est une bonne introduction. Les plans filmés sont serrés. Il ne filme pas seulement les visages mais aussi les jambes et les pieds. Il y a très peu de musique. Tout ce film est filmé pratiquement en champ/contrechamp. C'est un film excessivement bavard dans le bon sens du terme. Robert Bresson a filmé la quintessence du procès. L'image en noir et blanc est magnifique. Le reproche que l'on peut faire au film est sa durée, beaucoup trop courte. Si, si. Jeanne d'Arc est un grand film et une référence.

PS [du 08/01/2010]: je viens de le revoir en DVD (avec plein de bonus): le titre exact du film est bien Procès de Jeanne d'Arc.

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mercredi 20 juin 2007

La trilogie Pusher - Nicolas Winding Refn

Sortis l'été dernier, les trois films de cette trilogie danoise parus dans un coffret DVD, début juin 2007, valent la peine d'être vus. Ils étaient interdits aux moins de 16 ans et de 12 ans à leur sortie, surtout à cause des sujets et de certaines scènes assez gore notamment dans le 3ème. Pusher I (1996) suit le parcours d'un petit malfrat dealer de drogue à Copenhague, poursuivi par la police puis par un petit caïd de la drogue serbe à qui il doit de l'argent. On y aperçoit pendant une ou deux scènes un dénommé Tonny qui est le héros de Pusher II (2004). Le personnage est joué par Madds Mikkelsen (le méchant dans le dernier James Bond et acteur dans deux films de Suzanne Bier, Open Hearts et After the wedding). Dans Pusher II, il sort de prison. Il est le fils d'un vieux truand à la tête d'une bande organisée qui volent de belles voitures neuves et les revendent. Ce fils est un mal-aimé qui est humilié par son père. Il trouvera sa rédemption en découvrant qu'il est lui-même père. Dans Puher III (2005), on retrouve le caïd serbe de Pusher I avec des problèmes très terre-à-terre. Il marie sa fille. Il continue son business tout en assistant à des séances de groupe des Alcooliques Anonymes. Il aidera à faire disparaître des plus méchants que lui. Je pense que l'on peut voir les films séparément mais c'est bien de les voir à la suite. Moi, en tout cas, j'attends de voir le prochain film de Nicolas Winding Refn car il sait filmer, raconter des histoires et il sait diriger les acteurs.

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dimanche 17 juin 2007

Dialogue avec mon jardinier - Jean Becker

Le film de Jean Becker est une jolie surprise. Le titre Dialogue avec mon jardinier résume très bien l'histoire. Daniel Auteuil et Jean-Pierre Darroussin, excellents tous les deux, interprètent deux personnages excessivement attachants. Au début du film, anciens camarades d'élèves d'école primaire, ils se reconnaissent, 30 ans après. Daniel Auteuil, devenu un peintre reconnu, vit, à temps partiel, dans une grande maison en Province. Il est séparé de sa femme et de sa fille et a quelques passades avec des modèles. Il embauche Jean-Pierre Darroussin, retraité de la SNCF, jardinier à ses heures, pour faire des plantations nécessaires afin qu'il ait un beau jardin. Le film est une suite de dialogues savoureux entre les deux protagonistes. Leur rencontre changera la façon de peindre de l'un et peut-être sa vie. L'autre aura une fin douloureuse. Mais ce n'est pas triste. Je suis sortie heureuse de ce film très qualité France et qui fait du bien.

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vendredi 15 juin 2007

Vent mauvais - Stéphane Allagnon

Attirée par des bonnes critiques, je suis allée voir Vent mauvais, "petit" film français. Ne vous laissez pas dissuader d'y aller par l'affiche pas très porteuse. On passe un moment agréable pendant 1h30. Je ne connaissais pas le réalisateur, Stéphane Allagnon. Le scénario n'est pas mal écrit, même si à mon avis il y a quelques invraisemblances, comme la vétusté du système informatique par exemple qui joue un rôle moteur dans l'histoire. L'originalité réside en ce que cela se passe pendant une période de tempête, dans une région de Normandie en bord de mer, pas loin des îles anglo-normandes (paradis fiscal). Cela donne une atmosphère particulière de "no man's land" avec de beaux paysages de landes. Un jeune informaticien intérimaire (Jonathan Zaccaï), personnage un peu ahuri, doit réparer un système informatique dans un magasin de grande surface. Il découvre que la panne informatique est provoquée par un programme logiciel implanté dans le système permettant de falsifier les entrées de caisse. Le Directeur du magasin (Bernard Le Coq, veule à souhait), voulant augmenter sa retraite, est l'un des deux responsables de ces malversations. Son complice, créateur du logiciel, n'apparaît qu'en flash-back. Je n'en dirai pas plus sur l'intrigue dans laquelle s'entrecroisent d'autres personnages : une employée de l'hôtel (Aure Atika) où loge l'intérimaire qui en tombe amoureux, un pompier gardien nuit, un ex-employé du magasin, amoureux éconduit, à la mine patibulaire, un complice petit malfrat et très important, une femme trompée (Florence Thomassin). C'est un film qui prend son temps avec de l'humour même si ce n'est pas parfait. Tous les méchants ne sont pas punis mais c'est cela qui est bien. Je pense que c'est le premier film du réalisateur et il est prometteur.

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lundi 11 juin 2007

L'Avocat de la terreur - Barbet Schroeder

Je n'ai pas vu le documentaire que Barbet Schroeder a fait sur Idi Amin Dada en 1974, mais celui-ci, L'avocat de la terreur, est absolument remarquable. C'est pratiquement un film à suspense de plus de 2 heures qui retrace des pages d'histoire du terrorisme de 1954 en Algérie jusqu'à la fin des années 90. En effet,  Jacques Vergès semble s'être impliqué à vouloir défendre l'indéfendable aux yeux de beaucoup. Le documentaire débute par un plan moyen de Jacques Vergès donnant une explication face à la caméra sur le fait que "son ami" Pol Pot n'est pas le génocidaire que l'on dit. Au vu de photos de milliers de squelettes, Jacques Vergès admet qu'il y a eu des morts mais sans plus. Le film est une suite d'entretiens avec Jacques Vergès et de personnes qui le connaissent peu ou prou, de documents d'époques ou plus récents et d'extraits du film La bataille d'Alger de Gillo Pontecorvo (1966) tournés après les événements. Les seuls éléments biographiques donnés sur Jacques Vergès sont qu'il a un frère et qu'il est né d'une mère Vietnamienne et d'un père Réunionnais et qu'il a passé le CAPA (Certification d'Aptitude à la Profession d'Avocat). Son ami le dessinateur Siné dit que c'est un bon vivant aimant la bonne chère. Un journaliste émet l'avis que l'avocat s'est toujours senti un colonisé de par ses origines. Ceci explique peut-être ses "combats" pour la défense des poseurs de bombes en Algérie dont Djamila Bouared, qu'il épousa par la suite, des terroristes de la bande à Baader comme Magdalena Kopp ainsi que l'assassin de l'ancien ministre Iranien Chapour Baktiar, Anis Naccache. Il a défendu l'extrême gauche et droite, la cause palestinienne, etc. Il restera célèbre comme le défenseur de Klaus Barbie. C'est fascinant de l'entendre et de le voir raconter comment il s'est retrouvé seul et sûr de lui face à tous pendant ce procès qui a été filmé. Le personnage est très ambigu, ni antipathique, ni sympathique. Il a "disparu" sans laisser de traces entre 1970 et 1978. L'énigme n'est pas résolue. Il ne dit rien sur cette période. Et puis après tout c'est sa vie. Je m'arrête là mais ce documentaire pourrait se prêter à plusieurs billets tant il y a à dire. Inutile de préciser que je conseille ce film. 

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dimanche 10 juin 2007

Coeurs perdus - Todd Robinson

Coeurs perdus (Lonely Hearts) (2006) de Todd Robinson est un film très classique et très noir tiré d'un fait divers qui défraya la chronique à la fin des années 40. Un long-métrage, Les tueurs de la Lune de Miel (Honeymoon Killers) (1970), l'unique réalisation de Leonard Kastle, a déjà relaté cette histoire. Coeurs perdus est un long flash-back narré par un des policiers (John Travolta) qui, dans la réalité, était le grand-père du réalisateur. Ce dernier lui a dédicacé le film. Un homme, Ray Fernandez (Jared Leto), beau parleur, séduit les femmes esseulées qui ont de l'argent. Un jour, l'une d'entre elles, Martha Beck (terrifiante Selma Hayek), infirmière, deviendra son amante et sa complice. Après avoir dépouillé de leur argent les femmes séduites, ils disparaissent et trouvent d'autres victimes que Ray appâte en répondant à des petites annonces. Mais un facteur humain entre en jeu. Martha est jalouse et elle n'accepte pas que son amant puisse tomber amoureux d'une autre femme. Cela semblant se produire, les meurtres commencent au cours d'une odyssée sanglante. Là, le film bascule dans l'horreur. Les policiers sont à leur poursuite mais néanmoins plusieurs femmes, un vieux monsieur et une adorable petite fille sont massacrés par le couple qui sera appréhendé, jugé et condamné à mort. L'exécution par chaise électrique montrée de bout de bout est une expérience éprouvante pour le spectateur. Le film est vraiment à voir pour John Travolta et Selma Hayek et la reconstitution d'époque mais pas plus d'une fois.

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mercredi 6 juin 2007

Le Scaphandre et le papillon - Julian Schnabel

Le réalisateur américain Julian Schnabel est d'abord un artiste peintre reconnu. J'ai vu ses deux premiers films, Basquiat (1996), et Avant la Nuit (2000) avec Javier Bardem, que j'avais beaucoup appréciés. Le réalisateur a un ton bien à lui en insérant des images un peu psychédéliques. Le Scaphandre et le papillon (2007) est adapté de l'histoire de Jean-Dominique Bauby (Jean-Do), victime d'un accident vasculaire cérébral (AVC) qui lui a détruit le tronc cervical en le paralysant des pieds à la tête. Il ne pouvait plus contrôler que la paupière gauche. Pour voir ce qu'il voit, la caméra est l'oeil gauche de Jean-Do. Cela fait un drôle d'effet de ressembler à un scaphandrier dont le champ visuel est réduit en n'ayant aucune vision latérale et verticale. Le film est émouvant mais pas larmoyant. Au moment de recevoir son Prix de la Mise en Scène à Cannes, Julian Schnabel a dit que c'était un film qui célébrait les femmes. C'est vrai. Et j'ai été très touchée que ce soit un Américain qui fasse entendre aussi bien l'alphabet français qui devient une comptine. Magnifique film.

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dimanche 3 juin 2007

Abandonnée - Nacho Cerda

Je ne suis pas une grande passionnée du cinéma d'horreur auquel appartient Abandonnée (2007) de Nacho Cerda mais de temps en temps, je me laisse tenter. L'originalité de ce film, réalisé par un Espagnol, tient en ce qu'il est interprété en anglais par des acteurs d'origine russe. Il est très bien fait grâce à une bande son bruissante, craquante et inquiétante à souhait. Sauf une scène à la fin, on voit très peu d'effets "gore". Tout est plutôt suggéré et dans l'atmosphère. L'action se passe dans une maison abandonnée au milieu d'un paysage de forêt grandiose et très verte en Russie. En 1966, ont eu lieu de tragiques événements avec une maman et deux bébés. 40 ans plus tard, une quarantenaire vivant aux Etats-Unis, divorcée, une fille, débarque en Russie pour prendre possession d'une maison ayant appartenu à sa famille et dont elle est l'unique héritière, semble-t-il. Elle aurait mieux fait de rester aux Etats-Unis car comme je l'ai lu dans une critique : Famille, je vous hais ! Le film n'est pas exempt de défauts surtout certains effets appuyés mais le réalisateur est à suivre. Petite remarque : le titre original est The Abandoned (Les abandonnés) qui est plus exact que le titre français.

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samedi 2 juin 2007

13 Tzameti - Géla Babluani

13 Tzameti de Géla Babluani diffusé en mai et juin 2007 sur Canal+ est filmé dans un très beau noir et blanc. J'arrête là les compliments. Le film est un exercice de style à ne pas mettre sous les yeux des âmes sensibles (le film a été interdit aux moins de 16 ans à sa sortie en salle). Pour se donner des sensations, mieux que dans un jeu vidéo, des hommes se rassemblent dans un domaine à l'écart, dans une province du Centre de la France. Là, ils parient sur des hommes numérotés qui mettent leur vie en jeu à la roulette russe avec une seule balle dans le barillet. Chaque individu met en joue la nuque de son voisin. Une ampoule s'éteint, chacun tire sur l'autre. Certains s'écroulent morts. Je dois dire que l'on ne voit pas une goutte de sang, ce qui donne une certaine distanciation au propos. Les paris augmentent, le nombre de balles dans le barillet aussi. A la fin, le n°13 gagne. C'est un jeune ouvrier qui, par hasard, a pris la place d'un autre et se trouve pris dans cet engrenage infernal et complètement dérisoire. Le noir et blanc rend le propos du film irréel et c'est tant mieux. A vous de voir si vous voulez tenter l'expérience. 

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