jeudi 25 octobre 2007

Secret Sunshine - Lee Chang-Dong

Le titre original du film est Myliang du nom de la ville de Corée où se passe le film. Ce mot Myliang veut dire (en idéogrammes!) Ensoleillement secret (Secret Sunshine). C'est l'héroïne du film qui donne cette explication. L'histoire commence par l'arrivée en voiture de Séoul de Shin-Ae et son petit garçon. Elle a décidé de venir  s'installer dans la ville natale de son mari décédé récemment dans un accident de voiture. Elle doit trouver des élèves car elle donne des cours de piano. Mais on entend très peu de piano. En revanche, une tragédie la frappe. Son petit garçon est enlevé et tué car on la croit plus riche qu'elle n'est. L'heure et demie qui reste (le film dure 2h20) nous raconte comment cette femme Shin-ae désespérée trouve d'abord un soulagement grâce à la religion. Puis peu à peu, à cause d'un facteur déclenchant, elle sombre dans la dépression et tente de se suicider. Le film est assez éprouvant à voir mais surtout pénible à écouter. Quand les acteurs (trices) pleurent ou crient, la langue coréenne n'est pas agréable à entendre. C'est très geignard. Vu le sujet, on devrait être bouleversé. J'ai été surtout contente quand le film s'est terminé sur un plan fixe de cheveux coupés qui s'envolent.

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dimanche 21 octobre 2007

Le dictateur - Charlie Chaplin

Film sonore plus que parlant, le Dictateur (1940) de Charlie Chaplin, qui a été diffusé le 14 octobre sur Arte, est ce qu'on peut appeler un chef-d'oeuvre, un vrai. Le plus frappant est que Chaplin, à quelque jours près, était l'exact contemporain d'Hitler. Le film raconte comment un petit barbier juif, sosie d'un dictateur nommé Hinkel (Hitler) en Tomanie, après moult péripéties, se trouve à prendre sa place à la fin de l'histoire pour prêcher la paix et la fraternité. Précédemment, on aura assisté à la montée de la folie d'Hinkel qui veut devenir le Dictateur du monde entier. Et pourtant, il a un rude adversaire en la personne de Napaloni (Mussolini), le Dictateur de Bactérie. Plusieurs scènes d'anthologie restent dans les mémoires. Quand Hinkel fait un discours avec un micro qui se recroqueville devant la logorrhée haineuse, ou quand Hinkel se sert de son "fondement" pour jouer avec une planète Terre en forme de ballon qui éclate à la fin. Concernant la scène où le barbier avale puis régurgite des pièces de monnaie, je ne sais si le terme "morceau de bravoure" est approprié. Et le film est bourré de gags de cet ordre. On ne peut que saluer l'artiste pour cette oeuvre tragique et drôle à la fois.
J'ai aussi visionné les "bonus" qui figurent sur le DVD édité par MK2. Il contient notamment des films amateurs tournés en couleur par Sidney Chaplin, frère de Charlie, sur le plateau de tournage du Dictateur. Par exemple, une scène de fin alternative qui devait succéder au discours final, ou une scène de bal coupée au montage. On s'aperçoit aussi que, pour obtenir la nuance de gris souhaitée par Charlie Chaplin qui filmait en noir et blanc, les vêtements devaient avoir une couleur précise (comme des pantalons rouges pour la milice du dictateur). Ces images en couleur donnent une vision totalement différente de l'oeuvre que nous connaissons.

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jeudi 18 octobre 2007

This is England - Shane Meadows

Ce film, This is England de Shane Meadows, confirme que les Anglais savent très bien raconter des histoires dans un contexte historique précis. Il se déroule un an après la guerre des Malouines entre l'Argentine et la Grande-Bretagne. Au début et à la fin de This is England, des images d'actualités sont montrées. Le réalisateur, dont je crois que c'est le premier film, en a écrit le scénario assez largement autobiographique. L'histoire se déroule dans une petite ville du Yorkshire avec des habitations HLM pas entretenues où tout suinte la pauvreté, le chômage et le racisme latent. Le film est l'itinéraire d'un gamin, Shaun, orphelin de père mort au combat, âgé d'une dizaine d'années en 1983 (nous sommes en plein "Thatchérisme"). Tout va mal pour Shaun en ce dernier jour de l'année scolaire. De retour vers chez lui, il rencontre une bande de jeunes punks plutôt désoeuvrés qui le prennent sous leur protection. Sa vie va changer. Il devient un petit dur et se fera "Skinhead" sous l'influence d'un certain Combo, néo-nazi, sorti de prison depuis peu. Le film est aussi dur que l'univers décrit mais de temps en temps perce une certaine humanité. On découvre même Combo, transi d'amour pour une fille qui le repousse. A la fin, on ne sait pas ce que devient Shaun qui connaît trop vite le monde des adultes. Mais grâce à sa maman, on peut espérer qu'il s'en sorte.  Les comédiens sont tous remarquables avec une mention spéciale pour Thomas Turgoose (Shaun) et son air buté de petite teigne, mais qui arrive à être attachant. En revanche, l'ère "Thatcher" ne semble pas avoir été une "rigolade" pour cette Angleterre ouvrière. 25 ans plus tard, je ne suis pas sûre que cela aille beaucoup mieux.

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mardi 16 octobre 2007

Le Dernier voyage du juge Feng - Liu Jie

Film sorti récemment dans quelques salles à Paris et peut-être en province, Le Dernier voyage du juge Feng est, d'après le réalisateur, le reflet d'une certaine Chine du 21ème siècle. Ce film, plus tragique que comique, raconte une histoire originale d'un juge, de sa greffière (sur le point d'être mise à la retraite à 46 ans parce qu'elle n'est pas assez diplômée) et d'un jeune, frais émoulu tout droit sorti de l'université. Le juge Feng et les deux autres sont des itinérants, chargés de leurs dossiers et de l'emblème national transportés par un âne. Ils vont de village en village, pour juger des affaires qui peuvent paraître saugrenues mais qui sont importantes pour tous ces villageois qui ne parlent souvent que le dialecte local. Par exemple, un paysan demande qu'un cochon, qui n'est pas à lui, soit puni pour avoir déterré les restes d'ancêtres enfermés dans une urne. Pour éviter une rixe, le juge achète ledit cochon et l'emporte. Deux belles-soeurs se battent pour une cruche que le juge finit par casser. Un couple décide de divorcer, la maison du couple appartient au mari, mais c'est la femme qui le squatte et ne veut pas partir. Devant le juge, elle pousse tellement de jérémiades que le mari renonce au divorce et se reconcilie avec elle. Entre toutes ces affaires à juger, on fait mieux connaissance du juge qui semble avec un tendre sentiment pour la greffière qui n'y est pas insensible. Le jeune, pendant ce premier périple, va beaucoup changer. Et le juge, parce qu'il perd une dent, décide d'arrêter son activité. La fin du film est aussi abrupte au sens propre qu'au sens figuré. J'ajouterai que certains plans de paysages sont magnifiques et les personnages sont extrêmement attachants.

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lundi 15 octobre 2007

Meurtre dans un jardin anglais - Peter Greenaway

Réalisateur anglais que j'ai beaucoup aimé à la fin des années 80, Peter Greenaway se fait plus discret depuis quelque temps. Et je le regrette. Je l'ai découvert grâce à un film qui a eu une grande notoriété, Meurtre dans un jardin anglais (The draughtman's contract, 1982). L'histoire est résumée dans le titre du film. Mr Neville (Anthony Higgins), peintre de son état, est engagé par Mrs Herbert(Janet Suzman) pour réaliser 12 esquisses du jardin de la propriété du couple Herbert. Mr Neville a la malchance de dessiner ce qu'il n'aurait pas dû : le meurtre de Mr Herbert dans le dit jardin. Entre deux dessins, Mr Neville a des relations intimes avec Mme Herbert. Devenu témoin gênant, il aura un destin tragique. Peter Greenaway, avant d'être réalisateur, a été monteur, et c'est un peintre avec une certaine notoriété. Cela se sent dans son cinéma. Tous les plans sont très travaillés. Les mathématiques et les formes géométriques ainsi que le jeu sur les couleurs jouent aussi un rôle important. On pourra critiquer que le cinéma de Peter Greenaway ne dégage pas d'émotion, que l'on n'est pas ému ou que c'est un peu trop cérébral. Mais, esthétiquement, on peut éprouver un grand plaisir des yeux et des oreilles pour ceux qui aiment Michael Nyman, compositeur attitré des films de Peter Greenaway.

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jeudi 11 octobre 2007

La Colline des hommes perdus - Sydney Lumet

Suite aux conseils et avis de Karamzin et Hartigan sur The Offence (voir les commentaires sur mon billet du 30 septembre), je me suis procurée, en DVD, La colline des hommes perdus (The Hill) de Sydney Lumet (1965) adapté d'une pièce de théâtre. Je viens de le voir confortablement avec mon ami. Effectivement, c'est très très bien et on est passionné dès le début en se demandant ce qui va se passer. Cela se déroule dans une prison militaire anglaise en Afrique pendant la seconde guerre mondiale. Sean Connery fait partie d'un groupe de 5 prisonniers britanniques qui viennent d'y arriver, condamnés pour des larcins ou insubordination. Dans cette prison à ciel ouvert qui s'avère être un enfer, les détenus subissent des punitions dont celle de la colline. Chargés d'un lourd barda, ils doivent grimper une haute dune de sable en plein soleil avec une température africaine. Ils endurent les humiliations des geoliers, anglais eux aussi. Parmi les 5, certains archétypes de personnalités sont représentés. Un noir nommé Jacko King en butte au racisme de tout le monde mais qui à la fin ne se laisse pas faire. Un "gros" lâche et bête qui ne supporte pas les 4 autres. Joe Roberts (Sean Connery) qui résiste aux mauvais traitements mais à quel prix. Enfin, un dénommé Stevens (marié mais vulnérable) qui succombe à une insolation. A partir de là, la machine à "mater" les prisonniers s'enraye. Mais l'histoire ne se finit maheureusement pas comme on peut l'espérer. Sean Connery est remarquable dans son rôle de prisonnier qui résiste. Les autres comédiens, maintenant tous décédés, sont peu ou pas connus du grand public mais tous excellents. Je citerais particulièrement Harry Andrews dans le rôle du responsable du camp qui a "une gueule". Un autre acteur, Ian Bannen, interprète d'Harris, un gardien, qui se ralliera aux prisonniers, donne aussi la réplique à Sean Connery dans The offence. Sidney Lumet signe là un film en noir et blanc méconnu qui mériterait d'être connu du grand public. Je le recommande.
Petite remarque : on peut se demander pourquoi pour le titre français, on a rajouté "des hommes perdus" qui ne veut pas dire grand-chose quant à l'histoire. 

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mardi 9 octobre 2007

Lawrence d'Arabie - David Lean

Lawrence d'Arabie (1962) de David Lean (1908-1991) fait partie de mes films fétiches vu lors d'une ressortie sur grand écran. L'entrée des chameaux à gauche de l'écran qui ressortent à droite est une vision inoubliable ainsi que les images du désert et des dunes à perte de vue. Juste avant que le film démarre à proprement parler, les spectateurs écoutent pendant 5 minutes la musique d'ouverture de Maurice Jarre devant un écran noir et puis le film commence et la magie opère. On apprend, en découvrant la première séquence, la fin accidentelle de Thomas Edward Lawrence en 1935. Et après, pendant 3h15, avec un entracte, on assiste à une épopée lyrique, romantique et guerrière avec des chameaux qui courent aussi vite, voire plus, que les chevaux. L'histoire se déroule en 1916, pendant que l'Europe est ravagée par la 1ère guerre mondiale. Lawrence, qui fait partie de l'Etat-Major britannique au Caire, aidera les Arabes à lutter contre les Turcs. Suite à la prise d'Aqaba qui est un moment phare du film, Lawrence devient une légende pour les Arabes et la situation géopolitique de cette partie du monde sera à jamais bouleversée. Peter O'Toole, qui avait 30 ans, deviendra une star grâce à ce film. David Lean était aussi virtuose dans les scènes avec un grand nombre de figurants (il faut tous aller à Aqaba) que dans l'intime. Film phare du 7ème art à voir et à revoir.

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samedi 6 octobre 2007

Un secret - Claude Miller

Ayant été influencée par certaines bonnes critiques et par un battage médiatique, je viens d'aller voir Un secret, le dernier film de Claude Miller. J'ai été très déçue. Dès le milieu du film, on devine le secret. L'intérêt pour le film s'estompe très vite. Les comédiens ne sont pas vraiment en cause mais je n'ai pas trouvé que Patrick Bruel était très convaincant. Les oeillades entre lui et Cécile de France ne sont pas spécialement subtiles et elles sont souvent répétées de peur que le spectateur ne comprenne pas ce qui se passe. On est dans l'académisme. Vu le contexte historique tragique de la deuxième guerre mondiale, je m'attendais à plus de finesse de la part d'un réalisateur qui nous avait habitué à mieux avec La Petite voleuse (1988), l'Effrontée (1985) et Garde à vue (1981). Il est vrai que ces trois films ont plus de vingt ans. Certaines images saccadées au début du film n'ajoutent rien et puis le maquillage pour vieillir les protagonistes n'est pas du meilleur goût. Je pense qu'il vaut mieux lire le court roman de Philippe Grimbert dont est adapté le film.

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mercredi 3 octobre 2007

Excalibur - John Boorman

A l'époque, c'était la première fois que je voyais un film en salle deux fois. Excalibur de John Boorman (1981) reste pour moi une révélation et une très grande oeuvre. D'abord c'est la musique de Carl Orff, Carmina Burana, en musique additionnelle. Excalibur du nom de l'épée du roi Arthur retrace la légende de ce roi, la trahison de Guenièvre avec Lancelot et la rivalité entre Merlin et la fée Morgane. Le film en compétition à Cannes avait reçu le prix amplement mérité de la meilleure contribution artistique. Personnellement, je lui aurais donné une plus haute distinction. Les images sont souvent crues et violentes. Je me rappelle des corbeaux qui mangent les yeux des pendus. Certaines scènes sont sexuellement explicites. Deux scènes me restent en mémoire : la scène d'amour entre Igrayne (Katrine Boorman) et Uther Pandragon (Gabriel Byrne) qui la berne en se faisant passer pour son mari. L'autre est celle entre la Fée Morgane (Helen Mirren) qui prend l'apparence de Guenièvre et a une relation sexuelle avec Arthur (Nigel Terry) qui se trouve être son demi-frère. Je n'ai pas lu le roman de Thomas Malory dont est adapté Excalibur mais je pense que John Boorman recrée bien l'intemporalité de cette époque du fin fond des âges pleine de sang et de fureur. Si vous ne l'avez jamais vu, essayez de vous procurer le film en DVD. Cela en vaut la peine.

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dimanche 30 septembre 2007

The Offence - Sidney Lumet

Film inédit (en tout cas en France) de 1972 qui vient de sortir dans une seule salle à Paris, The Offence de Sidney Lumet met en scène Sean Connery dans un contre-emploi loin de son rôle de James Bond. Inspecteur moustachu, il est en proie à des démons intérieurs. Des images d'anciennes enquêtes le hantent. Des jeunes filles ont disparu, quand on les retrouve, elles sont mortes étranglées. Il mène l'enquête. Un suspect sera arrêté. Mais est-il coupable? L'inspecteur lui-même a-t-il quelque chose à se reprocher? Tout le film est filmé dans des tons gris métallisés. La musique est crissante. C'est un film à l'atmosphère pesante. The Offence était resté inédit car le personnage de Sean Connery est vraiment très sombre et à l'époque, on a pensé que cela nuirait à son image. Pourtant, j'ai lu dans le prospectus de 2 pages, distribué à l'entrée de la salle où j'ai vu le film, que c'était un des films préférés de Sean Connery.

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