lundi 1 décembre 2008

500ème billet (en route pour le millier)

Et vlan! A chaque centaine de billets, c'est la même chose. Habitude est prise de récapituler quelques informations sur mon blog et ce que je perçois de la blogosphère. Du coup, ce billet-ci a été commencé il y a près de 6 mois.

Je vais commencer par renvoyer mes lecteurs vers mes "bilans" précédents:
100ème billet du 17/04/2007
200ème billet du 26/07/2007 (Rythme de vision de films ou de lectures et congé estival)
300ème billet du 26/11/2007 (Comment faire vivre un blog - petits trucs et questions existentielles)
Premier anniversaire (09/01/2008)
400ème billet du 23/05/2008 (Plein de lettres et pas mal de chiffres)

Quelques considérations actualisées, maintenant. Aucun des chiffres annoncés n'a diminué, ils croissent régulièrement, à un rythme variable. Avec le travail de fin d'année dans ma boîte, qui m'épuise nerveusement, physiquement, intellectuellement, je "blogue" beaucoup moins, j'ai plus d'un mois de "retard de prospection". J'ai à peine le temps de découvrir deux nouveaux blogs par-ci, d'en retourner voir trois visités il y a un an par-là...

Sur le mien, je frôle les 300 personnes différentes (290 identifiées, au 30/11/08) qui m'ont laissé au minimum un commentaire (dont une cinquantaine sans avoir de blog elles-mêmes). Près d'une centaine se sont classées dans ma catégorie "fidèles lecteurs" avec lesquels j'entretiens des échanges de commentaires réguliers. Ce "corpus" de fidèles lecteurs n'est pas figé, mais augmente (sans beaucoup de régularité, mais en fonction des efforts que j'y investis), tant en nombre qu'en "fidélisation". Et désormais, l'un d'eux (Ffred pour ne pas le nommer!) m'a fait à lui seul plus de 100 commentaires (en près de 18 mois), talonné de près par Wilyrah, et plusieurs autres n'en sont plus très loin (si le rythme actuel se maintient, c'est l'affaire de quelques mois). Les 30 plus assidus (10% des presque 300) totalisent à ce jour 1329 de mes commentaires reçus, soit la moitié! Exactement, j'en cumule 2654 au 30/11/2008. Autrement dit, en un an, j'ai eu pratiquement 2000 commentaires de plus que ce que j'avais compté pour mon 300ème billet du 26/11/2007 (mais je triche: dans un cas, j'enlevais les miens; ici, je les compte dans le total!).

Mon blog est désormais "en lien" dans une centaine d'autres (parfois, je le découvre par hasard, n'ayant jamais reçu ou rendu de visite "productive"!). Une journée sans que je reçoive un seul commentaire est désormais exceptionnelle; je suis un peu déçue les jours où j'en ai seulement 2 ou 3. En "vitesse de croisière", j'en valide 5 ou 6 par jour, et ceci simplement en publiant mon nouveau billet tous les 2 jours, et en rendant les commentaires reçus (sans rêver de lire la totalité de la blogoboule).

Je le sais désormais: n'étant pas une professionnelle, mes propres billets ne sont pas consultés à cause de ma célébrité personnelle ni pour leur intérêt propre, mais parce que j'entretiens un "réseau" d'échanges avec d'autres blogueuses (surtout livres?) ou blogueurs (surtout cinéma?). J'insiste sur le mot échange: quand je vais chez les autres, je lis ce qu'ils écrivent, et je fais mes commentaires sur ce sujet. Un commentaire qui dit vaguement "super ton blog, viens vite lire le mien", ce n'est PAS de l'échange, c'est du parasitisme pur et simple. Bien sûr, établir des "liens" (au sens humain, pas au sens informatique), c'est long. Mais que de richesse supplémentaire pour les deux parties! Pour la réciprocité des liens (liens de blog, cette fois), je suis partie sur une approche purement comptable. Il faut vraiment qu'un blogueur ne "joue pas le jeu" pour que je décide de ne pas le mettre en lien même s'il remplit "mes" conditions objectives (5 commentaires sur au moins 5 billets, rédigés sur au moins deux jours). Une seule personne (se reconnaîtra-t-elle?) n'y figure pas. Il s'agit d'un journaliste extrêmement actif dans la promotion de ses propres livres. Il a l'air de penser que l'univers des blogs sert uniquement à cela. J'ai eu une ou deux fois l'occasion de lui écrire ce que j'en pensais, sans grand effet semble-t-il. Si j'ajoute qu'il a pour prénom le patronyme d'un célèbre auteur de Pensées, certains l'identifieront peut-être? En ce qui concerne la "censure" de commentaires, j'en ai seulement supprimé 3 ou 4 depuis mes débuts (un sur Les bienveillantes, un "SPAM" pur et simple, et deux de la personne désignée ci-dessus). Pour ma part, il m'est arrivée récemment de m'apercevoir qu'un blogueur avait remplacé un mot de mon commentaire sur son blog par "xxxxxxx". Cela parce que le mot risquait de faire "spoiler" (soit - mais je n'y aurais pas pensé moi-même). 

Par ailleurs, avec bientôt deux ans de recul, je commence à m'interroger sur la durée de vie d'un blog? J'en ai vu déjà un certain nombre "passer en sommeil"... Rares semblent ceux qui fêtent leurs 4 ans (que dire alors de ceux qui célèbrent leur 6ème anniversaire, tel Naindien?!). Et un blog qui ne bouge plus est un blog mort, indépendamment de la qualité de son contenu "stocké" (contrairement à un site internet?).

Dans cette dernière "centaine", j'ai vraiment changé de rythme: ainsi, cet été, j'ai rédigé une série de "films deux par deux" (7 en tout, soit 14 films). J'ai également, cette année, regroupé à 4 reprises 2 romans sur un billet. Et mes billets "films vus et non commentés" en ont regroupé 32 en 9 billets. A mes débuts, ça m'aurait fourni 54 billets et pas 20 (mais ils étaient bien plus courts). En tout cas, seuls quelques-uns de mes billets de 2007 apparaissent encore dans mes 50 billets les plus commentés (soit 10%, qui totalisaient 845 commentaires au 30/11/2008). Or l'essor de mes commentaires datant de 2008, cela prouve bien que rarissimes sont les blogueurs à se plonger dans les "archives" d'un blog ET à éprouver l'envie de les commenter. Lorsque cela se produit, ça n'en a que plus de valeur!

En ce qui concerne les statistiques fournies par canalblog (ou d'autres plate-formes de blog), je persiste à penser que le «nombre de pages vues» n’est pas très signifiant. Typiquement, ceux qui arrivent par Google ne regardent que la seule page sur laquelle ils sont arrivés (et on peut supposer qu’ils ne jugent pas le blog intéressant puisqu’ils ne l’explorent pas plus outre). De la "page vue" n'est pas de la "page lue". Mais ils comptent pour «1». A l’inverse, les «visiteurs connus» peuvent représenter un petit nombre de personnes différentes, mais qui viennent plusieurs fois dans la journée (une session ne dure que 30 minutes, et un visiteur est considéré comme déjà connu s'il se connecte à nouveau au blog après 30 minutes). Comme toute blogueuse qui analyse ses statistiques (je suppose), j'ai par ailleurs constaté que des blogueurs peuvent se connecter depuis plusieurs "adresses IP", voire passer par un système (américain?) qui génère une adresse IP différente pour chaque page vue (outil qui semble utilisé par plusieurs blogueurs - avec du coup parfois la même adresse IP!). Et sans parler de mes propres visites ou de celles de mon ami, qui comptent parfois pour la moitié des "visiteurs connus". Autant, donc, pour ces chiffres bruts - et bêtes.

Pour finir, je remarquerai que plusieurs de mes commentateurs les plus fidèles (dans mon "top 20") se sont pausés cette année, alors que d'autres ont pris leur essor et vont se substituer à eux. Certains semblent avoir regroupé leurs efforts (mes chers J & K?), d'autres sont revenus après une fausse sortie, parfois plus prolixes qu'auparavant (Eelsoliver, qui en a profité pour recruter plusieurs contributeurs). Parfois, le blog est abandonné au profit (?) d'une ambitieuse véritable "publication en ligne" (exemple, Fanes de carottes, pour lequel Ekwerkwe avait renoncé un moment à son propre blog).

Il reste certainement encore des problématiques et des angles que je n'ai pas abordés dans ce billet. Ce sera peut-être pour le 2ème anniversaire de mon blog, dans quelques semaines! En tout cas, je constate que mon idée d'afficher et de tenir à jour le nombre de commentaires (avec première et dernière dates) faits chez moi par les blogs figurant dans mes "liens d'amis" n'a pas fait école: j'ai l'impression que seul le blog "Dasola" est assez cinglé pour gérer ça! Merci encore à DN (1).

(1) En janvier 2009, mon ami (qui m'a assisté incognito pendant 2 ans pour le secrétariat de rédaction et les statistiques du blog) accepte de dévoiler qu'il parcourt les blogs sous le pseudonyme de "Ta d loi du cine".

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vendredi 21 novembre 2008

Sondages alimentaires rue de Rivoli à Paris

Je travaille dans le 1er arrondissement à Paris. Tant mon ami que moi voyons, régulièrement, des sondeurs qui "racolent" les passants pour leur faire déguster des produits alimentaires à la demande de telle ou telle marque qui souhaite recueillir l'avis des consommateurs. Ces derniers mois, c'était une fois pour du saucisson, trois jours plus tard, pour de la féta. Et, sur un autre trottoir 500 m plus loin encore une autre fois, pour de la bière (là, ils ciblaient exclusivement les messieurs semble-t-il!). Ou bien enfin, du jus d'orange. Les sondeurs ou sondeuses, souvent par mini-groupes de 2 ou 3, accostent chacun tel ou tel passant, selon, sans doute, des "quotas" précis (il leur faut tant de femmes, tant d'hommes, de tel ou tel âge et CSP [catégorie socio-professionnelle]...). D'abord, ils vérifient tous que ni nous ni un membre de notre famille ne travaillons pour un institut de sondage. Ensuite, ils nous évaluent en 2 ou 3 questions sur nos rapports avec le produit sur lequel porte l'enquête: consommons-nous tel produit? Quelles marques en notoriété spontanée? Et, plus particulièrement, est-ce qu'on achète [telle ou telle marque]? Si non, en général, ça avorte. Si oui, on est parti pour "ça prendra seulement quelques minutes!" vers un local spécialement aménagé (tables et chaises) dans tel ou tel immeuble tout près. En chemin (faut pas perdre de temps!), on nous demande en général âge, des fois profession, et la composition du foyer. A un moment ou un autre, il faudra fournir nom et coordonnées (téléphone), "en cas de vérification par l'institut de sondage". Et, non, nos coordonnées ne seront pas exploitées commercialement! Une fois arrivés, il y a en général un ordinateur. On apporte les échantillons à déguster (un par un). Chacun doit être analysé (apparence, consistance, goût, ...). Qu'en pense-t-on? Est-il assez, suffisamment, trop, pas assez... ceci? Puis cela? Et par rapport à l'échantillon suivant? Et au suivant encore (jusqu'à 4 parfois)? Bien entendu, le test se fait "à l'aveugle", le sondé ne peut savoir si 2 échantillons ne seraient pas en fait identiques. Des fois, c'est le sondeur qui saisit les résultats sur l'ordinateur, mais il est arrivé à mon ami de déguster ET de devoir remplir lui-même les quelques dizaines de questions sur l'ordinateur (une fois, il a reçu à la fin un petit cadeau imprévu: une place UGC!). La règle du jeu à respecter, c'est bien sûr de répondre avec sérieux, mais c'est souvent difficile, les différences sont infinitésimales... ou, ma foi, ne permettent pas de dire qu'on "préfère" tel produit à tel autre! Alors, si ce sont ces données collectées (à quelques centaines ou même quelques milliers d'exemplaires) qui déterminent ce qui nous sera proposé par nos industriels (la quantité de sucre, de sel, de gras, d'additif de synthèse... en fonction, certainement, du coût du produit fini), pauvres de nous! En fait, il y aurait je pense une véritable étude de sociologie à faire par un laboratoire universitaire, qui financerait une équipe de faux sondeurs, faisant tester strictement le même produit, mais étudiant les éventuelles différences de réactions selon ce qui est "suggéré" aux sondés (est-ce que le 2ème est plus ceci ou moins cela? Lequel des deux (ou 3, ou 4!) est le plus ou le moins ceci ou cela?). Par contre, évidemment, ça risquerait de mettre au chômage un certain nombre de boites spécialisées... et de pauvres enquêteurs de rue! Pour finir, mon ami m'a raconté comment un des sondeurs n'arrêtait pas de le remercier d'avoir accepté de le suivre: "c'est sympa!", au point qu'il s'est posé, et lui a posé, la question de savoir s'il se fichait de lui? Mais l'autre, et ses collègues, se sont récriés (avec sincérité semble-t-il) qu'ils galéraient tellement, qu'on leur rendait un vrai service en participant sans façons à leur enquête. Alors, si par hasard vous passez rue de Rivoli à Paris, soyez donc attentifs...

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lundi 3 novembre 2008

"Gag" de la Toussaint (1er novembre 2008)

Avant-hier, samedi 1er novembre, était un jour férié (pour ceux qui l'ont oublié). Des personnes de ma connaissance étaient désireuses ce même jour d'aller voir une exposition temporaire dans un musée de la Ville de Paris. Nous consultons l'Officiel et autre Pariscope où sont indiqués les jours d'ouverture du musée: du mardi au dimanche sauf certains jours fériés (sans autre précision). On peut appeler un numéro de téléphone. Ce qui fut fait. Une sympathique voix enregistrée nous a redit la même chose que sur le support écrit et elle a ajouté que pour plus de renseignements (comme l'ouverture les jours fériés par exemple), il suffit de consulter le site internet. Ce qui fut fait (il n'avait pas bougé). A part l'adresse, les jours d'ouverture (comme le support papier) et le numéro du standard, on n'a pas su si ce f**** musée était ouvert, ou pas, ce samedi 1er novembre 2008 de 10h à 18h.

PS: Quelqu'un s'est rendu sur place, le musée était effectivement fermé car c'était un jour férié. Beaucoup de gens étaient déçus.

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mercredi 15 octobre 2008

Avant-première d'un film - "coup de gueule"

Je commence à en avoir assez de ces avant-premières où on vous allèche avec une éventuelle séance de questions/réponses avant ou après la séance et au bout du compte: RIEN. Après Séraphine, j'ai assisté à une des nombreuses avant-premières de Le crime est notre affaire avec l'irrésistible duo Catherine Frot / André Dussollier. Cela se passe dans un grand complexe des Halles au centre de Paris. D'abord, avant d'entrer dans la salle, j'ai noté un service d'ordre privé mais pas trop musclé qui régulait la foule. Ce n'est pourtant un concert de rock, non mais! Une fois introduite dans la salle, une jeune femme nous a annoncé qu'il y avait des rangées réservées à des "happy few" (devant et plus haut). Les "happy few/spectateurs" devaient avoir un petit carton, véritable sésame pour pouvoir s'asseoir dans les rangées sus-mentionnées. Je ne comprends pas ces privilèges: l'abolition des privilèges a été prônée dans la nuit du 4 août 1789, non mais! Et le fait d'avoir payé sa place ou d'être invité(e) gratuitement n'est pas la question (pour ma part, je suis entrée avec ma carte UGC illimitée). Surtout qu'au bout du compte, à la fin de la projection, les acteurs et techniciens (Catherine Frot et André Dussolier, entre autres), n'ont rien dit de particulier et 5 minutes après le générique de fin, tout le monde s'est éparpillé. J'aimerais connaître l'intérêt de mobiliser autant de monde. Ah si, une chose, les comédiens se sont fait mitrailler par les appareils-photos numériques. Sans rien enlever des qualités du film que je chroniquerai dans un billet futur [chroniqué le 27/10/2008], ce n'est jamais qu'un film parmi d'autres dans une salle où je me rends régulièrement: grande salle, grand écran mais rien d'exceptionnel.

PS: Le film sort aujourd'hui, mercredi 15 octobre 2008.

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mardi 14 octobre 2008

Impressions sur l'Est canadien (fin)

Montréal et Québec
De Montréal, je retiens les 33 km de ville souterraine (galeries commerciales, bureaux, hôtels) où les Montréalais se réfugient l'hiver par des températures de -20° ou -30°. Pour creuser cette ville, des bâtiments en surface ont été soulevés: une église par exemple (ce n'est pas une blague), j'en ai vu des photos. Ce furent des travaux proprement pharaoniques.
Nous avons été dans le vieux Montréal (au bord du Saint-Laurent), qui n'est pas grand, mais là se situe la basilique Notre-Dame de Montréal (où s'est marié Céline Dion), que je n'aurai pas eu le plaisir de visiter (fermeture à 16H30). Petit conseil, l'entrée est gratuite pour les fidèles qui ne veulent que prier. Les touristes (avec leurs appareils-photos) doivent s'acquitter de 5 dollars canadiens. En revanche, j'ai pu prendre en photo une bouche de station de métro tout droit venue de Paris.
Le Biodôme, que j'ai déjà évoqué, a été ouvert en reconvertissant le vélodrome construit pour les Jeux Olympiques de Montréal (1976). A l'intérieur, il présente beaucoup d'animaux vivants (dont un castor) en reconstituant leur biotope naturel (de 4 types différents, nous a-t-on dit, même si cela ne m'a pas semblé très évident). [site: http://www.biodome.qc.ca]. Juste à côté du biodôme, se trouve le stade Olympique dont le toit, qui à l'origine était mobile, s'est effondré. On l'a remplacé par un toit/couverture fixe et l'on distingue bien la transition aluminium/béton. Un genre de tour penchée surmonte l'ensemble: on peut y monter en ascenseur et bénéficier d'une belle vue sur la ville.
Québec a été fondée par Samuel de Champlain en 1608. On peut partager Québec entre la Haute ville ceinte de remparts et de quelques portes et la vieille ville en contrebas. Sur les hauteurs se dresse le célèbre et imposant "Château Frontenac". Contrairement à ce que l'on pourrait penser, il ne s'agit pas d'un patrimoine historique "d'époque", mais d'un palace construit comme tel au XIXème siècle. Par contre, comme cette année était célébré le 400ème anniversaire de la fondation de la Ville, nous avons pu voir les vestiges d'un fort datant, lui, de cette époque, que des fouilles ont mis au jour et présenté au public pour l'occasion. Mais notre séjour dans cette ville a malheureusement souffert d'une pluie ininterrompue. J'ai quand même pu apprécier la Place Royale et sa statue de Louis XIV. En revanche, j'ai trouvé porte close (une fois de plus) devant les portes de la cathédrale Notre-Dame de Québec: fermeture à 16H30.
Près de l'hôtel où nous séjournions, on ne voit plus que la façade très abimée (le reste a entièrement brûlé en avril de cette année) du Manège militaire, bel édifice dont l'intérieur était en bois et qui datait de 1883, un des joyaux architecturaux de Québec. Nous avons aperçu les dégâts sous deux angles, d'abord depuis notre hôtel, ensuite, de plus haut, depuis un restaurant panoramique. Triste spectacle. On ne sait pas encore si la reconstruction du bâtiment se fera.

 

Parcs naturels, paysages, ethnologie
Nous avons fait une étape sur le site de Miguasha, des falaises en bord de mer remontant au "Devonien" (370 millions d'années - "à quelques millions d'années près", comme dit la brochure achetée sur place). Ce site est mondialement célèbre pour les fossiles très bien conservés que l'on y a découverts depuis le XIXème siècle jusqu'à des campagnes de fouilles scientifiques continuant de nos jours. En soi, le site n'est guère impressionnant; mais, au Musée, nous avons bénéficié d'une présentation bien instructive par une jeune conférencière très enthousiaste et dynamique.
On nous a beaucoup parlé du fait que les Laurentides soient les plus vieilles montagnes de la planète, en contraste avec les Appalaches qui sont les plus jeunes. Il paraît que cela explique que les forêts des Laurentides soient bien plus fournies.
Le programme prévoyait une excursion sur le Mont Tremblant (auquel on accède par un téléphérique). Je n'ai pas trouvé le panorama exceptionnel. Pour ma part, j'aurais préféré pouvoir consacrer davantage de temps à la visite d'Ottawa.
Je me suis acheté un petit bijou au "Village des Hurons", une véritable petite entreprise qui présente cette civilisation reconstituée sous forme d'une sorte de "parc touristique". [
Site: http://www.huron-wendat.qc.ca]. J'ai retenu de notre visite que ce nom de tribu, "Huron", a été donné par les Français parce qu'ils trouvaient que la "crête" de cheveux conservée au sommet du crâne faisait penser à une hure de sanglier. Les propriétaires du parc sont eux-mêmes descendants de Hurons (la tribu a survécu en subissant le métissage avec les Blancs). Mon ami m'a signalé avoir été frappé en lisant dans un livre que je lui en ai ramené, Les Hurons-Wendats, que l'auteur, Georges E. Sioui, remerciait la "directrice, secrétaire et âme de [leur] Institut de l'Américité, à l'avoir poussé à poursuivre" en Doctorat (4 ans de travail), après sa Maîtrise, "afin que [leur] peuple des Premières Nations, au Canada, ait enfin un historien de ce niveau que personne ne puisse jamais exclure du débat sur [leur] histoire et [leur] civilisation".

Enfin, si cela peut amuser mes lecteurs et lectrices qui n'ont encore jamais mis les pieds au Québec, voici quelques expression locales qui m'ont amusée:
On magasine (on fait du shopping), on passe la vadrouille (la serpillière), on cruise (drague); et mesdames (ou messieurs) ne parlez des beaux gosses que dans un contexte particulier (les Québecois me comprendront; les Français, eux, parleront des "joyeuses").

PS: Je vais arrêter ici mes chroniques du Canada dont le souvenir commence à s'estomper (comme malheureusement chaque vacances quand on est happée de nouveau dans le quotidien). Mais je voudrais tout de même terminer par une dédicace à notre accompagnatrice et notre chauffeur qui nous ont guidés durant ces deux semaines de l'autre côté de l'Atlantique: merci Sylvie et Yvon, Canadiens, Québecois et fiers de l'être!

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lundi 6 octobre 2008

Impressions sur l'Est canadien (6)

Le musée des civilisations qui se trouve à Ottawa vaut absolument le détour. Au rez-de chaussée, niveau dédié aux Amérindiens, sont rassemblés de magnifiques totems (arbre qui parle) d'une hauteur que je ne m'imaginais pas. Au 1er étage, c'est le musée de La Poste (je ne l'ai pas visité). Puis, sur un étage entier, il y a ce qui s'appelle la salle du Canada, qui retrace avec des personnages en cire, des objets, des reconstitutions de maisons, etc., l'histoire du Canada des premiers habitants européens (les Vikings) jusqu'à nos jours: on déambule d'une période à l'autre dans l'ordre chronologique. Quand je me suis retrouvée au 19ème siècle, j'ai cru être dans un décor de western. L'ensemble est excellemment bien présenté et pédagogique, et je recommande cette visite aux petits et grands.

Après la visite très décevante de Toronto où sont peu nombreux les monuments et bâtiments intéressants (comme l'ancien Hôtel de ville), Ottawa a été une bonne surprise pour tout le monde dans le groupe. Et pourtant, nous sommes arrivés sous la pluie. C'est dans cette ville que se trouve le Parlement qui est un bel édifice à photographier. Ottawa a été choisie comme capitale fédérale du Canada car, se trouvant en Ontario côté anglophone, elle est juste à la frontière du Québec francophone. Ce choix stratégique s'est effectué sous la reine Victoria le 31 décembre 1857. N'oublions pas que le Canada fait partie du Commonwealth. En plus de ses nombreux musées, Ottawa possède aussi une cathédrale avec deux clochers en acier inoxydable et, pas très loin de celle-ci, une sculpture de la franco-américaine Louise Bourgeois appelée "Maman" et qui est une immense araignée dont les pattes ressemblent à des aiguilles de couturière (hommage à la propre mère de la créatrice) et dont le ventre est rempli d'oeufs en marbre de Carrare. En voici des photos:

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samedi 4 octobre 2008

Impressions sur l'Est canadien (5)

FH000008

Pour une fois, je déroge à mes habitudes de blog sans photos, car je voulais montrer celle ci-dessus, prise à l'extrême pointe est de la Gaspésie. Je l'aime beaucoup, je l'ai prise à un matin, à 06h45. J'apprécie quand le ciel se pare de teintes orangées, comme en témoigne mon unique "photo de blog" (en haut à gauche). Ici, c'est le rocher percé. Il se trouve dans le Golfe du Saint Laurent face à la ville de Percé et dans la continuation, à droite de la photo, se trouve l'île Bonaventure (où nichent les fous de Bassan).
Je l'ai contourné en bateau. Ce bloc de calcaire a 375 millions d'années (ère du Dévonien), il s'est formé sous la mer et était rattaché à la terre ferme. Le petit bout que l'on voit à droite était relié au reste du rocher par une arche qui s'est effondrée le 17 juin 1845. L'arche qui reste devrait s'écrouler dans 400 ans (selon Wikipedia) ou dans 40 000 ans selon la guide. De toute façon, on ne sera pas là pour le voir...

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jeudi 2 octobre 2008

Impressions sur l'Est canadien (4)

Suite à la question d'Alex sous ma chronique précédente, voici quelques aperçus sur ma culture canadienne.

Films
Je n'ai pas eu du tout le temps d'aller au cinéma durant mon voyage organisé. Mais je peux dire que j'avais vu, en son temps, Le déclin de l'empire américain (Denys Arcand). Je me rappelle que ces "prises de tête" de quadra sur la vie sexuelle me paraissaient d'autant plus lointaines, à l'époque (1986 - j'avais 24 ans), que je regrettais aussi l'absence de sous-titres: je comprenais seulement la moitié de ce qui était dit! Par contre, j'ai adoré la suite, Les invasions barbares (2003), toujours de Denys Arcand.
Par ailleurs, dans le car, nous avons eu droit à la projection d'un documentaire sur le Saint-Laurent, que j'ai vu disponible à la FNAC en DVD en France.

Chansons
Dans le car toujours, notre guide nous a passé beaucoup de musique de chanteurs et chanteuses québécoises: Félix Leclerc, Garou, Linda Lemay, Isabelle Boulay, Céline Dion (elle préférait d'ailleurs, nous a-t-elle dit, ses chansons en anglais plutôt que celles en français). Mais également de la musique "country" québécoise (ça existe!).

Librairies
Je suis entrée dans quelques librairies. A Montréal, celle que j'ai visitée appartient à la chaîne Indigo. Le rez-de-chaussée est consacré aux livres en français (des romans que l'on trouve partout en France), les trois autres étages ne comportent que des livres en anglais (Nous sommes pourtant au Québec). En revanche, dans la ville de Québec, je me suis arrêtée dans une librairie exclusivement francophone, Générale française, 10 Côte de la fabrique: un bonheur. J'ai vu des noms d'auteurs qui sont totalement inconnus de ce côté-ci de l'Atlantique et pourtant certains romans paraissent très bien. C'est vraiment dommage. Je vais m'empresser d'aller faire un tour un de ces jours à la librairie du Québec, rue Gay-Lussac dans le 5ème arrondissement de Paris, qui existe depuis 1995.

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mardi 30 septembre 2008

Impressions sur l'Est canadien (3)

Je vais dire quelques mots de la faune du Canada.

Ce pays compte paraît-il 75000 ours bruns. J'en ai aperçu un seul, nous étions en car, il a semblé aussi surpris que nous. Le temps que le chauffeur effectue une marche arrière, l'ours s'était évidemment éclipsé. Quant au grand herbivore nommé orignal, je n'en ai pas vu un seul. Il paraît qu'il y a aussi 1.000.000 de castors. J'en ai aperçu... au biodôme de Montréal! Dans la nature, nous avons "seulement" vu leurs barrages ou des arbres abattus, car la bête est nocturne. N'en déplaise à Mme B*rdot, je me suis ramenée une magnifique étole en castor, très douce et très chaude. Il semble que le castor soit aujourd'hui bien davantage menacé par le rétrécissement de son habitat (urbanisation humaine) que par la convoitise pour sa fourrure. La "trappe" est très règlementée (avec des quotas de prises pour les castors, mais aussi les visons ou les rats musqués...), et il ne doit plus être possible de vivre de ce seul métier, selon le trappeur qui nous a fait une conférence (il gagne moins de 1000$ canadiens par mois, nous a-t-il dit).

Les fous de Bassan
Le Québec abrite la plus grande colonie de fous de Bassan au monde en 2008 (avant celle des îles Kilda en Ecosse) sur l'Ile Bonaventure. En pleine saison, plus de 121 000 oiseaux sont rassemblés, du côté de l'île opposé à celui où les bateaux accostent. Dans cette réserve naturelle, il n'y a ni eau courante ni électricité (mais toilettes sèches, et vaisselle et couverts recyclables dans le restaurant à touristes). Plusieurs sentiers, plus ou moins longs, permettent de se rendre vers les colonies. On entend les cris des oiseaux bien avant de les distinguer, en raison de la végétation. Ensuite, on longe à quelques dizaines de mètres, séparés par une simple barrière, ces rassemblements impressionnants. Les fous sont organisés en couples, possesseurs d'un nid qu'ils se relaient pour garder ainsi que leur unique jeune de l'année. Celui-ci doit impérativement naître au bon moment (en même temps que tous les autres), car il devra être capable de migrer pour redescendre vers le sud (ces fous-là hivernent en Floride). Et d'autre part, leur séjour sur l'Ile Bonaventure est synchronisée avec la présence des bancs de poissons dont ils se nourrissent. Quand nous sommes passés, il nous a été dit qu'une partie de la colonie était déjà partie (les derniers n'allaient pas tarder). La population croît de 3% par an sur l'île.

Les baleines du Saint-Laurent
A la frontière des eaux du lac Saguenay (eau douce) et des eaux du Saint-Laurent (eau salée), au large de la ville de Tadoussac, figurait au programme une mini-croisière d'observation des baleines en vedette. Et, effectivement, nous en avons aperçu, mais rapidement et pas de très près. D'autres les approchaient de plus près en Zodiac, mais c'était plus cher! Pour les observer, j'ai l'impression que la "noria" des embarcations n'arrêtait pas de la journée. Les guides étaient capables d'identifier chaque animal par la forme de son jet.
A ce qu'on nous a dit, il y avait 3 baleines à bosse en début de saison, mais il n'en restait plus que 2 à ce moment-là. En ce qui concerne les rorquals, on les entendait d'abord souffler, puis, quand on tournait les yeux et l'objectif dans la bonne direction, on observait comme un petit jet d'eau vaporisé (mais ça n'a pas donné grand-chose sur mes photos). Pour les belugas, on voyait leur dos émerger, ils sont blancs. Une des deux baleines à bosse nous a montré sa nageoire caudale au moment de replonger. Tout le monde a déjà vu des images spectaculaires en photo, à la télévision ou au cinéma. Les voir "en vrai", c'est quand même impressionnant. Mais cela permet de comprendre la patience (et le matériel) nécessaires pour obtenir des images impeccables.

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dimanche 28 septembre 2008

Impressions sur l'Est canadien (2)

Au Québec, il existe certaines recettes culinaires que j'ai pu tester, sauf la poutine qui désigne communément un mets d’origine québecois traditionnellement constitué de frites et de fromage en grains de cheddar frais que l’on recouvre d’une sauce espagnole chaude de type «barbecue» faisant fondre en partie le fromage, le ramollissant un peu.
En revanche j'ai goûté le fromage en crotte, l'autre nom du fromage en grains, cela fait comme du caoutchouc sous la dent mais ce n'est pas mauvais du tout.

"Du singe"
Ce n'est pas du vrai quadrumane comme je le croyais, c'est un surnom pour un genre de "corned beef". Croyez-moi si vous voulez, il a fallu que j'aille jusqu'à Montréal (où c'est un plat typique) pour l'apprendre! Personnellement, cela m'a beaucoup fait penser au sandwich au pastrami que l'on trouve dans les "delicatessen" de New-York. Le "corned-beef" est fumé et assaisonné avec des épices et accompagné d'un cornichon et d'une salade de chou.

Des bisons à la ferme
"La Bisonnière" que nous avons visitée près du village de Saint-Prosper, en Mauricie, est d'abord une aventure humaine. Un couple de passionnés (infirmière et informaticien) qui ont entraîné leurs parents et leurs 4 enfants dans l'élevage de ces animaux, et qui ont fini par arriver à en vivre. Récemment, ils ont vécu un "coup dur" (incendie d'une partie de leurs bâtiments et matériel), ont envisagé un moment d'abandonner l'aventure, et se sont aperçu que la solidarité n'est pas un vain mot au Québec: leurs voisins et amis sont venus les soutenir, les aider à reconstruire et à passer ce cap difficile. Leur ferme est organisée pour recevoir des groupes de touristes (particulièrement français, belges, suisses...), et leur présenter l'animal. Sortant de la période de reproduction, le "mâle dominant" de leur harde avait perdu 150 kg dans l'accomplissement consciencieux de ses obligations de reproducteur, nous a-t-on dit. Ils possèdent entre 150 et 200 têtes (ils en abattent une cinquantaine par an pour la chair - 2 par semaine en saison touristique!). La viande de bison est paraît-il une des meilleures qui soient (moins grasse que la viande de boeuf, pas de cholestérol), en tout cas, c'est goûteux, ai-je trouvé! J'ai dégusté un délicieux ragoût de bison (mijoté depuis la veille), mais ai été moins convaincue par la tourte au bison. Je n'ai pas testé les saucisses de bison. Quant au "pudding chômeur", c'est du pain rassis qui ne contient pas de bison mais est recouvert de sirop d'érable, le type même du dessert roboratif.
Quand j'ai parlé de cette visite à mon ami en France, il a jeté un coup d'oeil sur le net, et m'a informé avec surprise qu'il existait une "Association des éleveurs de bisons" en France, regroupant plusieurs dizaines d'exploitation et totalisant 1500 têtes, et, évidemment, en conformité avec la norme "Bisons" du Ministère de l'agriculture!

Du sirop d'érable
Pour les quelques personnes qui l'ignorent encore, la feuille d'érable est le symbole du Canada. Elle devient rouge à l'automne et non marron clair comme les autres feuilles d'arbres. Pour l'anecdote, les quelques petits pots ou flacons que je tenais absolument à ramener de là-bas m'ont coûté fort cher: je ne les avais pas mis dans mes bagages mais les avais avec moi. A l'aéroport, pour le retour, la douane a refusé que je les prenne parce qu'ils contenaient chacun plus de 100 ml. Comme je ne voulais pas y renoncer, pour les enregistrer comme bagage, il a fallu que je m'achète dans ledit aéroport un sac de voyage supplémentaire (22$ canadiens, grrr!). L'authenticité a un prix! Si cette expérience peut éviter à d'autres de se faire "piéger" comme moi... A part ça, le prix des produits de l'érable, c'est comme le pétrole, il a augmenté car cette année, il a beaucoup plu et les arbres ont produit beaucoup moins de sirop d'où une hausse certaine, environ 8 $ canadiens les  250 ml. Au Canada, le prix des produits de l'érable est net de taxes, à la différence des autres biens de consommations auxquels il faut ajouter environ 15% de taxe au prix affiché.

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