jeudi 9 août 2012

Storyteller - James Siegel

C'est en lisant pas mal de billets sur ce roman que je me suis décidée à m'y intéresser. Lire les billets de Claude Le Nocher, Clara, Keisha et Ys,

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Storyteller de James Siegel (Editions du Cherche Midi, 460 pages) constitue une lecture idéale pour l'été. Quand on le commence, on le lit d'une traite car on ne peut plus le lâcher. Le narrateur Tom Valle, journaliste déchu après avoir écrit des des dizaines d'articles inventés de toutes pièces pour un grand quotidien new-yorkais, se retrouve à traiter les "chiens écrasés" dans un petit journal californien. Dans sa chute, il a provoqué des dégâts collatéraux. Lhistoire démarre vraiment quand Tom se rend sur les lieux d'un accident d'automobile mortel dans lequel le mort n'est pas celui que l'on croit ni celui qui est responsable de l'accident non plus. Tom se met à mener sa propre enquête. Le problème est que personne ne le juge crédible puisque tout le monde juge que c'est un menteur. Surtout alors qu'il met au jour une histoire abracadabrante de radioactivité, d'essais sur les bombes nucléaires dans les années 50 aux Etats-Unis, d'expériences épouvantables. James Siegel, comme son Tom Valle, est un conteur qui sait nous mener par le bout du nez. En revanche, je me pose la question de savoir s'il s'est inspiré de faits réels ou non? Vérité ou mensonge? Délire paranoïaque ou pas? Je conseille cette lecture en tout cas.

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mardi 31 juillet 2012

Mensonges sur le divan - Irvin Yalom / Enigma - Antoni Casas Ros

Voici deux livres qui n'ont aucun rapport l'un avec l'autre.

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Mensonges sur le divan d'Irvin Yalom (Point Seuil, 560 pages) est le deuxième roman que je lis de cet écrivain après Le Problème Spinoza qui m'avait enthousiasmée. Je n'en dirais peut-être pas autant de celui-ci où j'ai trouvé des passages un peu longs par moment. Je résumerais l'histoire en disant qu'Irvin Yalom qui est psychiatre égratigne pas mal ceux qui exercent ce métier. Après un prologue éblouissant de plus de 50 pages, l'histoire traîne un peu pendant les 500 pages suivantes avec quelque baisse de rythme. Peut-être est-ce que je ne connais pas grand-chose à la pyschanalyse et que le fait de payer (cher) pour raconter sa vie à un parfait inconnu me trouble beaucoup (même si c'est partie intégrante de la thérapie). Nos deux héros psychiatres, Ernest Lash et Marshal Streider, dont on découvre la naïveté (le second étant le superviseur du premier), vont être victimes de deux tours pendables commis par des patients qui leur ont menti alors qu'ils sont censés dire la vérité. J'ai surtout retenu le coup du double harpon: une escroquerie de haute volée. Je vous recommande ce roman rien que pour le prologue. Après, c'est à vous de juger.

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Maintenant, je passe à Enigma (Folio, 261 pages) d'Antoni Casas Ros, écrivain catalan d'expression française. C'est une jeune femme qui m'a prêté ce roman et je la remercie pour cette découverte. Le roman paru en 2010 est aussi étrange que la page de couverture. Deux hommes, Joaquim (professeur de lettres universitaire et écrivain raté) et Ricardo (poète et tueur à gages) et deux femmes Naoki (Japonaise, musicienne sans profession fixe qui "moissonne du silence") et Zoë, étudiante et serveuse dans un bar à ses heures, sont à tour de rôle les narrateurs de cette histoire pas banale. A Barcelone, peut-être de nos jours, Enigma nous conte le destin de Joachim, un écrivain médiocre qui  dissèque les oeuvres d'autres auteurs en leur reprochant la plupart du temps les fins, qu'il se met à réécrire lui-même. Il va former un "ménage à 4" avec Ricardo, Naoki et Zoë. Enigma est un roman sensuel et sexuel empreint de cruauté où les ombres de Sade et de quelques autres sont très présentes. Sans dévoiler la fin, je dirai que trois des personnages sur quatre connaîtront la même fin que des personnages de romans évoqués. C'est un roman qui m'a donné envie de découvrir l'oeuvre de Bolaño et La fille aux yeux d'or de Balzac. C'est le premier roman que je lis de cet écrivain. Il faudrait que je découvre un des ses précédents: Le théorème d'Almodovar.

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vendredi 13 juillet 2012

L'Invisible - Robert Pobi / Mma Ramotswe, détective - Alexandre McCall Smith

Les deux polars ci-dessous n'ont aucun point commun entre eux.

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Je commencerai avec L'invisible (425 pages), le polar de l'été, selon les éditions Sonatine qui l'édite. Il s'agit du premier roman de Robert Pobi, écrivain canadien britannique. L'histoire se déroule sur 4 jours, avec, comme arrière-plan, Dylan, un ouragan électrique  monstrueux qui dévastera tout sur son passage. Jake Cole, agent spécial du FBI (il travaille en indépendant), revient à Montauk, en Nouvelle-Angleterre, plus de 25 ans après avoir quitté la région. Il vient rendre visiteà l'hôpital à son père, peintre célèbre à l'égal de Jackson Pollock. Gravement brûlé et souffrant de la maladie d'Alzheimer, Jacob Coleridge n'a pas arrêté pendant toute sa vie de peindre, entre autre la silhouette d'un homme sans visage: l'homme de sang. Son fils, Jake (qui a pris le dimunutif de Cole), est une sorte d'artiste lui-même, puisqu'il est capable de s'isoler psychologiquement pour se mettre dans la tête de psychopathes dangereux. Deux corps écorchés vifs, une mère (surnommée Mme X) et son fils, sont retrouvés dans une maison pas loin de celle du père de Jake. On confie l'enquête à ce dernier. D'autres meurtres suivront avec le même modus operandi qui rappelle quelque chose à Jake de sa vie passée. Je ne vous en dirai pas plus, si ce n'est que j'ai lu le roman avec plaisir mais sans passion. J'ai été surtout frustrée du fait que l'écrivain (quand on connait le ou la coupable) donne peu d'indications et d'explications sur les mobiles de cette personnalité torturée. En revanche, sans me vanter, il y a un fait au milieu du roman qui m'a mis la puce à l'oreille sur le nom du coupable. Pour résumer, je trouve que l'intrigue est "tirée par les cheveux". A vous de voir. Valérie ne semble pas non plus avoir été totalement convaincue.

 

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Préférez plutôt Mma Ramotswe, détective, le premier tome d'une série écrite par Alexander McCall Smith. Les 250 pages se lisent d'une traite. Mma Ramotswe est une femme noire d'une trentaine d'années, bien en chair, qui, grâce à l'héritage que lui a laissé son papa, a ouvert une agence de dames détectives à Gaborone, capitale du Bostwana. Alexander McCall Smith a le don de raconter des histoires où se rencontrent plusieurs personnages. Il nous fait même un bref résumé de la vie de Mma (Precious) Ramotswe, avant qu'elle devienne détective. Mariée puis divorcée d'un trompettiste, elle semble guérie de l'amour pour toujours, et pourtant un voisin garagiste a des vues sur elle. Il l'aide dans ses enquêtes. Mma Ramotswe est une personne perspicace qui a beaucoup de bon sens et sait démasquer les escrocs, les maris volages. Elle sait donner de bons conseils car il n'y a pas une seule intrigue mais plusieurs. Un excellent moment de lecture en sirotant une tasse de thé rouge, la boisson favorite de Mma Ramotswe. Je ne manquerai pas de lire les 8 ou 9 tomes suivants.

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samedi 7 juillet 2012

La 7ème femme - Frédérique Molay / Empereurs des ténèbres - Ignacio del Valle / La soif primordiale - Pablo de Santis

J'ai terminé récemment trois romans. Même si je n'ai pas eu un gros coup de coeur, je les conseille néanmoins.

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D'abord, La 7ème femme de Frédérique Molay (Editions Fayard, 300 pages). Tout commence par un coup de foudre d'un chef de la PJ parisienne, Nico Sirsky, pour une jeune femme médecin (la 7ème femme du titre), et la fin de l'histoire laisse entrevoir une suite heureuse. Entre les deux, pendant une semaine, 6 femmes vont être retrouvées chez elles, mutilées et tuées d'une façon que je vous laisse découvrir. Le déroulement de l'histoire tient la route mais n'a rien d'exceptionnel. Les scènes de crimes se situent dans des quartiers plutôt huppés de Paris, c'est-à-dire le Quartier latin, Jussieu, La Contrescarpe, Le Marais, etc., et le policier enquêteur vit dans le 7ème arrondissement. Le tout m'a paru assez léger pour en faire une lecture idéale pour un voyage dans le train. Voir le billet d'Yv qui m'avait donné envie.

 

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Je passe à Empereurs des ténèbres (Libretto - Editions Phebus, 400 pages), écrit par un auteur espagnol, Ignacio del Valle, et que j'ai trouvé d'une lecture agréable. Couronné de nombreux prix, ce roman a comme toile de fond le front russe pendant l'hiver 42-43, où les températures descendaient à -30° et -40°. Arturo Andrade, un Espagnol, sergent dans la 250° division hippomobile, autrement dit la divison Azul, est chargé par sa hiérarchie d'enquêter sur la mort d'un phalangiste espagnol trouvé égorgé sur le champ de bataille avec une inscription sur la clavicule "Prends garde, Dieu te regarde". C'est un roman où il est question des francs-maçons, de la violeta (variante de la roulette russe), de violences faites aux femmes (une fois de plus), mais surtout de vengeance jusqu'au bout de l'enfer. Je pense que je lirai Les démons de Berlin du même auteur dès que le roman paraîtra en poche, car le personnage d'Arturo Andrade est intéressant.

 

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Enfin La soif primordiale (Editions Métailié, 246 pages), d'un écrivain argentin, Pablo de Santis. L'histoire, un conte fantastique, commence en 1950 à Buenos Aires et sort vraiment des sentiers battus. Si je vous dis que la soif primordiale est celle du sang, vous pouvez imaginer que le sujet a un certain rapport (même de loin) avec le vampirisme. Le narrateur du récit est Santiago Lebron, qui a fait connaissance des livres, et donc du plaisir de la lecture, lors d'une punition à l'école (il fut envoyé à la bibliothèque municipale) [Commentaire personnel: il y a pire comme punition]. Ayant quitté son village à l'âge de 20 ans pour rejoindre la ville, il commence par loger chez son oncle, réparateur de machines à écrire, qui va le former. Il se retrouve par là même à réparer des vieilles machines à écrire au sein de la rédaction d'un jounal. De fil en aiguille, on lui propose de tenir une ou deux rubriques dont celle des mots croisés et des affaires occultes. C'est le ministère de l'occulte qui le charge d'enquêter dans le monde ésotérique et étrange des "antiquaires": "quelqu'un qui n'est pas affecté par le passage du temps, ni par la maladie et qui ne peut connaître qu'une mort violente" (page 46). Vivant entourés de vieux objets, livres rares et d'occasion, ces antiquaires évitent certains aliments et la lumière du jour et un certain élixir mystérieux leur est nécessaire. Je vous laisse découvrir les péripéties qui amènent Santiago à devenir l'un d'eux. D'ailleurs, 50 ans plus tard, il tient encore une librairie de livres d'occasion ayant appartenu précédemment à un Français qui l'a infecté d'immortalité par son sang.

Pour rédiger ce billet, j'ai relu pas mal de passages de ce roman, car il n'est pas facile d'en rendre compte, mais je vous le conseille. Vous découvrirez le rôle que joue une épingle d'or.

vendredi 22 juin 2012

Le rêve du Celte - Mario Vargas Llosa

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Décidément, Dominique m'inspire beaucoup dans mes lectures. Je viens de terminer une "biographie romancée" très dense, Le Rêve du Celte (520 pages, Editions Gallimard), écrite par l'écrivain péruvien Mario Vargas Llosa (prix Nobel de Littérature 2010). Le "Celte" de l'histoire est Roger Casement, né en Irlande, à Dublin, en 1864, mais élevé en Ulster et mort pendu en 1916. Roger Casement est l'auteur d'un rapport qui porte son nom dans lequel il a dénoncé les atrocités commises au début des années 1900 (sous le règne du roi Léopold II de Belgique) au Congo Belge, puis en Amazonie (au Pérou) dans le Putumayo, où il fut envoyé pendant un an en 1910 en tant que Consul britannique. Les victimes étaient les indigènes spoliés de leur terre, exploités, torturés, asservis (les descriptions des instruments de tortures - chicotte et cep - font froid dans le dos) qui travaillaient sur les plantations de caoutchouc. J'avoue que je ne connaissais pas cet homme courageux, avec quelques faiblesses, qui fut exécuté pour haute trahison. Orphelin de mère de bonne heure, il rêva très jeune de voyages et d'Afrique. Il y vécut pendant 20 ans durant lesquels il rencontra l'explorateur Stanley et l'écrivain Joseph Conrad. Il est resté pas mal de temps au Congo (grand comme 3,5 fois la France), "propriété" du roi Léopold II de Belgique pendant 25 ans. Plus tard, nationaliste irlandais (qui regretta de ne pas parler gaélique), il milita pour l'indépendance de l'Irlande. Le roman comporte trois parties: Congo, Amazonie, Irlande. Vargas Llosa arrive a retracer avec passion l'itinéraire de cet homme qui, après sa mort, sombra dans l'oubli pendant 50 ans. C'est un livre qui prend un peu de temps à lire, mais il en vaut la peine.

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dimanche 10 juin 2012

L'oeil du léopard - Henning Mankell / Le royaume des voleurs - William Ryan

Voici deux romans, lus depuis un petit moment, que je voulais chroniquer.

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D'abord L'oeil du léopard d'Henning Mankell (Editions du Seuil, 343 pages) qui a été écrit en 1990 mais qui vient seulement d'être publié en français cette année (2012).

Hans Olofson est un jeune Suédois, fils d'Erik Olofsson, un marin devenu bûcheron et alcoolique, et de Mary, disparue un matin sans laisser de traces quand Hans était tout petit. Après une enfance un peu chaotique, avec des rencontres surprenantes comme une jeune femme sans nez, Hans part en Zambie en 1969 à l'âge de 25 ans pour quelques jours sur les traces d'un missionnaire. Il y demeurera 18 ans. Devenu responsable d'un domaine de production d'oeufs, il va vite se rendre compte de la barrière invisible mais réelle qui sépare les blancs et les noirs. Il y un monde entre eux. Le récit alterne le passé et le présent qui se confondent dans l'esprit de Hans, qui souffre de paludisme. En effet, le roman commence avec Hans délirant de fièvre. Pendant 18 ans, Hans n'aura de cesse de se faire accepter par les noirs qui l'entourent. Il va s'accomoder des compromissions, des "pot-de-vins" à verser pour éviter les problèmes, etc. Il va connaître la violence inouÏe à l'encontre des blancs, la sorcellerie, les superstitions et même peut-être croiser l'oeil d'un léopard (animal insaisissable) dans la nuit africaine. Beau roman à découvrir.

 

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Voici maintenant Le royaume des voleurs (Editions 10/18), un roman policier écrit par un Irlandais, William Ryan, dont l'histoire se passe à Moscou en 1936, en pleine période stalinienne, où la faim et la terreur règnent. Plusieurs corps affreusement mutilés sont retrouvés. Un inspecteur de la Milice, Alexeï Dmetrievitch Korolev enquête. Le suspense n'est pas aussi glaçant qu'annoncé sur la 4ème de couv', mais c'est un roman bien fait quoique un peu long (on sent que l'écrivain a voulu recréer au mieux Moscou à cette époque). L'intrigue, assez embrouillée selon moi, se passe au royaume des voleurs, "la haute pègre moscovite", où les trafics, les meurtres sont nombreux. Mais ils ne sont pas les seuls impliqués, car le NKVD, la police secrète de Staline n'est pas en reste. Sans dévoiler beaucoup de l'histoire, les motifs des meurtres ont des liens avec un vol d'icône de grande valeur. Je dirais que ce roman n'est pas mal mais sans plus. Je ne me précipiterai pas sur le volume suivant des enquêtes de Korolev qui s'intitule Film noir à Odessa. Voir aussi le billet d'Yv.

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lundi 4 juin 2012

Le problème Spinoza - Irvin Yalom

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Tout d'abord, je voudrais adresser un immense merci à Dominique, toujours de bon conseil, qui nous a vanté les qualités du roman Le problème Spinoza d'Irvin Yalom (Galaade Editions, 640 pages). J'ai été assez enthousiasmée par cette lecture. Ce roman est publié chez un éditeur que je ne connaissais pas et je n'avais encore rien lu de cet écrivain. C'est le genre de roman grâce auquel on a l'impression d'être un peu plus cultivé et intelligent après l'avoir terminé. Je ne suis pas très portée sur la philosophie, ce que je regrette. Tout le monde connaît le nom de Spinoza, je ne suis pas sûre que beaucoup l'ait lu. Irvin Yalom, sous couvert de cette histoire, rédige quasiment un ouvrage de vulgarisation sur la pensée de ce philosophe qui a écrit tous ses ouvrages en latin. Né au 17ème siècle, dans une famille juive portugaise sépharade, Baruch (Bento [en portugais] ou Benedictus, "Béni") Spinoza, fut excommunié à 23 ans, en 1656, par la communauté juive d'Amsterdam (où il vivait), car il remettait en cause, par exemple, que "Dieu [soit] un être vivant et pensant, qui pense comme nous et qui pense à nous", et beaucoup d'autres questions de cet ordre. Il fut considéré comme athée. Spinoza a eu de nombreux admirateurs comme Goethe, Einstein, et Alfred Rosenberg, ce dernier resté tristement célèbre pour avoir été l'un des théoriciens du nazisme en prônant l'éradication des Juifs d'Europe.

D'ailleurs, Rosenberg est le deuxième personnage central de ce roman qui alterne deux récits. D'une part, Spinoza en 1656 au moment de son excommunication et ce qui s'ensuivit. D"autre part, Alfred Rosenberg, Allemand vivant en Estonie, découvre à l'âge de 16 ans en 1910, alors qu'il était déjà devenu un antisémite pur et dur, le juif Spinoza (et son ouvrage le plus célèbre, L'éthique) par l'intermédiaire de deux professeurs qui espèrent ainsi (en vain) le faire changer d'opinions. En 1940, Rosenberg devenu Reichsleiter confisquera la centaine d'ouvrages qui composaient la bibliothèque de Spinoza à Rijnsburg près d'Amsterdam dans le petit musée qui lui est consacré. A la fin de la guerre, la presque totalité de ces ouvrages ont été retrouvés et ont été remis leur place.

J'ai lu ce très bon roman en une petite semaine. Je le conseille vraiment. Je pense que je lirai Et Nietzche a pleuré du même écrivain qui est aussi psychothérapeuthe. [chroniqué le 21/10/2012]

PS: je note tout de même que Spinoza n'était pas progressiste au sujet de la condition de la Femme.

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samedi 26 mai 2012

Tout le monde n'a pas le destin de Kate Middleton - Fred Ballard / Le retour du Général - Benoît Duteurtre

Voici deux romans français distrayants chacun dans leur genre. Ce n'est pas de la grande littérature, mais, de temps en temps, cela fait du bien de faire marcher ses zygomatiques.

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En l'occurrence, vous ne devriez pas résister à Tout le monde n'a pas le destin de Kate Middleton de Fred Ballard (Pygmalion, 300 pages) chroniqué par quelques blogueuses, dont Cathulu chez qui je l'avais découvert. Capucine Guillon (c'est le patronyme de son 1er mari), née Poute, est rédactrice de questions pour jeux télévisés. Elle est surtout la mère de trois garçons adolescents (nés de trois pères différents): Paul, Emile, et Victor. Habitant avec ses trois fils dans un 63 m2 en banlieue, Capucine (qui se trouve trop grosse) a des fins de mois difficiles. L'histoire se déroule sur toute une année fertile en rebondissements. Chaque chapitre représente un mois. J'avoue avoir beaucoup ri à certaines situations qui sont assez irrésistibles mais dont Capucine se sort très bien. Comme Cathulu, j'ai retenu l'épisode du "trikini" quand Capucine part en Bretagne après avoir fait cet achat de dernière minute sans savoir s'il lui irait. Sans dévoiler la fin, Capucine deviendra peut-être célèbre en costume bigouden sur des boîtes de galettes bretonnes: tordant vous-dis-je. Fred Ballard (c'est une femme) est journaliste à France Bleu.

 

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Je passe au roman suivant que je qualifierais de fable. Il s'agit de Le retour du Général (Folio poche, 210 pages) de Benoît Duteurtre. L'histoire commence de nos jours, un 13 mai à Paris. Le narrateur est réfractaire à cette manie du tout "sécurité" qui sévit dans notre société actuelle comme dans les gares, sur les ponts, près des guichets dans le métro où on remarque les patrouilles de police et l'armée. Tout cela ne l'empêche pas d'aimer déambuler au quartier latin (là où il habite) et d'entrer dans un bistrot afin de déjeuner au bar en savourant d'avance un oeuf mayonnaise (composé de 3 moitiés d'oeuf dur) surmonté de mayonnaise "maison". Mais catastrophe, à cause d'une directive de Bruxelles et d'une nouvelle norme d'hygiène, la mayonnaise est faite industriellement. A partir de là, le narrateur décide de mener la révolution de l'oeuf mayonnaise. Ceci n'est que le début du roman dans lequel le Général de Gaulle revient parmi les vivants, tel Hibernatus (son film préféré), lors d'une allocution à la télévision. Il rêve de mener une bataille pour la "grandeur de la France", pour que celle-ci "soit vraiment libre, Halte à la dictature de l'économie de marché", "Vive l'Europe des nations, Vive l'Europe des différences, Vive la mayonnaise aux oeufs frais" (p.69). On sent que l'auteur regrette l'orientation économique que prend l'Europe en général et la France en particulier. Il souhaiterait peut-être revenir à ce qu'a été la France dans les années 60 mais avec des choses au goût du jour comme "la dépénalisation de certaines drogues douces, la déréglementation de l'oeuf mayonnaise, droit une mort paisible assistée médicalement..." (p.115). Cette "fantaisie romanesque", comme c'est écrit en 4ème de couverture, constitue une lecture agréable qui fait réfléchir. J'ai trouvé la fin du roman assez pessimiste, espérons que l'on n'en arrivera pas là.

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jeudi 17 mai 2012

La muraille de lave - Arnaldur Indridason

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En l'absence du commissaire Erlendur, parti depuis plus de deux semaines quelque part dans les fjords, et tandis que sa collègue Elinborg enquête sur des viols (voir La Rivière noire), voici l'inspecteur Sigurdur Oli qui se retrouve être le personnage principal de La Muraille de lave (300 pages, Métailié noir). Cette fois-ci, Indridason aborde deux sujets: la pédophilie, et l'une des prémices (parmi d'autres) de la crise financière qui a mis l'Islande en faillite (le roman a été écrit en 2009). En effet, certains employés d'une banque islandaise n'ont aucun scrupule à spéculer avec de l'argent qui ne leur appartient pas sur des produits "toxiques". Sigurdur Oli, qui vient de se séparer de sa femme Bergthora, mène deux enquêtes différentes en parallèle. Pour la première, il va se trouver face à un pauvre hère, Andrès, dont on apprend au fur et à mesure les violences qu'il a subies dans son enfance et dont il ne se remettra jamais. Pour la seconde affaire, Sigurdur Oli s'y trouve impliqué après qu'un de ses amis, Patrikur, le charge d'aller récupérer chez un couple des photos compromettantes qu'ils ont prises pendant une soirée échangiste (surnommée "soirée entrecôtes"). Ils veulent s'en servir pour un chantage. Il arrive trop tard, Lina, la femme, vient d'être tabassée à mort. De fil en aiguille, on apprend la relation entre cette mort (involontaire ou non) et les malversations commises par des employés de banque indélicats. Mais je ne vous dis pas tout car les raisons de ce crime sont plus complexes que prévues. C'est le 9ème roman d'Indridason que je lis sur un total de 9 publiés en français, et, une fois de plus, son intrigue est passionnante. Je le conseille. Voir le billet d'Alain.

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mardi 8 mai 2012

Livres lus et non commentés depuis le 04/01/12

Voici trois romans que j'ai lu récemment et que je n'avais pas encore eu le temps de chroniquer. Je vous les conseille vivement.

 

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J'ai trouvé ce court roman, Les liaisons culinaires (145 pages, Editions Babel), très plaisant, même si je soupçonne l'écrivain grec, dramaturge et traducteur de Molière, Marivaux Laclos et Labiche, d'être quelque peu misogyne. Nana est une femme qui mène les hommes par le bout du nez (pour ne pas dire autre chose). Dimitris et Damoclès sont deux représentants de la gente masculine assez nigauds. Où il est démontré que  les relations entre homme et femme ne sont pas simples! Dans les Liaisons culinaires, en 17 chapitres, on suit la liaison torride qu'entretient Nana  avec deux hommes en même temps, Dimitris et Damoclès qui sont tous les deux fins cuisiniers et amants très corrects. Chaque fin de chapitre nous propose des recettes de plats grecs assez appétissantes dont il est question dans le récit. La fin m'a laissé un peu sur ma faim mais conclut le roman de manière logique. Lire aussi le billet de A_girl_from_eart.

 

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Dans Code 1879 (Editions Babel noir, 360 pages), l'écrivain Dan Waddel nous fait partager sa passion pour la généalogie (qu'il a étudiée à titre personnel). De nos jours, des cadavres horriblement mutilés sont retrouvés dans le quartier de Notting Hill à Londres, un inspecteur de police, Grant Foster, mène l'enquête grâce à l'aide d'un généalogiste (qui ne laisse pas indifférent Heather, une charmante inspectrice de police). Ces crimes nous permettent de remonter le temps et nous font nous retrouver dans les bas-fonds de l'ère victorienne où les conditions de vie étaient dures pour beaucoup et où des innocents étaient condamnés à mort à la place des vrais coupables. Ce roman haletant se lit d'une traite et l'on apprend pas mal de choses sur la recherche généalogique grâce aux recensements et divers autres documents de ce genre (actes de décès, naissance, mariage). Un deuxième tome des enquêtes du généalogiste vient de paraître aux Editions du Rouergue avec les mêmes protagonistes principaux. Je ne manquerai pas de le lire.

 

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Voici enfin un roman étonnant, Le retour d'Elsa Champion de Joe Keenan, paru il y a 20 ans et qui a été réédité en collection 10/18 (380 pages). J'ai été attirée par la couverture. Je qualifierai cette histoire de vaudeville à l'américaine. Dans les années 80, à Manhattan, on assiste à une rivalité entre deux colosses de la société new-yorkaise. Le premier, Peter Champion, a fait fortune dans l'immobilier (mais il est aussi patron de presse). Le second, Boyd Larkin, s'occupe essentiellement de son groupe de presse. Il se trouve qu'Elsa Champion, l'épouse de Peter, veut remonter sur scène après quelques années d'absence, et elle engage un parolier, Philip Cavanaugh (qui est le narrateur du récit), et une pianiste, Claire. Vous aurez deviné qu'Elsa n'a pas une voix exceptionnelle. L'histoire pleine de rebondissements est souvent très drôle. Je ne me suis pas ennuyée en compagnie de ces personnages hauts en couleur qui arrivent à se sortir des situations les plus invraisemblables. La mécanique est très bien huilée. Je vous le conseille.