jeudi 23 février 2012

Le prix de l'hérésie - S. J. Parris

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Le prix de l'hérésie de S. J. Parris (Editions 10/18) a comme caractéristique d'être un roman policier qui se passe en 1583, au moment où le philosophe italien Giordano Bruno se trouve en Angleterre après avoir fui l'Italie et les tribunaux de l'Inquisition. Dans le roman, Giordano Bruno de Nola, qui été excommunié quelques années plus tôt, est chargé par un ami de la Reine Elisabeth Ière de démasquer des hérétiques (papistes) à Oxford. Il espère aussi découvrir un livre d'Hermès Trismegiste, personnage mythique qui aurait inventé l'alchimie (entre autre). Le roman se déroule dans un des collèges d'Oxford où la discipline est rude et où le nouveau dogme religieux anglican fait des ravages. Rapidement, des meurtres affreux rappelant des martyrs de saints sont commis. Giordano Bruno mène sa propre enquête sur ces crimes au péril de sa vie. Quand on lit la 4ème de couv', on s'attend à un roman à la hauteur du Nom de la rose avec un personnage aussi emblématique que Giordano Bruno dont la vie fut un roman. On en est pour ses frais. Le contexte religieux et l'époque sont passionnants mais traités de façon superficiels. Dommage que S. J. Parris (c'est le nom de plume d'une journaliste anglaise, Stephanie Merritt) n'ait pas donné plus de relief à Giordano Bruno, mort sur le bûcher de l'Inquisition à Rome en 1600 après huit ans de procès. Elle n'évoque rien des pensées et de la philosophie de cet homme qui, se basant sur les théories de Copernic, "soutenait la pertinence d'un univers infini, qui n'a pas de centre, peuplé d'une quantité innombrable de soleils et de mondes identiques au nôtre" (cf. wikipedia). A part ça, le roman se lit agréablement et le suspense est tenu jusqu'au bout même si j'ai été un peu dubitative à propos des traits de caractère des "méchants" de l'histoire.

Voir le billet d'Alinea.

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dimanche 5 février 2012

Un homme de tempérament - David Lodge

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Je suis arrivée au bout des 700 pages de cette biographie romancée de H. G. Wells (1866-1946) parue aux Editions Rivages. On connait Herbert George Wells comme écrivain de romans d'anticipation ou fantastiques (La guerre des mondes, La machine à explorer le temps, L'homme invisible, L'île du Dr Moreau, etc.). Il a aussi écrit pas mal de romans de moeurs dans lesquels il s'inspire de sa vie et ou des personnes qui l'entourent. Grâce à ses romans et à ses articles journalistiques, Wells a bien vécu de sa plume. Mais David Lodge s'est surtout focalisé sur H. G Wells, grand séducteur (un "chaud-lapin"?), aimant le sexe qu'il considérait comme un sport pour exercer son corps plutôt que son esprit. Il connut des dizaines et des dizaines de femmes (du point de vue biblique), qui le plus souvent étaient moitié plus jeunes que lui. Ces relations étaient pour la plupart du temps des "passades" (en français dans le texte), mais pour certaines, ce fut de longues liaisons qui se terminaient plus ou moins bien. Rosamund Bland, Amber Reeves, Rebecca West (de 26 ans sa cadette), Elisabeth Von Arnim et quelques autres sont passées entre les bras du grand homme successivement ou simultanément. Marié et père de deux garçons, Wells prônait l'Amour Libre. Sa femme Amy Catherine (Jane - morte en 1927 mais dont il n'a jamais voulu divorcer) acceptait ces liaisons, souvent scandaleuses pour l'époque et qui auraient pu compromettre sa carrière littéraire. Le roman se présente pour partie comme une longue interview imaginaire de Wells quelques mois avant sa mort. Né dans le sud de Londres dans une famille pauvre de la moyenne bourgeoisie, Wells va parvenir à force de détermination et d'intelligence à faire des études littéraires et scientifiques. Sa mère rêvait qu'il devienne drapier, il deviendra célèbre et riche grâce à son talent d'écrivain. Adepte des idées socialistes qui prônaient une meilleure répartition des richesses, il adhéra à la Société fabienne (de centre gauche et à l'origine de la création du Parti travailliste) qu'il quitta par la suite. Il a cotoyé George Bernard Shaw, Joseph Conrad, Henry James, parmi les écrivains les plus connus. Il a aussi rencontré Lénine et Staline et Maxime Gorki grâce à qui il connut Moura Budberg, sa dernière maîtresse qui ne voulut jamais se marier avec lui. J'avoue que j'ai découvert un sacré personnage à la vie bien remplie. Je connais peu son oeuvre (sauf les titres cités). David Lodge nous résume quelques ouvrages. Je ne suis pas sûre d'avoir envie de les lire, ils me paraissent un peu datés. Contrairement aux oeuvres de pure fiction de David Lodge, Un homme de tempérament n'est pas humoristique du tout. Je n'arrive pas à savoir ce que Lodge pense de Wells. A vous de vous faire une opinion. Un roman que j'ai trouvé agréable à lire malgré sa longueur.

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jeudi 2 février 2012

Manchette/Tardi (suite) - Griffu - Le petit bleu de la côte ouest

Je [ta d loi du cine, squatter] n'avais pas prêté une attention particulière au nom de Jean-Patrick Manchette (par exemple, je n'avais pas "capté" qu'il était mort en 1995...) avant d'avoir l'occasion par dasola de lire les 3 adaptations posthumes par Tardi de trois de ses romans. J'avais lu Griffu il y a des années (en édition Dargaud des années 80, et non dans l'EO aux Editions du square de 1978). A l'époque, je l'avais lu davantage pour le dessin de Tardi que pour son scénariste. Plus courte que les adaptations (une cinquantaine de pages, contre 75 pour Le petit bleu de la côte ouest, et une centaine pour La position du tireur couché ou Ô dingos, Ô châteaux), cette oeuvre (Griffu) est un peu particulière par rapport aux trois autres, parce qu'il s'agit d'un scénario de BD écrit directement pour Tardi et que les deux auteurs ont personnellement collaboré puisque Griffu a été publié du vivant de Manchette.

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Ce n'est pas l'édition en photo ci-dessus (dont la couverture est totalement différente) que j'avais lue. Dans l'autre dessin de couv' (qu'on retrouve plus ou moins hors-texte de page de garde, et en page intérieure, p.29), le héros éponyme portait un imperméable boutonné, avec flingue en pogne et poing fermé, et avait donc l'air d'un dur, et non d'un gentil jeune homme...

A mon avis, l'habillement de Gérard Griffu a son importance. Son action commence en costard-cravate bien rasé pour finir près de poubelles, avec la barbe des 3 jours du con qui a mal dormi et en sale état. Au bout de quelques pages, on lui a fait le coup du renard au fond du puits, avant qu'il réussisse à se cavaler. La nouvelle couverture se situerait par là, mais cette image ne devrait pas exister (à cause de détails que je vous laisse trouver). Ensuite, évidemment, il cherche à savoir pourquoi et qui, et c'est parti (on ne le verra pratiquement plus qu'en imper hermétique ou à poil - à part 2 vignettes intermédiaires). Comme le dit souvent Tardi, le scénario de Manchette est un mécanisme d'horlogerie où chaque petit fait est à sa place. L'histoire se déroule sur trois jours, avec ce qui m'apparaît personnellement comme quelques incohérences (quelques repères permettent de savoir que, s'achevant un mercredi, son prologue s'était joué un samedi ou un dimanche - est-ce qu'un "privé" reçoit sa clientèle ce jour-là, en robe de chambre et mal rasé? Et pouvait-on dormir 14 heures dans une station de métro pour en sortir à 2 heures du matin dans les années '70?). Ca mêle étudiantes en sociologie et boite de strip-tease (quel rapport?). Il suit des pistes (adresse... petite... agenda... restaurant...  journal... encore la petite...), s'accroche, en dur qui sait encaisser, malgré les gnons qui pleuvent et les morts qui s'accumulent. Il réfléchit, et ça l'énerve qu'on le prenne pour un crétin. Ca se termine donc avec deux pages pour résoudre l'intrigue, et deux pages de flingage final, où Griffu, en légitime défense et ne faisant que riposter, tue son monde à chaque coup de feu et quitte seul la scène, sur ces mots: "A cette pensée, là où je suis, je ris".

Il est hors de question que je me lance dans des évocations d'éventuelles similitudes avec des polars ou films noirs (américains ou autres), je ne m'y connais pas assez. Je dirai juste que, pour ma part, cet univers me fait penser, un peu, aux Enquêtes de Sam Pezzo, trois BD de Giardino parues chez Glénat dans les années '80.

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Et voici maintenant la chronique annoncée par dasola dans son article précédent. Concernant Le petit bleu de la côte ouest (je ne sais pas pourquoi ce titre me fait penser par association d'idée à "pigeon"? Peut-être à cause du Vieux bleu de Walthéry. Bref), je ne vais pas en faire une critique sociopolitique (ça a déjà été fait) sur le spleen du cadre. L'histoire dessinée par Tardi commence et s'achève sur des tours de périphérique où rêvasse le héros, Georges Gerfaut. Entretemps, ce père de famille sans histoire a dû rentrer dans la clandestinité, en quittant femme et enfants, parce qu'on en voulait à sa peau sans qu'il sache pourquoi (ben oui, ça arrive à tout le monde d'amener un blessé d'accident de la route à l'hôpital, non? On ne vous en veut pas à mort pour ça, d'habitude).

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Il se retrouve traqué par deux tueurs professionnels, que l'on voit agir pour le compte d'un mystérieux commanditaire (le lecteur suit aussi l'action vue côté tueurs). Par chance, il réussit à en éliminer un, avant d'être contraint d'aller se terrer dans les montagnes pendant plusieurs saisons. Seule la résurgence inopinée du tueur survivant (qui avait repris la traque à son compte) ramène Gerfaut vers la civilisation - urbaine (arguer d'une amnésie, ça semble marcher facilement). Un dernier coup de balai pour liquider l'immonde salaud de service, et il peut reprendre sa vie antérieure - qui ne paraissait pourtant pas particulièrement lui manquer pendant tous ces mois? Et tourner en rond en voiture sur le périph'.

Ah, vérification faite, "petit bleu de Gascogne", c'est une race de pigeon "idéale pour la chasse", semble-t-il (?). Mais un télégramme ("petit bleu") joue aussi un rôle dans l'histoire. Et le gerfaut, c'est un faucon. Alors, allez savoir ce que l'auteur avait en tête...

Il reste encore plusieurs polars de Manchette à adapter, je ne sais pas si c'est dans les projets de Tardi? En 2009, il expliquait son (r)apport aux romans de Manchette, sans annoncer qu'il en dessinerait un troisième pour 2011. Mais si ce devait être le cas, je parierais sur Fatale, dont il parle incidemment dans une interview vidéo.

PS du 13/02/2012: on m'a familièrement soufflé que "petit bleu de la côte ouest" ferait référence à un morceau de jazz - enfin, du blues. Vous suivez? Mieux que moi alors!

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vendredi 27 janvier 2012

Op Oloop - Juan Filloy

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J'ai été attirée par la couverture et par le titre étrange (c'est le nom du personnage principal du roman).

L'écrivain argentin Juan Filloy est né en 1894 et décédé dans son sommeil en 2000 à l'âge de 106 ans! Peu connu en dans son pays d'origine et encore moins ailleurs, il a influencé des écrivains comme Julio Cortazar. Les titres de ses romans et de ses nouvelles ne comportaient que 7 lettres. Il a par ailleurs composé plus de 8000 palindromes en langue espagnole, lui dont les parents étaient analphabètes. Sa mère était une lavandière toulousaine, et son père, un paysan espagnol.

Op Oloop écrit en 1934 est son premier roman traduit en français, à ce jour.

A Buenos Aires, en avril 1934, on suit 19 heures et 10 minutes exactement de la vie d'Optimus Oloop (âgé d'une quarantaine d'année), d'origine finlandaise et statisticien de profession. A 10H00, il part aux bains turcs puis il fait une visite à sa fiancée Franzisca chez les parents de cette dernière avant de partir dîner avec des amis. C'est lui qui invite. Il terminera sa nuit dans une maison close où il va faire une rencontre qui le bouleverse. Ainsi résumé, je ne peux rendre compte du style. L'histoire mêle rêve et réalité car Op Oloop aspire à un idéal de vie qu'il a du mal à atteindre. Je ne m'attendais pas du tout à la fin assez abrupte (si je puis dire). J'avoue avoir été un peu déçue par ce roman qui m'a paru daté, j'ai trouvé le récit plutôt brouillon avec pas mal de digressions. Du coup, je me suis un peu perdue dans le récit avec tous ces personnages. Mais je suis contente d'avoir découvert un écrivain. J'ai découvert par la même occasion une maison d'édition: Monsieur Toussaint Louverture.

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dimanche 15 janvier 2012

Flétrissure - Nele Neuhaus / Dernière caresse - Catherine Guillebaud

Voici deux romans que j'ai lus coup sur coup avec plaisir.

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Flétrissure de Nele Neuhaus (Actes sud actes noirs, 358 pages) est une sombre histoire pleine de meurtres et de fureur. En 2007, six personnes dont trois personnes très âgées sont assassinées en l'espace d'une semaine dans la région de Francfort en Allemagne. Le premier lien entre certains de ces meurtres est le nombre 16145 tracé avec du sang sur un mur. Les Kaltensee, grande famille richissime de la région, se trouvent impliqués. L'enquête menée tambour battant par le commissaire Oliver von Bodenstein et sa collègue Pia Kirchhoff nous fait remonter le temps jusqu'à la seconde guerre mondiale et en particulier à une date, le 16 janvier 1945, où 5 personnes furent exécutées. Les protagonistes sont nombreux. Le dénouement de l'histoire se situe en Pologne, dans l'ancienne Prusse orientale. Les nombreux rebondissements nous tiennent en haleine jusqu'au bout, mais le défaut que je trouve à ce roman, c'est qu'il comporte un peu trop de péripéties à mon goût, surtout vers la fin. C'est le premier roman traduit en français de cette auteure née en 1967, elle en a écrit d'autres.

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Dernière caresse de Catherine Guillebaud (Folio, 125 pages) nous présente Mastic des Feux mignons, setter anglais de 14 ans qui nous narre sa vie de chien avec "Elle", sa maîtresse qu'il a tendrement aimée dans une belle demeure entourée d'un parc. On est touché par ce chien qui sait que sa vie arrive à sa fin. D'ailleurs, Opium, le chat (du même âge que lui) sent que quelque chose ne va plus. Mastic est un chien bien élevé, tolérant envers les autres animaux même les chats qu'il trouve abrutis. Il a vécu avec deux compagnes dont Elsa, une setter comme lui. Il eut quelques ennuis avec les brebis du voisin mais tout rentra dans l'ordre. La fin est bien entendu bien triste mais pas larmoyante du tout. Catherine Guillebaud a su rendre son récit très léger et souvent drôle. Un petit roman que je vous recommande.

PS: mon ami me fait remarquer que c'est le 3ème livre, sur mon blog, où le narrateur est un chien!


mercredi 4 janvier 2012

Romans lus et non commentés depuis le 02/11/11

Voici trois romans que j'ai lus pendant les fêtes de fin d'année:

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D'abord, Une humeur de chien de Rebecca Hunt (Editions Denoël, 300 pages). C'est son premier roman qui nous fait revivre 7 jours dans la vie de Sir Winston Churchill, qui dicte en juillet 1964 (6 mois avant sa disparition à 90 ans en janvier 1965) à une jeune femme appelée Esther Hammerhans son discours d'adieu au Parlement. Le lien qui les relie se nomme Mr Chartwell (du nom de la demeure où vivait Winston Churchill), un grand chien noir qui se tient debout comme un homme et dont le métier est de déprimer les gens en général et Winston Churchill et Esther en particulier. Il ne faut pas oublier que Winston Churchill souffrit de dépression toute sa vie, il l'appelait "ce chien noir sur mon épaule" (black dog). C'est un roman léger sur un sujet un peu grave. Mr Chartwell bave, n'est pas un chien aimable. Il n'est content que quand il arrive à rendre moroses les gens par sa seule présence. J'ai trouvé le sujet abordé assez original. Rebecca Hunt est une jeune femme écrivain à suivre.

Maintenant deux romans policiers, l'un italien et l'autre français.

 

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L'hiver du commissaire Ricciardi de Maurizio de Giovanni (Rivages/Noir) se lit d'une traite. L'histoire se passe en 1931, à Naples, le Duce est au pouvoir. Le 25 mars de cette année-là, un ténor de très grand talent, Arnaldo Vezzi, est retrouvé assassiné dans sa loge juste avant d'entrer en scène. On le trouve la gorge tranchée par un fragment de miroir. Le jeune commissaire Luigi Alfredo Ricciardi, célibataire, maigre, le teint mat et de beaux yeux verts, issu d'une famille aisée (il pourrait vivre de ses rentes), est chargé de l'enquête. Il est aidé en cela par son adjoint Maione, marié, la cinquantaine, et par un prêtre, Don Pierino Fava, passionné d'opéra. C'est un roman plaisant que je vous conseille car on tombe sour le charme du commissaire qui est secrètement amoureux de sa voisine d'en face.

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L'hermine était pourpre de Pierre Borromée (Editions Fayard) vient de recevoir le Prix du Quai des Orfèvres 2012. Juliette Robin, la femme d'un avocat, est retrouvée sauvagement assassinée chez elle dans une petite ville de province de l'Est de la France où il ne se passe, en général, pas grand-chose de marquant. Le commissaire Baudry, passionné de vélo et natif du Sud-Ouest, enquête. Toute l'histoire se déroule dans le milieu des avocats, des bâtonniers, des juges et des procureurs. J'avoue que je n'avais pas trouvé le coupable, ne sachant pas le mobile. Le suspense est tenu jusqu'au bout. Une lecture agréable à effectuer dans le train (comme je l'ai fait).

samedi 24 décembre 2011

Héritage - Nicholas Shakespeare

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Héritage de Nicholas Shakespeare (Editions Grasset, 420 pages) est un roman qui m'a bien plu car il ne raconte pas seulement l'histoire d'un homme, Andy Larkham (il travaille dans une maison d'édition), qui hérite du jour au lendemain de 17 millions de livres sterling, avec toutes les conséquences qui s'ensuivent. En effet, Héritage narre surtout pour grande partie la vie de Christopher Madigan qui, par testament, a légué sa fortune à ceux et celles qui assisteraient à son enterrement (c'est le cas d'Andy qui s'est trompé d'enterrement). Christopher Madigan, né Krikor Makertich à Alep de parents arméniens ayant fui le génocide de 1915, avait fait fortune dans l'acquisition de mines de fer en Australie. On suit donc l'itinéraire de cet homme au sens du commerce développé mais dont la vie privée connut des aléas. D'ailleurs, sa fille unique n'hérite de rien et l'on comprend pourquoi en lisant ce roman que j'ai trouvé d'une lecture agréable. Je vous le recommande.

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dimanche 18 décembre 2011

Une mort esthétique - P.D. James / Bettý - Arnaldur Indridason

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Une mort esthétique (Edition Le Livre de poche) est le dernier roman en date de Phillis Dorothy (P. D.) James, 91 ans cette année. On retrouve le trio formé par le commandant Adam Dalgliesh (qui va se marier) et ses deux collaborateurs, Kate Miskin et Francis Benton-Smith. L'instrigue se passe entre un 14 décembre et un 21 décembre avec un prologue le 21 novembre et un épilogue. Pendant 600 pages, on suit une enquête qui se passe dans une clinique privée du Dorset (un beau manoir Tudor). Rhoda Gradwyn, 47 ans, une journaliste d'investigation de qualité (mais qui a donc des ennemis), est étranglée dans la nuit qui suit son opération esthétique (elle s'est fait enlever une vilaine cicatrice à la joue qu'elle avait depuis l'enfance). Les suspects se trouvent parmi le personnel de la clinique, le chirurgien (et propriétaire du manoir) en tête. Comme dans les autres romans de P. D. James, la résolution du crime nous est révélée assez rapidement dans les dernières pages. C'est toute l'enquête et les révélations sur les personnages qui sont passionnantes. Voici le genre de roman qui se déguste en prenant son thé et des muffins. Un bon moment de lecture.

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Je viens de terminer Bettý (Edition Metailié noir, 200 pages) d'Arnaldur Indridason (connu pour la série des aventures du commissaire Erlandur) qui a dû s'inspirer des classiques de la littérature américaine, en particulier Le facteur sonne toujours deux fois de James M. Cain, pour écrire ce roman qui date de 2003. La Bettý du titre est une femme fatale, une garce de la plus belle eau. Le roman est écrit à la première personne par un narrateur qui est en fait une narratrice (on le comprend à la page 108 du roman). Sara nous raconte son histoire depuis sa rencontre avec Bettý dont elle est tombée amoureuse. Elle va se retrouver complice du meurtre du mari de Bettý. Je ne vous en dis pas plus. Lecture plaisante mais pas aussi enthousiasmante que d'autres romans d'Indridason.

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lundi 12 décembre 2011

Manchette/Tardi - La position du tireur couché / Ô dingos, Ô chateaux

Les romans de Jean-Patrick Manchette inspirent Jacques Tardi. Preuve en est avec La position du coureur couché et Ô dingos, Ô châteaux que je vais évoquer. Mon ami se chargera plus tard du Petit bleu de la côte ouest. [cf. billet du 02/02/2012].

Jean-Patrick Manchette (1942-1995) fut considéré comme le père spirtituel du néo polar. Les histoires qu'il raconte sont noires, très noires. Tous les personnages ont des zones d'ombre. Ils sont pour la plupart psychopathes, asociaux, tueurs. Tout se termine plutôt mal en général. Il a aussi écrit pour le cinéma dont La guerre des polices de Robin Davis, Trois hommes à abattre de Jacques Deray, Légitime violence de Serge Leroy, La Crime de Philippe Labro entre autres.

Concernant Jacques Tardi, je l'ai découvert dans ses adaptations en BD des romans de Léo Malet. Je les ai tous en ma possession. J'apprécie son trait de crayon en noir et blanc, la façon qu'il a de dessiner les personnages et les arrière-plans. Les femmes se ressemblent beaucoup, brunes en général et rarement sympathiques quand elles n'ont pas "un grain".

Les albums de 100 pages sont publiés aux Editions Futuropolis.

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Dans La position du tireur couché (BD parue en 2010, roman datant de 1981), Martin Terrier est un tueur à gages qui veut se retirer des affaires après un "contrat" qui l'a mené en Irlande. Ce n'est malheureusement pas simple car un individu nommé Cox qui l'emploie ne veut pas le lâcher. En outre, sa petite amie dont il vient de se séparer est sauvagement assassinée ainsi que son chat. Martin mène l'enquête où il renoue avec une femme qu'il aime depuis toujours (mais cette dernière ne l'a pas attendu). Il va se retrouver contraint de faire un dernier "coup" en assassinant un homme politique. C'est vers la fin de l'histoire que l'on comprend le titre de l'album qui est fidèle au roman de J.P. Manchette. Noir, très noir.

 

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Ô dingos, Ô châteaux (2011 / 1972) raconte la fuite d'une jeune femme et d'un gamin, qui lui a été confié, traqués par un tueur nommé Thompson, très mal en point physiquement. Julia Ballanger, sortie d'un asile psychiatrique, est engagée par un dénommé Hartog (devenu maître de la fortune de son frère défunt) afin de veiller sur son neveu Peter. Comme le dit son chauffeur, Hartog est entouré d'êtres "tarés". Peu de temps après, Julia et Peter (un gamin insupportable) sont enlevés. Julie est une fille courageuse qui n'a pas peur d'utiliser un pistolet si besoin est. Elle arrive à se libérer de ses ravisseurs et la traque commence, qui l'emmène jusqu'à une tour Maure. La confrontation finale est assez "gore".

Les deux histoires, se déroulant à la fin des années 70-début des années 80, permettent à Tardi de dessiner des DS et autres Renault 16, et certains endroits de Paris que j'ai bien reconnus. 

Deux BD à lire et à offrir.

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mardi 29 novembre 2011

Jayne Mansfield 1967 - Simon Liberati

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Ayant entendu une bonne critique sur ce roman qui vient de recevoir le prix Fémina 2011, j'ai saisi l'occasion de lire Jayne Mansfield 1967 de Simon Liberati (Editions Grasset, 190 pages). Le résumé du livre se trouve dans le titre. Simon Liberati commence en effet son récit par la description détaillée d'une collision mortelle: une Buick qui s'encastra dans un semi-remorque de 18 roues sur une route qui reliait Biloxi, dans l'état du Mississippi, à la Nouvelle-Orléans. L'accident, qui eut lieu dans la nuit du 29 juin 1967, tua 3 adultes et blessa 3 enfants qui se trouvaient à l'arrière de la voiture, sans oublier 2 chihuahuas. Parmi les victimes, Jayne Mansfield, 34 ans, et son amant du moment, Sam Brody. Les trois enfants étaient ceux de Jayne Mansfield, qui fut plus connue pour sa poitrine opulente, son QI de plus de 160, son amour pour les enfants (elle en a eu 5) et les chihuahuas qui se nichaient au creux de ses seins, que pour son talent d'actrice. Elle aurait pu être une seconde Marilyn Monroe, mais elle fut réduite à tourner des navets et à faire du strip-tease à Las Vegas. Au détour d'une phrase, on apprend quelques bribes de la vie provoquante et scandaleuse de cette femme qui fut très photographiée dans les années 50. Simon Liberati l'évoque en pointillé en parlant de ses addictions à la drogue, peut-être au satanisme, à son sens des affaires. Ce n'est pas un biographe, mais il donne suffisamment de précisions pour se faire une idée sur cette femme qui n'est pas morte décapitée comme beaucoup de gens le croient (moi la première), mais c'est tout comme. Un roman bien écrit que je vous conseille.

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