dimanche 17 octobre 2010

Sherlock Holmes et le mystère du Haut-Koenigsbourg - Jacques Fortier

Et voici un billet sur Sherlock Holmes et le mystère du Haut-Koenigsbourg le deuxième livre que j'ai reçu dans le cadre de la dernière opération de Masse Critique Babelio. Pourquoi deux, me direz-vous? Et bien lors d'une édition précédente de cette opération, je n'ai jamais reçu l'ouvrage qui m'était attribué, pas encore paru (paraît-il?). Toujours est-il que ce roman policier (de 180 pages chez le Verger Editeur, 9,50 euros), d'un journaliste des Dernières Nouvelles d'Alsace à Strasbourg, a été écrit en hommage à Sir Conan Doyle (1859-1930) pour le 150ème anniversaire de sa naissance. C'est un roman élégant, bien écrit dont l'histoire se passe en 1909 en Alsace et plus précisément au château du Haut-Koenigsbourg dont la restauration vient d'être achevée grâce à l'argent du Kaiser Guillaume II. N'oublions que l'Alsace et la Lorraine sont annexées au IIème Reich allemand depuis 1870 et la défaite de Sedan. Sherlock Holmes flanqué de son fidèle Watson sont envoyés sur place car les gouvernements anglais et français (dans les débuts de l'Entente cordiale) craignent que la restauration du château ne soit qu'une couverture pour dissimuler de noirs desseins, peut-être même une arme secrète. Durant leur enquête pleine de rebondissements, Sherlock et Watson apprennent que trois ouvriers du chantier de restauration sont morts de manière peu naturelle quelques mois auparavant. Ils ont découverts quelque chose qu'ils n'auraient pas dû voir. Ils croisent le chemin de personnages historiques tels que Guillaume II (dont on rappelle que Holmes l'avait tiré d'une situation embarrassante, vingt ans auparavant) ou Bodo Ebhardt (l'homme qui tel Viollet-Leduc a supervisé la restauration du château du Haut Konigsbourg entre 1901 et 1908), et des personnages de fiction comme des envoyés du Vatican et la belle et mystérieuse Xénia Honegger, historienne à Berlin. Sans rien dévoiler de l'intrigue, je dirais que l'arme secrète n'est pas une invention diabolique mais elle renvoie au début de la chrétienté et à la passion du Christ. J'ai passé un très agréable moment à lire ce pastiche holmesien. Je vous le recommande.

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mercredi 13 octobre 2010

Facebook: mes amis, mes amours... des emmerdes! - La vérité sur les réseaux sociaux - Olivier Levard & Delphine Soulas

Le titre de cet ouvrage (publié aux éditions Michalon et reçu dans le cadre de l'opération Masse critique de Babelio) m'a semblé tiré de la chanson de Charles Aznavour: Mes emmerdes. Il paraît qu'une série télé française récemment diffusée porte aussi un titre approchant.

Etre ou ne pas être
F***b**k (ou T***tter ou M*sp*ce), là est ma question.

J'ai choisi ce livre car ce phénomène des réseaux sociaux m'est étranger. Je ne sais même pas ce que l'on peut y mettre et y raconter (tout, semble-t-il). Personnellement, mon blog me prend suffisamment de temps pour ne pas m'être inscrite sur F***b**k et autre T***tter et M**pace ou un site français Copainsd'avant (pour les plus connus). Ce n'est que cette année, à la suite d'une séance de sensibilisation au sein de mon entreprise assez édifiante sur ce sujet que j'ai pris conscience de ce qu'étaient les réseaux sociaux, et des risques et des dangers qu'ils pouvaient engendrer. Cet ouvrage va tout à fait dans ce sens. Pour résumer: F***b***k: Attention danger! Je trouve que là résident les limites de cet essai qui n'est qu'une charge contre les réseaux sociaux. Le seul point positif évoqué rapidement à propos des réseaux sociaux, c'est qu'ils peuvent servir de contre-pouvoir face à certains gouvernements dictatoriaux quand les portables sont coupés (voir l'exemple tout récent de l'épouse du dernier Prix Nobel de la paix qui communique grâce à T***tter).

Or donc, suite à la lecture de cet essai, je n'ai pas forcément tout compris au fonctionnement des réseaux sociaux, mais il semblerait que ce sont des plates-formes idéales pour dévoiler sa vie privée (sa religion, ses orientations sexuelles, son statut amoureux, ses opinions politiques
) et où les photos sont bienvenues. L'inscription se fait avec son vrai nom. Toutes ces infos sont stockées et partagées auprès d'"amis": des vrais que vous connaissez, et d'autres que vous n'avez jamais rencontré de votre vie. Car l''un des buts principaux d'un réseau social, c'est de collectionner "les amis" et de leur faire partager vos avis, vos envies, vos photos, votre vie. La mise en garde principale de cet essai est que les amis ne sont pas tous bien intentionnés et qu'avec de simples recoupements, des paroles ou des actes que vous n'aviez pas l'intention de révéler, sont dévoilés à tout le monde et peuvent se retourner contre vous, comme un futur employeur (après une recherche avec votre nom) qui découvre des photos où vous ne vous présentez pas sous votre meilleur jour.

En passant (ça ne figure pas dans le livre), je vous recommande de lire les conseils d'utilisation de F***b**k traduits directement de l'anglais. Il ne faut pas oublier que F***b**k est une création américaine, et en Amérique, il n'y a pas de protection de la vie privée comme en France (avec la CNIL). Les Américains sont très attachés au premier amendement de leur Constitution sur la liberté d'expression. En France, Edvige n'a pas survécu 3 mois car les Français rechignent à donner des informations personnelles alors que des millions de gens n'hésitent plus à exposer leur vie sur Internet (En France, 19 millions de personnes se connectent par mois). Les auteurs mettent l'accent sur le fait que les enfants sont des cibles vulnérables pour les délinquants sexuels ou autres.

L'inscription sur F***b***k est gratuite mais la plate-forme sert d'espace publicitaire pour des sponsors et et très récemment, les actionnaires sont apparus.
F***b**k doit devenir rentable en se servant de ses utilisateurs: elle se concentre d'un côté sur la publicité ciblée et de l'autre sur la recommandation sociale par vos amis. Voilà l'intérêt de F***b**k qui s'adresse directement à ceux qui sont concernés par les produits qu'ils doivent écouler: vendre des couches aux jeunes mamans, des rencontres et des soirées aux célibataires. Parlez du baptême de bébé à votre meilleure amie et F***b**k vous envoie une pub pour des dragées, etc. F***b**k et les autres réseaux sociaux sont devenus des "Big Brothers" en provoquant des forums de discussion sur les marques.

J'ai noté dans ce livre que pour se désinscrire de F***b**k, c'est très difficile; quant à effacer des donnés, cela relève de  mission
pratiquement impossible car les données sont stockées quelque part et le restent, et elles réapparaissent un jour ou l'autre.

En ce qui me concerne, mon blog suffit à mon bonheur. Les réseaux sociaux, pourquoi pas? Mais avec modération et circonspection.
En tout cas, je remercie encore Babelio pour cet ouvrage (200 pages et 16 euros). Esmeraldae en parle aussi.

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samedi 9 octobre 2010

Rosa candida - Audur Ava Olafsdottir

Rosa Candida de la romancière Audur Ava Olafsdottir (Edition Zulma) est un de ces romans de la rentrée que je vous recommande plus que chaudement. Je qualifierais l'histoire d'attendrissante sans être mièvre. C'est un livre lumineux comme l'écrit justement Cathulu. Il y est question de cultiver des roses à l'ombre d'un monastère dans un pays non défini. Le héros/narrateur est un jeune Islandais rouquin de 22 ans, Arnljotur (Lobbi). Bien que très doué pour des études qu'il aurait pu continuer, il décide de quitter l'Islande pour s'occuper d'une roseraie. Ce qui l'amène à prendre l'avion avec peu de bagages mais beaucoup de boutures de roses dont celle appelée "rosa candida". Il laisse derrière lui son vieux père de 77 ans et son frère Joseph qui est autiste. La maman est morte dans un accident de voiture peu de temps auparavant. Dans une de ses poches, Arnljotur garde précieusement le portrait de sa petite fille, Flora Sol, âgée alors de 6 mois et demi, qui vit chez la maman, Anna, étudiante en génétique. Flora Sol fut conçue lors d'une relation éphémère d'une demi-nuit dans une serre. Deux mois après son installation près des moines dont l'un est cinéphile (il regarde un classique en cassette tous les soirs), Arnljotur va recueillir dans son logement Anna et Flora Sol, maintenant âgée de 9 mois. Je vous laisse découvrir la fin. C'est un roman apaisant et apaisé qui fait du bien.

Tulisquoi et Kathel en disent aussi beaucoup de bien.

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mercredi 6 octobre 2010

Quatre bandes dessinées pédagogiques sur la Chine

Les quatre grandes inventions; Quatre savants de l'antiquité; Les quatre médecins; L'architecture de la Chine ancienne.
Texte: Zhu Keng. Illustrations: Hong Tao, Feng Congying. Les livres du dauphin, Beijing, 2005. Distributeur: Société chinoise du commerce international du livre.

Il s'agit d'une série de 4 BD, que Dasola a achetée au musée de Shanghaï en sachant que je suis un "BDphage". Les quatre albums, de format carré (26,5 cm de côté) comportent 46 planches de BD chacun. Ils présentent, à l'intention d'un (jeune) public sans doute étranger (il existait aussi une version anglaise?), des domaines scientifiques et quelques grands noms qui leur sont liés. Je vais en faire une critique d'un point de vue occidental. Il me semble que, pour les Chinois, l'Antiquité n'a pas la même acception qu'en Europe: où s'arrête-t-elle, en Chine, par exemple? Il est vrai que l'histoire de ce pays est longue. Si l'on trouve dans les livres des dates dans le calendrier chrétien (de 401 av. J.-C à 1593 ap. J.-C; notamment, pour les dates de naissance et de décès de personnages historiques et/ou célèbres cités dans tel ou tel des 4 titres), les "repères chronologiques" sont souvent fournis par l'indication "sous la dynastie des Han" (ou celle des Ming, etc.): le repère est certainement pour les Chinois aussi parlant que, pour nous en France, parler de Clovis, de Saint-Louis, de Louis XIV ou de Louis XVIII (comment ça, ça ne vous dit rien?). Cette collection est bien "sino-centrée". Les BD mettent en évidence l'importance qu'ont eue la Chine et les Chinois dans des domaines comme l'approximation du nombre Pi, l'acupuncture, l'invention du papier. La première planche du 1er livre, pour l'invention de l'écriture, cite rapidement l'Egypte, Sumer, l'Inde et les Européens, et c'est fini. Notre "grand voyageur" Marco Polo n'est pas cité, ni non plus la sortie de Chine des inventions présentés, entre autre la poudre à canon, la xylographie, l'imprimerie... Le commerce avec l'étranger est cité seulement "en passant" (à propos de l'utilisation de la boussole). Il n'est pas précisé quand la médecine occidentale est venue "concurrencer" la médecine chinoise (19e s.?). L'architecture chinoise est réduite aux pagodes, aux ponts et aux "grandes murailles". Sur le plan graphique, les dessins sont jolis, plus stylisés que réalistes, avec notamment de gentils garçonnets facilement identifiables? Le public visé semble plutôt les 10-12 ans. Enfin, si les livres que j'ai entre les mains comportent l'indication "première édition 2005", la première édition en français d'au moins deux des livres semble remonter à 1996, comme l'indiquent les résultats d'une simple recherche via Google sur le nom d'un des dessinateurs (Feng Conguing). Au final, une gentille lecture, qui fait découvrir de manière rapide bien des faits et noms que nous ne connaissons pas en Europe, sans effets de propagande.

PS: vous l'aurez deviné, dasola est de retour en France. Je vais donc très prochainement lui rendre les clés et m'éclipser... en attendant de créer, peut-être un de ces jours, mon blog à moi!
(s) Ta d loi du cine, "squatter" chez dasola

PS2: à Paris, on peut même trouver ces titres chez la librairie You Feng. Mais je ne garantis pas que ce soit la même édition!

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samedi 2 octobre 2010

Debout! - Grégory Perrin

Reprise d'une "note de lecture" que je [ta d loi du cine, squatter] avais rédigée en mai 2007 sur une autobiographie qui venait de paraître.
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Grégory Perrin, Debout ! Mon combat pour la vie, éditions Danger Public (imprimé en avril 2007, en librairie le 10/05/2007).

Grégory Perrin est né le 22 novembre 1972. Sa vie a basculé le 3 juin 1990 (il n’avait pas 18 ans), lors d’un accident de moto (sans intervention de tiers) qui l’a laissé tétraplégique. Aujourd’hui (mai 2007, presque 18 ans plus tard), il est candidat aux Législatives sous les couleurs du Mouvement Démocrate de François Bayrou. Cette dernière information ne figure pas dans le livre-témoignage qu’il vient de publier, mais sur son blog, http://www.gregoryperrin.com [en maintenance au 02/10/2010], où une interview publiée dans le Journal du dimanche le 28/05/2007 cite Philippe Moreau [fondateur des éditions Danger public] comme «ami et Directeur de campagne» (http://www.rtl2007.fr/actualite/0/il-veut-etre-elu-dans-fauteuil-7114.html) [lien qui ne fonctionne plus au 02/10/2010].

Ce livre, Grégory Perrin, que l’on peut, à mon avis, qualifier de «battant», revendique (p. 21) l’avoir écrit «pour aider ceux qui [le] suivraient» (d’autres tétraplégiques, qui se retrouveraient, comme lui, dans les voies balisées d’une prise en charge déresponsabilisante dont il n’a eu de cesse de vouloir sortir). J’ai trouvé pertinente son analyse (p. 162) du cas de Philippe Streiff (ancien champion de F1, qui a voulu se redonner la possibilité de conduire une voiture - sa motivation personnelle). Grégory, lui, a voulu «gagner de l’argent» (mon jugement est un peu abrupt, je le reconnais). Sa personnalité d’origine n’est pas forcément attachante, même s’il est aujourd’hui capable de prendre du recul sur son propre regard sur les personnes handicapées «avant de faire partie du lot» (p. 63).

Au départ, j’avoue avoir dû me forcer à lire la description détaillée de son accident et de ses suites immédiates (pp.24-36). Elle est à déconseiller aux âmes sensibles. Pour comprendre ce qu’est l’escarre si redoutée, j’ai consulté http://www.escarre.fr. Comme il l’expose abruptement (p.16), «une personne tétraplégique, c’est quelqu’un dont les quatre membres, les deux bras et les deux jambes, sont paralysées». Et la simple idée de passer en quelques instants d’un état «normal» à celui-ci est difficile à supporter. Il rend d’ailleurs hommage à un «vieux sage», qu’il a rencontré une seule fois, déterminante: le déclic pour comprendre que «ton corps est mort, oui, mais pas ta tête» (p.86).

J’avais en tête moi-même, au vu de la 4ème de couverture, le cas de Patrick Segal (L’Homme qui marchait dans sa tête), qui a été «délégué interministériel»; mais, vérification faite, il était «seulement» paraplégique. Ou le personnage de Dalton Trumbo, Johnny [s’en va-t-en guerre]. Mais celui-ci gît dans un lit, pratiquement coupé du monde extérieur. Entre les deux, et en luttant à chaque étape, Grégory a passé son Bac (ce qui n’était pas évident au départ), effectué des études supérieurs jusqu’au DESS (Bac+5 professionnalisant), et travaille comme cadre supérieur dans la finance (trader en bourse). Un beau parcours, qui lui a demandé une énergie exceptionnelle et l’accompagnement fidèle de son réseau familial (son père décédé en octobre 1992, sa mère, son frère – également accidenté peu de temps après lui, mais vite rétabli –, ses oncle et tante…).

Le point sur lequel il insiste le plus est la complexité des relations avec les professionnels de santé: qu’il s’agisse de la période de convalescence/rééducation, ou des soins «de tous les jours» dont il a besoin à vie. Cela apparaît comme un combat permanent pour adapter le système à son cas, et éviter de devenir un assisté (que l’on lève à 10 h, et que l’on couche à 19 ou 20 h, et qui passe ses journées à s’hébéter devant un poste de télévision) – ce qu’il donne comme un cas trop fréquent? (p.287). Lui, pour avoir les mêmes horaires qu’un salarié valide (contestation, au passage, du concept de «mi-temps thérapeutique», p. 257), c’est-à-dire les horaires d’une vie (sociale) qui «commence à 7 h et se termine à 23 h» (soit 18 heures/jour en fauteuil roulant), doit mobiliser un infirmier, un chauffeur… tôt le matin et tard le soir.

Les effets pervers du système des cabinets d’infirmiers libéraux (système de points par rapport à la Sécurité Sociale; sectorisation; horaires inadaptés à ses propres besoins) sont bien exposés (p.202). Mais je n’ai pas l’impression qu’il aille dans le sens d’une analyse «politique», «syndicale» ou «altruiste» de la chose: dans le public (en hôpital), ou dans le privé sous statut salarié (en clinique), le salaire est garanti, et les contraintes horaires font donc partie du «jeu». Les professions libérales, elles, sont libres de s’organiser à leur convenance par rapport à leurs propres besoins de niveau de vie… Pourquoi s’imposeraient-elles des conditions de travail fastidieuses (de nuit) si elles peuvent gagner leur vie plus agréablement? C’est aussi cela, le libéralisme…

S’il est élu, Grégory sera-t-il un militant «pro-handicapés», se battant spécifiquement sur cette cause, ou bien un député qui voudra être, le plus possible, confondu avec les valides (et s’intéresser à tous les sujets sans exclusive)? Les quelques lignes au dos de son tract de campagne semblent un peu floues. J’ai personnellement le souvenir d’avoir entendu, à au moins deux reprises (dans deux réunions différentes) une même élue de Paris citer une anecdote. Il y a des années, un handicapé moteur lui avait demandé «pourquoi ne suis-je pas un citoyen?», avant de lui expliquer qu’il ne pouvait «physiquement» pas voter, faute d’accessibilité des bureaux de vote (elle embrayait ensuite sur les immenses progrès accomplis à Paris à ce sujet). Mais je serai bien incapable de dire, faute d’avoir retenu son nom, s’il s’agit de Pénélope Komitès (citée p.269) ou d’une autre élue.

En conclusion, ce livre n’est pas plus «tendre» que son auteur, que l’on peut qualifier de «dur» - au sens laudatif. Les temps d’humour sont rares. L’on peut sourire du «gag» des malheureux Américains obèses en fauteuils roulants, croisés à DisneyWorld, et «seulement» harassés par la chaleur de la Floride (p. 193). Pour le reste, l’auteur, du haut de sa forte personnalité, et très fier de s’en être sorti, et de s’assumer, seul, dit plutôt «faites comme moi!». Il ne me semble pas prêt à militer, dans un cadre collectif, pour développer l’assistanat de ceux qui n’auraient pas la capacité de se prendre en charge seuls. Je le trouve donc plus «libéral» qu’homme «de gauche» ou «solidaire». Ce qui, pour un trader, est relativement normal, tous comptes faits.

PS du 02/10/2010: en effectuant des recherches pour voir si des blogs avaient parlé du livre de Grégory Perrin, j'ai trouvé une bien triste nouvelle ici (1). J'espère que mon billet contribuera à ce que le courageux "combat pour la vie" de Grégory Perrin ne soit pas oublié.

(1) Merci à son auteur de m'avoir signalé le changement de lien pour cet article (passage de t*p*pad à n*m*r*blog).

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jeudi 30 septembre 2010

Pythagore, je t'adore - Patrick Cauvin

Encore un billet de Ta d loi du cine, squatter...

C'est le récent décès de cet "écrivain populaire" (comme l'a qualifié il y a quelques jours un libraire auquel je venais d'acheter d'occasion quelques-uns de ses livres) qui m'a fait découvrir ce titre (Pythagore, je t'adore) de Patrick Cauvin. Il s'agit de la suite (parue en 1999) de E=MC2 mon amour (paru en 1977) (1) que j'avais acheté et lu il y a une vingtaine d'années (je marque les dates d'acquisition dans tous mes livres: c'est pratique!). Les jeunes héros et héroïne ont 4 ans de plus (ce qui les a amenés à 15). Ils s'étaient perdus de vue après l'interruption de leur correspondance (dépression de Daniel suite au décès de sa mère; "oubli" pour Laureen après deux courriers restés sans réponse). Et puis, leurs souvenirs remontent à la surface chacun de son côté, accompagnés du manque de l'autre. Cette fois, ils peuvent bénéficier de davantage d'autonomie dans leurs quêtes respectives. Et finalement, c'est à l'aéroport que leurs chemins arrivent à se croiser. A partir de là, ça pastiche fort gentiment Sulitzer (dont la grande époque était déjà derrière lui, sauf erreur de ma part); mais ça reste jeune (vert et tendre). Leur vieux complice Julius ne reparaît pas: il est peut-être mort entretemps? Deux ou trois personnages secondaires le remplacent. Et tout est bien qui finit mieux.

Je vais vous déflorer le passage le plus croustillant du roman (foi de garçon!).

"- Il faut qu'on étudie à fond tous les paramètres, dit Michon [le père de Daniel].
Re-silence.
- Autre question, dit Kay [la mère de Laureen], ça n'est pas lié directement à votre affaire, mais en tant que mère, si tant est que j'en sois une, je me permets de vous la poser: vous en êtes où tous les deux l'un par rapport à l'autre?
Théramène [Inspecteur de l'Education Nationale] baissa pudiquement les yeux.
Richard King [père de Laureen] eut l'air vaguement gêné, tandis que l'ancien chauffeur de taxi [Michon père] se boxait la cuisse.
- C'est vrai ça, vous ne nous avez pas dit où vous en étiez...
Laureen écarta une mèche de sa tempe.
- Ce qu'on peut vous dire, dit-elle, c'est qu'on n'a plus onze ans.
- Merci du renseignement, dit Michon, ça veut dire quoi?
- Ca veut dire qu'on en a quinze, papa...
- Et alors?
Théramène eut un long soupir, une brise matinale sur des blés frais coupés. Il avait fini la veille Les Amants de septembre, la suite de Deux pour la vie.
- Cela signifie que de nos jours l'âge des lys et des passions muettes a cédé la place à celui des roses et des fusions plénières.
Tous les yeux convergèrent vers lui.
- Vous pouvez traduire? demanda Richard.
- Il y en a marre, dit Laureen. Si vous voulez savoir si on couche ensemble, c'est simple: c'est oui.
Richard King émit un râle prolongé de paquebot demandant l'entrée du port.
- Vous vous attendiez à quoi? demanda Semperech [associé de nos deux petits génies]. Et en plus, ce sont des surdoués, vous voulez tout de même pas qu'ils aient du retard précisément là où les autres prennent de l'avance!"

Autres titres que je possède: Monsieur papa (acheté et lu en 1996); Nous allions vers les beaux jours, L'amour aveugle et Povchéri (tous trois dans ma PAL depuis le 02/09/2010).

(1) Pour ceux et celles qui ne connaissent pas, voici la citation de la 4ème de couverture de E=MC2 mon amour (en Poche): "Lui un peu voyou, elle un peu bêcheuse, ces deux bambins qui totalisent moins de vingt-trois printemps vont se rencontrer, se flairer, se reconnaître et vivre dans l'incompréhension générale ce qu'il est légitime d'appeler un grand amour.
J'aime dans le roman de Patrick Cauvin - outre toutes les qualités de fraîcheur, de légèreté, d'invention qu'il faut pour faire l'enfant sans faire la bête - j'aime ce qu'il dit sans avoir l'air d'y toucher et qui va beaucoup plus loin que son joli récit." François Nourissier

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dimanche 26 septembre 2010

Le divorce - Gaël

Reprise d'une "note de lecture" que je [ta d loi du cine, squatter] avais rédigée en février 2007 sur une bande dessinée.
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Gaël, Le divorce, éditions Danger Public (imprimé en décembre 2006, en librairie le 18 janvier 2007).

Cette bande dessinée, au format peu courant (la collection Les NRV, 19 x 19 cm), aborde une question «de société» sous un angle original. Un coup d’œil sur un concurrent, en coup de vent (un peu plus à l’ouest), ne repère pas de «Divorce» parmi, pourtant, plusieurs dizaines de «Guide du …». Mais ce n’est pas de cela qu’il s’agit.
Gaël (dont on peut trouver la photo sur internet) ne ressemble pas à son personnage. Même si cette BD sent à plein nez l’expérience vécue (divorcé lui-même, il aurait dessiné en connaissance de cause ?), on peut se demander pourquoi notre héros s’est infligé le tarin de Smiley Bone (dans la série de BD Bone de Jeff Smith): un symbole phallique ? La phrase «le connard qui a inventé le terme "Divorce à l’amiable" devait être petit, borgne, laid, frustré, aigri et célibataire...» «...et chauve...» (p. 25) méritait d’être mise en exergue (elle prend tout son sel en contemplant le caillou du héros). Trêve de plaisanterie, attaquons l’album lui-même (paradoxalement sous-titré «journal d’une haine conjugale»).

Sans vouloir faire du Groensteen, un œil expert en bande dessinée pourra dire: dessin efficace et agréable, grammaire BD bien maîtrisée. Les personnages sont expressifs, et c’est bien là le principal dans cet album où tout tourne autour des protagonistes (décors minimalistes). Relevons un parti pris intéressant: pour chaque «sketch» (gag?), un seul cadrage se répète du début à la fin: personnages en pied, ou en plan américain, ou en gros plan – sauf, quelques rares fois, le dessin «de chute» (exemple flagrant: p. 18). Cette contrainte donne une unité à chaque histoire. En même temps, cela entraîne peut-être une certaine monotonie à l’œil. Pourquoi ne pas avoir davantage varié, afin de «dynamiser» la lecture?

Lecture, justement. Il s’agit d’une BD «bavarde». L’auteur écrit bien, mais écrit peut-être un peu trop, sans penser à un temps fort par case. La parole «file» (surtout dans les cas de monologues). Peut-être l’album aurait-il gagné si chaque case avait été construite avec un vrai contenu, et non seulement comme une préparation à la chute finale qui n’est parfois pas aussi savoureuse qu’on l’attendrait. On peut se demander quel inconscient a fait que le «dernier mot» féminin se trouve souvent le plus fort ? Veut-elle le «rendre marteau» (p. 46) ?

«Les aventures de mon papa» par Nina 4 ans est bien trouvé, mais pas exploité à fond (le procédé n’a-t-il pas déjà été utilisé par Greg dans Achille Talon dans les années 1970 ? Mais peu importe). De même, la reproduction d’articles avec gag en marge est une idée intéressante, mais le résultat est un peu décevant avec des gags en une image qui tombent un peu à plat – alors que ces pages «de journal» auraient pu, sinon être disséminées au fil de l’album, du moins être éloignées de «papa», pour rompre une certaine monotonie de lecture.

Il s’agit d’une bonne BD, mais qui pourrait être améliorée (ou plutôt pour les titres à venir - «Le divorce 2»? La dernière planche semble l’emmener vers une nouvelle aventure…): en travaillant les rythmes de lecture (composition des cases et de la page, écriture des dialogues plus musclée et ramassée, meilleure composition globale, à l’intérieur de l’album, avec alternance des «sketches» (dessins d’enfant, journaux etc. – à multiplier et espacer).

Pour finir, une question de pure forme: qui a maquetté cette BD ? L’éditeur (via la maquettiste créditée au générique), ou l’auteur (de A à Z, y compris la couleur de fond «papier kraft froissé»)? Pour le savoir, direction le blog mentionné sur le communiqué de presse: ce petit (dé)tour démontre que l’auteur peut se dépatouiller tout seul, dans les grandes lignes. Je pense bien entendu au billet http://www.appartelier.com/blog2ga/index.php?post=7 visible ce 27 février 2007 au soir.
A suivre donc…

PS du 26/09/2010: j'ai trouvé quelques informations supplémentaires sur http://www.bedetheque.com/auteur-2155-BD-Gael.html (les dernières BD de Gaël parues semblent être les 40 commandements... des ados; ... du divorce). Un article du blog Phylacterium parle longuement de son (= à Gaël) activité de blogueur, .

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mercredi 22 septembre 2010

Tomber la chemise - Pascal Cabero

Reprise d'une "note de lecture" que je [ta d loi du cine, squatter] avais rédigée en février 2007 sur "les années Zebda" (groupe musical) racontées par un des membres.
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Pascal Cabero, Tomber la chemise, éditions Danger Public (imprimé en décembre 2006, en vente depuis le 11/01/2007).

D’où parle ce livre ?

Après lecture, on ressent comme un sentiment de manque. Ce livre se définit un peu en «creux» (sans que ce jugement – personnel – soit péjoratif). L’auteur lui-même se trouve-t-il aujourd’hui dans l’état d’esprit de goûter la plénitude de ses souvenirs ?

Essayons donc de voir ce que ce bouquin n’est pas – ne dit pas. On n’y trouve pas vraiment une «chronologie» complète du groupe Zebda (combien de «le surlendemain» ou de «cette même année»…), plutôt une ambiance. Il s’agit de la vision subjective – revendiquée comme telle – d’un de ses sept «composants». Pascal Cabero raconte, à sa manière, comment il a suscité, puis a vécu, et fait vivre, Zebda.
Cette page est-elle tournée, pour lui ? Peut-être lui reste-t-il un deuil à faire ? En tout cas, il n’a pas mis dans ses pages sa biographie complète d’avant, pendant et après Zebda (il est bien vivant – n’a pas été volontaire pour «assurer la promo» à la manière de Lennon, Morrison, Cobain etc – cf. liste p. 132 !). Il donne peu d’informations personnelles (sa vie de famille?); lorsque mention en est faite au fil d’une page, c’est toujours en rapport avec Zebda. Et quand des informations arrivent enfin sur son enfance, c’est à 30 pages de la fin du livre. Sa «tranche de vie» dans le groupe bénéficie pourtant de quelques éclairages – mais il s’agit plutôt d’éclairs qui déchirent un voile de mystères, l’individu Pascal Cabero restant fondu dans le groupe pour lequel il a tant travaillé. «En verlan, arabe se dit beur. En arabe, beurre se dit zebda. On avait un nom, il ne restait plus qu’à se le faire» (p. 33).

On ne devient Zebda qu’en mouillant sa chemise

J’ai apprécié dans ce livre que ne soit pas vendu, au lecteur, du rêve à la Star’Ac. Le monde du Show-business est étalé sans fard («…il y a show, mais il y a aussi business», p. 98). Il ne dissimule pas que, cette musique, à la base, il fallait en vivre (à 7, 9, 11, 13 personnes…). Ils ont créé leur petite entreprise musicale (avec une structure juridique «association loi 1901» au départ). On sent un crescendo : jouer dans des bars devant 50 auditeurs, puis remplir des salles de 100, puis 1000, puis 5000, puis 18 000 places. «Vendre notre spectacle entre 8 et 15 000 F» (p. 123). Mais il raconte quand même davantage qu’il n’explique (anecdotes sur les galères). Le lien entre les concerts et la vente des disques est explicité (p. 126). Qui penserait, en écoutant leurs disques (du 1er, en 1992, à l’apogée avec celui de 1998), aux problèmes de logistique ? En sillonnant la France (et au-delà), le groupe semble avoir tué sous lui au moins deux véhicules (estafette Renault, Iveco rouge). Peut-être, en 2007, apparaîtront-ils comme des «privilégiés», ayant pu bénéficier de l’ancien statut des intermittents du spectacle? On aimerait une prise de position publique de Pascal Cabero à ce sujet – une cause pour laquelle se battre?

Que sont les autres devenus?

On attendrait, aussi, des «nouvelles» des autres musiciens. La séparation est-elle encore trop douloureuse? De fortes personnalités ont coexisté, il fallait sans doute ne pas manquer de repartie au sein de la caravane (les «Voltaire» et les «Rousseau», p. 163). Serait-il, aujourd’hui, possible qu’émerge un groupe similaire, refusant, par exemple, volontairement de passer sur TF1 (p.176 – au fait, ont-ils tenu jusqu’au bout?)? On apprécie en tout cas le rappel qu’ils ont commencé eux-mêmes par assurer des «premières parties» (Les Garçons Bouchers en 1989; la Mano Negra en 1991; … Johnny Hallyday en 1993 aux Francofolies), avant que, en 1998, d’autres fassent leurs propres «1ères parties».
Dans quelques décennies, aurons-nous droit aux «inédits» de Zebda (les quelques K7 citées p. 52)? Y a-t-il un «tarif collector» pour leur premier 45 tours (p.39) ?

Pascal Cabero

Pour qui veut suivre la piste tracée dès le revers de la couv’, on tombe sur son blog. Magie d’internet: il doit réellement être à quelques clics de souris, mais semble susciter peu de commentaires ? Personne ne s’y rappelle encore, avec «nostalgie», avoir dansé, entre 20 et 30 ans, en bande, chemise(s) au vent? Un passant y déplore l’absence d’extraits du livre. Des mots, peut-être plus sincères que ceux figurant sur le «matériel promotionnel» du livre lui-même, l’y annoncent. Et Pascal Cabero, aujourd’hui, semble se chercher dans l’écriture. Au fait, avait-il lui-même envoyé son manuscrit aux Editions Danger Public, ou bien s’agit-il d’un éditeur qui a fait son travail: susciter une œuvre ?

PS du 22/09/2010: malgré une recherche poussée (gougueulisation sur "tomber la chemise cabero": 142 réponses...), je n'ai trouvé aucun blog qui ait chroniqué ce livre (qui a l'air toujours disponible sur http://www.dangerpublic.fr). Le dernier billet sur le blog http://pascal.cabero.over-blog.com date du 6 juin 2009. Il semble que Zebda ait des velléités de revenir en musique depuis 2008-2009, peut-être (?) sans Pascal Cabero.

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lundi 20 septembre 2010

Silex and the city / Réduction du temps de trouvaille - Jul

Attention, ceci est un billet de "Ta d loi du cine" (les précédents sont ici et ). Vous ne pensiez tout de même pas rester sans nouveautés sur ce blog pendant les semaines d'absence de la maîtresse des lieux?

Dasola a ramené les 2 tomes de cette bande dessinée récente (2009 et 2010) de sa dernière virée à la Fn*c. Je ne sais pas si notre récente balade en Périgord y a été pour quelque chose? C'est en tout cas un autre humour que Pourquoi j'ai mangé mon père (de Roy Lewis), que j'ai pour ma part relu avec délectation mais qui lui est tombé des mains au bout de quelques pages quand j'ai essayé de lui mettre entre. Pour en revenir à la BD de Jul, je pense que la série est bien partie pour continuer sur sa lancée (il y a matière!). "Nous sommes en 40 000 avant J.-C... Toute la planète semble obéir aux lois de la sélection naturelle. Toute? Non: une vallée résiste encore et toujours à l'évolution" (c'est marrant, ça me rappelle quelque chose...). Le ton est donné dès le commencement: anachronisme, gags, clins d'yeux, le tout solidement charpenté d'un arc narratif: les aventures de la famille Dotcom. Le rapprochement avec Pourquoi... que j'ai cité plus haut n'est pas si lointain que cela. "Toute l'actualité contemporaine défile en peaux de bêtes, pour une parodie au vitriol de notre société", comme le revendique la 4ème de couverture. Je ne sais pas si Jul a aussi signé ce texte? En deux mots, un couple de profs préhistoriques (y a bon bobo?) est affligé d'une ravissante ado (dolto-sapiens et fashion victime) qui va s'éprendre du beau Rahan de La Pétaudière. Le fils, alter-contestataire, va se réfugier après la n-ième raclée paternelle chez grand-papa, qui lui vaticine Mai -68000... (durant 4 pages en noir et blanc!). Le père, qui s'est lancé dans la politique pour sauver le monde (forcément), se prend la raclée du siècle: 99% des voix se sont perdues sur Chasse-pêche-nature et tradition: on arrête donc le progrès (les humains ne sont pas mûrs pour la démocratie). J'ai trouvé que le deuxième album, Réduction du temps de trouvaille, avait davantage un rythme de gags sur une ou deux pages (avec la chute dans la dernière case en bas à droite), même si c'est en principe une histoire "suivie". Le texte aligne les bons mots (souvent téléphonés) et les dessins présentent des icones emblématiques (la dame de Brassempouy, le petit prince, le stade de France). Certaines allusions sont très - trop? - contemporaines: influence du dessin de presse? Je ne sais pas si ces oeuvres traverseront les décennies. En 2020, est-ce que "Désir d'avenir" évoquera encore quelque chose? Il faudra faire des rééditions avec notes de bas de page! En bref, une oeuvre qui provoque des sourires entendus sans surtout se prendre au sérieux. Le comique de situation ubuesque, la coexistence lémuriens / singes / homo erectus / néanderthal / cro-magnon, ça ne casse pas 3 pattes à un homo (erectus, habilis ou sapiens)!

Quelques blogs qui en parlent (liste non exhaustive!): Marie, Canel, Solenn, Guy, Le Merydien, SeL.

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dimanche 19 septembre 2010

Quelques polars lus pendant les vacances et à la rentrée (littéraire)

Voici un billet complémentaire sur des lectures que j'ai faites courant août et dont je n'avais pas encore parlé.

Le cercueil de pierre de Kjell Eriksson (Babel Noir) n'est pas du tout l'histoire que je pensais. Il m'a rappelé l'intrigue du Cerveau de Kennedy ou La Constance du jardinier. Je ne suis d'ailleurs pas sûre d'avoir tout compris avec une intrigue qui a des ramifications jusqu'en République dominicaine où des humains servent de cobayes pour tester des médicaments. J'ai oublié de dire que tout commence en Suède, dans la région d'Uppala, avec une femme et sa petite fille renversées par une voiture et tuées sur le coup. La voiture appartient au mari. J'ai aussi appris ce qu'est un cercueil de pierre qui a deux significations dans le roman. A part ça, je crois que je n'en lirai pas d'autre de cet auteur suédois.

Les marécages de Joe R. Lansdale (Folio policier) consiste en une histoire racontée par un petit garçon, Harry dans les années 1933-34. Son père tient un salon de coiffure et il est "constable", une sorte de shérif qui maintient l'ordre. Cette famille, comme tous les autres, n'est pas riche: ils vivent encore de la terre qu'ils cultivent. La crise de 1929 se ressent encore dans l'East Texas. Le KKK (Ku Klux Klan) sévit plus que jamais. Il n'est pas bon d'être noir dans cette région. Et ce n'est pas un cadavre d'une femme noire retrouvée ligotée avec des barbelés qui émeut la population (surtout que c'était une prostituée). D'autres suivent et ils changent de couleur... J'ai noté que Joe R. Lansdale s'est arrangé pour que tout le récit soit narré du point de vue du gamin qui se retrouve de ce fait dans des situations et des positions assez périlleuses pour décrire par exemple une autopsie. Ce parti pris ne m'a pas dérangée mais donne au roman un air de "devoir appliqué", d'exercice de style. De cet auteur, j'ai déjà chroniqué l'arbre à bouteilles. Pour une critique encore plus mitigée, lire le billet de eeguab.

Le démon dans ma peau de Jim Thompson (Folio Policier): Michael Winterbottom vient d'en réaliser une adaptation cinématographique que je n'ai pas vue. Publié en 1966, le roman est écrit à la première personne par Lou Ford, shérif adjoint de Central City, qui tire beaucoup de jouissance à tabasser les femmes et même à les tuer ou à les laisser pour mortes (ce qui le perdra). On comprend sa haine des femmes au détour d'un chapitre: Lou a été abusé sexuellement par une femme quand il était petit (la bonne de la famille). Je ne sais pas si c'est la traduction mais l'histoire ne m'a pas passionnée.

Maintenant, comme je pars demain en Chine en voyage organisé pour deux semaines avec le CE de mon entreprise, sans pouvoir être du tout connectée pendant ce temps, je laisse les clés du blog entre les mains de mon statisticien (Ta d loi du cine), il m'a promis des surprises... Espérons qu'il ne fera pas de bêtises!

Allons, en attendant, un petit dernier "pour la route": je vous rajoute une critique d'un roman dont je viens juste de terminer la lecture.

Un employé modèle de Paul Cleave (Editions Sonatine) était récommandée par mon libraire. Je l'ai lu en deux jours avec intérêt mais au fur et à mesure que l'histoire se déroule, cet intérêt s'est quelque peu émoussé. En Nouvelle-Zélande, à Christchurch, Joe Middleton, un serial killer (un de plus), sévit: il a tué 7 femmes (dans d'atroces conditions) après les avoir violées. Il est au fait des enquêtes en cours car il est homme de ménage au commissariat de la ville. On le prend pour un demeuré. Une huitième victime morte avec le même mode opératoire est mise à son triste actif. Joe Middleton ne l'entend ainsi et il décide de découvrir qui veut lui faire porter le chapeau pour un crime qu'il n'a pas commis (non mais!). Joe n'a pas d'ami excepté deux poissons rouges, Cornichon et J*h*vah (qui connaîtront un sort tragique), mais a une mère, acariâtre, possessive au-delà de toute expression, c'en est une caricature. Il ne vit pas avec elle mais il va dîner chez elle presque tous les jours. Il rêve qu'elle disparaisse et même temps il ne supporte pas cette idée. Cela n'empêche pas Joe de mettre de la mort-aux-rats dans le café de sa mère ou de graisser le bas du rideau de douche pour qu'elle tombe. Pendant son enquête et sa quête de nouvelles victimes, Joe tombe sur un "os", un adversaire plus fort que lui, en la personne de Mélissa, dont je vous laisse découvrir les talents (si je puis dire). C'est justement ce personnage de Melissa qui alourdit le récit. Ceci mis à part, le premier roman de ce Néo-zélandais vaut la peine d'être lu.

A mon retour, un billet sur trois films français, que j'ai vus il y a déjà un petit moment, est prévu [chroniqué le 07/10/2010].

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