dimanche 18 décembre 2011

Une mort esthétique - P.D. James / Bettý - Arnaldur Indridason

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Une mort esthétique (Edition Le Livre de poche) est le dernier roman en date de Phillis Dorothy (P. D.) James, 91 ans cette année. On retrouve le trio formé par le commandant Adam Dalgliesh (qui va se marier) et ses deux collaborateurs, Kate Miskin et Francis Benton-Smith. L'instrigue se passe entre un 14 décembre et un 21 décembre avec un prologue le 21 novembre et un épilogue. Pendant 600 pages, on suit une enquête qui se passe dans une clinique privée du Dorset (un beau manoir Tudor). Rhoda Gradwyn, 47 ans, une journaliste d'investigation de qualité (mais qui a donc des ennemis), est étranglée dans la nuit qui suit son opération esthétique (elle s'est fait enlever une vilaine cicatrice à la joue qu'elle avait depuis l'enfance). Les suspects se trouvent parmi le personnel de la clinique, le chirurgien (et propriétaire du manoir) en tête. Comme dans les autres romans de P. D. James, la résolution du crime nous est révélée assez rapidement dans les dernières pages. C'est toute l'enquête et les révélations sur les personnages qui sont passionnantes. Voici le genre de roman qui se déguste en prenant son thé et des muffins. Un bon moment de lecture.

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Je viens de terminer Bettý (Edition Metailié noir, 200 pages) d'Arnaldur Indridason (connu pour la série des aventures du commissaire Erlandur) qui a dû s'inspirer des classiques de la littérature américaine, en particulier Le facteur sonne toujours deux fois de James M. Cain, pour écrire ce roman qui date de 2003. La Bettý du titre est une femme fatale, une garce de la plus belle eau. Le roman est écrit à la première personne par un narrateur qui est en fait une narratrice (on le comprend à la page 108 du roman). Sara nous raconte son histoire depuis sa rencontre avec Bettý dont elle est tombée amoureuse. Elle va se retrouver complice du meurtre du mari de Bettý. Je ne vous en dis pas plus. Lecture plaisante mais pas aussi enthousiasmante que d'autres romans d'Indridason.

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lundi 12 décembre 2011

Manchette/Tardi - La position du tireur couché / Ô dingos, Ô chateaux

Les romans de Jean-Patrick Manchette inspirent Jacques Tardi. Preuve en est avec La position du coureur couché et Ô dingos, Ô châteaux que je vais évoquer. Mon ami se chargera plus tard du Petit bleu de la côte ouest. [cf. billet du 02/02/2012].

Jean-Patrick Manchette (1942-1995) fut considéré comme le père spirtituel du néo polar. Les histoires qu'il raconte sont noires, très noires. Tous les personnages ont des zones d'ombre. Ils sont pour la plupart psychopathes, asociaux, tueurs. Tout se termine plutôt mal en général. Il a aussi écrit pour le cinéma dont La guerre des polices de Robin Davis, Trois hommes à abattre de Jacques Deray, Légitime violence de Serge Leroy, La Crime de Philippe Labro entre autres.

Concernant Jacques Tardi, je l'ai découvert dans ses adaptations en BD des romans de Léo Malet. Je les ai tous en ma possession. J'apprécie son trait de crayon en noir et blanc, la façon qu'il a de dessiner les personnages et les arrière-plans. Les femmes se ressemblent beaucoup, brunes en général et rarement sympathiques quand elles n'ont pas "un grain".

Les albums de 100 pages sont publiés aux Editions Futuropolis.

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Dans La position du tireur couché (BD parue en 2010, roman datant de 1981), Martin Terrier est un tueur à gages qui veut se retirer des affaires après un "contrat" qui l'a mené en Irlande. Ce n'est malheureusement pas simple car un individu nommé Cox qui l'emploie ne veut pas le lâcher. En outre, sa petite amie dont il vient de se séparer est sauvagement assassinée ainsi que son chat. Martin mène l'enquête où il renoue avec une femme qu'il aime depuis toujours (mais cette dernière ne l'a pas attendu). Il va se retrouver contraint de faire un dernier "coup" en assassinant un homme politique. C'est vers la fin de l'histoire que l'on comprend le titre de l'album qui est fidèle au roman de J.P. Manchette. Noir, très noir.

 

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Ô dingos, Ô châteaux (2011 / 1972) raconte la fuite d'une jeune femme et d'un gamin, qui lui a été confié, traqués par un tueur nommé Thompson, très mal en point physiquement. Julia Ballanger, sortie d'un asile psychiatrique, est engagée par un dénommé Hartog (devenu maître de la fortune de son frère défunt) afin de veiller sur son neveu Peter. Comme le dit son chauffeur, Hartog est entouré d'êtres "tarés". Peu de temps après, Julia et Peter (un gamin insupportable) sont enlevés. Julie est une fille courageuse qui n'a pas peur d'utiliser un pistolet si besoin est. Elle arrive à se libérer de ses ravisseurs et la traque commence, qui l'emmène jusqu'à une tour Maure. La confrontation finale est assez "gore".

Les deux histoires, se déroulant à la fin des années 70-début des années 80, permettent à Tardi de dessiner des DS et autres Renault 16, et certains endroits de Paris que j'ai bien reconnus. 

Deux BD à lire et à offrir.

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mardi 29 novembre 2011

Jayne Mansfield 1967 - Simon Liberati

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Ayant entendu une bonne critique sur ce roman qui vient de recevoir le prix Fémina 2011, j'ai saisi l'occasion de lire Jayne Mansfield 1967 de Simon Liberati (Editions Grasset, 190 pages). Le résumé du livre se trouve dans le titre. Simon Liberati commence en effet son récit par la description détaillée d'une collision mortelle: une Buick qui s'encastra dans un semi-remorque de 18 roues sur une route qui reliait Biloxi, dans l'état du Mississippi, à la Nouvelle-Orléans. L'accident, qui eut lieu dans la nuit du 29 juin 1967, tua 3 adultes et blessa 3 enfants qui se trouvaient à l'arrière de la voiture, sans oublier 2 chihuahuas. Parmi les victimes, Jayne Mansfield, 34 ans, et son amant du moment, Sam Brody. Les trois enfants étaient ceux de Jayne Mansfield, qui fut plus connue pour sa poitrine opulente, son QI de plus de 160, son amour pour les enfants (elle en a eu 5) et les chihuahuas qui se nichaient au creux de ses seins, que pour son talent d'actrice. Elle aurait pu être une seconde Marilyn Monroe, mais elle fut réduite à tourner des navets et à faire du strip-tease à Las Vegas. Au détour d'une phrase, on apprend quelques bribes de la vie provoquante et scandaleuse de cette femme qui fut très photographiée dans les années 50. Simon Liberati l'évoque en pointillé en parlant de ses addictions à la drogue, peut-être au satanisme, à son sens des affaires. Ce n'est pas un biographe, mais il donne suffisamment de précisions pour se faire une idée sur cette femme qui n'est pas morte décapitée comme beaucoup de gens le croient (moi la première), mais c'est tout comme. Un roman bien écrit que je vous conseille.

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mercredi 23 novembre 2011

Plus léger que l'air - Federico Jeanmaire

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Plus léger que l'air a été écrit par Federico Jeanmaire, écrivain argentin que je ne connaissais pas (c'est le premier roman de cet universitaire né en 1957). Publié aux Editions Joelle Losfeld (220 pages), c'est mon ami qui me l'a offert après avoir lu une bonne critique dans un journal hebdomadaire. Je le remercie de ce cadeau car c'est vraiment très bien. Ce long monologue d'une vieille femme de presque 94 ans émeut beaucoup. Elle parle à un jeune garçon de 14 ans, Santi, qu'elle maintient enfermé dans sa salle de bain après qu'il ait essayé de la voler. Pendant les quatre jours que dure l'histoire, cette vieille femme surnommée Faila, qui s'appelle en réalité Rafaela, fait la morale à Santi pour avoir agi de la sorte. Elle le menace, elle le materne, elle lui trouve mauvais caractère, elle le nourrit en lui passant sous la porte des escalopes panées, des crackers et des biscuits palmiers. Elle lui promet surtout de le libérer s'il écoute l'histoire de sa vie. Elle se met à lui parler de sa propre mère, Delia ou Delita, qu'elle n'a pas connue (elle avait 2 ans), morte dans des circonstances tragiques. Elle lui parle évidemment de sa propre vie, des deux hommes qu'elle a connus et qui l'ont bafouée - elle ne s'est jamais mariée. Je n'ai pas trouvé ce roman triste même si cela parle de la mort, de la vieillesse, de la solitude. La dernière phrase m'a plu: "Le désir de n'importe quelle femme est plus léger que l'air". Je vous laisse découvrir quel est l'autre élément qui est plus léger que l'air dans ce roman que je conseille vraiment parce qu'il se lit très bien et vite.

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lundi 14 novembre 2011

Solaire - Ian McEwan

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Depuis 5 mois, Solaire de Ian Mc Ewan (390 pages, Editions Gallimard) traînait sur ma PAL. Je m'y suis reprise à deux fois pour le commencer, je n'arrivais pas à "entrer" dedans, et puis j'ai lu ce roman pratiquement d'une traite. Il est plaisant et parfois drôle (ce n'est pas courant chez Mc Ewan). En 2000, Michael Beard, 53 ans, petit, gros et chauve (mais qui plait aux femmes plus jeunes), ancien Nobel de physique (sur la "colligation Beard-Einstein"), voit son 5ème mariage avec Patrice (c'est un prénom féminin) partir à vau-l'eau. Patrice le trompe avec un maçon. Pendant ce temps là, dans le cadre de son soutien à un projet gouvernemental à propos du réchauffement climatique, Beard part en expédition au Pôle Nord (je vous laisse découvrir ses mésaventures assez savoureuses). Cette première partie se termine de façon assez amorale avec un homme condamné à 16 ans de prison pour un crime qu'il n'a pas commis. Cinq ans plus tard, en 2005, Beard, divorcé, a une liaison avec une jeune femme, Melissa, qui lui annonce qu'elle est enceinte de ses oeuvres. Beard, qui a des problèmes de santé à cause de son embonpoint, continue de mener une vie agitée avec  les conférences qu'il donne sur l'énergie solaire. Il se retrouve même à la tête d'un centre de recherches sur ce sujet. N'ayant jamais voulu être père, il essaye en vain de convaincre Mélissa de se faire avorter. En 2009, Michael devenu le papa d'une petite Catriona se retrouve aux Etats-Unis dans une contrée désertique où il dirige un projet de panneau solaire en expérimentation. Un problème se pointe en la personne d'un avocat.

Pour résumer ce roman, c'est l'histoire d'un homme, de ses lâchetés, de ses amours et de ses "emm...". Le personnage de Michael Beard, qui n'est pas très sympathique de prime abord, devient attachant sous la plume de Ian McEwan. Après Samedi qui m'avait bien plu et Sur la plage de Chesil qui m'avait déçue, Solaire fut un moment agréable de lecture. Lire le billet de Keisha.

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mercredi 2 novembre 2011

Romans lus et non commentés

J'ai lu pas mal de romans policiers depuis l'été qui m'ont laissé plus ou moins de souvenirs. Mais ce furent des lectures agréables sur l'instant.

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Je commence par La bibliothèque du géographe de Jon Fasman (Points Seuil) qui est un roman intriguant mêlant passé et présent et qui nous présente des objets (fictifs) dotés de pouvoirs magiques et/ou alchimiques que des hommes sans scrupules essayent de s'approprier depuis des siècles. Le géographe du titre se réfère à al-Idrisi qui vécut au XIIème siècle et fut le cartographe du roi Roger II de Sicile. Parallèlement, Paul Tomm, un jeune journaliste, essaye d'élucider la mort inexpliquée d'un professeur d'histoire. Par ailleurs, le médecin légiste qui a pratiqué l'autopsie meurt peu après renversé par une voiture. Quand on arrive à la fin de l'histoire, on n'est pas très avancé. Toutes les clés ne nous sont pas données. Mais j'ai passé un excellent moment de lecture.

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Nature morte de Louise Penny (Actes Sud Noirs) se passe dans la province de Québec au Canada. Près d'un village où elle habitait, une institutrice à la retraite, Jane Neal, 76 ans, est retrouvée morte à l'orée d'un bois. Il semble qu'elle ait été tuée d'une flèche tirée par un arc. Accident? Meurtre? L'inspecteur-chef Armand Gamache de la sûreté de Montréal, marié depuis 32 ans, est chargé de l'enquête. Jane Neal était aussi peintre à ses heures. Il semble qu'elle ait peint quelque chose qu'elle n'aurait pas dû. C'est un roman qui m'a quelque déçue car il manque de vrais rebondissements. Ce roman de 300 pages est un peu "plan plan". Je pense que 200 pages auraient suffi. C'est semble-t-il le premier volet des enquêtes de l'inspecteur Gamache. Attendons les tomes suivants.

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Seul demeure son parfum de Feng Hua (Picquier Poche) est un roman policier chinois dans lequel de nos jours, en Chine, un tueur étrangle ses victimes (des femmes) après leur avoir fait l'amour. Un jeune inspecteur, Pu Ke, aidé d'une jeune femme, Mi Duo, rencontrée à une fête chez des amis communs, mène une enquête sur plusieurs mois. Ces crimes ne sont pas les premiers perpertrés par le tueur. J'ai deviné assez vite de qui il s'agissait. Le plus dur pour Pu Ke est de découvrir le mobile. L'auteur prend son temps pour dérouler l'histoire. Il nous montre qu'il n'est pas aisé d'enquêter en Chine quand certaines personnes comme des cadres administratifs sont impliqués. Ils ne peuvent pas être interrogés facilement. C'est toute une affaire de hiérarchie et de préséance. Roman pas désagréable même s'il m'a paru un peu lent.

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La maison où je suis mort autrefois de Keigo Higashino (Actes Sud Noirs) constitue un roman policier japonais à la limite du fantastique. Une jeune femme demande à son ancien petit ami de l'accompagner dans une demeure reculée et isolée à flanc de montagne. A la mort de son père, elle a reçu une clé à tête de lion qui semble ouvrir une porte de cette bâtisse, qui ressemble à un tombeau et où le temps s'est arrêté un jour à 11H10. Sayaka n'a aucun souvenir d'avant l'âge de 5 ans. Elle veut découvrir pourquoi. Cette maison permettra peut-être de lui faire recouvrir la mémoire et d'exorciser ses démons. En effet, elle a fait plusieurs tentatives de suicide et est séparée de sa petite fille qu'elle maltraite. Ce roman tient en haleine jusqu'à la fin. Lire le billet d'Ys.

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Le roman de Ken Bruen, Calibre (Série Noire Gallimard), se lit vite, mais l'auteur ne s'est cette fois-ci vraiment pas foulé. L'histoire qui se passe à Londres rappelle celle de Mort aux cons de Carl Ayerhold mais en nettemement moins drôle. Un tueur qui a comme roman de chevet Le démon dans ma peau de Jim Thompson tue des personnes qu'il considère mal élevées. Les flics qui se mettent à sa recherche ne valent pas mieux que lui. A vous de voir.

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vendredi 21 octobre 2011

Le Chinois - Henning Mankell

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Dès que je l'ai vu, je me suis précipitée sur la 4ème de couv' pour me donner une idée de l'histoire et je l'ai acheté. Je ne l'ai pas regretté. Le Chinois d'Henning Mankell est un polar haletant qui commence et se termine en Suède après s'être déroulé en Chine (à Pékin), en Afrique et à Londres. En janvier 2006, au nord de la Suède, 19 personnes d'un même village sont sauvagement assassinées. Sur place, on trouve un bandeau de soie rouge. Un Suédois est arrêté, il se suicide en prison, fin de l'affaire. Et bien non, c'est là que l'histoire commence vraiment. Une juge d'instruction de Stockholm, Birgitta Roslin, parente éloignée de deux des victimes, décide de mener une enquête parallèle qui la mènera jusqu'à Pékin. On comprend que ce massacre a des origines anciennes qui nous fait remonter 140 ans en arrière, au temps où des Chinois furent enlevés à Canton et se retrouvèrent à travailler à la construction du chemin de fer aux Etats-Unis dans des conditions épouvantables. Ce roman est aussi l'occasion pour Henning Mankell d'évoquer la Chine d'aujourd'hui avec la richesse cotoyant la pauvreté, et où des hommes d'affaires peu scrupuleux éliminent tout ce qui les gênent. On fait en particulier la connaissance d'un Chinois, Yan Sa, homme dangereux et psychopathe, et de sa soeur, Hong, plus intègre. Je ne vous dévoilerai pas plus de l'intrigue mais je vous recommande chaudement ce roman de 550 pages (Edition du Seuil) qui se lit d'une traite. A noter que l'intrigue est moins complexe, moins fouillée que la série des "Wallander" mais c'est très bien quand même. Voir dans l'Index mes billets précédents sur trois livres du même auteur.

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mercredi 12 octobre 2011

Le dîner - Herman Koch

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Ayant lu quelques chroniques sur ce roman (Alex mot-à-mots par exemple), je me suis procuré ce roman vendu à 400 000 exemplaires aux Pays-Bas. C'est le premier roman d'Herman Koch publié en France (Editions Belfond).

En résumé, le roman se passe pendant un dîner, où deux frères, Paul et Serge Lohman, accompagnés de leurs épouses, Claire et Babette, discutent de choses et d'autres et n'abordent pas le vrai sujet de fond sauf vers la fin. En effet, Michel, le fils de Claire et Paul (le narrateur), a commis un acte monstrueux avec la complicité de son cousin Rick, le fils de Babette et Serge (politicien et peut-être futur premier ministre des Pays-Bas). Cette tablée de personnes peu recommandables sous leur vernis de respectabilité m'a donné la nausée. Cet acte barbare au quotidien cautionné par des parents irresponsables me fait m'interroger sur ce que j'aurais fait à leur place. Je pense que je n'aurai pas couvert ces garçons de 16 ans qui ne se rendent pas compte de la gravité de leur acte. Ce serait aux parents de le leur expliquer et ils ne le font pas. Seul l'avenir de leur progéniture les préoccupe. Je ne vous dévoilerai pas l'acte que Michel et Rick ont commis si ce n'est qu'ils recommencent, d'une autre manière ailleurs. Par ailleurs le repas qui est servi ne m'a pas paru très appétissant.

Ce roman se lit bien, mais quant à ce qu'il raconte, je ne sais que penser. Voir aussi le billet d'Amanda.

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jeudi 6 octobre 2011

Crimes - Ferdinand von Schirach

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Crimes de Ferdinand Von Schirach (Editions Gallimard, 215 pages) rassemble 11 nouvelles d'un écrivain né à Münich qui est surtout avocat au barreau de Berlin. Je les ai trouvé passionnantes, parfois incroyables. Elles sont surtout bien écrites. Beaucoup sont tristes, violentes, en résumé humaines. Même s'il s'agit de nouvelles de fiction, il semble que Von Schirach se soit inspiré d'affaires dont il avait entendu parler en tant qu'avocat de la défense, car dans chacune d'elles, l'auteur/avocat se trouve être sollicité face à des "faits vrais".

Je vous évoquerai en premier "Les pommes" dans laquelle apparaît un homme, Fahner, un médecin généraliste qui tua après 50 ans de mariage, à coups de hache, sa femme Ingrid, sorte de tyran domestique. En guise de conclusion à son procès, Fahner déclare "J'ai aimé ma femme puis, pour finir, je l'ai tuée. Je l'aime encore. Je le lui avais promis, elle reste encore ma femme...".

Dans "Changement d'heure", un industriel accusé d'un meurtre sordide (il a massacré une jeune étudiante avec laquelle il couchait) sauve sa peau grâce à une histoire d'heure d'été qui passe à l'heure d'hiver. Ces 60 minutes lui permettent d'avoir un alibi. 

"L'amour" retrace l'histoire de Patrik qui aime tellement une jeune fille qu'il n'hésite pas à vouloir la tuer pour en manger un morceau.

En revanche, la dernière nouvelle, "L'Ethiopien", clôt l'ouvrage sur une note optimiste. C'est l'histoire d'un jeune garçon, Michalka, abandonné à la naissance, laid mais adroit de ses mains, qui affronte beaucoup d'obstacles et qui arrive à devenir un planteur de café en Ethiopie. Entretemps, il aura purgé une peine de prison pour vol.

Un recueil que je vous conseille.

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vendredi 30 septembre 2011

La fille du fossoyeur - Joyce Carol Oates

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J'ai été assez vite séduite et transportée par l'histoire de La fille du fossoyeur de Joyce Carol Oates (Collection signature, éditions du Seuil, 690 pages). C'est l'histoire sur 60 ans de la vie d'Hazel Jones, née Rebecca Schwart en 1936 sur un bateau en provenance d'Europe. Elle est la fille de Jacob et Anna, juifs allemands qui ont fui le nazisme. Rebecca, ses 2 frères Herschel et Gus et leurs parents mènent une nouvelle vie misérable aux Etats-Unis, en s'installant dans une maison en pierre située dans un cimetière d'une petite ville de l'Etat de New-York. De professeur de mathématiques en Allemagne, Jacob devient le fossoyeur du cimetière. C'est un homme violent qui est devenu amer. La mère souffre d'une sorte de dépression. Les enfants pâtissent. Devenue orpheline à 13 ans de façon tragique, Rebecca commence une nouvelle vie chaotique. Après la violence de son père, elle subira, très jeune, la violence conjugale en la personne de Niles Tignor avec qui elle aura un petit garçon, Niley (devenu Zack). Mais Rebecca/Hazel est une battante qui arrivera à vaincre les coups du sort grâce à son obstination (même si elle n'oublie pas ses origines). Sous sa nouvelle identité, elle connaîtra même l'amour et la douceur d'un homme, Chet Gallagher, pianiste de jazz. Ce très beau et ample roman est le deuxième de cet écrivain que je lis. Je vous le conseille. Quand vous le commencez, vous ne le lâchez plus.

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