mardi 7 novembre 2017

Le street art et CHARLIE - Collectif / Marie Christian

Ce mois-ci mon hommage aux tués de Charlie Hebdo est particulier, puisque la présente chronique (signée ta d loi du cine, squatter chez dasola) n'est pas consacrée à l'un de leurs livres ou albums, mais à un recueil d'hommages, Le street art et CHARLIE, sous-titré "La mémoire des murs" (éditions Omniscience, avril 2015, 128 pages, 230 illustrations, rassemblées par Marie Christian).

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Extrait de l'Avant-propos des éditions Omniscience: "Dans les jours qui suivirent les événements dramatiques du mois de janvier 2015 une évidence s'imposait à nous: il fallait faire un livre. (...) pour conserver une trace des innombrables messages, peintures et dessins posés dans la rue par tant d'anonymes et d'artistes du street art." Extrait du texte de 4ème de couv': "Ce livre forme un précieux inventaire de ce qui a été exprimé dans l'urgence, dans l'émotion, sur les murs des villes. C'est aussi et surtout un livre de combat contre toute forme de fanatisme." Je suis bien entendu en accord avec une citation que je relève p.5: "Assassiner pour un dessin qui raille et qui déplaît, une religion qui n'est pas la sienne. Ne nous habituons pas à cela. Jamais." Les photos sont celles d'affiches, tags, pochoirs, et d'autres oeuvres éphémères, avec des motifs liés aux attentats.

On peut trouver des définitions du "street art" sur un site spécialisé ou sur wikipedia bien sûr. Le livre a bénéficié d'un financement participatif: 5614 euros apportés par 171 contributeurs pour une demande initiale de 3300 euros (couverte, donc, à 170%) via KissKissBankBank. Les droits d'auteurs de cet ouvrage sont versés à l'association Les Bâtisseuses de paix

La sélection d'illustrations que j'en tire ci-dessous est bien plus étriquée que le vaste contenu du livre, car je ne cite ci-après (pour rappel, les droits des illustrations appartiennent aux éditions Omniscience ou aux artistes concernés) que ce qui m'a vraiment semblé représenter les dessinateurs assassinés à Charlie hebdo. Même si la Toussaint est passée depuis quelques jours, ils n'en sont plus à cela près je pense. Je n'ai pas repris toutes les oeuvres représentant Cabu (qui a souvent symbolisé l'ensemble des artistes et journalistes assassinés).

P1050599 Ces portaits magnifiques sont dûs à Morèje.

P1050598 Jef Aérosol a rendu hommage à toutes les victimes (connues ou anonymes) de ces jours massacrants.

P1050597 Cabu et Wolinski sont représentés par Big Ben comme rigolant de voir Hollande tagué par un pigeon le 11 janvier 2015...

P1050600 Pochoir de Nice Art ("on a assassiné mon Grand Duduche (...) [qui] pour moi est comme un cousin.").

Mon ressenti, à la lecture de ce que disent les artistes qui ont pu s'exprimer dans le livre, c'est que les trois jours d'attentats sont parfois entrés en résonnance avec les causes qui, chacun et chacune, leur tiennent à coeur, au-delà de Charlie Hebdo. Par ailleurs, j'ai aussi trouvé quelques autres oeuvres (non répertoriés dans le livre sauf erreur de ma part) sur le blog Piwee

Pour l'anecdote, ce livre, dasola me l'a offert lors de notre visite au Musée de l'Homme (qui porte notamment des thématiques humanistes et anti-racistes). Il figurait parmi les titres proposés par leur petite librairie, dont j'ai trouvé la sélection fort pertinente. Le Musée de l'Homme, inauguré en 1938 et rénové de 2009 à 2015, conserve aujourd'hui "l'objectif de présenter une synthèse de l’histoire de l’espèce humaine par un discours allant du biologique au culturel et de l’universel au particulier. (...) Il aborde aussi bien l’étude des périodes les plus anciennes que la période contemporaine qui questionne le devenir de l’Homme", selon son site internet.

Pour en revenir au livre, en conclusion, j'ai été frappé par le témoignage d'un artiste, qui dit (p.116) travailler "depuis deux ans sur un projet contre le racisme et l'incompréhension entre communautés. (...) En ce moment je travaille avec des jeunes en difficulté. (...) J'ai essayé de leur faire comprendre qu'on ne tue pas les gens avec qui ont n'est pas d'accord. Ils ont peu à peu modifié leur raisonnement, et ils ont été touchés à leur tour". Misère de misère! Tout ça pour ça! Et qu'en sera-t-il des milliers et milliers d'autres "jeunes", qui, eux, ne bénéficient pas d'un tel programme de sensibilisation, certainement financés par des fonds publics (qui se font rares à l'heure actuelle)? Ne risquent-ils pas de ne jamais "modifier leur raisonnement"?

*** Je suis Charlie ***

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mercredi 1 novembre 2017

La soif - Jo Nesbø

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Ayant quitté Harry Hole dans Police, j'étais impatiente de retrouver le grand gaillard blond cabossé. Les lecteurs auront attendu trois ans avant de revoir Harry grâce à La soif (Editions Gallimard, 600 pages). Harry Hole est devenu instructeur à l'Ecole supérieure de police. Il est apaisé, heureux en ménage (il a épousé Rakel) et il s'entend bien avec son beau-fils Oleg qui veut lui-même devenir policier. Un soir, en rentrant chez elle, Elise, une jeune femme, se fait assassiner en se faisant mordre dans le cou. Elle s'est entièrement vidée de son sang. Juste avant de mourir, ele reconnait le visage de l'assassin qui était abonné comme elle à un site de rencontres sur le web. Mickael Bellman, le chef de la police qui a des ambitions politiques veut que cet assassinat soit résolu le plus vite possible. Il décide de faire appel à Harry Hole bien qu'il le haïsse. Harry ne peut pas refuser devant un certain chantage de Bellman. Par ailleurs, on sait vite quelle est l'arme du crime: des dents de fer rouillées montées en dentier. On nous révèle bien avant la fin le nom de l'assassin qui est lui-même manipulé par quelqu'un d'autre. Les 600 pages se lisent presque d'une traite grâce aux nombreux rebondissements de l'histoire dans laquelle le sang joue un rôle central. Il est aussi beaucoup question de vampirisme. Pour moi, ce n'est pas le meilleur "Harry Hole" car j'avais préféré Le léopard, Fantôme ou Les cafards mais j'ai été très contente de retrouver Harry qui une fois de plus va finir assez amoché. J'espère que, pour le tome suivant, Nesbø nous fera moins attendre.

Lire le billet de baz'art.

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jeudi 26 octobre 2017

La nuit des béguines - Alicie Kiner

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J'ai lu La nuit des béguines d'Alice Kiner (Editions Liana Levi, 321 pages), qui fait partie des romans de la rentrée littéraire 2017, car j'aime beaucoup les histoires qui se passent au Moyen-Age. En lisant ce livre, j'ai appris l'existence d'une institution unique en France, le grand béguinage de Paris, fondé par Louis IX, Saint-Louis. Il se situait dans le quartier du Marais. Des femmes indépendantes et libres (ce qui les rend suspectes aux yeux des ecclésiastiques), appartenant à une communauté religieuse laïque, y ont vécu pendant plus d'un siècle, entre le XIIIème et le XIVème siècle. Le livre se déroule entre janvier 1310 et mai 1315. En préambule du livre, il est fait allusion au 1er juin 1310, jour où, place de Grève à Paris, Marguerite Porete, une béguine, est brûlée vive pour avoir écrit un texte, "Le miroir des âmes simples et anéanties", qui critique les clercs et les théologiens en prônant une fusion amoureuse avec le Créateur sans besoin de l'intercession de l'Eglise. Avant d'être condamnée au bûcher, elle avait été mise à disposition de la justice papale et de l'inquisition. Il ne faut pas oublier qu'on est en pleine période de procès des Templiers. Mais le livre se concentre plus particulièrement sur le destin de quelques béguines, jeunes et moins jeunes, dans l'enceinte de ce lieu clos où les hommes ne sont pas admis. La vieille Ysabel fait office de médecin en composant des remèdes à base de plantes, elle accepte de recueillir Maheut, à la chevelure rousse, enceinte, qui fuit son mari. Agnès est l'intendante d'Ysabel. Elle a fui son mari violent et dépensier qui a ruiné sa famille. Je m'arrête là pour les présentations. Le béguinage était composé de maisonnettes séparées les unes des autres dans un grand enclos fermé la nuit. Ces cinq ans en compagnie de ces béguines m'ont beaucoup intéressée. Un livre à découvrir. Lire le billet d'Edyta.

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mardi 17 octobre 2017

Le garçon - Marcus Malte

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Le garçon de Marcus Malte (Editions Zulma, 534 pages) a été récompensé par le prix Fémina en 2016. Je trouve ce prix mérité. C'est le premier roman de l'auteur que je lis, et il m'a beaucoup plu. Je l'ai trouvé lyrique, ample et très bien écrit. Le garçon ne porte pas de nom, il ne parle non plus. Quand le roman commence, le garçon a 14 ans, nous sommes en 1908. Il porte le corps de sa mère qui vient de mourir. Elle paraissait 60 ans alors qu'elle en avait 30. Le garçon marche en se dirigeant vers la mer. Il se retrouve à l'étang de Berre. Après avoir dressé un bûcher pour brûler le corps de sa mère, le garçon se met à marcher vers le nord. Il est recueilli pendant quelques mois dans un hameau. Mais après en avoir été chassé, il continue son périple à bord d'une roulotte conduite par Brabek, "l'ogre des Carpathes", un ancien artiste de cirque qui a fait rouler sa bosse aux Etats-Unis. Brabek étant mort subitement, le garçon va arriver pas loin de Paris. Là, il a un accident de circulation causée par Emma, une jeune femme qui va l'aimer d'une manière absolue pendant 4 ans. Elle prénomme le garçon Félix. Pendant presque 130 pages, on se retrouve dans la vie intime sensuelle et érotique d'Emma et Felix. Puis, en 1914, tout s'arrête. La guerre est déclarée et Felix devenu Mazeppa part au front. Il survit à tous les combats avant d'être blessé vers la fin de la guerre. Condamné pour un délit au bagne de Cayenne pendant 7 ans, il termine sa vie dans la cordillère des Andes. J'ai tout dit et rien dit en même temps sur la vie de ce Garçon que je vous conseille de découvrir. Oncle Paul, Ingannmic, L'or des livres, zazymuth et The cannibal lecteur sont aussi enthousiastes que moi.

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mercredi 11 octobre 2017

L'ordre du jour - Eric Vuillard

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L'ordre du jour d'Eric Vuillard (Editions Actes Sud) est un récit de 150 pages évoquant le 20 février 1933 et ce qui s'ensuivit en Allemagne. Vingt-quatre hommes, dont Vuillard dresse la liste, sont présents dans le petit salon du président du Reichstag. Hermann Goering les accueille, leur parle d'un ton enjôleur. A l'issue de cette conversation, il demande à ces vingt-quatre hommes de "passer à la caisse" car le 5 mars, il y a les élections et les finances du parti nazi sont au plus bas. Qu'à cela ne tienne, ces vingt-quatre messieurs représentant les sociétés allemandes les plus prospères de l'époque (et encore de nos jours) vont donner des sommes substantielles. Vuillard les désigne nommément: BASF, IG Farben, Krupp, Opel, Telefunkun, Siemens, Allianz, Bayer. C'est donc grâce à eux et aux fonds qu'ils ont levés que les nazis ont semé la mort pendant 12 ans. Vuillard évoque l'Anschluss et Schuschnigg, le chancelier d'Autriche entre 1934 et 1938 qui a laissé les Nazis envahir son pays. Eric Vuillard a une plume remarquable qu'il trempe souvent dans le vitriol quand il évoque certaines personnes ou certains faits comme le recrutement de déportés (de la main d'oeuvre gratuite) pendant la guerre. Ils travaillaient dans les sociétés énumérées plus haut. Ce fut une affaire rentable. Un livre que je vous conseille tout comme Dominique et le Merydien. La photo de couverture représente Gustav Krupp von Bohlen und Halbach.

Addendum : Ce roman a été récompensé par le Prix Goncourt 2017 le 6 novembre 2017.

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samedi 7 octobre 2017

Scoopette - Wolinski

Je repasse à Wolinski sous l'angle (arrondi) d'une de ses héroïnes féminines (pas seulement une silhouette). Après avoir évoqué des oeuvres "gentilles", je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) voulais revenir à un peu plus de truculence wolinskienne. Voici donc Scoopette, la nympho de l'info (Canal+ éditions, DL avril 1994).

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Si j'ai bien compris, cet album reprend des dessins réalisés pour Canal Plus, dans le cadre de l'émission Nulle part ailleurs lors de la saison 1993-94 (?). Faute d'avoir regardé cela à l'époque, j'ignore quel est le volume publié par rapport à la production. En 2017, il semble qu'on ne puisse trouver sur la Toile d'images des dessins présentés lors de l'émission (en tout cas, je n'ai pu en trouver).

En couverture de cet album, la litanie des 10 prénoms évoque pour moi le charme suranné d'une chanson de Marie Laforêt (Boris, en dernier lieu...), empreinte du temps qui passe. En feuilletant les pages, les décomptes de fréquence d'apparition donnent: François 7 (Mitterrand 5 et/mais Bayrou 2!), Helmut [Kohl] et John [Major] zéro (publicité mensongère! - mais Wolinski aurait pu [me] répondre que c'était les prénoms des "anonymes" représentés par ailleurs...), Charles [Pasqua] 2, Edouard [Balladur] une douzaine, loin devant Jacques [Chirac] (5 - mais ce dernier a les honneurs - prémonitoires? - de la 4ème de couv'), Valéry [Giscard d'Estaing] 2, Bill [Clinton] 4, Boris [Eltsine] 5. Je suppose que mettre en avant Bernard [Tapie] (4 apparitions) aurait été malvenu, tandis que Georges (Marchais - 2 ou même l'auteur, une fois!) aurait été ambigu... L'ironie pouvait viser le personnage public concerné, ou une situation. Plus de 20 ans après, les politiciens concernés ont pour la plupart disparu du paysage politique actif... mais les situations peuvent perdurer. 

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Quel "gimmick" caractérise notre Scoopette? C'est évidemment un peu répétitif en terme de dialogue (question / réponse - qui s'adresse rarement à elle-même), tandis que les situations sont variées (dedans, dehors, en l'air, sur l'eau...). On remarquera que le Père Noël est seul (dans l'album) à l'appeler de son nom et à la tutoyer. Le reste du temps, Scoopette tend son micro phallique à tel ou tels interviewés (quand elle n'a pas les deux mains occupées). Notre intervieweuse de charme (soit voyeuse, soit actrice) se frotte à des hommes politiques politiques, des anonymes, des people, des sportifs, quelques missionnaires (dont 1 en apesanteur), masculins le plus souvent... On trouve de très rares interview en tête-à-tête avec des femmes (Simone Veil, sévère (x2!); Diana, sous les objectifs des photographes; Margaret Thatcher, des patineuses sur glace; une ménagère russe... ou la petite-fille de Mussolini - plus hard). Et en terme de zoophilie? Scoopette n'interroge pas de raton laveur (seulement Mickey!), mais quelques animaux: ours, flamand rose, kangourou... Ses principaux accessoires? le micro sus-évoqué, et un nagra - j'ai bien écrit nagra).

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La publication remontant aussi à un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître (avant le "décollage" d'internet), on trouve très peu de critiques spécifique à Scoopette sur la Toile. Et plus de 20 ans avant le massacre de Charlie Hebdo, les seuls religieux mis en situations sont l'abbé Pierre et le pape.

Sans transition, voici encore quelques dessins picorés dans cet album sans numéro de pages.

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Pour finir, j'ai aussi pioché quelques jolies journalistes préfigurant Scoopette, ou les réflexions sur le journalisme visibles ci-dessous, dans les albums Le programme de la droite (1986, Denoël), Bonne année (1987, Denoël) et Il n'y a plus d'hommes (1988, Flammarion). Le personnage même de Scoopette a été réutilisé dans quelques planches en couleur de Trop beau pour être vrai (1998, Albin Michel), montrant ses aventures phantasmées en tant que journaliste à L'Echo des savanes (je n'ai pas pris les planches avec Chirac lubrique ou Jospin soporifique). Bien entendu, je ne m'interdis nullement de revenir moi-même sur chacun de ces albums, ultérieurement.

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*** Je suis Charlie ***

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jeudi 5 octobre 2017

Snjor et Mörk - Ragnar Jonasson / La fille d'avant - JP Delaney

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Attirée par découvrir des auteurs de polars scandinaves, j'ai été tentée de lire le premier roman de Ragnar Jonasson traduit en français (d'après le texte anglais) après avoir lu une ou deux critiques sur des blogs comme celui de Yv. Je ne regrette pas mon choix, bien au contraire.

Snjor (Editions points Seuil, 335 pages) se passe entre 2008 et 2009. Ari Thor, 24 ans, vient de terminer l'école de police de Reykjavik. Il accepte, sans en parler à Kristin, sa petite amie infirmière, une première affectation à Siglufjördur dans le nord de l'Islande. A Siglufjördur, il ne se passe rien jusqu'au moment où un vieil écrivain fait une chute mortelle dans un théâtre. Ari Thor va mener une enquête qui le ramène dans le passé de certains personnages.

Dans Mörk (Edtions de la Martinière, 326 pages), on retrouve Ari Thor deux ou trois ans plus tard, marié à Kristin, et père d'un petit garçon appelé Stefnir âgé de 10 mois. A Siglufjördur où il ne se passe toujours pas grand-chose, Herjolfur, le collègue d'Ari, est brutalement assassiné, pas loin d'une maison abandonnée à l'entrée de la ville. L'enquête n'avance pas vite. Plusieurs personnages sont plus ou moins liés à cet assassinat, dont le maire du village et son assistante, Elin, qui fuit un homme violent. Il y aussi un homme qui fut interné dans un hôpital psychiatrique, 25 ans auparavant. Son journal fait partie du récit et l'on découvre à la fin quel est son rôle dans l'assassinat. Comme pour Snjor, Ragnar Jonasson prend son temps pour dévoiler la clé de l'énigme. Il y a un enchaînement logique dans le déroulement des événements. Le lecteur ne se perd pas.

 J'ai beaucoup apprécié ces deux romans. J'espère que l'auteur en écrira d'autres avec Ari Thor car il y a encore plein de choses à découvrir sur ce personnage.

Valérie est nettement moins enthousiaste concernant Snjor.

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Parmi mes emprunts en bibliothèque de la fin de l'été, je suis tombée par hasard sur La fille d'avant de JP Delaney (Editions Mazarine, 428 pages). J'avais vu plein d'affiches en gare et dans le métro, en début d'année 2017, qui faisaient la pub de ce roman. Un "page-turner" que j'ai refermé en me disant que je m'étais fait "avoir": ce n'est pas désagréable à lire mais c'est un peu vain. A Londres, Jane, qui vient de perdre un enfant, emménage dans une maison unique à la conception minimaliste, imaginée par un jeune architecte prometteur. Elle a même répondu à un questionnaire de candidature pour avoir la chance d'habiter cette maison. A peine installée, elle ne se sent plus tout à fait la même, comme Emma, la locataire précédente. Comme Emma, elle a une relation torride avec l'architecte minimaliste Edward Monkford. Jane apprend qu'Emma a connu une mort tragique dans la maison un an auparavant, et elle essaye de découvrir comment et pourquoi. Le récit alterne de courts chapitre de 2 ou 3 pages "Maintenant Jane" et "Avant Emma". Mais il m'est arrivé de ne plus savoir dans quel récit j'étais. Physiquement, elles se ressemblent mais psychologiquement, l'une est plus "forte" que l'autre. Le méchant de l'histoire n'est pas celui auquel l'auteur veut nous faire croire, quoique... Bref, roman à emprunter en bibliothèque mais pas plus.

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vendredi 29 septembre 2017

Dans les eaux du Grand Nord - Ian McGuire

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Dans les eaux du Grand Nord de Ian McGuire (Editions 10/18, 304 pages) est d'une lecture agréable, même si l'histoire apparaît sombre et violente. Cela se passe en 1859. Patrick Sumner, un chirurgien de l'armée britannique qui fuit son passé (une sordide histoire au Cachemire au moment de la révolte des cipayes en Inde en 1857 contre la Compagnie anglaise des Indes orientales), s'embarque sur le Volunteer, un baleinier du Yorkshire en route vers le Groënland. Dans l'équipage, il n'y a que des hommes et des jeunes garçons. Parmi eux, Henry Drax, un harponneur brutal et sanguinaire qui n'hésite pas à tuer si tel est son bon plaisir. On suit leur équipée à la recherche de baleines. Un jour, Patrick Sumner découvre qu'un des mousses du bateau a été violenté. Peu après, on retrouve ce jeune mousse étranglé. L'enquête sur le bateau va rapidement conclure que Drax est le coupable. Mais pendant ce temps-là, les intempéries immobilisent le baleinier prisonnier de la banquise. Je ne vous dirai rien de plus de l'intrigue bien menée pendant laquelle un ourson polaire et sa maman sont victimes de la cruauté des hommes. Un roman à emprunter en bibliothèque (comme moi).

Pour Snjor et Mörk de Ragnar Jonasson (voir le commentaire de Keisha), les deux romans, que j'ai beaucoup aimés, feront l'objet d'un futur billet.

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mercredi 20 septembre 2017

Illska - Eirikur Örn Norddhal

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Dans le cadre du challenge "Pavé de l'été" initié par Brize, j'ai choisi un roman de 690 pages aux éditions Points Seuil. J'avais lu un billet chez Aifelle qui m'avait confortée dans l'idée de me plonger dans ce roman dense qui se passe alternativement en 1941 en Lituanie à Jarbarkas et dans les années 2000 en Islande et en Lituanie. Illska (Le mal) de l'Eirikur Örn Norddhal (né en 1978), nous raconte l'histoire d'Agnes qui aime Omar (ils se sont rencontrés à une station de taxi en 2009) mais qui aime aussi Arnor (un jeune néonazi). Tous les trois sont nés à la fin des années 1970. Les arrière grands-parents d'Agnes étaient juifs du côté maternel et catholiques du côté paternel. Agnes rédige avec difficulté une thèse sur l'extrême-droite. Elle pense beaucoup à l'Holocauste de par ses origines. Aimant deux hommes en même temps, les amours d'Agnes ne sont pas simples d'autant plus qu'elle tombe enceinte et met au monde un petit garçon, Snorri. On nous laisse dans le doute sur l'identité du père. Comme Aifelle, j'ai préféré la partie qui se passe pendant la deuxième guerre mondiale, quand presque 400 Juifs, hommes, femmes et enfants furent abattus par un des premiers "einzatzgruppen" composés de Lituaniens de la ville. C'est à Jurbarkas qu'on pouvait trouver la plus belle synagogue d'Europe du Nord. Elle fut démolie par les Juifs sous la menace des armes. Toute la partie de l'histoire qui se passe à partir de 2009 se distingue par une narration hachée dans laquelle l'écrivain choisi même de se mettre à la place de Snorri lui-même. C'est un roman qui se lit bien malgré la longueur, même s'il aurait gagné à avoir au moins 200 pages de moins. Il y a des passages brillants et d'autres pas très intéressants. C'est néanmoins un écrivain islandais (un de plus) à découvrir.

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jeudi 14 septembre 2017

L'homme qui s'envola - Antoine Bello

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Ce nouveau roman d'Antoine Bello est une lecture agréable. L'homme qui s'envola (Editions Gallimard, 318 pages) s'appelle Walker (il va s'envoler au sens propre et figuré). Il a tout pour être heureux: de l'argent, une épouse adorable, Sarah, et trois beaux enfants. Il dirige avec succès au Nouveau-Mexique la société familiale (celle de ses beaux-parents) concurrente de la Fedex. Mais Walker étouffe, il est en pleine crise existentielle, il n'a pas une minute à lui pour profiter de sa vie. Il décide de s'enfuir en mettant en scène sa mort. Pour ce faire, il fait "crasher" l'avion qu'il pilote après avoir sauté en parachute. Malheureusement pour lui, un détective, Nick Sheperd, l'un des meilleurs dans le domaine de la recherche des personnes disparues, est convaincu que Walker est encore vivant. D'ailleurs une caméra de vidéosurveillance dans un magasin trahit Walker. Le roman est divisé en trois parties. La première partie décrit la vie, la décision de Walker et sa disparition. Les deux autres parties alternent les récits de Walker, de Sarah et de Nick. Cela rend le roman vivant et on le lit vite. Les personnages sont tous attachants C'est peut-être le reproche que je ferais à Antoine Bello, cela manque de dureté. C'est une histoire trop "gentille". Lire les billets de Krol et d'Eva.

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