dimanche 3 janvier 2010

Saga - Tonino Benaquista

Saga de Tonino Benaquista (paru en poche Folio en 1998) m’avait été recommandé par une collègue. Et j'ai en effet beaucoup aimé ce roman où Tonino Benaquista, connu comme écrivain et scénariste de cinéma (Sur mes lèvres de Jacques Audiard), parle (en quelque sorte) de lui, ou plutôt du métier de scénariste. C'est un très bel hommage à ce métier sans lequel le cinéma (ou la télévision) n'existeraient pas de la même façon. Comme disait Jean Gabin, dans un film, ce qui compte, c'est d'abord une bonne histoire, ensuite une bonne histoire et enfin une bonne histoire. En l'occurrence, dans Saga, 4 scénaristes un peu "has been" sont engagés par un directeur de chaîne de télévision pour écrire 80 heures d’un feuilleton afin de remplir le quota obligatoire de création française. Cette série sera diffusée de 4h à 5h du matin. On leur demande d'écrire absolument n’importe quoi pourvu que cela soit le moins cher possible. Les quatre scénaristes nous sont présentés tour à tour: il s’agit de Louis Stanick, vieux briscard et scénariste chevronné qui a beaucoup travaillé avec un "Maestro" réalisateur italien; Mathilde, une femme qui après avoir consacré 20 ans de sa vie à écrire des romans d’amour vient de se faire "remercier" par son éditeur; Jérôme qui n’arrive pas à digérer qu’un scénario dont il est l’auteur (mais dont il n’a pas déposé les droits) ait été repris par un autre à son compte; et enfin Marco, le narrateur, à la poursuite du scénario qui lui donnera gloire scénaristique. Après quelques hésitations, ils se mettent en effet à inventer n’importe quoi: une histoire abracadabrantesque (dont on nous livre quelques bribes et que je vous laisse découvrir). A la stupéfaction générale, la série Saga est un triomphe et un phénomène de société avec la diffusion, par la suite, des épisodes à une heure de grande écoute, la création de fan-clubs, etc. Les gens s’identifient aux personnages créés par les scénaristes. C'est un tel succès qu’une deuxième saison est envisagée (sans les scénaristes d’origine). C’est là que ces derniers ne vont pas se laisser faire, ils ne veulent pas que Saga continue. Après quelques péripéties, le roman se termine à New York, pas loin des bâtiments de l’ONU dans un futur lointain (environ 20 ans plus tard) où deux des scénaristes inventent des scénarii à l’échelle mondiale (cela m’a fait penser aux deux romans d’Antoine Bello sur la falsification du réel). Saga est un roman plaisant qui m'a donnée envie de découvrir les autres romans de Tonino Benaquista.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [15] - Permalien [#]
Tags : ,

mardi 29 décembre 2009

Ils sont votre épouvante et vous êtes leur crainte - Thierry Jonquet

Ce roman (publié en 2006) dont le titre, Ils sont votre épouvante et vous êtes leur crainte, est tiré d'un poème écrit en 1871 par Victor Hugo (pour rendre hommage aux Communards), restera le dernier de Thierry Jonquet (disparu en 2009). Une fois de plus, ce roman noir est une grande réussite. Il semble que Thierry Jonquet ait eu une prémonition puisqu'il avait commencé à écrire son roman avant les émeutes de banlieue et avant le crime antisémite contre Ilan Halimi. Il a donc pris comme toile de fond une petite ville dans le 9-3, Certigny, avec son collège "difficile" et où des blacks, des blancs et des beurs font la loi en se partageant la ville vivant de la prostitution, du racket et du trafic de drogue sans oublier l'existence de quelques religieux fondamentalistes et des apprentis kamikazes. Même si c'est un roman, on sent que Jonquet s'est imprégné et s'est documenté sur le sujet de la "banlieue" en général et de la vie dans certains collèges en particulier. Je l'ai vu comme une synthèse de ce qu'on peut lire ou entendre sur le 9-3 ou peut-être ailleurs. C'est noir et assez désespérant. Il y a des morts plus ou moins atroces mais Thierry Jonquet arrive à nous attacher à certains personnages comme la jeune professeur nouvellement nommée, d'origine juive, Anna Doblinsky, ou Lakdar Abdane, jeune beur, doué en dessin, intelligent, travailleur, qui a eu le malheur d'être victime d'une erreur médicale fatale pour sa main droite (il est droitier). Quant à la police, elle fait ce qu'elle peut. Jonquet va à l'essentiel. Il n'y a pas de gras, pas de digression. C'est brutal. Un roman à lire et à conseiller.

PS: pour mémoire, j'avais chroniqué d'autres romans de Thierry Jonquet après sa disparition.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
Tags : , ,
mercredi 23 décembre 2009

Les larmes de Tarzan - Katarina Mazetti

Les larmes de Tarzan est paru en poche aux éditions Babel. Après Le mec de la tombe d'à côté, c'est le deuxième roman de Katharina Mazetti qu'ils publient, et je ne saurais trop vous le conseiller si vous avez le moral dans les chaussettes. Il s'agit d'une jolie histoire d'amour improbable digne des meilleurs Harlequin. Tout commence avec Tarzan qui rencontre Janne, ou plus exactement, Mariana, une jeune maman de 34 ans, percute, en se laissant tomber d'une branche alors qu'elle jouait à être Tarzan dans un arbre avec une corde, un homme dont le nom est Janne, et qui est âgé, lui, de 29 ans. Bien qu'elle travaille à mi-temps en donnant des cours d'Arts plastiques dans un collège, Mariana est pauvre, très pauvre, a des fins de mois difficiles et a du mal à nourrir ses deux enfants, Bella et Billy. Elle refuse le temps complet pour être avec eux. Janne, lui, est riche car il a fait fortune dans l'informatique: il conduit une Lamborghini. Suite à cette rencontre fracassante (les lunettes de soleil Armani de Janne ont été cassées), ils passent une nuit ensemble, et Janne (lui qui a toutes les femmes qu'il veut) pense sans arrêt à Marianna avec "ses seins en oreilles de basset" [personnellement, je n'arrive pas à les visualiser!]. Il n'aura de cesse de la conquérir, bien que Mariana considère, elle, cette nuit comme une aventure sans lendemain. En effet, elle n'arrive pas à oublier son mari Micke, qui est parti subitement sans prévenir. Le roman se compose de petits chapitres dont les narrateurs sont les personnages eux-même. C'est aussi plaisant que Le mec de la tombe d'à côté, même si cela m'a paru un peu superficiel à cause du "happy end". Voir aussi mon billet sur deux autres romans de Katharina Mazetti.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [9] - Permalien [#]
Tags : ,
mercredi 9 décembre 2009

Jan Karski - Yannick Haenel

Pour en revenir à la rentrée littéraire et comme je l'avais dit dans mon billet du 19/11/2009, je viens de lire Jan Karski (collection L'infini, Editions Gallimard). Ce roman, qui a reçu les prix du roman Fnac et Interallié 2009, est composé de trois parties comme Yannick Haenel l'indique en note au début de l'ouvrage. La première partie, la plus courte (20 pages), est un description d'un moment dans le film Shoah de Claude Lanzmann (1985), où un homme, grand, maigre et très digne revient sur des événements douloureux qui se sont passés 35 ans auparavant pendant la seconde guerre mondiale. Il s'agit de Jan Karski, né polonais catholique, qui a échappé au massacre de Katyn en se faisant passer pour un ouvrier. A partir de ce moment-là, il est entré dans la Résistance polonaise, faisant le messager entre elle et le gouvernement en exil à Londres. Parmi les missions qui lui sont confiées, il y a celle de s'introduire clandestinement dans le ghetto de Varsovie pour voir ce qui s'y passe. Il voit l'indescriptible et l'horreur absolue. La deuxième partie (80 pages) est un résumé du livre autobiographique de Jan Karski, Histoire d'un état secret, qui se passe de 1939 à 1943: il y raconte ce qu'il a vécu pendant cette période, sa mission dans le ghetto et comment il a pu entrer dans un camp d'extermination en se faisant passer pour un garde ukrainien qui lui avait prêté ses vêtements. Plusieurs fois arrêté et torturé par la Gestapo, il rappelle que la Pologne a été une nation démantelée, coincée entre l'Allemagne et l'Union soviétique, entre les nazis et les staliniens. La résistance polonaise a fait ce qu'elle a pu mais ses moyens étaient limités. Il est arrivé plusieurs fois à quitter la Pologne, à rejoindre Londres, à aller jusqu'aux Etats-Unis où il a rencontré F. D. Roosevelt à qui il a raconté ce qui était en train d'arriver au peuple juif. Dans la dernière partie, qui fait 70 pages, Yannick Hanael écrit une fiction à la première personne où il se met à la place de Jan Karski en revenant sur l'extermination des Juifs. Il écrit cette phrase terrible: l'extermination des Juifs d'Europe n'est pas un crime contre l'humanité mais un crime par l'humanité. Il déplore que personne ne l'ait cru parce que personne ne voulait le croire. Par la suite, Jan Karski, de messager, est devenu témoin. Il fait partie des Justes au mémorial de Yad Vashem. Je ne saurais trop vous conseiller ce très beau roman que tout le monde devrait lire. C'est un livre nécessaire. On est bouleversé.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
Tags : ,
samedi 5 décembre 2009

Le dramaturge - Ken Bruen

Le Dramaturge (Folio policier) de Ken Bruen (né en 1951 à Galway) permet de retrouver le détective Jack Taylor pour la 4ème fois. En ce qui me concerne c'est le deuxième que je lis après Le martyre des Magdalènes que j'avais apprécié (et dont Dominique a fait un billet). Ici, Le Dramaturge est une référence à John Millington Synge, le grand prosateur, poète et dramaturge irlandais (1871-1909). Ken Bruen situe ses histoires à Galway en Irlande, et Jack Taylor, que l'on a connu alcoolique et drogué depuis les trois premières enquêtes (voir Toxic Blues et Delirium tremens [chroniqués le 15/01/2010]), ne boit plus et ne prend plus de substances illicites. Il arrive même à entretenir une liaison (éphémère) avec une femme. Dans cette histoire, un dealer de drogue purgeant une peine de prison, et connu de Jack, lui demande d'enquêter sur la mort de sa soeur qu'on a retrouvée la nuque brisée après une chute dans un escalier. On a retrouvé un ouvrage de Synge sous son cadavre. Une deuxième jeune femme subit le même sort. L'enquête menée par Jack Taylor n'est que secondaire (comme dans le Martyre des Magdalènes), on a la solution à la toute fin au détour d'une page. C'est surtout un roman sur un personnage, Jack Taylor, auquel on s'attache avec ses défauts et ses qualités, et le petit monde qui gravite autour de lui. C'est aussi, de la part de Ken Bruen, une déclaration d'amour à l'Irlande et au peuple irlandais. Il est aussi, me semble-t-il, un grand lecteur de polars, car les courts chapitres composant le roman sont entrecoupés d'extraits d'auteurs comme Henning Mankell, Robert Crais, James Lee Burke ou John Lansdale. Le Dramaturge se lit vite et bien. J'attends avec impatience la parution en poche des deux romans suivants: La main droite du diable et le tout récent Chemins de croix (parus aux Editions Gallimard Noir). Je vous conseille vivement de découvrir cet écrivain si ce n'est déjà fait.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [9] - Permalien [#]
Tags : , ,

vendredi 27 novembre 2009

Le touriste - Olen Steinhauer

C'est le deuxième roman que je lis d'Olen Steinhauer (après 36, boulevard Yalta). Le Touriste (Editions Liana Levi) a pour titre le surnom que l'on donne à certains agents secrets de la CIA lors de missions qu'ils font de par le monde. Ils n'ont pas d'attache. Milo Weaver était un de ceux-là jusqu'au 11 septembre 2001 où, après s'être fait tirer dessus à Venise, il est devenu un "touriste" de bureau. En 2007, Milo vit aux Etats-Unis, à Brooklyn, il est marié et père de famille. Pourtant, il reprend du service car sa vie est menacée: un tueur à gages qu'il poursuivait et qui vient de décéder d'un virus mortel a pu lui révéler qu'il y avait des machinations insoupçonnées au sein de l'Agence. Au long de ce thriller composé de courts chapitres, on suit avec intérêt l'enquête de Milo de Paris à Venise, passant par Genève et Francfort et aux Etats-Unis. Je ne suis pas sûre d'avoir compris toutes les motivations des "méchants" que l'on trouve au sein de l'Agence mais je ne regrette pas ma lecture. Ce roman de 520 pages est distrayant (et les scènes d'interrogatoires musclés ne sont pas insoutenables). Il se lit et s'oublie vite. En revanche, je vois bien une adaptation télévisée en trois ou quatre épisodes.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : , ,
jeudi 19 novembre 2009

L'annonce - Marie-Hélène Lafon (+ bilan de mes lectures de la rentrée littéraire 2009)

L'annonce de Marie-Hélène Lafon, paru aux éditions Buchet Chastel, m'a attiré l'oeil de par son titre. Il s'agit en effet d'une annonce parue dans un journal, qui permet à Paul, âgé de 46 ans, agriculteur dans le Cantal (à Fridières), de trouver une compagne, Annette, 37 ans, dont la caractéristique est d'être bien "bustée" (terme que l'on ne trouve pas dans le Robert), mais il n'y a aucune grivoiserie dans le propos. Annette, qui a un fils de 11 ans, Eric, vient de Bailleul dans le Nord de la France. Ce roman de moins de 200 pages m'a beaucoup plu et je l'ai lu en moins de 48 heures. Il faut savoir entrer dans cette histoire écrite dans un style dense, du fait de l'absence de virgules et d'une ponctuation décalée dans certaines phrases. Cela donne une tonalité particulière à l'ensemble. Paul, célibataire endurci, vit avec sa soeur, Nicole, et deux oncles octogénaires qui les ont élevés. Ils vivent au milieu des vaches, des lapins et des cochons. Annette, qui a vécu des moments difficiles avec le père d'Eric, est prête pour une nouvelle vie. M.-H. Lafon ne nous dit rien de particulier sur les relations des deux personnages mais quand le roman se termine, deux ans auront passé. Elle s'attache à la vie quotidienne, au présent et au passé. Voici deux extraits du roman: au tout début, "La nuit de Fridières ne tombait pas, elle montait à l'assaut, elle prenait les maisons les bêtes et les gens, elle suintait de partout à la fois, s'insinuait, noyait d'encre les contours des choses, des corps, avalait les arbres, les pierres, effaçait les chemins, gommait, broyait."; deuxième extrait: "La demoiselle [une future infirmière] s'établirait en libéral à Fridières et sillonnerait sans faiblir les routes de ce canton où des vieillards de plus en plus nombreux et accablés d'abandon ne manqueraient pas de faire appel en foule à ses diligents services". C'est le premier roman que je lis de cette auteure et ce fut une bonne surprise.

Avec L'annonce, je viens de me rendre compte que j'avais déjà lu sept romans de la rentrée littéraire, et j'ai donc accompli le "challenge" du 1% littéraire 2009 lancé par Lavroueg. J'avoue que je suis très contente de moi.

Pour mémoire, voici les autres:

La patience de Mauricette de Lucien Suel (voir mon billet du 01/08/09) - roman lu en avant-première
Le guide de l'incendiaire des maisons d'écrivains en Nouvelle-Angleterre de Brock Clarke (voir mon billet du 11/09/09)
Netherland de Joseph O'Neill (voir mon billet du 05/10/09)
Cadence de Stéphane Velut (voir mon billet du 17/10/09)
La vérité sur Marie de Jean-Philippe Toussaint (voir mon billet du 05/11/09)
M
issak de Didier Daenincks (voir mon billet du 13/11/09)

En revanche, j'ai seulement commencé Des hommes de Laurent Mauvillier: j'ai abandonné, je n'ai pas été au-delà de la page 70. Je n'y arrive pas. Je "n'accroche" pas.

Concernant les romans qui ont reçu les principaux prix littéraires en 2009, ils ne m'ont pas tentée.

Cependant, je possède encore en pile à lire Jan Karski de Yannick Haenel (Prix du roman Fnac et Interallié 2009), que je ne manquerai pas de chroniquer prochainement. [chroniqué le 09/12/09].

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [11] - Permalien [#]
Tags : ,
vendredi 13 novembre 2009

Missak - Didier Daeninckx

Je remercie Babelio et l'opération "Masse critique" (c'est la troisième fois que je participe) qui m'a permis de lire Missak, cette biographie romancée étayée par des faits historiques sur le groupe Manouchian, dont la figure emblématique est Missak Manouchian. Ce livre (paru aux éditions Perrin) est un complément intéressant me semble-t-il au film de Robert Guédiguian, L'armée du crime (dont je n'avais pas dit beaucoup de bien le 03/10/2009). A la fin de l'ouvrage se trouve une bibliographie détaillée dont s'est servi Daeninckx. Louis Dragère (je ne sais pas si ce personnage a vraiment existé), jeune journaliste à L'Humanité en janvier 1955, est chargé par son journal de retracer le parcours de Missak Manouchian. Ceci se passe juste avant qu'une rue dans le 20ème arrondissement de Paris ne soit baptisée "rue du groupe Manouchian" (elle existe bien près de la place Saint Fargeau). En ce mois de janvier 1955, le temps est froid, neigeux, et il y a partout des inondations dans la banlieue de Paris. Cela permet à Didier Daeninckx de nous plonger dans ce Paris des années cinquante qui a disparu avec ses quelques maisons insalubres, ses boutiques, ses troquets, le métro bringuebalant, des cinémas de quartiers qui passaient des westerns ou des films noirs. L'enquête de Dragère lui fait rencontrer des personnages qui ont vraiment existé (ou qui sont encore en vie): Willy Ronis, Louis Aragon, Jacques Duclos, Henri Krasucki, quelques autres que je ne connais pas (comme Charles Tillon ou Krikor Bedikian), ainsi que les parents de Charles Aznavour et Aznavour lui même. On est plongé dans un résumé de la vie de Manouchian depuis sa naissance en 1906 en Turquie jusqu'à sa mort le 21 février 1944, fusillé au Mont Valérien. Les faits d'armes pendant la guerre sont relativement peu évoqués mais Daeninckx s'attarde sur l'enfance, le massacre des Arméniens par les Turcs, l'arrivée en France. Dans le début du récit, Louis Dragère apprend que la dernière lettre (qui est restée célèbre) de Missak (Michel) Manouchian à sa femme, Mélinée, avait été tronquée d'une ou deux phrases dans lesquelles il disait que lui et son groupe (où se trouvait aussi un certain Armenak Manoukian (avec un k) avaient été trahis. Le groupe avait été repéré et surveillé par les brigades spéciales dès début 1943. Je ne vous en dirai pas plus pour ne pas tout dévoiler. Le récit est bien mené, l'histoire est un peu complexe pour tout ce qui concerne les rapports entre le Parti communiste et certains membres du groupe Manouchian. Je pense avoir appris des choses sur un sujet malgré tout pas très connu du grand public français.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : ,
lundi 9 novembre 2009

Et un p'tit tag de plus, un!

Même si je n'ai pas été "taguée", voici un petit questionnaire que j'ai découvert chez Aifelle, Mango et quelques autres (il a fait le tour de la blogosphère en peu de temps). Comme je l'ai trouvé assez intéressant et qu'il n'est pas trop long, voici mes réponses.

1) Si on vous proposait d'écrire votre biographie, vous prendriez qui pour nègre ? (et oui, tout le monde n'a pas un don pour la littérature l'écriture)

Je ne sais pas déjà si j'accepterais d'écrire ma biographie qui n'est pas spécialement passionnante. Et si je l'écrivais, je l'écrirais moi-même et me ferais aider de mon secrétaire de rédaction préféré.

2) Vous êtes en train de lire le tout dernier chapitre d'un livre, celui qui vous a fait passer une nuit blanche, la fin qui vous fait saliver (notez le jeu de mots siouplé) depuis une centaine de pages... Lorsque survient un homme, torse nu. On va dire qu'il s'appelle... Daniel Craig. Il a l'air chagrin. Il a une petite douleur à l'épaule, et est persuadé qu'un petit massage lui ferait le plus grand bien. Que faites-vous ? (PS pour les garçons : à la place de Daniel Craig, merci de comprendre... Allez, soyons fous, Scarlett Johansson, mais en bikini, pas torse nu !)

Le James Bond blond? Personnellement, il faudrait qu'il soit très malade. [A part ça, il est très bien dans d'autres rôles comme dans The Mother]. Sinon, je ne suis pas une bonne masseuse. Et puis tant qu'à faire, je préférerais Clive Owen. Là, je veux bien faire un effort: arrêter ma lecture pour passer à autre chose.

3) C'est la fin du monde. Quel livre mettriez-vous dans la capsule qui sauvegardera une trace de l'humanité ? (voudriez-vous vraiment que ce soit Orgueil et Préjugés?)

Pas Orgueil et Préjugés, je n'ai lu aucun Jane Austen. Peut-être un dictionnaire encyclopédique.

4) Quelle est pour vous la pause lecture idéale ?

Les matins de week-ends dans mon lit. Je ne m'en lasse pas.

5) Si vous aviez le pouvoir de trucider/effacer un personnage de roman, ce serait qui ?

Je ne sais pas, peut-être le mari dans Une vie de Maupassant (mais il n'y aurait plus de roman).

6) Sauveriez-vous Voldemort, juste pour avoir un huitième tome ?

Qui est Voldemort? (Je plaisante mais je n'ai lu aucun Harry Potter - et 7 tomes ou 8, cela m'indiffère).

7) Jusqu'où êtes-vous allés pour un livre ?

Nulle part, j'ai toujours lu les livres que je voulais lire (non mais sans blague).

8) Si vous pouviez retourner dans le passé rencontrer un auteur. Ce serait qui? Quelles seraient vos toutes premières paroles ? (A part "bonjour")

Zola, je lui aurais demandé pourquoi avoir écrit des romans où les personnages sont autant frappés par le destin. C'est vrai que les gens heureux n'ont pas d'histoire mais quand même.

9) Décrivez la bibliothèque (personnelle ou pas) de vos rêves.

Une pièce, assez grande avec des rayonnages partout, je pense y arriver en 2011, année où je déménagerai; il me tarde.

10) Vous retournez dans le passé (décidément, bande de veinards !), en pleine 2ème guerre mondiale. Quel livre donneriez-vous à Hitler pour qu'il arrête de cramer des bouquins ?

Je ne lui aurais pas donné de livres, mais j'aurais brûlé devant lui tous les exemplaires de Mein Kampf.

 

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [9] - Permalien [#]
Tags :
jeudi 5 novembre 2009

La vérité sur Marie - Jean-Philippe Toussaint

C'est le deuxième roman que je lis de cet auteur (après La salle de bain, il y a déjà quelques années). J'ai acheté La vérité sur Marie (paru aux éditions de Minuit) parce qu'il fait partie de ces romans dont on parle (comme on dit) et que j'ai lu de bonnes critiques (il faisait partie des 4 finalistes du Goncourt, cette année). Mango en a fait aussi un billet. Quand on a terminé le roman, on ne sait pas grand-chose de Marie et aucune vérité n'est dévoilée. En revanche, c'est une histoire d'amour et certainement de jalousie racontée par le narrateur, qui retrouve Marie dans de tristes circonstances alors qu'ils s'étaient séparés depuis quatre mois. Le roman est divisé en trois parties. Dans la première, nous sommes dans le présent. Le narrateur qui vient de faire l'amour avec une femme appelée aussi Marie, se rend chez la Marie (du titre) qui l'a appelé en urgence. L'homme avec qui elle avait passé la nuit (Jean-Christophe de G) vient d'avoir une attaque. Comme le narrateur aime encore Marie (même si ce sentiment n'est plus partagé), il est jaloux de ce qui a pu se passer. La deuxième partie est une évocation (réinventée par le narrateur) d'un moment du passé pendant lequel Jean-Christophe de G (de son vrai prénom Jean-Baptiste) était éleveur de pur-sang. A Tokyo, un de ses chevaux, Zahir, tombe malade, alors qu'il devait participer à une course. Le récit nous décrit comment un cheval effrayé et souffrant doit prendre l'avion. C'est en effet à Tokyo que Marie avait rencontré Jean-Christophe de G. La troisième partie se passe dans le futur (l'été suivant), sur l'île d'Elbe. Marie se trouve dans la maison de son père (mort un an plus tôt). Là encore, les chevaux tiennent un rôle essentiel. Mais le feu qui détruit tout sur son passage aussi. Ce sont les vraies retrouvailles de Marie et du narrateur. Tout le texte est en discours indirect avec la présence de Marie à chaque paragraphe "Marie fait ceci", "Marie fait cela..." Mais on ne sait pas ce que pense ou dit Marie, à part une phrase qu'elle dit vers la fin du roman: "Tu sais, je n'étais pas sa maîtresse...". Même si l'histoire est très ténue, il faut lire ce roman car Jean-Philippe Toussaint est un styliste, il travaille et cisèle ses phrases (parfois longues) de telle façon que la lecture est un vrai plaisir (en tout cas en ce qui me concerne). Ce roman de 200 pages est paraît-il un prolongement de Faire l'amour et de Fuir où l'on trouve déjà le personnage de Marie. Je n'ai lu ni l'un ni l'autre mais ce n'est pas gênant pour apprécier La Vérité sur Marie.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
Tags : ,