jeudi 15 avril 2010

Quand souffle le vent du nord - Daniel Glattauer

C'est en lisant le dithyrambe qu'a rédigé Cuné sur ce roman que je me suis précipitée chez le premier libraire sur ma route pour acquérir Quand souffle le vent du nord d'un écrivain autrichien inconnu en France (jusqu'à ce jour), Daniel Glattauer (Editions Grasset). Je remercie Cuné pour ce conseil: j'ai dévoré ce roman en 2H30. Il fait 350 pages mais comme il s'agit d'échanges de mails entre trois personnages, la lecture est aisée et rapide. J'ai passé un moment délicieux en compagnie d'Emmi (Emma) Rothner, de Leo Leike et de Bernhard Rothner (le mari d'Emmi). Tout commence par une demande de résiliation par mail concernant un abonnement à une revue. Emmi Rothner se trompe d'adresse à une lettre près et la demande aboutit chez Leo Leike. 9 mois plus tard, à l'occasion des fêtes  de fin d'année, Emmi envoie un mail groupé à des amis: l'adresse de Leo est incluse par inadvertance. C'est l'occasion pour Leo de faire une réponse pleine d'esprit qui se termine par: "...Il faut que vous le sachiez: j'aime les mails groupés destinés à un groupe auquel je n'appartiens pas...". De là commence une correspondance drôle, touchante, amusante, intelligente, caustique, parfois  cruelle, qui dure un an. Du simple échange de politesse, les relations qui se nouent virtuellement entre Emmi et Leo évoluent vite. Lui sort d'une rupture sentimentale, elle semble heureuse en ménage. Comment tout cela va finir? Vont-ils se rencontrer "en vrai" ou pas? Je ne vous dirai rien si ce n'est que Bernhard, le mari d'Emmi, est le grain de sable qui fait que les choses auraient pu tourner différemment (je m'avance peut-être). A priori, une suite a été écrite à la demande unanime des lecteurs germanophones qui ont fait un triomphe à ce roman. Je pense que Cuné et toutes les blogueuses qui ont apprécié Quand souffle le vent du nord attendent de pied ferme la traduction de cette suite.

PS: Quand mon ami l'aura lu, je serais heureuse d'en faire un livre voyageur. Vous pouvez vous manifester par mail.

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dimanche 11 avril 2010

La commissaire n'aime point les vers - Georges Flipo

Voici le premier roman que je lis de Georges Flipo, que je connaissais seulement comme nouvelliste (cf. mes billets du 05/01/2009 et du 07/10/2008). Je viens de terminer La commissaire n'aime point les vers grâce à l'initiative de l'auteur lui-même qui a dédicacé l'exemplaire du roman voyageur à tou(tes)s les blogueur(se)s qui l'auront entre les mains. Je l'ai vu arriver d'Ille et Vilaine avant de le faire repartir dans la Loire. Que dire de ce roman policier (Pourquoi avoir choisi ce genre en particulier? Je ne sais pas), si ce n'est qu'il est d'une lecture agréable car bien écrit. Néanmoins, je lui trouve plusieurs défauts dont sa longueur: 300 pages (il y en a 100 de trop) parsemées de fausses pistes, de suspects idéals (ou non) et de mobiles pas très clairs. Et il y a beaucoup de morts dans cette histoire. Le deuxième défaut (et pas des moindres), c'est Viviane Lancier, la (elle tient beaucoup au "la") commissaire de la 3ème DPJ de Paris, entourée de ses hommes (comme la chanteuse Barbara). Un peu grassouillette, passant d'un régime amaigrissant à l'autre en dépit du bon sens et dénuée d'humour, Viviane Lancier m'a beaucoup énervée. Elle est peut-être commissaire mais pas une bonne enquêtrice, heureusement qu'elle est aidée par un jeune inspecteur, Augustin Monot, qu'elle aimerait (pourquoi pas?) mettre dans son lit. "Ses" autres hommes restent un peu dans l'ombre. Je ne raconterai pas l'histoire dans laquelle un poème inédit d'un auteur célèbre joue le rôle moteur. Par ailleurs, une nouvelle enquête de la commissaire est en cours d'écriture. Mais s'il vous plaît, Georges, n'arrêtez pas pour cela d'écrire des nouvelles, c'est là où je vous trouve le meilleur.

PS: mon ami qui a commencé le roman a déjà ri à certains passages - bizarrement, là où je n'avais rien vu de drôle?

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mercredi 7 avril 2010

Hypothermie - Arnaldur Indridason

Hypothermie d'Arnaldur Indridason (Editions Métailié Noir), sixième volume des enquêtes du commissaire Erlendur (et le 4e que je commente, cf. mon billet sur Hiver arctique avec les liens vers les précédents), entraîne à se poser une question existentielle: y-a-t-il une vie après la mort? Une jeune femme, Maria (très riche, mariée à un médecin), est retrouvée morte, pendue, dans leur maison d'été. L'enquête conclut au suicide, mais une amie de Maria, Karen, n'est pas convaincue par cette thèse et croit plutôt à un meurtre. Elle demande à Erlendur de mener enquête officieusement. Pour une fois, les deux adjoints d'Erlendur ne jouent aucun rôle. En revanche, les deux grands enfants du commissaire, Eva Lind et Sindri, se rapprochent de plus en plus de lui (Eva Lind essaie même de faire se rencontrer Erlendur et son ex-femme). Dans le même temps, les investigations menées par Erlendur lui font découvrir que Maria fut très proche de sa mère, Leonora, jusque par-delà la mort. On sent qu'il envie cette femme. L'hypothermie du titre est un état dans lequel (lors d'une expérience) on peut plonger pour que le coeur s'arrête (en se trempant dans une eau glacée quelques instants par exemple). C'est aussi une cause de décès quand une voiture (avec deux personnes dedans) tombe accidentellement dans un lac gelé islandais et que la glace se referme. Proust et sa "recherche du temps perdu" sont un élément important de l'histoire alors qu'Indridason (par l'intermédiaire d'Erlendur) dénonce les charlatans/voyants extra-lucides qui parlent avec les morts. Erlendur, qui n'est pas croyant, ne s'est pas pas remis de la disparition de son frère (dont il se sent un peu responsable). Cette tragédie, vieille de 35 ans, a eu des répercussions depuis lors, sur sa vie et dans les relations avec les autres. Très beau roman qui m'a vraiment plu et que je conseille. J'attends la suite avec impatience. Voir le billet d'Aifelle.

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jeudi 1 avril 2010

Le Salon du Livre de Paris 2010

C'est agréable d'aller au Salon du Livre en nocturne car il y a moins de monde que pendant la journée. J'avais choisi la date de mardi 30 mars à partir de 18H30 car j'avais noté que Paul Auster (que je ne présente pas) et Camilla Läckberg, jeune auteure suédoise qui monte (La princesse des glaces, Le prédicateur et Le tailleur de pierre, en attendant un prochain roman qui sort en mai) dédicaçaient leurs ouvrages à la même heure et au même stand (Actes Sud). Je suis arrivée 3/4 d'heure avant l'heure prévue: bien m'en a pris. Il y avait une queue monstre et Paul Auster était en avance. Et on nous a dit qu'il dédicacerait pendant 1 heure (à l'américaine). J'avais peur d'attendre pour rien. Et bien non, j'ai eu ma signature de l'auteur. Car Paul Auster n'a fait que signer (à la chaîne): 3 secondes par personne et pas le temps de bavarder: "merci madame, merci monsieur", il fallait aller vite. Des personnes sont reparties un peu déçues après avoir espéré une dédicace personnalisée...

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Pour Camilla Läckberg, c'était plus chaleureux. Les gens étaient moins nombreux que pour Paul Auster. Je ne l'avais jamais vue en photo, c'est une très belle jeune femme brune aux yeux clairs, aux longs cheveux noirs et à la peau mate, pas du tout l'idée que l'on se fait d'une suédoise. Elle demandait le prénom de chacune des personnes, qu'elle écrivait avant pour être sûre de l'orthographe. Vraiment charmante.

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J'ai attendu en tout 1h20 pour avoir mes deux ouvrages dédicacés: Invisible et Le tailleur de pierre; mais je ne le regrette pas.
Après, j'ai parcouru les allées et constaté que des éditeurs/distributeurs connus manquaient comme
Bayard presse, Hachette Livres (Grasset, Stock, Belfond, Fayard, Le Livre de poche, etc) : il n'y avait que l'enseigne. José Corti, grand "petit éditeur", manquait à l'appel. Cela confirmerait bien que le prix de la location pour un stand devait être exorbitant. Et les "petits" éditeurs étaient peu nombreux. Il m'a semblé effectivement que le salon était plus ramassé. J'en ai eu vite fait le tour.

En revenant sur mes pas, j'ai pu obtenir une gentille dédicace de Florence Aubenas pour Quai de Ouistreham (Editions de l'Olivier): c'est une femme simple et sympathique. J'ai vu Katherine Pancol qui dédicaçait son nouveau roman, sorti le jour même. Je suis passée par les éditions du Québec où j'ai acheté trois romans policiers d'un auteur dont j'avais dit tout le bien que je pensais en son temps: Jacques Côte. A partir de 21H00 (la nocturne durait jusqu'à 22H), l'atmosphère générale est devenue plus feutrée. C'est très agréable.

Côté "people" en séance dédicace où, bien entendu, je ne suis pas allée: Dominique de Villepin (mince et bronzé) et Patrick Poivre d'Arvor. Je ne m'étendrai pas sur le sujet.

Enfin, au stand des Editions Gallimard, il y avait à la même heure, assis en rang d'oignon: Antonio Tabucchi, Anne Wiazemski, Jérôme Garcin, Eric Fottorino et Claude Lanzmann.

J'ai passé une très bonne soirée pendant laquelle j'ai eu le plaisir de croiser un bref moment Aifelle (quand j'attendais la dédicace "austerienne") qui se dirigeait vers la sortie. Elle repartait vers sa province après être restée toute la journée au salon.

Pour conclure, à la différence de Cuné, j'ai malheureusement fait chauffer ma carte bleue: je suis incorrigible.

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mercredi 31 mars 2010

Le bureau vide - Franck de Bondt

Marc Deleuze, le héros de l'histoire, a appris en 5 minutes qu'il n'était plus rien dans la société où il travaillait après avoir exercé les fonctions, pendant quelques années,  de "directeur des ressources humaines et des relations sociales". N'étant pas encore licencié, il occupe un bureau qui se vide peu à peu: les armoires, les tiroirs, le fauteuil à roulettes et même sa porte est dégondée. Mais Marc Deleuze a suffisamment d'humour pour ne pas prendre la situation trop au tragique. Pourtant Le bureau vide de Franck de Bondt (Editions Buchet Chastel) est un condensé romanesque des aléas tragiques des fusions/acquisitions des entreprises dans lesquelles, un jour, vous avez un poste important et le lendemain, vous n'existez plus, on vous ignore, on ne vous salue plus (des instructions sont données en ce sens). J'ai souri à la lecture de ce court roman d'un peu plus de 100 pages qui fait passer un bon moment, et cependant le fond de l'histoire est triste et elle apparaît très actuelle.

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samedi 27 mars 2010

Sukkwan Island - David Vann

Je viens de lire en un jour Sukkwan Island de David Vann (c'est son premier roman) après avoir constaté qu'il avait été chroniqué dans plusieurs blogs. Je fais partie de ceux qui ont été déçus (voir le billet de Dominique). Ce roman publié aux éditions Gallmeister (190 pages) est divisé en deux parties presque égales. La première met en présence un père et son fils Roy, 13 ans. Le père, dentiste, a décidé de vivre pendant un an avec Roy, qu'il connaît peu, sur un îlot en Alaska, accessible seulement par bateau et avion. Le père est un être perturbé (qui sanglote toutes les nuits). Dès le début, Roy n'est pas à l'aise avec son père et dans cet environnement hostile pour un citadin. Dans cette partie, c'est Roy qui est au centre du récit. On ne connaît qu'à la page 111 le prénom du père. Dans la deuxième partie du roman (commençant page 115), Jim (le père) se retrouve seul suite à un événement et on suit l'errance de cet homme dont le comportement devient de plus en plus inquiétant et délirant. Cette partie est longue et descriptive avec ce personnage pas très intéressant. J'ai été surtout gênée par le style (peut-être est-ce dû à la traduction). Je ne trouve pas que le roman soit très bien écrit et je n'ai pas été passionnée par l'histoire. Les louanges sur Sukkwan Island me laissent un peu perplexe. Je m'attendais à autre chose.

PS: je me suis aussi étonnée de voir, dans la dédicace du livre, que le prénom du père de l'auteur (décédé à 40 ans, selon les dates indiquées) est le même que celui du père dans le roman?

PS2: suite aux  commentaires de Keisha et Lystig, voici le lien vers l'interview de l'auteur sur le site d'In Cold blog ainsi que la critique.

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mardi 23 mars 2010

Country Blues - Claude Bathany

Après Last exit to Brest (mon billet du 25/02/2010), voici Country Blues (toujours aux Editions Métailié) dans lequel on retrouve la belle plume de Claude Bathany. Ce roman noir et assez désespéré raconte les tristes vies des membres de la famille Argol: quatre enfants, et la maman atteinte de la maladie d'Alzheimer. Le père, Etienne Argol, ancien musicien et compositeur de talent, s'est pendu vingt ans auparavant. Que s'est-il passé? Retirés à la campagne dans une ferme dans les monts d'Arrée en Bretagne. cette famille fracassée, complètement retirée du monde et inconsciente de ce qui y arrive, se compose de Cécile, lesbienne mal dans sa peau, pas jolie et ayant la passion des armes à feu; de Dany, play-boy rural coincé avec son troupeau de vaches; de Jean-Bruno, boxeur qui construit un mur autour de la ferme; enfin de Lucas, le schizophrène ventriloque qui ne se sépare pas de sa marionnette Olive, objet transitionnel entre les êtres animés et inanimés. Cette fratrie a du mal à vivre ensemble en raison de leur histoire familiale. En revanche, il y a ceux qui savent tout du drame des Argol, ce sont les Moullec, avec Vincent, Didier, Gildas et Evelyne. Ils sont des voisins (pour certains peu recommandables). Roman polyphonique et non cacophonique à 8 voix (Claude Bathany leur donne la parole tour à tour), ce huis-clos campagnard se passe sur 24 heures car un élément perturbateur en la personne de Flora va faire ressurgir un passé pendant lequel un serial-killer de petites filles a sévi alentour. Flora provoque la jalousie de Cécile et Dany qui se la disputent. L'auteur parle de spleen rural car les Argol traversent les événements sans rien voir, la réalité leur échappe. Claude Bathany dit que la première phrase du roman fut la plus facile à écrire, après, ce fut difficile (boutade?). Un troisième roman en gestation se passera au bord de la mer. Je remercie Eireann/Yvon pour le lien vers une interview de Claude Bathany qui m'a bien aidée pour écrire ce billet. Voir aussi le billet d'Alain.

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vendredi 19 mars 2010

Le camion blanc - Julie Resa

Ce "livre voyageur" a fait un arrêt chez moi, après avoir stationné chez Manu que je remercie, et avant de continuer sa route vers chez Stephie. Il s'agit du premier et court roman (89 pages, 29 chapitres et 1 épilogue) de Julie Resa (Editions Buchet Chastel). Le camion blanc du titre sert de souffre-douleur à une femme, qui vient d'être maman d'une petite Elise et qui a perdu sa propre mère décédée un an plus tôt. Cette jeune femme, S. Milo, est une Parisienne qui s'est retirée en province dans une petite ville. Elle est venue vivre chez son père de plus en plus vieux et ronchon dans une rue déserte et tranquille. Un jour, elle se retrouve nez à capot avec un camion blanc stationné dans la rue. Semblant abandonné, il détonne et fait tache dans le paysage. Pendant toute l'histoire, elle n'aura de cesse de faire partir ce camion: détérioration, lettre anonyme ou non, plainte auprès du commissariat et même pire... Elle est obsédée par ce véhicule qui ne lui a rien fait mais il est au mauvais endroit, au mauvais moment. S. Milo souffre d'une grave dépression post-natale qui va provoquer un dommage collatéral regrettable. Peut-être saura-t-on en tout cas son prénom, ou son nom de jeune fille (qui n'apparaissent jamais) dans un prochain volume? Premier roman bien écrit. Julie Resa est une auteur à suivre.

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mardi 9 mars 2010

La clé des mensonges - Jean-Bernard Pouy

Jean-Bernard Pouy, l'auteur des aventures du Poulpe, a reçu, pour La clé des mensonges, le Prix du polar 1989. C'est le premier roman que je lis de cet auteur et cela ne sera pas le dernier (j'en ai deux autres dans ma PAL). Paru en folio policier, La clé des mensonges est un roman assez court (180 pages), et haletant, puisque nous suivons deux personnes en cavale à leur corps défendant. Le roman alterne deux récits dans le temps, qui se rejoignent à un moment donné. Cela commence à la gare d'Austerlitz et se termine vers Carcans-Plages, dans la région de Bordeaux. L'histoire est narrée à la première personne par le maréchal des logis de gendarmerie Pierre Zapala, 55 ans, veuf et à 15 jours de la retraite. Il est chargé, avec son collègue Morzodec, d'escorter une jeune femme d'une vingtaine d'années, menottée. Elle est le témoin-clé dans une affaire criminelle, avec en toile de fond un trafic d'armes et d'oeuvres d'art. Dans le train, ils se font tirer dessus par on ne sait qui et Morzodec est tué. La cavale commence pour Zapala et la jeune femme, Alix. Ils sont poursuivis par des tueurs et des policiers. Alix avale une clé qu'elle avait à une chaîne autour du cou. Cet objet de convoitise ouvre un coffret renfermant quelque chose, mais quoi? Au bout du compte, cette partie de l'histoire nous est dévoilée par bribes à la page 120, mais cela demeure flou et reste seulement un prétexte. L'auteur préfère se concentrer sur les deux fugitifs aux rapports d'abord houleux et tendus mais qui finissent par se tolérer et s'entraider, car ils ne peuvent faire autrement. On voit une évolution dans leur relation qui devient un rapport père/fille. Je trouve que le titre "La grande illusion" conviendrait bien. On peut dire que Zapala n'aura jamais autant vécu que ces quelques jours. J'ai aimé ce style direct et ces phrases courtes. A découvrir.

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lundi 1 mars 2010

Underworld USA - James Ellroy

Ce n'est pas évident de parler d'un livre aussi foisonnant. Je me contenterai de quelques considérations qui j'espère, vous donneront envie au moins de commencer à lire ce livre. J'ai mis deux semaines pour terminer ce "pavé" de 840 pages imprimé sur papier fin. Le roman de James Ellroy se divise en 5 parties et 131 chapitres. Underworld USA (Editions Rivages) clôt la trilogie commencée avec American Tabloid et American Death Trip (pas lus - AT est planqué, avec une dédicace, derrière mes PAL). L'histoire se passe aux Etats-Unis entre le 14 juin 1968 (peu de temps après la mort de RFK - Robert Fitzgerald Kennedy) et MLK - Martin Luther King) et le 3 mai 1972, en plein règne de Richard Nixon qui à la fin parle déjà de micros cachés au Watergate. Il y a aussi un prologue de 4 pages qui consiste en une description magistrale et très cinématographique du braquage d'un transport de fonds qui a eu lieu le 24 février 1964 à Los Angeles: bilan de 6 morts mais un butin de quelques millions de dollars et plusieurs dizaines d'émeraudes qui disparaissent (c'est le fil rouge de l'histoire: que sont devenues ces émeraudes et à quoi ont-elles servies?). Le reste du roman est un peu de l'histoire de l'Amérique vue par James Ellroy, où Edgar Hoover (homosexuel, raciste et grand patron du FBI pendant 50 ans), Howard Hughes (surnommé Dracula, avionneur milliardaire), Sal Mineo (un des acteurs de La Fureur de vivre de Nicholas Ray), personnages ayant existé, côtoient des personnages a priori fictifs, comme Dwight Holly, agent du FBI, Wayne Trudrow, ancien flic et bon chimiste travaillant pour la pègre, Donald Crutchfield, détective privé, Scotty Bennett, inspecteur de police assassin et violent, Marshall Bowen, un noir qui infiltre des partisans de groupuscule "blacks" qui menacent la tranquillité de l'Amérique "blanche" de Hoover. Il y aussi trois ou quatre très beaux personnages féminins, Joan Rosen Klein, Karen Sefakis, Celia Reyes et Mary Beth Hazzard. C'est un roman où l'on apprend la mainmise des Etats-Unis sur la République Dominicaine (RD dans le texte), et comment HaÏti et les Haïtiens (descendants d'esclaves noirs) sont méprisés par les Dominicains (d'ascendances espagnole et française). Les Haïtiens étant considérés comme de simples tueurs de poules pour les rites vaudous. Puis on apprend aussi comment, en RD, les hôtels et les casinos se sont implantés grâce aux pots-de-vin versé par les Américains au dictateur dominicain de l'époque et à ses sbires. A part ça, je n'ai pas évoqué la narration proprement dite qui est pleine de ramifications compliquées (mais je n'ai pas trop perdu le fil). C'est un roman ample, bien construit, avec un style particulier propre à Ellroy qui utilise beaucoup d'acronymes et des termes peu châtiés. Il y est beaucoup question de drogues de toutes sortes, d'alcool, d'amphétamines, de tortures, de meurtres, de sang versé. Et pourtant, de la tendresse se dégage dans certains passages. Je ne regrette pas ma lecture et puis cela m'a fait plaisir de relire du James Ellroy que j'avais abandonné après Le Dahlia Noir (très bien). Du même auteur, je recommande aussi les trois premiers parus (et qui l'ont fait connaître au public français). Ils sont publiés en Rivages poche: Lune sanglante, A cause de la nuit et La Colline aux suicidés, avec le détective Lloyd Hopkins.

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