lundi 11 mai 2009

Dans la peau / La chambre écarlate - Nicci French

Pour celles (ceux) qui ne le savent pas, sous le pseudonyme de Nicci French se cache un couple d'écrivains anglais, Nicci Gerrard et son mari Sean French, journalistes de profession. Ils écrivent à quatre mains depuis plus de dix ans. Je viens de lire deux de leurs romans policiers: Dans la peau et La chambre écarlate. Comme cela m'a bien plu, je vais en commencer un troisième, Aide-moi... Les points communs des deux premiers sont évidents. Les histoires se passent à Londres et ce sont des femmes qui sont les narratrices. Dans les deux intrigues, les policiers n'ont qu'un rôle vraiment secondaires et ne paraissent pas très compétents. Les conclusions ne sont pas forcément très gaies avec des héroïnes fortes mais seules.

Pour Dans la peau, nous avons trois femmes dont les récits se succèdent: elles ne se connaissent pas mais un lien les relie: un tueur leur écrit qu'il va les tuer. Les deux premières ont une fin tragique, quant à la troisième...

Dans La chambre écarlate, l'héroïne est une jeune psychiatre qui arrive à résoudre une affaire tragique où les deux victimes sont aussi des femmes: une jeune SDF et une mère de famille, dont on apprend à la fin quel lien elles pouvaient avoir.

Petite anecdote en passant: j'avais acheté les deux romans en poche. Le premier, je l'ai lu tranquillement chez moi. Quant au deuxième, il faisait partie de ceux que j'avais emportés pendant mes vacances basques. Et je ne sais pas pourquoi, dans un moment de distraction (je l'avais lu aux trois-quarts), je crois l'avoir oublié sur un banc. Comme je voulais absolument le terminer, je l'ai trouvé à ma biblothèque d'entreprise. J'étais contente de ne pas être obligée de le racheter. Une mésaventure de ce type m'était déjà arrivée il y a quelques années et j'avais racheté le livre (mais je ne me souviens plus du titre). Sinon, le fait d'abandonner un livre terminé sur un banc, pourquoi pas? L'idée n'est pas mauvaise si cela peut faire plaisir à quelqu'un... (cf. ici, ou bien ).

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dimanche 3 mai 2009

Le mec de la tombe d'à côté - Katarina Mazetti

Bien que son nom ait une consonance italienne, Katarina Mazetti est suédoise et écrit dans cette langue. J'ai acheté Le mec de la tombe d'à côté (paru en poche aux éditions Babel) car j'ai trouvé ce titre amusant. Désirée et Benny n'ont rien en commun et ils n'auraient pas dû se rencontrer. Mais voilà, Désirée vient de perdre son mari prématurément et va presque tous les jours sur la tombe de celui-ci. Benny, lui, va régulièrement arroser les plantes sur la tombe de sa mère. Il apparaît que les tombes des deux défunts sont voisines. Benny et Désirée se remarquent. Et le début n'est pas prometteur: il la trouve terne, mal fagotée et sans beaucoup de rondeurs. Elle note que la tombe d'à côté est vulgaire avec toutes ses plantes, et que celui qui vient les entretenir (elle le surnomme le Forestier) dégage une drôle d'odeur et n'a plus que trois doigts à une main. Mais de fil en aiguille, un déclic se fait, il a suffi qu'un sourire soit échangé et là tout bascule. Benny est amoureux, lui, l'éleveur de bétail, célibataire endurci. Désirée, elle, est bibliothécaire. Avec un récit où Désirée et Benny sont tour à tour les narrateurs, nous assistons à une histoire d'amour en accéléré avec des problèmes de couple qui surgissent au bout d'un moment alors qu'il vivent à plus de 20 km l'un de l'autre. En particulier, Désirée ne sait pas faire la cuisine alors que Benny a été "bichonné" par sa maman jusqu'à la mort de cette dernière: elle lui faisait tout (logé, nourri, blanchi). D'autres incompatibilités se greffent. Leur seul terrain d'entente est leur relation physique. Mais Désirée considère que leur liaison s'est terminée dès qu'elle a commencé. Je ne vous dévoilerai pas la toute fin qui donne une note d'espoir. Le roman est tonique et on s'attache aux personnages. Une jolie découverte.

PS: j'ai été voir avec mon ami la pièce de théâtre qui a été tirée de ce roman. Elle se joue à Paris jusqu'en mars 2010. Cf. mon billet du 7 février 2010.

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lundi 27 avril 2009

L'avant-dernière chance - Caroline Vermalle

J'ai eu le plaisir d'être "e-mailée" par Caroline Vermalle qui a gentiment proposé de m'envoyer son roman, L'avant-dernière chance, qui vient d'être récemment publié aux Editions Calmann-Lévy et a reçu le prix Nouveau Talent 2009 d'une Fondation créée par une compagnie de téléphonie mobile et un journal gratuit. Pour un premier roman, c'est plutôt réussi. Ce livre est joliment tourné avec une histoire dans l'air du temps. En effet, la Fondation et l'éditeur Calmann Levy récompensent depuis peu un roman en langue française qui intègre le langage SMS et les messageries instantanées à la trame du récit. Tous les genres (romans d'amour, comédies...) sont acceptés, mais il ne faut pas avoir été publié auparavant.
Dans les Deux-Sèvres, Georges Nicoleau (presque 76 ans et veuf) et son voisin Charles Lepensier (83 ans, marié) partent faire le Tour de France (itinéraire 2008, 21 étapes, départ de Brest) dans une belle voiture toute pimpante achetée par Georges. Ils ont eu l'idée de le faire en profitant de l'absence prolongée de Françoise (la fille de Georges, qui couve ce dernier et ne le laisse rien faire, à ce qu'on dit). Elle est partie deux mois au Pérou, faire du trekking. Charles, lui, est heureux avec son épouse Thérèse et ses petits-enfants. Alors que Georges croit pouvoir partir tranquille, juste à ce moment-là, sa petite-fille Adèle, qui ne l'a pas vu depuis 10 ans, l'appelle de Londres (où elle est stagiaire sur un tournage de film) pour avoir de ses nouvelles. Elle tient à en avoir quotidiennement. C'est là que le téléphone portable et les SMS entrent en jeu. Sans en dévoiler plus, je vous dirai que les deux papys arriveront à peine à faire 5 étapes qui seront entrecoupées de bons gueuletons et de rencontres bien sympathiques. Le dialogue "SMSien" avec son grand-père va changer Adèle. Elle ne sera plus la même après. Il y a même une touche d'ésotérisme. Bref, je vous conseille L'avant-dernière chance. Caroline Vermalle a un blog sur lequel elle parle de son roman et du suivant (qui est la suite du premier), dont elle publie le premier épisode. Je la remercie encore pour ce petit plaisir de lecture.

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mardi 7 avril 2009

La solitude des nombres premiers - Paolo Giordano

J'ai lu ce roman, La solitude des nombres premiers (éditions du Seuil) sans déplaisir, après avoir remarqué le grand nombre de billets (en général favorables) le concernant sur la blogosphère et en avoir lu la plupart (je ne mets pas de liens!). Du coup, l'ayant croisé d'occasion (déjà!), j'ai sauté sur cette chance. J'ai été un peu déçue par la fin "plate". Cela finit sans finir. Il n'y a pas d'événement précis qui clôt l'histoire. Le roman s'étale sur 24 ans entre 1983 et 2007. L'auteur trace le portrait parallèle de deux êtres "à part". D'abord Alice, âgée d'environ 8 ans, qui se blesse gravement au ski et reste boîteuse. Elle est mal à l'aise avec son corps. Les années passant, elle fait de l'anorexie. Elle a un père très autoritaire et une mère qui meurt d'un cancer. Son anorexie est autant mentale que physique (l'auteur décrit très bien ce phénomène). L'autre héros, Mattia, est plus mystérieux. Enfant "normal", il a eu le malheur d'avoir une soeur jumelle, Michela (son portrait craché), attardée mentale qu'il abandonne un jour sur un banc (ils ont huit ans) parce qu'il est honteux d'avoir une soeur pareille. Jamais on ne la retrouvera. Depuis, Mattia traîne son sentiment de culpabilité. II vit presque en marge des autres en devenant un surdoué en math. Ses parents sont peu disponibles pour lui et et ils n'apportent pas beaucoup d'aide. Que Mattia se punisse, on le comprend; pour Alice, beaucoup moins. Ce premier roman d'un jeune écrivain doué a reçu le prix "Stregha" (l'équivalent du Goncourt en Italie) en 2008. J'ai trouvé que ce livre se lit bien, sans style particulier (est-ce dû à la traduction?). Il n'y a pas de quoi se relever la nuit non plus.

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mercredi 1 avril 2009

Histoire d'un mariage - Andrew Sean Greer

L'histoire d'un mariage d'Andrew Sean Greer (Editions de l'Olivier) se passe principalement en 1953, à San Francisco. La narratrice qui parle/écrit pendant tout le roman s'appelle Pearlie. Elle est née dans le Kentucky. C'est là qu'elle a vu pour la première fois celui qui deviendra son mari: Holland Cook, beau jeune homme ténébreux à la peau foncée et aux yeux couleur miel. En 1953, ils sont mariés depuis 4 ans et ont un petit garçon de 3 ans atteint de polyomélithe. Le roman se compose de quatre parties. La première est en tout point remarquable, les trois parties suivantes ne sont peut-être pas à la hauteur, mais, quelques péripéties aidant, ce roman se lit avec intérêt et plaisir. Pearlie évoque le McCarthysme, l'affaire des Rosenberg et la Guerre de Corée. Sans parler d'un détail d'importance mais que je ne peux pas dévoiler (lire la dernière phrase de la première partie). Pearlie nous fait connaître Buzz (Charles) Drumer (personnage essentiel de l'histoire). Son mari Holland reste très en arrière-plan, Pearlie le ménage sans raison précise (apparemment). Il y a aussi Lyle le chien de la famille qui n'aboit pas. Tout le roman se déroule dans un coin appelé Sunset à San Francisco, habité par des blancs. Pearlie est très nostalgique quand elle évoque cette période où elle a été heureuse malgré ce qu'elle est et ce qu'elle vit. C'est un roman sur les non-dits, la délation (et ses conséquences), l'homosexualité interraciale dans l'Amérique puritaine de ces années-là. Je ne connaissais pas cet auteur mais il vaut la peine d'être découvert. Il a un style fluide très agréable. Voir les avis d'Amanda, de Cuné et de Clarabel.

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dimanche 22 mars 2009

El Ultimo lector - David Toscana (billet intermédiaire)

Une fois n'est pas coutume, je demande de l'aide pour m'aider à comprendre un roman que je viens de terminer. JE N'AI RIEN COMPRIS à El Ultimo lector (recommandé par mon libraire). Je l'ai lu attentivement jusqu'au bout, relativement vite, sauf les dernières pages que j'ai survolées. Les phrases sont simples, mais l'histoire ne l'est pas. Peut-on m'éclairer pour saisir ce qu'a voulu raconter l'écrivain mexicain David Toscana, dont c'est le premier roman traduit en français (paru aux éditions Zulma)? Des billets sont parus chez Yspadden, Manu (très mitigés), Kathel et Keisha (plutôt favorables). Je suis prête à l'envoyer à un(e) blogueur(se) qui serait intéressé(e).

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jeudi 19 mars 2009

Enfant 44 - Tom Rob Smith

Quand j'ai lu le titre du livre, Enfant 44 (publié aux éditions Belfond), et vu l'illustration de la couverture, j'ai pensé que c'était un récit romancé sur un jeune garçon dans un goulag ou dans un camp de prisonniers quelque part dans un pays de l'Est. Et bien pas tout à fait. Une sorte de prologue se passe en janvier 1933, dans un village en Ukraine. Il fait froid et les gens sont affamés. Ils mâchent les écorces des arbres pour combattre la sensation de faim. Tout les animaux domestiques ont été mangés sauf un: un chat efflanqué que sa maîtresse laisse partir (elle veut elle-même mourir). Le chat va être pourchassé par un jeune garçon Pavel, qui a 10 ans, et son jeune frère Andreï, âgé, lui, de 8 ans (et qui adore son grand frère). Pavel capture le chat mais est lui-même poursuivi par un homme. Pavel disparaît laissant Andrei en pleurs. Leur mère le croit mort, peut-être a-t-il été mangé, les gens ont tellement faim? Sans transition, on se retrouve 20 ans plus tard, juste avant la mort de Staline. Leo, membre du MGB (KGB?), est chargé de clore une enquête sur la mort d'un petit garçon, fils d'un membre du MGB. On fait tout pour étouffer l'affaire, il est mort "accidentellement" avec de la terre dans la bouche et entièrement déshabillé. Car, bien entendu, le crime n'existe pas sous le régime de Staline: il n'y aucune délinquance, ce n'est pas concevable. Et pourtant, le petit garçon retrouvé est la 44ème petite victime d'un tueur unique qui éventre ses victimes pour leur prendre l'estomac. Il opère dans voisinage de la voie ferrée. Leo apprend que, pour les crimes précédents, des personnes considérées comme déviantes (homosexuels, simples d'esprit) sont arrêtées et exécutées sans sommation; on arrive toujours à trouver des boucs émissaires. C'est là qu'il prend concience que quelque chose ne tourne pas rond dans le système. Le roman fait une description assez terrifiante de la vie du peuple soviétique sous Staline où la délation est de rigueur et autant récompensée. Même entre mari et femme, il n'y a pas de solidarité. Le couple que Léo forme avec Raïssa en est la preuve. Pendant l'enquête, la haine que lui témoigne un collègue, Vassili (homme dangereux et sans pitié), font de Léo et de sa femme des hors-la-loi. La première qualité de ce premier roman d'un écrivain de 30 ans est qu'il se lit vite (398 pages), et d'autre part l'originalité réside dans le contexte historique. En revanche, j'ai trouvé certaines invraisemblances, par exemple dans le fait que, en quelques phrases, Pavel arrive à trouver des alliés qui l'aident à démasquer le meurtrier. A la page 268, on comprend toute l'histoire des crimes et comment un simple chat peut changer deux vies. Ridley Scott a paraît-il acheté les droits pour adapter Enfant 44 au cinéma [cf. chronique du 21/04/2015 pour le film de Daniel Espinosa].

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vendredi 13 mars 2009

Hiver arctique - Arnaldur Indridason

Je viens de lire le cinquième roman d'Arnaldur Indridason, Hiver arctique (Editions Metailié Noir) dans lequel le commissaire Erlendur ainsi que les inspecteurs Elinborg (c'est une femme pour ceux qui ne le savent pas) et Sigurdur Oli enquêtent sur le meurtre d'un petit garçon de 10 ans, Elias, d'origine thaïlandaise par sa maman. Il a été poignardé et son corps repose sur la neige islandaise dans un quartier de Reykjavik. C'est l'occasion pour Indridason d'évoquer le problème du racisme lié à l'immigration d'Asiatiques en Islande. Un grand nombre de Philippins, Thaïlandais et Vietnamiens se sont installés en Islande. Dans le cas précis de l'histoire, un Islandais était parti se trouver une épouse (Sunee) en Thaïlande et l'a ramenée (il n'en n'est pas à sa première épouse immigrée). Depuis, le couple a divorcé. Sunee, la mère d'Elias, parle mal l'Islandais, son frère Virote et son fils aîné Niran (né d'un premier lit) également. D'ailleurs, pendant l'enquête qui se passe sur une courte période, une interprète est présente. Niran se sent déraciné. Il supporte mal cette situation. Concernant le meurtre d'Elias, tout porte à croire qu'il s'agit d'un crime raciste ou pédophile. Indridason donne, cette fois-ci, moins d'importance aux relations houleuses entre Erlendur et ses enfants, Sindri et Eva Lind, que dans l'Homme du lac ou la Voix (mon billet du 15/04/2008). L'intrigue est resserrée sur différents suspects dont on fait la connaissance tour à tour. Parmi ceux-ci, des enseignants de l'école où allait Elias, un voisin de palier et même Niran. Si, comme mon ami, vous aimez savoir comment cela se termine, vous pouvez lire les 25 dernières pages... mais vous ne serez pas beaucoup avancé en connaissant le nom du ou des meurtrier(s), puisqu'il(s) n'apparait(ssent) qu'au tout dernier moment, presque par hasard. En effet, Arnaldur Indridason a l'art de distiller au compte-goutte les informations. Je pense que l'auteur se sert une fois de plus d'une intrigue policière (bien menée) pour décrire une certaine réalité de la société islandaise. Je conseille cet Hiver arctique

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samedi 7 mars 2009

Profondeurs - Henning Mankell

Je connaissais Henning Mankell, auteur de romans policiers; voici Henning Mankell, auteur de romans, tout court. J'avais entendu parler de Profondeurs au moment de sa sortie en janvier 2008. Ce roman vient de paraître en édition de poche "Points Seuil". C'est une histoire étrange qui commence de façon somme toute banale. En Suède, le capitaine Lars Tobiasson-Svartman (très important les deux noms de famille accolés, celui de sa mère d'abord, et celui de son père ensuite) est engagé par le Ministère de la Marine pour sonder les côtes afin de mesurer la profondeur de l'eau dans le but d'éviter que les bateaux ne s'échouent ou ne heurtent un rocher. Lars a sa sonde, il dort même avec. Il faut tracer la cartographie des routes militaires, Car nous sommes au tout début de la 1ère guerre mondiale, en octobre 1914. Lars est marié depuis peu à une dénommée Kristina Tacker (qui a gardé son nom de jeune fille) mais il est très seul. Au détour de phrases et à mesure que le récit avance, on se rend compte que Lars est un dangereux malade mental. Son esprit est un gouffre sans fond comme les profondeurs qu'il mesure. Il est capable de crise de rage et de violence envers les hommes et les animaux (il tue un chat par exemple ou même un déserteur allemand) et puis plus rien, comme si de rien n'était, il pense à autre chose. Dès le début de sa mission, il se retrouve à accoster sur un îlot rocheux, Hallskär, où vit une jeune veuve, Sara Fredrika. Il a une relation intime avec elle, et même s'il est fascinée par cette femme, il ne l'aime pas vraiment. D'ailleurs, est-il capable d'aimer? A partir de là, il se met à mentir et à inventer des missions pour la rejoindre. Il ment à sa femme, il ment à la Marine, il ment aussi à Sara Fredrika (il dit qu'il est veuf). Il est aussi très jaloux. Mankell n'explique pas le comportement de Lars si ce n'est que cela remonte à son enfance et à ses sentiments envers son père. Mankell a un regard clinique sur son personnage. Sans avoir de l'empathie pour Lars, on a envie de lui dire d'arrêter d'agir comme il le fait. Mais il est pris dans un engrenage sans issue. C'est un roman qui se lit assez vite grâce à de courts chapitres. Malgré la noirceur de l'histoire et son côté étouffant, j'ai vraiment aimé.

PS: depuis ce billet, j'ai chroniqué deux autres romans d'Henning Mankell: Le cerveau de Kennedy et Les chaussures italiennes.

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dimanche 1 mars 2009

Deux polars "Série noire" - François Barcelo

Comme annoncé dans mon billet du 21/01/2009, j'ai terminé récemment Chiens sales et Moi, les parapluies (tous les deux dans la Série Noire Gallimard) de cet auteur québécois (François Barcelo) que j'ai découvert il y a quelques mois.

Dans Moi, les parapluies, le premier paru dans la série, j'ai moins ressenti l'exagération des situations, un peu systématique dans les 3 autres (des assistés sociaux chroniques qui peuvent être victimes ou bourreaux). Un garçon (Normand Bazinet) est accusé d'avoir tué sa grand-mère (qui était à l'article de la mort dans une chambre d'hôpital) avec un parapluie qui lui a enfoncé dans la gorge. Ses parents acceptent qu'il soit condamné (à leur place?) à sept ans en maison de correction chez les religieux. Une fois sorti, il n'aura de cesse de savoir qui a tué sa grand-mère et pourquoi? Le roman s'étale sur presque 25 ans. A la fin, il y aura eu pas mal de morts violentes accidentelles (dans sa famille). Se lit très agréablement.

Dans Chiens sales, (le mot chien désignant le flic au Québec), le personnage central est pour une fois une femme, Carmen Paradis. C'est la narratrice qui, de fil en aiguille, se retrouve impliquée dans un meurtre d'un ministre alors qu'elle était prête à mener une vie tranquille, retirée de tout, pour apprendre à jouer de la guitare. Elle croit rencontrer l'homme de sa vie en la personne d'un certain Roméo, on lui dit qu'elle a un cancer, elle a un grave accident. Sa mère lui casse les pieds (précédemment, elle a eu une aventure avec son ex-beau père). Et les chiens (flics) essayent de l'éliminer car elle pourrait être un témoin génant d'une de leur bavure. Tout finit très mal mais une fois encore j'ai passé un excellent moment à lire ce roman une page après l'autre.

Ces deux romans confirment que François Barcelo éprouve une certaine tendresse pour ses personnages marginaux, héros pitoyables et fatalistes.

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