samedi 21 juillet 2007

Samedi - Ian Mc Ewan

Ayant beaucoup aimé le roman précédent de Ian Mc Ewan, Expiation (Atonement) (2001), je viens de lire avec grand plaisir son dernier en date, Samedi (Saturday) (2006). Passionnant de bout en bout, ce roman de 350 pages se déroule pendant une seule journée, un samedi, en février 2003 à Londres, juste avant l'entrée en guerre des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne en Irak. Ce samedi sera particulier dans la vie d'Henry Perowne, neurochirurgien de profession. Marié avec une juriste, il est père de deux enfants, Théo qui veut devenir musicien, et Daisy, une apprentie poète vivant à Paris depuis 6 mois. Réveillé sans raison précise, aux premières lueurs de l'aube, Henri est témoin, de la fenêtre de sa chambre, d'un atterrissage forcé sur une piste de l'aéroport d'Heathrow. Ce qu'il croit être un crash ne l'est pas. L'information continue à la télévision le confirme. Dans Hyde Park, une manifestation anti-guerre va commencer. Parti, dans la matinée, faire sa partie de squash hebdomadaire dans sa belle Mercedes, Henry est victime d'un accrochage. Mais tout semble rentrer dans l'ordre. La partie de squash avec un collègue anesthésiste achevée, il effectue des courses pour le dîner car il doit recevoir sa fille et son beau-père pour dîner. Il rend visite à sa mère victime de la maladie d'Alzheimer. Il se remémore son enfance. Il assiste à une répétition de son fils. Plus tard, de retour chez lui, il prépare la matelote de lotte. Et dans les 100 dernières pages, un drame est évité de justesse. Je vous laisse le découvrir. Je suis admirative pour les descriptions précises de Ian Mc Ewan, en particulier la recette de la matelote, la partie de squash, et, à la fin de l'histoire, tous les termes pour décrire une opération d'ablation d'un hématome sous-dural suite à un traumatisme crânien. Je le répète, le roman est passionnant et la famille Perowne nous est devenue très proche à la fin du roman.

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jeudi 19 juillet 2007

A la vitesse de la lumière - Javier Cercas

Roman espagnol recommandé en 2006 par les libraires de la FNAC, A la vitesse de la lumière de Javier Cercas (Actes Sud) est un très beau roman, bien écrit et qui se lit assez vite. Un Catalan rêvant d'acquérir le statut d'"écrivain raté", qui porte le même prénom que l'auteur, connaît la notoriété suite à un concours de circonstances qui lui fait rencontrer un Américain, Rodney Falk, vétéran du Vietnam, dans une université près de Chicago. Rodney Falk lui avoue avoir été responsable, à la fin des années 60, dans un village vietnamien, d'un massacre de plus de 50 personnes. Il ne s'en est jamais remis. Javier lui-même (le personnage) vit un drame personnel qui le change à jamais. Il se sent coupable de l'accident de personnes très proches. Une grande partie du roman tourne autour du sentiment de culpabilité. Mais la rédemption vient grâce à l'écriture. Achetez A la vitesse de la lumière ou empruntez-le en bibliothèque.

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jeudi 12 juillet 2007

La gigue des cailleras - Pascal Jahouel

Grâce à M. Claude Le Nocher, http://suspense.aceblog.fr (1), j'ai eu la chance de lire La gigue des cailleras (racailles en verlan) parue aux Editions Krakoen. Ce polar savoureux, deuxième ouvrage de Pascal Jahouel (rouennais de naissance), se caractérise par la langue crue, très imagée, populaire et parfois en verlan. Un dénommé La Rouille est victime d'une défenestration d'un quinzième étage dans la Cité des Moineaux, cité dortoir où la majorité de la population bigarrée est victime du chômage avec les dommages collatéraux de l'alcool et de la violence. L'histoire se passe à Rouen et sa banlieue et fait une incursion au Havre. Le narrateur du livre, Bertrand-Hilaire Lejeune, BHL pour les dames, inspecteur de police, enquête sur ce fait malheureux. Tous les personnages rencontrés sont truculents et souvent attachants, tant les flics que les autres.
La lecture de ce livre me fait par la même occasion découvrir un "petit" éditeur inconnu du grand public. Les Editions Krakoen http://www.krakoen.com sont situées dans le département de la Seine Maritime, elles vendent elles-mêmes leurs ouvrages par correspondance et sont depuis tout récemment distribuées par Calibre http://www.calibre.fr, société de distribution créée en janvier 2007.

(1) ce blog ayant disparu au 3ème trimestre 2007, Claude Le Nocher en a recréé un en janvier 2008 : http://action-suspense.over-blog.com.

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mercredi 4 juillet 2007

Lire un livre directement en anglais

Je reviens sur le livre de Paul Auster, Dans le scriptorium (Travels in the Scriptorium), que j'ai lu en anglais (cf. mon billet d'hier). J'ai éprouvé un grand plaisir à lire à haute voix mentalement ces 130 pages, imprimées en tout petits caractères. Je faisais ma propre traduction. Je ne connaissais pas tous les mots mais je devinais leur sens en comprenant la phrase dans son ensemble. J'ai été impressionnée par la façon dont Paul Auster s'attache à des descriptions précises de ce qui semble être des détails : les vêtements, la couleur des médicaments que prend Mr Blank, ses gestes, etc. A un moment donné, il est entièrement vêtu de blanc. Au début du roman, le narrateur nous précise que "a camera is planted in the ceiling directly above him. The shutter clicks silently once every second, producing eighty-six thousand four hundred still photos with each revolution of the earth" que l'on pourrait à peu près traduire par "au plafond, est installée une caméra qui prend 86 400 photos soit 1 photo par seconde, le temps d'une rotation journalière de la Terre" (1). On ne connaîtra pas la raison de ce fait précis le roman terminé. Pour illustrer la précision des faits racontés par l'écrivain, voici la première phrase du roman : "The old man sits on the edge of the narrow bed, palms spread out on his knees, head down, staring at the floor" qui peut se traduire ainsi : "Le vieil homme est assis sur le bord du lit étroit, les paumes de la main sur les genoux, la tête baissée, fixant le sol". Lisez en anglais (si, si, c'est faisable) ou en français ce roman de Paul Auster car je pense qu'il vous donnera envie de lire les autres.

(1) Suite au commentaire de Gaël ci-dessous, que je remercie, on peut retraduire le passage de la façon suivante "au plafond, est installée une caméra qui prend une photo par seconde chaque 24 h soit 86 400 par jour."

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mardi 3 juillet 2007

Travels in the Scriptorium (Dans le Scriptorium) - Paul Auster

Angliciste pas trop distinguée, je viens de lire le dernier roman en date de Paul Auster, Travels in the Scriptorium (Dans le scriptorium), aux éditions de poche Faber and Faber. Je n'avais pas lu de roman de Paul Auster depuis Tombouctou (1999). Dans "Travels", un vieil homme appelé Mr. Blank (M. Blanc) par le narrateur, se trouve dans une chambre. Mr Blank semble être prisonnier à moins qu'il ne soit dans un hôpital. Il se demande, pendant tout le récit, si la porte de la chambre est fermée à clef de l'extérieur et qu'est-ce qu'il y a derrière l'unique fenêtre obturée de la chambre. Sur chaque objet dans la chambre, même sur les murs, des étiquettes indiquent ce que c'est : mur, lampe, table, etc. Il ne se souvient de rien, même pas de son nom, mais des questions le hantent, "Qui est-il ?" "Qu'est-ce qu'il fait là ? Quand est-il arrivé et combien de temps va-t-il rester ? Des visiteurs viennent le voir dont Anna (Blume), peut-être une infirmière, qu'il semble avoir aimée dans un passé lointain. Près de son lit, sont empilés quelques photos en noir et blanc et un manuscrit inachevé. Le narrateur du manuscrit est lui-même prisonnier dans une cellule. M. Blank imagine la fin de l'histoire racontée. Les autres visiteurs qui viennent voir Mr Blank portent, pour la plupart, des noms de personnages des romans précédents de Paul Auster. Ils rendent Mr Blank responsable de ce qu'il leur ait arrivé dans le passé lors de missions périlleuses. On se rend compte que, le roman achevé, il n'y a pas de fin.

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vendredi 29 juin 2007

Harry Potter en version anglaise

Le tome 7 (et, a priori, le dernier de la saga) Harry Potter et les reliques de la Mort sortira en version française le 26 octobre 2007. Il se place en 6ème position d'après Fnac.com pour les ventes/précommandes de livres. Pour les fans absolus dont je ne fais (malheureusement) pas partie, la version originale anglaise, Harry Potter and the Deathly Hallows, sort le 21 juillet. Cette version du livre se place déjà (excusez du peu) en 7ème position toujours d'après Fnac.com pour les ventes/précommandes de livres. Alors quand on dit que les Français ne sont pas doués en langues étrangères, il est intéressant de constater que grâce à Harry Potter, la barrière de la langue n'est plus un problème. En voilà une bonne nouvelle!

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dimanche 24 juin 2007

Le dictateur et le hamac - Daniel Pennac

Suite à mon billet du 18 juin 2007, je voudrais évoquer le dernier roman en date de Daniel Pennac, le Dictateur et le hamac, hommage non dissimulé au Dictateur de Charlie Chaplin, où celui-ci joue Hinkel (le dictateur) et un barbier (sosie du dictateur). Daniel Pennac, à l'occasion d'un séjour au Brésil, a pris l'habitude de se prélasser sur un hamac. Son inspiration lui fait imaginer qu'un dictateur sud-américain, dans les années 20, forme un sosie pour que celui-ci le remplace à l'occasion, et même définitivement. Ceci fait, le dictateur part en Europe. Le sosie à son tour forme un sosie à son image. Cela fait, lui aussi s'enfuit mais cette fois-ci aux Etats-Unis. En tout, il y aura 4 sosies dont des jumeaux. L'histoire est particulièrement centrée sur la vie que mènera le premier sosie qui, après un long périple pour atteindre la côte sud-américaine, s'embarquera sur un paquebot. Il fera carrière aux Etats-Unis en devenant la doublure de Rudolph Valentino. Il mourra presque heureux en assistant à une projection du Dictateur dans un cinéma de Chicago en 1940. Le périple de ce sosie n'est cependant qu'une partie du livre. De nombreuses péripéties surviennent, les histoires sont haletantes, l'écriture est toujours fluide et en ce qui me concerne, après une longue incursion dans la tribu Malaussène, j'ai découvert un autre Daniel Pennac. J'en suis ravie.

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mardi 19 juin 2007

Adaptation en BD - La Malédiction d'Edgar - Marc Dugain

Un ami m'a offert l'adaptation en BD de la Malédiction d'Edgar de Marc Dugain adapté par lui-même pour le texte et Chardez pour les illustrations. Il y a plus d'un an, j'avais lu le roman que j'avais énormément aimé. J'ai été plutôt décontenancée par cette adaptation. Le narrateur, amant du patron du FBI, est à peine présent. Je dois dire que je n'ai pas compris toute l'histoire en bande dessinée. Certains personnages comme Kennedy, Nixon ou Jackie Kennedy sont reconnaissables. D'autres comme Hoover lui-même sont moins connus et, sur certaines planches, on a du mal à reconnaitre qui est qui. La BD fait 46 pages alors que le roman compte plus de 300 pages. Il est évident que tout le roman ne peut être retranscrit en images. Il manque ce qui fait un roman : l'écriture et le style. Le roman se lit très vite avec un grand plaisir. J'ai lu la BD avec plus de mal et, parfois, j'ai relu certaines bulles car je n'ai pas compris du premier coup de quoi ou de qui l'auteur parlait. Quand j'ai refermé la BD, je me suis dit que j'allais relire le roman que j'ai nettement préféré.

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lundi 18 juin 2007

La saga Malaussène (suite et fin provisoire)

Monsieur Malaussène, Des Chrétiens et des Maures, Aux Fruits de la Passion terminent pour le moment la saga Malaussène. Beaucoup de personnages, du flic à la nonne, gravitent autour de cette famille, dans le quartier de Belleville. On est parfois dans l'invraisemblable mais c'est écrit avec une telle maestria que l'on pardonne tout à Daniel Pennac. J'ai ri toute seule et les personnages sont si attachants qu'on croirait qu'ils existent vraiment. A la dernière page, on regrette déjà de les quitter et on voudrait crier comme au spectacle : encore ! encore ! Merci M. Pennac qui a vraiment le don de raconter des histoires. J'en parlerai dans un prochain billet pour commenter un autre roman de cet écrivain.

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mardi 12 juin 2007

La belle lurette - Henri Calet

Henri Calet (1904-1956) n'est pas un écrivain très connu et, après sa mort, il est tombé dans l'oubli. Dans les années 80, certains jeunes écrivains l'ont découvert ou redécouvert. Olivier Adam dans Falaises aux Editions de l'Olivier (2005) lui dédie son roman. D'Henri Calet je viens de terminer La belle lurette parue en 1935 et rééditée dans la collection L'Imaginaire Gallimard. C'est plus ou moins autobiographique. Le récit est à la première personne. Dans le roman, le narrateur Henri naît le 14 juillet 1902 d'une mère Sophie, faux-monnayeuse et, d'un père, sans boulot fixe, buvant un peu. Avec cette hérédité, souvent malade, mis en pension, il a vécu la première guerre mondiale à Bruxelles en Belgique avec sa mère, le père ayant disparu. Cette chronique, aussi misérabiliste et triste qu'elle peut paraître, ne l'est pas. Henri prend la vie comme elle vient et il profite au mieux. Le vocabulaire est souvent cru avec des tournures de phrases poétiques. J'ajouterai que la belle lurette du titre n'est pas employée pour dire "il y a bien longtemps". L'expression est employée deux fois où lurette a sa signification première d'heurette (diminutif d'heure) (Le Petit Robert). La première, au début du livre, quand les parents déménagent en pleine belle lurette et, la deuxième fois, dans la dernière phrase du livre : "Le chômage et les cris dans la crise, ce n'est plus la belle lurette". La belle lurette compte 168 pages et se lit très vite et agréablement.

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