dimanche 14 octobre 2007

Et l'amour dans tout ça? - Kriss Graffiti et Chantal Pelletier

Mon ami vient de me faire découvrir un ouvrage (malheureusement épuisé), Et l'amour dans tout ça? Il date de 1989, déjà 18 ans ! Cela parle des hommes et des femmes, êtres très différents, nous ne fonctionnons pas pareil. C'est vu principalement, il faut bien le dire, sous un angle féminin à coups de plumes acérées. Les auteures commencent par provoquer en listant 7 "sexes" (hétéros mâle et femelle, télébaiseurs, abstinents, gays, lesbiennes, multisexuels). Mais le gros de l'ouvrage porte sur les relations homme-femme et leur changement par rapport aux décennies précédentes, évoquant le "nouveau couple" de cette fin des années 1980. Un couple, ce sont deux célibataires qui doivent vivre ensemble et ce n'est pas facile tous les jours et dans un couple, il y a le non-célibataire (souvent la femme) qui entretient la flamme (il en faut!). Mais 77% des divorces sont demandés par les femmes. Un court chapitre évoque les familles recomposées dans lesquelles les enfants se retrouvent avec 4 parents, 8 grands-parents, etc. Quelques "morceaux de bravoure" valent un bon fou-rire lors d'une lecture à haute voix, mais je ne peux pas tout citer: il faut lire "La force à dormir", p. 35. Ou, qui chouchoutera le jeune lycéen esseulé (puisque la jeune femme souhaite un homme "expérimenté", et la lycéenne un garçon nettement plus âgé qu'elle-même...)?
Dans l'ensemble, Et l'Amour dans tout ça? est très agréable à lire grâce à une impression en assez gros caractères et des chapitres courts au style enlevé qui distrait bien (même à lire aujourd'hui). Il serait intéressant de faire une mise à jour de ce livre avec de nouvelles données. Car, comme les moeurs ont pas mal évoluées depuis 1988 (mais si, mais si), l'inconvénient de cet ouvrage, c'est que c'est déjà un peu daté, pas de portables pour s'appeler n'importe où, n'importe quand. Il n'y avait pas non plus Internet mais seulement le minitel pour faire des rencontres. Qui se souvient encore de cet objet antique ? Les données ("Francoscopie" 1988, "L'Etat de l'opinion, clés pour 1987" et "...1988" de la SOFRES) ont autant vieilli que le papier ("J'ai Lu" de 1990 tout jauni). Et pour finir, je ne sais pas trop si ce qui était prédit, en 1989, pour le futur, correspond à notre réalité ?

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lundi 8 octobre 2007

L'immense obscurité de la mort - Massimo Carlotto

Publié aux Editions Métailié, L'immense obscurité de la mort est vraiment très noir et on ressent un certain malaise en le lisant. Il a reçu le prix du meilleur roman noir étranger au Festival du film policier de Cognac. Le roman se compose de courts chapitre où le narrateur est, en alternance, Silvano ou Raffaello. Dans le prologue en 1989 dans une ville du nord-est de l'Italie, un braquage d'une bijouterie se termine tragiquement par la mort d'une femme et de son petit garçon tués à bout portant par un malfrat : Raffaello. Son complice s'échappe avec le butin. Raffaello est condamné à perpétuité. 15 ans plus tard, Silvano le mari et père des deux victimes du hold-up décrit la vie monotone qui est la sienne depuis le drame. Raffaello souffrant d'un cancer à un stade avancé demande une suspension de peine. Ivre de vengeance, Silvano, de victime, devient bourreau. Raffaello, sous la plume de l'écrivain, se sacrifiera. Il a sa rédemption. Le malaise que j'ai ressenti en lisant ce roman tient à ce que Silvano, par pure vengeance dérisoire qui ne lui donne aucun apaisement, devient excessivement antipathique dans la peau du justicier solitaire, alors que Raffaello devient presque sympathique. Ce sont deux êtres humains à la dérive concentrés sur leur douleur respective, l'une morale et l'autre physique. Un roman policier qui se lit d'une traite.

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jeudi 4 octobre 2007

Train de nuit pour Lisbonne - Pascal Mercier

Je viens de lire avec passion Train de nuit pour Lisbonne de Pascal Mercier, paru en 2006 aux Editions Maren Sell, dont le héros est professeur de latin et grec et enseigne aussi l'hébreu. Raimund Gregorius donne ses cours dans un lycée de Berne, ville de la Suisse alémanique. Quand le roman commence, Gregorius se prépare à partir au lycée à pied comme d'habitude. En traversant un pont, sa rencontre avec une femme qui se dit être "portuguès" puis l'achat d'un livre "Um ourives das palavras" (Un orfèvre des mots) d'un dénommé Amadeu de Prado qu'il trouve dans une librairie va lui faire tout quitter, sa ville de Berne, le lycée, ses élèves et sa petite vie tranquille. Il se retrouve au Portugal, à Lisbonne. Là, il mène une enquête pour savoir qui était ce Amadeu de Prado. Au début, il se fait traduire le roman oralement puis au fur et à mesure, il se met à apprendre le portugais pour bien s'en imprégner. Il rencontre des personnes qui ont cotoyé Amadeu décédé 30 ans auparavant, dont ses soeurs Adriana et Mélodie et un ancien ami de lycée. Amadeu, devenu médecin, culpabilisera d'avoir sauvé un des sbires du terrible général Salazar. Comme Gregorius, il joue aux échecs. Homme brillant et d'une intelligence supérieure, Amadeu souffre de fêlures intérieures que l'on découvre peu à peu grâce à des lettres qu'il a écrites et à ce livre qui est une suite de pensées personnelles à tendance philosophique. J'ai été sensible à l'atmosphère de ce livre qui se passe hors du temps. Tout est figé. L'histoire se passe vers 2004 et pourtant, il n'y a pas de portable, pas d'internet. Il n'y a que le téléphone fixe. Le roman est très agréable sans être toujours très facile d'accès, mais on se sent intelligent quand on lit ce genre d'ouvrage. Le romancier, Pascal Mercier, que je ne connaissais pas, est lui-même professeur de philo et cela se sent. Un roman à lire si vous pouvez.

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lundi 1 octobre 2007

Guide de voyage : Lonely Planet

Je reviens d'une semaine de voyage d'agrément en Italie sur la Côte Amalfitaine (comme c'est beau!). Mes fidèles blogueurs ne s'en sont pas trop aperçu car j'avais réussi à rédiger près d'une dizaine de billets d'avance. Cependant, je n'ai pas rendu les commentaires reçus (presque une trentaine) durant tout ce temps. Je les validais quand je pouvais (j'ai aussi délégué leur validation).
Pour en revenir au titre du billet, pendant cette semaine, j'ai utilisé le guide Lonely Planet pour traquer les points cyber durant mes déplacements et cela m'amusait. C'était la première fois que j'achetais un titre de cette collection, suite aux conseils d'une de mes collègues qui m'en avait parlé. Jusqu'à présent, j'achetais le Guide du Routard, moins cher et peut-être moins lourd. En dehors d'Internet, j'aime avoir un support papier lors de mes voyages touristiques. Pour ce faire, je fais "une descente" dans une FNAC du centre de Paris qui a un choix étendu pour tout ce qui est guides touristiques et cartes routières. Il y en a tellement que la décision est souvent difficile entre tel ou tel ouvrage qui ont chacun leurs spécificités.
En ce qui concerne Lonely Planet, la présentation est claire, concise. Les illustrations en couleur égaient l'ensemble. Les données chiffrées se sont révélées exactes, ainsi les adresses indiquées pour les achats, les restaurants ou même les points cyber. Cela fait plaisir d'avoir entre les mains un guide fiable. On ne peut pas en dire autant de certains autres.

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lundi 24 septembre 2007

Claude Gueux - Victor Hugo

Chez un de mes marchands de journaux préférés, j'ai acheté un court récit de Victor Hugo, Claude Gueux, édité en livre de poche à 1,50 euro. Ce livre narre un fait divers qui s'est passé dans les années 1830. Un homme ordinaire, Claude Gueux, est devenu voleur par nécessité. Il a été condamné à 5 ans de prison (la peine maximale pour ce genre de délit) et il a été incarcéré à la prison de Clairvaux (ancienne abbaye cistercienne). Sans parler d'homosexualilité, Claude Gueux semble avoir eu un tendre sentiment pour un dénommé Albin qui partage son pain. Sans donner de raison, le directeur décide de séparer les deux compagnons. Claude Gueux, déterminé, annonce à tous les autres prisonniers que, si on ne lui rend pas Albin, il tue le Directeur. Il met sa menace à exécution. Après une tentative de suicide manquée, il est traduit de nouveau en justice et condamné à mort. Plus que sur la peine de mort, Claude Gueux est un livre sur la prison qui est une peine récente en 1832. Avant, ce n'était qu'une mesure préventive ou une peine substitution. Victor Hugo condamne les conditions de solitude, de malnutrition et de répression dans les maisons d'arrêt. C'est aussi un plaidoyer pour les hommes et femmes pas très éduqués qui souffrent de pauvreté les conduisant au crime. La prison est un vecteur pour empirer la situation. L'éducation serait une meilleure solution. Très beau texte qui fait toujours réfléchir aujourd'hui. L'ouvrage se termine avec une annexe constituée d'un extrait de la préface du Dernier jour d'un condamné.

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vendredi 21 septembre 2007

Le dernier Kabbaliste de Lisbonne - Richard Zimler

J'avais acheté le livre en anglais, que je n'ai pas eu le courage de lire. Je viens d'en lire la traduction en français aux Editions Presse Pocket. Le dernier kabbaliste de Lisbonne se passe en 1506 dans le quartier Juif de Lisbonne. Après avoir été chassés d'Espagne par les Rois très catholiques Ferdinand et Isabelle, les Juifs s'étaient réfugiés au Portugal et la plupart ont été convertis de force, on les appelle les nouveaux Chrétiens. Pourtant certains ont continué clandestinement à pratiquer leur culte dans des caves dissimulées. En 1506 au moment de la Pâque Juive, les Chrétiens entraînés par des moines dominicains, se mettent à tous les massacrer. Une partie du roman évoque très crûment comment les Chrétiens agissent envers les Juifs en les brûlant, en les découpant en morceaux, etc. Pendant que ces tragiques événements se déroulent, le narrateur du roman, Bérékhia Zarco, découvre son oncle, kabbaliste renommé, égorgé dans la cave de leur maison qui leur servait de lieu de culte. Il est nu ainsi qu'une jeune femme, égorgée elle aussi à ses côtés avec un chohet, un couteau de boucher juif. Le roman, qui fait presque 500 pages en édition de poche, décrit l'enquête de Bérékhia. Pourquoi un Juif aurait été assassiné par un autre qui était un proche? Bérékhia, kabbaliste lui-même, a des visions qui l'aideront beaucoup à résoudre l'énigme. Un glossaire à la fin du livre, pour expliquer certains termes dans le roman, est très utile. Pour ceux qui aiment les romans policiers, lisez-le.

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dimanche 9 septembre 2007

L'Egyptologue - Arthur Phillips

L'accroche sur la couverture de l'Egyptologue d'Arthur Phillips est "Vous n'avez jamais lu un tel roman" signé Stephen King. Et bien c'est vrai, le livre fait 550 pages. Si vous arrivez à la page 80, soit vous continuerez à lire ça sans déplaisir aucun, ni plaisir extrême, soit vous vous arrêterez là. Si vous arrivez à le lire jusqu'au bout, vous ressentez une certaine frustration car il faut croire à l'invraisemblable. Le gros du récit, narré à la première personne, se passe en 1922 à la même période que les fouilles effectuées par Howard Carter qui permettront de trouver la tombe de Toutankhamon. Le narrateur, un Anglais dénommé Harold Trilipush, est sur la piste de la tombe d'un autre Pharaon dernier descendant d'une dynastie, la XIIIème, Atoum-hadou (Atoum-est-en-érection), tout un programme ! En revanche pendant tout le roman, nulle grivoiserie, ni détail croustillant dans un récit qui n'est qu'une longue descente aux enfers pour Trilipush. Une métamorphose et probablement la mort seront au rendez-vous à la fin du voyage. La partie du récit se déroulant en 1960, dans une maison de retraite à Sydney en Australie, parasite inutilement le roman. Je pense aussi que le défaut éventuel du livre est la traduction française. Même si ce n'est pas de la grande littérature, le roman aurait peut-être mérité une meilleure traduction.

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vendredi 7 septembre 2007

La mort de la Terre - Rosny Ainé

Suite à mon billet sur la Charité sur Loire, je parlerai d'un roman d'anticipation aux éditions Garnier Flammarion dans la collection Etonnants classiques, que mon ami a acheté 4 euros dans une des librairies de cette ville. Il s'agit de La mort de la Terre de Rosny Ainé écrit en 1912. Il est l'auteur d'un livre beaucoup plus connu par le cinéma, La guerre du feu. Mon ami avait lu La mort de la Terre il y plus de 20 ans, dans une autre édition (peut-être Marabout) qui regroupait d'autres nouvelles. L'histoire se situe dans plusieurs millénaires. Les océans ont disparus. La Terre pourrait faire penser à la planète Mars. Il reste très peu d'eau. Seules, quelques oasis subsistent autour desquelles poussent des plantes et où vivent les derniers hommes. A part les oiseaux, tous les autres animaux ont disparu ainsi que les microbes et les insectes. La Terre est malheureusement parcourue de secousses qui font disparaître peu à peu les oasis dans des immenses crevasses. Parmi les derniers hommes, se distinguent Targ, sa soeur Arva et quelques autres. Pour se déplacer, ils ont des planeurs. La Terre est envahie peu à peu par des créatures magnétiques, les ferromagnétaux de nature minérale qui menacent les derniers hommes en détruisant leurs globules rouges. Quand les réserves d'eau s'épuisent, les hommes s'euthanasient. Ils sont heureux de mourir. Tout finira mal pour les hommes mais ils entrent dans la Vie Nouvelle. Je n'ai pas trouvé que ce court roman se lisait très facilement car Rosny Ainé emploie des néologismes. Il n'y a pas de description sur la nourriture, les vêtements, l'habitat, etc. Mais pour ceux qui aiment la science-fiction, ils devraient le lire et pour ma part, je suis contente d'avoir découvert un auteur francophone de SF.

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mardi 4 septembre 2007

Persepolis la BD - Marjane Satrapi

J'ai fini par lire la BD qui m'a été offerte suite à mon billet du 1er juillet 2007 sur le film Persepolis de Marjane Satrapi. Ce gros volume se compose de 4 parties: 1ère et 2ème parties, Marjane à Téhéran; 3ème partie: Marjane en Autriche; et 4ème partie: Marjane de retour à Téhéran avant le départ définitif ? Ce qui m'a frappée après en avoir terminé la lecture est que le texte de la BD pourrait devenir un roman. Par rapport au film d'animation, l'histoire est plus étoffée mais l'importance des personnages n'est pas la même en proportion. Par exemple, la grand-mère m'a semblé beaucoup plus présente dans le film que dans la BD. Lisez la BD puis allez voir le film ou inversement. Cela n'a pas d'importance. Vous pourrez comparer. A mon avis, les deux se valent tant par la qualité des dessins que par le scénario.

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