vendredi 13 avril 2007

Romans policiers

Pour la littérature policière, il n'y a pas que les Américains. Depuis peu, sont apparus des romanciers de polars venus du nord qui viennent d'être traduits en français. Il est dommage qu'il n'y ait pour l'instant pas d'adaptations cinématographiques dignes de ce nom. Certains noms me viennent à l'esprit : Jo Nesbo (norvégien), Gunnar Staalasen (norvégien), Arnaldur Indridason (islandais), Ake Edwardson (suédois), Henning Mankell (suédois).
La télévision suédoise a adapté au moins un des romans de ce dernier, la 5ème femme, dont le héros récurrent est le commissaire Wallander. Depuis quelque temps, la télévision écossaise porte à l'écran les enquêtes de John Rebus de l'auteur écossais Ian Rankin.
Des romans policiers situés au 19ème siècle pourraient donner des films excellents mais évidemment très chers à cause de la reconstitution des époques comme ceux parus dans la collection "Grands Détectives" en poche 10/18.
De très bons romans policiers japonais adaptables existent aux Editions Philippe Picquier.

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vendredi 30 mars 2007

Daniel Pennac (suite)

Après le succès mérité d'Au bonheur des ogres, Daniel Pennac a continué d'écrire sa saga de la tribu Malaussène composée de Benjamin, Julie, Louna, Thérèse, Clara, le Petit et Julius le chien épileptique qui sent mauvais et quelques autres. Les deux opus suivants que je viens de lire sont La fée Carabine et La Petite marchande de prose (Prix du livre Inter 1990). Ce troisième volet ayant été adapté à la télévision, il est dommage que les autres ne l'aient pas été. Que dire à part que ce sont encore et toujours de vrais bonheurs de lecture! Daniel Pennac situe ses livres dans des arrondissements de Paris qu'il semble bien connaître : le 11ème et le 20ème. La famille Malaussène vit dans une quincaillerie reconvertie en habitation. Au fil des romans, des personnages viennent s'ajouter à cette famille complètement déjantée. Dans ces histoires, les héros sont confrontés à des crimes, des tentatives de meurtre, des flics. Les héros de l'histoire vont connaître l'amour tour à tour. Il y a du suspense. Le style de l'écrivain (prof de Lettres en collège jusqu'à récemment) est remarquable et ses livres se lisent sans effort. Merci Monsieur Pennac.

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mercredi 21 mars 2007

Livres de poche vs Livres grand format

Le livre de poche est la plus belle création qui a été faite pour que tout le monde accède à la lecture à un prix relativement raisonnable. Le grand avantage est que le livre de poche, comme son nom l'indique, prend moins de place pour le rangement et, pour les fanas de lecture, il représente le format idéal dans les transports en commun ou en voyage. Mais toute médaille a son revers car je connais des personnes qui n'aiment pas les livres de poche et préfèrent les livres grand format. Le défaut du poche serait la police de caractère souvent petite et serrée et donc plus difficile à lire, et il est vrai qu'un livre de poche s'abîmerait plus, surtout la couverture. En revanche une bibliothèque exclusivement composée de livres de poche a son charme car les dimensions des livres sont, en général, plus homogènes que les livres grand format, qui selon les collections et les éditeurs (en particulier Actes Sud) ont des dimensions diverses et souvent variées et donc posent problème pour faire une belle bibliothèque.

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vendredi 16 mars 2007

Comment parler des livres que l'on n'a pas lus - Pierre Bayard

Difficile de parler de Comment parler des livres que l'on n'a pas lus qui est un essai très érudit et dont le style est complexe, ce qui le rend, à mon avis, peu accessible à des lecteurs lambdas. On ne peut pas le survoler, chaque phrase et chaque mot sont importants. L'auteur, Pierre Bayard, s'appuie sur des exemples d'oeuvres littéraires différentes pour expliquer que l'on peut parler de livres que l'on n'a pas lus, que l'on a oubliés, que l'on ne connaît pas, dont on a entendu parler. Il parle de "bibliothèque collective", "bibliothèque intérieure" et "bibliothèque virtuelle", de "livres-écrans", "livres intérieurs" et "livres-fantômes". En revanche, cet ouvrage donne envie de lire ou de relire les livres évoqués comme Je suis un chat de Soseki, Illusions perdues de Balzac, le Troisième homme de Graham Greene, les livres de David Lodge, et Le Nom de la rose d'Umberto Eco.

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dimanche 4 mars 2007

Henri Troyat

Henri Troyat, disparu vendredi soir, 2 mars 2007, à l'âge de 95 ans, est un écrivain que j'ai découvert sur les conseils de ma mère, il y a plus de vingt-cinq ans. Je ne connaissais pas toutes ses oeuvres mais je conseille à toutes et tous de lire ses cycles romanesques : Tant que la terre durera (1947), Les Semailles et les moissons (1953), La lumière des Justes (1959) et les Eygletières (1965). Ils sont disponibles aux éditions Pocket. Ce sont des livres que l'on lit d'une traite, ils sont tous très bien écrits. Ils font aimer la lecture. A recommander à toutes les générations. 

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vendredi 2 mars 2007

Au bonheur des ogres - Daniel Pennac

Quelqu'un qui m'est très cher m'avait offert, il y a quelques mois, Au bonheur des ogres de Daniel Pennac (1985) collection Folio Gallimard, que j'avais commencé à lire et que j'avais laissé tomber au bout de vingt pages ; je ne comprenais pas ce que je lisais. Je viens de le reprendre et miracle, j'ai lu les 286 pages en 5 heures. J'ai énormément aimé. Le style et la langue peuvent au début, comme pour moi, décontenancer mais au fur et à mesure, le talent de Daniel Pennac est évident dans son écriture de la langue française en jouant avec les mots. Le style est fluide. On est captivé par l'histoire de Benjamin Malaussène et de ses différents demi-frères et soeurs de la même maman mais de papas tous différents et inconnus. Ben est "bouc émissaire" dans un grand magasin : officiellement au contrôle technique et il est en fait payé pour se faire "engueuler" quand un client a eu un problème avec un produit acheté dans le grand magasin. Des attentats à la bombe se produisent dans ce lieu et il est chaque fois aux premières loges et parfois blessé. De témoin, il devient suspect. Après 6 attentats, l'affaire sera résolue, Ben disculpé. On apprendra que ces attentats ont une origine lointaine remontant à la seconde guerre mondiale. Les ogres du titre ont une importance. Les ogres sont connus comme mangeurs de petits enfants. Ici les victimes des attentats ont été des ogres mais d'une autre manière, plus sordide. Puis, je suppose que le titre fait référence au roman d'Emile Zola Au bonheur des Dames qui se passe aussi dans un grand magasin. Enfin Ben, pour endormir son petit frère, lui invente des histoires d'ogres. Je recommande vivement ce roman qui garde son suspense jusqu'au bout.

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mercredi 28 février 2007

L'obsédé (The Collector) - John Fowles

Le roman est étrange et traite d'une histoire que l'on n'oublie pas car elle fait froid dans le dos. La narration est faite à tour de rôle par les deux protagonistes (elle par l'intermédiaire d'un journal). L'action se passe en Angleterre dans un comté indéterminé. Lui est un collectionneur, surtout de papillons (morts et épinglés) et quand il la kidnappe, elle n'est rien d'autre qu'un papillon parmi d'autres. Il la trouve belle. Peut-être a-t-il une attirance sexuelle, mais rien ne se passe. Le roman traite avant tout, pour moi, de l'impuissance masculine. Il la tient enfermée dans un genre de cave. Il lui donne tout ce qu'elle veut, mais c'est tout. A un moment, elle arrive à s'évader, mais il réussit à la recapturer. Il n'est pas méchant mais il ne semble rien ressentir. Quand elle meurt de manque de soins, il a une once de pitié mais rien de plus et la fin est très ouverte car une nouvelle victime est en ligne de mire.
En y repensant, l'histoire pourrait faire penser à ce qui s'est passé récemment en Autriche avec la jeune fille enfermée 8 ans dans une cave.
Il est terrifiant de penser que des gens peuvent disparaître ainsi sans que nous les retrouvions.

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vendredi 16 février 2007

Lignes de Faille - Nancy Huston

Je viens juste de terminer Lignes de Faille de Nancy Huston, prix Fémina 2006 (Prix mérité). C'est un très beau roman bien écrit en 4 chapitres, chaque narrateur a entre 6 et 7 ans avec le langage d'enfant de cet âge. On remonte le temps : 2004, 1982, 1962 et enfin 1944-45. Chaque narrateur est fils ou fille du narrateur suivant. C'est un livre sur le souvenir et la mémoire avec le passé douloureux de la 2ème guerre mondiale (je ne dirai rien de plus). J'avais beaucoup apprécié du même auteur Instruments des ténèbres paru en 1996 et prix Goncourt des lycéens. Je le recommande vivement.

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jeudi 8 février 2007

Une exécution ordinaire - Marc Dugain

Après la Malédiction d'Edgar, roman qui relatait une histoire de l'Amérique sous le règne, si je puis dire, du redoutable Edgar J. Hoover, patron du FBI pendant plus d'un demi-siècle, dans Une exécution ordinaire, Marc Dugain nous plonge dans l'histoire de la Russie depuis juste avant la mort de Staline jusqu'à nos jours en mettant en scène une famille, sur trois générations voire quatre. Le récit commence en 1952, la mère du narrateur est urologue et elle a un don de guérisseuse avec les mains. Sa réputation arrive jusqu'à Staline qui n'a plus que deux ans à vivre. Les grandes "purges" ont déjà eu lieu. Par force, elle devient la guérisseuse du chef d'Etat mais dans le plus grand secret. Sa vie est bouleversée. Elle se sépare de son mari. Le narrateur ne naîtra que bien des années après ces événements, sa mère s'étant réconciliée entre-temps avec son mari. Ce même narrateur, Pavel, est devenu professeur à l'âge adulte. Il s'est marié et a deux enfants: un garçon et une fille. Le récit continue et on apprend que Pavel va toucher une grosse indemnité, qu'il a le droit à un grand appartement à Saint-Pétersbourg et qu'il prend sa retraite alors qu'il est encore très jeune. Pourquoi ? C'est vers la fin du livre que l'on apprend qu'une tragédie a eu lieu. Marc Dugain s'est inspiré de l'histoire du Koursk, Oskar dans le livre, le sous-marin nucléaire dans lequel plus de 120 jeunes sous-mariniers sont morts suite à une explosion non identifiée de l'avant du bateau en 2000. Il semble qu'ils auraient pu être sauvés, mais les autorités russes ont refusé pendant plusieurs heures que des sous-marins occidentaux s'approchent de l'épave. Plusieurs versions ont circulé: une torpille a explosé, un sous-marin américain a percuté Oskar. Il semblerait plutôt que c'est le manque d'entretien des pièces du sous-marin, les fuites diverses et variées qui ont provoqué le drame. Poutine, Plotov dans le livre, est décrit comme responsable du fait que l'on ne porte pas secours assez vite aux éventuels survivants, il ne faut pas de témoins. La Russie, après avoir connue le communisme pendant plus de 70 ans, vit dans un régime où la corruption est partout, tout est à vendre et à acheter même les pièces détachées de sous-marins. Le constat que Marc Dugain fait de la Russie actuelle semble assez consternant. 

PS du 19/02/2010: Marc Dugain vient d'adapter lui-même une partie de son livre au cinéma (cf. mon billet de ce jour).

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mardi 23 janvier 2007

La métamorphose - Franz Kafka

Je ne sais pas si on lit encore de nos jours Franz Kafka (1883-1924). En tout cas, je conseille pour découvrir cet auteur de lire la nouvelle La Métamorphose, l'histoire de Grégoire Samsa, homme ordinaire qui, un matin, se réveille en se rendant compte que quelque chose ne va pas. Seul dans sa chambre, il constate qu'il n'a plus un aspect humain mais qu'il s'est transformé en un gros insecte, genre cafard. Il a une carapace. Ne pouvant plus sortir de cette chambre, il mourra comme un insecte desséché rejeté par toute sa famille qui ne cherche pas à le soulager de ses maux. On peut considérer que c'est une parabole sur la condition humaine dès que l'on n'est pas dans la norme, que l'on n'est pas comme les autres, tant physiquement qu'intellectuellement. Cette Métamorphose est une bonne initiation à l'univers fantastique absurde de Kafka et certainement le livre le plus accessible. Ses autres oeuvres célèbres comme le Château, l'Amérique et le Procès sont inachevées et ont été publiées après la mort de Kafka.

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