samedi 5 avril 2008

Les Golovlev - M.E. Saltykov-Chtchedrine

Je voudrais d'abord parler des éditions Sillage qui ont publié Les Golovlev. Je ne connaissais pas. Ce sont, paraît-il, huit étudiants férus de littérature qui ont créé cette maison d'édition en 2001. Ils publient des textes qui étaient indisponibles depuis longtemps et même parfois jamais édités. Dans leur catalogue, on trouve des textes peu connus de Conrad, Hoffmann, Baudelaire, Huysmans, Melville. Ils ont un site internet, http://www.editions-sillage.com. J'évoquerai maintenant le format du livre que j'ai en mains, c'est de la taille d'un missel (11x17,5 cm). Cela tient très bien dans un sac à main (sans s'abîmer). Les pages sont épaisses comme du velin. Au Salon du Livre à Paris où j'ai fait une petite visite, j'ai pu voir d'autres titres du catalogue.
Pour en revenir aux Golovlev, c'était la première fois que j'entendais parler de l'écrivain, M.E. Saltykov-Chtchedrine (1826-1889). Il s'est inspiré de sa propre famille pour certains personnages de cette histoire (publiée en 1880) qui décrit la décadence d'une famille de propriétaires terriens et d'âmes au temps du servage et des moujiks en Russie. Avant de paraître en un volume, le roman était paru entre 1875 et 1880 en fragments formant les différents chapitres du roman. On peut presque les lire indépendamment les uns des autres. Nous sommes dans les années 1860. Une femme, Aridna Petrovna, gère le domaine des Golovlev d'une poigne de fer. Mariée à un homme sans personnalité, elle a pris la direction du domaine. Elle est la mère de quatre enfants dont elle s'est complétement désintéressée. Même si elle les craint, en même temps, elle les domine. Elle en a fait des êtres faibles, hypocrites et veules. Aridna est radine et méchante et vit chichement. Les domestiques aussi en font les frais. Mais, en 1861, le servage est aboli et la chute de la maison Golovlev commence. Trois des enfants meurent relativement jeunes, alcooliques et tuberculeux. Le fils survivant, Porphyre Vladimirytch (surnommé Judas et peut-être pire que sa mère), verra le déclin de sa famille après la fin tragique de ses deux fils et deux nièces. Roman que j'ai lu très vite grâce à une écriture très enlevée et que j'ai été heureuse de découvrir. J'aime beaucoup ces romans russes du 19ème siècle. Cela m'a fait penser à Gogol.

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samedi 29 mars 2008

Astérix - Goscinny et Uderzo

En dehors de Tintin (hors catégorie), un de mes grands plaisirs de lecture de BD est Astérix en attendant de faire un billet sur Blake et Mortimer. Si je devais présenter cette BD à quelqu'un en ignorant tout, je dirais que Astérix, c'est surtout le génie des textes de Goscinny (décédé il y a 30 ans) complétés par les illustrations d'Uderzo. Astérix est inséparable de son ami Obélix (qui "n'est pas gros mais seulement enveloppé"). Ils vivent dans un village (dont on ne connaît pas le nom) en Armorique. Nous sommes en 50 avant JC. Toute la Gaule est envahie par les Romains. Obélix est tailleur et livreur de menhirs, il aime manger le sanglier et puis surtout, il adore donner des baffes aux Romains. Astérix est un guerrier qui n'a pas de métier précis. Les autres villageois qui apparaissent dans presque tous les albums sont: Panoramix le druide, et sa potion magique; Assurancetourix, le barde qui chante faux; Abraracourcix, le chef; et j'ajouterai Cétautomatix, le maréchal-ferrand; Bonemine, la femme du chef; Ordralfabétix, le marchand de poissons (qui ne sont pas toujours très frais) et Agecanonix, l'ancêtre du village. Ce village est le seul qui résiste à l'envahisseur, et pourtant il est cerné par 4 camps romains: Aquarium, Petibonum, Laudanum et Babaorum. Chaque album permet à Astérix et Obélix de montrer leur bravoure, leur force et leur débrouillardise dans différentes contrées, même en Egypte où ils rencontrent Cléopatre (qui a un fort joli nez). Leur mission accomplie, à chaque fin d'album, tout le village se réunit pour manger du sanglier et boire un petit coup. Seul le barde Assurancetourix n'y a pas droit (il chante trop faux). Les albums sont tous excellents et très drôles (Astérix et Cléopatre, Astérix Légionnaire, Gladiateur, aux jeux Olympiques, Le bouclier Arverne, Astérix chez les Bretons, chez les Helvètes, etc.). Depuis le décès de Goscinny, Uderzo écrit les textes et dessine les images. Je suis désolée de le dire, mais Uderzo est meilleur dessinateur qu'auteur. Les albums parus depuis le décès de Goscinny sont nettement en deçà, à part, peut-être, Le fils d'Astérix et Astérix et la Traviata.

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mardi 25 mars 2008

Les disparus - Daniel Mendelsohn

Prix Médicis étranger 2007 et prix 2007 du magazine Lire, Les disparus de Daniel Mendelsohn (Editions Flammarion) n'est pas un roman. Ce gros récit biographique de 630 pages décrit l'enquête de l'écrivain et sa recherche pour savoir ce qui est arrivé à un grand-oncle appelé Schmiel, sa femme Esther et leurs quatre filles à Bolechow, située en Pologne Orientale dans la province de Galicie (maintenant faisant partie de l'Ukraine), pendant la Seconde Guerre Mondiale. Au dos d'une vieille photo représentant Schmiel, le grand-père de Daniel Mendelsohn avait écrit que son frère avait été tué par les nazis. L'enquête qu'ont menée Daniel Mendelsohn et un de ses frères, Matthew, photographe, les a emmenés de par le monde, à Sydney en Australie, à Stockholm, à Copenhague, en Israël, à Vienne, en Ukraine et en Pologne. Pas à pas, grâce à des témoignages directs ou indirects de survivants interrogés et filmés qui ont connu ou cotoyé la famille de Schmiel, qui était boucher et un notable dans la ville, Daniel Mendelsohn s'approche d'une certaine vérité sur les circonstances qui ont fait disparaître cette famille. Des quelques 3000 juifs (dont faisait partie la famille de Schmiel) qui ont vécu à Bolechow avant la seconde guerre mondiale, seuls 48 ont survécu. Les presque 3000 autres ont été, au cours de 3 "Aktionen" entre 1941 et 1943, abattus et jetés encore vivants dans des charniers (la Shoah par balles). Quelques-uns, dont Esther, ont été envoyés au camp de Belzec en 1942. Les deux derniers survivants de la famille, le père et l'une des filles, se sont cachés entre 1942 et 1943 dans une cave grâce à des Polonais. Malheureuseusement dénoncés plus tard, ils seront pris et abattus. Tout le livre est illustré de photos prises par Matt. Ce sont le plus souvent des lieux visités ou des portraits de ceux qui ont apporté leur témoignage. Daniel Mendelsohn, au début du livre, raconte que, dès 1939, Schmiel avait appelé à l'aide, en envoyant une lettre  (demeurée sans réponse) à un membre de sa famille d'Amérique pour que ses filles soient rapatriées aux Etats-Unis. Au commencement de certains chapitre, Daniel Mendelsohn évoque, en caractères italiques, des passages de l'Ancien Testament: Caïn et Abel, Sodome et Gomorrhe, etc. Ces parenthèses bibliques, mises à part ce qu'elles évoquent, aèrent bien un texte qui, tant par le sujet que par le style, m'a paru un peu pesant. Mais, sur les 650 pages du livre, les 150 dernières sont vraiment captivantes avec la description d'un périple d'un des témoins interrogé qui est parvenu à s'enfuir de Bochechow. Plus de 60 ans après, on ne peut qu'admirer le travail titanesque de Daniel Mendelsohn pour évoquer des membres de sa famille disparus dans la nuit et le brouillard du génocide nazi.

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vendredi 21 mars 2008

Train 8017 - Alessandro Perissinotto

Train 8017 d'un écrivain italien, Alessandro Perissinotto, se passe juste après la Seconde guerre mondiale, en 1946 entre les 13 juin et 3 juillet (très exactement) avec un retour en arrière le 3 mars 1944. L'histoire démarre à Turin avec un crochet par Naples et Milan et finit à Bergame. Adelmo Baudino, ancien Inspecteur de la police ferroviaire, se considère comme une victime de l'épuration. Accusé d'avoir eu de la promotion pendant l'Italie fasciste, il a été révoqué sans indemnité. Il travaille désormais sur un chantier. Jamais marié à cause d'une "mama" dominatrice, son passe-temps favori est la lecture des faits-divers dans les journaux. C'est comme cela qu'il lit que plusieurs cheminots ont été sauvagement poignardés. Grâce au soutien de son ami Berto, il décide de mener son enquête, car une des victimes aurait pu aider à sa réhabilitation. Adelmo découvre que les cheminots recevaient des menaces d'un inconnu et qu'ils avaient essayé de se cacher mais en vain. Le 3 mars 1944, soit plus de 2 ans auparavant, une terrible catastrophe ferroviaire s'est produite dans la région de Naples, du fait d'un trop grand nombre de passagers (le double de la normale). Les journaux en ont à peine parlé alors qu'il y a eu plus de 500 victimes, mais d'autres événéments primaient à l'époque. Un homme, en revanche, n'a ni oublié ni pardonné, et rend  les cheminots responsables de cette tragédie. Il signe ses crimes "Italia, ma vengeance pour toi". Que signifie "Italia"? Là est la clef de l'énigme. La traque de l'assassin met la vie d'Adelmo en danger mais il rencontre peut-être l'amour. L'auteur s'est servi de la catastrophe de Balvano qui a vraiment eu lieu en 1944 pour écrire son roman. A partir de là, il a brodé une intrigue policière originale et bien menée. A découvrir (publié dans la collection Folio Policier).

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lundi 17 mars 2008

Mygale - Thierry Jonquet

Comme son nom l'indique, le roman est venimeux mais surtout noir, très noir et dévoilant les penchants pervers du genre humain. J'ai découvert T. Jonquet avec Moloch, Les orpailleurs, Mon vieux et Ad vitam aeternam. Chaque fois, les intrigues sont très différentes et certaines relèvent presque du fantastique (Ad vitam aeternam). Mygale, en édition Folio policier, est un court roman composé de 3 chapitres : l'araignée, le venin et la proie. Trois histoires narrées en parallèle vont se rejoindre à la fin. Dans la 1ère histoire, Richard Lafargue, chirurgien esthétique, vit avec une belle jeune femme, Eve, qu'il semble retenir prisonnière dans une belle demeure. De temps en temps, pour assouvir ses instincts, il organise des rendez-vous galants entre Eve et des clients. De plus il va voir une jeune femme, Viviane, internée dans un hôpital psychiatrique. Dans la 2ème histoire, imprimée en italiques, un jeune homme dont on saura le nom plus tard (Vincent Moreau) est enlevé et séquestré par un homme qu'il surnomme "Mygale". Cette histoire se passe antérieurement à la première. Dans la 3ème histoire, Alex Barny, un malfrat en fuite, se cache. Il est blessé. Au fur et à mesure, Thierry Jonquet révèle les liens tissés entre les personnages. Eve et Vincent, Richard et Viviane, Alex et Vincent. Qui est Eve? Est-elle une victime consentante ou non? Quelles sont les motivations de Richard? Qui est Mygale? Ce roman est une bonne introduction pour découvrir Thierry Jonquet (même si j'en ai vraiment préféré d'autres).

PS du 25/08/2011: Aldomovar a tiré un film de ce roman, La piel que habito.

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dimanche 9 mars 2008

La route - Cormac Mc Carthy

Prix Pulitzer 2007, La route vient de paraître aux Editions de l'Olivier. En ce moment, on parle beaucoup de Cormac Mc Carthy comme l'auteur de No Country for Old Men que les frères Coen viennent d'adapter au cinéma (voir mon billet du 23/12/2007). Si vous pensez que No Country for Old Men est violent et noir, alors La route, c'est autre chose. Nous sommes dans un futur proche? Depuis quelques années, un cataclysme inconnu a pratiquement rayé de la carte tout être vivant. Peut-être est-ce l'Apocalypse? Quand le roman commence, un homme et son fils (le petit) avancent sur La route. Ils poussent un caddie. Ils ne font que marcher. L'objectif du père est d'aller vers le sud, vers la côte, vers la mer. Il se guide avec une carte qui tombe en lambeaux. Quand ils s'arrêtent c'est pour dormir à la nuit tombée. Ils portent des masques en tissu sur le visage. Peut-être pour se protéger de l'air ambiant. Pendant ce périple, il faut se nourrir, se vêtir, se laver et se couvrir pour avoir moins froid. Sur leur chemin, ils arrivent à trouver, dans des maisons encore debout mais pillées, de la nourriture, des couvertures, de quoi faire du feu (il n'y a évidemment plus d'électricité) qu'ils entassent dans le caddie. Sinon, tout est mort autour d'eux, carbonisé, pourri: les arbres, les cultures, les hommes. Il n'y a plus d'animaux. Mais le danger qui les guette, ce sont les quelques groupes de survivants qu'ils évitent. Ces adultes, hommes et femmes (enceintes pour certaines d'entre elles) sont devenus cannibales. Il n'y a plus d'enfant car, dès leur naissance, les nourrissons sont cuits à la broche. La marche de l'homme et du petit dure pendant des jours et des jours, voire des mois. J'ai été très frappée par l'absence de repères chronologiques. Il pleut abondamment, le soleil est pratiquement absent (d'ailleurs il semble mourir lui aussi), les jours paraissent courts. Il fait froid. Ils arrivent au bord de la mer mais leur situation ne s'améliore pas, bien au contraire. L'un des deux meurt, l'autre arrivera peut-être un temps à s'en sortir grâce à sa rencontre avec des gentils (non cannibales). Le roman est écrit d'un seul tenant sans chapitre. Les paragraphes sont plus ou moins courts. Il y a a très peu de ponctuation (pratiquement aucune virgule) ce qui rend la lecture, tout au moins au début, pas très facile. Le texte descriptif est entrecoupé de dialogues en style direct sans guillemets. Quand j'ai refermé ce livre, j'ai eu une sensation de déprime. La vision d'avenir de Mr Mc Carthy est vraiment sombre. Je souhaite ne pas connaître ce futur un jour. Sinon, je retiendrai une phrase dite par un vieillard de 90 ans rencontré sur la route : "Quand on sera tous enfin partis alors il n'y aura plus personne que la mort et ses jours à elle aussi seront comptés" (p. 150).

PS: le film tiré de ce livre est sorti en 2009 (Cf. ma chronique du 19/12/2009).

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mercredi 5 mars 2008

Pensées secrètes - David Lodge

Ralph Messenger et Helen Reed sont les protagonistes de Pensées Secrètes de David Lodge (2001), 5ème livre de ma PAL (voir billet du 24/10/07). J'avais acheté ce livre en 2002 et puis je l'avais laissé de côté sans raison précise. J'avais tort. J'ai éprouvé un grand plaisir à cette rencontre et confrontation entre Helen Reed, veuve de fraîche date qui a du mal à s'en remettre, enseignante en littérature et romancière, et Ralf Messenger, spécialiste des sciences cognitives (étude systématique des sciences de l'esprit). Il s'est spécialisé dans l'IA (Intelligence artificielle). Ralph, marié à Carrie, est père de deux enfants et tient son journal en parlant à un dictaphone pour le retranscrire ensuite sur ordinateur. Helen Reed, quant à elle, vient d'accepter de faire un remplacement pendant un semestre pour animer un cours de maîtrise de Création littéraire - Récit en prose, à l'université de Gloucester (Université imaginaire). Elle aussi écrit son journal intime sur ordinateur. Une grande partie du roman est constituée par les pensées dévoilées alternativement de nos deux personnages qui ont une perception différente d'un même événement. Ralf, grand séducteur, a le béguin pour Helen et lui fait des avances. D'abord hésitante, elle cèdera, après avoir eu connaissance de certains événements. Sous des apparences de vies rangées, de respectabilité, il s'en passe de belles sur le campus de l'Université de Gloucester. Ralph, qui n'est pas un robot mais un humain, connaît les affres de la jalousie, de l'angoisse. Il ressent tous les sentiments et sensations (appelés "qualia" dans le roman) qui sont le propre de la conscience humaine et qu'il espère reproduire avec des robots. Mais parce que Ralph n'est qu'un humain, il aimerait aussi savoir ce que pense l'autre, Helen Reed. Sa curiosité lui coûtera cher. Le roman se lit agréablement (400 pages rapides en chapitres courts) mais il m'a donné du mal pour rédiger ce billet. David Lodge (qui m'avait été chaudement recommandé par une parente) est un écrivain à découvrir pour ceux (et celles) qui ne le connaissent pas. Tous ses romans parus ont été publié aux Editions du Seuil et sont maintenant disponibles en poche Rivages.

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dimanche 17 février 2008

Mal de pierre - Milena Agus / Un petit boulot - Iain Levison

Après les films vus et non commentés, j'ai décidé de faire la même chose pour les livres lus. Les deux ouvrages ci-après ont un rapport: ils se lisent vite et sont tous deux édités aux Editions Liana Levi. Je n'avais pas assez de matière pour faire deux billets (quoique...), mais cette formule de deux livres commentés d'un coup me convient bien.

J'ai terminé Mal de Pierres de Milena Agus, qui est un "best-seller" avec plus de 120 000 exemplaires vendus selon la jacquette. Il y est aussi indiqué qu'il s'agit d'une Bovary Sarde, etc. Pour ma part, j'ai été déçue par ce court roman de 123 pages et 20 chapitres ni passionnant, ni touchant. Je dirais que la narratrice est la petite-fille de l'héroïne du récit qu'elle appelle toujours "grand-mère". L'histoire se passe en Sardaigne, de la Seconde guerre mondiale jusqu'à nos jours. Cette grand-mère s'est mariée sur le tard avec un homme qu'elle n'aime pas. Elle souffre de calculs rénaux qui l'empêchent d'avoir des grossesses à terme, jusqu'à ce qu'elle fasse une cure thermale où elle rencontre "Le rescapé". Je m'attendais à du suspense, une révélation puisque sur la 4ème de couverture, il est indiqué "Mais sait-on jamais tout de quelqu'un, aussi proche soit-il..." Et bien je suis restée sur ma faim. Dommage.

Un petit boulot de Iain Levison, paru en édition de poche Piccolo, est l'histoire d'un chômeur, Jake, à qui l'on propose de devenir un tueur. Il a perdu son boulot suite à la fermeture de l'unique usine de la ville américaine où il vit. Il est endetté et sa petite amie l'a quitté. Tout va mal. Et donc, en plus d'un travail de nuit qu'un copain lui trouve dans une station-service, il accepte assez facilement, le "petit boulot" de supprimer des gens avec un fusil. Comme en plus il est doué, il ne rate jamais sa cible, et il y prend goût sans état d'âme. Il supprime même un "gêneur" pour son propre compte. Jake est le narrateur de l'histoire, ce qui donne à ce court roman un ton très détaché pour décrire les crimes commis, comme si c'était la chose la plus naturelle du monde. La fin n'en est pas une: Jake n'est pas arrêté et la dernière ligne du roman nous fait supposer que sa carrière de tueur est loin d'être terminée. Le constat est un peu amer.

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vendredi 1 février 2008

L'échelle de Dionysos - Luca di Fulvio

Roman policier italien, L'échelle de Dionysos (Editions Albin Michel) débute le 31 décembre 1899 et se termine dans les premiers mois de 1900 dans un quartier surnommé "La Mignatta" (la sangsue) mais sans que l'on sache dans quelle ville l'action se situe. La seule chose connue sur cette ville est qu'il fait froid et qu'il pleut en hiver. Milton Germinal, policier héroïnomane, enquête sur des crimes affreux perpétrés sur des femmes de riches nantis. Elles ont été massacrées avec un instrument métallique non déterminé. Des domestiques présents considérés comme des témoins gênants sont supprimés. Leurs corps servent comme objets de décoration sur les scènes de crimes successifs. Des personnes comme un médecin légiste phocomèle, Noverre (né sans bras et avec un visage difforme), ainsi que son assistant Zòla (un géant simple d'esprit), un homme Stigle (surnommé "le chimiste"), une très belle jeune femme (Inès), un directeur de cirque ancien médecin (Sciron), un nain (Tristante), croiseront le chemin de l'inspecteur. Enfin, un "Homme Mécanique" joue un rôle dans l'histoire. En ce tournant de siècle, à la Mignatta, les maisons sont lépreuses et les hommes et femmes qui y vivent travaillent pour un salaire de misère dans une grande usine de sucre implantée dans le quartier. Les conditions de travail sont épouvantables. Les morts ou blessés sont nombreux à cause des accidents du travail. Ils sont malnutris et s'enivrent souvent. La révolte gronde et on évoque même la grève. Et Dionysos, me direz-vous? A part que c'est un Dieu grec, c'est le vrai prénom du meurtrier, qui se prend pour ce dieu, et qui a préparé pendant seize ans sa vengeance. Les cent dernières pages dévoilent des faits qui ont abouti à comprendre pourquoi les crimes ont été commis et surtout le lien entre les victimes. Les 480 pages de L'échelle de Dionysos se lisent vite. Ce roman sort un peu de l'ordinaire. Cela se passe en Italie mais pourrait se passer dans n'importe quelle autre ville d'Europe ou même d'Amérique à cette époque. Les crimes et l'enquête ne sont qu'un prétexte pour brosser la mutation de cette société d'il y a un siècle en pleine révolution industrielle, avec d'un côté les riches et de l'autre les pauvres (ouvriers ou non), et la condition des femmes enceintes sans être mariées. Livre captivant.

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samedi 19 janvier 2008

Je te retrouverai - John Irving

Je viens d'arriver à bout d'un gros pavé de 850 pages, écrit serré avec peu d'interligne (et cela ne va pas être simple d'en faire un billet d'une vingtaine de lignes). Je te retrouverai de John Irving (édition du Seuil, 2006), qui faisait partie de ma PAL depuis un an, est un roman qui se passe de 1969 à 2003. Le livre est composé en 5 parties. L'histoire commence dans les ports de la Mer du Nord et de la Baltique. Jack Burns, âgé de 4 ans, né à Halifax en Nouvelle-Ecosse, accompagne sa maman de port en port. Alice Burns est tatoueuse et son talent est reconnu, en particulier pour sa "Rose de Jéricho" qui a fait sa réputation. Mais le vrai but d'Alice Burns, selon les souvenirs de son fils, est sa recherche de William Burns, père de Jack, qui les aurait laissés tomber pour d'autres femmes. C'est un grand organiste qui s'est fait tatouer des partitions de musique dans chaque ville où il est passé. A part les mains, les pieds et le visage, il a des tatouages sur tout le corps. La recherche d'Alice reste infructueuse. Après leur retour au Canada, à Toronto, Jack grandit sans père. Il s'initie très tôt au théâtre et aux filles. Toute sa vie, il sera attiré par des femmes plus âgées. En revanche, avec sa meilleure amie, Emma Oestler, sa relation restera chaste, alors que les mères de Jack et d'Emma se mettront en ménage. Adulte, il s'expatrie à Hollywood avec Emma et devient acteur de cinéma. Il se spécialise dans les rôles de travestis. Emma, elle, devient écrivain et scénariste. Comme beaucoup de gens du spectacle, Jack suit une analyse. Le titre "Je te retrouverai" se rapporte au fait que Jack ne perd pas espoir de retrouver son père un jour, surtout après que sa mère soit décédée d'une tumeur au cerveau. Il refera le périple comme avec sa mère dans des villes telles qu'Oslo, Stockholm et même Amsterdam. Il apprendra que l'histoire n'est pas celle qu'il croyait, et que ses souvenirs d'enfant de 4 ans ne reflètent pas toute la vérité. Il retrouve son père et se découvre une soeur. Sa mère n'était pas tellement victime, mais a été plutôt bourreau. Rien n'est simple. En tout cas, le roman se lit bien mais il comporte (pour moi) des longueurs à la fin (une centaine de pages auraient pu être supprimées). Quand j'ai refermé le livre, je me suis interrogée sur les 850 pages décrivant 40 ans de la vie d'un homme. Je n'ai été ni émue ni touchée. En revanche, on en apprend beaucoup sur le tatouage et ses techniques. A ce point de vue, le sujet est original. Mais, de John Irving, j'avais préféré Une veuve de papier.

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