mardi 1 novembre 2016

Mamie dans les orties - Aurélie Valognes / Abbesses - Hélène Clerc-Murgier

Voici deux premiers romans qui se lisent agréablement.

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Je commence par Mémé dans les orties d'Aurélie Valogne (Livre de poche, 255 pages), un premier roman qui été autoédité. Je l'ai lu en une matinée. L'histoire très sympathique est vite lue (et assez vite oubliée). Dans une ville de province, Ferdinand Brun est un vieil "ours" de 83 ans qui habite au 1er étage d'un bâtiment d'une résidence régentée par Mme Suarez, une gardienne "garde-chiourme". Ferdinand occupe l'appartement de son ex-femme récemment décédée. Il y vit avec sa chienne Daisy, un dogue allemand. Mme Suarez déteste M. Brun (et surtout Daisy) depuis le premier jour où ils sont arrivés. Elle les accuse de tous les maux qui surviennent dans la résidence et elle aimerait bien les voir déguerpir pour que la vie reprenne un cours normal. Je vous laisse découvrir les quelques péripéties qui ponctuent cette histoire dans laquelle une nonagénaire et une adolescente vont faire changer les choses.

Je passe à Abbesses d'Hélène Clerc-Murgier (Editions Babel Noir, 368 pages ) qui se passe dans les années 1620 à Paris. Un tapissier et valet ordinaire du roi a été sauvagement assassiné et son corps mutilé a été retrouvé sur une berge de la Seine. Un vagabond est rapidement arrêté, jugé et condamné à être pendu au gibet de Montfaucon. Avant de partir au gibet, ce condamné, Franscaroube, délivre au lieutenant criminel Jacques Chevassut (qui vient de le condamner) un message confus où il est question d'un trésor de Marie près d'un temple de Mercure à Montmartre. Grâce à ce roman, j'ai appris qu'il y avait à Montmartre une abbaye où vivaient des moniales bénédictines. Elle fut fermée en 1790. Le nom de la station de métro "Abbesses" vient de là. La romancière a dû étudier un plan de la villle de Paris à cette époque, car elle est d'une grande précision dans l'énoncé des noms de rues aujourd'hui disparues. Composé de courts chapitres, c'est un roman qui se lit bien. Je lirai certainement le tome suivant déjà paru.

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lundi 10 octobre 2016

14 juillet - Eric Vuillard

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Si vous ne l'avez pas encore lu, précipitez-vous sur ce récit paru tout récemment. Je ne connaissais le style et l'écriture d'Eric Vuillard: c'est superbe. 14 Juillet d'Eric Vuillard (Actes Sud, 200 pages) retrace au plus près les évenements de cette journée historique du 14 juillet 1789 où le peuple de Paris changea le cours de l'Histoire. Depuis quelque mois, la révolte gronde. Les ouvriers sont mal payés et mal nourris. La France souffre de famine, l'hiver 88-89 fut terrible. La dette de la France est exorbitante malgré Necker (qui a lui-même spéculé sur la dette française). Le récit commence le 27 avril 1789 avec la mise à sac et l'incendie de la Folie-Titon (d'où partit la première Montgolfière en 1783), rue de Montreuil, où vivait Réveillon, le directeur de la manufacture royale des papiers peints. Ce même Réveillon qui, quatre jours plus tôt réclama à l'assemblée électorale de son district une baisse de 25% des salaires de ses trois cents ouvriers qui avaient, paraît-il, "la montre dans le gousset". Lors de cette journée, il y eut plus de trois cents morts et autant de blessés. Pendant ce temps là, à Versailles, les gens de la Cour vivent encore dans l'opulence et l'insouciance. La veille du 14 juillet, (il faisait très chaud) le peuple de Paris se prépare à assiéger la Bastille où se trouve la poudre qui permettra de se servir des armes glanées un peu partout: au Mont-de-piété avec les objets gagés, au garde-meuble de la couronne, dans les théâtres et surtout aux Invalides où étaient entreposés 30 000 fusils. La force du récit qui le rend si vivant est que Vuilllard donne des noms, des prénoms, des professions et parfois des âges aux hommes et femmes anonymes qui prirent la Bastille. Un livre à conseiller et à offrir. Lire les billets enthousiastes de Clara, Dominique, Eva, Keisha et Sandrine.

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Je serai peu présente sur les blogs ces prochains jours : je fais une pause vacancière. A très bientôt.

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jeudi 29 septembre 2016

Judas - Amos Oz

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Je continue mes chroniques "livres" avec mes choix de la rentrée littéraire de 2016. Judas (Editions Gallimard, 347 pages) d'Amos Oz m'a permis de découvrir avec plaisir cet écrivain. En 1959, l'Etat d'Israël a 12 ans. A Jérusalem, Schmuel Asch, 25 ans, vient d'arrêter ses études universitaires et en particulier son mémoire sur "Jésus dans la tradition juive". Son amie l'a quitté pour se marier avec un hydrologue. Se sentant mal aimé depuis tout petit, il ne donne plus de nouvelles à sa famille: soeur et parents (le père est ruiné). "Corpulent, barbu, timide, émotif, socialiste, asthmatique, cyclothymique" (sic), Schmuel répond à une annonce originale: tenir compagnie de 17h à 23h à un homme très handicapé, Gershom Wald. Schmuel s'installe dans la demeure de Gershom qui vit là avec sa bru Atalia Abravanel. Dans cette maison, il y a aussi la présence très forte de deux personnes décédées. D'abord Micha, fils de Gershom et époux d'Atalia, tué à 37 ans sur la route de Jérusalem lors de combats. Et puis, il y a le père d'Atalia, Shealtiel Abravanel (personnage fictif), un opposant à Ben Gourion et à la création d'un Etat juif. Comme Judas Iscariote auquel il est aussi fait beaucoup référence dans le roman, Shealtiel Abravanel fut considéré comme un traître. Et pourtant, sans Judas qui fut l'ami le plus proche de Jésus, il n'y aurait pas eu de crucifixion et donc pas de christianisme. Schmuel et Gershom ont des discussions sur le bien-fondé de l'Etat hébreu, sur la position des Arabes, etc. En parallèle, Schmuel ne reste pas insensible à la personnalité d'Atalia âgée de 45 ans, avec qui il aura une petite liaison. J'ai trouvé que le roman, composé de courts chapitres, se lisait relativement vite. Je l'ai aussi trouvé très intéressant. Je le recommande.

Lire les billets d'Eeguab, de Sylire, de Miriam et de Dominique.

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mardi 20 septembre 2016

Ada - Antoine Bello

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Parmi la rentrée littéraire de 2016, j'ai porté mon choix sur cinq titres (voir un de mes billets précédents). J'ai commencé par Ada que j'ai lu avec un grand plaisir. Ada d'Antoine Bello (Editions Gallimard, 362 pages qui se lisent d'une traite) est un roman distrayant, amusant et jubilatoire. Dans cette histoire bien écrite et pleine de faceties, Franck Logan est chargé de retrouver Ada, mystérieusement disparue. Franck, âgé d'une cinquantaine d'années est policier et poète à ses heures (il compose des haïkus). Il est marié depuis plus de trente ans à Nicole, une française trotskyste qu'il a rencontrée à Paris pas loin de la Sorbonne. Ils ont deux enfants: Rosa et Leon. Franck doit retrouver Ada, une Intelligence Artificielle (AI) dont la tâche est d'écrire des romans à l'eau de rose style "Harlequin" dans lesquels on trouve aussi des scènes osées. Passion d'automne est le premier manuscrit écrit par Ada juste avant qu'elle ne disparaisse. Pour ce faire, elle a mémorisé 87301 romans du même genre. L'objectif est que 100 000 exemplaires soient vendus. Le programme informatique Ada a été développé par un informaticien du nom d'Ethan Weiss travaillant dans une société dans la Silicon Valley. Je ne vous raconterai rien de plus de cette histoire si ce n'est qu'Ada n'est pas toute seule. Une dizaine d'autres AI sont spécialisés dans d'autres domaines. Ada est un personnage à part entière, qui pense, répond, donne son avis, elle est rusée et arrive à tromper son monde. Avec ce roman, Antoine Bello nous a gâtés. Je vous le recommande tout comme Alex-mot-à-mots.

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mercredi 14 septembre 2016

Rentrée littéraire 2016

Une fois de plus, la rentrée littéraire 2016 offre des tentations de lecture alors que mes PAL débordent et que j'ai aussi emprunté des romans en bibliothèque. D'autres font des boulimies de nourriture, moi, je me drogue à l'achat compulsif. Je me fais un challenge à moi-même de lire les cinq romans suivants d'ici fin octobre.

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Ada d'Antoine Bello car j'aime cet écrivain et je n'ai rien lu à propos de ce roman sauf celui d'Alex-mot-à-mots. Cela m'intrigue. [chroniqué le 20/09/2016]

Tabou de Ferdinand Von Schirach [chroniqué le 19/12/2016] car j'ai lu ses nouvelles et son roman L'affaire Collini.

Judas d'Amos Oz car j'en ai entendu parler et parce que eeguab et miriam en ont dit du bien. [chroniqué le 29/09/2016]

La double vie de Jesús d'Enrique Serna qui est vivement conseillé par Simone et par une jeune libraire de province où je me rends régulièrement. [chroniqué le 10/11/2016]

L'échange d'Eugenia Almeida est aussi un conseil de cette même libraire. [chroniqué le 10/11/2016]

Et pour vous, qu'en est-il?

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jeudi 8 septembre 2016

Un bouddhiste en colère - Seth Greenland / Surtensions - Olivier Norek

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Voici deux romans empruntés en bibliothèque cet été.

J"ai lu le premier suite à un billet lu sur le blog de Colette. J'ai pris un certain intérêt à cotoyer, dans Un bouddhiste en colère de Seth Greenland (Editions Liana Levi, 410 pages plaisantes), la famille de Jimmy Duke, ex-policier renvoyé pour avoir désobéi à des ordres de sa hiérarchie: il avait sauvé un chien de l'euthanasie. Bruno (c'est le nom du chien) est devenu le fidèle compagnon de Jimmy. Depuis, Jimmy essaye de gérer son stress et sa colère en s'initiant au bouddhisme par internet. L'histoire se passe a Palm Springs, en Californie, où les températures sont souvent caniculaires. Jimmy a deux frères. L'aîné, Randall, un homme politique, est en pleine campagne électorale. Dale, le benjamin, sort tout juste de prison. Lourdement handicapé, il se déplace en fauteuil roulant. Randall est le père de la jeune Brittany et l'époux de Kendra, bisexuelle qui a eu une courte liaison avec Nadine, son professeur de tennis. Cette Nadine entretient par ailleurs une relation avec un policier, Harding Marvin (responsable du renvoi de Jimmy), qui soutient Mary Swain, la rivale politique de Randall (j'espère que vous suivez). Plusieurs concours de circonstances malheureux, dans lesquels Dale est impliqué, vont amener Jimmy derrière les barreaux. Je ne vous en dit pas plus. C'est un roman distrayant qui m'a plu. La fin pourrait présager qu'il y ait une suite mais ce n'est pas sûr du tout.

Je passe à Surtensions (Editions Michel Lafon, 500 pages haletantes) d'Olivier Norek, c'est son troisième roman et c'est le troisième que je lis. J'ai beaucoup aimé retrouver Victor Coste et son équipe, Sam, Ronan et Johanna. On est tenu en haleine jusqu'au bout. Cela commence avec le meurtre "gratuit" d'un jeune homme de confession juive après son kidnapping. Le meurtrier est arrêté. De là, on fait la connaissance d'Alex[andra] Mosconi, la seule femme d'une famille de mafieux corses, qui va tout faire pour faire évader son jeune frère condamné pour cambriolage. Je vous laisse découvrir le lien entre les deux affaires qui s'entremêlent avec d'autres. Certaines ne sont qu'effleurée. Une fois de plus, Olivier Norek démontre son talent de conteur qui tient en haleine ses lecteurs. Lire les billets de Zazymut, Cannibales lecteurs et Lea Touchbook.

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mercredi 7 septembre 2016

Un homme + une femme = quoi? - Elsa Cayat

C'est un article du Huffington Post paru pour la Saint-Valentin 2015 qui avait attiré mon attention sur ce livre d'Elsa Cayat. On l'oublie trop souvent, Elsa Cayat faisait partie de l'équipe de Charlie Hebdo, et, ès qualité, assistait à la funeste conférence de rédaction du 7 janvier 2015. Elle en est l'unique morte sauf erreur de ma part (ces salauds qui disaient "on ne tue pas les femmes"...!). J'avais donc tenu à lire, pour le chroniquer [en tant que ta d loi du cine, squatter chez dasola], au moins l'un de ses livres (dont la 1ère édition était parue en 1998 - rédaction il y a près de 20 ans, donc). Et j'ai soigneusement procrastiné cette chronique - jusqu'à aujourd'hui (bien que l'ayant annoncée de longue date).

avant : P1000658 après (13/05/15): P1030689

Je garde de cette lecture le regret d'avoir constaté que "l'identité" de l'auteure ne change rien au fait que mes propres atomes crochus avec cette "discipline" que se veut la psychanalyse demeurent inexistants. Je n'aurais sûrement pas été au bout du bouquin n'étaient les circonstances. Je me suis astreint à lire ce livre qui a traîné des semaines et des mois dans la poche de mon anorak, et l'ai grignoté péniblement, 10 pages par 10 pages, lors de mes déplacements en métro. Longtemps, j'ai espéré un clin d'oeil montrant que l'auteur n'était au fond pas dupe de ce qu'elle écrivait: en vain, sauf erreur de ma part. Dupé par le titre, je suppose que j'attendais au moins un rapport lointain avec Et l'amour dans tout ça? (Kriss Graffiti et Chantal Pelletier)... [nettement plus allègre!] ou bien avec la série Mars et Vénus (de John Gray, avec déclinaisons au théâtre, en BD...)? Ici, nous avons (je crois) de la psy (chanalyse) pure et dure. Or ce n'est pas ma tasse de thé. A mon avis, Elsa Cayat semble avoir travaillé dans une direction qui l'amenait à étudier davantage le jeu des mots que les faits en jeu [pour ne pas dire "maux"]? On peut aussi remarquer que la plupart des associations syllabiques qu'elle détecte ne sont valables qu'en français, donc sans portée universelle...

Je le répète, il s'agit juste d'une absence d'écho chez moi, par rapport à la "psy" et à son jargon... Il est certain que des lecteurs plus branchés "psy" que moi peuvent lire avec grand intérêt ce livre, même si, j'en suis encore désolé, cela n'a pas été mon cas. Pour ne pas rester dans le négatif, j'en extrairais tout de même quelques citations qui ont attiré mon attention, comme p.81: il n'y a pas à être coupable, n'importe qui fait des erreurs, mais il y a à être responsable. Ce qui ne veut pas dire accepter cyniquement ses erreurs, comme le faisait, il n'y a pas si longtemps, un politicien, comme si on n'y était pour rien. Ou, p. 95: Effectivement l'homme aime son prochain comme lui-même, c'est-à-dire pas beaucoup parce qu'au fond il a du mal à s'aimer.

Au final, peut-être serais-je davantage intéressé par un recueil (posthume) de ses chroniques pour Charlie? Noël, ça fait vraiment chier! (octobre 2015) ne semble disponible dans aucune bibliothèque municipale parisienne... A suivre!

*** Je suis Charlie ***

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samedi 27 août 2016

Une histoire de tout, ou presque... - Bill Bryson

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Pendant trois ans, Bill Bryson a potassé quantité de livres et de documents et s'est entretenu avec des scientifiques pour arriver à ce livre de presque 600 pages qui se lit comme un roman. Une histoire de tout, ou presque... (Editions Petite bibliothèque Payot) explique l'infiniment grand et petit, ou pourquoi l'océan Pacifique est moins salé que l'océan Atlantique. J'ai approfondi mes connaissance sur la tectonique des plaques: l'Afrique remonte vers le nord, l'Australie descend vers le pôle sud, etc. J'ai aussi appris que le parc de Yellowstone aux Etats-Unis était en fait un mégavolcan qui, s'il se réveillait, provoquerait un cataclysme inimaginable. J'ai encore appris que la lune qui a permis en partie la vie sur terre s'éloigne de notre planète de 3,75 cm par an. Le livre parle des atomes, des molécules, de la radioactivité, des dinosaures, de l'eau, de l'apparition de la vie sur terre, de nos ancêtres hominidés, de la datation de la terre, comment on a pu mesurer la distance entre la terre et le soleil, etc. Il évoque les centaines de scientifiques qui depuis Newton ont permis de faire connaître un peu les mystères de notre terre et ceux de l'univers. Ce livre de vulgarisation est très accessible, amusant, intéressant, distrayant, enrichissant, etc. Je vous conseille de le lire. Merci Mr Bryson.

PS: et on ne va pas me demander de rédiger d'autres phrases alors qu'il fait 28,5° chez moi ce 26 août au soir!

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jeudi 18 août 2016

Le sang dans nos veines - Miquel Bulnes (Challenge Pavé de l'été 2016)

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Entre vendredi 12 août et lundi 15 août 2016 matin, j'ai lu avec beaucoup de plaisir et d'une traite les 826 pages de ce formidable roman d'un jeune chercheur en médecine néerlando-espagnol. Tel une fresque, Le sang dans nos veines (Editions Actes noirs/Actes sud) nous entraîne dans l'Espagne et la Catalogne du début des années 20, avec des retours en arrière à la fin du XIXème siècle et dans les années 1910. Les cent premières pages décrivent assez précisément le désastre d'Anoual dans le Rif marocain en juin 1921: les Espagnols perdirent presque 9000 hommes, face aux Berbères (un millier d'hommes aguerris) commandés par Abdelkrim Al-Khattabi. Un des deux survivants espagnols, le commandant Augusto Santamaria del Valle, est un des personnage principaux de ce roman dense. Revenu à la vie civile (avec un genou très abîmé), il est nommé commissaire des Services de sûreté dans un quartier de Madrid. Peu de temps après, un notable est assassiné de plusieurs coups de feu dans un bordel situé dans un des secteurs dont est responsable Agusto. Faute de témoins et de mobile, l'enquête piétine et est plus ou moins abandonnée. Pourtant, une jeune prostituée, Esperanza, a tout vu. Un peu par hasard, elle se fait embaucher comme bonne à tout faire au service d'Augusto et de sa jeune épouse Helena (veuve d'un des militaires tués au Maroc). Helena est la maman d'un petit Pedro qu'adoptera Augusto.
Pendant ce temps-là, l'Espagne meurtrie par la débâcle marocaine est gouvernée par une monarchie constitutionnelle affaiblie (Alfonse XIII est un roi falot) que veulent renverser les Républicains et les Francs-maçons. Les anarchistes et les syndicalistes préparent la révolution. Pour leur part, les caciques (les notables et propriétaires terriens puissants), ainsi qu'une partie de l'armée et l'Eglise, veulent un état fort sous le signe du Christ et du roi.
Dans cet ample roman, on croise pas mal de personnages qui ont réellement existé, comme José Antonio Primo de Rivera, Alejandro Lerroux ou José Millán-Astray. Et la riche Catalogne avait déjà des envies d'autonomie. Quant à la victime du meurtre, Augusto et ses adjoints auront du mal à l'identifier. Il s'agit d'un militaire qui avait en sa possession un carnet où étaient énumérés des noms de gens connus impliqués dans une horrible affaire de pédophilie et de meurtres d'enfants à Barcelone dans les années 1910. Ce carnet qu'Augusto aura entre les mains va déchaîner meurtre et violence. Le style, la forme et le rythme du roman varient souvent, et c'est ce qui rend cette lecture agréable. J'espère que je vous aurai convaincus d'emprunter ce livre en bibliothèque. Il en vaut vraiment la peine.

Lu dans le cadre du challenge "pavé de l'été 2016" chez Brize.

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samedi 6 août 2016

Le jour des morts / Sans pitié ni remords - Nicolas Lebel

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Grâce à Emma (que je remercie) j'ai découvert tout récemment Nicolas Lebel, un écrivain de polars aux intrigues haletantes.

Dans Le Jour des morts (Editions Marabout, 380 pages), j'ai fait la connaissance du capitaine de police Daniel Mehrlicht (veuf inconsolable et fumeur invétéré de Gitanes) dont la tête ressemble à celle d'un batracien. Il est secondé par deux adjoints: Sophie Latour (amoureuse d'un sans-papiers) et Mickael Dossantos, un adepte de la boxe anglaise et du code pénal, dont il connaît chaque article et chaque alinéa sur le bout des doigts. Ils officient dans un commissariat du XIIème arrondissement. L'histoire se passe pendant la période de la Toussaint, entre le 31/10 et le 05/11. On s'attache très vite à ce trio de policiers auquel on adjoint un stagiaire que Mehrlicht déteste d'avance (avec raison). Ils vont être confrontés à une série de meurtres par empoisonnement qui les feront remonter dans le temps, à la fin de la deuxième guerre mondiale. Et Merhrlicht qui ne quitte jamais Paris sera obligé d'aller jusque dans le Limousin (près de Limoges!) pour conclure l'enquête. Le lecteur est pris dans le récit rondement mené.

J'ai enchaîné tout de suite avec Sans pitié ni remords (Editions Marabout, 370 pages). "Sans pitié ni remords" est une partie d'un alexandrin tiré de l'Homme et la mer des Fleurs du Mal de Baudelaire. Il est d'ailleurs beaucoup question de cette oeuvre et de son auteur dans l'enquête que vont mener Mehrlicht, Latour et Dossantos. Il s'agit d'abord d'une chasse au trésor: une statuette, pièce maîtresse de l'art Bantou du Congo-Brazzaville, ainsi que des bijoux, ont disparu 10 ans plus tôt du Musée des Arts d'Afrique et d'Océanie, près de la Porte Dorée dans le XIIème arrondissement. Mais n'anticipons pas. L'histoire commence donc le 9 novembre, soit 4 jours après la fin du roman précédent. Jacques Morel, un flic et le meilleur ami de Mehrlicht, vient de décéder d'un cancer à l'hôpital. Un notaire remet une enveloppe à Mehrlicht dans laquelle se trouve un diamant (qui représente un oeil de la statuette dérobée). En parallèle, plusieurs meurtres sont commis les uns derrière les autres. Les victimes, hommes et femmes sont d'anciens employés du musée. On apprend très vite que deux anciens légionnaires, un Corse, Luciani (un vrai psychopathe) et un Russe, Vlad, sont payés pour éliminer les personnes d'une liste. Je n'en dirai pas plus car j'ai déjà révélé beaucoup de chose. J'ai trouvé l'histoire encore plus passionnante que la précédente. On ne s'ennuie pas une minute. Je recommande.

Lire les billets sur l'un ou l'autre roman d'Emma, de Belette2911, de Claude le Nocher, de Pierre Faverolle. Il faut noter que ces deux derniers blogueurs sont cités par Nicolas Lebel dans ses "Remerciements" à la fin de Sans pitié ni remords.

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